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dimanche 22 décembre 2013

Sainteté (6)

Sainteté (6)

Il est écrit : quant aux méchants, « qu’ils soient effacés du livre de vie, et qu’ils ne soient point inscrits comme justes ! » (Psaume 69, 29). Cependant, si nous voulons imiter notre Seigneur dans sa miséricorde infinie, nous intercéderons comme Moïse : « Pardonne maintenant leur péché ; sinon efface-moi de ton livre que tu as écrit » (Exode 32, 32). Mais la réponse est sans appel. Le Seigneur dit à Moïse : « C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai (lire la suite) de mon livre » (Exode 32, 33). Ce ne sera pas arbitraire, mais foncièrement juste. Les fauteurs d’iniquité, « tous ceux qu’on ne trouve pas inscrits dans le Livre de vie furent jetés dans l’étang de feu » (Apocalypse 20, 15), ce « feu éternel, préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25, 41), le feu de l’enfer. Quant à ceux qui portent le nom de Dieu sur leur front, « ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont soumis, leur dit le Seigneur, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux » (Luc 10, 20), vous qui « m’avez assisté dans la lutte pour l’Évangile », ainsi que les « autres collaborateurs dont les noms figurent dans le livre de vie » (Philippiens 4, 3). « Le vainqueur portera des vêtements blancs ; je n’effacerai pas son nom du Livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant les anges » (Apocalypse 3, 5), comme je le fais pour « quiconque se déclarera pour moi devant les hommes » (Matthieu 10, 32). Voilà qui est de nature à nous rassurer, pourvu que nous prenions sincèrement les moyens de lutter jour après jour pour suivre le Christ au plus près. (fin)

samedi 21 décembre 2013

Sainteté (5)

Sainteté (5)

Or, puisque l’Esprit a pris possession de notre âme et s’y est installé à demeure, avec le Père et le Fils (cf. Jean 14, 23), il connaît bien notre intérieur, de quelle pâte nous sommes faits. « Le Seigneur connaît les pensés des hommes » (Psaume 94, 11). Et il sait « qu’elles sont vaines » (Ibid.), bien souvent du moins, dans la mesure où nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit. L’Apôtre, qui reprend cette affirmation du psalmiste, nous lance par voie de conséquence cette invitation : « Que personne donc ne mette sa gloire dans les hommes, […] mais vous, vous êtres au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Corinthiens 3, 21.23). C’est donc mettre le cap résolument sur Dieu que de lui appartenir pour de bon. (lire la suite) De la sorte, sa sainteté foncière, constitutive, existentielle peut irradier notre âme et communiquer à tout notre être une force vitale entièrement positive qui, en quelque sorte, nous aspire vers l’infini de Dieu, nous arrache à la pesanteur et à l’attraction de la terre pour nous placer définitivement sur l’orbite de Dieu. « Je n'ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2, 2). C’est une sage résolution, la plus raisonnable de toutes, bien que la Croix soit et reste « scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils » (1 Corinthiens 1, 23). Nous n’y pouvons rien. Mais nous n’allons pas rabaisser le niveau des douces exigences de notre foi pour leur faire plaisir ou pour modeler notre comportement sur le leur. Dieu nous en garde ! C’est tout le contraire qui doit se produire : « Dieu veuille que ton comportement et tes conversations fussent tels que l’on pût dire en te voyant ou en t’écoutant parler : voilà quelqu’un qui lit la vie du Christ ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 2). « Quiconque est inscrit dans le livre » de vie sera sauvé (Daniel 12, 1), ce livre qui est ouvert à l’heure du jugement général récapitulatif de toute l’histoire humaine et de celle de chaque être vivant (cf. Apocalypse 20, 12). Dieu sait de toute éternité quels sont ceux qui y figurent et ceux qui en sont exclus. Cela n’a pourtant rien d’un fatalisme, car cette inscription est le résultat de notre comportement sur terre, de notre recherche de la sainteté. « Ceux des habitants de la terre dont le nom ne figure pas depuis la fondation du monde sur le Livre de vie, ils seront dans l’étonnement en voyant la Bête » (Apocalypse 17, 8) à « dix cornes et sept têtes. Il y avait sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms blasphématoires » (Apocalypse 13, 1). « Elle sera adorée par tous les habitants de la terre, ceux dont le nom ne figure pas, depuis la fondation du monde, sur le livre de vie de l’Agneau égorgé » (Apocalypse 13, 8). (à suivre…)

vendredi 20 décembre 2013

Sainteté (4)

Sainteté (4)

Il s’était, des années plus tôt, adressé au peuple sur l’instruction du Seigneur Tout-Puissant : « Parle à toute l’assemblée d’Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car je suis saint, moi le Seigneur, votre Dieu » (Lévitique19, 2). « Car moi, je suis le Seigneur, votre Dieu ; vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis saint, et vous ne vous rendrez pas impurs vous-mêmes […]. Car moi, je suis le Seigneur, qui vous ai tiré du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Vous serez saints, car je suis saint » (Lévitique11, 44-45). « Tu es un peuple saint au Seigneur, ton Dieu » (Deutéronome 14, 21). Tel est le leitmotiv. Telle est la leçon (lire la suite) qui nous est inculquée en tout temps, mais qui est probablement insuffisamment relayée par qui de droit, car, de nos jours encore, beaucoup pensent à la sainteté presque exclusivement à propos des religieux et des prêtres. Erreur grossière s’il en est. Car la sainteté ne dépend pas d’un style de vie ni de l’extérieur de l’homme, mais de ce qui se passe en lui, de sa relation personnelle avec Dieu et de sa propre réponse à l’invitation du Saint-Esprit à entreprendre résolument l’ascension de la sainte montagne de Dieu et à persévérer. L’initiative vient de Dieu comme toujours. Son appel retentit continuellement, pour que nous ne l’oublions pas, pour que nous ne perdions pas la conscience aiguë de notre vocation chrétienne, du sens de notre existence terrestre. « Le Seigneur t’a fait dire aujourd’hui que tu veux lui devenir un peuple particulier, comme il te l’a dit, et observer tous ses commandements, et ainsi te rendra-t-il supérieur à toutes les nations qu’il a faites, en gloire, en renom et en splendeur et fera-t-il de toi un peuple consacré au Seigneur, ton Dieu, comme il l’a dit » (Deutéronome 26, 19-19). Un peuple qui est devenu le peuple nouveau qu’est l’Église du Seigneur. Or, Jésus-Christ a voulu « se présenter à lui-même une Église glorieuse, sans tache ni ride ni rien de semblable, qui fut sainte et irréprochable » (Éphésiens 5, 27). C’est toujours une affaire de sainteté. Et c’est dans l’Église que nous nous sanctifions pleinement, car notre Seigneur l’a instituée dépositaire et dispensatrice de tous les moyens de salut. « Si nous avions oublié le nom de Dieu et étendu les mains vers un dieu étranger, Dieu ne l’aurai-t-il pas aperçu, lui qui connaît les secrets du cœur ? » (Psaume 44, 21-22). Il sait à quoi s’en tenir sur ce que nous valons, malgré les apparences savamment entretenues et un certain air convenu que nous adoptons. Ce ne sont pas nos belles déclarations qui comptent à ses yeux, mais nos œuvres, les « espèces sonnantes et trébuchantes », pourrions-nous dire. Car « c’est par les œuvres que l’homme est justifié ; et non par la foi seule » (Jacques 2, 24). Ces bonnes œuvres nous accompagnent (cf. Apocalypse 14, 13) dans l’éternité. Elles sont notre faire-valoir, notre mot de passe. « Car le royaume de Dieu consiste, non en paroles, mais en puissance » (1 Corinthiens 4, 20). La puissance de l’Esprit qui se manifeste dans ces œuvres, car elles sont faites à son incitation (cf. 1 Corinthiens 2, 4). (à suivre…)

jeudi 19 décembre 2013

Sainteté (3)

Sainteté (3)

N’oublions pas d’où nous venons et où nous sommes destinés à aller. Dieu nous a choisis en lui « dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et sans tache à ses yeux dans la droiture, en sa libre volonté, prédestinés à être ses enfants adoptifs grâce à Jésus-Christ » (Éphésiens 1, 4-5). Grâce à Notre-Seigneur, en effet, nous avons été « réconciliés avec lui dans son corps de chair, par la mort, afin de vous faire paraître devant lui saints, sans tache ni reproche » (Colossiens 1, 22). Ce n’est quand même pas rien. Jésus a payé le prix fort. (lire la suite) Il s’est engagé à fond pour nous sauver et nous conquérir, ou regagner plus précisément, la condition d’enfant de Dieu, de son Père, et nous rendre ainsi la sainteté accessible dans la vie de tous les jours, sans rien faire d’extraordinaire ou d’exceptionnel. Tout simplement en menant notre existence quotidienne sous la mouvance du Saint-Esprit. Cela n’a rien de sorcier, en somme. « Que le Dieu de paix vous rende lui-même saints tout entiers » (1 Thessaloniciens 5, 23), intégralement, de la tête aux pieds pourrions-nous dire. Parce que nous ne voulons pas être saints par à coups, ou par périodes, ce qui revient au même. C’est donc le souhait que nous formulons avec saint Paul, et qu’il précise encore en ces termes : « Que le Seigneur accroisse et fasse surabonder votre charité les uns pour les autres et pour tous, de même que la nôtre envers vous ! Qu’il affermisse aussi vos cœurs dans une sainteté irréprochable devant notre Père et Dieu » (1 Thessaloniciens 3, 13). « Saints tout entiers », « une sainteté irréprochable ». Telle doit bien être notre ambition, la plus noble et la plus élevée de toutes. Pouvons-nous ignorer ces appels qui retentissent – nous le voyons bien – tout au long du Nouveau Testament, mais qui ont leurs antécédents dans l’Ancien Testament, comme nous pouvons bien l’imaginer, car l’être humain a été créé dans un état de sainteté originelle, qui était une participation éminente à la Sainteté de Dieu. « Faites tout sans murmure ni discussions, pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération mauvaise et dévoyée, où vous brillez comme des astres dans le monde » (Philippiens 2, 15), ce qui est une référence au cantique que Moïse entonna peu avant de mourir : « Cieux, prêtez l’oreille, et je parlerai ; et que la terre écoute les paroles de ma bouche ! » (Deutéronome 32, 1). Il y oppose « un Dieu fidèle et sans iniquité » à « une race perverse et dévoyée » (Deutéronome 32, 4.5). (à suivre…)

mercredi 18 décembre 2013

(Sainteté (2)

(Sainteté (2)

« Ceux qui de Rome sont les bien-aimés de Dieu », ceux-là sont « appelés à la sainteté » (Romains 1, 17). Il en va de même de ceux qui habitent partout ailleurs, où cet appel à la sainteté ne cesse de retentir grâce aux hérauts de la foi. Dont le premier est notre Seigneur lui-même, lui qui, « de par Dieu, est devenu pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1, 30). C’est pourquoi, « ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus », ceux-là « sont appelés à la sainteté » (1 Corinthiens 1, 2). Telle est la raison profonde (lire la suite) et ultime du choix que Dieu a fait de nous en nous communiquant la grâce du baptême. Si tout homme en soi est appelé à la sainteté, le baptisé l’est à un titre spécial, d’une façon pressante. Il ne peut pas ignorer que telle est son orientation foncière et qu’il doit faire quant à lui tout son possible pour seconder l’action de la grâce dans son âme. On a l’impression que cet enseignement évangélique n’a pas pénétré en profondeur dans le cœur des chrétiens et que les pasteurs d’âmes ne se soucient pas toujours de le leur transmettre de façon claire et attrayante, bien que ce soit pour eux une obligation fondamentale de leur ministère(cf., par exemple, les canons 528-529 du Code de droit canonique latin). « Vous donc, vous serez saints, comme votre Père céleste est Saint » (Matthieu 5, 48). C’est on ne peut plus clair. Tel est l’enseignement du Seigneur relayé par les différents apôtres. « Ne vous laissez plus mener par les convoitises comme au temps passé où vous viviez dans l’ignorance ; mais à l’imitation du Saint [du Saint par excellence qu’est Dieu, comme le chantent les Séraphins éternellement : « Saint, Saint, Saint est le Seigneur des armées ! Toute la terre est remplie de sa gloire ! » : Isaïe 6, 3], à l’imitation du Seigneur qui vous a appelés, soyez saints, vous autres, dans toute votre conduite, puisqu’il est écrit : Soyez saints, car je suis saint » (1 Pierre 1, 14-16). Comment faire la sourde oreille à cette invitation qui, de surcroît, est un appel à ce qu’il y a de plus élevé et de plus parfait, à ce qui correspond le mieux à notre nature rationnelle et aux aspirations naturelles de notre cœur ? Il faut vraiment être englué dans le matériel pour ignorer ces sifflements amoureux du Bon Pasteur, qui est la porte du Salut : « C’est moi qui suis la porte : celui qui entrera par moi sera sauvé [c’est-à-dire, il deviendra saint] ; il vivra et il viendra, et il trouvera pâture » (Jean 10, 9) adaptée à ses besoins vitaux. (à suivre…)

mardi 17 décembre 2013

Sainteté (1)

Sainteté (1)

L’on nous a enseigné dans le Christ à nous « renouveler spirituellement dans [notre] intelligence » (Éphésiens 4, 23), en ne nous modelant « pas sur ce monde-ci », mais en nous transformant « en renouvelant [notre] esprit, afin de discerner quelle est la Volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Romains 12, 2), pour, de la sorte, « revêtir l’homme nouveau, créé d’après Dieu, dans la vraie justice et la sainteté » (Éphésiens 4, 24). Cet homme nouveau, en effet, « se renouvelle à l’image de celui qui l’a créé, pour parvenir à la connaissance » (Colossiens 3, 10), celle du bien véritable, (lire la suite) qui n’est autre que son Créateur, lequel est lui-même la Justice et la Sainteté. C’est Dieu qui est à l’origine de ce changement qui s’est opéré en nous : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en cette mort – la mort au péché – pour que, tout comme le Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, pareillement nous marchions, nous autres, dans le renouveau d’une autre vie » (Romains 6, 4), qui nous amène à servir « sous le régime de l’esprit » (Romains 7, 6). Telle est la transformation opérée en notre âme, qui communique l’orientation fondamentale à toute notre existence et commande nos choix de vie. « Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. L’ancien est disparu, du nouveau est apparu » (2 Corinthiens 5, 17). Celui qui est assis sur le trône dit : « Voici que je rénove toutes choses » (Apocalypse 21, 5). C’est fait. Ce renouvellement a eu lieu. Ce retour à la condition des origines de l’homme se produit par la grâce baptismale. « Aussi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez bien quelle est la Volonté du Seigneur » (Éphésiens 5, 17). C’est-à-dire « discernez ce qui est agréable au Seigneur » (Éphésiens 5, 10). « C’est pourquoi nous autres, depuis le jour où nous l’avons appris – les fidèles de Colosses connus de Paul par Épaphras – nous ne cessons de prier pour vous et de demander que vous soit pleinement donnée la connaissance de la Volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelle » (Colossiens 1, 9), afin que « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de la gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation pour le bien connaître lui-même » (Éphésiens 1, 17), ce qui est évidemment indispensable pour mener à bien la tâche de notre sanctification qui ne consiste en rien d’autre qu’à nous identifier progressivement à notre Dieu Créateur qui est venu s’établir à demeure dans notre âme (cf. Jean 14, 23). (à suivre…)

lundi 16 décembre 2013

Marie et la connaissance de Jésus (4)

Marie et la connaissance de Jésus (4)

Allons à Marie, pour apprendre d'elle davantage de choses sur Jésus, afin de les transmettre opportunément comme les évangélistes l'ont fait dans leurs écrits, et comme la tradition chrétienne nous les a rapportés. Préparons avec Notre Dame les anecdotes que nous allons raconter à tel de nos amis ; l'épisode de la vie de notre Seigneur qu'il convient de lui expliquer pour que cela le captive et qu'il ait envie de s'écrier à son tour : « Que je voie ! » (Marc 10, 51). Ou bien : « Seigneur, apprends-moi à prier ! » (cf. Luc 11, 1) ? Ou encore : « Seigneur je crois, mais viens en aide à mon peu de foi ! » (cf. Marc 9, 24). « Si tu le veux, tu peux me guérir ! » (Marc 1, 40). Et qu'il comprenne que ces mots du Christ s'adressent à lui : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi ! » (Luc 7, 14). « Marie vous guidera vers ce futur éternel ; elle nous le fait désirer ardemment et découvrir ; elle nous donne son espérance, sa certitude, son désir. Animés par une réalité si splendide, avec une joie indicible, notre pèlerinage terrestre humble et fatigant, illuminé par Marie, se transforme en un chemin sûr - iter para tutum – vers le Paradis » (Paul VI, Homélie, 15 août 1966). (lire la suite) L’apostolat consiste, en bonne partie, peut-être même essentiellement, à établir des relations, à jeter un pont entre nos amis et Dieu, en leur parlant de ce Jésus-Christ dont l’enseignement émerveillait les foules, car il ne parlait pas comme les scribes et les pharisiens, qui ne faisaient que rappeler des interdits et les châtiments dont leur infraction était passible, qui « disent et ne font pas » (Matthieu 23, 3). Non ! L’enseignement de Jésus était dispensé avec autorité (cf. Marc 1, 27) tout en n’étant pas pesant (cf. 1 Jean 5, 3), bien au contraire. Entendre le Seigneur parler des choses d’en haut (cf. Colossiens 3, 2) produisait une joie profonde : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous lorsqu’il nous parlait sur le chemin, tandis qu’il nous dévoilait les Écritures ? » (Luc 24, 32). L‘amour authentique attire irrésistiblement : « Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par amour […] ; si tu corriges, corrige par amour ; si tu pardonnes, pardonne par amour. Que cette racine de charité pousse en ton âme, car elle ne peut produire que du bien » (saint Augustin, Super Epistula Ioannis ad Parthos tractatus 7-8). N’en doutons pas, c’est ce qui se passe avec nos amis, quand nous leur parlons de Jésus-Christ, même s’ils mettent parfois du temps à le reconnaître et qu’ils tardent à communiquer autour d’eux la découverte qu’ils ont faite : le Christ est vivant, il est ressuscité, je l’ai vu, j’ai dîné avec lui, comme les disciples d’Emmaüs ! (fin)

dimanche 15 décembre 2013

Marie et la connaissance de Jésus (3)

Marie et la connaissance de Jésus (3)

Nous avons, nous aussi, comme Marie, bien des choses à raconter de Jésus-Christ, car nous sommes de ses amis : « Je vous ai appelés amis » (Jean 15, 15). Mieux et plus, nous appartenons à sa famille, nous sommes domestici Dei, des « membres de la famille de Dieu » (Éphésiens 2, 19). Il nous revient donc d'annoncer la Bonne Nouvelle aux autres, à ceux qui nous entourent et qui, peut-être, ne cessent de nous agresser, parce que l'idée qu'ils se font de Dieu leur est insupportable. Nous pouvons tirer un enseignement des « veilleurs » qui, depuis le printemps 2013, se manifestent partout en France pour s'opposer à la désagrégation forcée de la société, même si nous ne pouvons pas nous contenter d'une attitude passive et qu'il nous faut mettre beaucoup de contenu dans notre action, tout le contenu de l'Évangile de Jésus-Christ, dont le nom et le seul nom qui nous a été donné par lequel nous pouvons être sauvés (cf. Actes 4, 12). (lire la suite) Et si les gens ne viennent pas spontanément à nous pour nous dire: « Nous voudrions voir Jésus », nous irons les chercher pour leur annoncer la nouvelle formidable: « J'ai trouvé le Messie (cf. Jean 1, 41), le Dieu sauveur, le Dieu d'Amour, celui qui t'aime comme un Père, celui qui a donné sa vie pour toi alors que tu n'étais pas encore né, parce qu'il t'aime tendrement, à la folie. » Marie nous aide à formuler une prière qui soit une vraie prière, et à prier en faisant attention à ce que nous disons et à qui nous nous adressons, afin qu'elle soit fructueuse : « C'est une grande arme que la prière, c'est une belle parure que la prière, et une sûreté, et un port, et un trésor de biens, et une richesse que rient ne peut ravir. [...] Invoquez-le vous-mêmes avec la pureté des intentions, avec la sagesse de l'âme ; ne le priez pas par acquis de conscience, ce que font beaucoup de personnes, dont la langue prononce les paroles de la prière, dont la pensée, en même temps, reste souvent dans leur maison, ou se promène sur la place publique, à travers les rues, ce qui est un artifice du démon ; car, comme il sait qu'au moment de la prière, nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés, jaloux de nous fermer ce port, il s'élève alors contre nous ; il chasse notre pensée des paroles que nous prononçons, afin qu'au sortir de l'église, nous en retirions plus de perte que de profit (saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Grande Semaine 6). Nous en connaissons suffisamment sur notre Seigneur, et pas uniquement du point de vue intellectuel et de la foi, mais aussi dans le domaine existentiel. Car ce Jésus dont Marie peut raconter mille anecdotes, rapporter nombre de faits et gestes dont elle seule a été le témoin, parfois avec saint Joseph, mais il n'est plus de ce monde, ce même Jésus n'est pas pour nous un Dieu lointain. Il est aussi proche de nous qu'il l'était d'elle. C'est ce que le bienheureux Charles de Foucauld faisait remarquer. Notre apostolat ne consiste pas à parler d'un Dieu des morts, mais des vivants (cf. Matthieu 22, 32), du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (cf. Marc 12, 26). D'un Dieu qui est lui-même vivant, qui est la Vie (cf. Jean 14, 6), car il est mort, mais il est vraiment ressuscité (cf. Luc 24, 35), et qui « est le même hier, le même aujourd'hui, et il le sera éternellement » (Hébreux 13, 8). (à suivre…)

samedi 14 décembre 2013

Marie et la connaissance de Jésus (2)

Marie et la connaissance de Jésus (2)

J'ai fait l'expérience de ce que, après le rappel à Dieu, le 26 juin 1975, de Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, son successeur, Alvaro del Portillo, retenu comme bienheureux par le pape François, a commencé à raconter bien des anecdotes relatives à la vie de saint Josémaria. Pourquoi Marie n'en aurait-elle pas fait autant ? Si, comme le pape Paul VI l'a dit à Mgr del Portillo, le fondateur ne vous appartient plus, mais il est le patrimoine de toute l'Église, à combien plus forte raison s'agissant de notre Seigneur, venu donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Matthieu 20, 28) et voulant que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Timothée 2, 4). Ce Dieu qui nous donne grâce (lire la suite) après grâce (cf. Jean 1, 16) et qui nous comble de plus en plus de ses bienfaits au fur et à mesure que le temps passe. « Dieu offre toujours des cadeaux à ceux qui font partie de sa maisonnée. Plus leur amour de Dieu grandit, plus les cadeaux qu'ils reçoivent sont beaux (...). Dieu est absolument parfait (...), alors que l'homme avance petit à petit [...]. Et Dieu ne se lasse jamais de l'enrichir de ses biens, tant que l'homme ne se lasse pas de recevoir les bienfaits de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 9, 2 et 4, 7, 11). Ce rôle explicatif et illustratif de Marie est donc on ne peut plus logique et bien compréhensible. Il est même attendu, dirais-je. « Demandons à la Mère de Dieu, notre Mère, de nous préparer le chemin qui conduit au plein amour : Cor Mariæ dulcissimum, iter para tutum ! Son doux cœur connaît le chemin le plus sûr pour rencontrer le Christ » (saint Josémaria, , n° 38). Afin de nous remplir de la Parole de Dieu, pour qu'elle devienne notre nourriture quotidienne, le moteur de notre existence, la référence de nos raisonnements, la source de notre reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits. Oui, apprenons de Marie à louer Dieu en chantant et en composant notre propre Magnificat. Le Magnificat est un merveilleux chant d'action de grâce en même temps que d'adhésion à la Volonté de Dieu. Il manifeste l'intérieur de Marie, ce qu'elle porte en elle, ses sentiments les plus profonds. Elle l'entonne sans doute sous l'inspiration de l'Esprit Saint, puisque sans lui nous ne sommes même pas capables d'articuler ce mot essentiel d'Abba ! Papa (cf. Romains 8, 15). En même temps, nous ne pouvons pas ne pas remarquer que cette hymne est un condensé de textes de l'Ancien Testament parfaitement bien enchaînés. Or, les fidèles ne disposaient pas à l'époque de rouleaux de la Bible chez eux. Et Marie n'a pas fréquenté l'école rabbinique. Ce n'était pas une affaire de femmes. D'ailleurs, il n'y avait probablement pas d'école rabbinique à Nazareth, vue la faible population de la ville, et Jésus ne l'a donc pas davantage fréquentée, d'où l'étonnement et la stupéfaction des Docteurs de la loi en écoutant ses questions et al sagesse de ses raisonnements (cf. Luc 2, 47). Pour que la Saint Vierge manie l'Écriture avec tant de spontanéité et prononce des paroles si profondes et prophétiques à la fois, il faut comprendre que, chez elle, ses parents, saint Joachim le premier, car c'était son rôle, répétaient souvent des passages des Saintes Écritures, au point que Marie en était toute imprégnée et qu'elles nourrissaient régulièrement sa prière personnelle. Le Magnificat est donc un aboutissement. Il est le fruit d'une maturation progressive de la Parole du Dieu Tout-Puissant. « Nous voudrions voir le Seigneur. » Telle est l'inspiration de bien des gens. Une aspiration confuse la plupart du temps, non formulée explicitement, car le Christ n'est pas encore passé dans leur vie. Et c'est toi, c'est moi, qui doit le leur rendre présent, les amener à notre Seigneur pour qu'il leur ouvre les yeux, qui délie leur langue, qu'il raffermisse leurs membres paralysées et guérisse leur surdité, afin qu'ils perçoivent enfin la Parole qui délivre et qui réchauffe les cœurs. (à suivre…)

vendredi 13 décembre 2013

Marie et la connaissance de Jésus (1)

Marie et la connaissance de Jésus (1)

Avec l’Ascension de Jésus au ciel, où il siège désormais à la droite du Père (cf. Colossiens 3, 2), la parole de la Vierge Marie est libérée. Tant que son Fils partageait notre existence terrestre, elle restait toujours en retrait, tout en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour lui faciliter l’accomplissement de sa mission. Elle avait, sans doute involontairement ou inconsciemment agi comme déclencheur de ce ministère public de notre Seigneur par son intervention lors de noces célébrées à Cana, auxquelles elle avait été conviée tout comme Jésus et ses premiers disciples(cf. Jean 2, 1-11). (lire la suite) Mais après cet événement, elle semble s’être effacée derrière son Fils. Sans doute a-t-elle souvent renvoyé vers lui ceux qui venaient la voir et l’interroger. Qui mieux que Jésus de Nazareth pouvait dire ce qu’il avait à nous dire de la part du Père ? Un jour, des Grecs virent à Philippe et lui dirent : « ‘Nous voudrions bien voir Jésus’. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe allèrent le dire à Jésus’ » (Jean 12, 21-22). Rien ne nous interdit de penser que la très Sainte Vierge ait pu jouer à plus d’une reprise ce même rôle d’intermédiaire entre les hommes et notre Rédempteur. Elle exerçait ainsi déjà sa Maternité spirituelle qui consiste à nous conduire au Christ et, par lui, au Père puisque « celui qui m’a vu a vu le Père », commentera Jésus au même Philippe (Jean 14, 9). Mais désormais, une fois Jésus retourné à la maison du Père, Marie peut nous parler de lui, sans risquer de le gêner par des commentaires et des éloges qu’il n’aurait pas acceptés, même s’ils correspondaient à la plus stricte vérité. À Béthanie, Maire, la sœur de Lazare, était suspendue aux lèvres du Maître parlant de son Père et de notre Père, et du royaume des cieux qu’il était venu instaurer sur terre. Nous sommes aussi captivés quand nous entendons quelqu’un nous faire part d’une expérience exceptionnelle qu’il a faite dans sa vie ou nous parler, par exemple, d’un ancêtre commun, que nous n’avons pas personnellement connu. Nous l’écoutons religieusement, comme on dit, parce que cela nous passionne et nous concerne. Mettons-nous donc à l’écoute de Marie pour comprendre, ou découvrir, bien des choses de la vie de Jésus qu’elle seule peut nous dévoiler, qui font partie de ce trésor qu’elle accumulait dans son cœur et qui alimentait sa prière (cf. Luc 2, 51). Nous nous passionnons nous aussi à l’écouter, comme les apôtres réunis avec elle au Cénacle (cf. Actes 1, 14) dès le jour de l’Ascension. « Regarder la très Sainte Vierge est vraiment un acte consolateur, qui oriente et confirme la doctrine dans notre âme : la foi, l’espérance et la charité, unies aux autres vertus. Elle dirige ainsi notre vie au-delà des limites de notre existence terrestre, au-delà des confins du temps présent » (Paul VI, Homélie, 15 août 1966). Avant même que l'Esprit Saint ne s'empare d'eux et ne les enivre d'Amour, leur remettant en mémoire tout ce que Jésus-Christ leur avait dit (cf. Jean 14, 26), Marie, qui est l'Épouse de l'Esprit Saint, a pris comme les devants. Elle prépare cette intervention et cette action du Paraclet en découvrant plus à fond la très Sainte Humanité de Jésus indissolublement unie à sa divinité. Avec elle nous croyons en l'humanité et en la divinité de Jésus. Avec elle nous sommes prêts à suivre son Fils partout où l’on nous conduira et, s'il le faut, à donner notre vie pour défendre la vérité. « Personne n'a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l'opinion du monde, mais ils n'ont pas craint de mourir pour le Christ » (saint Justin, 2e Apologie 10). (à suivre…)

jeudi 12 décembre 2013

Arrêt sur christianisme (82)

Arrêt sur christianisme (82)

[le Christ] ‘n’est pas venu pour détruire la Croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là que Dieu a choisi pour lui-même’ (P. Claudel, Dialogues sur la souffrance). Voilà donc ce que découvrent de Dieu tous ceux qui acceptent la confiance crucifiée. C’est que le Verbe de Dieu qui s’est fait chair s’est mis personnellement au cœur de la douleur. Qu’au moment où dans la personne du Christ s’est réalisée l’union fantastique de Dieu et de la douleur, toute la réalité de la douleur, toute la réalité de la douleur et du mal était épuisée par Dieu. Et que ‘celui qui s’est fait malédiction pour nous’ l’avait fait par amour. Que la puissance de souffrir est en nous la même que la puissance d’aimer : nous le savions, mais que la crucifixion de Jésus et des croyants et de tous ceux qui choisissent la confiance, et qui nous paraît chose tellement inacceptable, était la crucifixion même de Dieu, que c’était son secret, qu’il est lui-même crucifié par le mal : voilà la nouveauté radicale, voilà la bouleversante nouveauté du christianisme. À tous ceux qui acceptent la confiance, Dieu se dévoile comme le premier crucifié et plus crucifié qu’eux encore dans le mal. ‘L’Agneau qui se laisse mener à la boucherie sans se défendre’ : ce n’est pas seulement Jésus, c’est Dieu lui-même que Jésus est en personne. L’obscurité est plus grande que jamais, mais nous savons que la lumière n’est donnée qu’à ceux qui vont jusque-là. B. Bro, Le pouvoir du mal. 3. Le Dieu crucifié, Paris, Éditions Bayard-Presse, 1976, p. 16-17.

mercredi 4 décembre 2013

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, il se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’un homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que (lire la suite) de voir en lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

mardi 3 décembre 2013

Connaître en écoutant (7)

Connaître en écoutant (7)

Nous revenons ainsi au point de départ des considérations présentes, à l’attitude de Marie de Béthanie, assise aux pieds du Seigneur, en train de l’écouter pour apprendre à mieux le connaître (cf. Luc 10, 39). L’écouter pour l’aimer et pour se sentir aimé comme il nous aime. D’où « trois repères très importants pour entraîner les âmes vers le Seigneur : t’oublier toi-même et ne penser qu’à la gloire de Dieu ton Père ; soumettre filialement ta volonté à la Volonté du ciel, comme Jésus-Christ te l’a appris ; seconder avec docilité les lumières de l’Esprit Saint » (saint Josémaria, Sillon, n° 793). (lire la suite) Cela revient à développer toutes les qualités dont Dieu nous a doté et de faire fructifier tous les talents qu’il nous a remis. Dans la parabole dite des talents, après avoir réparti ses dons entre ses serviteurs, « selon les capacités de chacun » (Matthieu 15, 15), il leur dit : « Faites-les valoir jusqu’à mon retour » (Luc 19, 13). Ce n’est pas un souhait ou une simple proposition, mais une instruction précise, un ordre clair et net, dépourvu d’ambiguïté. Le maître peut l’intimer précisément parce qu’il a tenu compte des capacités de chacun de ses serviteurs dans la répartition qu’il a faite de ses biens. Et il leur fait confiance, puisqu’il part séance tenante pour un déplacement prolongé. « Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’appliqua à les faire valoir » (Matthieu 25, 15-16). Il est beau de constater cet empressement, nous pourrions même dire l’enthousiasme avec lequel ce serviteur se met au travail et assume ses responsabilités, ayant bien compris ce que son maître attend de lui. Nous pourrions penser que ce comportement est bien normal. La suite du récit montre que cela n’est pas nécessairement inscrit dans la logique des choses et que cela n’a rien d’un automatisme. En effet, celui qui n’avait reçu qu’un talent, ou une mine, l’avait soigneusement, jalousement peut-être, enveloppé et conservé dans un linge. Quand son maître lui demande de rendre compte de sa gestion, il s’approche avec arrogance et répond : « Seigneur, voici ta mine, que j’ai tenue serrée dans un linge, car j’avais peur de toi, parce que tu es un homme dur : tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé » (Luc 19, 20-21). (à suivre…)

lundi 2 décembre 2013

Connaître en écoutant (6)

Connaître en écoutant (6)

Certes, notre sainteté ne saurait causer celle d’autrui, car toute sainteté provient de Dieu, est un don gratuit de sa part. mais il s’en sert comme d’un canal, d’un vecteur pour toucher les âmes de ceux qui nous entourent ou que nous approchons d’une façon ou d’une autre. « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous soyez, vous aussi, en communion avec nous ; nous sommes, nous, en communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jean 1, 3). En définitive, aimer Dieu et notre prochain, m’est avis que c’est tout un. Tout se résume à cela, car le deuxième commandement est égal au premier (lire la suite) (cf. Matthieu 22, 39). Ils sont inséparables. « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et on amour atteint en nous sa perfection. […] Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jean 4, 12.20). Il existe deux aspects ou dimensions de la gloire divine, une intérieure à la Très Sainte Trinité, l’autre extérieure. « Ce que la Bible appelle « gloire de Dieu » (kabod Yahvé, doxa tou Theou) est avant tout Dieu lui-même : la « gloire intérieure » […], la perfection infinie de la Divinité dans la Trinité de Personnes [..], la plénitude de Vérité et d’Amour dans la contemplation et la donation réciproques (et par conséquent dans la communion) du Père, du Fils et du Saint-Esprit […]. Avec la création du monde commence une nouvelle dimension de la gloire de Dieu, appelée « extérieure » pour la distinguer de la précédente » (bx Jean-Paul II, Discours, 12 mars 1986). C’est bien à ce deuxième niveau que nous pouvons et devons intervenir. Mais pas uniquement en louant Dieu et en le servant par toute notre vie, mais aussi en participant à cette gloire, par la divinisation que la grâce sanctifiante opère progressivement dans notre âme et qui découle de notre condition d’enfant de Dieu, comme une exigence même de celle-ci, pourrions-nous dire, même si aucune obligation de justice n’existe à strictement parler en ce sens de la part de Dieu. La gloire de Dieu est Dieu lui-même en tant qu’il se manifeste aux hommes. « Il se forma une nuée – au moment où Jean baptise le Seigneur – qui les enveloppa de son ombre, et une voix vint de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : Écoutez-le ! » (Marc 9, 7). (à suivre…)

dimanche 1 décembre 2013

Connaître en écoutant (5)

Connaître en écoutant (5)

Écoutons le Seigneur, buvons ses paroles comme du petit lait, avec avidité, cherchons à les mettre en pratique dans notre vie courante. De la sorte, nous sommes connus et aimés de Dieu et entraînés vers lui par notre Seigneur qui est « le premier-né de beaucoup de frères » (Romains 8, 29) et la tête de toutes choses. Dieu, en effet, « a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Église, qui est son corps, l’absolue plénitude de celui qui remplit tout en tout » (Éphésiens 1, 22-23). Il y a donc connaissance réciproque. (lire la suite) Nous sommes bien évidemment plus connus de Dieu que nous ne pouvons parvenir à le connaître. Mais il s’agit toutefois d’une connaissance bien réelle, authentiquement vécue, et qui est foncièrement une connaissance d’amour. « Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour » (1 Jean 4, 8). Ceci est absolument définitif. De sorte que lui rendre gloire, comme notre nature nous y porte, n’est rien d’autre que reconnaître son Amour pour nous en l’aimant en retour, de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces et de tout notre esprit (cf. Luc 10, 27). Et comment pouvons-nous aimer Dieu ainsi, à un tel degré, et lui rendre toute la gloire ? Tout simplement en nous efforçant de nous sanctifier dans les réalités temporelles auxquelles nous sommes naturellement mêlés à longueur s’existence. La gloire de dieu doit se manifester à partir de nos œuvres (cf. Matthieu 5, 16), et donc au travers de notre travail d’enfant de Dieu et de toute notre vie d’enfant de Dieu. C’est aussi élémentaire, et fondamental à la fois, que cela. Il ne s’agit pas de se concentrer sur certaines tâches d’apostolat ou d’assistance sociale à autrui, mais de transformer toutes nos activités, aussi modestes et terre-à-terre soient-elles, en « occasion de t’aimer et de servir avec joie et simplicité l’Église, le Souverain Pontife et toutes les âmes, éclairant les chemins de la terre avec la lumière de la foi et de l’amour » (prière de la dévotion à saint Josémaria). Il s’agit donc d’assumer nos responsabilités, d’accomplir nos devoirs d’état au mieux, en les offrant à Dieu. Nous avons dit que notre objectif sur terre se ramène à nous sanctifier pour rendre gloire à Dieu ici-bas, puis pour l’éternité dans la patrie céleste. Mais aussi, parallèlement et inséparablement, nous voulons être saints pour communiquer la sainteté de Dieu à d’autres, pour la faire rayonner dans le monde et accroître ainsi encore plus la gloire de notre Dieu et Père. « Pour eux je me consacre moi-même – c’est-à-dire je me sanctifie – afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité » (Jean 17, 19). Nous percevons ainsi clairement notre unique finalité : la sanctification, autrement dit « le devoir que nous avons d’être saints pour sanctifier » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9). (à suivre…)

samedi 30 novembre 2013

Connaître en écoutant (4)

Connaître en écoutant (4)

Mais nous ne rendons pas gloire à Dieu en vue de devenir saints, pour que notre sainteté rejaillisse sur nous. C’est l’inverse qui doit de produire, c’est-à-dire que nous devons nous efforcer d’être saints pour rendre ainsi à Dieu toute la gloire qui lui revient. « À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen ! » (Romains 16, 27). C’est bien à la gloire de Dieu que s’oriente la sanctification personnelle et celle des autres. Telle doit être notre aspiration la plus radicale : « Fais tiennes les pensées de cet ami, qui écrivait : "J'ai considéré les bontés que Dieu a eues envers moi et, rempli de joie(lire la suite) intérieure, je me serais bien mis à crier dans la rue, pour que tout le monde se rende bien compte de ma reconnaissance filiale : ô Père! Père ! Et, si je n'ai pas crié, j'ai marché bien souvent en murmurant ainsi — Père ! sûr que j'étais de lui plaire. — Je ne recherche pas autre chose: je ne veux que son contentement et sa Gloire : tout pour lui. Et si je veux mon salut, ma sanctification, c'est parce que je sais que lui, il la veut. Si, dans ma vie de chrétien, j'ai un profond souci des âmes, c'est parce que lui, il a ce souci. Et je lui dis sincèrement: jamais je ne dois porter mon regard sur le prix. Je ne désire aucune récompense : tout faire par Amour" » (saint Josémaria, Forge, n° 1033). « Si la vie n’avait pas pour fin de rendre gloire à Dieu, elle serait méprisable, plus encore : odieuse » (saint Josémaria, Chemin, n° 783). Nous, nous sommes connus individuellement de Dieu, à condition toutefois que nous l’aimions. Certes, il connaît tout le monde et tout ce qui s’y passe, d’un seul regard, parce qu’il est éternel et qu’il existe en dehors du temps, qui est une limitation. Car si « le shéol et l’abîme sont à nu devant le Seigneur, combien plus les cœurs des humains ! » (Proverbe 15, 11). Mais enfin, « si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui » (1 Corinthiens 8, 3), au sens où il est aimé de lui. Cette connaissance mutuelle nous permet d’orienter correctement notre conduite et d’effectuer les bons choix à chaque instant. En effet, « maintenant que vous avez connu Dieu, ou, plutôt, que vous avez été connus de Dieu, comment pouvez-vous retourner à ces éléments faibles et misérables dont vous voulez de nouveau vous faire les esclaves ? » (Galates 4, 9). Ce serait évidemment incompréhensible pour celui qui vit en présence de Dieu, même si c’est aussi la conséquence presque inévitable de l’humaine faiblesse… « Quiconque entend les paroles que je dis et les met en portique est semblable à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie s’est abattue, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison qui ne s’est pas écroulée, parce qu’elle avait été bâtie sur le roc. » Inversement, « quiconque entend ces paroles et ne les met pas en pratique est semblable à un fou – ou un insensé – qui a bâti sa maison sur le sable. Les pluies se sont abattues, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont rués contre cette maison qui s’est écroulée : c’était un grand effondrement ! » (Matthieu 7, 24-26). On veut bien le croire. (à suivre…)

vendredi 29 novembre 2013

Connaître en écoutant (3)

Connaître en écoutant (3)

Mais le Seigneur ne s’était pas privé de la rappeler de temps à autre, question de nous faire comprendre qu’à ses yeux nous restions vraiment ses enfants. Des enfants terribles, certes, mais ses enfants tout de même. Dieu reste notre Père, quoi qu’il arrive, quels que soient nos égarements. Et chaque fois que nous revenons à lui, le cœur contrit et rempli d’humilité (cf. Psaume 50, 19), il nous le prouve. C’est l’enseignement que nous tirons de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32). « Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour » (Jean-Paul II, lette encyclique Dives in misericordia, 30 novembre 1980, n°8). (lire la suite) Dieu s’est toujours présenté comme étant fidèle à ses promesses. Mais ici, nous avons davantage, parce que c’est la miséricorde et la mansuétude de notre Dieu qui s’étalent au grand jour, et parce que quelque chose de très profond est mis en évidence : « Les causes de cette émotion doivent être recherchées plus profondément: le père est conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils. Bien que celui-ci ait dilapidé son héritage, son humanité est cependant sauve. Plus encore, elle a été comme retrouvée » (Ibid.). Voilà ce qu’il y a de plus étonnant et de plus émouvant dans l’attitude de Dieu à notre égard, et de plus inattendu aussi, dans une perspective humaine. Par là, le Seigneur nous répète ce qu’il affirmait déjà par la bouche du prophète : « Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils ; moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2, 7). Et, en t’envoyant mon propre Fils, je t’ai réengendré, je t’ai réintroduit, réadmis dans ma propre vie. Et en te pardonnant tes péchés, je t’engendre de nouveau à la vie de la grâce, qui n’est autre que la lymphe vivifiante qui circule inlassablement de moi à mon Fils et vice-versa sous l’action de notre Esprit commun. Je t’ai tiré des extrémités de la terre et je t’ai appelé des lointaines régions pour te dire : « Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné » (Isaïe 41, 9). Nous avons donc toutes les raisons du monde pour vouloir connaître ce Dieu qui nous donne tout et qui nous aime tellement. Or, Dieu est saint, par excellence, en lui-même. Il est la Sainteté. Le connaître réellement, c’est donc nous efforcer d’être saints à notre tour pour lui rendre gloire et pour que les autres le glorifient à travers nous. « Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 6, 16). (à suivre…)

jeudi 28 novembre 2013

Connaître en écoutant (2)

Connaître en écoutant (2)

Mais pour ceux qui sont appelés à la contemplation au beau milieu de ces activités et à l’occasion de celles-ci, en s’occupant au fourneau comme Marthe, l’unique nécessaire consiste à écouter le Christ, qui ne cesse de s’adresser à nous à tout moment par son haut-parleur qu’est en quelque sorte l’Esprit Saint. « C’est l’Intercesseur, l’Esprit Saint que mon Père enverra en mon nom, qui vous enseignera tout et vous remettra en mémoire tout ce que moi je vous ai dit » (Jean 14, 23). Cette façon d’écouter ne consiste donc pas uniquement à entendre la Parole de Dieu, qui est proclamée à notre intention tous les jours dans la sainte messe ou que nous lisons régulièrement par dévotion pour bien nous en pénétrer et pour (lire la suite) qu’elle soit le guide de notre vie. C’est précisément nous nourrir d’elle, pour la mettre en pratique en suivant les pas du Seigneur. « Ces minutes que tu consacres chaque jour à la lecture du Nouveau Testament, selon le conseil que je t’ai donné (essayer de bien entrer dans chaque scène, et d’y participer, comme un personnage de plus) elles sont là pour que tu incarnes, pour que “ tu accomplisses ” l’Évangile dans ta vie…, et pour “le faire accomplir” » (saint Josémaria, Sillon, n° 672). Il s’agit en définitive de savourer cette Parole, plus douce que le miel au palais (cf. Psaume 19, 11), afin de vivre avec le Christ, de désirer ardemment demeurer avec lui, comme les disciples d’Emmaüs qui le priaient instamment de rester avec ceux, justement parce que le Verbe de Dieu venait de leur expliquer en personne longuement, patiemment et en détail tout « ce qui, dans les Écritures, le concernait », en commençant par Moïse et en continuant par les prophètes (Luc 24, 27). « Reste avec nous – lui disent-ils -, car on arrive au soir et déjà le jour décline » (Luc 24, 29). « “Reste avec nous, puisque la nuit tombe…” Elle a été efficace la prière de Cléophas et de son compagnon. — Quel dommage, si toi et moi nous ne savions “retenir” Jésus, à son passage ! Quelle douleur, si nous ne Lui demandons pas de rester ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 671). La possibilité d’écouter Dieu nous est également facilitée par notre condition d’enfants de Dieu. C’est la grande réalité de l’existence chrétienne, la bonne nouvelle que le Seigneur nous apporte et qui ne cesse de nous émerveiller, à l’image de saint Jean : « Voilà quel grand amour nous a témoigné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, ce que nous sommes ! » (1 Jean 3, 1). La nouveauté vient de ce qu’il s’agit d’une réappropriation de la condition originelle de l’homme et de la femme, que nous avions perdue à la suite de leur rébellion contre Dieu connue sous le nom de péché originel. (à suivre…)

mercredi 27 novembre 2013

Connaître en écoutant (1)

Connaître en écoutant (1)

(« Il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus » (1 Timothée 2, 5). C’est lui que nous devons écouter et apprendre à connaître, pour entrer en dialogue avec Dieu le Père. Marie, sœur de Lazare, nous montre quelle est la bonne attitude à adopter : elle « s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 39), quand il était arrivé à Béthanie et était descendu, selon son habitude, chez Lazare et ses deux sœurs, qui étaient pour lui de bons amis de longe date. Alors que Marthe s’active aux tâches de la maison pour (lire la suite) recevoir son hôte illustre au mieux de ses possibilités, Marie reste immobile, impassible, à boire les paroles du Maître. Comme Marthe s’impatiente et apostrophe Jésus : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse faire le service toute seule ? » (Luc 10, 40), Jésus lui apporte une réponse qui a pris un caractère d’orientation pour toute vie chrétienne digne de ce nom, en tout temps et en tous lieux, qui a valeur de principe directeur de notre conduite : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses – bonnes sans nul doute, et accomplies avec la meilleure bonne volonté du monde, mais sans intention vraiment droite, il te faut le reconnaître -, alors qu’il n’est besoin que d’une seule. C’est Marie qui a choisi la bonne part » (Luc 10, 41-42). Et notre Seigneur d’ajouter une précision importante : « Elle ne lui sera pas enlevée » (Luc 10, 42). Puissions-nous comprendre que cet unique nécessaire est la sainteté, la recherche de la sainteté, qui se trouve dans la compagnie de Dieu et nulle part ailleurs. « Remercie le Seigneur du bien énorme qu’il t’a octroyé en te faisant comprendre qu’“une seule chose est nécessaire”. — Et que ta gratitude soit accompagnée de ta prière journalière, insistante pour ceux qui ne le connaissent pas encore ou qui ne l’ont pas compris » (saint Josémaria, Sillon, n° 454). C’est ce que je me propose de faire ici. La seule chose nécessaire, et donc ce qui compte avant tout dans notre vie, et se présente à nous comme la fin ultime de notre vie, ce qui prime sur tout le reste. De quoi s’agit-il ? De rester des heures entières devant le tabernacle d’où le Seigneur continue de nous parler ? Certes pas, à moins d’avoir une vocation qui retire du monde et voue exclusivement à la contemplation à l’écart des activités séculières. (à suivre…)

mercredi 20 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (5)

Aimer plus que saint Jean (5)

Le point de départ consiste à fermer les yeux de la chair, pour contempler la vie du Christ. c’est de ne pas regarder les événements de l’extérieur, de ne pas assister à un simple spectacle, mais de les contempler de l’intérieur, d’en devenir un acteur. Bien des gens, lorsqu’ils assistent à la projection d’un film, s’identifient à l’un ou l’autre personnage, ou se prennent tellement au jeu qu’ils en deviennent très réactifs. Je me souviens d’une pièce de théâtre, Le Procès à Jésus, dont le metteur en en scène avait prévu de placer des acteurs parmi le public, suscitant de la sorte des réactions de spectateurs. C’est bien de cela dont il s’agit. Le point de départ consiste donc à vivre ce que nous voyons. (lire la suite) « En ouvrant le Saint Evangile, songe que ce qui y est rapporté — les œuvres et les paroles du Christ —, tu ne dois pas seulement le savoir, mais le vivre. Tout, chacun des points relatés a été recueilli dans le moindre détail, pour que tu l'incarnes dans les circonstances concrètes de ton existence. — Le Seigneur nous a appelés, nous autres catholiques, pour que nous Le suivions de près et, dans ce Texte Saint, tu découvriras la Vie de Jésus. Mais en outre tu dois y découvrir ta propre vie. Toi aussi, tu apprendras à demander, plein d'Amour comme l'Apôtre : "Seigneur, que veux-tu que je fasse :..." — La volonté de Dieu ! c'est ce que tu entends de façon très nette au fond de ton âme. Eh bien ! prends l'Évangile tous les jours, et lis-le, vis-le comme une norme à suivre. — C'est ainsi qu'ont procédé les saints » (Forge, n° 754). Une volonté qu’il n’est pas si ardu d’accomplir, car, comme saint Augustin le fait remarquer, « rien ne coûte quand on aime, rien n’est difficile au cœur épris » (Lettre IX, à Eustochium, sur la virginité). Demandons à saint Josémaria – et à don Álvaro qui a su, grâce à Dieu, être tellement identifié à notre Père et à l’esprit qu’il avait reçu de Dieu – demandons-leur de nous apprendre à rechercher l’amour de Dieu, à désirer intensément nous éprendre à fond de lui, sans solution de continuité, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où que nous soyons, quoi que nous fassions, et à manifester aussi cet amour dans les petites choses de la journée, dans notre travail, sur nos trajets quotidiens, à la maison, que nous nous trouvions en forme ou que nous soyons fatigués, en tout et à tout bout de champ. Aimer, aimer encore et seulement aimer. (fin)

lundi 18 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (4)

Aimer plus que saint Jean (4)

Voilà où il nous faut parvenir. Autrement, cela ne va pas. Le commandement de l’amour que nous avons reçu de Dieu, et que notre Seigneur relaye en le qualifiant de « commandement nouveau » (Jean 13, 34), demande qu’il domine tout, que nous aimions notre Dieu sans réserve aucune. Ceci explique et motive la prière enflammée et confiante de saint Josémaria qui s’exclamait : « Je veux t’aimer comme celui qui t’aime le plus. » « Répare, avec joie ; et cherche à l’aimer également, uni au battement de tous les cœurs qui ne l’aiment pas encore » (Chemin de Croix, 5e station, point n° 5). Et d’ajouter : « Je veux croire comme celui qui croit le plus ; je veux espérer comme celui qui espère le plus » (méditation, 27 mars 1975, cité dans S. Bernal, Mgr Escriva de Balaguer, Portrait du fondateur de l’Opus Dei, Paris, Le Laurier, 1978, p. 398). Ayons cette sainte ambition. Saint Jean Chrysostome nous montre aussi (lire la suite) qu’« ayant reçu le commandement d’aimer Dieu, nous avons en nous, depuis notre origine, une force qui nous rend capables d’aimer » (Regulæ fusius tractatæ, resp. 2, 1), et d’aimer comme Dieu veut être aimé. Et que rien n’est plus désirable, et plus raisonnable, que d’aimer Dieu, à qui nous devons tout : « C’est de lui, en effet, que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). L’âme, « encore qu’elle ne sente pas ces charmes dont Dieu récompense l’habitude dans la piété, elle comprend néanmoins que les créatures ne peuvent être plus aimables que le Créateur, et sa raison aidée par la lumière de la grâce lui fait connaître qu’il n’y a rien de plus aimable que Dieu et qu’il ne peut être ôté qu’à ceux qui le rejettent, puisque c’est le posséder que le désirer, et que le refuser c’est le perdre » (Pascal, Sur la conversion du pécheur). Semblable prière ne peut qu’enflammer notre cœur en désirs de sainteté. Si l’amour se paye avec de l’amour, le fait d’arriver à aimer Jésus plus que Jean, grâce à l’intercession maternelle de Marie, qui comprend bien les aspirations surnaturelles que l’Esprit Saint fait naître en nous, ce fait d’aimer ainsi Jésus, d’être au contact direct de la Parole de Dieu, du verbe fait chair, fait vibrer tout notre être : « N’avions-nous pas le cœur tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, nous expliquant les Écritures ? » (Luc 24, 32). (à suivre…)

samedi 16 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (3)

Aimer plus que saint Jean (3)

C’est donc bien là, dans la sainte messe et dans l’Eucharistie qu’un vaste espace nous est ouvert pour aimer notre Seigneur et pour l’aimer comme il entend que nous le fassions et comme il l’attend de chacun de nous, selon ce qu’il nous a fait savoir : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force » (Luc 12, 30). Saint Bernard nous aide à comprendre que « la raison pour laquelle on aime Dieu, c’est Dieu lui-même ; et la mesure de cet amour, c’est de l’aimer sans mesure » (Traité de l’amour de Dieu, chap. 1). À nous de nous insérer dans cet espace, de nous y établir à jamais. Tout en sachant que l’initiative vient toujours de Dieu : « Celui qui retient mes commandements et les met en pratique, voilà celui qui m’aime ; et celui qui l’aime sera aimé de mon Père, et moi aussi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. […] Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 21.23). cet empressement du Seigneur et du Père à venir chez nous, avec leur Esprit d’Amour, est impressionnant et fort émouvant, poignant même quand l’on sait ce qu’il en a coûté au Christ notre Seigneur. (lire la suite) Or, « l’amour humain est un amour jaloux à cause de l’étroitesse du cœur humain et à cause de la petitesse de l’homme. Mais l’amour peut également être jaloux à cause de la grandeur du Créateur et du Père : jaloux parce qu’il a tant aimé le monde… et, dans ce monde, tant aimé l’homme qu’il en a proprement fait son image et sa ressemblance. C’est l’amour jaloux de l’image et de la ressemblance de Dieu, perdues et effacées dans l’homme par le péché. Dans ce cas « amour jaloux » signifie être prêt à tout pour reconquérir et reconstruire le bien ruiné, la beauté spirituelle détruite de l’image et de la ressemblance de Dieu. Dieu a tant aimé ! (Jean-Paul II, Homélie du mercredi des Cendres à Sainte-Sabine, 25 février 1982). Car l’amour auquel nous sommes invités n’a rien de platonique. À nous de trouver comment aimer notre Seigneur comme Jean, plus encore que Jean… À l’aimer « en action et en vérité » (1 Jean 3, 18). Accepter les commandements de Dieu se résume précisément à aimer : « Je vous donne un commandement nouveau : Que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13, 34-35). Cependant « l’amour de Dieu n’est pas quelque chose qui peut être enseigné, mais dès que cet être vivant que nous appelons homme commence à exister, une force spirituelle est mise en lui, comme une semence, qui renferme la faculté et la tendance à l’amour » (saint Jean Chrysostome, Regulæ fusius tractatæ, resp. 2, 1). (à suivre…)

jeudi 14 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (2)

Aimer plus que saint Jean (2)

En restant avec elle, auprès d’elle, nous prenons place avec les apôtres et les saintes femmes auprès de Jésus. Et, en voyant en nous son petit enfant nécessiteux d’aide et d’affection, Marie nous fait passer avant les autres et nous installe dans les bras de son Fils. Ou bien, c’est une image, et plus qu’une image, qu’utilisait saint Josémaria, elle prend Jésus dans un de ses bras et nous dans l’autre. Et c’est, si je puis dire, précisément un jeu d’enfant pour elle de rapprocher l’un et l’autre de ses enfants. Et où Marie nous amène-t-elle à aimer Jésus plus que Jean, à pénétrer plus à fond dans son intimité fortifiante ? Dans la sainte messe, bien évidemment. C’est au cours de la dernière Cène (lire la suite) que l’apôtre adolescent fait reposer sa tête contre le Cœur bientôt transpercé de notre Jésus, ce Cœur d’où s’écouleront du sang et de l’eau (cf. Jean 19, 33), le torrent réparateur des sacrements donnés à son Église pour qu’elle nous en administre largement les fruits au long des siècles. Rien n’exclut, bien sûr, que Jean ait adopté la même attitude en d’autres circonstances, que Jésus ait laissé faire cet apôtre qui avait tout sacrifié dès sa jeunesse – relictis omnibus, « laissant là leurs filets » (Matthieu 4, 20) – pour le suivre. Mais c’est le contexte du Sacrifice eucharistique du Jeudi Saint, au Cénacle de Jérusalem, qui nous intéresse ici. Car c’est bien en cet endroit précis que nous pouvons aimer notre Seigneur et constater à quel point il nous aime, tous autant que nous sommes : « Jésus, qui savait que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde auprès du Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Or, dans l’Eucharistie il nous est donné non seulement de fréquenter le Christ de près, de partager son existence parmi nous, comme Jean et les autres disciples pouvaient le faire voici deux mille ans, mais aussi et plus encore d’entrer dans sa propre vie d’union au Père dans l’Esprit Saint, de le recevoir dans notre âme pour ne faire qu’un avec lui et, par lui, avec le Père et l’Esprit : « Je prie […] afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que c’est toi qui l’as envoyé » (Jean 17, 20-21). (à suivre…)

mardi 12 novembre 2013

Aimer plus que saint Jean (1)

Aimer plus que saint Jean (1)

« J’aimerais que, fermant les yeux de la chair, vous contempliez la vie du Christ, comme dans un film, que vous soyez des acteurs de sa vie, en vous tenant avec les apôtres et les saintes femmes, plus près de Jésus que saint Jean. Sinon, cela ne va pas » (, 28 décembre 1959, citée dans E. Burkhart-J. López, Vida cotidiana y santidad en la enseñanza de San Josemaría. Estudio de teología pastoral, Madrid, Rialp, 2013, vol. 3, p. 545). Par là saint Josémaria nous demande d’être plus près de notre Seigneur que l’apôtre que Jésus aimait tout spécialement (cf. Jean 20, 12). « Sinon, cela ne va pas », précise-t-il. Cela peut sembler une gageure. Mais puisque notre vie intérieure n’est pas ce qu’elle est appelée à être si nous ne devançons pas l’apôtre Jean dans l’amour qu’il porte au Christ, nous n’avons d’autre solution que de demander à saint Josémaria de nous aider à atteindre cet objectif. Père, ce que tu nous demandes est bien ambitieux et nous apparaît comme vraiment hors de portée. Mais nous te faisons confiance pour intercéder auprès de Dieu et pour nous obtenir les grâces qu’il voudra bien nous accorder à cette fin. Nous te faisons confiance aussi pour faire passer ces demandes par notre Mère du ciel, dont tes saints ont toujours souligné la qualité de « toute-puissance suppliante », à qui Jésus ne peut rien refuser, car elle ne lui a jamais dit non. (lire la suite) Saint Josémaria commencera par nous remettre en mémoire les paroles du Christ agonisant, sur le point de remettre son esprit entre les mains de son Père (cf. Luc 23, 46). Des paroles fécondes par lesquelles il confie Jean à Marie et réciproquement : « Voyant sa Mère et, auprès d’elle, le disciple qu’il aimait, [Jésus] dit à sa Mère : « Femme, voici ton fils ». puis il dit au disciple : « Voilà ta Mère. » et, à partir de ce moment, le disciple la prit chez lui »c (Jean 19, 26-27). Que veut dire que « Jean la prit chez lui » ? Au-delà de l’hébergement sous son toit, plus fondamentalement cela signifie que Jean l’introduisit définitivement dans son intérieur ; que sa vie spirituelle s’est développée désormais dans la compagnie la plus intime qui soit de Celle qui devenait du même coup la Mère de toute l’humanité pécheresse. Pourquoi saint Josémaria nous parlerait-il d’emblée de la Vierge Marie ? Parce que personne n’aime plus Dieu qu’elle. Personne n’a mieux aimé Jésus sur terre, ni plus profondément et constamment qu’elle. Son amour de notre Seigneur dépasse très largement celui de saint Jean. C’est notre grande chance que de mettre aussi la très Sainte Vierge de plus en plus dans notre vie de piété, d’introduire vraiment Marie en tout et pour toutes choses. (à suivre…)

dimanche 10 novembre 2013

Tous égaux (2)

Tous égaux (2)

Ces considérations, peut-être banales, viennent renforcer une idée typiquement chrétienne, bien mise en valeur par le concile Vatican II, à savoir l’égalité fondamentale ou radicale qui règne entre tous les hommes du fait de leur condition d’enfants de Dieu, d’êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26). Saint Paul déjà affirmait qu’« il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus ni homme ni femme : car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28). Mais il ne s’agit pas seulement de gommer les différences de race ou de culture, mais plus profondément d’affirmer que ce qui nous distingue les uns des autres, tout en ayant des implications sérieuses et durables (lire la suite) sur le cours de l’histoire de l’humanité, ne sont en définitive que bien peu de chose au regard de ce qui nous rassemble. Bien évidemment, la société des hommes a besoin de chefs qui la guide et de meneurs qui lui servent de points de ralliement. Mais aussi brillants soient-ils, aussi admirés et adulés soient-ils, ils n’en sont pas moins des créatures comme nous, avec d’énormes limites inhérentes à leur condition terrestre. Nous comprenons bien dans ce contexte l’affirmation suivante de saint Josémaria, un autre meneur d’hommes dont l’action et l’enseignement ont révolutionné à jamais la vie de bien de nos semblables et le visage même de l’Église et du monde. Il disait ceci : « Pour moi le travail d'une de mes filles membre de l'Opus Dei, qui est employée de maison, est de la même importance que le travail d'une de mes filles qui porte un titre nobiliaire. Dans les deux cas, la seule chose qui m'intéresse, c'est que le travail qu'elles effectuent soit un moyen et une occasion de sanctification pour elles-mêmes et pour les autres ; et le travail le plus important sera celui de la personne qui, dans sa propre occupation, et dans son propre état, devient plus sainte et accomplit avec le plus d'amour la mission reçue de Dieu. Devant Dieu, le professeur d'Université a la même importance que le commis de magasin, ou la secrétaire, ou l'ouvrière ou la paysanne : toutes les âmes sont égales. On pourrait même dire que parfois l'âme des êtres les plus simples est plus belle encore et que celles qui traitent Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit avec le plus d'intimité sont toujours plus agréables à Dieu » (Entretiens avec Mgr Escriva, Paris, Le Laurier, 3e éd., 1987, n° 109). (fin)

vendredi 8 novembre 2013

Tous égaux (1

Tous égaux (1

Les inégalités que nous trouvons dans la société sont toutes relatives, et tendent même vers zéro, aussi paradoxal que cela puisse paraître, si nous les rapportons à Dieu, qui est Infini. Nous sommes dans l’admiration face à des esprits supérieurs et à des génies qui apparaissent de temps à autre tout au long de l’histoire. Pensons à Platon et à Aristote, à Alexandre le Grand et à Lénine, à saint Augustin et à saint Thomas d’Aquin, à saint Jean-Paul II et à Benoît XVI, à Charlemagne, à saint Louis, à Napoléon et à de Gaulle, à saint Boniface, à saint Bruno, à saint Dominique, saint François, saint Ignace ou encore au saint Curé d’Ars, à Archimède, à Descartes, à Newton, à Malthus, à Einstein, à Steve Jones, etc. Tous ne sont pas également recommandables. Mais tous ont marqué leur époque, et parfois le monde de façon définitive, et sont des hommes qui se détachent nettement du lot. Certes, celui qui sait à peine lire et écrire nous semble bien inculte comparé à un Pascal. Mais qu’est-ce que Pascal face à Dieu ? Une goutte d’eau dans l’océan de l’intelligence ? Moins qu’une goutte d’eau… Il n’est presque rien si nous l’envisageons en relation avec la Sagesse infinie de notre Dieu trois fois Saint. (lire la suite)) Nos musées et nos églises sont remplis de chefs-d’œuvre de la peinture, de la sculpture, de la mosaïque. Raphaël, Michel-Ange et tant d’autres nous éblouissent et nous nous sentons bien petits devant eux, que nous ne saurions imiter. Pourtant, là encore, la beauté à laquelle ils sont parvenus, qu’ils ont su exprimer, n’est qu’un reflet pale et jauni du Beau par essence qu’est Dieu, un vulgaire gribouillis sans consistance qu’ils n’oseraient pas même accrocher aux murs du paradis... Nous pouvons nous émouvoir et laisser notre cœur chavirer en écoutant les œuvres de Marc-Antoine Charpentier, de Claude Debussy, de Camille Saint-Saëns, d’Hector Berlioz, ou de Chopin, de Wagner, de Beethoven…, alors que notre oreille musicale n’est pas fameuse et que nous ne savons jouer d’aucun instrument. Mais qu’est-ce que tout cela face à la musique céleste qui retentit tout uniment dans la Jérusalem céleste ? Un bruit de casseroles fêlées tout au plus. Quelque chose de disharmonieux au possible. Et nous nous extasions pourtant, faute d’une meilleure expérience à venir. Nous nous esbaudissons au spectacle du Bourgeois Gentilhomme ; nous tremblons avec Henri III ; nous nous reconnaissons dans la Divine Comédie ; nous rions avec les exploits de Don Quichotte ; nous vibrons avec Guerre et Paix ; nous enrichissons notre âme avec sainte Thérèse d’Avila, saint Jean de la Croix, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint François de Sales, etc. Il serait aisé de poursuivre avec toutes les professions, et de penser aux Bocuse, Alain Prost, Maurice Herzog, Jules Verne, Christophe Colomb, Jeanne d’Arc, Gengis Khan, Saladin et tant et tant d’autres hommes et femmes illustres à nos yeux. Le constat reste inexorablement et nécessairement inchangé. (à suivre…)

mercredi 6 novembre 2013

Connaissance de Jésus (3)

Connaissance de Jésus (3)

Marie nous aide à formuler une prière qui soit une vraie prière, et à prier en faisant attention à ce que nous disons et à qui nous nous adressons, afin qu'elle soit fructueuse : « C'est une grande arme que al prière, c'est une belle parure que la prière, et une sûreté, et un port, et un trésor de biens, et une richesse que rient ne peut ravir. [...] Invoquez-le vous-mêmes avec la pureté des intentions, avec la sagesse de l'âme ; ne le priez pas par acquis de conscience, ce que font beaucoup de personnes, dont la langue prononce les paroles de la prière, dont la pensée, en même temps, reste souvent dans leur maison, ou se promène sur la place publique, à travers les rues, ce qui est un artifice du démon ; car, comme il sait qu'au moment de la prière, (lire la suite) nous pouvons obtenir le pardon de nos péchés, jaloux de nous fermer ce port, il s'élève alors contre nous ; il chasse notre pensée des paroles que nous prononçons, afin qu'au sortie de l'église, nous en retirions plus de perte que de profit (saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Grande Semaine 6). Nous en connaissons suffisamment sur notre Seigneur, et pas uniquement du point de vue intellectuel et de la foi, mais aussi dans le domaine existentiel. Car ce Jésus dont Marie peut raconter mille anecdotes, rapporter nombre de faits et gestes dont elle seule a été le témoin, parfois avec saint Joseph, mais il n'est plus de ce monde, ce même Jésus n'est pas pour nous un Dieu lointain. Il est aussi proche de nous qu'il l'était d'elle. C'est ce que le bienheureux Charles de Foucauld faisait remarquer. Notre apostolat ne consiste pas à parler d'un Dieu des morts, mais des vivants (cf. Matthieu 22, 32), du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (cf. Marc 12, 26). D'un Dieu qui est lui-même vivant, qui est la Vie (cf. Jean 14, 6), car il est mort, mais il est vraiment ressuscité (cf. Luc 24, 35), et qui « est le même hier, le même aujourd'hui, et il le sera éternellement » (Hébreux 13, 8). Allons à Marie, pour apprendre d'elle davantage de choses sur Jésus, afin de les transmettre opportunément comme les évangélistes l'ont fait dans leurs écrits, et comme la tradition chrétienne nous les a rapportés. Préparons avec Notre Dame les anecdotes que nous allons raconter à tel de nos amis ; l'épisode de la vie de notre Seigneur qu'il convient de lui expliquer pour que cela le captive et qu'il ait envie de s'écrier à son tour : « Que je voie ! » (Marc 10, 51). Ou bien : « Seigneur, apprends-moi à prier ! » (cf. Luc 11, 1)? Ou encore : « Seigneur je crois, mais viens en aide à mon peu de foi ! » (cf. Marc 9, 24). « Si tu le veux, tu peux me guérir ! » (Marc 1, 40). Et qu'il comprenne que ces mots du Christ s'adressent à lui : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi ! » (Luc 7, 14). « Marie vous guidera vers ce futur éternel ; elle nous le fait désirer ardemment et découvrir ; elle nous donne son espérance, sa certitude, son désir. Animés par une réalité si splendide, avec une joie indicible, notre pèlerinage terrestre humble et fatigant, illuminé par Marie, se transforme en un chemin sûr - iter para tutum – vers le Paradis » (Paul VI, Homélie, 15 août 1966). (fin)

lundi 4 novembre 2013

Connaissance de Jésus (2)

Connaissance de Jésus (2)

Le Magnificat est un merveilleux chant d'action de grâce en même temps que d'adhésion à la Volonté de Dieu. Il manifeste l'intérieur de Marie, ce qu'elle porte en elle, ses sentiments les plus profonds. Elle l'entonne sans doute sous l'inspiration de l'Esprit Saint, puisque sans lui nous ne sommes même pas capables d'articuler ce mot essentiel d'Abba ! Papa (cf. Romains 8, 15). En même temps, nous ne pouvons pas ne pas remarquer que cette hymne est un condensé de textes de l'Ancien Testament parfaitement bien enchaînés. Or, les fidèles ne disposaient pas à l'époque de rouleaux de la Bible chez eux. Et Marie (lire la suite) n'a pas fréquenté l'école rabbinique. Ce n'était pas une affaire de femmes. D'ailleurs, il n'y avait probablement pas d'école rabbinique à Nazareth, vue la faible population de la ville, et Jésus ne l'a donc pas davantage fréquentée, d'où l'étonnement et la stupéfaction des Docteurs de la loi en écoutant ses questions et al sagesse de ses raisonnements (cf. Luc 2, 47). Pour que la Saint Vierge manie l'Écriture avec tant de spontanéité et prononce des paroles si profondes et prophétiques à la fois, il faut comprendre que, chez elle, ses parents, saint Joachim le premier, car c'était son rôle, répétaient souvent des passages des Saintes Écritures, au point que Marie en était toute imprégnée et qu'elles nourrissaient régulièrement sa prière personnelle. Le Magnificat est donc un aboutissement. Il est le fruit d'une maturation progressive de la Parole du Dieu Tout-Puissant. « Nous voudrions voir le Seigneur. » Telle est l'inspiration de bien des gens. Une aspiration confuse la plupart du temps, non formulée explicitement, car le Christ n'est pas encore passé dans leur vie. Et c'est toi, c'est moi, qui doit le leur rendre présent, les amener à notre Seigneur pour qu'il leur ouvre les yeux, qui délie leur langue, qu'il raffermisse leurs membres paralysées et guérisse leur surdité, afin qu'ils perçoivent enfin la Parole qui délivre et qui réchauffe les cœurs. Nous avons, nous aussi, comme Marie, bien des choses à raconter de Jésus-Christ, car nous sommes de ses amis : « Je vous ai appelés amis » (Jean 15, 15). Mieux et plus, nous appartenons à sa famille, nous sommes domestici Dei. Il nous revient donc d'annoncer la Bonne Nouvelle aux autres, à ceux qui nous entourent et qui, peut-être, ne cessent de nous agresser, parce que l'idée qu'ils se font de Dieu leur est insupportable. Nous pouvons tirer un enseignement des « veilleurs » qui, depuis le printemps 2013, se manifestent partout en France pour s'opposer à la désagrégation forcée de la société, même si nous ne pouvons pas nous contenter d'une attitude passive et qu'il nous faut mettre beaucoup de contenu dans notre action, tout le contenu de l'Évangile de Jésus-Christ, dont le nom et le seul nom qui nous a été donné par lequel nous pouvons être sauvés (cf. Actes 4, 12). Et si les gens ne viennent pas spontanément à nous pour nous dire : « Nous voudrions voir Jésus », nous irons les chercher pour leur annoncer la nouvelle formidable : « J'ai trouvé le Messie (cf. Jn 1, 45), le Dieu sauveur, le Dieu d'Amour, celui qui t'aime comme un Père, celui qui a donné sa vie pour toi alors que tu n'étais pas encore né, parce qu'il t'aime tendrement, à la folie. (à suivre…)

samedi 2 novembre 2013

Connaissance de Jésus (1)

Connaissance de Jésus (1)

Avant même que l'Esprit Saint ne s'empare d'eux et ne les enivre d'Amour, leur remettant en mémoire tout ce que Jésus-Christ leur avait dit (cf. Jean 14, 26), Marie, qui est l'Épouse de l'Esprit Saint, a pris comme les devants. Elle prépare cette intervention et cette action du Paraclet en découvrant plus à fond la très Sainte Humanité de Jésus indissolublement unie à sa divinité. Avec elle nous croyons en l'humanité et en la divinité de Jésus. Avec elle nous sommes prêts à suivre son Fils partout où il nous conduira et, s'il le faut, à donner notre vie pour défendre la vérité. « Personne n'a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l'opinion du monde, mais ils n'ont pas craint de mourir pour le Christ » (saint Justin, 2e Apologie 10). J'ai fait l'expérience de ce que, après le rappel à Dieu, le 26 juin 1975, de Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, (lire la suite) son successeur, Alvaro del Portillo, retenu comme bienheureux par le pape François, a commencé à raconter bien des anecdotes relatives à la vie de saint Josémaria. Pourquoi Marie n'en aurait-elle pas fait autant ? Si, comme le pape Paul VI l'a dit à Mgr del Portillo, le fondateur ne vous appartient plus, mais il est le patrimoine de toute l'Église, à combien plus forte raison s'agissant de notre Seigneur venu donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Matthieu 20, 28) et voulant que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Timothée 2, 4). Ce Dieu qui nous donne grâce après grâce (cf. Jean 1, 16) et qui nous comble de plus en plus de ses bienfaits au fur et à mesure que le temps passe. « Dieu offre toujours des cadeaux à ceux qui font partie de sa maisonnée. Plus leur amour de Dieu grandit, plus les cadeaux qu'ils reçoivent sont beaux [...]. Dieu est absolument parfait [...], alors que l'homme avance petit à petit [...]. Et Dieu ne se lasse jamais de l'enrichir de ses biens, tant que l'homme ne se lasse pas de recevoir les bienfaits de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 9, 2 et 4, 7, 11). ce rôle explicatif et illustratif de Marie est donc on ne peut plus logique et bien compréhensible. Il est même attendu, dirais-je. « Demandons à la Mère de Dieu, notre Mère, de nous préparer le chemin qui conduit au plein amour : Cor Mariæ dulcissimum, iter para tutum ! Son doux cœur connaît le chemin le plus sûr pour rencontrer le Christ » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 38). Afin de nous remplir de la Parole de Dieu, pour qu'elle devienne notre nourriture quotidienne, le moteur de notre existence, la référence de nos raisonnements, la source de notre reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits. Oui, apprenons de Marie à louer Dieu en chantant et en composant notre propre Magnificat. (à suivre…)

jeudi 24 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (80)

Saint Paul affirme : « L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : “Abba !” » (Rm 8, 15). Le christianisme n’est pas une religion de la peur, mais de la confiance et de l’amour au Père qui nous aime. Ces deux affirmations denses nous parlent de l’envoi et de l’accueil du Saint Esprit, le don du Ressuscité, qui fait de nous des fils dans le Christ, le Fils unique, et nous place dans une relation filiale avec Dieu, une relation de profonde confiance, comme celle des enfants ; une relation filiale semblable à celle de Jésus, même si son origine et son importance sont différentes : Jésus est le Fils éternel de Dieu qui s’est fait chair, en revanche, nous devenons fils en Lui, dans le temps, à travers la foi et les sacrements du baptême et de la confirmation ; grâce à ces deux sacrements, nous sommes plongés dans le Mystère pascal du Christ. Benoît XVI, Audience générale, 23 mai 2012.

mardi 22 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (79)

Arrêt sur christianisme (79)

Ni le subtil intellectualisme de la démythologisation ni le pragmatisme de l’aggiornamento [la mise à jour] n’arrivent à emporter la conviction. N’est-ce pas la preuve que cette déviation du scandale sur lesquelles ni théories ni recettes n’ont directement prise. En un certain sens, l’on saisit ici sur le vif l’originalité du scandale « chrétien », ce que l’on pourrait appeler le positivisme chrétien, le positivisme irréductible du christianisme. je veux dire : la foi chrétienne n’a pas seulement pour objet, comme on pourrait d’abord le supposer, ce qui est éternel et en vertu de son altérité resterait totalement en dehors de notre monde et en dehors du temps ; son objet immédiat, c’est plutôt le Dieu qui est entré dans l’histoire, Dieu fait homme. En paraissant ainsi combler le fossé entre l’éternel et le temporel, entre le visible et l’invisible, en nous faisant rencontrer Dieu comme un homme, l’Éternel comme un être soumis au temps, la foi se reconnait comme révélation. Sa prétention d’être révélation est fondée dans le fait qu’elle introduit pour ainsi dire l’Éternel dans notre monde : « Nul n’a jamais vu Dieu, le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1, 18) ; il est devenu « exégèse » de Dieu, aurait-on presque envie de dire suivant l’expression grecque. Mais restons au mot allemand (aus-legen = en-poser) que l’original nous autorise à prendre au pied de la lettre : Jésus a « ex-posé » Dieu, il l’a sorti de lui-même ; ou comme le dit Jean d’une manière encore plus frappante dans sa première Épître : « Il l’a donné à voir, à toucher, à tel point que Celui que personne n’ a jamais vu, nous pouvons maintenant le toucher de nos mains » (1 Jean 1, 1-3). Joseph Ratzinger, La Foi chrétienne hier et aujourd’hui, Paris, Les Éditions du Cerf, 2005, p. 18.

samedi 12 octobre 2013

Arrêt sur christianisme (78)

Arrêt sur christianisme (78)

Prétendre que le monothéisme haïsse l’intelligence suggère une ignorance surprenant des œuvres de génie produites à travers les siècles par les croyants juifs, chrétiens et musulmans. Étienne Gilson relève même une innovation du christianisme à cet égard, qui va au-delà des réalisations individuelles peut-être indépendantes de la foi de leur sauteurs : « C’est seulement dans la théologie spéculative judéo-chrétienne que se produisit enfin la rencontre et qu’une alliance durable fut scellée entre l’être de la philosophie et le dieu de la religion. Les choses se firent d’ailleurs avec une remarquable lenteur, mais un événement important rendait la chose finalement inévitable. On en trouve la description chez Lactance, homme sans génie philosophique mais observateur d’une remarquable perspicacité. Il annonçait simplement, comme un événement dont les suites devaient être considérables, la jonction de la fonction sacerdotale et de la fonction philosophique. Jusqu’à l’avènement du christianisme, jamais prêtre d’aucune religion n’avait été ce qu’on nomme aujourd’hui un philosophe, jamais un philosophe de quelque renom n’avait été un prêtre, or Lactance voyait au contraire s’ouvrir avec le christianisme une ère nouvelle dans laquelle les prêtres seraient aussi les philosophes et inversement » (Constantes philosophiques de l’être, Paris, Vrin, 1983, p. 10). Fr. Ch. Morerod, O. P., « Quelques athées contemporains (Comte-Sponville, Dawkins, Le Poidevin, Onfrray) à la lumière de S. Thomas d’Aquin », Nova et Vetera 77 (2007), p. 159-160.

vendredi 11 octobre 2013

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus et les petits enfants (6)

Jésus complète sa pensée, à l'adresse des hommes de toutes les générations : - « En vérité, je vous le dis : Quiconque ne reçoit pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n'y entrera pas ! » (Marc 10, 15 ; Luc 18, 17). Voilà qui est sérieux et donne à réfléchir, se disent les apôtres. Nous ne pouvons pas prendre à la légère cette affirmation du Maître. Nous voyons à quel point il est essentiel de se faire enfant de Dieu, ou plutôt, puisque nous le sommes, de vivre notre filiation divine, de bien comprendre que Dieu est notre Père et qu'il agit continuellement envers nous comme le Père très aimant et très attentionné qu'il est. D'ailleurs, Jésus ne nous a-t-il pas appris à prier en disant : (lire la suite) - « Notre Père, qui est aux cieux... » (Matthieu 6, 9). La petite voie de l'enfance spirituelle est donc la clé qui ouvre l'accès au ciel. Si nous ne vivons pas en enfants de Dieu, nous dit notre Seigneur, nous n'aurons pas droit d'entrée au paradis. Autrement dit, nous nous en fermerons volontairement la voie. Car c'est à nous de décider, en somme. De décider d'agir en conformité avec ce que le Seigneur nous fait devenir en nous prenant avec lui. « Ni la chair ni le sang ne peuvent entrer en possession du royaume » (1 Corinthiens 15, 50). En revanche, « si quelqu'un est dans le Christ, c'est une créature nouvelle : l'ancienne a disparu, un être nouveau est là » (2 Corinthiens 5, 17). Pour cela, il faut être « créé par Dieu » (2 Corinthiens 5, 24). Oui, c'est bien de cela dont il s'agit : « Soyez des imitateurs de Dieu comme des enfants bien-aimés » (Éphésiens 5, 1). Ils ont battu en retraite et se sont réfugiés dans les jupes de leur mère. - Maman, maman ! - Qu'y a-t-il, mon chéri ? - Le monsieur m'a embrassé. - Pas le monsieur, le rabbi. - Le monsieur... - Non, le rabbi. C'est un grand monsieur. - Le rabbi m'a embrassé sur le front ! - Formidable; C'est tout ? - Non. Euh !... il m'a donné aussi une bénédiction. - Une bénédiction ? Tu en as de la chance, mon chéri. C'est merveilleux. Maman est très contente et très fière de toi ! - Je voudrais retourner avec lui. - Cela n'est pas possible. Tu vois qu'il est en train de partir. - Dis, maman, il va revenir ? - Certainement. Mais viens maintenant, nous rentrons à la maison. - Oui, maman. Parle-moi de ce rabbi. D'où vient-il ? Et sa maman lui raconte en chemin tout ce qu'elle sait, lui expliquant tout en l'adaptant à son âge, ce qu'elle a compris en parcourant tous les prophètes, à commencer par Moïse (Luc 24, 27). (fin)