ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007

vendredi 2 février 2007

2 fevrier : Presentation de Jesus au Temple


2. Février : Présentation de Jésus au Temple

Jusqu’en 1969, la fête du 2 février, qui est ancienne et d’origine orientale, portait en Occident le nom de "purification de la bienheureuse Vierge Marie", et elle concluait, en ce quarantième jour après la Nativité du Seigneur, le temps liturgique de Noël. (lire la suite) Cette fête a toujours eu un grand retentissement auprès des fidèles; en effet:
- ils participent volontiers à la procession qui évoque l’entrée de Jésus dans le Temple, et en premier lieu la rencontre du Fils avec Dieu le Père, dans la demeure duquel il pénètre pour la première fois, ainsi que sa rencontre avec Siméon et Anne. En Occident, cette procession, dont le caractère pénitentiel s’était substitué à l’immoralité des défilés païens, fut marquée par l’introduction du rite liturgique de la bénédiction des cierges, allumés en l’honneur du Christ "lumière pour éclairer les nations" (Lc 2, 32);
- ils se montrent sensibles au geste accompli par la Vierge Marie, qui présente son Fils dans le Temple et, qui, en obéissant à la Loi de Moïse, se soumet au rite de la purification. La piété populaire a mis en valeur cet épisode de la purification en le présentant comme un témoignage de l’humilité de la Vierge Marie; c’est pourquoi le 2 février fut souvent considéré comme la fête de ceux qui accomplissent d’humbles services dans l’Église.
La piété populaire est sensible à l’événement, à la fois délibéré et mystérieux, de la conception et de la naissance d’une vie nouvelle. Les mères chrétiennes, en particulier, établissent sans peine une relation entre, d’une part, la maternité de la Vierge Marie, qui est la toute pure et la mère du Corps mystique, et, d’autre part, leur propre maternité, tout en étant conscientes de certaines différences importantes dues au caractère unique de la conception et de l’enfantement de Marie: de fait, leur maternité s’inscrit aussi dans le plan de Dieu et elles ont enfanté les futurs membres de ce même Corps mystique. Cette intuition des mères chrétiennes, ainsi que leur désir d’imiter le geste accompli par Marie (cf. Lc 2, 22-24), ont inspiré le rite des relevailles, dont quelques éléments reflétaient une vision négative de certains aspects de l’accouchement.
Le Rituale Romanum rénové prévoit la bénédiction d’une mère, soit avant, soit après l’enfantement; il faut toutefois noter que la bénédiction postérieure à l’accouchement ne peut être donnée que dans le cas où la nouvelle mère n’a pas pu être présente à la cérémonie du baptême de son enfant.
Il est néanmoins très important que les mères et leurs proches parents, en demandant de telles bénédictions, se conforment aux intentions de la prière de l’Église, c’est-à-dire qu’elles aient lieu dans une communion de foi et de charité, et dans la prière, afin que l’attente de l’enfant s’effectue dans la joie (bénédiction avant l’enfantement) et avec le désir de rendre grâces à Dieu pour le don reçu de lui (bénédiction après l’enfantement).
Dans certaines Églises locales, le 2 février est devenu la fête de ceux qui se consacrent au service du Seigneur et de leurs frères dans les diverses formes de la vie consacrée; cette signification particulière provient de la valorisation de certains éléments du récit évangélique de la fête de la Présentation du Seigneur (Lc 2, 22-40), comme, par exemple, l’obéissance de Joseph et de Marie à la Loi du Seigneur, la pauvreté de ces saints époux et la virginité de la Mère de Jésus.
La célébration du 2 février doit conserver son caractère populaire, tout en se conformant pleinement au sens authentique de la fête. Il ne serait donc pas juste qu’en célébrant la Présentation du Seigneur, la piété populaire obscurcisse le sens christologique de cette fête, en insistant presqu’exclusivement sur ses aspects mariologiques. Le fait qu’elle doive "être considérée [...] comme une mémoire conjuguée du Fils et de la Mère" ne peut avoir pour conséquence de favoriser une telle inversion de perspective. Ainsi, le cierge béni, conservé dans les maisons, doit être pour les fidèles le signe du Christ "lumière du monde", et donc un moyen d’exprimer leur foi.

Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n°120-123.

Aucun commentaire: