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jeudi 16 août 2007

La situation du monde et la foi (1)

La situation du monde et la foi (1)

J'ai traité de la question du mal et du succès apparemment scandaleux des méchants. Quant on étudie l'histoire de l'humanité, depuis Adam et Ève, quand on observe l'histoire de l'Église au cours des deux millénaires écoulés, force est de constater que le Mal, autrement dit le démon, est actif, ne prend jamais de repos et cause des ravages imposants. Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi Dieu le permet. Plus étonnant encore est le fait que ce soit Dieu (lire la suite) lui-même qui attire l'attention de satan sur son fidèle serviteur Job : "As-tu fait attention à mon serviteur Job ? Il n'y a personne comme lui sur la terre, parfait, droit, craignant Dieu et évitant le mal" (Job 1, 8). Le démon croit avoir trouvé une réponse facile dans le fait que Job est heureux, comblé de bienfaits : "Tu as béni l'œuvre de ses mains, et ses troupeaux se sont répandus dans le pays. Mais étend donc la main, touche à tout ce qui lui appartient : sûrement il te bénira" (Job 1, 10-11). Alors, aussi surprenant que cela puisse paraître, Dieu donne pouvoir à satan sur tous les biens de Job, sa famille y compris, avec une seule restriction : sauvegarde son âme" (Job 1, 12 ; 2, 6).
Le sens caché et ultime des événements nous échappe, tout comme la place et le rôle qu'ils sont amenés à jouer dans les plans de Dieu. Pourquoi ceci plus que cela ? Pourquoi la guerre de préférence à la paix ? Pourquoi un échec au lieu d'un succès ? Nous savons toutefois que "tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu" (Romains 8, 28).
Or, la foi "est la réalité de ce que l'on espère, la preuve de ce que l'on ne voit pas" (Hébreux 11, 1). La foi s'inscrit donc dans le temps, dans la durée. Or, Dieu, Lui, est en dehors du temps : il est éternel, il est L'Éternel. C'est pourquoi notre façon d'appréhender la réalité n'est pas la même. Dieu ne voit pas les hommes et les événements comme nous les voyons et les percevons. Nous sentons le poids de la fatigue, de la misère, des guerres et des tragédies sans nombres qu'elles entraînent. Nous voyons les crises qui se succèdent les unes aux autres et qui durent tandis que des générations s'évertuent, apparemment en vain à y remédier ou à y mettre fin. Nous voyons les épreuves se succéder et le temps qu'il faut pour obtenir des résultats... Mais pour Dieu, il n'en va pas de même. Toute l'histoire du monde, depuis qu'Il l'a créé jusqu'à ce qu'Il récapitule toutes choses en Jésus-Christ (cf. Colossiens 1, 20) lui est présent d'une connaissance actuelle et éternelle.
C'est pourquoi il ne peut pas y avoir d'échec pour Dieu. L'échec, comme la victoire, suppose un "avant" et un "après". Mais Dieu EST, au présent. La Croix de Jésus est un passage que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont voulu de toute éternité et d'un commun accord pour qu'à partir d'un moment donné du temps créé les hommes aient la possibilité de recouvrer l'Amour perdu par Adam et Ève pour eux et pour leur descendance. Elle est donc le signe éclatant de la victoire sur le Mal : sur satan et ses démons, sur tout péché, sur le monde et ses séductions, sur la mort elle-même.
Nous raisonnons dans le temps comme si Dieu était logé à la même enseigne que nous... Et nous risquons de nous décourager. Or, Dieu ne perd pas de bataille. Il convient de nous replacer sans cesse dans le contexte de la foi en notre Dieu Tout-Puissant.

(à suivre...)

mercredi 15 août 2007

15 août : l'Assomption de Marie


15 aout : l'Assomption de Marie

Durant le Temps ordinaire, la solennité de l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie se détache en raison de ses multiples significations d’ordre théologique. Cette célébration de la Mère du Seigneur, qui remonte aux premiers siècles de l’Église, rassemble et unit de nombreuses vérités de la foi. En effet, l’Assomption de la Vierge Marie dans le ciel rappelle que : (lire la suite)
- la Vierge Marie apparaît comme "le fruit le plus excellent de la Rédemption", le témoignage suprême de l’amplitude et de l’efficacité de l’œuvre de salut opérée par le Christ (signification sotériologique) ;
- l’Assomption constitue le gage de la participation future de tous les membres du Corps mystique à la gloire pascale du Ressuscité (aspect christologique) ;
- l’Assomption est pour tous les hommes "la confirmation consolante que se réalisera l’espérance finale : cette glorification totale est en effet le destin de tous ceux que le Christ a fait frères, ayant avec eux "en commun le sang et la chair" (Hébreux 2, 14 ; cf. Galates 4, 4)" (aspect anthropologique) ;
- la Vierge Marie est l’icône eschatologique de tout ce que l’Église "désire et espère être tout entière" (aspect ecclésiologique) ;
- Elle est enfin la preuve vivante de la fidélité du Seigneur à sa promesse : en effet, celui-ci a préparé à son humble Servante une récompense magnifique en réponse à son adhésion fidèle au projet divin, c’est-à-dire une destinée de plénitude et de bonheur éternel, de glorification de son âme immaculée et de son corps virginal, et de parfaite configuration à son Fils ressuscité (aspect mariologique).
La piété populaire est très sensible à la fête mariale du 15 août. De fait, en de nombreux endroits, elle est considérée comme la fête par antonomase de la Vierge, car elle est connue sous le nom de "jour de sainte Marie", ou comme l’Immaculée pour l’Espagne ou pour l’Amérique latine.
Dans les pays de culture germanique, la coutume s’est répandue de bénir des herbes aromatiques, le 15 août. Cette bénédiction, qui fut accueillie à une certaine époque dans le Rituale Romanum, constitue un exemple incontestable d’une évangélisation adéquate des rites et des croyances pré-chrétiennes : pour obtenir ce que les païens désiraient en recourant aux rites magiques, en particulier atténuer les dommages dus aux plantes nuisibles et accroître l’efficacité des herbes curatives, il est indispensable de se tourner vers Dieu, puisque, c’est par sa Parole que "la terre produisit l’herbe, les plantes qui portent leurs semences [...] et les arbres qui donnent, selon leur espèce, le fruit qui porte sa semence" (Genèse 1, 12).
De même, il est possible de rattacher, pour une part, à cette même démarche d’inculturation, l’usage antique d’attribuer à la Sainte Vierge, en s’inspirant de la Sainte Écriture, des symboles et des titres empruntés au monde végétal, comme ceux de la vigne, de l’épi, du cèdre et du lys, et de voir en elle une fleur odoriférante pour ses vertus et plus encore le "rameau sorti de la souche de Jessé" (Isaïe 11, 1), qui a généré le fruit béni, Jésus.

Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n°180-181.

mardi 14 août 2007

L'adhésion de Marie aux plans de Dieu (3)


L'adhésion de Marie aux plans de Dieu (3)


Quand Jésus, déjà entré en agonie, dit à son Père : Non mea voluntas..., « que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Luc 22, 42), Marie, de son côté, répète sans doute une prière très semblable, voire identique. Deux êtres aussi proches spirituellement ne peuvent qu'être à l'unisson en de pareils moments.
Marie, vous qui êtes (lire la suite) Refugium nostrum et Virtus, notre Refuge et notre Force, mettez en nous, à l'aide de l'Esprit Saint, ces mêmes sentiments, qui étaient dans le Cœur de votre divin Fils et qu'il exprimait ainsi dans sa prière à son Père. Que nous voulions accomplir la Volonté de Dieu et que nous sachions l'accomplir de fait...
Nous avons sans cesse le choix entre un « oui » et un « non ». Il n'existe pas de voie médiane, une espèce de « ni » comme disent les Italiens pour éviter d'avoir à se prononcer clairement. Nous avons la grâce de Dieu pour le choisir, Lui, dans toutes nos décisions, afin qu'elles contribuent à nous sanctifier et à sanctifier le monde. Marie, à qui le croyant fait sans cesse appel, le prend par la main, comme une mère le fait avec son petit enfant. Et Marie nous conduit à notre tour vers la Croix.
Notre oui initial, de baptisé, notre oui ultérieur, réaffirmé tout au long de notre existence, portent sur des faits, sur des événements que nous ignorons. Mais nous les acceptons d'entrée de jeu, comme Marie au jour de l'Annonciation. « Regardez Marie. Aucune créature ne s’est jamais abandonnée avec plus d’humilité aux desseins de Dieu. L’humilité de l’ancilla Domini (Luc 1, 38), de la servante du Seigneur, est la raison pour laquelle nous l’invoquons comme causa nostra lætitiæ, cause de notre joie. Ève, après avoir commis le péché insensé de vouloir s’égaler à Dieu, se cachait du Seigneur, toute honteuse : elle était triste. Marie, parce qu’elle s’avoue la servante du Seigneur, devient Mère du Verbe divin et se remplit de joie. Que son allégresse de bonne Mère se communique à nous tous : imitons totalement Sainte Marie en cela, pour ainsi ressembler davantage au Christ » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 109).

lundi 13 août 2007

L'adhesion de Marie aux plans de Dieu (2)

L'adhésion de Marie aux plans de Dieu (2)

Il se peut qu'en bonne connaisseuse des Saintes Écritures et avec la finesse d'âme et l'intelligence qui étaient le propre d'une nature non marquée par le péché originel, Marie ait eu une certaine intuition de l'avenir. Elle a pu s'interroger sur les poèmes du Serviteur souffrant d'Isaïe.
Mais même comme cela, elle ne pouvait pas imaginer (lire la suite) ce qu'a été la Croix. Seule l'expérience de l'épreuve dans sa chair lui a permis d'en mesurer l'intensité.
Or, il a fallu attendre trente-trois ans pour que le Salut soit enfin accompli. Consummatum est ! « Tout est achevé », s'écrie Jésus sur la Croix (Jean 19, 30). Au fur et à mesure que le temps passe, notamment les années de la « vie publique » du Seigneur, l'issue est de plus en plus claire. Même s'il est difficile d'imaginer qu'un homme qui ne fait que du bien, qui guérit les malades et même ressuscite des morts, et dont la prédication suscite l'émerveillement des foules, puisse être condamné, Marie n'ignore pas, au moins à partir de la résurrection de Lazare, que les Juifs ont décidé de faire périr son fils. Le Fils de Dieu ! (cf. Jean 11, 53).
Face à une telle situation, Marie ne peut que se réfugier dans la prière, méditer ces textes qui sont si explicites, si expressifs, et reformuler intérieurement son acceptation de la Volonté de Dieu : Fiat ! « qu'il me soit fait selon ta parole ». Et non plus seulement fiat mihi, mais un fiat pour l'humanité pécheresse. Que la très sainte Volonté de Dieu s'accomplisse jusqu'au bout, si tel est le prix à payer pour arracher les hommes au péché et à la damnation éternelle.

(à suivre...)

dimanche 12 août 2007

L'adhesion de Marie aux plans de Dieu

L'adhésion de Marie aux plans de Dieu

"Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu" (Luc 1, 30). C'est en ces termes que l'archange saint Gabriel l'invite à accueillir l'annonce inouïe qu'il lui fait, de la part de Dieu : "Tu vas concevoir et tu enfanteras un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus. Il sera grand et on le tiendra pour Fils du Très-Haut" (ibid., 31-32).
Marie ne doute pas un instant que cette annonce vient de Dieu. (lire la suite) Dieu lui-même lui en donne l'assurance intérieure. Aussi peut-elle apporter une adhésion dans délai ni détour. Peu importent les conséquences de son "oui". Elle le donne sous l'inspiration de l'Esprit Saint qui, à ce moment précis, devient son Époux divin, car, comme Gabriel le lui révèle, "l'Esprit Saint viendra sur toi, et l'ombre de la puissance du Très-Haut te couvrira ; aussi l'enfant à naître, (qui est saint), sera-t-il tenu pour Fils de Dieu" (ibid., 35). On ne peut être plus explicite...
Or, par son "oui", Marie permet, sans le savoir, la Croix salvatrice, qui sera dressée quelque trente-trois ans plus tard à la face des nations. C'est à Elle que nous la devons. À Elle et au Christ, bien sûr, qui l'a voulue, qui est venu au monde pour donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Matthieu 20, 28).
Mais son sacrifice suprême était subordonné à la réponse de Marie. L'acceptation de quelque chose qui la dépassait totalement, mais qui pouvait paraître exaltant : devenir la Mère du Sauveur, du Messie !
Accepter de devenir la Mère du Rédempteur comportait l'acceptation implicite de la Croix. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, disons-nous. C'était vrai aussi pour Marie.

(à suivre...)

samedi 11 août 2007

Un remede à tout


Un remède à tout

« On lui amène un sourd, qui de plus parlait difficilement, et on le prie de lui imposer la main. Le prenant hors de la foule, à part, il lui mit ses doigts dans les oreilles et avec sa salive lui toucha la langue. Puis, levant les yeux au ciel, il poussa un gémissement et lui dit : « Ephpatha », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Et ses oreilles s’ouvrirent et aussitôt le lien de sa langue se dénoua et il parlait correctement » (Marc 7, 32-35).
Les multiples guérisons d’ordre varié que (lire la suite) le Seigneur réalise montrent que tout problème a sa solution en lui. Il n’existe pas de difficulté d’ordre spirituel, de maladie de l’âme, qu’il ne puisse guérir. Mais il faut se placer en tête à tête avec lui, dans le cadre de la prière personnelle, pour lui demander sa grâce et le laisser agir : nous aider à entendre et à parler en enfant de Dieu, non en mondain.
Quand on amène un jour un épileptique pour que Jésus le guérisse, le père de l’enfant dit au Seigneur :
« Ah ! si tu y peux quelque chose, viens-nous en aide, par pitié pour nous ! » Jésus relève immédiatement le manque de foi qu’implique cette demande : « Ce « si tu peux », lui dit Jésus. Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 22-23). Il montre par là que, pour celui qui a la foi, tout peut trouver un remède, mais aussi que celui qui reconnaît et confesse ses péchés avec humilité et foi obtiendra miséricorde, quelle qu’ait été la masse de ses fautes. De la femme adultère, Jésus dit : « Ses nombreux péchés lui sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour » (Luc 7, 47). Il pardonne son reniement à saint Pierre. Il aurait également pardonné sa trahison à Judas, si celui-ci n’avait pas désespéré de son salut, ce qui est un péché contre l’Esprit.
Nous ne prendrons jamais la justice et la miséricorde de Dieu en défaut, et Dieu ne se lasse pas de nous pardonner. Lui-même nous invite à pardonner à notre prochain, non pas sept fois, « mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Matthieu 18, 22), ce qui veut dire indéfiniment, autant de fois que l’occasion s’en présentera. Il nous fait comprendre par là combien il est disposé à nous pardonner toujours. Croire que Dieu se lasserait de le faire, c’est penser d’une façon humaine et mettre des limites en Dieu : étant infini et immuable, il n’y a pas de maladie de l’âme qu’il ne puisse guérir, aussi fréquente soit-elle. Et, de plus, il se montre prêt à pardonner à la dernière minute, au moment de la mort, quand l’âme se présente à lui pour être jugée sur toute sa vie. C’est ce que nous constatons avec le « Bon larron », crucifié avec lui et qui lui demande : « Jésus,souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. » Et il lui dit : « En vérité,je te le dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23, 42-43). Il est devenu du coup, lui un malfaiteur, le premier saint de la Nouvelle Alliance.

vendredi 10 août 2007

Le Christ est le Chemin

Le Christ est le Chemin

Le chemin, c'est le Christ lui-même, et c'est pourquoi il dit : Moi, je suis le chemin. Cela se comprend bien, puisque par lui nous avons accès auprès du Père.
Mais parce que ce chemin n'est pas éloigné du terme, parce qu'il y est joint, au contraire, Jésus ajoute : La vérité et la vie ; et c'est ainsi que lui-même est à la fois le chemin et le terme. Le chemin en tant qu'homme : (lire la suite) Moi je suis le chemin ; en tant que Dieu, il ajoute : la vérité et la vie. Ces deux derniers mots désignent parfaitement le terme du chemin.
Car le terme de ce chemin, c'est la fin que recherche le désir humain. Or, l'homme désire principalement deux choses : d'abord la connaissance de la vérité, ce qui lui est propre ; ensuite la continuation de son existence, ce qui est commun à tous les êtres. Or, le Christ est le chemin pour parvenir à la connaissance de la vérité, alors pourtant qu'il est lui-même la vérité : Conduis-moi, Seigneur, dans ta vérité, et j'entrerai sur ton chemin. Et le Christ est le chemin pour parvenir à la vie, alors pourtant qu'il est lui-même la vie : Tu m'as fait connaître les chemins de la vie.
C'est pourquoi il a désigné le terme de ce chemin par la vérité et la vie. L'une et l'autre, plus haut, ont été attribuées au Christ. D'abord, il est lui-même la vie : En lui était la vie ; ensuite, il est la vérité, puisqu'il était la lumière des hommes ; or la lumière, c'est la vérité. (...)
Si donc tu cherches par où passer, prends le Christ, puisque lui-même est le chemin : C'est le chemin, suivez-le. Et Augustin commente : « Marche en suivant l'homme et tu parviendras à Dieu ». Car il vaut mieux boiter sur le chemin que marcher à grands pas hors du chemin. Car celui qui boite sur le chemin, même s'il n'avance guère, se rapproche du terme ; mais celui qui marche hors du chemin, plus il court vaillamment, plus il s'éloigne du terme.
Si tu cherches où aller, sois uni au Christ, parce qu'il est en personne la vérité à laquelle nous désirons parvenir : C'est la vérité que ma bouche proclame. Si tu cherches où demeurer, sois uni au Christ, parce qu'il est en personne la vie : Celui qui me trouvera trouvera la vie, et il obtiendra du Seigneur le salut.
Sois donc uni au Christ, si tu veux être en sûreté : tu ne pourras pas t'égarer puisque lui-même est le chemin. C'est pourquoi ceux qui sont unis à lui ne marchent pas dans un pays sans routes, mais par un chemin droit. En outre, le Christ ne peut pas se tromper, parce qu'il est lui-même la vérité et enseigne toute vérité. Il dit en effet : Je suis né, je suis venu pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Enfin il ne peut être mis en échec, parce que c'est lui-même qui est la vie et qui donne la vie, ainsi qu'il le dit : Moi, je suis venu pour qu'ils aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance.

Saint Thomas d'Aquin, Commentaire sur l'Évangile de Jean.

jeudi 9 août 2007

Notre activite au ciel (fin)


Notre activité au ciel (fin)

Mais sur terre comme les hommes sont plus faibles constitutivement que les anges, car, en plus de la composante spirituelle - l'âme - ils sont aussi dépendants de la matière ­ le corps -, là Dieu décida, toujours mû par cet amour incommensurable, de venir à la rescousse des humains, en envoyant son Fils bien-aimé, Jésus-Christ, nous libérer des attaches du péché et donnant sa vie en rançon pour nous afin de nous rétablir dans la condition d'enfants de Dieu le Père, de nous (lire la suite) permettre de regagner l'Amour perdu ; Et tant que nous pérégrinons sur terre, satan n'a de cesse d'essayer de nous prendre dans ses pièges subtils. C'est pourquoi le Père et le Fils nous ont envoyé leur Esprit d'Amour pour que nous puissions rester fidèles à l'alliance passée avec Dieu au moment de notre baptême.
Cette vie d'Amour et dans l'Amour sur terre, nourrie aux sacrements d'Amour que sont notamment l'Eucharistie et la confession, est comme le ciel commencé ici-bas, un début de bonheur et de gloire, une vie en Dieu et pour Dieu.
Nous ne voyons Dieu qu'avec les yeux de la foi. Et nous continuons de le chercher sans cesse, ardemment désireux d'arriver à la vision céleste.
Et voilà que cette quête d'ici-bas se poursuivra d'une certaine façon au ciel ! Non pas que nous chercherons Dieu, puisque nous l'aurons trouvé et que nous serons établis définitivement en la présence du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Mais en ce sens que, d'une part, aimer sera notre seule activité, la charité étant la seule vertu qui garde sa raison d'être devant Dieu (cf. 1 Corinthiens 13, 13), et, comme l'amour appelle l'amour, comme celui qui se trouve avec l'aimé l'aime de plus en plus intensément, cet amour dans l'Amour ne fera que croître indéfiniment. Et, d'autre part, en ce sens aussi que notre connaissance du Dieu trinitaire ne pourra que croître, tout comme la fréquentation de l'ami nous permet de le connaître de mieux en mieux, de découvrir ou d'approfondir des aspects de sa personnalité, les richesses de sa nature. À fortiori s'agissant de Dieu, des trois Personnes divines, dont les qualités sont infinies et parfaites et s'offrent à des explorations sans fin.
Tibi laus, tibi glori, tibi gratiarum actio in saecula sempiterna, o Beata Trinitas, chante l'Église lors de la solennité de la Très Sainte Trinité : "À toi la louange, à toi la gloire, à toi l'action de grâces, dans les siècles des siècles, ô Trinité bienheureuse." Et pour que notre contemplation soit plus plénière et plus intense, dès ici-bas, demandons à la très Sainte Vierge de nous introduire dans la vie intra-trinitaire, de nous parler de Dieu le Père, de Dieu le Fils et de Dieu le Saint-Esprit, dont Elle connaît plus que quiconque la hauteur, la largeur, la profondeur de l'Amour de Dieu (cf. Romains 8, 29).

mercredi 8 août 2007

Saint Dominique

Saint Dominique

Le Fils que j’ai engendré par nature et de toute éternité, ayant pris une nature humaine, m’a obéi parfaitement en toutes choses, jusqu’à la mort. Dominique, mon fils adoptif, a mis lui aussi, dans toutes ses œuvres, depuis son enfance jusqu’à la fin de sa vie, la règle de l’obéissance à mes préceptes. Il n’a jamais une seule fois transgressé aucun de mes commandements, il a gardé intacte la virginité de son corps et de son âme, et toujours conservé la grâce du baptême en laquelle il avait trouvé sa renaissance spirituelle. Mon Fils par nature, Verbe éternel de ma bouche, a publiquement annoncé au monde les enseignements dont je l’avais chargé. Il a rendu témoignage à la vérité, ainsi qu’il l’a dit à Pilate (cf. Jean 18, 37). Dominique, mon fils adoptif, (lire la suite) a de même prêché publiquement aux hommes la vérité de mes paroles, tant aux hérétiques qu’aux catholiques, par lui-même ou par d’autres, non seulement pendant sa vie, mais par ses successeurs, car par eux il prêche et prêchera encore. Mon Fils par nature a envoyé ses disciples, mon fils adoptif a envoyé ses frères. Mon Fils par nature est mon Verbe, mon fils adoptif est le héraut, le porte-parole de mon Verbe. Voilà pourquoi, par une grâce toute spéciale, il lui a été donné, ainsi qu’à ses frères, de comprendre la vérité de mes paroles et de ne s’en point s’écarter. Mon Fils par nature a consacré toute sa vie, toutes ses actions, ses enseignements comme ses exemples, au salut des âmes. Dominique, mon fils adoptif, a mis toute sa passion, tous ses efforts, à délivrer les âmes des lacets de l’erreur et du vice. Sauver les âmes, telle est la fin principalement pour laquelle il a planté et arrosé son ordre. Voilà pourquoi je te dis qu’en tous ses actes il peut être comparé à mon Fils par nature ; voilà pourquoi je te montre aujourd’hui l’image de son corps, qui a eu beaucoup de ressemblance avec le très saint Corps de mon Fils unique.

Dieu dans une vision à sainte Catherine de Sienne, dans Bienheureux Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne, Paris, 200, p. 210-211.

mardi 7 août 2007

Notre activite au ciel

Notre activité au ciel

Les élus au paradis ne se retrouvent pas dans la situation de celui qui assiste à un spectacle, engoncé dans son fauteuil, purement passif. Les Actes des apôtres nous montrent à plusieurs reprises les saints en train de chanter la louange de Dieu.
Mais ce que je voudrais relever aujourd'hui, c'est (lire la suite) une remarque faite par le pape Benoît XVI à propos de saint Augustin pour qui notre recherche intellectuelle de Dieu se poursuivra au paradis. Le pape disait concrètement ceci : "Dans l'éternité aussi notre recherche ne sera pas finie ; ce sera une aventure éternelle que de découvrir de nouvelles grandeurs, de nouvelles beautés. Il (st Augustin) a interprété les paroles du psaume : "Cherchez toujours son visage" et il a dit : cela vaut pour l'éternité ; et la beauté de l'éternité est que celle-ci n'est pas une réalité statique, mais un progrès immense dans l'immense beauté de Dieu. Ainsi pouvait-il trouver Dieu comme la raison fondatrice, mais aussi comme l'amour qui nous embrasse, nous guide et donne sens à l'histoire et à notre vie personnelle" (Benoît XVI, Discours à l'Université de Bari, 22 avril 2007).
Jusqu'à présent, je n'avais pas envisagé un dynamisme de ce genre : un enrichissement intellectuel en quelque sorte. Puisque Dieu est infini, il y a de la place pour une quête éternelle ou, si l'on préfère, un approfondissement éternel de l'essence de Dieu, contemplée face à face.
Ce sont les mystères insondables d'un Dieu lui-même insondable. Même de cette façon nous connaîtrons toujours moins que ce que nous ignorerons de Lui, dans sa Trinité de Personnes. La richesse de la connaissance que Dieu a de Lui-même et de l'Amour qu'Il se porte est insondable. Un Amour qui n'a rien de narcissique, de contemplation nombrilesque de soi, mais qui est si dynamique qu'il est une personne, la Personne du Saint-Esprit. Un Amour si intense, si vivant, qu'il explose pour ainsi dire en dehors de la Très Sainte Trinité, qu'il ne contient pas sa joie et éprouve le besoin - qui n'est pas une nécessité ontologique - de s'exprimer en créant un monde qui ait la possibilité de profiter de cet Amour, d'en bénéficier éternellement, d'en être partie prenante. Tout en sachant que l'orgueil de
satan l'amènerait à refuser cet Amour et à trouver son plaisir à contrecarrer les plans de Dieu, d'abord en entraînant d'autres anges dans sa rébellion, puis en s'attaquant à l'humanité naissante, à nos premiers parents, Adam et Ève.

(à suivre...)

lundi 6 août 2007

La Transfiguration de Jesus


La Transfiguration de Jésus


L'Église fête aujourd'hui la Transfiguration du Seigneur, c'est-à-dire un moment important au cours duquel il a voulu apparaître dans sa gloire en présence de trois de ses apôtres, Pierre, Jacques et Jean, sur le mont Thabor. Le visage et les vêtements de Jésus deviennent « d'un blanc éblouissant » (Luc 9, 29), dont les disciples ne peuvent supporter l'éclat. Moïse et Élie, les deux principaux personnages de l'Ancien Testament apparaissent et (lire la suite) s'entretiennent avec Jésus de son « exode », « de son départ qu'il allait accomplir à Jésusalem » (Luc 9, 31), c'est-à-dire de sa mort, désormais imminente. Jésus commença de montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir (...), être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter » (Matthieu 16, 21)
« Pour un instant, Jésus montre sa gloire divine, confirmant ainsi la confession de Pierre. Il montre aussi que, pour « entrer dans sa gloire » (Luc 24, 26), il doit passer par la Croix à Jérusalem. Moïse et Élie avaient vu la gloire de Dieu sur la Montagne ; la Loi et les prophètes avaient annoncé les souffrances du Messie (cf. Luc 24, 27). La passion de Jésus est bien la volonté du Père : le Fils agit en Serviteur de Dieu (cf. Isaïe 42, 1). La nuée indique la présence de l’Esprit Saint :
« Toute la Trinité apparut : le Père dans la voix, le Fils dans l’homme, l’Esprit dans la nuée lumineuse » (S. Thomas d’Aquin, Somme théologique III, q. 45, a. 4, ad 2) :
« Tu t’es transfiguré sur la montagne, et, autant qu’ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu afin que lorsqu’ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire et qu’ils annoncent au monde que Tu es vraiment le rayonnement du Père » (Liturgie byzantine, Kontakion de la fête de la Transfiguration) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 555).
Par cette théophanie, cette manifestation de sa divinité, Jésus veut fortifier par avance la foi de ses apôtres, qui vont être bientôt confrontés au drame et au scandale de sa Passion et de sa mort sur la Croix. La voix du Père qui le désigne comme son « Fils bien-aimé » (Matthieu 17, 5) se fait entendre pour qu'ils croient, comme le centurion le reconnaîtra au Calvaire, que « vraiment cet homme était Fils de Dieu » (Marc 15, 39), que Jésus est le Fils de Dieu, est lui-même Dieu, notre Dieu et notre Sauveur. La solennité d'aujourd'hui nous invite à renouveler notre acte de foi en la divinité de Jésus-Christ.

dimanche 5 août 2007

La priere (2)

La prière (2)

La Vierge Marie m'apprend à prier en chrétien. Prier en chrétien veut dire prier en enfant de Dieu le Père, en frère et disciple de Jésus-Christ. C'est Jésus qui prie pour nous. Il prie son Père à haute voix, expressément, pour que nous le sachions, que nous le comprenions et que nous nous appuyons sur cette prière, qui ne saurait jamais manquer : « C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donné, parce qu'ils sont à toi » (Jean 17, 9). (lire la suite)
Jésus prie pour nous. De fait, disait Jean-Paul II, « le chrétien sait que sa prière est Jésus » (Audience avec les jeunes, 4 mars 1979). Ma prière, c'est Jésus, car, par l'Esprit Saint, elle s'unit à Lui. Elle rejoint celle qu'Il présente à son Père pour notre salut sur l'autel où la messe est célébrée. Jésus « prie en nous, avec nous et pour nous » (Ibid.). Nous, nous devons parfois faire des efforts parce que nous sommes faibles et que nous nous laissons vite distraire par le monde et nos occupations, comme si elles n'intéressaient pas Dieu, comme si elles pouvaient être vécues en marge de la tâche de notre sanctification !
Une prière qui trouve toute sa force de persuasion auprès du Cœur du Père dans l'immolation que le Fils fait de Lui-même à la messe : « L'expression la plus forte de la prière est le sacrifice, le sommet de la prière de Jésus est le sacrifice de la Croix, anticipé lors de la dernière Cène et transmis à tous les siècles par la sainte Messe » (Jean-Paul II, Ibid.).
Tu ne sais pas prier ? Mets-toi face au crucifix, c'est-à-dire face à Jésus crucifié par Amour pour nous. Mieux encore, participe à l'Eucharistie, fais-toi offrande au Père avec le Fils pour le salut du monde. Il n'y aura alors plus de monotonie dans ta vie, plus de déception, plus de découragement, ni de laisser-aller, de paresse. Car « la charité du Christ nous presse » (2 Corinthiens 5, 14), elle nous invite à l'action.
Il est urgent que les fruits de la Passion du Christ soient répandus dans les cœurs par l'Esprit du Père. Il est urgent que nous soyons des ouvriers qui travaillent avec le Christ dans la vigne du Seigneur pour que l'Évangile - la Bonne Nouvelle - parvienne à toutes les âmes, et que le Saint-Esprit les enflamme du feu de son Amour, de l'Amour de Dieu.

samedi 4 août 2007

Le saint cure d'Ars


Le saint curé d'Ars


En ce jour que l'Église consacre à fêter saint Jean-Marie Baptiste Vianney, le saint curé d'Ars, patron des prêtres, nous pouvons adresser à Dieu la prière qu'il faisait monter vers lui : « Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie.
Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable, et j’aime mieux mourir en vous aimant, que de vivre sans vous aimer. Je vous aime, Seigneur, et la seule grâce que je vous demande, c’est de vous aimer éternellement... Mon Dieu, si ma langue ne peut dire à tous moments que je vous aime, je veux que mon cœur vous le répète autant de fois que je respire. »

vendredi 3 août 2007

La priere (1)

La prière (1)

Parfois nous n'arrivons pas à prier, nous ne savons pas quoi dire à Dieu. C'est étonnant, n'est-ce pas ? Alors l'Esprit Saint vient à la rescousse. Il prend le relais et « intercède pour nous par des gémissements ineffables » (Romains 8, 26). Comment Dieu le Père pourrait-il ne pas prêter attention à ce qu'il lui demande pour nous, alors que l'Esprit demande ce que le Père lui-même veut nous accorder, puisqu'il veut notre sainteté et qu'ils ne sont qu'un seul et même Dieu avec le Fils ? (lire la suite)
Et la Vierge Marie intervient à son tour, elle qui est notre avocate auprès de Dieu. Elle renforce la prière de l'Esprit en intercédant pour que tous les secours spirituels nous soient octroyés.
Nous pouvons nous appuyer ainsi sur l'Esprit Saint et sur Marie. Sur Jésus aussi qui prie le Père pour nous. Comment douter alors ? Pourquoi nos incertitudes et nos hésitations ? À quoi bon ces doutes ?
Dieu est Dieu. C'est notre Dieu, Père, infiniment Bon et Tout-Puissant. « Et voici ce que Dieu veut : votre sanctification », écrit l'Apôtre (1 Thessaloniciens 4, 3). Saint, Dieu nous veut saint, alors que lui seul est Saint !
« Tous ceux qui croient en Dieu prient ; mais le chrétien prie en Jésus-Christ ; le Christ est notre prière » (Jean-Paul II, Audience avec les jeunes, 4 mars 1979). De sorte que notre prière n'est jamais vaine : c'est la prière du Fils à Dieu le Père ! Seigneur, mon Dieu, je t'aime, je t'adore, je crois et j'espère en toi. Pas en toi de façon abstraite. Mais en toi Dieu le Père, en toi Dieu le Fils, en toi Dieu le Saint-Esprit.
Ma prière est alimentée par celle de la très Sainte Vierge Marie, « notre refuge et notre force ». Elle est ma Mère, puisque Jésus a voulu si heureusement qu'il en soit ainsi. C'est donc Elle qui m'apprend à prier.

(à suivre...)

jeudi 2 août 2007

Nous sommes des survivants, des rescapes !

Nous sommes des survivants, des rescapés ! (pour ceux qui ont nés avant 1940)

Nous sommes nés avant la télévision, avant la pénicilline, avant les produits surgelés, les photocopies, les verres de contact, la vidéo et le magnétoscope et avant la pilule. Nous étions là avant les radars, les cartes de crédit, la bombe atomique, le rayon laser, avant le stylo à bille, avant le lave-vaisselle, les congélateurs, les couvertures chauffantes, avant la climatisation, avant les chemises sans repassage, et avant que l'homme (lire la suite) marche sur la lune.
Nous nous sommes mariés avant de vivre ensemble. La vie en communauté se passait au couvent. Le "fast food" pour les anglais, était un menu de carême et un "big mac" était un grand manteau de pluie. Il n'y avait pas de mari au foyer, pas de congé parental, pas de télécopie ni de courrier électronique.
Nous datons de l'ère d'avant les HLM et d'avant les pampers. Nous n'avions jamais entendu parler de la modulation de fréquence, du cœur artificiel, de transplant, de machine à écrire électrique, ni de jeunes gens portant une boucle d'oreille.
Pour nous, un ordinateur était quelqu'un qui conférait un ordre ecclésiastique, une puce était un parasite et une souris était de la nourriture pour chat. Les paraboles se trouvaient dans la Bible, pas sur les toits. Un site était un point de vue panoramique, un CD rom nous aurait fait penser à une boisson jamaïcaine, un joint empêchait un robinet de goutter, l'herbe était pour les vaches et une cassette servait à ranger les bijoux. Un téléphone cellulaire aurait été installé dans un pénitencier. Le rock était une matière géologique, un gai -prononcé gay) en anglais était quelqu'un qui faisait rire et "made in Taiwan", de l'exotisme.
Mais nous étions sans doute une bonne race robuste et vivace quand on songe à tous les changements qui ont bouleversé le monde et tous les ajustements que nous avons su négocier. Pas étonnant que nous nous sentions parfois sûrs de nous et fiers d'avoir pu sauter le fossé entre nous et la génération d'aujourd'hui. D'ailleurs, nous sommes prêts à recevoir des euros par courrier électronique.

Hocheim, ingénieur A.M., Revue des anciennes du Sacré Cœur, décembre 2001, p. 3.

mercredi 1 août 2007

La liberte

La liberté


L’homme a été créé par Dieu et pour Dieu. On peut redemander s’il n’y a pas de l’égoïsme de la part de Dieu à agir ainsi. Mais la question est incongrue, car l’égoïsme est un péché, ce qui est incompatible avec la nature même de Dieu, du moins du Dieu des chrétiens, dont nous parlons ici, car, les autres, c’est une autre affaire…
La liberté que Dieu adonnée à l’homme le rend responsable de ses actes et lui évite d’être esclave, (lire la suite) comme programmé en quelque sorte. « Dieu a créé l’homme raisonnable en lui conférant la dignité d’une personne douée de l’initiative et de la maîtrise de ses actes. Dieu a « laissé l’homme à son propre conseil » (Ben Sirac le Sage 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, adhérant librement à Lui, parvenir à la pleine et bienheureuse perfection » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1730). C’est donc tout à l’avantage de l’homme d’être libre. Il est « par là semblable à Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 4, 3). Cela n’apporte rien à Dieu, qui est parfait en lui-même, la perfection même, et ne manque donc de rien. La création est un acte de pur Amour, d’Amour gratuit. Si l’homme est créé pour Dieu, c’est donc afin qu’il bénéficie de cet Amour divin pour l’éternité.
En même temps, « être vraiment libre ne veut absolument pas dire faire tout ce qui me plaît, ou tout ce que j’ai envie de faire. La liberté comprend elle-même le critère de la vérité, la discipline de La vérité. Être vraiment libre signifie faire usage de sa propre liberté pour ce qui est un vrai bien. Il s’ensuit qu’être vraiment livre veut dire être un homme à la conscience droite, être responsable, être un homme « pour les autres » (Jean-Paul II, lettre
Dilecti amici, n° 13). Mais qui peut se tromper dans ses choix ou se décider délibérément en faveur du mal. J’ai déjà cité l’exemple des forces mexicaines qui massacraient les catholiques, les cristeros, en 1926-1929 au cri de Viva el demonio !, « vive le démon ! »
« Être véritablement hommes comprend également la liberté de dire non, de descendre au fond des ténèbres du péché et de vouloir agir tout seuls ; ce n'est qu'alors que l'on peut exploiter totalement toute l'ampleur et la profondeur du fait d'être des hommes, d'être véritablement nous-mêmes ; nous devons mettre cette liberté à l'épreuve, également contre Dieu, pour devenir en réalité pleinement nous-mêmes » (Benoît XVI, Homélie, 8 décembre 2005). « C’est pour rompre cette fatalité que le Verbe s’est fait chair, que le Fils prend la condition d’esclave. Ce n’est pas pour substituer une bonne tyrannie à une mauvaise. C’est pour supprimer la tyrannie » (Louis Bouyer, « Christianisme et eschatologie », La Vie intellectuelle 16 (1948), p. 30).
Cette liberté qui conduit à Dieu permettra de vivre dans la contemplation éternelle, de l’adorer à tout jamais. Or, l’adoration est l’acte premier de la vertu de religion (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 2096). Elle est donc nécessaire dans la vie quotidienne, en tant qu’acte libérateur qui ouvre à la vie de Dieu : « Avant toute activité et toute transformation du monde, il doit y avoir l'adoration. Elle seule nous rend véritablement libres ; elle seule nous donne les critères pour notre action. Précisément dans un monde où les critères d'orientation viennent progressivement à manquer et où existe la menace que chacun fasse de soi-même son propre critère, il est fondamental de souligner l'adoration » (Benoît XVI, Homélie à la Curie romaine, 22 décembre 2005).

mardi 31 juillet 2007

Nous ne sommes jamais seuls

Nous ne sommes jamais seuls

Que de gens se plaignent de la solitude ! Les uns parce qu'ils sont malades ou âgés, d'autres parce qu'ils sont veufs, qu'ils ont perdu leur conjoint ou n'ont pas réussi à se marier. D'autres encore, parce qu'ils n'ont guère d'amis. Je suis seul et je m'ennuie. La vie est triste et lourde à porter...
On comprend ce genre de raisonnement. Mais il me semble incompatible (lire la suite) avec la condition de baptisé qui a la conviction, la certitude d'être enfant de Dieu. Celui qui s'efforce de vivre chrétiennement ne peut pas être seul, n'est de fait jamais seul. "Un conseil que je vous ai rabâché à dessein : Soyez joyeux, toujours joyeux ! — La tristesse pour ceux qui ne se considèrent pas comme des enfants de Dieu" (saint Josémaria, Sillon, n° 54).
En outre, il suffit de réfléchir un tout petit peu. Celui dont l'âme est en état de grâce trouve Dieu présent au plus profond de lui-même. Dieu, ce qui veut dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il n'est plus seul, mais ils sont quatre ! Et là où est Jésus-Christ, là se trouve aussi sa Mère, Sainte Marie. Et de cinq ! "Ne me séparez jamais Joseph de Marie", s'exclamait saint Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, qui a même voulu le vivre en les regroupant dans un prénom forgé tout exprès. Nous en sommes à six. Ajoutons, pour faire bonne mesure, l'ange gardien propre à chacun, et nous arrivons à sept.
Donc, partout où nous vivons, nous ne sommes pas seuls, mais nous nous déplaçons à sept et, en dehors de nous, avec six personnages qui sont impressionnants. Il suffit de penser à cela pour se sentir réconforté et capable d'affronter les situations les plus complexes de la vie.
L'on comprend aussi que la vie chrétienne soit éminemment positive et joyeuse.

lundi 30 juillet 2007

D'autres idées sur la "mortification"


D'autres idées sur la "mortification"

Plus qu’en de grandes privations, le véritable esprit de mortification se situe dans les petites choses de la vie ordinaire. C’est ce que, obéissant à une inspiration de l’Esprit Saint, sainte Catherine de Sienne recommande, elle qui s’était imposée à elle-même des mortifications très sévères : « Les saintes et douces œuvres que je demande à mes serviteurs sont les vertus intérieures et éprouvées de l’âme, et non pas seulement celles qui ont pour instrument le corps et pour effets des actes extérieurs, des pénitences de différentes sortes. (lire la suite) Ce sont là les instruments de la vertu, mais non la vertu. Si même ces actes ne sont pas accompagnés des vertus intérieures citées plus haut, ils me sont peu agréables. Quelquesfois même, si l’âme ne fait pas discrètement pénitence, c’est-à-dire si elle met surtout son affection dans la pénitence qu’elle entreprend, elle pose à un obstacle à sa perfection. Elle doit s’attacher surtout à mon Amour, à une sainte haine d’elle-même, à une vraie humilité, à une parfaite patience et aux autres vertus intérieures de l’âme, jointes à la faim et au désir de mon honneur et du salut des âmes. Voilà les œuvres qui montrent une volonté morte à la sensualité qu’elle tue continuellement par amour de la vertu. C’est avec cette discrétion que l’âme doit faire pénitence, c’est-à-dire qu’elle doit aimer surtout la vertu plus que la pénitence et se servir de la pénitence comme d’un instrument pour augmenter la vertu, selon qu’il en est besoin, et qu’elle croit pouvoir le faire dans la mesure de ses forces » (Dialogue, chap. 9, début du Traité de la Discrétion).
La mortification est et restera toujours actuelle, car elle est la prière du corps. Il est logique que celui-ci participe à notre effort de sanctification, car nous sommes à la fois corps et âme. Et si la recherche de la sanctification ne portait que sur l’âme, le corps se dresserait vite en obstacle, nous serions tel un pantin désarticulé.
« Combien voit-on de gens qui font en sorte que leurs chiens ne mangent pas plus qu’il ne faut, afin que leur appétit non satisfait les rende plus légers et plus ardents à la chasse, tandis qu’ils ne s’imposent à eux aucune règle contre les excès du plaisir ; ils semblent ainsi apprendre la sagesse aux animaux dont ils empruntent la brutalité » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur les Actes des apôtres 34, 5).

dimanche 29 juillet 2007

Jesus au Temple


Jésus au Temple

Arrivé à l’âge de douze ans, Jésus fait sa Bar Mitsva, et entre de plain pied dans sa majorité : il est désormais adulte. Il effectue son premier pèlerinage à Jérusalem pour la Pâque, en compagnie de ses parents. Il pose aussitôt un acte qui montre l’autonomie qu’il vient d’acquérir.
Les pèlerins s’en retournaient en caravanes séparées, une d’hommes et une de femmes. Ce n’est qu’à l’étape du soir que Joseph et Marie se retrouvent et constatent (lire la suite) alors que l’Enfant a disparu. Repartant à la Ville Sainte, ils doivent attendre jusqu’au surlendemain pour retrouver enfin Jésus « dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant » (Luc 2, 46).
Ce que je veux relever ici, plus que le côté dramatique de l’événement, c’est la leçon que Jésus nous donne : il est dans le Temple, ce Temple qui, comme il le dira plus tard, est la « maison de mon Père » (Jean 2, 16), une « maison de prière » (Luc 19, 46).
Il n’est pas de meilleur endroit pour prier que la chapelle du saint-sacrement de nos églises, là où se trouve le tabernacle avec la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Il est bon d’y aller « pour remercier le Seigneur — Il est si seul ! — de cette attente de vingt siècles » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n°119). Si nous allons l’y chercher, nous le trouverons et nous apprendrons de lui qu’il nous convient, à nous aussi, d’être « aux affaires de mon Père » (Luc 2, 49), c’est-à-dire de nous occuper à aimer Dieu et à accomplir sa volonté qui est que nous soyons saints et heureux et que nous rendions les autres pareillement saints et heureux.)

samedi 28 juillet 2007

La mortification (1)


La mortification (1)

Bien des personnes s’imposent des privations pour des motifs humains : être en bonne forme, conserver la ligne, remporter des objectifs sportifs. Cela suppose un régime alimentaire et un style de vie exigeants, et entraîne parfois des opérations chirurgicales… « Tout athlète se prive de tout ; mais eux, c’est pour obtenir une couronne périssable, nous une impérissable. Moi […], je meurtris mon corps au contraire et le traîne en esclavage, de peur qu’après avoir servi de héraut pour les autres, je ne me sois moi-même disqualifié » (1 Corinthiens 9, 25-27).
Plus couramment, nous sommes tous amenés à nous priver spontanément par amour de notre prochain : (lire la suite) du conjoint, des enfants, des amis, des personnes dans le besoin… Cela semble naturel et c’est naturel, en effet.
Comment se fait-il alors que la privation pour des motifs surnaturels, la mortification, ait si mauvaise presse ? Se priver de quelque chose de bon par amour de Dieu, pour le progrès spirituel et pour venir en aide au prochain paraît moyenâgeux, comme si, en outre, ce qualificatif était forcément négatif. C’est oublier, par exemple, que régulièrement, en carême et pendant l’avent, entre autres, l’Église invite ses fidèles à pratiquer le jeûne et l’aumône.
On oublie facilement que Jésus a racheté le monde du péché par les souffrances de sa Passion et de sa Croix, non sans avoir mené d’abord une vie empreinte de simplicité et de pauvreté : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des abris, mais le Fils de l’homme n’a pas où appuyer sa tête » (Luc 9, 58). Saint Pierre dit clairement que Jésus « a souffert pour nous, nous laissant un modèle afin que nous suivions ses traces » (1 Pierre 2, 21).
Il faut distinguer la mortification du masochisme. Il ne s’agit pas de rechercher la douleur pour la douleur. Les excès qui ont pu avoir lieu à certaines époques, comme avec les Flagellants, ont été condamnés par l’Église.

(à suivre...)

vendredi 27 juillet 2007

Le succes scandaleux des mechants


Le succès scandaleux des méchants

J’ai déjà posé la question : « Une réussite scandaleuse ? » à propos de ceux qui font le mal et réussissent pourtant leur vie, sont comblés d’honneurs, obtiennent de nombreux succès, sont aimés de leurs semblables, etc. Je reviens aujourd’hui sur le sujet, qui ne manque pas, en effet, de susciter de légitimes interrogations. Le prophète Jérémie cherchait à obtenir de Dieu une réponse, à ce qu’il appelle « une question de droit » : « Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? » (12, 1). Job s’était déjà interrogé dans le même sens, du fond de la misère et de la souffrance dans lesquelles il était tombé : « Pourquoi les méchants vivent-ils et vieillissent-ils, grandissant même en force ? (lire la suite)
Leur postérité s’affermit autour d’eux, leurs rejetons poussent sous leurs yeux. Leurs maisons sont en paix, sans crainte ; le bâton de Dieu les épargne. […] Ils lâchent leurs enfants comme un troupeau, leurs nouveaux-nés bondissent. Ils chantent au son du tambourin et de la cithare, ils se divertissent au son du chalumeau. Ils achèvent leurs jours dans le bonheur. Pourtant ils disaient à Dieu : « Retire-toi de nous ; il ne nous plaît pas de connaître tes voies. Qu’est-ce que le Tout-Puissant pour que nous le servions ? » (Job 21, 7-9.11-15).
Ce succès des méchants est un problème pour le juste. « Mes pieds ont été sur le point de fléchir, mes pas ont presque glissé, car je portais envie aux impies, en constatant la prospérité des méchants. […] C’est donc en vain que j’aurais gardé mon cœur pur, que j’aurais lavé mes mains dans l’innocence ? […] J’ai donc réfléchi pour comprendre ces choses, mais la difficulté m’a semblé grande, jusqu’à ce que j’aie pénétré dans les sanctuaires divins, et que j’aie pris garde à leur sort final. […] Lorsque mon cœur s’aigrissait, et que je sentais dans mes reins une douleur aiguë, j’étais stupide et sans intelligence : j’étais comme une bête devant toi. Pourtant je suis constamment avec toi : tu m’as saisi la main droite, par tes conseils tu me conduiras, et finalement tu me prendras pour la gloire » (Ps 73 (72), 2-3.13.16-17.21-24).
Dieu promet qu’au jour où il agira, ceux qui le craignent, c’est-à-dire ceux qui le servent dans la justice et la sainteté (cf. Luc 1, 75), qui s’efforcent d’agir en suivant la voix de leur conscience, « seront pour moi un bien particulier, et je serai pour eux plein d’indulgence, comme un homme plein d’indulgence pour son fils qui le sert. Et, vous convertissant, vous verrez la différence entre le juste et l’impie, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas » (Malachie 13, 17-18).
Et c’est bien cela qui compte en définitive : d’être dans une sainteté irréprochable devant notre Dieu et Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus dans la compagnie de tous les saints » (1 Thessaloniciens 3, 13). Car ensuite la vie avec Dieu sera éternelle. « À quoi servent à l’homme tout ce qui peuple la terre, toutes les ambitions de l’intelligence et de la volonté ? À quoi bon tout cela, si tout sombre, si toutes les richesses de ce monde terrestre ne sont que décors de théâtre ; si c’est ensuite l’éternité pour toujours, pour toujours, pour toujours ?
Cet adverbe, « toujours », a fait la grandeur de Thérèse d’Avila. Tout enfant, elle franchit un jour les murailles de la ville, par la porte de l’Adaja, en compagnie de son frère Rodrigue, pour aller au pays des Maures, dans l’espoir d’y être décapités pour le Christ ; et elle murmurait à l’oreille de son frère, qui se fatiguait sur le chemin : pour toujours, pour toujours, pour toujours ! (cf. Vie, I, 6) » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 200).

jeudi 26 juillet 2007

26 juillet : saint Joachim et sainte Anne


26 juillet : saint Joachim et sainte Anne


Nous fêtons aujourd’hui saint Joachim et sainte Anne qui,selon la tradition, sont les parents de la Vierge Marie et donc les grands-parents maternels de notre Seigneur Jésus. « C’est de la souche de Jessé que procède le roi David, et c’est de la tribu de David qu’est née la très Sainte Vierge, sainte et fille de saints. Ses parents étaient Joachim et Anne, qui (lire la suite) ont plu à Dieu durant leur vie et ont engendré un fruit saint, la Vierge Marie, temple de Dieu et sa Mère en même temps […]. Joachim signifie « préparation du Seigneur » et c’est en effet par lui qu’a été « préparé » le temple du Seigneur, la Vierge. D’une manière analogue, Anne signifie « grâce ». Et c’est que Joachim et Anne ont reçu la grâce pour faire germer par la prière un bourgeon si précieux » (Pseudo-Épiphane, Homilia in laudes Sanctæ Mariæ Deiparæ).
D’où la vénération dont le peuple chrétien a entouré ces deux saints depuis les premiers temps. Ils sont, d’une certaine façon, nos propres ancêtres puisque, par eux, nous avons reçu Marie et notre Sauveur.
« Bienheureux Joachim et Anne ! chante la liturgie en reprenant un Père de l’Église. Toutes les créature sont envers vous une dette de gratitude, parce que vous avez offert au Créateur le don le plus important dessous : une Mère très chaste, l’unique créature digne de porter le Créateur » (Saint Jean Damascène, Homilia in Nativitatem Beatæ Mariæ Viginis 2, reprise dans l’office des lectures du jour).

mercredi 25 juillet 2007

25 juillet : Saint Jacques le Majeur


25 juillet : Saint Jacques le Majeur

Cette maturation de la foi fut menée à bien par l'Esprit Saint lors de la Pentecôte, si bien que Jacques, lorsque vint le moment du témoignage suprême, ne recula pas. Au début des années 40 du I siècle, le roi Hérode Agrippa, neveu d'Hérode le Grand, comme nous l'apprend Luc, "se mit à maltraiter certains membres de l'Eglise. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter" (Ac 12, 1-2). La concision de la nouvelle, privée de tout détail narratif, révèle, d'une part, combien il était normal pour les chrétiens de témoigner du Seigneur par leur propre vie (lire la suite) et, de l'autre, à quel point Jacques possédait une position importante dans l'Eglise de Jérusalem, également en raison du rôle joué au cours de l'existence terrestre de Jésus. Une tradition successive, remontant au moins à Isidore de Séville, raconte un séjour qu'il aurait fait en Espagne, pour évangéliser cette importante région de l'empire romain. Selon une autre tradition, ce serait en revanche son corps qui aurait été transporté en Espagne, dans la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle. Comme nous le savons tous, ce lieu devint l'objet d'une grande vénération et il est encore actuellement le but de nombreux pèlerinages, non seulement en Europe, mais du monde entier. C'est ainsi que s'explique la représentation iconographique de saint Jacques tenant à la main le bâton de pèlerin et le rouleau de l'Évangile, caractéristiques de l'apôtre itinérant et consacré à l'annonce de la "bonne nouvelle", caractéristiques du pèlerinage de la vie chrétienne.
Nous pouvons donc apprendre beaucoup de choses de saint Jacques : la promptitude à accueillir l'appel du Seigneur, même lorsqu'il nous demande de laisser la "barque" de nos certitudes humaines, l'enthousiasme à le suivre sur les routes qu'Il nous indique au-delà de toute présomption illusoire qui est la nôtre, la disponibilité à témoigner de lui avec courage, si nécessaire jusqu'au sacrifice suprême de la vie. Ainsi, Jacques le Majeur se présente à nous comme un exemple éloquent de généreuse adhésion au Christ. Lui, qui avait demandé au début, par l'intermédiaire de sa mère, à s'asseoir avec son frère à côté du Maître dans son Royaume, fut précisément le premier à boire le calice de la passion, à partager le martyre avec les apôtres.
Et à la fin, en résumant tout, nous pouvons dire que le chemin non seulement extérieur, mais surtout intérieur, du mont de la Transfiguration au mont de l'agonie, symbolise tout le pèlerinage de la vie chrétienne, entre les persécutions du monde et les consolations de Dieu, comme le dit le Concile Vatican II. En suivant Jésus comme saint Jacques, nous savons que, même dans les difficultés, nous marchons sur la bonne voie.

(Benoît XVI, Audience générale, 21 juin 2006)

mardi 24 juillet 2007

Saint Jacques le Majeur


Saint Jacques le Majeur

Nous continuons avec le pape Benoît XVI la série de portraits des apôtres de Jésus. "Aujourd'hui, nous rencontrons la figure de Jacques. Les listes bibliques des Douze mentionnent deux personnes portant ce nom : Jacques fils de Zébédée et Jacques fils d'Alphée (cf. Mc 3, 17.18 ; Mt 10, 2-3), que l'on distingue communément par les appellations de Jacques le Majeur et Jacques le Mineur. Ces désignations (lire la suite) n'entendent bien sûr pas mesurer leur sainteté, mais seulement prendre acte de l'importance différente qu'ils reçoivent dans les écrits du Nouveau Testament et, en particulier, dans le cadre de la vie terrestre de Jésus. Aujourd'hui, nous consacrons notre attention au premier de ces deux personnages homonymes.
Le nom de Jacques est la traduction de Iákobos, forme grécisée du nom du célèbre Patriarche Jacob. L'apôtre ainsi appelé est le frère de Jean et, dans les listes susmentionnées, il occupe la deuxième place immédiatement après Pierre, comme dans Marc (3, 17), ou la troisième place après Pierre et André dans les Évangiles de Matthieu (10, 2) et de Luc (6, 14), alors que dans les Actes, il vient après Pierre et Jean (1, 13). Ce Jacques appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.
Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre: dans un cas, Jacques avec les deux apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Élie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus ; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s'humilie, en obéissant jusqu'à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première: il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n'était en réalité pas seulement entouré d'honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances."

(à suivre...)

lundi 23 juillet 2007

Le chretien, lumiere du Christ pour les autres

Le chrétien, lumière du Christ pour les autres

"Puisque, par sa Parole, (Dieu) a pu faire resplendir la lumière des ténèbres (cf. Genèse 1, 3), Il peut aussi donner la lumière de la foi à ceux qui l'ignorent (cf. 2 Corinthiens 4, 6)" (Catéchisme de l'Église catholique, n° 298). Les chrétiens sont donc appelés à être la lumière du monde, par l'"accord de leur vie avec la foi" (Concile Vatican II, décret Apostolicam actuositatem sur l'apostolat des laïcs, n° 13), grâce auquel ils deviennent capables "d'éveiller en chaque homme l'amour du vrai et du bien, et de l'inciter à aller un jour au Christ et à l'Église" (Ibid.).
C'est pour eux un devoir, le devoir de l'évangélisation, (lire la suite) de l'apostolat. Il est rendu possible aussi du fait que "lumière signifie surtout connaissance, vérité en opposition à l’obscurité du mensonge et de l’ignorance" (Benoît XVI, Homélie de la messe de minuit, 24 décembre 2005). Car, si Jésus-Christ est Lumière, il est aussi "la Voie, la Vérité et la Vie" (Jean 14, 6). Jésus est présent parmi les siens. Il l'était avec le Peuple de l'Alliance, par la colonne de feu, de lumière et la colonne de nuée qui le précédaient respectivement la nuit et le jour (cf. Nombres 14, 14). Il l'est depuis deux mille ans dans les sacrements et notamment l'auguste sacrement de l'Eucharistie. "Dans le sacrement de l'autel, le Seigneur vient à la rencontre de l'homme, créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 27), se faisant son compagnon de route" (Benoît XVI, exhortation apostolique Le Sacrement de la charité, n° 2).
Le baptisé accomplit cette mission dans l'Église. Comme le dernier concile œcuménique l'a déclaré, "le Christ est la lumière des peuples : réuni dans l'Esprit Saint, le saint concile souhaite donc ardemment, en annonçant à toutes créatures la bonne nouvelle de l'Évangile, répandre sur tous les hommes la clarté du Christ qui resplendit sur le visage de l'Église" (Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium sur l'Église, n° 1). Mais il convient de regarder le Christ. "Les hommes de notre époque, parfois inconsciemment, demandent aux croyants d'aujourd'hui non seulement de « parler » du Christ, mais en un sens de le leur faire « voir ». L'Église n'a-t-elle pas reçu la mission de faire briller la lumière du Christ à chaque époque de l'histoire, d'en faire resplendir le visage également aux générations du nouveau millénaire" (Jean-Paul II, exhortation apostolique Tertio millennio ineunte, n° 16). " La lumière de Bethléem ne s’est plus jamais éteinte. Tout au long des siècles, elle a touché des hommes et des femmes, «elle les a enveloppés de lumière». Là où a surgi la foi en cet Enfant, là aussi a jailli la charité – la bonté envers les autres, l’attention empressée pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la grâce du pardon. À partir de Bethléem, un sillage de lumière, d’amour, de vérité, envahit les siècles. Si nous regardons les saints – de Paul et Augustin, jusqu’à saint François et saint Dominique, de François-Xavier et Thérèse d’Avila à Mère Teresa de Calcutta – nous voyons ce courant de bonté, ce chemin de lumière qui, toujours de nouveau, s’enflamme au mystère de Bethléem, à ce Dieu qui s’est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant" (Benoît XVI, Homélie de la messe de minuit, 24 décembre 2005). Comme saint Paul l'explique au roi
Agrippa devant qui il comparaît : les prophètes et Moïse ont prédit "que le Christ aurait à souffrir et que, ressuscité d'entre les morts, il annoncerait la lumière au peuple d'Israël et aux païens" (Acte des apôtres 26, 23). Dans ce contexte, les guérisons d'aveugles par Jésus prennent toute leur signification.
Les chrétiens ont choisi à leur tour de "vivre en fils de lumière" (1 Thessaloniciens 5, 5) pour "avoir part à l'héritage des saints dans la lumière" (Colossiens 1, 12) et vivre ainsi en communion avec Dieu, qui "est Lumière et il n'y a pas de ténèbres en Lui" (1 Jean 1, 5). Il se situe ainsi dans la perspective eschatologique, dans le contexte de la fin des temps, quand s'accomplira définitivement la prophétie d'Isaïe (9, 1) rappelée plus haut.

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