ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007

mardi 20 avril 2010

L'effervescence apostolique (2)

L'effervescence apostolique (2)

Le contact avec le Seigneur fait naître des vocations, suscite des élans de générosité, l'envie de l'accompagner sur les chemins de Palestine. L'intention n'est pas toujours pleinement pure. Des attachements humains peuvent subsister, comme le désir d'aller prendre congé des siens. Une aspiration, là encore, légitime. Légitime si on envisage la situation d'un point de vue purement rationnel. Mais Jésus-Christ vient apporter la folie de la Croix (cf. 1 Corinthiens 1, 18). Il ne veut pas de cœurs partagés, qui se donnent à lui à moitié. C'est tout ou rien. Sans solution de retour. C'est l'idée qu'il veut faire passer maintenant « Quiconque, ayant mis la main à la charrue, regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu » (Luc 9, 62), car, pour être disciple du Christ, il faut haïr « son père, sa mère, sa femme, ses enfants, des frères, ses sœurs et même sa propre personne » (Luc 14, 26).
Le Seigneur dit peut-être cela en pensant à Judas, à cet apôtre dont il voit bien qu'il a commencé à ne pas tourner rond depuis quelque temps, et qu'il veut amener à prendre conscience de l'erreur qu'il est en train de commettre et à rectifier, tant que cela est encore possible. Les autres apôtres peuvent penser que c'est bien ce qu'ils ont fait : tout laisser sur place dès que Jésus les a appelés, statim, sur-le-champ, et le suivre. Ils ne se sont pas attardés ni embarrassés de scrupules, les uns ont laissé « là leur barque et leur père », comme Jacques et Jean, les fils de Zébédée (Matthieu 4, 22), d'autres « leurs filets » et leurs associés, comme Simon et André (Marc 1, 18), un autre, Lévi, son bureau de publicain, « abandonnant tout » (Marc 5, 28).

(fin)

Aucun commentaire: