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dimanche 4 février 2007

Les sept dimanches de saint Joseph

Les sept dimanches de saint Joseph
Aujourd’hui commence le pieux exercice dit des « sept dimanches de saint Joseph ». En effet, au cours des sept dimanches qui précèdent la solennité du bienheureux patriarche, époux de la Vierge Marie et père nourricier de Jésus, les fidèles sont invités à faire spécialement mémoire de saint Joseph.
Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787) a mis à l'honneur la dévotion aux sept allégresses et aux sept douleurs de saint Joseph qui (lire la suite) peuvent servir de guide pour vivre cette pratique de dévotion qui, dans certains pays, est vécue le mercredi, jour où l'Église vénère plus spécialement le saint patriarche.
Voici ces sept allégresses et ces sept douleurs, sous forme de prière :
Ô chaste époux de Marie, glorieux saint Joseph, quelles ne furent pas votre affliction et votre angoisse lorsque vous examiniez si vous devriez abandonnner votre épouse sans tache ! mais quelle fut votre allégresse quand l'ange vous révéla l'auguste mystère de l'incarnation. Par cette douleur et cette allégresse, consolez-nous maintenant et dans notre dernière maladie par la joie d'une bonne vie, et d'une sainte mort semblable à la vôtre, entre Jésus et Marie. (On peut réciter ensuite le Notre Père, le Je vous salue Marie et le Gloire au Père).
Heureux patriarche, glorieux saint Joseph, qui avez été choisi pour père putatif du Verbe fait chair, votre douleur en voyant naître l'Enfant-Jésus dans une si grande pauvreté, se changea bientôt en une joie céleste, en entendant les concerts des anges et en contemplant les merveilles de cette nuit resplendissante. Par cette douleur et cette allégresse, obtenez-nous d'être admis, après cette vie, à entendre les cantiques des anges et à jouir des splendeurs de la gloire céleste.
Fidèle observateur des lois divines, glorieux saint Joseph, le sang précieux que le divin Enfant répandit dans la circoncision, vous transperça le cœur : mais le nom de Jésus, qu'il reçut alors vous combla de joie. Par cette douleur et cette allégresse, obtenez-nous d'être préservés de tout péché et de mourir pleins de joie, le saint nom de Jésus dans le cœur et sur les lèvres.
Ô serviteur fidèle, qui avez pris part aux mystères de notre rédemption, glorieux saint Joseph, si la prophétie de Siméon touchant les souffrances de Jésus et de Marie vous causa une douleur mortelle, elle vous remplit aussi de joie en vous prédisant le salut et la résurrection glorieuse d'une multitude innombrable d'âmes qui en seraient le fruit. Par cette douleur et cette allégresse, obtenez-nous d'être du nombre de ceux qui, par les mérites de Jésus et l'intercession de sa Mère, ressusciteront glorieusement.
Ô gardien vigilant et ami intime du Fils de Dieu glorieux saint Joseph, combien n'avez-vous pas souffert pour nourrir et servir le Fils du Très-Haut, surtout dans la fuite en Égypte ; mais aussi quel ne fut point votre bonheur d'avoir continuellement près de vous votre Dieu, et de voir tomber les idoles des Égyptiens. Par cette douleur et cette allégresse, obtenez-nous d’éloigner de nous le tyran infernal, surtout par la fuite des occasions dangereuses, et de renverser dans notre cœur les idoles des affections terrestres faites que, tout occupés à servir Jésus et Marie nous ne vivions que pour eux et mourions dans leur amour.
Ange de la terre, glorieux saint Joseph, vous admiriez le Roi du ciel obéissant à vos moindres désirs. Votre joie de le ramener de l'Égypte fut troublée par la crainte d'Archélaüs ; mais l'ange vous rassura et vous avez eu le bonheur de demeurer à Nazareth en la compagnie de Jésus et de Marie. Par cette douleur et cette allégresse, obtenez-nous d'écarter de notre esprit toute crainte pernicieuse, afin de jouir de la paix de la conscience, de vivre en sécurité dans l'union de Jésus et de Marie, et de mourir en leur sainte compagnie.
Ô glorieux Joseph, modèlé de sainteté, quelle ne fut point votre douleur pendant ces trois jours où vous cherchiez l'Enfant-Jésus, perdu sans votre faute ; mais quelle fut votre joie lorsque vous l’avez retrouvé dans le temple au milieu des docteurs. Par cette douleur et cette allégresse, nous vous conjurons de ne point permettre que nous perdions Jésus, par quelque faute grave. Si ce malheur nous arrivait, faites qu'inconsolables, nous le cherchions jusqu'à ce que nous ayons le bonheur de le retrouver, surtout à l'heure de la mort, afin de le posséder dans le ciel, et de chanter éternellement avec vous ses divines miséricordes.

samedi 3 février 2007

Problemes de ventilation ?

Problèmes de ventilation ?


Voici comment mon ancêtre Joseph d’Arcet (1777-1844) résolut le problème de la ventilation des grands espaces, d’une façon qui semble bien plus pratique que nombre de ventilations forcées ou d’air conditionné actuelles, qui sont la cause de nombre de refroidissements ! (lire la suite)
« La cheminée d’appel forcé, utilisant la chaleur perdue d’un foyer (ou même dans un château celle d’un colombier !), assurait à la fois l’épuration de l’air, sa distribution régulière, et l’égalisation thermique par des ouvertures graduellement croissantes dont il calculait les dimensions, le réglage, et les niveaux. Il avait construit dans les salles de spectacle des lustres remontant plus ou moins dans une ouverture du plafond de diamètre réglable créant un courant d’air ascendant qui permettait d’ajuster la température à la demande. Il s’insurgeait contre les nouveaux plafonds translucides et fermés des assemblées, interrompant la ventilation, et obligeant à se servir de courants d’air pulsé trop fortement, et dès lors peu supportables. Car il préconisait pour les grandes salles un renouvellement d’air « de 10 mètres cube par personne et par heure, avec un courant d’air ne dépassant pas la vitesse de 0,50 m par seconde ». Et il ajoutait avec lucidité qu’au-delà de ces valeurs « la ventilation devenait pénible » et qu’on la supprimait aux dépens de l’assistance qui devait supporter une température suffocante ».

Dr Michel Valentin, « La vie et la famille de Joseph d’Arcet (1777-1844) », Sécurité et Médecine du Travail, n° 34, janvier-mars 1975, p. 36.

vendredi 2 février 2007

8. Les processions


8. Les processions

Les relations entre la Liturgie et la piété populaire sont particulièrement importantes dans le domaine des processions; cette forme de culte, répandue dans le monde entier, a une valeur à la fois religieuse et sociale extrêmement riche et variée. En s’inspirant des modèles contenus dans la Sainte Écriture (cf. Esdras 14, 8-31; 2 Samuel 6, 12-19; 1 Corinthiens 15, 25-16, 3), l’Église a institué un certain nombre de processions liturgiques, qui appartiennent à des catégories différentes: (lire la suite)
- certaines processions ont pour but d’évoquer des événements du salut qui concernent le Christ lui-même: ainsi, la procession du 2 février qui commémore la présentation du Seigneur au Temple (cf. Luc 2, 22-38), celle du Dimanche des Rameaux, qui évoque l’entrée messianique de Jésus dans la ville de Jérusalem (cf. Matthieu 21, 1-10 ; Marc 11, 1-11 ; Luc 19, 28-38 ; Jean 12, 12-16). Il convient aussi de mentionner la procession de la Vigile pascale, qui fait mémoire du "passage", accompli par le Christ, des ténèbres du tombeau à la gloire de la Résurrection ; cette procession constitue aussi une synthèse et un accomplissement de tous les exodes de l’ancien Israël, et elle est le prélude des différents "passages" que le disciple du Christ est appelé à effectuer dans la célébration des divers sacrements, surtout dans le rite du baptême, de même que dans la célébration des obsèques;
- d’autres processions correspondent à une dévotion particulière : il s’agit, en particulier, de la procession de la solennité du Corps et du Sang du Seigneur : les fidèles expriment leur action de grâces envers le Saint-Sacrement, qui traverse la cité des hommes, et ils proclament leur foi en l’adorant; le Saint-Sacrement, porté en procession, est aussi une source de bénédictions et de nombreuses grâces (cf. Actes 10, 38). On peut citer aussi la procession des rogations, dont la date est fixée actuellement dans chaque pays par la Conférence des Évêques: elle a pour objet de demander publiquement la bénédiction de Dieu sur les champs et sur le travail de l’homme, et elle a aussi un caractère pénitentiel. Enfin, il convient de mentionner la proces-sion au cimetière du 2 novembre, le jour de la Commémoration de tous les fidèles défunts;
- diverses autres processions sont encore prévues dans le cadre de certaines célébrations liturgiques : ainsi, les processions des stations de Carême, durant lesquelles la communauté se rend du lieu fixé pour la collecta à l’église de la statio ; la procession organisée pour recevoir, dans l’église paroissiale, le saint chrême et les autres saintes huiles, qui ont été bénits durant la Messe chrismale du Jeudi Saint ; la procession de l’adoration de la Croix, prévue dans la célébration liturgique du Vendredi Saint; la procession qui a lieu durant les Vêpres du jour de Pâques, pendant laquelle "en chantant des psaumes, on va en procession aux fonts baptismaux" ; les "processions" qui sont prévues à certains moments de la célébration eucharistique: à l’entrée du célébrant et des ministres, au moment de la proclamation de l’Évangile, lors de la présentation des dons, au moment de la communion au Corps et au Sang du Seigneur ; la procession organisée pour porter le Viatique aux malades, dans les endroits où elle est encore en vigueur; le cortège funèbre qui accompagne le corps du défunt de sa maison à l’église, et de l’église au cimetière ; enfin, la procession organisée à l’occasion de la translation des reliques. […]

(à suivre…)

2 fevrier : Presentation de Jesus au Temple


2. Février : Présentation de Jésus au Temple

Jusqu’en 1969, la fête du 2 février, qui est ancienne et d’origine orientale, portait en Occident le nom de "purification de la bienheureuse Vierge Marie", et elle concluait, en ce quarantième jour après la Nativité du Seigneur, le temps liturgique de Noël. (lire la suite) Cette fête a toujours eu un grand retentissement auprès des fidèles; en effet:
- ils participent volontiers à la procession qui évoque l’entrée de Jésus dans le Temple, et en premier lieu la rencontre du Fils avec Dieu le Père, dans la demeure duquel il pénètre pour la première fois, ainsi que sa rencontre avec Siméon et Anne. En Occident, cette procession, dont le caractère pénitentiel s’était substitué à l’immoralité des défilés païens, fut marquée par l’introduction du rite liturgique de la bénédiction des cierges, allumés en l’honneur du Christ "lumière pour éclairer les nations" (Lc 2, 32);
- ils se montrent sensibles au geste accompli par la Vierge Marie, qui présente son Fils dans le Temple et, qui, en obéissant à la Loi de Moïse, se soumet au rite de la purification. La piété populaire a mis en valeur cet épisode de la purification en le présentant comme un témoignage de l’humilité de la Vierge Marie; c’est pourquoi le 2 février fut souvent considéré comme la fête de ceux qui accomplissent d’humbles services dans l’Église.
La piété populaire est sensible à l’événement, à la fois délibéré et mystérieux, de la conception et de la naissance d’une vie nouvelle. Les mères chrétiennes, en particulier, établissent sans peine une relation entre, d’une part, la maternité de la Vierge Marie, qui est la toute pure et la mère du Corps mystique, et, d’autre part, leur propre maternité, tout en étant conscientes de certaines différences importantes dues au caractère unique de la conception et de l’enfantement de Marie: de fait, leur maternité s’inscrit aussi dans le plan de Dieu et elles ont enfanté les futurs membres de ce même Corps mystique. Cette intuition des mères chrétiennes, ainsi que leur désir d’imiter le geste accompli par Marie (cf. Lc 2, 22-24), ont inspiré le rite des relevailles, dont quelques éléments reflétaient une vision négative de certains aspects de l’accouchement.
Le Rituale Romanum rénové prévoit la bénédiction d’une mère, soit avant, soit après l’enfantement; il faut toutefois noter que la bénédiction postérieure à l’accouchement ne peut être donnée que dans le cas où la nouvelle mère n’a pas pu être présente à la cérémonie du baptême de son enfant.
Il est néanmoins très important que les mères et leurs proches parents, en demandant de telles bénédictions, se conforment aux intentions de la prière de l’Église, c’est-à-dire qu’elles aient lieu dans une communion de foi et de charité, et dans la prière, afin que l’attente de l’enfant s’effectue dans la joie (bénédiction avant l’enfantement) et avec le désir de rendre grâces à Dieu pour le don reçu de lui (bénédiction après l’enfantement).
Dans certaines Églises locales, le 2 février est devenu la fête de ceux qui se consacrent au service du Seigneur et de leurs frères dans les diverses formes de la vie consacrée; cette signification particulière provient de la valorisation de certains éléments du récit évangélique de la fête de la Présentation du Seigneur (Lc 2, 22-40), comme, par exemple, l’obéissance de Joseph et de Marie à la Loi du Seigneur, la pauvreté de ces saints époux et la virginité de la Mère de Jésus.
La célébration du 2 février doit conserver son caractère populaire, tout en se conformant pleinement au sens authentique de la fête. Il ne serait donc pas juste qu’en célébrant la Présentation du Seigneur, la piété populaire obscurcisse le sens christologique de cette fête, en insistant presqu’exclusivement sur ses aspects mariologiques. Le fait qu’elle doive "être considérée [...] comme une mémoire conjuguée du Fils et de la Mère" ne peut avoir pour conséquence de favoriser une telle inversion de perspective. Ainsi, le cierge béni, conservé dans les maisons, doit être pour les fidèles le signe du Christ "lumière du monde", et donc un moyen d’exprimer leur foi.

Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n°120-123.

jeudi 1 février 2007

10. La moralite des actes humains – L’objet moral

10. La moralité des actes humains - L'objet moral

« La moralité des actes humains dépend :
— de l’objet choisi ;
— de la fin visée ou de l’intention ;
— des circonstances de l’action.
L’objet, l’intention et les circonstances forment les « sources », ou éléments constitutifs, de la moralité des actes humains » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1750).
(lire la suite)


L’objet moral
« La moralité de l’acte humain dépend avant tout et fondamentalement de l’objet raisonnablement choisi par la volonté délibérée ». L’objet moral « est la fin prochaine d’un choix délibéré qui détermine l’acte du vouloir de la personne qui agit » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendorr, n° 78). Pour savoir quel est l’objet qui spécifie moralement un acte, « il convient donc de se situer dans la perspective de la personne qui agit. En effet, l’objet de l’acte du vouloir est un comportement librement choisi. En tant que conforme à l’ordre de la raison, il est cause de la bonté de la volonté […]. Par objet d’un acte moral déterminé, on ne peut donc entendre un processus ou un événement d’ordre seulement physique, à évaluer selon qu’il provoque un état de choses déterminé dans le monde extérieur » (Ibid.). On ne doit pas confondre l’« objet physique » avec l’« objet moral » de l’action (une même action physique peut être l’objet d’actes moraux divers ; par exemple, utiliser un bistouri peut réaliser une opération chirurgicale ou un homicide).
La valeur morale des actes humains (le fait qu’ils soient bons ou mauvais) dépend avant tout de la conformité de l’objet ou de l’acte voulu avec le bien de la personne, selon le jugement de la droite raison. L’acte humain ne peut être ordonné à la fin ultime que s’il est bon par son objet. « La raison pour laquelle la bonne intention ne suffit pas mais pour laquelle il convient de faire le choix juste des œuvres réside dans le fait que l’acte humain dépend de son objet, c’est-à-dire de la possibilité ou non d’ordonner celui-ci à Dieu, à Celui qui « seul est Bon », et ainsi réalise la perfection de la personne » (Jean-Paul II, Ibid.). Autrement dit, « l’élément primordial et décisif pour le jugement moral est l’objet de l’acte de l’homme, lequel décide si son acte peut être orienté au bien et à la fin ultime qui est Dieu » (Ibid., n° 79).

(à suivre…)

mercredi 31 janvier 2007

2. La celebration des saints (suite)

2. La célébration des saints (suite)


Le Calendrier Romain est intimement lié à l’histoire du Martyrologe ; il a pour objet de mentionner le jour et le degré des célébrations en l’honneur des saints. Conformément à la disposition du Concile Vatican II, le Calendrier Romain Général comprend seulement les mémoires des « saints qui présentent véritablement une importance universelle », en laissant aux calendriers particuliers, qu’ils soient nationaux, régionaux, diocésains ou des familles religieuses, le soin d’indiquer les mémoires des autres saints.
(lire la suite)

Il est opportun de rappeler la raison pour laquelle le nombre des célébrations des saints a été réduit, ainsi que la nécessité d’en tenir compte sur le plan pastoral : cette décision a été prise pour que « les fêtes des saints ne l’emportent pas sur les fêtes qui célèbrent les mystères du salut eux-mêmes ». Au cours des siècles, en effet, « la multiplication des fêtes, des vigiles et des octaves, ainsi que la complication progressive des diverses parties de l’année liturgique » avaient « souvent poussé les fidèles aux dévotions particulières, de telle sorte que leurs esprits ont été quelque peu détournés des mystères fondamentaux de notre rédemption ».
À partir de la réflexion sur les faits qui ont marqué l’origine, le développement et les différentes révisions du Calendrier Romain Général, il est possible de présenter les quelques orientations pastorales suivantes :
— il est nécessaire d’instruire les fidèles sur le lien existant entre les fêtes des saints et la célébration du mystère du Christ. En effet, la raison d’être des fêtes des saints est de mettre en lumière les réalisations concrètes du dessein de salut de Dieu, et de « proclamer les merveilles du Christ chez ses serviteurs » ; les fêtes des membres de l’Église, que sont les saints, sont en réalité aussi des fêtes de la Tête de cette même Église, c’est-à-dire des fêtes du Christ ;
— il convient d’habituer les fidèles à discerner la valeur et la signification véritable des fêtes de ces saints et de ces saintes, dont la mission particulière a marqué l’histoire du salut, et qui ont vécu dans une relation étroite avec le Seigneur Jésus : on peut citer, en particulier, saint Jean-Baptiste (24 juin), saint Joseph (19 mars), les saints Pierre et Paul (29 juin), les autres Apôtres et saint Évangélistes, sainte Marie Madeleine (22 juillet) et sainte Marthe de Béthanie (29 juillet), enfin saint Étienne (26 décembre) ;
— il convient d’encourager les fidèles à célébrer en priorité les saints qui, dans l’Église particulière, sont considérés comme les plus importants : par exemple, les Patrons ou ceux qui, les premiers, ont annoncé la Bonne Nouvelle à la communauté des origines ;
— enfin, il est utile d’enseigner aux fidèles le critère d’« universalité », qui caractérise les saints inscrits dans le Calendrier général, ainsi que le sens du degré de leur célébration liturgique : solennité, fête et mémoire (obligatoire ou facultative).

(à suivre…)

mardi 30 janvier 2007

9. Les formes de conscience

9. Les formes de conscience


Si nous revenons à l’existence du péché originel — c’est un passage obligé (voir mes textes des 12, 14 17
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et 26 novembre) — nous comprendrons d’emblée que la conscience humaine peut tromper, que ce jugement moral peut être erroné. Elle « n’est pas un juge infaillible »
(lire la suite)
(Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 62).
On distingue la conscience vraie ou droite qui, à partir de principes vrais (la loi morale), émet un jugement véridique sur la licéité ou la non licéité d’un acte particulier ; et la conscience erronée ou fausse, qui émet un jugement faux, en disant qu’est bon ce qui est mauvais et inversement. Cette erreur « peut être le fruit d’une ignorance invincible, c’est-à-dire d’une ignorance dont le sujet n’est pas conscient et dont il ne peut sortir par lui-même » (Ibid.). Il n’y a pas de faute morale. Mais l’erreur peut aussi être due au fait que la personne « se soucie peu de rechercher le vrai et le bien et lorsque l’habitude du péché rend peu à peu sa conscience presque aveugle » (Ibid.). La conscience erronée de manière coupable n’est pas une excuse au péché et peut même l’aggraver.
On distingue également la conscience certaine, qui émet son jugement avec la certitude morale de ne pas se tromper ; la conscience probable, lorsqu’elle juge en étant convaincue qu’il existe une certaine probabilité d’erreur, moindre cependant que la probabilité d’être dans le vrai ; la conscience douteuse, quand la probabilité de se tromper est égale ou supérieure à celle d’être dans le vrai. Finalement on parle de conscience perplexe quand elle n’ose pas juger, parce qu’elle pense qu’il y a péché aussi bien à réaliser un acte qu’à l’omettre.
Dans la pratique il ne faut agir qu’avec une conscience vraie et certaine. On ne doit pas agir avec une conscience douteuse, mais il est nécessaire de sortir du doute en étudiant, en demandant, etc. (par exemple, si l’on doute que quelque chose soit un péché ou non, on ne doit pas le réaliser avant d’avoir dissipé le doute). Il va de soi que l’on ne peut jamais agir avec une conscience mauvaise.
Le jugement de la conscience est donc essentiel. Il porte sur une pensée, une action ou une omission, c’est-à-dire sur un objet, recherché avec une intention donnée par celui qui agit, et dans des circonstances déterminées. Ce sont les trois éléments dont dépend la moralité des actes humains.

(à suivre…)

lundi 29 janvier 2007

Prier tourne vers l’Orient

Prier tourné vers l'Orient


Le mot « orienter » est pris de nos jours dans une acception large. Mais il veut dire « tourné vers l’Orient » et correspond à l’attitude des premiers chrétiens qui, pour prier, se tournaient effectivement vers l’est. La direction de l’Orient était indiquée dans les lieus de prière ainsi que dans les maisons privées par une croix peinte sur le mur.
(lire la suite)
La profession de foi du baptisé vers l’Orient s’oppose à l’abjuration de satan et de « ses pompes » face à l’Occident. Le symbolisme de l’Orient est triple. Il rappelle d’abord que la seconde venue du Christ sera « comme l’éclair apparaît à l’Orient et brille jusqu’à l’Occident » (Matthieu 24, 27). Ensuite, l’Orient désigne le Christ lui-même, comme saint Ambroise l’explique dans le rite baptismal : « Tu t’es tourné vers l’Orient. Celui qui renonce au démon se tourne vers le Christ et le regarde face à face » (cité par J. Daniélou, Bible et liturgie, Paris,1950, dont je m’inspire ici). Enfin, en référence à Genèse 2, 8 qui indique que « Dieu planta un jardin en Éden, à l’Orient », nous avons un rappel du paradis. Saint Cyrille de Jérusalem s’exprime en ce sens : « Quand tu renonces à satan, le Paradis de Dieu s’ouvre à toi, celui qu’il avait planté à l’Orient et d’où notre premier père avait été chassé à causée sa désobéissance. Et le symbole de cela, c’est que tu te tournes de l’Orient vers l’Occident. »
L’on prit très tôt l’habitude d’orienter également les églises. Le Temple de Jérusalem détruit « n’est plus considéré comme le lieu de la présence de Dieu. Le Temple de pierre n’exprime plus l’espérance des chrétiens — son rideau est déchiré à jamais. Le regard se tourne maintenant vers l’Orient, vers le soleil levant. Il ne s’agit pas de rendre un culte solaire, mais d’écouter le cosmos parler du Christ. Dans le psaume 19 (18) le soleil, assimilé au Christ, comme un époux, sort de son pavillon et se réjouit, vaillant, de courir sa carrière. À la limite des cieux il a son lever et sa course atteint à l’autre limite (versets 6-7). Ce psaume, qui passe sans transition de la glorification de la Création à la louange de la Loi, a maintenant pour référence le Christ, le Logos éternel, le Verbe vivant né de la Vierge Marie, véritable lumière de l’histoire qui illumine désormais le monde entier. L’Orient prend symboliquement le relais du Temple de Jérusalem et le Christ, représenté par le soleil, devient le lieu de la shekinah [la présence divine] du trône du Dieu vivant » (J. Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Genève, 2001, p. 57-58). D’où les représentations du Christ-Hélios dans l’iconographie paléochrétienne.
La prière vers l’Orient caractérise le christianisme, par opposition à la prière vers Jérusalem, chez les Juifs, et à la Qibla ou prière vers La Mecque, chez les musulmans.

dimanche 28 janvier 2007

La philosophie et la theologie




La philosophie et la théologie

En ce jour où nous fêtons saint Thomas d'Aquin, voici un texte qui montre les rapports de la philosophie et de la théologie : « Comme, dans son ordre naturel, la métaphysique parachevée en sa perfection est sagesse, ainsi la théologie dans sa perfection est sagesse. Certes, elle n’est pas la sagesse la plus haute : au-dessus d’elle il y a la sagesse des saints. Mais si le théologien participe aussi, fût-ce par le désir, à celle-ci, loin d’être détruite, sa sagesse théologique en sera accrue et purifiée.
(lire la suite)
Le sage juge à la lumière des raisons premières et des causes suprêmes qu’il contemple. La sagesse théologique, enracinée dans la foi vive, participe à sa manière à la sagesse divine. Aussi le climat normal de la théologie est-il celui de la contemplation. C’est là une vérité fondamentale, que l’on a singulièrement oubliée de nos jours et je pense que cet oubli est loin d’être étranger à la crise actuelle de l’intelligence catholique.
À ce propos, nous pouvons faire une double remarque. La théologie est dite dans notre texte science et sagesse. Les deux termes ne s’opposent pas. La science renvoie en effet à la rigueur de la démarche, au sens où pour Aristote la philosophie a valeur de science. La sagesse, elle, exprime le sommet de ce savoir, là où il juge selon les raisons les plus hautes. Aujourd’hui quand on parle de science, le terme ne se réfère pas d’abord à la philosophie ou à la théologie spéculative, mais à un ensemble de disciplines qui, à l’instar des sciences de la nature, se définissent par le champ limité de leur objet et par un effort pour se soumettre aux exigences d’une méthode strictement déterminée. Dans la situation actuelle de la culture, ces disciplines prennent une importance grandissante. En soi, ce développement est un gain certain. Qu’on pense à l’histoire ou à l’exégèse, par exemple. Mais, par ailleurs, ce gain est gravement compromis par les conditions dans lesquelles il est acquis. En effet, l’essor des disciplines en question est la plupart du temps accompagné d’une éclipse de la philosophie et d’une méconnaissance, pleine de mépris qui est une marque de la myopie intellectuelle, de son usage en théologie. Or, dans ces sciences, la part de la conjecture et de l’opinion est grande, et d’autre part puisque la théologie spéculative ne peut se constituer sans l’appel à la philosophie, c’est l’orientation contemplative elle-même de tout le travail théologique qui est compromis. Aux yeux de plus d’un théologien, l’ambition qui doit animer la recherche n’est plus celle de la sagesse, mais celle de la science au sens moderne d’une procédure de plus en plus perfectionnée permettant de « maîtriser » l’objet, comme on le maîtrise dans des sciences polarisées par la technique. Et comme l’œuvre est moins aisée qu’il n’y paraît — de par la nature même de l’objet qui s’y refuse ! —, on déploie une somme considérable d’énergies à ce qui paraît être la condition et le premier moment de cette prise de l’objet, et qui est le moment négatif de la critique. D’où cette sûreté inébranlable pour décréter qu’une affirmation n’est pas certaine, — et d’autant moins certaine qu’il s’agit d’une certitude solidement fondée !
L’autre remarque concerne l’aspect existentiel de la sagesse théologique. En effet, dans la mesure où la théologie est intelligence de la foi, elle ne peut pleinement développer chez le théologien que pour autant que celui-ci s’engage de toute sa personne dans la vie de la foi. La tendance de faire de la théologie une « science » au sens restreint que nous avons dit se nourrit de l’illusion que le théologien peut être comme extérieur et étranger à son objet. L’engagement profond du théologien dans l’amour de la vérité révélée est une condition nécessaire de l’exercice de la théologie. C’est dans ce sens que nous pouvons comprendre l’avertissement donné par Léon XIII. Après avoir mis en garde contre la tentation de faire de l’ingéniosité et de l’érudition « le tout ou le principal de la philosophie », il ajoute concernant la théologie sacrée : « Il convient, il est vrai, de lui apporter le secours et la lumière d’une érudition étendue. Mais il est absolument nécessaire de la traiter à la manière grave des scolastiques afin que, par les forces de la Révélation et de la raison jointes en elle, elle demeure le rempart inexpugnable de la foi » (G. Cottier, « La foi a besoin de la philosophie », dans Scripta Theologica 11 (1979), p. 701-702). (/span>

samedi 27 janvier 2007

Le culte des saints et des bienheureux

Le culte des saints et des bienheureux

Cette question a été traitée en détail par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline de la liturgie, aux numéros 226-247 d’un document intitulé Directoire sur la piété populaire et la liturgie, du 17 décembre 2001, dont je reprends ici les passages les plus significatifs, étant entendu que j’ai abordé ou j’aborderai certains de ces aspects sous une autre perspective.
Nous verrons successivement :

1. La célébration des saints
2. La célébration des saints (suite)
3. Le jour de la fête
4. Les litanies des saints
5. Les reliques des saints
6. Les saintes images
7. Les saintes images (suite)
8. Les processions
9. Les processions (suite)
(lire la suite)


1. La célébration des saints
La célébration d’une fête en l’honneur d’un saint - et cela vaut aussi à leur propre niveau pour les bienheureux - est sans aucun doute une expression éminente du culte de la communauté ecclésiale : elle inclut très souvent la célébration de l’Eucharistie. La détermination du « jour de fête » du saint est une décision très importante sur le plan cultuel, mais elle est souvent complexe, parce qu’elle dépend de nombreux facteurs d’ordre historique, liturgique et culturel, qui ne sont pas faciles à harmoniser.
Dans l’Église de Rome et dans d’autres Églises locales, la célébration la plus ancienne fut celle de la mémoire des martyrs, le jour anniversaire de leur passion, qui marquait à la fois leur suprême identification au Christ et leur naissance au ciel ; elle fut suivie par la célébration du conditor Ecclesiæ [« fondateur de l’Église »], c’est-à-dire les évêques qui avaient dirigé ces Églises et les autres confesseurs de la foi, ainsi que de la commémoration annuelle de la dédicace de l’église cathédrale. La multiplication de ces diverses célébrations rendirent nécessaire la constitution progressive des calendriers liturgiques locaux, où furent mentionnés la date et le lieu de la mort de chacun des Saints ou groupe de Saints.
Ces calendriers particuliers permirent d’élaborer des calendriers généraux, dont les plus célèbres sont le Martyrologe syriaque (V siècle), le Martyrologium Hieronimianum (VI siècle), celui de saint Bède (VIII siècle), de Lyon (IX siècle), de Usardo (IX siècle) et d’Adone (IX siècle).
Le 14 janvier 1584, Grégoire XIII promulgua l’édition typique du Martyrologium Romanum [« Martyrologe romain »], destiné à l’usage liturgique. Jean-Paul II a promulgué la première édition typique du Martyrologe Romain, qui a été révisé à la suite du Concile Vatican II ; tout en se référant à la tradition romaine et en incorporant les données des différents martyrologes anciens les plus importants, cette édition typique rassemble les noms de très nombreux saints et bienheureux, et il constitue un témoignage extrêmement riche des multiples formes de sainteté que l’Esprit du Seigneur suscite dans l’Église à toutes les époques et en tous lieux.

(à suivre…)

vendredi 26 janvier 2007

26 janvier : st Timothee et st Tite

26 janvier : st Timothée et st Tite


Le 13 décembre 2006, le pape Benoît XVI a présenté les deux proches collaborateurs de saint Paul que sont les saints Timothée et Tite, fêtés aujourd’hui, 26 janvier.
« […] C'est à eux que sont adressées trois Lettres traditionnellement attribuées à Paul, dont deux sont destinées à Timothée et une à Tite.
Timothée est un nom grec et signifie « qui honore Dieu ».
(lire la suite)
Alors que dans les Actes, Luc le mentionne six fois, dans ses Lettres, Paul fait référence à lui au moins à dix-sept reprises (on le trouve en plus une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu'il jouissait d'une grande considération aux yeux de Paul, même si Luc ne considère pas utile de nous raconter tout ce qui le concerne. En effet, l'Apôtre le chargea de missions importantes et vit en lui comme un alter ego, ainsi qu'il ressort du grand éloge qu'il en fait dans la Lettre aux Philippiens : « Je n'ai en effet personne d'autre (isópsychon) qui partage véritablement avec moi le souci de ce qui vous concerne » (2, 20).
Timothée était né à Lystres (environ 200 km au nord-ouest de Tarse) d'une mère juive et d'un père païen (cf. Actes 16, 1). Le fait que sa mère ait contracté un mariage mixte et n'ait pas fait circoncire son fils laisse penser que Timothée a grandi dans une famille qui n'était pas strictement observante, même s'il est dit qu'il connaissait l'Ecriture dès l'enfance (cf. 2 Timothée 3, 15). Le nom de sa mère, Eunikè, est parvenu jusqu'à nous, ainsi que le nom de sa grand-mère, Loïs (cf. 2 Timothée 1, 5). Lorsque Paul passa par Lystres au début du deuxième voyage missionnaire, il choisit Timothée comme compagnon, car « à Lystres et à Iconium, il était estimé des frères » (Actes 16, 2), mais il le fit circoncire « pour tenir compte des juifs de la région » (Actes 16, 3). Avec Paul et Silas, Timothée traverse l'Asie mineure jusqu'à Troas, d'où il passe en Macédoine. Nous sommes en outre informés qu'à Philippes, où Paul et Silas furent visés par l'accusation de troubler l'ordre public et furent emprisonnés pour s'être opposés à l'exploitation d'une jeune fille comme voyante de la part de plusieurs individus sans scrupules (cf. Actes 16, 16-40), Timothée fut épargné. Ensuite, lorsque Paul fut contraint de poursuivre jusqu'à Athènes, Timothée le rejoignit dans cette ville et, de là, il fut envoyé à la jeune Eglise de Thessalonique pour avoir de ses nouvelles et pour la confirmer dans la foi (cf. 1 Thessaloniciens 3, 1-2). Il retrouva ensuite l'Apôtre à Corinthe, lui apportant de bonnes nouvelles sur les Thessaloniciens et collaborant avec lui à l'évangélisation de cette ville (cf. 2 Corinthiens 1, 19).
Nous retrouvons Timothée à Éphèse au cours du troisième voyage missionnaire de Paul. C'est probablement de là que l'Apôtre écrivit à Philémon et aux Philippiens, et dans ces deux lettres, Timothée apparaît comme le co-expéditeur (cf. Philémon 1 ; Philippiens 1, 1). D'Éphèse, Paul l'envoya en Macédoine avec un certain Éraste (cf. Actes 19, 22) et, ensuite, également à Corinthe, avec la tâche d'y apporter une lettre, dans laquelle il recommandait aux Corinthiens de lui faire bon accueil (cf. 1 Corinthiens 4, 17 ; 16, 10-11). Nous le retrouvons encore comme co-expéditeur de la deuxième Lettre aux Corinthiens, et quand, de Corinthe, Paul écrit la Lettre aux Romains, il y unit, avec ceux des autres, les saluts de Timothée (cf. Romains 16, 21). De Corinthe, le disciple repartit pour rejoindre Troas sur la rive asiatique de la Mer Égée et y attendre l'Apôtre qui se dirigeait vers Jérusalem, en conclusion de son troisième voyage missionnaire (cf. Actes 20, 4). À partir de ce moment, les sources antiques ne nous réservent plus qu'une brève référence à la biographie de Timothée, dans la Lettre aux Hébreux où on lit : « Sachez que notre frère Timothée est libéré. J'irai vous voir avec lui s'il vient assez vite » (13, 23). En conclusion, nous pouvons dire que la figure de Timothée est présentée comme celle d'un pasteur de grand relief. Selon l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, écrite postérieurement, Timothée fut le premier évêque d'Éphèse (cf. 3, 4). Plusieurs de ses reliques se trouvent depuis 1239 en Italie, dans la cathédrale de Termoli, dans le Molise, provenant de Constantinople.
Quant à la figure de Tite, dont le nom est d'origine latine, nous savons qu'il était grec de naissance, c'est-à-dire païen (cf. Galates 2, 3). Paul le conduisit avec lui à Jérusalem pour participer au Concile apostolique, dans lequel fut solennellement acceptée la prédication de l'Evangile aux païens, sans les contraintes de la loi mosaïque. Dans la Lettre qui lui est adressée, l'Apôtre fait son éloge, le définissant comme son « véritable enfant selon la foi qui nous est commune » (Tite 1, 4). Après le départ de Timothée de Corinthe, Paul y envoya Tite avec la tâche de reconduire cette communauté indocile à l'obéissance. Tite ramena la paix entre l'Église de Corinthe et l'Apôtre, qui écrivit à celle-ci en ces termes : « Pourtant, le Dieu qui réconforte les humbles nous a réconfortés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais par le réconfort qu'il avait trouvé chez vous : il nous a fait part de votre grand désir de nous revoir, de votre désolation, de votre amour ardent pour moi... En plus de ce réconfort, nous nous sommes réjouis encore bien davantage à voir la joie de Tite : son esprit a été pleinement tranquillisé par vous tous » (2 Corinthiens 7, 6-7.13). Tite fut ensuite envoyé encore une fois à Corinthe par Paul — qui le qualifie comme « mon compagnon et mon collaborateur » (2 Corinthiens 8, 23) — pour y organiser la conclusion des collectes en faveur des chrétiens de Jérusalem (cf. 2 Corinthiens 8, 6). Des nouvelles supplémentaires provenant des Lettres pastorales le qualifient d'évêque de Crète (cf. Tite 1, 5), d'où sur l'invitation de Paul, il rejoint l'Apôtre à Nicopolis en Épire (cf. Tite 3, 12). Il se rendit ensuite également en Dalmatie (cf. 2 Timothée 4, 10). Nous ne possédons pas d'autres informations sur les déplacements successifs de Tite et sur sa mort.
En conclusion, si nous considérons de manière unitaire les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de plusieurs données très significatives. La plus importante est que Paul s'appuya sur des collaborateurs dans l'accomplissement de ses missions. Il reste certainement l'Apôtre par antonomase, fondateur et pasteur de nombreuses Églises. Il apparaît toutefois évident qu'il ne faisait pas tout tout seul, mais qu'il s'appuyait sur des personnes de confiance qui partageaient ses peines et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur promptitude à assumer des charges diverses, consistant souvent à représenter Paul également en des occasions difficiles. En un mot, ils nous enseignent à servir l'Évangile avec générosité, sachant que cela comporte également un service à l'Église elle-même. Recueillons enfin la recommandation que l'Apôtre Paul fait à Tite, dans la lettre qui lui est adressée : « Voilà une parole sûre, et je veux que tu t'en portes garant, afin que ceux qui ont mis leur foi en Dieu s'efforcent d'être au premier rang pour faire le bien » (Tite 3, 8). À travers notre engagement concret, nous devons et nous pouvons découvrir la vérité de ces paroles, et, précisément en ce temps de l'Avent, être nous aussi riches de bonnes œuvres et ouvrir ainsi les portes du monde au Christ, notre Sauveur. »

mercredi 24 janvier 2007

25 janvier : la conversion de saint Paul


25 janvier : la conversion de saint paul


L'Apôtre des Gentils, c'est-à-dire des non-Juifs, a raconté lui-même à deux reprises sa conversion, alors qu'il se rendait à Damas avec plein pouvoirs pour arrêter les chrétiens et les amener enchaînés à Jérusalem : dans les Actes des apôtres lorsque Paul s'adresse aux Juifs de Jérusalem (Actes 22, 5-16), et quand, prisonnier, il se défend devant le roi Agrippa à Césarée des accusations portées contre lui (Actes 26, 10-18). Saint Luc en donne également un récit détaillé dans Actes 9, 3-19.
Saül, de son nom juif, (lire la suite) est né à Tarse, en Cilicie, de la tribu de Benjamin. Il est citoyen romain de naissance. Il s'instruit à l'école de Gamaliel, "docteur de la Loi, respecté de tout le peuple" (Actes 5, 34), qui faisait partie du Sanhédrin, le conseil suprême des Juifs, lors de l'arrestation des apôtres (cf. Ibid.).
Paul est rempli de zèle pour le Seigneur. Il croit bien faire en s'opposant violemment à la nouvelle " secte ", c'est-à-dire les Juifs passés au christianisme. Mais sans le savoir, il contrarie les plans de Dieu. Déjà il consentait au meurtre d'Étienne, le premier martyr ou protomartyr (cf. Actes 8, 1). Dieu se sert de son zèle et de sa générosité pour les mettre à son service. Il lui apparaît, l'année 34 ou 35, et lui demande, en hébreu : " Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il est dur pour toi de regimber contre l'aiguillon. - Je dis : Qui est-tu, Seigneur ? - Et le Seigneur répondit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et tiens-toi droit. Voici pourquoi je te suis apparu : c'est pour te prendre comme serviteur et comme témoin des choses que tu as vues et de celles que je te ferai voir encore. Je t'ai tiré du sein de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t'envoie pour leur ouvrir les yeux, les faire passer des ténèbres à la lumière et de l'empire de satan à Dieu " (Actes 26, 14-18).
Nous pouvons constater que l'initiative vient de Dieu. Toute vocation est au sens propre un " appel ". Elle n'est donc pas le fait de l'homme, dont le rôle se limite à l'accepter avec l'aide de la grâce. Nous voyons également ici que Paul a une vision du Christ, qu'il n'a pas connu, contrairement aux douze apôtres. C'est donc par une révélation privée que Paul connaît le contenu de la foi, qu'il va se mettre à enseigner à son tour.
Envoyé en particulier auprès des païens, il entreprendra trois longs voyages missionnaires, en ayant Antioche de Syrie comme base logistique. Le premier voyage (printemps 45-printemps 49) est raconté dans Actes 13, 1-14, 28, le second (fin 49/début 50-automne 52) dans Actes 15, 36-18, 22 et le troisième (printemps 53-printemps 58) dans Actes 18, 23-21, 16. Ce dernier voyage s'achève à Jérusalem, où Paul est arrêté par les Romains à la suite d'une émeute provoquée contre lui par des Juifs (Pentecôte 58). Il en appelle à César et est donc transféré d'abord à Césarée maritime (58-60), puis à Rome (printemps 60-printemps 61). Les Actes s'achèvent sur cette première captivité de Paul (printemps 61-printemps 63). Il faut compléter sa biographie par les épîtres de Paul et la tradition recueillie dans des écrits tels que l'épître du pape saint Clément (fin du IIer s.) et le Canon de Muratori (vers 180). Il est probable que saint Paul ait entrepris en 63-64 le voyage projeté en Espagne (cf. Romains 15, 24.28).
Emprisonné de nouveau à Rome, à l'automne 66, il est décapité près de Trois Fontaines, à Acque Salvie, en 67.

Les Douze apotres (3)

Les Douze apôtres (3)


Par la suite, Irénée, indiquant ici ce réseau de la succession apostolique comme garantie de la persévérance dans la parole du Seigneur, se concentre sur cette Église « souveraine, très ancienne et connue de tous » qui a été « fondée et constituée à Rome par les très glorieux Apôtres Pierre et Paul », en donnant de l'importance à la Tradition de la foi, qui en celle-ci parvient jusqu'à nous depuis les Apôtres, à travers les successions des évêques. De cette façon, pour Irénée et pour l'Église universelle, la succession épiscopale de l'Église de Rome devient le signe, le critère et la garantie de la transmission ininterrompue de la foi apostolique
(lire la suite)
: « À cette Église, en raison de sa principale particularité (propter potiorem principalitatem), il est nécessaire que s'unisse chaque Église, c'est-à-dire les fidèles partout où ils sont, car en elle, la tradition des Apôtres a toujours été conservée... » (Adversus hæreses, III, 3, 2, PG 7, 848). La succession apostolique — qui a lieu sur la base de la communion avec celle de l'Église de Rome — est donc le critère de la permanence de chaque Église particulière dans la Tradition de la foi apostolique commune, qui, à travers ce canal, a pu parvenir jusqu'à nous depuis les origines : « Selon cet ordre et cette succession est parvenue jusqu'à nous la tradition qui est dans l'Église depuis les Apôtres et la prédication de la vérité. Il s'agit là de la preuve la plus complète que la foi vivifiante des Apôtres est une seule et la même, ayant été conservée et transmise dans la vérité » (Ibid., III, 3, 3, PG 7, 851).
Selon ces témoignages de l'Église antique, l'apostolicité de la communion ecclésiale consiste dans la fidélité à l'enseignement et à la pratique des Apôtres, à travers lesquels est assuré le lien historique et spirituel de l'Église avec le Christ. La succession apostolique du ministère épiscopal est la voie qui garantit la transmission fidèle du témoignage apostolique. Ce que représentent les Apôtres dans la relation entre le Seigneur Jésus et l'Église des origines est représenté de manière analogue par la succession ministérielle dans la relation entre l'Église des origines et l'Église actuelle. Il ne s'agit pas d'un simple enchaînement matériel ; c'est plutôt l'instrument historique dont se sert l'Esprit pour rendre présent le Seigneur Jésus, Chef de son peuple, à travers ceux qui sont ordonnés pour le ministère par l'imposition des mains et la prière des évêques. À travers la succession apostolique, c'est alors le Christ qui nous rejoint : dans la parole des Apôtres et de leurs successeurs, c'est Lui qui nous parle ; par leurs mains, c'est Lui qui agit dans les sacrements ; dans leur regard, c'est son regard qui nous enveloppe et nous fait sentir aimés, accueillis dans le cœur de Dieu. Et aujourd'hui aussi, comme au commencement, le Christ lui-même est le véritable pasteur et gardien de nos âmes, que nous suivons avec une grande confiance, gratitude et joie (Benoît XVI, Audience générale du mercredi 10 mai 2006).

(fin)

mardi 23 janvier 2007

8. La conscience

8. La conscience

Ce qui nous intéresse ici, c’est la conscience morale, qui n’est autre qu’«un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1778), « approuvant ceux (les choix concrets) qui sont bons, dénonçant ceux qui sont mauvais » (Ibid., n° 1777).
Or, « au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir.
(lire la suite)
Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela. » Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » (concile Vatican II, constitution pastorale sur l’Église dans le monde Gaudium et spes, n° 16). Ainsi « c’est par le jugement de sa conscience que l’homme perçoit et reconnaît les prescriptions de la loi divine » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1778).
La conscience est une « voix » qui prévient de ce qui est bon et de ce qui est mal en appliquant la loi morale aux actes concrets, et qui pousse à suivre le bien et fait des reproches (donne des « remords ») si on suit le mal. Elle « est un jugement qui applique à une situation concrète la conviction rationnelle que l’on doit aimer, faire le bien et éviter le mal. Ce premier principe de la raison pratique appartient à la loi naturelle, et il en constitue même le fondement. […] Tandis que la loi naturelle met en lumière les exigences objectives et universelles du bien moral, la conscience applique la loi au cas particulier » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 59).
Tout homme est tenu de suivre sa conscience, quand bien même il se trouverait dans l’erreur. Cette obligation naît du caractère obligatoire de la loi morale. « C’est l’obligation de faire ce que l’homme, par un acte de sa conscience, connaît comme un bien qui lui est désigné ici et maintenant » (Ibid.). Par conséquent : a) il ne peut y avoir d’opposition objective entre l’obligation de suivre le jugement de la conscience et celle de suivre la loi morale, car « le jugement de la conscience ne définit pas la loi, mais il atteste l’autorité de la loi naturelle » (Ibid., n° 60) ; b) l’homme « ne doit donc pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience, surtout en matière religieuse » (concile Vatican II, déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ, n° 3), pourvu qu’il respecte l’ordre et la moralité publiques (Ibid., n° 7). L’autorité, quelle qu’elle soit a le devoir de respecter la liberté des consciences de ses sujets ; c) chacun est responsable des actes qu’il réalise ; cette responsabilité constitue un appel à chercher la vérité morale et à se laisser guider par elle dans l’action : « Le degré de maturité et de responsabilité de ces jugements [de la conscience] — et, en définitive de l’homme, qui en est le sujet — se mesure non par la libération de la conscience par rapport à la vérité objective, en vue d’une prétendue autonomie des décisions personnelles, mais, au contraire, par une pressante recherche de la vérité et, dans l’action, par la remise de soi à la conduite de cette conscience » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 61).

(à suivre…)

lundi 22 janvier 2007

Les Douze apotres (2)

Les Douze apôtres (2)


Sans doute est-il utile d'expliquer brièvement ce que signifie le mot évêque. Il s'agit de la forme française du mot grec « episcopos ». Ce mot indique quelqu'un qui possède une vision d'en haut, quelqu'un qui regarde avec le cœur. Ainsi, saint Pierre lui-même, dans sa première Lettre, appelle le Seigneur Jésus « pasteur et évêque, gardien de vos âmes ». Et selon ce modèle du Seigneur, qui est le premier évêque, gardien et pasteur des âmes, les successeurs des apôtres se sont ensuite appelés évêques, « episcopoi ».
(lire la suite)
C'est à eux qu'est confiée la fonction de l'« episcopé ». Cette fonction précise de l’évêque évoluera progressivement, par rapport aux commencements, jusqu'à prendre la forme — déjà clairement attestée chez Ignace d'Antioche au début du II siècle (cf. Ad Magnesios, 6, 1, PG 5, 668) — de la triple charge de l'évêque, prêtre et diacre. C'est un développement guidé par l'Esprit de Dieu, qui assiste l'Eglise dans le discernement des formes authentiques de la succession apostolique, toujours mieux définie face à une pluralité d'expériences et de formes charismatiques et ministérielles, présentes dans les communautés des origines.
Ainsi, la succession de la fonction épiscopale se présente comme la continuité du ministère apostolique, garantie de la persévérance dans la Tradition apostolique. Le lien entre le Collège des évêques et la communauté originelle des Apôtres est tout d'abord compris dans l'optique de la continuité historique. Comme nous l'avons vu, aux Douze est tout d'abord associé Matthieu, puis Paul, puis Barnabé, puis d'autres, jusqu'à la formation, dans la seconde et troisième génération, du ministère de l'évêque. La continuité s'exprime donc dans cette chaîne historique. Et dans cette continuité de la succession se trouve la garantie de la persévérance, dans la communauté ecclésiale, du Collège apostolique rassemblé autour de lui par le Christ. Mais cette continuité, que nous voyons tout d'abord dans la continuité historique des ministres, est entendue également au sens spirituel, car la succession apostolique dans le ministère est considérée comme le lieu privilégié de l'action et de la transmission de l'Esprit Saint. Un clair écho de ces convictions se trouve, par exemple, dans le texte suivant d'Irénée de Lyon (deuxième moitié du II siècle) : « La tradition des Apôtres, manifeste dans le monde entier, se montre dans chaque Église à tous ceux qui veulent voir la vérité et nous pouvons énumérer les évêques établis par les Apôtres dans les Églises et leurs successeurs jusqu'à nous... (Les Apôtres) voulurent, en effet, que soient absolument parfaits et irrépréhensibles en toute chose ceux qu'ils laissaient comme leurs successeurs, en leur transmettant leur mission d'enseignement. Si ceux-ci avaient correctement compris, ils en auraient tiré un grand profit ; si, en revanche, ils avaient échoué, ils en aurait tiré un très grand dommage » (Adversus hæreses, III, 3, 1: PG 7, 848).

(à suivre…) (

dimanche 21 janvier 2007

7. L’homme face à la loi (suite)

7. L'homme face à la loi


« La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Il existe une « dépendance fondamentale de la liberté par rapport à la vérité » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 34). L’amour de la liberté, caractéristique de l’esprit chrétien, est inséparable de l’amour de la vérité.
(lire la suite)
« Vous avez été appelés à la liberté ; seulement que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair ; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres » (Galates 5, 13).
« Pour se développer en conformité avec sa nature, la personne humaine a besoin de la vie sociale » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1891). Les lois humaines sont un élément nécessaire de cet ordre. « La loi est une règle de conduite édictée par l’autorité compétente en vue du bien commun » (Ibid., n° 1951). Il faut poser ici un principe essentiel : « La loi humaine a valeur de loi dans la mesure où elle est conforme à la raison droite : sous cet aspect, il est manifeste qu’elle dérive de la loi éternelle. Par ailleurs, dans la mesure où elle est contraire à la raison, elle est déclarée inique, et dès lors, n’a plus de valeur de loi, elle est plutôt une violence » (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique I‑II, q. 93, a. 3, ad 2). De plus, « toute loi portée par les hommes n’a de valeur de loi que dans la mesure où elle dérive de la loi de nature. Si elle dévie, en quelque point, de la loi naturelle, ce n’est déjà plus une loi, mais une corruption de la loi » (Ibid., q. 95, a. 2, c). Par conséquent ce qui est permis par la loi civile — ce qui est « légal » — n’est pas pour autant forcément permis par la loi morale. L’homme peut être tenu de s’y opposer, ce qu’illustrent les innombrables martyrs de la foi au long des siècles. La loi naturelle « procure la base nécessaire à la loi civile qui se rattache à elle, soit par une réflexion qui tire les conclusions de ses principes, soit par des additions de nature positive et juridique » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1959).
Au nombre des lois humaines figurent les commandements de l’Église qui ont pour objet de concrétiser la façon d’accomplir quelques-unes des obligations du chrétien : sanctifier les fêtes, recevoir les sacrements, faire pénitence et contribuer à ce que l’Église dispose des moyens matériels nécessaires pour accomplir sa mission sur cette terre.
Comment l’homme décide-t-il d’agir ? À partir du jugement de sa conscience.

(à suivre...)

samedi 20 janvier 2007

Les Douze apotres (1)

Les Douze apôtres (1)


Au cours de l’audience générale du mercredi 10 mai 2006, le pape Benoît XVI a parlé des douze apôtres de Jésus-Christ en général, avant de présenter chacun d’entre eux. J’ai déjà repris l’an dernier ses commentaires sur saint Simon et saint Jude (28 octobre), saint André (les 30 novembre et 1er décembre) et saint Jean (les 27 décembre, 28 décembre et 29 décembre 2006). Je continuerai cette année en mettant le texte correspondant le jour de la fête de l’apôtre en question. Je commence aujourd’hui la présentation générale
(lire la suite)
, qui sera donnée en trois fois :
« Au cours des deux dernières audiences, nous avons médité sur ce qu'est la Tradition de l'Eglise, et nous avons vu que celle-ci est la présence permanente de la parole et de la vie de Jésus parmi son peuple. Mais la parole, pour être présente, a besoin d'une personne, d'un témoin. C'est ainsi que naît cette réciprocité : d'une part, la parole a besoin de la personne, mais, de l'autre, la personne, le témoin, est lié à la parole qui lui est confiée et non pas inventée par lui. Cette réciprocité entre contenu — parole de Dieu, vie du Seigneur — et personne qui l'accomplit est caractéristique de la structure de l'Église, et nous voulons aujourd'hui méditer sur cet aspect personnel de l'Église.
Le Seigneur l'avait commencé en convoquant, comme nous l'avons vu, les Douze, à travers lesquels était représenté le futur Peuple de Dieu. Dans la fidélité au mandat reçu par le Seigneur, les Douze complètent tout d'abord, après son Ascension, leur nombre avec l'élection de Matthieu à la place de Judas (cf. Actes 1, 15-26), puis ils associent d'autres personnes aux fonctions qui leur sont confiées, afin qu'elles poursuivent leur ministère. Le Ressuscité lui-même appelle Paul (cf. Galates 1, 1) mais Paul, bien qu'appelé par le Seigneur comme Apôtre, confronte son Evangile avec l'Evangile des Douze (cf. Ibid. 1, 18), il se soucie de transmettre ce qu'il a reçu (cf. 1 Corinthiens 11, 23 ; 15, 3-4) et, dans la distribution des tâches missionnaires, il est associé aux Apôtres, ainsi que d'autres, par exemple Barnabé (cf. Galates 2, 9). De même qu'au début de la condition d'apôtre, il y a un appel et un envoi du Ressuscité, l'appel et l'envoi d'autres personnes se réalisera avec la force de l'Esprit par l'œuvre de ceux qui sont déjà constitués dans le ministère apostolique. Telle est la voie par laquelle se poursuivra ce ministère qui, ensuite, en commençant par la deuxième génération, s'appellera ministère épiscopal, « episcopé ».

(à suivre…)

vendredi 19 janvier 2007

La vie chretienne est fondamentalement un « oui

La vie chrétienne est fondamentalement un "oui"


C’est ce que nous pouvons déduire d’une homélie du pape Benoît XVI, au cours de laquelle il a déclaré notamment : « Le Baptême […] est un don ; le don de la vie. Mais un don doit être accueilli, doit être vécu. Un don d'amitié implique un « oui » à l'ami et implique un « non » à ce qui n'est pas compatible avec cette amitié, à ce qui est incompatible avec la vie de la famille de Dieu, avec la vraie vie dans le Christ. Et ainsi, dans ce second dialogue, sont prononcés trois « non » et trois « oui ». On dit « non » et on renonce aux tentations, au péché, au diable. […] (lire la suite)
Dans l'Église antique, ces « non » étaient résumés en une parole […] la « pompa diaboli », c'est-à-dire à la promesse de vie en abondance, cette apparence de vie qui semblait venir du monde païen, de ses libertés, de sa manière de vivre uniquement selon son bon plaisir. C'était donc un « non » à une culture apparemment d'abondance de la vie, mais qui en réalité était une « anticulture » de la mort. C'était un « non » à ces spectacles où la mort, la cruauté, la violence étaient devenus divertissement. Pensons à ce qui était organisé au Colisée ou ici, dans les jardins de Néron, où les hommes étaient brûlés comme des torches vivantes. […]
À notre époque aussi il est nécessaire de dire « non » à la culture largement dominante de la mort. Une « anticulture » qui se manifeste, par exemple, dans la drogue, dans la fuite de la réalité au profit de l'illusion, dans un bonheur faux qui s'exprime dans le mensonge, dans la tromperie, dans l'injustice, dans le mépris de l'autre, de la solidarité, de la responsabilité envers les pauvres et les personnes qui souffrent ; qui s'exprime dans une sexualité qui devient un pur divertissement sans responsabilité, qui devient une « chosification » – pour ainsi dire – de l'homme, qui n'est plus considéré comme une personne, digne d'un amour personnel qui exige fidélité, mais devient une marchandise, un simple objet. À cette promesse de bonheur apparent, […] nous disons « non », pour cultiver la culture de la vie. C'est pourquoi le « oui » chrétien, des temps antiques jusqu'à aujourd'hui, est un grand « oui » à la vie. C'est notre « oui » au Christ, le « oui » au vainqueur de la mort et le « oui » à la vie dans le temps et dans l'éternité.
Comme dans ce dialogue baptismal, le « non » est articulé autour de trois renonciations, de même le « oui » s'articule autour de trois adhésions : « oui » au Dieu vivant, c'est-à-dire au Dieu créateur, à une raison créatrice qui donne sens au cosmos et à notre vie ; « oui » au Christ, c'est-à-dire à un Dieu qui n'est pas resté caché mais qui a un nom, qui a des paroles, qui est fait de corps et de sang ; à un Dieu concret qui nous donne la vie et nous montre le chemin de la vie ; « oui » à la communion de l'Église, dans laquelle le Christ est le Dieu vivant, qui entre dans notre temps, entre dans notre profession, entre dans la vie de chaque jour.
« Nous pourrions dire que le visage de Dieu, le contenu de cette culture de la vie, le contenu de notre grand « oui », s'exprime dans les dix commandements, qui ne sont pas un ensemble d'interdits, de « non », mais qui représentent en réalité une grande vision de vie. Ils sont un « oui » à un Dieu qui donne sens à l'existence (les trois premiers commandements) ; « oui » à la famille (quatrième commandement) ; « oui » à la vie (cinquième commandement) ; « oui » à l'amour responsable (sixième commandement) ; « oui » à la solidarité, à la responsabilité sociale, à la justice (septième commandement) ; (huitième commandement) ; « oui » à la vérité« oui » au respect de l'autre et de ce qui lui est propre (neuvième et dixième commandements) […] » (Benoît XVI, Homélie, 10 janvier 2006).

jeudi 18 janvier 2007

Semaine de l'unite des chretiens


Semaine de l'unité des chrétiens


« En se conformant à la prière suivante de Jésus : « Que tous ils soient un, comme toi, Père tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jean 17, 21), l’Église invoque, à chaque Eucharistie, le don de l’unité et de la paix. De plus, dans la partie concernant les Messes célébrées à des intentions et pour des circonstances diverses, le même Missel Romain contient trois formulaires de Messes « pour l’unité des chrétiens ». Cette intention particulière est aussi présente dans les intercessions de la Liturgie des Heures (lire la suite) [la prière officielle de l’Église célébrée notamment par les prêtres, pour qui c’est une obligation quotidienne, et les membres de la vie consacrée].
Afin de respecter les diverses sensibilités de « nos frères séparés » [les baptisés non catholiques], les expressions de la piété populaire doivent elles aussi tenir compte des exigences de l’œcuménisme [les efforts accomplis pour parvenir précisément à l’unité de tous les chrétiens]. En effet, « la conversion des cœurs et la sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout l’œcuménisme et peuvent à bon droit être appelées œcuménisme spirituel ». Ainsi, un autre moment privilégié de rencontre entre les catholiques et les chrétiens appartenant à d’autres Églises ou Communautés ecclésiales, peut être constitué par la prière commune des chrétiens, afin d’obtenir la grâce de l’unité, pour présenter à Dieu les nécessités et les préoccupations communes, ou bien encore pour rendre grâces à Dieu et implorer son aide. « La prière commune est particulièrement recommandée pendant la « Semaine de prières pour l’unité des chrétiens », ou pendant la période qui s’écoule entre l’Ascension et la Pentecôte. » La prière pour l’unité des chrétiens est aussi enrichie par des indulgences [remise des peines dues pour les péchés]. (Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n°182).

mercredi 17 janvier 2007

6. L’homme face a la loi

6. L'homme face à la loi


En créant l’homme, Dieu lui a imposé une limite, ne pas manger du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal (cf. Genèse 2, 16-17). « Par cette image, la Révélation enseigne que le pouvoir de décider du bien et du mal n’appartient pas à l’homme, mais à Dieu seul » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 35). L’homme est donc invité à reconnaître en lui la loi morale que Dieu lui donne et à l’accepter, de sorte que « c’est dans cette acceptation que la liberté humaine trouve sa réalisation plénière et véritable. (lire la suite) […]« La Loi de Dieu n’atténue donc pas la liberté de l’homme et encore moins ne l’élimine ; au contraire, elle la protège et la promeut » (Ibid.).
L’homme dispose donc d’une véritable « autonomie morale ». C’est dire que Dieu respecte la liberté humaine, s’est en quelque sorte imposé cette limite à sa toute-puissance. En effet, il « a voulu le laisser à son propre conseil (Siracide 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude » (concile Vatican II, constitution Gaudium et spes, 17). L’autonomie morale est la capacité interne de la connaissance morale, mais elle ne consiste pas dans « la création des valeurs et des normes morales par la raison elle-même » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor n° 40). Autrement dit, l’homme n’est pas la source de la connaissance morale (connaissance du bien et du mal), « mais […] il y participe seulement par la lumière de la raison naturelle et de la révélation divine qui lui manifestent les exigences et les appels de la Sagesse éternelle » (Ibid., n° 41). C’est pourquoi « l’autonomie morale authentique de l’homme ne signifie nullement qu’il refuse, mais bien qu’il accueille la loi morale » (Ibid.). « La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine […]. Elle prescrit à l’homme les voies, les règles de conduite qui mènent vers la béatitude promise ; elle proscrit les chemins du mal qui détournent de Dieu et de son amour » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1950).
Il est erroné d’affirmer que Dieu n’est pas Législateur et qu’il a laissé à l’homme la tâche d’établir les normes morales, c’est-à-dire que les normes de la loi morale naturelle auraient leur origine exclusivement dans la raison humaine. Les normes morales ne seraient alors que le produit de la sagesse humaine, et non une participation de la Sagesse divine. Le pape Jean-Paul II a réfuté ces théories, en rappelant notamment que « cette prescription de la raison humaine ne pourrait avoir force de loi, si elle n’était l’organe et l’interprète d’une raison plus haute, à laquelle notre esprit et notre liberté doivent obéissance » (encyclique citée, n° 44). Il est donc erroné de délier la compétence morale humaine de la Sagesse de Dieu, en niant qu’il existe entre les deux une relation de participation, en vertu de laquelle la loi morale naturelle est une loi divine. « La loi est déclarée et établie par la raison comme une participation à la providence du Dieu vivant Créateur et Rédempteur de tous » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1951).

(à suivre…)