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mercredi 30 juillet 2014

Le secret du Père (7)

Le secret du Père (7)

… Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau et, étant sorti, il se tint à l'entrée de la caverne. Et voici qu'une voix se fit entendre à lui, en disant : « Que fais-tu ici, Élie ? » Il répondit : « J'ai été plein de zèle pour le Seigneur, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné votre alliance, renversé vos autels et tué par l'épée vos prophètes » (1 Rois 19, 11-14). Quant à nous, nous ne voyons ni la divinité ni l’humanité de notre Seigneur, toutes deux cachées dans l’auguste sacrement de l’Eucharistie. Nous les verrons enfin, en face à face, selon les dioptries spirituelles que nous aurons conservées. Et dans le Fils, qui nous est plus proche par sa nature humaine qu’il a voulu partager avec nous, nous verrons également le Père et le Saint-Esprit, le Très-Haut, que nous confessons être un seul Dieu. (lire la suite) « Si le Seigneur ne bâtit sa maison, en vain les maçons peinent ; si le Seigneur ne garde la ville, en vain les gardes veillent » (Psaume 126, 1). Alors, à quoi bon ? Il faut comprendre que tout ce qui est accompli en marge de Dieu, en se passant de lui, est vain encore une fois. Ce n’est qu’« airain qui résonne ou cymbale qui retentit » (1 Corinthiens 13, 1). Un peu d’humilité nous amènerait à reconnaître que ce n’est pas notre bras qui nous a sauvés, qui nous donne la victoire, « mais c’est ta droite, et ton bras » (Psaume 44, 4). Et si tu me préserves de l’ennemi, Seigneur, c’est dans une finalité bien précise, qui t’honore toujours au plus haut point. Tu dis de nous, en effet : « Je les introduirai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel : car ma maison sera appelée maison de prière, pour tout le peuple » (Isaïe 55, 7). Ce sera la réjouissance absolue, que rien ne peut égaler, dont rien ne peut s’approcher, ne serait-ce qu’un peu. Ah ! Vraiment, « j’étais dans la joie quand on m’a dit : Allons à la maison du Seigneur » (Psaume 122, 1), cette maison qui est une maison de prière (cf. Matthieu 21, 13), la Maison par excellence, où la contemplation du Dieu Tout-Puissant, Un et Trine, du Dieu d’Amour, ne saurait, en effet, n’être qu’une prière permanente remplie d’allégresse. Il faut donc faire attention à tout. « Prenez garde, car vous ne savez pas quand le moment viendra » (Marc 13, 33) de se présenter devant l’Éternel et de s’entendre dire : « Rends-moi compte de ton intendance » (Luc 16, 2), de la façon dont tu as administré les talents dont je t’ai gratifié, selon tes capacités (cf. Matthieu 25, 15). Sois bien conscient de ce que je ne t’ai rien demandé d’extraordinaire ou qui passât tes forces. Car moi, qui suis fidèle, je ne permettrai « pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; en outre, avec la tentation, [je vous ménagerai] aussi la possibilité d’y échapper en ayant la force de la supporter » (1 Corinthiens 10, 13). (à suivre…) )

lundi 28 juillet 2014

Le secret du Père (6)

Le secret du Père (6)

Notre Seigneur revient à la charge, recourant cette fois-ci à l’artifice linguistique de la parabole : « Sachez-le bien, si le maître de maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts, car c'est à l'heure que vous ne pensez pas que le Fils de l'homme viendra. » (Luc 12, 39-40). C’est on ne peut plus clair, en effet. Qui serait assez insensé pour ne pas prendre les dispositions opportunes afin d’empêcher les voleurs d’entrer chez lui ? Mais ces mesures se doivent d’être radicales, sans la moindre concession à la paresse, à la commodité, à la sensualité, à l’auto complaisance, à la gourmandise, à la jalousie, à la critique, etc. Car le moindre de ces points pourrait être une faille dans le système d’alarme et rendre inopérant l’ensemble des sûretés mises en place. (lire la suite) Simon-Pierre a bien enregistré ces mises en garde du Maître. Il les reprend à son compte : « Il viendra, le jour du Seigneur, comme un voleur : en ce jour, les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, et la terre avec les ouvrages qu’on y trouve sera consumée » (2 Pierre 3, 10). Le tout disparaîtra à tout jamais, et fera place aux « cieux nouveaux et à la terre nouvelle » (cf. Apocalypse 21, 1). « On ne se rappellera plus le passé et il ne reviendra plus à l’esprit » (Isaïe 65, 17). Cette remarque a son importance pour ceux qui s’inquiètent de ce qu’ils feront au ciel et qui pensent que l’on peut y être malheureux ou éprouver de la tristesse en pensant au mal que les hommes ont commis. Cela ne pourra plus être de mise. « Tenez-vous donc prêts, vous autres, car c’est à une heure imprévue que va venir le Fils de l’homme » (Matthieu 24, 44). Et le Seigneur revient à la charge : « Donc veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25, 13), mais il viendra. C’est une certitude. Nous ne pouvons pas nous endormir. Attendons ce moment avec impatience, qu’il survienne alors que nous cheminons encore sur terre ou quand nous aurons déjà quitté ce monde. Nous voulons assister à la récapitulation de toutes choses dans le Christ (cf. Éphésiens 1, 10). À présent « nous voyons dans un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu » (1 Corinthiens 13, 12). Il a été donné au prophète Élie de percevoir la présence de Dieu mais sans voir notre Dieu : « Le Seigneur dit : ‘Sors, et tiens-toi dans la montagne devant le Seigneur, car voici que le Seigneur va passer.’ Et il y eut, devant le Seigneur, un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : le Seigneur n'était pas dans le vent. Après le vent, il y eut un tremblement de terre : le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu : le Seigneur n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger… (à suivre…)