ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007

lundi 22 avril 2013

Voir Dieu (3)

Voir Dieu (3)

Tu verras le dos, l’envers de ma gloire, c’est-à-dire la Passion et l’humiliation dans le mystère pascal qui est l’envers de la glorification du Christ. « Ne pensez pas qu’elle soit quelconque ou négligeable, cette contemplation de l’envers de la sa gloire. Qu’Hérode la méprise ! Moi je la révère d’autant plus qu’elle s’est montrée plus méprisable à Hérode. L’envers de la Gloire a déjà de quoi nous béatifier : qui sait si Dieu va se retourner vers nous, et nous pardonner, et laisser derrière lui sa bénédiction. Parfois il montrera sa face, et nous serons sauvés ! Mais en attendant, il suffit qu’il nous prévienne des bénédictions de sa douceur, celles qu’il a coutume de laisser derrière lui. Qu’il nous montre, pour le moment, la trace de ses pas ; et une autre fois il se montrera de face, en pleine gloire. Dans son royaume il est sublime, sur la Croix il est doux et humble. Qu’il vienne à moi dans la vision de la croix, qu’il me comble de celle du Royaume ! Les deux visions me sont salutaires, les deux me sont savoureuses, mais l’une dans sa sublimité, l’autre dans l’humilité. Dans l’une il resplendit, dans l’autre il pâtit. (lire la suite) Si l’Église habite dans les Plaies de notre Seigneur – toute son histoire est une longue passion qui prolonge la Passion de son Fondateur, et qui trouve son expression sublime et son sommet dans la célébration ininterrompue du Saint Sacrifice de la messe sur les cinq continents , si donc l’Église habite les saintes Plaies du Christ, elle nous y introduit, elle nous y fait entrer avec elle. C’est très bon pour nous. C’est tout à l’avantage de celui qui entend approfondir sa relation affective avec Dieu et se laisser imbiber de son Amour. Car l’Amour de Dieu peut difficilement être poussé plus loin que dans le don de sa propre Vie, c’est-à-dire dans l’offrande du Fils fait homme. Et ce même si la puissance de Dieu est infinie. Don gratuit qui a pour objet de nous identifier au Christ souffrant pour ressusciter avec lui, pour nous installer dès à présent dans la proximité de Dieu, pour nous placer sur l’orbite de Dieu et, tout en étant dans le monde, ne pas être mondains, mais détachés des intérêts terrestres, mis à part notre désir ardent de transmettre notre foi à d’autres. Pour cela, comme saint Paul, « je me fais tout à tous, afin de les sauver tous » (1 Corinthiens 9, 22). (à suivre…)

samedi 20 avril 2013

Voir Dieu (2)

Voir Dieu (2)

omme saint Paul l’écrira : « Vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire pour plaire à Dieu, et c’est ainsi que vous vous conduisez, mais faites encore plus ! » (1 Thessaloniciens 4, 1). Autrement dit, ayez de l’ambition surnaturelle. Ne vous contentez pas d’une vie spirituelle rachitique ou étriquée. Vous plaisez à Dieu comme Moïse, mais, comme Moïse, demandez plus encore, l’impossible même. Et Moïse obtient ce qui n’a été accordé à nul autre, avant que Jésus ne nous transfigure… « Que dirons-nous de cette parole adressée à Moïse : ‘L’homme ne peut me voir et vivre’ ? La vision de « l’Être » tue ceux qui le regardent : non pas par la colère de cet Être, mais par la véhémence de sa splendeur » (saint Éphrem, Sermo de Deo nostro), splendeur telle « qu’aucun foulon sur la terre ne pourrait blanchir ainsi » (Marc 9, 3). C’est pourquoi donc l’Être, « par pur amour, donne à Moïse de voir sa Gloire, (lire la suite) mais, par le même grand amour, l’empêche de le voir. […] Dieu, dans son grand amour, voulut que le regard de Moïse se dirigeât vers le rayon béatifique de sa Gloire, mais ne voulut pas que les yeux de Moïse fussent aveuglés par le choc de ces mêmes rayons. C’est ainsi que Moïse vit et ne vit pas. Dans la mesure où il vit, son humilité fut comblée ; dans la mesure où il ne vit pas, ses yeux infirmes ne furent pas éteints » (saint Éphrem, Sermo de Deo nostro). « Je vois que dans son âme brûlante grandissait un amour obsédant de la Beauté première, et son espérance l’attirait toujours vers le beau entrevu avec celui qui se présentait à un degré le plus haut. Ce qu’il voyait toujours, enflammait en lui le désir de ce qui restait caché » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Ce désir que l’auteur de sa vie exprime à plusieurs reprises, notamment lorsqu’il manifeste son aspiration la plus profonde : vultum Domine requiram, « je cherche ta face, Seigneur. Ne me cache pas ton visage » (Psaume 26, 8-9). « Moïse demande à jouir de la souveraine Beauté, non plus dans un miroir ni des reflets, mais ‘que je voie ton visage !’ Et Dieu, par cela même qu’il refuse, donne ce qui est demandé : car, en quelques mots, il découvre la connaissance sur l’abîme » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse).Il montre qu’il habite « des régions inaccessibles » à l’homme et que celui-ci n’est pas encore digne, dans sa condition de viator, de pèlerin en marche vers la patrie céleste, de comparaître en sa présence. La vision de Dieu en face à face interviendra quand il nous appellera à lui, au moment qu’il a choisi de toute éternité, et qui accomplira notre eschatologie personnelle. Le moment de notre trépas à ce monde pour passer à l’autre, aboutir à un état qui sera fidèlement celui que nous aurons décidé, élaboré tout au long des années qu’il nous est donné de vivre ici-bas, en travaillant (cf. Genèse 2, 15) en faisant fructifier les talents reçus (cf. Matthieu 25, 14-30). (à suivre…)

jeudi 18 avril 2013

Voir Dieu (1)

Voir Dieu (1)

« Le Seigneur dit à Moïse : ‘Je ferai encore ce que tu demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux et je te connais par ton nom’ » (Exode 33, 17). En effet, « tu es mon Fils, moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendrée (Psaume 2, 7). Tu es mon familier, mon ami, avec qui je partage mon bien. Alors Moïse formula cette requête : « Fais-moi voir ta gloire, je te prie » (Exode 33, 18). « Comment cela se fait-il ? L’homme qui, au dire de la voix divine, a eu la claire vision de Dieu en tant de merveilleuses théophanies – où l’on dit qu’il parlait avec Dieu face à face, comme un ami avec un ami – en arrive à demander que Dieu lui apparaisse comme s’il n’avait pas encore vu celui qui lui apparaît toujours : comme s’il n’avait pas atteint ce que nous voyons qu’il a atteint, car l’Écriture l’affirme. (lire la suite) Et la voix qu’il vient d’entendre accède dans un premier temps au désir de Moïse, ne lui refuse pas cette grâce de plus ; mais elle le rejette après cela dans le désespoir, en déclarant que ce qu’il cherche est hors des prises de la vie humaine » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Dieu, tout en accédant à la demande, avait précisé, en effet : ’Tu ne pourras pas voir mon visage, car l’homme ne peut me voir et vivre. […] Tu me verras par derrière ; mais ma face ne peut être vue » (Exode 20, 23). Il s’agit ici de l’homme charnel, encore enfermé dans les limites corporelles et temporelles. « Mais il y a un lieu près de lui, dit Dieu, et dans ce lieu une Pierre et dans la Pierre un creux, où il ordonne à Moïse de se placer : Dieu mettra sa main sur l’entrée de la Pierre, et à l’extérieur Dieu passera, tandis que Moïse par derrière verra celui qui l’appelle. C’est ainsi que Moïse voit Celui qu’il cherchait : et c’est ainsi que fut accomplie la promesse de la voix divine. […] Rayonnant de gloire, Moïse brûle encore de désir : insatiable, il veut davantage, encore assoiffé de Celui qu’il n’a pas vu en son essence même ; il a besoin de l’atteindre comme il ne l’a jamais atteint, et il vient supplier Dieu de se montrer à lui, non pas dans la mesure où l’homme est capable de le recevoir, mais tel qu’il est en lui-même » (saint Grégoire de Nysse, Vie de Moïse). Quel exemple pour nous dans ce désir fou de Moïse, qui trahit un amour authentique de Dieu, porté à sa plénitude. Non une simple amitié, mais un désir d’identification à l’être aimé, de don de soi, pour ne faire plus qu’un avec Lui. Moïse est un « homme de désir » (cf. Daniel 9, 13), qui aspire à de plus en plus d’amour, à plus de bonheur, à plus d’union à Dieu. (à suivre…)

samedi 6 avril 2013

Annonciation (6)

Annonciation (6)

Aussi, avec lui, bon nombre d’anciens Pères disent : "Le nœud dû à la désobéissance d’Ève, s’est dénoué par l’obéissance de Marie ; ce que la vierge Ève avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi" (cf. ibid.) ; comparant Marie avec Ève, ils appellent Marie " la Mère des vivants " et déclarent souvent : "par Ève la mort, par Marie la vie" (Lumen Gentium 56) » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 494). Quomodo fiet ? Fiat ! Une lettre de différence, mais qui fait toute la différence. tourneau.blogspot.com/2013/04/annonciation-6.html">(lire la suite) Le don de soi vécu dans les petites choses de la vie ordinaire qui, nous le voyons, peuvent avoir de grandes répercussions, insoupçonnées, sur le salut de l’humanité. Saint Albert le Grand affirme que Marie « a eu toutes et chacun des vertus à un degré superlatif, se distinguant en cela des autres saints qui n’en ont eu qu’une à un degré éminent. C’est ainsi que Noé a eu comme prérogative spéciale d’être juste, Abraham d’être fidèle, Joseph d’être chaste, Moïse d’être doux, Job patient, David humble, Salomon sage, Élie jaloux de la Loi et ainsi de suite. C’est pourquoi l’Église chante de tous les confesseurs : « L’on n’a trouvé personne de semblable à lui… » Parce que chacun a surpassé ses contemporains dans la pratique d’une vertu particulière. Mais la Sainte Vierge a surpassé tous les saints de l’Ancien et du Nouveau Testament dans la pratique, non seulement d’un nombre déterminé de vertus, mais de toutes » (cf. Bourassé, Summa aurea 8). « La Sainte Vierge Marie, Maîtresse du don de soi qui ne connaît pas de limite. — Te souviens-tu ? c’est en la louant, Elle, que Jésus affirme : “ Celui qui accomplit la volonté de mon Père, celui-ci (celle-ci !) est ma Mère !… ” Prie cette bonne Mère pour que se renforce dans ton âme — d’une force d’amour et de libération — la réponse, généreuse, exemplaire, qui fut la sienne : “ecce ancilla Domini !” — Voici la servante du Seigneur » (saint Josémaria, Sillon, n° 33). « Et l'ange la quitta » (Luc 1, 38). Il a rempli sa mission. Sa présence n’est plus nécessaire. Marie a vu clairement sa vocation. Elle ne regardera pas en arrière. D’ailleurs, elle y a tout à gagner : Dieu avec elle, mieux encore Dieu en elle. Elle est devenue la Mère du Sauveur et, par voie de conséquence, la propre Mère de tous les croyants. (fin)

vendredi 5 avril 2013

>Annonciation (5)

>Annonciation (5)

Ce qui est plus terrifiant à entendre, c’est que l’enfant auquel elle va donner le jour est rien moins que le Fils de Dieu ! Quelle mission redoutable Dieu confie à cette jeune fille de Nazareth ! Quelle responsabilité écrasante. Mais « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu » (Luc 1, 30). Et puis quand Dieu confie une mission à quelqu’un, il lui communique toutes les grâces opportunes pout qu’il puisse effectivement la mener à bien. Marie sait qu’elle peut faire entièrement confiance à Dieu. Il a manifesté tout au long de l’histoire combien il et proche de son peuple. Et il le manifeste maintenant de façon encore plus éclatante en venant habiter chez les hommes : « Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jean 1, 14). Comme pour rassurer Marie et qu’elle soit bien tranquille, Gabriel ajoute une information, (lire la suite) tout aussi inattendue : « Et voici qu'Élisabeth, votre parente, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et ce mois-ci est le sixième pour elle que l'on appelait stérile » (Luc 1, 36). C’est effectivement une nouvelle de taille. Qui pouvait s’attendre à un tel événement ? Ca été, en tout cas, une nouvelle bien gardée. « Quand les jours de son [de Zacharie] service furent accomplis, il s'en alla en sa maison. Après ces jours, Élisabeth, sa femme, conçut, et elle se tint cachée pendant cinq mois, disant : ‘Ainsi a fait pour moi le Seigneur, au jour où il lui a plu d'ôter mon opprobre parmi les hommes’ » (Luc 1, 23-25). Élisabeth n’en a parlé à personne, pas même à Marie. Elle a gardé cela pour elle. Et voilà que maintenant c’est révélé à Marie, pour qu’elle comprenne que ce qui lui est annoncé à elle, et qui est plus merveilleux encore, est du domaine du possible pour Dieu, « car rien ne sera impossible pour Dieu » (Luc 1, 37). Face à cela, Marie, déjà résolue intérieurement à suivre ponctuellement la Volonté de Dieu, donne son consentement à haute voix : « Voici la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon votre parole ! » (Luc 1, 38). « À l’annonce qu’elle enfantera "le Fils du Très Haut" sans connaître d’homme, par la vertu de l’Esprit Saint (cf. Luc 1, 28-37), Marie a répondu par "l’obéissance de la foi" (Romains 1, 5), certaine que "rien n’est impossible à Dieu" : "Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole" (Luc 1, 37-38). Ainsi, donnant à la parole de Dieu son consentement, Marie devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement à la personne et à l’oeuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec lui, par la grâce de Dieu, au mystère de la Rédemption (cf. Lumen Gentium 56) : Comme dit saint Irénée, "par son obéissance elle est devenue, pour elle-même et pour tout le genre humain, cause de salut " (Adversus hæreses 3, 22, 4). (à suivre…)

jeudi 4 avril 2013

Annonciation (4)

Annonciation (4)

Nous avons là un exemple magnifique de disponibilité, d’aptitude à changer de plan quand il le faut, quand quelqu’un de qualifié nous demande quelque chose qui peut nous sembler aller à l’encontre de ce qu’il nous a demandé précédemment et qui suppose de nous réorganiser différemment. Il y a toujours de bonnes raisons à cela. Des raisons que nous ignorons, comme Marie, et que nous découvrirons plus tard, comme elle. Nous n’avons pas cette capacité de Marie à répondre sans hésitation et à ne pas discuter, à ne pas chercher à nous défiler sous de vains prétextes. Apprenons d’elle. Contemplons-là qui ne doute pas. Qui prie pour arriver à bien comprendre la volonté de Dieu et qui fait de nouveau, intérieurement d’abord, l’offrande d’elle-même. Comme elle a toujours été pleinement décidée à faire entièrement la Volonté de Dieu et seulement la Volonté de Dieu, elle est prête à embrayer dans une nouvelle direction. Elle veut simplement ne pas se tromper et savoir comment harmoniser des plans apparemment opposés. Elle nous montre ainsi ce que doit être notre réaction : réfléchir, prier, poser les questions opportunes avec droiture d’intention, manifester notre docilité au Saint-Esprit. (lire la suite) Alors, l’ange de répondre : « L'Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu » (Luc 1, 35). Réponse on ne peut plus satisfaisante et rassurante. Marie comprend que cet enfant annoncé ne sera pas de Joseph, son mari, qui a accepté de respecter sa virginité et s’y est engagée fermement. Il n’aura pas à revenir sur sa promesse. Marie comprend que sa virginité donc sera respectée, puis que c’est le Saint-Esprit qui la couvrira de son ombre. Elle restera vierge et elle deviendra la Mère du Messie… La prophétie d’Isaïe va donc bien se réaliser en elle et par elle ! Quel étonnement, quel émerveillement et quelle source d’humilité accrue ! Cette humilité déjà si présente en elle qu’elle a amené Dieu en quelque sorte à jeter son dévolu sur la jeune fille de Nazareth. « Il m’a fait réfléchir ce mot dur, mais vrai, de cet homme de Dieu qui contemplait l’attitude hautaine de telle créature : “il s’habille de la même peau que le diable : d’orgueil”. Et, par contraste, un désir sincère a surgi dans mon cœur, celui de me revêtir de la vertu que Jésus a prêchée, “ quia mitis sum et humilis corde ” — je suis doux et humble de cœur — ; celle qui a attiré le regard de la Très Sainte Trinité sur la Mère de Jésus et notre Mère : l’humilité, savoir, être convaincus que nous ne sommes rien » (saint Josémaria, Sillon, n° 726). (à suivre…)

mercredi 3 avril 2013

Annonciation (3)

Annonciation (3)

« L'ange lui dit : "Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu" » (Luc 1, 30). De cela, elle ne doute pas. Elle s’est constamment sentie accompagnée par Dieu. Elle vit dans son intimité. Elle est continuellement en présence de Dieu. Elle sait bien qu’elle a trouvé grâce à ses yeux… Seulement, elle serait bien incapable d’en donner une explication, et de trouver que la raison en est qu’elle est l’Immaculée Conception, qu’elle a été préservée de la tache du péché originel de nos premiers parents, et elle seule, ce qui la singularise par rapport à tous les autres êtres humains… et ce, en vue d’une mission unique, elle aussi, et de la plus haute importance, à laquelle elle ne pouvait nullement prétendre. Elle ne peut pas le savoir, d’autant que son humilité la porte à se considérer rien et moins que rien. Saint Paul se verra comme le « rebut du monde »… (cf. 1 Corinthiens 4, 13). (lire la suite) « L'ange lui dit : "Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus » (Luc 1, 30-31). Il lui dit de ne pas craindre, mais ce qu’il lui annonce ne peut en fait que la troubler davantage. Elle a suivi l’inspiration divine qui lui demandait de rester vierge et de mettre toute sa vie au service de Dieu. Et voilà qu’il lui est annoncé qu’elle va enfanter… encore une fois, elle voit bien qu’elle n’a pas affaire à un charlatan, à un homme plus ou moins fiable dans ses dires, mais que ce qui lui est annoncé est sérieux. Elle comprend qu’il lui est demandé de bouleverser sa vie de fond en comble. Et elle s’interroge dans son for intérieur sur ce qu’elle doit faire tandis qu’elle écoute l’archange poursuivre : « Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin » » (Luc 1, 31-33). Elle ne peut pas ne pas penser spontanément à toutes les Écritures sur lesquelles elle est revenue souvent dans sa méditation personnelle, en demandant au Tout-Puissant que cela se réalise pour le bien du peuple. Et notamment l’annonce suivante : « Voici que la vierge a conçu, et elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Isaïe 7, 14). Cette vierge, serait-ce donc elle ? Marie n’entre pas dans de grandes discussions inutiles. Elle va droit à l’essentiel : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point l'homme ? » (Luc 1, 34). Nous la sentons tout à fait prête à suivre les plans de Dieu. Mais comme ils semblent se contredire ou être incompatibles, elle s’enquiert en toute simplicité de leur mode d’accomplissement. Elle ne rejette pas ce qui lui est proposé. Elle manifeste au contraire son entière disponibilité. Mais elle est perplexe ; et nous la comprenons. (à suivre…)

mardi 2 avril 2013

Annonciation (2)

Annonciation (2)

« Étant entré où elle était, il lui dit : « Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; [vous êtes bénie entre les femmes]. » Mais à cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation » (Luc 1, 28-29). Ce trouble s’explique facilement. Un compliment reçu qui ne semble pas correspondre à la réalité nous fait monter le rouge au front. Marie est la suprêmement humble. Son humilité n’a pas son pareil. C’est dire combien elle se sent petite devant Dieu et devant les hommes, et qu’elle ne s’accorde aucune importance. Les paroles de l’ange ne peuvent que la troubler, car elle ne trouve en elle rien qui puisse les justifier. Certes, elle sent bien qu’elle vit dans la proximité de Dieu, en relation très étroite avec lui. Elle en éprouve une joie permanente qu’elle n’échangerait pour rien au monde. Cela nourrit sa prière. Mais elle n’en prend que plus conscience du néant de la créature qu’elle est, de n’être rien par elle-même. Comment peut-elle être bénie parmi toutes les femmes, elle qui n’est qu’une pauvre jeune fille d’une bien modeste bourgade d’un pays qui ne pèse pas lourd sur l’échiquier international ? Que signifie « bénie parmi toutes les femmes » ? (lire la suite) Son état de prière habituelle et son union à Dieu lui font comprendre que ce qui lui dit ce messager divin n’a rien de la flatterie humaine. Elle ne s’est jamais accordée d’importance à elle-même. Elle ne s’est pas comparée aux autres, si ce n’est pour les trouver bien meilleurs qu’elle. Et voilà que cet homme, dont elle ne sait sans doute pas que c’est un ange qui se tient devant Dieu (ce qu’elle est à ses propres yeux, cf. Luc 1, 19), lui dit quelque chose qui va à l’encontre de ce qu’elle sait être sa condition objective. « Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; [vous êtes bénie entre les femmes] » (Luc 1, 28). Que peut signifier une salutation aussi étrange ? « À cette parole elle fut fort troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation » (Luc 1, 29). « "Quomodo fiet istud quoniam virum non cognosco ?" — comment pourra s'accomplir ce prodige, si je ne connais point d'homme ? Cette réponse de Marie à l'Ange est le reflet de son cœur sincère. En contemplant la sainte Vierge, j'ai vérifié cette règle, qui est si claire: pour avoir la paix et vivre en paix, nous devons être sincères avec Dieu, avec ceux qui dirigent notre âme et avec nous-mêmes» (saint Josémaria, Forge, n° 328). (à suivre…)

lundi 1 avril 2013

Annonciation (1)

Annonciation (1)

« Au cours du sixième mois [de la grossesse d’Élisabeth, mère de Jean-Baptiste], l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, vers une vierge fiancée à un homme de la maison de David, qui avait nom Joseph. Le nom de cette vierge était Marie » (Luc 1, 26-27). Marie, selon la tradition, était recueillie en prière. « Que de grâce dans cette scène de l’Annonciation. Marie se recueille en prière… — combien de fois n’avons-nous pas médité cela ! Elle utilise ses cinq sens et toutes ses facultés pour parler avec Dieu. Et c’est dans la prière qu’elle apprend la Volonté divine ; et par la prière elle en fait la vie de sa vie : n’oublie pas l’exemple de la Sainte Vierge ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 481). Nous voyons à cet exemple combien il est important de consacrer quelques moments de la journée à nous arrêter à prier, à faire une prière dialoguée avec notre Dieu, à méditer. Quand Marie ne priait-elle pas ? Nous pouvons nous le demander. Puisqu’elle a été exemptée du péché originel, rien ne peut la distraire de Dieu, lui faire oublier son Créateur. Bien sûr, comme dans notre cas, elle consacre certains moments à prier tout spécialement, comme toute bonne femme juive. Mais sa présence de Dieu doit être continuelle. (lire la suite) À l’époque où Dieu lui fait connaître son projet par l’ambassade de l’archange, très vive était l’attente du Messie qui devait libérer son peuple et instaurer un royaume universel vers lequel afflueront toutes les nations (cf. Isaïe 2, 2). Toute femme en Israël est en puissance de devenir la mère du Sauveur. C’est pourquoi la stérilité est considérée comme un opprobre. Or, que fait Marie ? Dans ce contexte, elle a décidé de servir le Seigneur de tout son être, lui offrant sa virginité. Elle se met corps et âme à sa disposition. Elle se place donc à l’écart de la maternité du Messie. Elle entend vivre différemment dans l’union à Dieu. Elle n’a pas pris cette décision d’elle-même. Car tout ce que nous faisons de bien, nous le réalisons sous l’action de la grâce prévenante. Marie de Nazareth a donc pris cette résolution sous l’inspiration du Saint-Esprit. Ce sacrifice a dû lui coûter, mais elle l’a assumée joyeusement, certaine de faire plaisir à Dieu. Et que peut-il y avoir de mieux, en effet, que de faire quæ tibi sunt placita, ce qui plaît à Dieu (cf. Jean 8, 29), aussi bien en paroles que dans les faits ? (à suivre…)

jeudi 28 mars 2013

Mission impossible (6)

Mission impossible (6)

Jérémie doit donc s’armer de courage pour affronter, près de la porte du temple (cf. Jérémie 7, 2), le roi, les prêtres et le peuple lui-même. Il ne va pas les flatter ni prophétiser dans le sens du poil, conformément à ce qu’ils attendent, mais annoncer malheur sur malheur, des châtiments l’un après l’autre, s’ils refusent de revenir au Seigneur. Jérémie qui, au moment où il reçut sa vocation, se sentait déjà écrasé par la tâche, car, reconnaissait-il, « je ne sais pas parler, car je suis un enfant » (Jérémie 1, 6) – tout comme Moïse n’était que trop conscient du handicap que constituait son bégayement –, doit prêcher inlassablement des événements particulièrement désagréables et douloureux. Mais, « vers ceux à qui je t’enverrai tu iras, et tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras » (Jérémie 1, 7). (lire la suite) C’est ce que Dieu attend de l’instrument qu’il a choisi, aussi inepte puisse-t-il être et se sentir. C’est ce que celui-ci doit faire, en se laissant aider par la grâce. Et ce, indépendamment du manque de reconnaissance sociale et du fait d’apparaître toujours comme l’empêcheur de tourner en rond. Et ce qui devait arriver arriva, conformément à la Parole de Dieu : « Le roi Sédécias […] – Nabuchodonosor l’avait établi roi sur le pays de Judas – […] n’écouta point, ni lui, ni ses serviteurs, ni le peuple du pays, les paroles que le Seigneur avait prononcées par Jérémie, le prophète » (Jérémie 37, 1-2). Quant à Jérémie, il se retrouva en prison (cf. Jérémie 37, 11-15). La vie du prophète devait connaître bien d’autres péripéties. Il n’évitera pas un moment de découragement et la tentation de fuir le monde idolâtre et irrespectueux des commandements de Dieu. Mais le Seigneur l’assistera toujours. Et lui, infatigable ouvrier de la vigne, il continuera d’assumer sa mission impossible. Jérémie terminera sa vie en Égypte, pays avec lequel le roi a conclu une alliance, en contradiction avec les oracles du Dieu des armées, et où il a emmené avec lui Jérémie contre son gré. Le jour arrivera, mais qui se fera attendre longtemps encore, où le Saint de Dieu viendra habiter parmi son peuple. La venue du Messie est rendue possible par des hommes comme Moïse et Jérémie qui ont fait confiance à la Parole de Dieu envers et contre tout et qui n’ont pas cherché le succès humain, mais uniquement à plaire à Dieu. Ce sont pour nous des exemples qui doivent nous guider dans la tâche de la nouvelle évangélisation pour laquelle le Seigneur continue de nous envoyer « comme des brebis au milieu des loups » (Matthieu 10, 15). Qu’importe ! Ils peuvent bien hurler et hurler à mort. Nous avons choisi la meilleure part, et elle ne nous sera pas enlevée (cf. Luc 10, 42). (fin)

mercredi 27 mars 2013

Mission impossible (5)

Mission impossible (5)

La fidélité de Moïse et les humiliations subies de la part du pharaon finissent par être récompensées, comme Dieu le lui a annoncé : « Tu verras bientôt ce que je ferai à Pharaon [moi, et non toi, qui n’es que mon haut-parleur] : forcé par une main puissante, il les laissera aller [les fils d’Israël] ; forcé par une main puissante, il les chassera de son pays » (Exode 6, 1). Et s’il se repens par la suite : « Qu’avons-nous fait de laisser aller Israël qui ne nous servira plus ? » (Exode14, 5), c’est trop tard. Il a beau prendre la tête de ses chars et de ses cavaliers, c’est inutile. Ils seront engloutis dans les eaux de la mer Rouge, « et il n’en resta pas un seul » (Exode 14, 29). L’heure n’est pas éloignée où Moïse et tout le peuple pourront chanter à pleins poumons à la louange du Tout-Puissant : « Il a jeté à l’eau cheval et cavalier » (Exode 15, 1). Ce jour-là, « Israël vit sur le rivage de la mer les Égyptiens morts » (Exode 14, 30). (lire la suite) Avec le prophète Jérémie, nous avons un autre exemple de mission impossible. Le Seigneur attire son attention sur la situation de son peuple : « As-tu vu ce qu’a fait Israël la schismatique ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert – sous-entendu, elle a sacrifié à des divinités étrangères, ce que je lui avais formellement interdit parce que « c'est moi, moi qui suis Dieu, et qu'il n'y a point de Dieu à côté de moi » (Deutéronome 32, 39) –, et elle s’y est prostituée » (Jérémie 3, 6). Dieu charge alors Jérémie d’un message de conversion, une conversion que la bonté de Dieu devrait faciliter grandement : « Reviens, schismatique Israël. Je ne vous ferai pas un mauvais visage, car je suis bienveillant – oracle du Seigneur – et je ne conserve pas [ma colère] à jamais » (Jérémie 3, 12). Le Seigneur, qui attend ce retour avec impatience, ajoute : « Si tu te convertis, Israël –oracle du Seigneur –, c’est à moi que tu te convertiras. Et si tu rejettes loin de moi tes abominations, tu ne seras plus errant »(Jérémie 4, 1). Mais Jérémie doit annoncer le châtiment divin, multiple à vrai dire, qui doit s’abattre sur Israël s’il refuse obstinément de se convertir. Il doit rappeler le commandement unique : « C’est uniquement ce commandement que je leur ai prescrit : Écoutez ma voix et je deviendrai votre Dieu, et vous, vous deviendrez mon peuple ; vous suivrez toutes les voies que je vous prescrirai, afin que vous soyez heureux » (Jérémie 7, 23). Seulement le Tout-Puissant ne se fait guère d’illusion sur ce qui l’attend. Il envoie Jérémie s’adresser en son nom au peuple, qui reconnaît bien en lui un prophète du Très-Haut. Masi voilà que Dieu le prévient : « Tu leur diras tout cela, ils ne t’écouteront pas ; tu les appelleras, ils ne te répondront pas » (Jérémie 7, 27). Là encore, ce n’est guère encourageant, comme dans le cas de Moïse envoyé auprès du pharaon, avec la circonstance aggravante qu’ici une issue positive n’est même pas annoncée, contrairement à ce qui était envisageable en fin de compte pour Moïse… (à suivre…)

mardi 26 mars 2013

Mission impossible (4)

Mission impossible (4)

Les pharaons du monde contemporain, ceux qui régentent nos peuples aujourd’hui, ne nous intimident pas et ne nous font pas peur. Ils sont la cause de nouveaux massacres d’innocents, comme en Égypte, lorsque l’ange exterminateur frappa « les premiers-nés dans le pays d’Égypte ; le premier-né de Pharaon, qui devait s’asseoir sur son trône, aussi bien que le premier-né du captif dans sa prison, et tous les premiers-nés du bétail » (Exode 12, 29) ; ou comme lorsqu’Hérode le sanguinaire « envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans » (Matthieu 2, 16), afin de s’assurer que le roi que venait de naître, comme les Rois Mages le lui avaient annoncé (cf. Matthieu 2, 2), était bien éliminé. Tôt ou tard, de nouvelles « plaies d’Égypte » s’abattront sur eux. Prions pour qu’ils aient le temps et la force de se convertir au moins lorsqu’ils comparaîtront devant le vrai et l’unique Souverain du ciel et de la terre. (lire la suite) En attendant, pleins d’arrogance, ils disent comme pharaon : « Qui est le Seigneur pour que j’obéisse à sa voix, en laissant aller Israël ? » Je vous réponds : Il est le créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible » (Credo de Nicée-Constantinople). Mais cela ne leur suffit pas. « Je en connais pas le Seigneur et je ne laissera donc pas aller Israël » (Exode 5, 2). « Il ne vous suffit [donc] pas de fatiguer les hommes, que nous fatiguiez aussi mon Dieu ? » (Isaïe 7, 13). Dieu qui « est riche en miséricorde » (Éphésiens 2, 4). « Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Écouteront-ils le prophète les presser de rendre hommage à Dieu en tremblant, « de peur qu’il ne s’irrite contre vous et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 12). Or donc, « qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 3), car « le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). C’est un langage que les mondains ne comprennent pas, car ils vivent dans la peur permanente d’être déboulonnés par quelqu’un de plus fort qu’eux, par un concurrent, comme Hérode tremble à la simple annonce qu’un nouveau-né puisse lui disputer un jour le trône… (à suivre…)

lundi 25 mars 2013

Mission impossible (3)

Mission impossible (3)

Le Seigneur nous enseigne par là qu’il est raisonnable contre toute apparence de lui faire confiance envers et contre tout. Mais aussi qu’être à son service suppose immanquablement de se laisser clouer avec lui sur la Croix. Car le Serviteur n’est pas au-dessus de son maître (cf. Jean 13, 16). Il lui en a coûté à notre Seigneur de nous racheter. Il est au fond bien normal qu’il nous en coûte aussi à nous de coracheter avec lui. D’autant que nous nous heurtons aux mêmes obstacles que lui, notamment à l’action du diable se servant lui aussi de la médiation d’êtres humains, que nous appelons ses suppôts. Moïse ne réussira donc pas à convaincre pharaon du premier coup, loin de là, et surtout pas par ses propres forces. Il doit en être bien conscient. Nous aussi. Car le principe fondamental « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5) ne perdra jamais de son actualité. Et ce n’est pas sans conséquences négatives pour les coreligionnaires de Moïse, dont la condition est aggravée après les mesures de rétorsion prises par pharaon : « Ce sont des paresseux. C’est pourquoi ils crient : ‘Allons sacrifier à notre Dieu.’ Qu’on alourdisse le travail de ces gens, qu’ils le fassent et ne prêtent plus attention à ces paroles trompeuses » (Exode 5, 8-9), (lire la suite) celles de Moïse et d’Aaron, au nom du Dieu de leurs pères. Cette situation vaut la peine d’être méditée, pour ne pas nous rebeller quand la tournure des événements est nettement défavorable, et que cela ne s’arrête pas rapidement. Cela aussi fait partie du plan salvifique de Dieu. Dieu est « notre bouclier » (Psaume 59, 12), le rempart de notre vie (cf. Psaume 27, 1), « notre refuge et notre force » (Psaume 46, 2). Il est le « Dieu avec nous » (Matthieu 1, 23). Et « si Dieu est avec nous, qui est contre nous ? » (cf. Romains 8, 31). Il nous envoie « grâce sur grâce » (Jean 1, 16). La tentation ne surpassera jamais nos forces (cf. 1 Corinthiens 10, 13), nous assure-t-il. Alors qu’importe si les hommes s’acharnent à ne pas écouter ce que nous avons à leur dire de la part de Dieu, et même durcissent leurs positions au lieu de se convertir à la Vérité . Nous sommes suréquipés pour notre mission. En outre, nous ne parlons pas de nous-mêmes, mais c’est l’Esprit Saint qui parlera en nous (cf. Matthieu 10, 20). Il n’en reste pas moins que Dieu ne joue pas la carte de la facilité. Jamais. Ou pratiquement jamais. Ce serait sans doute une mauvaise affaire pour nous. Ce n’est pas pour rien qu’il est resté dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Il nous rappelle ainsi continuellement son Sacrifice. Et ce mémorial est une invitation constante à faire de notre vie aussi un sacrifice uni au sien, qui ne fasse qu’un avec le sien, de sorte que nous ne soyons qu’un avec lui et le Père dans l’Esprit (cf. Jean 17, 22). (à suivre…)

dimanche 24 mars 2013

Mission impossible (2)

Mission impossible (2)

Le Tout-Puissant dit encore à Moïse : « Je suis descendu pour le délivrer de l’Égypte et pour le tirer de ce pays dans une terre excellente et vaste, dans une terre ruisselant de lait et de miel » (Exode 3, 8). C’est une très bonne nouvelle. Seulement voilà. Si Dieu est tout à fait capable de délivrer son peuple par sa force que rien ne vient limiter, il veut compter avec une collaboration humaine. C’est pourquoi il formule un ordre à l’adresse de Moïse : « Maintenant, va : je t’envoie vers Pharaon, pour faire sortir d’Égypte mon peuple, les enfants d’Israël » (Exode 3, 10). L’entreprise n’est pas aisée en soi, même si Moïse a été éloigné du palais (cf. Exode 2, 10). Mais Pharaon avait cherché « à tuer Moïse » (Exode 2, 15) à la suite de l’homicide qu’il a commis. Aussi Moïse essaye-t-il de se défiler en prétextant qu’il n’a pas la parole facile, qu’il bégaye : .html">(lire la suite) « Ah ! Seigneur, je ne suis pas un homme disert, et cela hier comme avant-hier et même encore depuis que tu parles à ton serviteur : car j’ai la bouche et la langue embarrassées » (Exode 4, 10). Dieu veut se servir du truchement de l’homme, mais il ne choisit apparemment pas le plus idoine, le mieux doté pour la fonction qu’il lui confie. Toutefois, il précise : « Qui a donné une bouche à l’homme ? Qui rend muet ou sourd, clairvoyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, le Seigneur ? » (Exode 4, 11). Et, en vue de lui donner de l’assurance, il formule une promesse : « Je serai avec ta bouche et je t’indiquerai ce que tu devras dire » (Exode 4, 12). Tout semble donc pour le mieux. Moïse n’a pas à s’en faire ni à craindre le pharaon. D’autant que Dieu accepte que Moïse s’adjoigne Aaron, nettement plus loquace que lui. Seulement voilà, travailler avec le Seigneur et en son nom n’est pas synonyme de facilité. Certes, ceux qui cherchaient à faire périr Moïse sont morts (cf. Exode 4, 19), mais le Seigneur prédit à Moïse que son entreprise est vouée à l’échec : pharaon « ne laissera pas partir le peuple » (Exode 4, 21). À quoi bon affronter le péril, si l’issue négative est connue d’avance ? Le comble, pour ainsi dire, est que le Béni fait une annonce on ne peut plus déconcertante : « Moi, j’ai endurci son cœur » (Exode 4, 21). C’est comme si Dieu demandait à Moïse et à Aaron d’aller s’adresser de sa part à pharaon et qu’il se rangeait du côté de ce dernier, tout en leur promettant qu’il leur indiquera tout ce qu’ils devront faire (cf. Exode 4, 16). C’est d’une logique déroutante, assez impénétrable, il faut le reconnaître. Mais comme il s’agit de la logique de Dieu, nous devons l’accepter par principe sans barguigner. Parce que Dieu assure quand même que sa Volonté finira par l’emporter. (à suivre…)

mercredi 20 mars 2013

Mission impossible (1)

Mission impossible (1)

Le peuple élu se trouve depuis quatre siècles et trente ans dans le pays d’Égypte (cf. Exode 12, 41-42), dont la plupart ont été vécues dans la condition d’esclavage, après un début brillant et radieux, grâce à la position privilégiée de Joseph comme premier ministre du pharaon. Mais bien vite « il surgit en Égypte un nouveau roi qui ne connaissait pas Joseph » (Exode 1, 8). Quant bien même l’eût-il connu, lui et ses exploits, qu’il ne s’en serait pas moins inquiété de constater que « le peuple des enfants d’Israël est plus nombreux et plus puissant que nous » (Exode 1, 9). Ce qui semblait à ses yeux une menace intérieure contre la stabilité du régime, une sorte de cheval de Troie. Aussi le roi décréta-t-il : « Allons ! Ingénions-nous contre lui, de peur qu’il ne s’accroisse [davantage encore], et que, une guerre survenant, il ne se joigne à nos ennemis pour nous combattre et ne sorte du pays » (Exode 1, 10). Réflexion qui peut paraître quelque peu contradictoire et paradoxale. Les Hébreux sont trop nombreux, certes… mais leur présence est quand même bien utile, puisqu’on les a réduits en esclavage et qu’ils fournissent ainsi une main d’œuvre bon marché et abondante et assurent les tâches serviles que les Égyptiens n’entendent pas réaliser par eux-mêmes. Le problème n’est pas d’aujourd’hui… (lire la suite) Voici quatre siècles que cette situation perdure… les générations se succèdent sans que le moindre espoir de renversement des circonstances apparaisse à l’horizon. Jusqu’au jour où Dieu s’adresse à Moïse dans le désert. Celui-ci s’enfuyait d’Égypte au pays de Midyam, car il avait tué un Égyptien qui opprimait ses frères de race ( cf. Exode 2, 12), fait qui était connu de beaucoup (cf. Exode 2, 14). Or, ayant épousé Sippora, la fille de Rouel, il « faisait paître le troupeau de son beau-père, prêtre de Midyam. Il mena le troupeau au-delà du désert, et il arriva à la montagne de Dieu, à Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson » (Exode 3, 1-2). Moïse s’approcha du buisson ardent qui ne se consumait pas. Alors Dieu lui parla en ces termes : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob » (Exode 3, 6). Puis il ajouta : « J’ai bien vu la détresse de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu le cri que lui arrachent ses chefs de corvée, car je connais ses peines » (Exode 3, 7). Nous serions tentés de dire ; « Il était temps ! Près de quatre siècles d’asservissement, ce n’est pas rien ! » Mais Dieu a une notion plus exacte du temps que nous. s’il est a-temporel, c’est qui dirige l’histoire et le cours des événements de telle sorte qu’en dépit de la méchanceté des hommes ses plans éternels de salut finissent par s’accomplir tels qu’il les a dessinés. Mais ses voies ne sont pas les nôtres (cf. Isaïe 55, 8). (à suivre…)

vendredi 15 mars 2013

Biographie sur Jean-Paul II

Biographie sur Jean-Paul II

Mgr Le Tourneau vient de publier une biographie complète du bienheureux pape Jean-Paul II. Elle comprend les chapitres suivants : I - Karol Wojtyla II - Jean-Paul II, successeur de Pierre III - Jean-Paul II, apôtre de la paix IV - Jean-Paul II, pontife universel V - Un pape de son temps Elle est disponible au format électronique aux Editions Blanche de Peuterey, au prix de 4,80 euros.

jeudi 14 mars 2013

Les bienfaits cachés

Les bienfaits cachés


(((Début de la note))). (lire la suite)

Quand, avec saints Josémaria, nous remercions Dieu de tous ses bienfaits, y compris de ceux qui restent cachés à nos yeux, nous incluons dans notre reconnaissance des grâces qui ne produiront leurs effets qu'au bout d'un certain temps.
Nous le voyons avec Simon de Cyrène. Jésus porte sa Croix. Il faut un Amour fou pour arriver à tenir le coup dans l'état où la soldatesque romaine l'a mis. Mais il est sur le point de défaillir. Il tombe, et c'est à grand peine qu'il peut se remettre sur pied et repartir. Aussi le centurion qui commande le détachement décide-t-il de réquisitionner un homme suffisamment fort, non pas tellement pour aider Jésus, mais pour faire en sorte d'en finir au plus vite. L'intention n'est pas des meilleures.
Il regarde la foule, dans laquelle il y a de tout : beaucoup d'excités, beaucoup de femmes qui se lamentent (Luc 23, 27). Il avise « un passant qui revenait des champs, un certain Simon, de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus » (Marc 15, 21). L'histoire a conservé leur nom, à juste titre.
Pour Simon, l'ordre qu'il reçoit d'aider un condamné à mort est non seulement un contre-temps fâcheux mais quelque chose de déshonorant et cause d'impureté légale. Et ce, la veille de la grande fête de la Pâque, qu'il ne pourra pas célébrer dignement. C'est un comble. Mais les Romains n'en ont cure. Il maudit le centurion ainsi que le « malfaiteur » qui lui vaut une telle mésaventure, dont l'opprobre le poursuivra toute sa vie. Du moins le pense-t-il.
À ses yeux, ce qui lui arrive est très contrariant. C'est pourtant une grande grâce qui lui est faite. Il s'en apercevra plus tard. Pour le moment, il est à la peine, et il bertonne, comme on dit en Picardie, il maugrée entre ses dents. Mais c'est un brave homme, au fond. C'est pourquoi la grâce singulière qui lui est faite de prendre sa petite part à la Passion de notre Seigneur va porter ses fruits. La Croix du Christ va lui apporter, à lui et à ses fils, Alexandre et Rufus, la découverte de ce Jésus de Nazareth qui vient d'entrer brutalement dans leur vie. Ils ne se sépareront plus. Ils embrasseront la foi en ce que le « Roi des Juifs », comme le proclame l'écriteau mis par Pilate (Jean 19, 19-20), a enseigné, en sa doctrine. Ils découvriront qu'il est le Messie qu'ils attendent eux aussi. Et que ce Messie est le Fils de Dieu par surcroît ! Ils s'estimeront alors largement récompensés de leurs peines. L'irruption de la Croix, de la vraie Croix, leur a apporté des bienfaits, cachés à première vue : le salut de leur âme et l'amour de Dieu.


mercredi 13 mars 2013

Connaissance des Celtes

Connaissance des Celtes

Pour ceux qui s'intéresse à l'histoire et à la culture celte, je signale l'Association Mémoire vive, dont je reproduis le dépliant.

mardi 12 mars 2013

Voir sur les unions entre personnes homosexuelles la position de l'Eglise.

Prière pour le successeur de Benoît XVI

Prière pour le successeur de Benoît XVI

Pasteur éternel, notre Dieu, Toi qui gouvernes ton Église et la protèges toujours, Donne-lui, nous t’en prions, le Pasteur qu’elle attend : Un homme qui ait l’Esprit de l’Évangile Et nous guide selon ta volonté. Qu’il soit le roc où s’appuiera ton peuple et la source où tes enfants s’imprègneront de l’Évangile. Que notre Église ait la joie d’avoir un Pape selon ton cœur. Toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen. (prière distribuée à l’église Saint-Pothin de Lyon)

lundi 11 mars 2013

Un pape pour quoi faire

Un pape pour quoi faire

Si vous voulez mieux connaître les rôles multiples d'un pape, vous pouvez aller sur mon site, où vous trouverez un texte développé.

dimanche 10 mars 2013

Unions homosexuels

Unions homosexuels

Voir sur les unions entre personnes homosexuelles la position de l'Eglise.

mardi 5 mars 2013

Information aux internautes

Vous avez pu constater mon absence depuis plusieurs mois. J'étais en train de terminer la rédaction et la première relecture d'un manuscrit qui fait pas moins de 1500 pages... Je compte reprendre prochainement mes messages et vous demande donc un peu de patience. Merci d'avance.

lundi 25 février 2013

Merci Benoît XVI

Merci Benoît XVI

Action de grâces et prière pour le Saint-Père Benoît XVI Dieu qui prend soin de ton Église et qui veilles sur elle avec amour, tu as voulu qu’elle ait pour Pasteur ton serviteur le Pape Benoît XVI, Serviteur du mystère de ta miséricorde. Il a conduit l’Eglise au nom du Christ. Pour son ministère de successeur de Pierre, Nous te rendons grâce et le confions à ta divine Providence. Toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen. (prière distribuée à l’église Saint-Pothin de Lyon.

dimanche 3 février 2013

Solidarité et charité

Solidarité et charité

Jésus nous a enseigné la charité, pas la solidarité. Ce n’est pas la même chose. De nos jours, l’accent est beaucoup mis sur la solidarité au détriment de la charité, dont le concept semble passé de mode ou a même pris une connotation péjorative. C’est un aplatissement de l’enseignement du Christ. Le mot solidarité ne se trouve jamais sur ses lèvres. Ce n’est pas que la solidarité ne soit pas digne d’être prise en considération et d’être pratiquée. C’est sans aucun doute une vertu. Mais une vertu humaine. Alors que la charité, elle, est une vertu théologale : elle vient de Dieu et Dieu seul peut la développer en nous. Tandis que la solidarité ne fait que se développer par des actes correspondants. La solidarité a une portée limitée, tandis que la charité est illimitée :
(lire la suite) Dieu est Amour (1 Jean 4, 8), et la capacité à aimer ne peut donc connaître de limite. La charité est beaucoup plus engageant que la solidarité ; elle va beaucoup plus loin, beaucoup plus à fond, elle demande un don de soi complet, total, sans restriction, sans arrière-pensée. Elle demande d’engager tout son être : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toutes tes forces » (Marc 12, 30). « Portez les fardeaux les uns des autres : par là vous accomplirez la loi du Christ » (Galates 6, 2). Voilà ce que le Seigneur nous demande, à tous, et ce pour quoi il nous donne sa grâce. Ce pour quoi il nous a donné l’Eucharistie et les autres sacrements. Avec la charité, nous sommes dans la sphère du surnaturel, pas du purement humain, comme avec la solidarité. Si nous prenons l’habitude de penser du bien de l’autre, nous saurons calmer nos passions, ne pas nous enflammer à la moindre contrariété, ou injustice peut-être, ne pas porter des jugements à l’emporte-pièce, péremptoires, souvent blessants ou méprisants. Nous nous voyons facilement dans le rôle du justicier. Mais Dieu seul est Juge. Nous aurons alors comprendre, excuser, pardonner, nous mettre à la place des autres et nous dire : Si j’avais les mêmes renseignements que lui, si je disposais des mêmes informations, j’aurais agis de même, ou pire… Les autres ont le droit d’avoir mal dormi, d’avoir une rage de dent ou des douleurs à l’estomac, d’être préoccupés par la maladie d’un enfant, ou par le comportement de leur conjoint avec lequel les relations sont peut-être tendues… ou mille autres tracas. N’en ajoutons pas. Soyons des semeurs de paix et de joie.

dimanche 27 janvier 2013

Au chap'let citoyens (5)

Au chap'let citoyens (5)

La capitulation de la ville de La Rochelle, aux mains des protestants, a été attribuée à la force du chapelet. Le 15 août 1628, deux mois avant cet événement, une tertiaire franciscaine, sœur Germaine, dévote de Notre-Dame-de-Grâce-lès-Gignac, annonce la victoire prochaine sur l'hérésie. Louis XIll met son armée sous la protection de la Sainte Vierge. À Paris, à l'instigation de Marie de Médicis, la récitation du Rosaire eut lieu tous les samedis à dater du 20 mai 1627, dans l'église des Frères Prêcheurs du Faubourg Saint-Honoré. La Reine, le duc d'Orléans, les cardinaux de Bérulle, de La Rochefoucauld y assistent. Le Roi fit prêcher et pratiquer la même dévotion dans son armée. En octobre 1627, le roi promet de faire construire une chapelle au titre de Notre-Dame-de-Bon-Secours en cas de victoire sur les assigés soutenus par les Anglais. Le 1er novembre 1628 un vent contraire empêchait la flotte anglaise de venir au secours de la ville, La Rochelle tomba. Après a capitulation, l’armée royale entre dans la ville derrière une procession, au chant des *litanies de la Vierge, derrière une bannière portant en latin ce chant de l'Église : « Réjouissez-vous Marie, Vous seule avez détruit toutes tes hérésies ! » Louis XIII fonde alors l’église Notre-Dame-des-Victoires, à Paris, dont il pose la première pierre le 9 décembre 1629. Il faut lire les relations de cette cérémonie par l'archevêque de Paris qui rappelle que La Rochelle était le « plus solide boulevard de l'hérésie ». Dans ses lettres patentes, le Roi entend marquer à jamais « la piété que nous avons à la Vierge Marie ».

jeudi 24 janvier 2013

Au chap’let citoyens (4)

Au chap’let citoyens (4)

Jean Sobieski (1629-96), roi de Pologne, accourt de Czestochowa pour secourir Vienne, assiégée par les Turcs. Conduisant les troupes avec le duc Charles de Lorraine, ils remportent la bataille de Vienne, en 1683, non sans que les troupes aient invoqué le nom de la Sainte Vierge avant la bataille engagée dans l’octave de la Nativité de Marie. Jean Sobieski offrira à Notre-Dame-de-Czestochowa les trophées pris à l’ennemi. La fête du saint Nom de Marie est instituée en mémoire de cette victoire. Notre-Dame-Auxiliatrice avait été aussi priée intensément. Le pèlerinage dans son sanctuaire de la Mariahilfstrasse, la « rue de Marie-Auxiliatrice », à Vienne, connut un grand essor et les tableaux de cette Vierge furent abondamment reproduits. Pensons à cette efficacité du chapelet pour la période présente.

mardi 22 janvier 2013

Au chap’let citoyens (3)

Au chap’let citoyens (3)

Notre-Dame-de-Czestochowa a défendu la ville de Lwow, en 1675 : un curieux phénomène atmosphérique, consigné par de très nombreux témoins, donna la victoire à Jean Sobieski, venu à la rescousse de la ville assiégée par une armée turque d'une supériorité écrasante. Trois cent mille hommes contre six mille hussards, la partie semblait désespérée. Toute la population de Lwow était prosternée à la cathédrale devant l'image de Notre-Dame Clémente. Dès le début de la bataille, alors que l'aile gauche de l'armée polonaise commençait à fléchir, le ciel se couvrit tout d'un coup d'épais nuages, une terrible tempête couru sus à l'ennemi avec de tels foudres et tonnerres, une si grande abondance de pluie et un vent si violent, qu'affolés, les Turcs tournèrent bride, tandis que les hussards, poussés par l'orage, les talonnaient dans leur débâcle en criant : « Vive Jésus ! Vive Marie ! » C'était la veille de la fête de Notre-Dame-de-Czestochowa, le 25 août. Pensons à cette efficacité du chapelet pour la période présente.

dimanche 20 janvier 2013

Au chap’let citoyens (2)

Au chap’let citoyens (2)

La bataille de Lépante (golfe de Corinthe), le 7 octobre 1571 : les Turcs opposés à la Sainte Ligue composée de l’Espagne (Philippe II), du Saint-Siège (Pie V) et de Venise. La sainte Ligue, par sa victoire sur les Turcs, contraria l’hégémonie ottomane en Méditerranée. La récitation du chapelet permit la victoire et engagea le pape Grégoire XIII à déclarer le jour de la victoire de Lépante, fête du Rosaire. Les Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, dont El Alcazar de San Juan (Ciudad Real, Espagne) était la capitale du priorat de Castille, allaient soigner les blessés en portant un étendard sur lequel était peinte l’image de la Vierge de l’Alcazar de San Juan. Il récitent le chapelet devant elle, demandant protection et aide à la Sainte Vierge. Tous sont sains et saufs de la bataille. La Vierge prend alors le nom de Virgen del Rosario. Sur le tableau de Serpotta le sénat de Venise fait inscrire : « Ce ne sont ni les armes, ni les chefs, ni le courage, qui nous ont donné la victoire, mais la Vierge du Rosaire. » L’après-midi de dimanche 7 octobre, Pie V
demande soudain à son entourage de se taire, puis, après avoir regardé par la fenêtre, s'écrie : « Courez rendre grâce à Dieu dans son église, notre armée remporte la victoire. » C'était bien le jour et l'heure où la croix triomphait dans le golfe de Lépante. Le pape tint à en immortaliser le souvenir par une commémoration annuelle de Sainte-Marie-de-la-Victoire. Son successeur Grégoire XIII changea ce titre en celui de Notre-Dame-du-Rosaire, autorisant à célébrer cette fête nouvelle dans les églises qui disposeraient d'un autel pour cette invocation. Pensons à cette efficacité du chapelet pour la période présente.

samedi 19 janvier 2013

Au chap’let citoyens (1)

Au chap’let citoyens (1)

En 1946, le P. Petrus, franciscain, se rend à Mariazell, alors que l’Autriche risque de tomber sous l’emprise du communisme, et y prie pour éviter ce malheur. Il entend une voix intérieure qui lui dit : « Faites ce que je vous dis, priez le rosaire et vous aurez la paix. » Il lance alors la Croisade du Rosaire. En fin de compte, les communistes abandonnèrent de façon inexplicable le pays qu’ils occupaient. Pensons à cette efficacité du chapelet pour la période présente.