Le statut de la femme à Paris (1)
Le statut de la femme à Paris (1)
Quand intervient Christine de Pisan, alors que s’élaborent une organisation des Etats et de nouvelles conceptions de la société en Occident, des résurgences païennes profondes, portées à l’Université par Aristote et même l’Art d’aimer d’Ovide, à la ville et à la cour par le droit romain, remettent en cause les patientes et persévérantes, fragiles et encore partielles conquêtes de la foi chrétienne qui tendent à faire reconnaître et respecter la femme à l’égal de l’homme. Ce qui est en jeu est fondamental. Les dynamismes fondamentaux de la société sont-ils ceux de la foi ou ceux du paganisme ? On ne s’étonnera donc pas de trouver aux côtés de Christine de Pisan et des « féministes » un théologien et un pasteur d’envergure, Gerson le chancelier de l’Université. La vigueur et l’importance de la polémique à Paris s’expliquent par la place que tiennent, du XIVe au XVIIe siècles, l’Université et le roi de France dans l’élaboration de la civilisation que l’on appellera moderne.
Sans donner tous les éléments d’un débat toujours complexe et parfois ambigu, il vaut la peine d’en donner quelques traits éclairants pour nous aujourd’hui.
Quand elle s’installe en Gaule du Nord, à Paris en particulier, la foi chrétienne se trouve confrontée à la civilisation romaine et à celle des Barbares, bientôt à celle des Francs. Il faut bien nous représenter la situation de la femme dans ces civilisations pour comprendre le scandale que provoque la foi, les bouleversements sociaux (une véritable révolution) qu’elle engendre, les résistances qu’elle doit vaincre, lorsqu’elle affirme et veut faire passer dans les mœurs que la femme est l’égale de l’homme, en se fondant sur une conception spirituelle de la femme comme créée comme l’homme à l’image de Dieu et comme lui sauvée en Jésus-Christ.
(à suivre…)
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