La femme adultère (3)
La femme adultère (3)

Ils sont ravis d’avoir déniché une femme surprise en plein délit d’adultère. Cela leur semble un cadeau du ciel. Et si jamais Jésus les confirmait dans leur résolution de lapider cette femme ? Qui sait ? Il est si souvent imprévisible… (lire la suite)
A en juger par leur attitude empressée et triomphante, ils ne s’attendent qu’à une seule réponse du Nazaréen : il faut pardonner à cette femme. Pardonner ! C’est un mot qu’ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas ce qu’il veut dire. Pour eux, c’est « œil pour œil, dent pour dent » (Matthieu 5, 38). Tout le reste n’est que faiblesse et, pire que cela, infraction à la Loi. « Pour toi, quel est ton avis ? » (Jean 8, 5), qu’en dis-tu ?
« Mais
Jésus, s'étant baissé, écrivait sur la terre avec le doigt » (Jean 8, 6). Jésus se tait. Il écrit par terre. Il ne nous est pas dit qu’il dessine, mais qu’il écrit. Quoi donc ? Des versets de l’Ecriture ? Nous n’en savons rien. Il reste silencieux, comme lorsque les faux témoins formuleront toutes sortes d’accusations contre lui chez le grand prêtre (cf. Matthieu26, 63), tout comme lorsque les grands prêtres et les Anciens le dénonceront auprès de Pilate (cf. Matthieu 27, 12). Jésus répond à l’hystérie furieuse par le calme absolu et une totale maîtrise de soi. Il laisse les autres s’époumoner sans broncher, tant qu’il estime qu’il n’est pas utile d’intervenir.
Mais « comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre » (Jean 8, 7). « Tu supprimeras le mal de chez toi », est-il constamment répété au long du livre du Deutéronome (par ex. 17, 7), ce qui peut être interprété comme une invitation à la purification intérieure personnelle. En une phrase lapidaire, Jésus a résolu magistralement le problème et renvoyé chacun à ses responsabilités.
Qui parmi ceux qui assistent à la scène et réclament, ouvertement ou secrètement, la lapidation de cette femme peut se targuer d’être sans péché ? Même le pharisien qui s’auto-encensait de ses prières, de ses jeûnes et de ses aumônes (cf. Luc 18, 11-12) devait s’avouer pécheur.
(à suivre…)
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