samedi 30 novembre 2013
vendredi 29 novembre 2013
Connaître en écoutant (3)
Connaître en écoutant (3)
Mais le Seigneur ne s’était pas privé de la rappeler de temps à autre, question de nous faire comprendre qu’à ses yeux nous restions vraiment ses enfants. Des enfants terribles, certes, mais ses enfants tout de même. Dieu reste notre Père, quoi qu’il arrive, quels que soient nos égarements. Et chaque fois que nous revenons à lui, le cœur contrit et rempli d’humilité (cf. Psaume 50, 19), il nous le prouve. C’est l’enseignement que nous tirons de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32). « Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour » (Jean-Paul II, lette encyclique Dives in misericordia, 30 novembre 1980, n°8).
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Catégories : christianisme, filiation divine, jean paul ii, miséricorde, paternité, religion, spiritualité
jeudi 28 novembre 2013
Connaître en écoutant (2)
Connaître en écoutant (2)
Mais pour ceux qui sont appelés à la contemplation au beau milieu de ces activités et à l’occasion de celles-ci, en s’occupant au fourneau comme Marthe, l’unique nécessaire consiste à écouter le Christ, qui ne cesse de s’adresser à nous à tout moment par son haut-parleur qu’est en quelque sorte l’Esprit Saint. « C’est l’Intercesseur, l’Esprit Saint que mon Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous remettra en mémoire tout ce que moi je vous ai dit » (Jean 14, 23).
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Catégories : christianisme, contemplation, Emmaüs, Évangile, parole de Dieu, péché originel, religion, saint josemaria, Saint-Esprit, spiritualité
mercredi 27 novembre 2013
Connaître en écoutant (1)
Connaître en écoutant (1)
(« Il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus » (1 Timothée 2, 5). C’est lui que nous devons écouter et apprendre à connaître, pour entrer en dialogue avec Dieu le Père. Marie, sœur de Lazare, nous montre quelle est la bonne attitude à adopter : elle « s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 39), quand il était arrivé à Béthanie et était descendu, selon son habitude, chez Lazare et ses deux sœurs, qui étaient pour lui de bons amis de longe date.
Alors que Marthe s’active aux tâches de la maison pour (lire la suite) recevoir son hôte illustre au mieux de ses possibilités, Marie reste immobile, impassible, à boire les paroles du Maître. Comme Marthe s’impatiente et apostrophe Jésus : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse faire le service toute seule ? » (Luc 10, 40), Jésus lui apporte une réponse qui a pris un caractère d’orientation pour toute vie chrétienne digne de ce nom, en tout temps et en tous lieux, qui a valeur de principe directeur de notre conduite : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses – bonnes sans nul doute, et accomplies avec la meilleure bonne volonté du monde, mais sans intention vraiment droite, il te faut le reconnaître -, alors qu’il n’est besoin que d’une seule. C’est Marie qui a choisi la bonne part » (Luc 10, 41-42). Et notre Seigneur d’ajouter une précision importante : « Elle ne lui sera pas enlevée » (Luc 10, 42).
Puissions-nous comprendre que cet unique nécessaire est la sainteté, la recherche de la sainteté, qui se trouve dans la compagnie de Dieu et nulle part ailleurs. « Remercie le Seigneur du bien énorme qu’il t’a octroyé en te faisant comprendre qu’“une seule chose est nécessaire”. — Et que ta gratitude soit accompagnée de ta prière journalière, insistante pour ceux qui ne le connaissent pas encore ou qui ne l’ont pas compris » (saint Josémaria, Sillon, n° 454). C’est ce que je me propose de faire ici.
La seule chose nécessaire, et donc ce qui compte avant tout dans notre vie, et se présente à nous comme la fin ultime de notre vie, ce qui prime sur tout le reste. De quoi s’agit-il ? De rester des heures entières devant le tabernacle d’où le Seigneur continue de nous parler ? Certes pas, à moins d’avoir une vocation qui retire du monde et voue exclusivement à la contemplation à l’écart des activités séculières.
(à suivre…)
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mercredi 20 novembre 2013
Aimer plus que saint Jean (5)
Aimer plus que saint Jean (5)
Le point de départ consiste à fermer les yeux de la chair, pour contempler la vie du Christ. c’est de ne pas regarder les événements de l’extérieur, de ne pas assister à un simple spectacle, mais de les contempler de l’intérieur, d’en devenir un acteur. Bien des gens, lorsqu’ils assistent à la projection d’un film, s’identifient à l’un ou l’autre personnage, ou se prennent tellement au jeu qu’ils en deviennent très réactifs. Je me souviens d’une pièce de théâtre, Le Procès à Jésus, dont le metteur en en scène avait prévu de placer des acteurs parmi le public, suscitant de la sorte des réactions de spectateurs. C’est bien de cela dont il s’agit. Le point de départ consiste donc à vivre ce que nous voyons. (lire la suite)
« En ouvrant le Saint Evangile, songe que ce qui y est rapporté — les œuvres et les paroles du Christ —, tu ne dois pas seulement le savoir, mais le vivre. Tout, chacun des points relatés a été recueilli dans le moindre détail, pour que tu l'incarnes dans les circonstances concrètes de ton existence. — Le Seigneur nous a appelés, nous autres catholiques, pour que nous Le suivions de près et, dans ce Texte Saint, tu découvriras la Vie de Jésus. Mais en outre tu dois y découvrir ta propre vie. Toi aussi, tu apprendras à demander, plein d'Amour comme l'Apôtre : "Seigneur, que veux-tu que je fasse :..." — La volonté de Dieu ! c'est ce que tu entends de façon très nette au fond de ton âme. Eh bien ! prends l'Évangile tous les jours, et lis-le, vis-le comme une norme à suivre. — C'est ainsi qu'ont procédé les saints » (Forge, n° 754). Une volonté qu’il n’est pas si ardu d’accomplir, car, comme saint Augustin le fait remarquer, « rien ne coûte quand on aime, rien n’est difficile au cœur épris » (Lettre IX, à Eustochium, sur la virginité).
Demandons à saint Josémaria – et à don Álvaro qui a su, grâce à Dieu, être tellement identifié à notre Père et à l’esprit qu’il avait reçu de Dieu – demandons-leur de nous apprendre à rechercher l’amour de Dieu, à désirer intensément nous éprendre à fond de lui, sans solution de continuité, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où que nous soyons, quoi que nous fassions, et à manifester aussi cet amour dans les petites choses de la journée, dans notre travail, sur nos trajets quotidiens, à la maison, que nous nous trouvions en forme ou que nous soyons fatigués, en tout et à tout bout de champ. Aimer, aimer encore et seulement aimer.
(fin)
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lundi 18 novembre 2013
Aimer plus que saint Jean (4)
Aimer plus que saint Jean (4)
Voilà où il nous faut parvenir. Autrement, cela ne va pas. Le commandement de l’amour que nous avons reçu de Dieu, et que notre Seigneur relaye en le qualifiant de « commandement nouveau » (Jean 13, 34), demande qu’il domine tout, que nous aimions notre Dieu sans réserve aucune. Ceci explique et motive la prière enflammée et confiante de saint Josémaria qui s’exclamait : « Je veux t’aimer comme celui qui t’aime le plus. » « Répare, avec joie ; et cherche à l’aimer également, uni au battement de tous les cœurs qui ne l’aiment pas encore » (Chemin de Croix, 5e station, point n° 5). Et d’ajouter : « Je veux croire comme celui qui croit le plus ; je veux espérer comme celui qui espère le plus » (méditation, 27 mars 1975, cité dans S. Bernal, Mgr Escriva de Balaguer, Portrait du fondateur de l’Opus Dei, Paris, Le Laurier, 1978, p. 398). Ayons cette sainte ambition. Saint Jean Chrysostome nous montre aussi (lire la suite) qu’« ayant reçu le commandement d’aimer Dieu, nous avons en nous, depuis notre origine, une force qui nous rend capables d’aimer » (Regulæ fusius tractatæ, resp. 2, 1), et d’aimer comme Dieu veut être aimé. Et que rien n’est plus désirable, et plus raisonnable, que d’aimer Dieu, à qui nous devons tout : « C’est de lui, en effet, que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). L’âme, « encore qu’elle ne sente pas ces charmes dont Dieu récompense l’habitude dans la piété, elle comprend néanmoins que les créatures ne peuvent être plus aimables que le Créateur, et sa raison aidée par la lumière de la grâce lui fait connaître qu’il n’y a rien de plus aimable que Dieu et qu’il ne peut être ôté qu’à ceux qui le rejettent, puisque c’est le posséder que le désirer, et que le refuser c’est le perdre » (Pascal, Sur la conversion du pécheur).
Semblable prière ne peut qu’enflammer notre cœur en désirs de sainteté. Si l’amour se paye avec de l’amour, le fait d’arriver à aimer Jésus plus que Jean, grâce à l’intercession maternelle de Marie, qui comprend bien les aspirations surnaturelles que l’Esprit Saint fait naître en nous, ce fait d’aimer ainsi Jésus, d’être au contact direct de la Parole de Dieu, du verbe fait chair, fait vibrer tout notre être : « N’avions-nous pas le cœur tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, nous expliquant les Écritures ? » (Luc 24, 32).
(à suivre…)
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samedi 16 novembre 2013
Aimer plus que saint Jean (3)
Aimer plus que saint Jean (3)
C’est donc bien là, dans la sainte messe et dans l’Eucharistie qu’un vaste espace nous est ouvert pour aimer notre Seigneur et pour l’aimer comme il entend que nous le fassions et comme il l’attend de chacun de nous, selon ce qu’il nous a fait savoir : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Luc 12, 30). Saint Bernard nous aide à comprendre que « la raison pour laquelle on aime Dieu, c’est Dieu lui-même ; et la mesure de cet amour, c’est de l’aimer sans mesure » (Traité de l’amour de Dieu, chap. 1). À nous de nous insérer dans cet espace, de nous y établir à jamais. Tout en sachant que l’initiative vient toujours de Dieu : « Celui qui retient mes commandements et les met en pratique, voilà celui qui m’aime ; et celui qui l’aime sera aimé de mon Père, et moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. […] Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 21.23). cet empressement du Seigneur et du Père à venir chez nous, avec leur Esprit d’Amour, est impressionnant et fort émouvant, poignant même quand l’on sait ce qu’il en a coûté au Christ notre Seigneur. (lire la suite)
Or, « l’amour humain est un amour jaloux à cause de l’étroitesse du cœur humain et à cause de la petitesse de l’homme. Mais l’amour peut également être jaloux à cause de la grandeur du Créateur et du Père : jaloux parce qu’il a tant aimé le monde… et, dans ce monde, tant aimé l’homme qu’il en a proprement fait son image et sa ressemblance. C’est l’amour jaloux de l’image et de la ressemblance de Dieu, perdues et effacées dans l’homme par le péché. Dans ce cas « amour jaloux » signifie être prêt à tout pour reconquérir et reconstruire le bien ruiné, la beauté spirituelle détruite de l’image et de la ressemblance de Dieu. Dieu a tant aimé ! (Jean-Paul II, Homélie du mercredi des Cendres à Sainte-Sabine, 25 février 1982). Car l’amour auquel nous sommes invités n’a rien de platonique. À nous de trouver comment aimer notre Seigneur comme Jean, plus encore que Jean… À l’aimer « en action et en vérité » (1 Jean 3, 18).
Accepter les commandements de Dieu se résume précisément à aimer : « Je vous donne un commandement nouveau : Que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Cependant « l’amour de Dieu n’est pas quelque chose qui peut être enseigné, mais dès que cet être vivant que nous appelons homme commence à exister, une force spirituelle est mise en lui, comme une semence, qui renferme la faculté et la tendance à l’amour » (saint Jean Chrysostome, Regulæ fusius tractatæ, resp. 2, 1).
(à suivre…)
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Catégories : christianisme, dix commandements, messe, monde, religion, saint Bernard, saint jean, saint Jean Chrysostome, spiritualité
jeudi 14 novembre 2013
Aimer plus que saint Jean (2)
Aimer plus que saint Jean (2)
En restant avec elle, auprès d’elle, nous prenons place avec les apôtres et les saintes femmes auprès de Jésus. Et, en voyant en nous son petit enfant nécessiteux d’aide et d’affection, Marie nous fait passer avant les autres et nous installe dans les bras de son Fils. Ou bien, c’est une image, et plus qu’une image, qu’utilisait saint Josémaria, elle prend Jésus dans un de ses bras et nous dans l’autre. Et c’est, si je puis dire, précisément un jeu d’enfant pour elle de rapprocher l’un et l’autre de ses enfants.
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Catégories : apôtres et évangélistes, christianisme, religion, saint jean, saint josemaria, spiritualité, Vierge Marie
mardi 12 novembre 2013
Aimer plus que saint Jean (1)
Aimer plus que saint Jean (1)
« J’aimerais que, fermant les yeux de la chair, vous contempliez la vie du Christ, comme dans un film, que vous soyez des acteurs de sa vie, en vous tenant avec les apôtres et les saintes femmes, plus près de Jésus que saint Jean. Sinon, cela ne va pas » (
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Catégories : christianisme, piété, religion, saint jean, saint josemaria, spiritualité, Vierge Marie
dimanche 10 novembre 2013
Tous égaux (2)
Tous égaux (2)
Ces considérations, peut-être banales, viennent renforcer une idée typiquement chrétienne, bien mise en valeur par le concile Vatican II, à savoir l’égalité fondamentale ou radicale qui règne entre tous les hommes du fait de leur condition d’enfants de Dieu, d’êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26).
Saint Paul déjà affirmait qu’« il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). Mais il ne s’agit pas seulement de gommer les différences de race ou de culture, mais plus profondément d’affirmer que ce qui nous distingue les uns des autres, tout en ayant des implications sérieuses et durables (lire la suite) sur le cours de l’histoire de l’humanité, ne sont en définitive que bien peu de chose au regard de ce qui nous rassemble. Bien évidemment, la société des hommes a besoin de chefs qui la guide et de meneurs qui lui servent de points de ralliement. Mais aussi brillants soient-ils, aussi admirés et adulés soient-ils, ils n’en sont pas moins des créatures comme nous, avec d’énormes limites inhérentes à leur condition terrestre.
Nous comprenons bien dans ce contexte l’affirmation suivante de saint Josémaria, un autre meneur d’hommes dont l’action et l’enseignement ont révolutionné à jamais la vie de bien de nos semblables et le visage même de l’Église et du monde. Il disait ceci : « Pour moi le travail d'une de mes filles membre de l'Opus Dei, qui est employée de maison, est de la même importance que le travail d'une de mes filles qui porte un titre nobiliaire. Dans les deux cas, la seule chose qui m'intéresse, c'est que le travail qu'elles effectuent soit un moyen et une occasion de sanctification pour elles-mêmes et pour les autres ; et le travail le plus important sera celui de la personne qui, dans sa propre occupation, et dans son propre état, devient plus sainte et accomplit avec le plus d'amour la mission reçue de Dieu. Devant Dieu, le professeur d'Université a la même importance que le commis de magasin, ou la secrétaire, ou l'ouvrière ou la paysanne : toutes les âmes sont égales. On pourrait même dire que parfois l'âme des êtres les plus simples est plus belle encore et que celles qui traitent Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit avec le plus d'intimité sont toujours plus agréables à Dieu » (Entretiens avec Mgr Escriva, Paris, Le Laurier, 3e éd., 1987, n° 109).
(fin)
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Catégories : christianisme, concile Vatican II, égalité, religion, saint josemaria, spiritualité
vendredi 8 novembre 2013
Tous égaux (1
Tous égaux (1
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Catégories : christianisme, égalité, religion, spiritualité
mercredi 6 novembre 2013
Connaissance de Jésus (3)
Connaissance de Jésus (3)
Marie nous aide à formuler une prière qui soit une vraie prière, et à prier en faisant attention à ce que nous disons et à qui nous nous adressons, afin qu'elle soit fructueuse : « C'est une grande arme que al prière, c'est une belle parure que la prière, et une sûreté, et un port, et un trésor de biens, et une richesse que rient ne peut ravir. [...] Invoquez-le vous-mêmes avec la pureté des intentions, avec la sagesse de l'âme ; ne le priez pas par acquis de conscience, ce que font beaucoup de personnes, dont la langue prononce les paroles de la prière, dont la pensée, en même temps, reste souvent dans leur maison, ou se promène sur la place publique, à travers les rues, ce qui est un artifice du démon ; car, comme il sait qu'au moment de la prière, (lire la suite) nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés, jaloux de nous fermer ce port, il s'élève alors contre nous ; il chasse notre pensée des paroles que nous prononçons, afin qu'au sortie de l'église, nous en retirions plus de perte que de profit (saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Grande Semaine 6).
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lundi 4 novembre 2013
Connaissance de Jésus (2)
Connaissance de Jésus (2)
Le Magnificat est un merveilleux chant d'action de grâce en même temps que d'adhésion à la Volonté de Dieu. Il manifeste l'intérieur de Marie, ce qu'elle porte en elle, ses sentiments les plus profonds. Elle l'entonne sans doute sous l'inspiration de l'Esprit Saint, puisque sans lui nous ne sommes même pas capables d'articuler ce mot essentiel d'Abba ! Papa (cf. Romains 8, 15). En même temps, nous ne pouvons pas ne pas remarquer que cette hymne est un condensé de textes de l'Ancien Testament parfaitement bien enchaînés.
Or, les fidèles ne disposaient pas à l'époque de rouleaux de la Bible chez eux. Et Marie (lire la suite) n'a pas fréquenté l'école rabbinique. Ce n'était pas une affaire de femmes. D'ailleurs, il n'y avait probablement pas d'école rabbinique à Nazareth, vue la faible population de la ville, et Jésus ne l'a donc pas davantage fréquentée, d'où l'étonnement et la stupéfaction des Docteurs de la loi en écoutant ses questions et al sagesse de ses raisonnements (cf. Luc 2, 47).
Pour que la Saint Vierge manie l'Écriture avec tant de spontanéité et prononce des paroles si profondes et prophétiques à la fois, il faut comprendre que, chez elle, ses parents, saint Joachim le premier, car c'était son rôle, répétaient souvent des passages des Saintes Écritures, au point que Marie en était toute imprégnée et qu'elles nourrissaient régulièrement sa prière personnelle. Le Magnificat est donc un aboutissement. Il est le fruit d'une maturation progressive de la Parole du Dieu Tout-Puissant.
« Nous voudrions voir le Seigneur. » Telle est l'inspiration de bien des gens. Une aspiration confuse la plupart du temps, non formulée explicitement, car le Christ n'est pas encore passé dans leur vie. Et c'est toi, c'est moi, qui doit le leur rendre présent, les amener à notre Seigneur pour qu'il leur ouvre les yeux, qui délie leur langue, qu'il raffermisse leurs membres paralysées et guérisse leur surdité, afin qu'ils perçoivent enfin la Parole qui délivre et qui réchauffe les cœurs.
Nous avons, nous aussi, comme Marie, bien des choses à raconter de Jésus-Christ, car nous sommes de ses amis : « Je vous ai appelés amis » (Jean 15, 15). Mieux et plus, nous appartenons à sa famille, nous sommes domestici Dei. Il nous revient donc d'annoncer la Bonne Nouvelle aux autres, à ceux qui nous entourent et qui, peut-être, ne cessent de nous agresser, parce que l'idée qu'ils se font de Dieu leur est insupportable. Nous pouvons tirer un enseignement des « veilleurs » qui, depuis le printemps 2013, se manifestent partout en France pour s'opposer à la désagrégation forcée de la société, même si nous ne pouvons pas nous contenter d'une attitude passive et qu'il nous faut mettre beaucoup de contenu dans notre action, tout le contenu de l'Évangile de Jésus-Christ, dont le nom et le seul nom qui nous a été donné par lequel nous pouvons être sauvés (cf. Actes 4, 12).
Et si les gens ne viennent pas spontanément à nous pour nous dire : « Nous voudrions voir Jésus », nous irons les chercher pour leur annoncer la nouvelle formidable : « J'ai trouvé le Messie (cf. Jn 1, 45), le Dieu sauveur, le Dieu d'Amour, celui qui t'aime comme un Père, celui qui a donné sa vie pour toi alors que tu n'étais pas encore né, parce qu'il t'aime tendrement, à la folie.
(à suivre…)
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samedi 2 novembre 2013
Connaissance de Jésus (1)
Connaissance de Jésus (1)
Avant même que l'Esprit Saint ne s'empare d'eux et ne les enivre d'Amour, leur remettant en mémoire tout ce que Jésus-Christ leur avait dit (cf. Jean 14, 26), Marie, qui est l'Épouse de l'Esprit Saint, a pris comme les devants. Elle prépare cette intervention et cette action du Paraclet en découvrant plus à fond la très Sainte Humanité de Jésus indissolublement unie à sa divinité. Avec elle nous croyons en l'humanité et en la divinité de Jésus. Avec elle nous sommes prêts à suivre son Fils partout où il nous conduira et, s'il le faut, à donner notre vie pour défendre la vérité. « Personne n'a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l'opinion du monde, mais ils n'ont pas craint de mourir pour le Christ » (saint Justin, 2e Apologie 10).
J'ai fait l'expérience de ce que, après le rappel à Dieu, le 26 juin 1975, de Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, (lire la suite) son successeur, Alvaro del Portillo, retenu comme bienheureux par le pape François, a commencé à raconter bien des anecdotes relatives à la vie de saint Josémaria. Pourquoi Marie n'en aurait-elle pas fait autant ? Si, comme le pape Paul VI l'a dit à Mgr del Portillo, le fondateur ne vous appartient plus, mais il est le patrimoine de toute l'Église, à combien plus forte raison s'agissant de notre Seigneur venu donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Matthieu 20, 28) et voulant que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Timothée 2, 4). Ce Dieu qui nous donne grâce après grâce (cf. Jean 1, 16) et qui nous comble de plus en plus de ses bienfaits au fur et à mesure que le temps passe. « Dieu offre toujours des cadeaux à ceux qui font partie de sa maisonnée. Plus leur amour de Dieu grandit, plus les cadeaux qu'ils reçoivent sont beaux [...]. Dieu est absolument parfait [...], alors que l'homme avance petit à petit [...]. Et Dieu ne se lasse jamais de l'enrichir de ses biens, tant que l'homme ne se lasse pas de recevoir les bienfaits de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 9, 2 et 4, 7, 11).
ce rôle explicatif et illustratif de Marie est donc on ne peut plus logique et bien compréhensible. Il est même attendu, dirais-je. « Demandons à la Mère de Dieu, notre Mère, de nous préparer le chemin qui conduit au plein amour : Cor Mariæ dulcissimum, iter para tutum ! Son doux cœur connaît le chemin le plus sûr pour rencontrer le Christ » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 38). Afin de nous remplir de la Parole de Dieu, pour qu'elle devienne notre nourriture quotidienne, le moteur de notre existence, la référence de nos raisonnements, la source de notre reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits. Oui, apprenons de Marie à louer Dieu en chantant et en composant notre propre Magnificat.
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jeudi 24 octobre 2013
Arrêt sur christianisme (80)
Saint Paul affirme : « L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : “Abba !” » (Rm 8, 15). Le christianisme n’est pas une religion de la peur, mais de la confiance et de l’amour au Père qui nous aime. Ces deux affirmations denses nous parlent de l’envoi et de l’accueil du Saint Esprit, le don du Ressuscité, qui fait de nous des fils dans le Christ, le Fils unique, et nous place dans une relation filiale avec Dieu, une relation de profonde confiance, comme celle des enfants ; une relation filiale semblable à celle de Jésus, même si son origine et son importance sont différentes : Jésus est le Fils éternel de Dieu qui s’est fait chair, en revanche, nous devenons fils en Lui, dans le temps, à travers la foi et les sacrements du baptême et de la confirmation ; grâce à ces deux sacrements, nous sommes plongés dans le Mystère pascal du Christ.
Benoît XVI, Audience générale, 23 mai 2012.
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mardi 22 octobre 2013
Arrêt sur christianisme (79)
Arrêt sur christianisme (79)
Ni le subtil intellectualisme de la démythologisation ni le pragmatisme de l’aggiornamento [la mise à jour] n’arrivent à emporter la conviction. N’est-ce pas la preuve que cette déviation du scandale sur lesquelles ni théories ni recettes n’ont directement prise. En un certain sens, l’on saisit ici sur le vif l’originalité du scandale « chrétien », ce que l’on pourrait appeler le positivisme chrétien, le positivisme irréductible du christianisme. je veux dire : la foi chrétienne n’a pas seulement pour objet, comme on pourrait d’abord le supposer, ce qui est éternel et en vertu de son altérité resterait totalement en dehors de notre monde et en dehors du temps ; son objet immédiat, c’est plutôt le Dieu qui est entré dans l’histoire, Dieu fait homme. En paraissant ainsi combler le fossé entre l’éternel et le temporel, entre le visible et l’invisible, en nous faisant rencontrer Dieu comme un homme, l’Éternel comme un être soumis au temps, la foi se reconnait comme révélation. Sa prétention d’être révélation est fondée dans le fait qu’elle introduit pour ainsi dire l’Éternel dans notre monde : « Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1, 18) ; il est devenu « exégèse » de Dieu, aurait-on presque envie de dire suivant l’expression grecque. Mais restons au mot allemand (aus-legen = en-poser) que l’original nous autorise à prendre au pied de la lettre : Jésus a « ex-posé » Dieu, il l’a sorti de lui-même ; ou comme le dit Jean d’une manière encore plus frappante dans sa première Épître : « Il l’a donné à voir, à toucher, à tel point que Celui que personne n’ a jamais vu, nous pouvons maintenant le toucher de nos mains » (1 Jean 1, 1-3).
Joseph Ratzinger, La Foi chrétienne hier et aujourd’hui, Paris, Les Éditions du Cerf, 2005, p. 18.
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samedi 12 octobre 2013
Arrêt sur christianisme (78)
Arrêt sur christianisme (78)
Prétendre que le monothéisme haïsse l’intelligence suggère une ignorance surprenant des œuvres de génie produites à travers les siècles par les croyants juifs, chrétiens et musulmans. Étienne Gilson relève même une innovation du christianisme à cet égard, qui va au-delà des réalisations individuelles peut-être indépendantes de la foi de leur sauteurs : « C’est seulement dans la théologie spéculative judéo-chrétienne que se produisit enfin la rencontre et qu’une alliance durable fut scellée entre l’être de la philosophie et le dieu de la religion. Les choses se firent d’ailleurs avec une remarquable lenteur, mais un événement important rendait la chose finalement inévitable. On en trouve la description chez Lactance, homme sans génie philosophique mais observateur d’une remarquable perspicacité. Il annonçait simplement, comme un événement dont les suites devaient être considérables, la jonction de la fonction sacerdotale et de la fonction philosophique. Jusqu’à l’avènement du christianisme, jamais prêtre d’aucune religion n’avait été ce qu’on nomme aujourd’hui un philosophe, jamais un philosophe de quelque renom n’avait été un prêtre, or Lactance voyait au contraire s’ouvrir avec le christianisme une ère nouvelle dans laquelle les prêtres seraient aussi les philosophes et inversement » (Constantes philosophiques de l’être, Paris, Vrin, 1983, p. 10).
Fr. Ch. Morerod, O. P., « Quelques athées contemporains (Comte-Sponville, Dawkins, Le Poidevin, Onfrray) à la lumière de S. Thomas d’Aquin », Nova et Vetera 77 (2007), p. 159-160.
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vendredi 11 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (6)
Jésus et les petits enfants (6)
Jésus complète sa pensée, à l'adresse des hommes de toutes les générations : - « En vérité, je vous le dis : Quiconque ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas ! » (Marc 10, 15 ; Luc 18, 17).
Voilà qui est sérieux et donne à réfléchir, se disent les apôtres. Nous ne pouvons pas prendre à la légère cette affirmation du Maître. Nous voyons à quel point il est essentiel de se faire enfant de Dieu, ou plutôt, puisque nous le sommes, de vivre notre filiation divine, de bien comprendre que Dieu est notre Père et qu'il agit continuellement envers nous comme le Père très aimant et très attentionné qu'il est.
D'ailleurs, Jésus ne nous a-t-il pas appris à prier en disant : (lire la suite)
- « Notre Père, qui est aux cieux... » (Matthieu 6, 9).
La petite voie de l'enfance spirituelle est donc la clé qui ouvre l'accès au ciel. Si nous ne vivons pas en enfants de Dieu, nous dit notre Seigneur, nous n'aurons pas droit d'entrée au paradis. Autrement dit, nous nous en fermerons volontairement la voie. Car c'est à nous de décider, en somme. De décider d'agir en conformité avec ce que le Seigneur nous fait devenir en nous prenant avec lui.
« Ni la chair ni le sang ne peuvent entrer en possession du royaume » (1 Corinthiens 15, 50). En revanche, « si quelqu'un est dans le Christ, c'est une créature nouvelle : l'ancienne a disparu, un être nouveau est là » (2 Corinthiens 5, 17). Pour cela, il faut être « créé par Dieu » (2 Corinthiens 5, 24). Oui, c'est bien de cela dont il s'agit : « Soyez des imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés » (Éphésiens 5, 1).
Ils ont battu en retraite et se sont réfugiés dans les jupes de leur mère.
- Maman, maman !
- Qu'y a-t-il, mon chéri ?
- Le monsieur m'a embrassé.
- Pas le monsieur, le rabbi.
- Le monsieur...
- Non, le rabbi. C'est un grand monsieur.
- Le rabbi m'a embrassé sur le front !
- Formidable; C'est tout ?
- Non. Euh !... il m'a donné aussi une bénédiction.
- Une bénédiction ? Tu en as de la chance, mon chéri. C'est merveilleux. Maman est très contente et très fière de toi !
- Je voudrais retourner avec lui.
- Cela n'est pas possible. Tu vois qu'il est en train de partir.
- Dis, maman, il va revenir ?
- Certainement. Mais viens maintenant, nous rentrons à la maison.
- Oui, maman. Parle-moi de ce rabbi. D'où vient-il ?
Et sa maman lui raconte en chemin tout ce qu'elle sait, lui expliquant tout en l'adaptant à son âge, ce qu'elle a compris en parcourant tous les prophètes, à commencer par Moïse (Luc 24, 27).
(fin)
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jeudi 10 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (5)
Jésus et les petits enfants (5)
Jésus nous invite donc à imiter les enfants, c’est-à-dire à nous faire petits, à ne pas nous pavaner ni tirer avantage pour nous-mêmes des qualités que Dieu nous a données. Il faut vivre en enfants de Dieu. « Pour être petit, il faut croire comme croient les enfants, aimer comme aiment les enfants, s’abandonner comme s’abandonnent les enfants…. prier comme prient les enfants » (st Josémaria, Saint Rosaire, prologue).
Les enfants vont être récompensés de leur persévérance et de leur innocence, car le Seigneur prend la parole et s'adresse aux disciples en disant :
- « Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (Matthieu 19, 14).
Les apôtres ne comprennent pas l'allusion au royaume des cieux. Mais ils ont bien saisi en revanche que Jésus veut avoir les petiots auprès de lui. Avec la spontanéité propre à la prime jeunesse, ils laissent éclater leur joie en criant, tournées vers la foule :
- Maman, Jésus de Nazareth dit que je peux aller avec lui !
Les mères adressent un sourire à leur marmot et rendent grâce au Tout-Puissant qui les a exaucées.
(à suivre…)
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mardi 8 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (3)
Jésus et les petits enfants (3)
Résolus à ce qu'on laisse Jésus en paix un instant et à lui éviter l'assaut des marmousets, qui voudront tous grimper sur ses genoux, les apôtres - Pierre le premier - ont décidé d'utiliser la manière forte et de menacer les enfants de châtiment s'ils ne s'écartaient pas sur le champ. À l'aide de leur bâton de route, ils forment une barrière qu'ils croient infranchissable. Mais ils ont bien de la peine à calmer un peu ce flot impétueux et à éviter qu'il engloutisse le Maître !
Sans doute les apôtres s'adressent-ils d'abord aux mamans, dont ils espèrent qu'elles feront cas de leur remontrance? Mais leur mécontentement qui, comme toujours dans ce cas, déforme leur visage, impressionne les enfants, qui regardent Jésus en quête d'un signe en leur faveur. (lire la suite)
Pauvres enfants, écartelés entre le désir d'obéir à leur maman - ce que, pour une fois, ils sont plus que disposés à faire - et les menaces terrifiantes des apôtres...
Jésus va profiter de la circonstance pour, comme toujours, en tirer un enseignement positif et ouvrir des horizons nouveaux à des esprits, certes bons et pleins de bonne volonté, mais souvent bornés.
« Voyant cela, Jésus fut indigné » (Marc 10, 14). Cela ne lui arrive pas souvent que Jésus s’indigne du comportement de ses disciples. D’ordinaire, cela arrive parce qu’il se heurte à l’opposition farouche et irraisonnée des pharisiens. Comme le jour où un homme à la main desséchée se tenait devant lui dans la synagogue, inévitablement un jour de sabbat : « Après avoir promené son regard sur eux avec colère, contristé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme : « Étends la main. » Il l'étendit, et sa main redevint saine » (Marc 3, 5).
Jésus est donc indigné du comportement de ses disciples. Il dit fermement aux siens : « Laissez les petits enfants venir à moi, ne les en empêchez pas, car c’est à leurs pareils qu’appartient le royaume de Dieu » (Marc 10, 14). Voilà quelque chose à quoi ils ne s’attendaient pas. C’est une belle découverte. Ils ont peut-être cru un moment qu’ils risquaient d’être exclus de ce royaume dans lequel ils escomptaient bien jouer un rôle important : « Seigneur, est-ce dans l’immédiat que tu vas rétablir le royaume au profit d’Israël ? » (Actes 1, 6).
Oui, « c’est à leurs pareils qu’appartient le royaume des cieux » (Luc18, 16). Et « c’est la volonté de votre Père qui est dans les cieux que pas un seul de ces petits ne se perde » (Matthieu 18, 14), mais « que je les ressuscite au dernier jour » (Jean 8, 39).
« En vérité, je vous le dis : Celui qui n’accepte pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera pas » (Luc 18, 17 ; Marc 10, 15). Cela a valeur d’avertissement.
(à suivre…)
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dimanche 6 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (2)
Jésus et les petits enfants (2)
Ce sont sans doute des enfants en bonne santé, puisqu’il n’est pas question de guérison. Leur foi est émouvante. Leurs mamans savaient que « les gens qui avaient des malades dans leur famille priaient Jésus de leur laisser toucher ne serait-ce que la houppe de son vêtement, et tous ceux qui pouvaient la toucher étaient guéris » (Matthieu 6, 56). Elles sont convaincues que si le Maître, comme on l'appelle communément, touche et bénit leurs enfants, ils en ressentiront du bien, ils bénéficieront d'une protection contre les forces du mal. Elles sollicitent aussi une prière, qui sera plus efficace que la leur. Elles mettent ainsi leur progéniture en quelque sorte sous la protection du rabbi de Nazareth, dont on murmure en cachette, par peur des chefs des synagogues, qu'il serait le Messie, « le Fils de David » (Luc 20, 41). (lire la suite)
Donc, « on lui présentait des petits enfants pour qu’il les touchât » (Marc 10, 13), parce que tous savaient qu’une « force émanait de lui et […] guérissait tous » (Luc 6, 19) ceux qu’on lui amenait et que l’on déposait sur son passage : « Partout où il entrait, bourgs, ou villes, ou fermes, on mettait les malades sur les places, et on le priait de leur laisser seulement toucher la houppe de son manteau ; et tous ceux qui pouvaient toucher étaient guéris » (Marc 6, 56).
Mais voilà que l’affaire n’est pas du goût des apôtres, qui sont toujours très préoccupés de la fatigue de leur Maître et veulent le ménager. Des enfants, c’est supposé être turbulent. Pourtant, comparé à la foule qui se presse partout et l’assaille, ce n’est rien.
Quoi qu’il en soit, « les disciples les grondaient durement » (Marc 10, 13). Nous trouvons la même remarque chez saint Luc (18, 15), sans que nous sachions précisément s’ils rabrouent les enfants ou leurs mères. Et saint Matthieu laisse lui aussi planer le doute (Matthieu 19, 13).
Pourtant, la requête était pacifique et toute spirituelle : « On lui présenta des petits enfants, pour qu’il leur imposât les mains et fît une prière » (Matthieu 19, 13). C’est une demande on ne peut plus pacifique et noble.
Mais les apôtres ne l’entendent pas de cette oreille.
Il faut qu'ils soient bien fatigués et très énervés pour reprendre énergiquement les enfants qui veulent s'approcher de Jésus. Les trois évangiles synoptiques utilisent la même expression et disent que les apôtres « gourmandaient durement » les enfants, poussés en avant par leur mère. Ils ont dû essayer de les repousser gentiment au début. Mais ils ont vite été débordés par une ribambelle de petits qui glissaient entre leurs jambes et leur échappaient avec souplesse. Ils voulaient être avec le rabbi dont maman leur avait dit qu'il est très gentil et qu'il aime beaucoup les enfants.
(à suivre…)
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samedi 5 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (1)
Jésus et les petits enfants (1)
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vendredi 4 octobre 2013
Arrêt sur christianisme (77)
Arrêt sur christianisme (77)
[constatant que dans le judaïsme « une totale universalité n’était pas possible, parce qu’il n’y avait pas une entière appartenance », le cardinal Ratzinger ajoute :] Seul le christianisme finit par ouvrir la brèche, en « détruisant la barrière » (Ephésiens 2, 14) de trois façons. Les liens du sang avec son ancêtre ne sont plus nécessaires, parce que la relation à Jésus réalise la véritable appartenance, la véritable parenté : chacun peut désormais appartenir pleinement à Dieu, tous les hommes doivent et peuvent devenir un seul peuple. Les prescriptions particulières du droit et de la morale n’obligent plus ; elles sont devenues un exemple historique, parce que tout est récapitulé dans la personne de Jésus-Christ, et que celui qui se met à sa suite, porte en lui et accomplit toute l’essence de la Loi. L’ancien culte est caduc et aboli dans l’offrande de lui-même au Père et aux hommes qu’a accomplie Jésus : celui-ci apparaît désormais comme le vrai sacrifice, comme le culte en esprit dans lequel Dieu et les hommes s’embrassent et sont réconciliés, par lequel le repas du Seigneur, l’Eucharistie, reste comme certitude réelle et présente à tout instant. La plus belle et plus significative expression de cette nouvelle synthèse chrétienne se trouve dans une confession de la première épître de Jean : « Nous avons cru à l’amour » (1 Jn 4, 16). Pour ces hommes, le Christ leur découvrait l’amour créateur ; la raison de l’univers se révélait comme étant l’amour – cette rationalité supérieure qui assume et guérit aussi l’obscurité et l’irrationnel.
J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance, Le Muveran, Parole et Silence, p. 163-164.
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jeudi 3 octobre 2013
Jésus et les petits enfants (4)
Jésus et les petits enfants (4)
Un avertissement utile, nécessaire et salutaire parce que, si les apôtres rudoient ainsi les tout petits, c’est peut-être parce qu’ils sont imbus d’eux-mêmes et qu’il « leur vint à l’esprit de savoir qui d’entre eux pouvait bien être le plus grand » (Luc 9, 46). Et ils en venaient à se chamailler comme des gamins à ce sujet. « Jésus, connaissant leur pensée intime, prit un petit enfant qu’il plaça auprès de lui, et il leur dit : Celui qui accueille en mon nom ce petit enfant, c’est moi qu’il accueille ; et celui qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé, car celui qui est le plus petit parmi vous, c’est lui qui est le plus grand » (Luc 9, 47-48). C’est une logique paradoxale, qui opère un renversement de valeurs. « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude » (Marc 10, 45).
(lire la suite)
Un autre jour, quand ils furent rendus chez la belle-mère de Simon-Pierre, à Capharnaüm, Jésus interroge ses apôtres : « De quoi vous entreteniez-vous en chemin ? » (Marc 9, 33). La question leur fait comprendre à quel point ils sont stupides. Ils ont honte de s’être chamaillés une fois de plus, et ils en rougissent. « Ils se taisaient, car en chemin ils avaient discuté de qui était le plus grand » (Marc 9, 34), parmi eux bien entendu. Et chacun pensait avoir de bonnes raisons pour croire que c’était lui… Voilà où conduit la soif de pouvoir, l’envie de paraître.
Puisqu’ils ne veulent pas se décider à reconnaître leur mesquinerie, Jésus s’assied. Il appelle les Douze afin de les aider à rectifier leur intention, à la purifier, et de former aussi leur conscience. Il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, il devra être le dernier de tous et le serviteur de tous » (Marc 9, 35). Voilà une encore une recommandation paradoxale, qui les laisse pantois. Mais Jésus ne se paye pas de mots. Il donne l’exemple : « Je suis parmi vous comme celui qui sert » (Luc 22, 27). Ce service l’a conduit très loin, puisque lui, qui était de condition divine s’est anéanti en prenant la condition humaine (cf. Philippiens 2, 7). Et, pour illustrer son propos, « prenant un petit enfant, il le plaça au milieu d’eux » (Marc 9, 36) qui, comme à l’accoutumée, se sont rassemblés en cercle autour de lui pour bien le voir et l’entendre. Puis Jésus le serre dans ses bras (cf. Marc 9, 36), comme il le faisait souvent avec les enfants (cf. Marc 10, 16), et il leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un petit enfant comme ceux-là, c’est moi qu’il accueille ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé » (Marc 9, 37). Et qui « reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; celui qui recevra un juste en tant que juste recevra une récompense de juste » (Matthieu10, 41).
(à suivre…)
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mercredi 2 octobre 2013
Arrêt sur christianisme (76)
Arrêt sur christianisme (76)
Personne n’a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l’opinion du monde, mais ils n’ont pas craint de mourir pour le Christ. Saint Justin, Deuxième Apologie
10.
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mardi 1 octobre 2013
Les plans de Dieu (25)
Les plans de Dieu (25)
Libre donc, et rapide, ceint du baudrier, le glaive sur la cuisse, dans sa beauté, sa force et son prestige il s’avance, triomphe et règne (Psaume 45). Quand l’ennemi universel rampe à ses pieds, il le frappe comme le psalmiste l’avait chanté : « Par la force de ton bras, tu as jeté à terre le superbe. » Alors s’accomplissent pour la femme, en sa descendance prédestinée, ces paroles divines : « Elle t’écrasera la tête » (Rupert de Deutz, De Trinitate 3, 19).
C’est la victoire de mon Fils – et la propre victoire aussi – grâce à la Vierge de Nazareth et à son acceptation du plan que je lui ai proposé. Ca n’allait pas vraiment de soi. Parce que, ce que je lui demandais, c’était rien de moins que de disparaître totalement à elle-même et de s’offrir en holocauste dès le premier instant pour permettre l’Holocauste de mon Fils sur la Croix. Je l’avais préparée, certes. Je l’ai dit. Mais enfin, elle aurait tout aussi bien pu dire non. Et je ne lui en aurais pas voulu. Je l’aurais comprise. Et j’aurais respecté sa liberté. Mais j’étais sûr que je pouvais compter sur elle. Mon saint Bernard a écrit que l’univers tout entier était suspendu aux lèvres de Marie, dans l’attente de sa réponse, qui l’adjurait de se prononcer sans délai. Moi, dit Dieu, je n’étais pas inquiet. Parce que, de toute façon, mes plans finissent toujours par s’accomplir, même si les hommes se mettent en travers, par malice ou par faiblesse. Mais de malice et de faiblesse il ne pouvait en être question chez l’Immaculée Conception, puisque tel est son nom.
(fin)
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lundi 30 septembre 2013
Les plans de Dieu (24)
Les plans de Dieu (24)
Donc, ceux qui pèchent contre l’Esprit ont choisi leur camp. Ce ne sont pas les seuls à l’avoir fait en ce sens, hélas. « Ne savez-vous pas que les injustes ne posséderont point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez point : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6, 9-10). S’ils ne se repentent pas de leur iniquité et ne me demandent pas pardon, cela va de soi. Là encore je retrouve souvent la main de la Mère de Jésus, qui s’est arrangée pour certains d’entre eux la prient de temps à autre. Et cela suffit à modifier leur sort éternel. Elle est vraiment forte la Mère que je vous ai donnée ! Assurément, elle est la toute-puissance suppliante.
(lire la suite)
Mais il est des crimes qui crient vengeance vers le ciel. « Jusques à quand, Maître saint et véridique, attendras-tu pour faire justice et venger notre sang sur les habitants de la terre ? (Apocalypse 6, 10). Écoute donc ce bel esprit : « Ma seule affaire était de me sauver – rien dans les mains, rien dans les poches – par le travail et par la foi. Du coup, ma pure option ne m’élevait au-dessus de personne : sans équipement, sans outillage, je me suis mis tout entier à l’œuvre pour me sauver tout entier. si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que restera--t-il ? » (Jean-Paul Sartre, Les mots, dernière page).
Tout ce qui allait arriver après ma création, je le savais par avance. Je n’ignore rien de ce qui se trame dans le cœur de l’homme, même pas ce qui est le plus caché (cf. Ecclésiastique 39, 24). C’est bien pour cela que j’ai voulu associer Marie au triomphe de son Fils sur le serpent infernal. Ipsa conteret (Genèse 3, 15). Quand Dieu dit : « Je mettrai des combats entre toi et la femme », il « promet une grande œuvre de sa grâce : il annonce que ce diable vainqueur – vainqueur par trahison – la femme actuellement vaincue le vaincra à son tour et par la force de Dieu.
Quant aux combats prophétisés, ce n’est pas la femme qui les mènera elle-même, mais sa descendance ; et cela jusqu’à la victoire. D’ailleurs, après « je mettrai des combats entre toi et la femme », Dieu ajoute : « Ta descendance et sa descendance. »
De quelle descendance peut-il être question ? D’une seule, le Christ seul, en effet, il est la descendance de la femme sans l’être aussi de l’homme ; si bien que la formule est irréprochable : « Je mettrai des combats entre toi et la femme, ta descendance et sa descendance » - sous-entendu le Christ. car c’est lui qui guerroie comme un vaillant ocntre l’antique serpent, et ne fut jamais son complice en quoi que ce soit.
(à suivre…)
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dimanche 29 septembre 2013
Les plans de Dieu (23)
Les plans de Dieu (23)
Celui qui s’adresse à moi en ces termes m’émeut, « et moi, je le ressusciterait au dernier jour » (Jean 6, 40). Il existe bien des esprits rationalistes pour ricaner quand ils entendent parler de résurrection des morts, de ces gens qui « passent la totalité de leur temps à dire ou à écouter les dernières nouvelles » (Actes 17, 21), mais qui refusent d’entendre, et donc s’interdisent d’accueillir, la Bonne Nouvelle. Car quelle nouvelle que l’annonce de la résurrection ! « Quelle raison est de dire qu’on ne peut ressusciter ? Quel est le plus difficile, de naître ou de ressusciter ? Que ce qui n’a jamais été soit ou que ce qui a été soit encore ? » (Pascal, Pensées 222). (lire la suite)
Vous avez eu chez bon un de ces esprits forts justement, qui a décidé, un beau matin, en faisant sa toilette, que je n’existais pas. Ah ! la belle affaire ! Cela serait comique, dit Dieu, s’il n’avait pas entraîné dans son abjuration et son incroyance, dans son scepticisme, des milliers de mes enfants. Et cela, c’est difficilement pardonnable. Pourtant je m’y connais en matière de pardon, dit Dieu. Ma miséricorde est touchée quand j’entends mon Fils me supplier : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Le plus fort, c’est qu’il n’arrête pas de me le dire. En plus Marie se met aussitôt de la partie. Elle en rajoute, si je puis dire. Il faut voir comme elle trouve toujours des éléments positifs en faveur des âmes les plus noircies par le péché. Elle n’est jamais à court d’arguments pour m’arracher ma décision. Ceci dit, je ne peux revenir sur ce que mon Fils a dit : il n’a d’ailleurs fait que vous répéter ce que je l’ai chargé de vous transmettre : « Ce n’est pas de mon propre chef que j’ai parlé ; mais le Père qui m’a envoyé, c’est lui qui m’a prescrit ce que j’avais à dire et à faire entendre » (Jean 12, 49).
Ce qu’il vous a donc déclaré en mon nom, c’est que « tout péché, tout blasphème sera pardonné ; mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. À qui aura parlé en mal du Fils de l’homme, il sera pardonné ; mais à qui aura parlé en mal de l’Esprit Saint, il ne sera pas pardonné ni dans ce monde-ci ni dans le monde à venir » (Matthieu 12, 31-32). Je ne fais qu’entériner la décision libre de l’homme. Il a opéré un choix, une « option fondamentale » comme vous dites. Je la respecte.c’est un coup de lance dans le Cœur de mon Fils et une dague plantée dans celui de la très Sainte Vierge. nous n’y pouvons mais. Si certains vont « à la fosse de perdition » (Psaume 55, 24), c’est bien parce qu’ils l’ont voulu délibérément. Moi, dit Dieu, je suis la Justice même. Certes, je la tempère autant que possible par ma Miséricorde. Et Marie s’y entend encore une fois pour m’y amener, elle que vous invoquez précisément en tant que Mère de Miséricorde. Mais la justice c’est la justice. Ne pas l’appliquer porterait atteinte à la dignité de ceux qui sont restés fidèles envers et contre tout, et leur causerait un tort considérable, en rendant en quelques sorte futiles et inutiles toute leur lutte ascétique, tous leurs efforts pour m’aimer par-dessus toute choses.
(à suivre…)
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samedi 28 septembre 2013
Les plans de Dieu (22)
Les plans de Dieu (22)
« Rappelez-vous d’où vous avez été appelés : à la croisée des chemins. Et qu’étiez-vous alors ? Des boiteux, des blessés de l’âme, ce qui est bien pire que d’être blessé dans votre corps. N’abusez pas de la bonté de celui qui vous a invités et que personne ne vienne avec un vêtement sale. Il faut prendre un très grand soin du vêtement de l’âme » (saint Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 69, 2).
Donc, je ne peux agir que par Amour et pour ma gloire. L’un d’entre vous qui a le mieux su parler de moi – bien que je l’aie laisser errer sur certains points, ce qui est toujours bon pour l’humilité – a écrit : « Dieu veut la totalité des créatures pour elles-mêmes (lire la suite) bien que ce soit pour lui-même qu’il veuille qu’elles soient » (saint Thomas d’Aquin, De Potentia, q. 5 a. 4). Il a bien compris le cœur du mystère. C’est bien vu. Mon Épouse, la sainte Église, me prie de son côté en disant : « Tu as fait le monde pour que toute créature soit comblée de tes bénédictions et que beaucoup se réjouissent de ta lumière » (Préface, 4e prière eucharistique).
Encore devez-vous comprendre que ma gloire vous concerne directement puisque, comme je te l’ai rappelé, je vous ai créés pour que vous jouissiez de ma propre liesse. « Très bien ! bon et fidèle serviteur ! Tu as été fidèle pour de petites choses, je te mettrai à la tête d’une quantité. Entre à la fête de ton maître » (Matthieu 25, 23), partage la joie de ton seigneur. Et puis, vois-tu, « la gloire de Dieu, c’est l’homme, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7).
Oui, je ne souhaite qu’une chose, c’est que vous possédiez la vie et que vous l’ayez surabondante (cf. Jean 10, 10). Et toi, si tu es sensé, ton cœur ne doit abriter aussi qu’une unique aspiration, comme le manifeste le psalmiste : « Je demande au Seigneur une chose, je la désire ardemment : je voudrais habiter dans la maison du Seigneur, tous les jours de ma vie, pour jouir des amabilités du Seigneur, pour contempler son sanctuaire » (Psaume 26, 4). Il est une prière qui me va droit au cœur, parce qu’elle traduit bien les sentiments d’un enfant envers son père. Il s’agit de envie de demeurer en ma présence, qui se traduit par ces mots : Vultum tuum, Domine, requiram, « je cherche ta face, Seigneur. Ne me cache pas ta face » (Psaume 26, 8-9). Ils peuvent se comprendre aussi au sens de : « Je voudrais voir ton visage, ô mon Dieu, te contempler face à face. »
(à suivre…)
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vendredi 27 septembre 2013
Les plans de Dieu (21)
Les plans de Dieu (21)
D’Adam et d’Ève, j’attendais qu’ils portâssent du fruit précisément. Celui que je leur destinai, un nouveau don gratuit de ma part, « et le meilleur – qui viendrait à son Heure et qu’il fallait attendre l’homme étant libre toutefois, l’arbre et son fruit à portée de la main. Son attitude à cet égard serait décisive pour sa propre destinée. Et la façon dont il y goûterait - l’acte privilégié de « connaissance » à travers lequel il y parviendrait – serait aussi révélateur de l’orientation « bonne ou mauvaise » de sa liberté. Ou bien, en vrai fils de Dieu, il attendrait du Père « de qui procède toute paternité au ciel et sur la terre » (Éphésiens 3, 15) de recevoir le Fruit, c’est-à-dire de devenir père lui-même dans l’écoute et le prolongement de la Parole créatrice : (lire la suite) et ce serait alors un fruit de vie, un race d’enfants du Dieu vivant… Ou bien il ne saurait pas attendre le don : il le devancerait, il ferait ses propres œuvres indépendamment du Père, et pour ainsi dire il le volerait, non sans avoir trafiqué pour l’obtenir par des moyens pseudo-scientifique : hélas ! le fruit ainsi extorqué se révélerait un fruit de mort, un fruit pourri, une race d’enfants du diable : car cette impatience orgueilleuse et possessive de créer la vie, d’être « comme Dieu », venait du « père du mensonge », elle venait en droite ligne de l’« envie du diable » (D. Debuisson, Mangeuse d’hommes).
J’avoue que j’étais fier de ma création, et il y avait de quoi, à vrai dire. Elle est comme « le premier livre de ma Révélation » (G. de Menthière, Dix raisons de croire, p. 102). « Les cieux racontent la gloire de Dieu » (Proverbes 18, 1), et tous les autres êtres aussi d’ailleurs. Sauf les malheureux anges qui se sont rebellés contre moi, qui sont entrés dans une dissidence affichée à tout jamais. Sauf l’homme aussi, quand la folie le prend de me tourner le dos et de m’expulser de son horizon. Mais celui-là, sa faiblesse me fait pitié et je sors à sa rencontre pour lui pardonner et le serrer bien fort dans mes bras, afin qu’il comprenne bien qu’il est mon enfant et que je suis son Père (cf. Luc). je vous ai créés parce que je vous ai créés. C’est comme cela. C’est une conséquence de mon Amour fou et infini. Je vous ai créés pour ma gloire. Il ne pouvait pas en aller autrement, car, moi, je suis la Perfection infinie, dit Dieu. Je ne manque de rien. Or, si, par pure hypothèse, j’avais agi pour un autre motif que ma gloire, vous auriez cru que j’étais déficient, qu’il me fallait satisfaire un besoin quelconque. Mais tel n’est pas le cas. Je me suffis à moi-même, et largement. Car je ne suis pas seul : nous sommes Trois de la Trinité. Il ne m’était donc pas possible, métaphysiquement parlant, d’agir pour une cause qui me serait externe. Penser cela, ce serait m’enfermer dans des limites et des imperfections. Or moi, dit Dieu, je suis la Perfection absolue.
(à suivre…)
Publié par
Dominique
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Catégories : Adam et Ève, christianisme, création, diable, gloire de Dieu, perfection, religion, Sainte Trinité, spiritualité