La sensibilité de Jésus (5)
La sensibilité de Jésus (5)

« Inclinons-nous devant Dieu, sans protester, même si ce qu'Il nous dit paraît contraire à notre raison et à notre intelligence; sa parole doit prévaloir sur celles-ci. Agissons de même à l'égard du Mystère (I'Eucharistie), sans nous arrêter à ce qui tombe sous les sens mais en adhérant à ses paroles, car sa parole ne peut tromper » (saint Jean Chrysostome, In Matth., hom. 82, 4). Et si le Christ nous dit de veiller, il sait ce qu'il demande et pourquoi il le demande. Ce n'est pas seulement pour être un peu son réconfort, c'est aussi « pour n'être pas en butte à l'épreuve » (Luc 22, 40). Il peut ajouter ces mots de l'archange saint Raphaël à Tobie junior, tels que Claudel les imagine : « Prends garde ! Il est ton ennemi et ton rival dans la nuit qui guette et qui t'attend ! C'est à lui que tu auras à faire ! C'est lui, cet amant jaloux de l'Âme humaine, c'est lui, cet ennemi, cet affamé de l'Âme humaine, il mord dedans ! C'est lui, ce gardien qui la garde ! Comme un chien est affamé de viande, le démon, c'est ainsi qu'il est affamé de l'Âme humaine ! Et comme l'odeur de la viande, c'est ainsi que sur tout homme et sur toute femme nés de la femme il flaire en bavant de désir cet odeur du péché originel » (Azarias à Tobie, P. Claudel, L'histoire de Tobie et de Sara, Théâtre, tomme II, Paris, nrf, Bibliothèque de La Pléiade, 1948, p. 1164). Il faut nous le tenir pour dit. Voilà ce dont le diable se lèche les babines : l'odeur du péché originel. Il est comme la truie qui revient continuellement à ses vomissements.
« Mon être est en émoi » (Jean 12, 27). Ce n'est pas la première fois que cela arrive.
(à suivre...)
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