lundi 4 août 2014
Pain et Parole (1)
« Rien n’est plus vrai que cette Parole de Vérité » (hymne Adoro te). Quelle pauvreté dans notre langage ! Nous n’arrivons pas à exprimer correctement ce que nous ressentons et croyons de ce qui est, en effet, inexprimable en soi. Rien n’est plus vrai que cette parole, car il s’agit de la Parole, de Dieu lui-même. Et cette parole est vraiment de vérité, car elle s’identifie à la Vérité, elle est Dieu, selon ce que le Seigneur a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Seule cette parole est donc vraie, authentiquement vraie. Elle seule mérite l’assentiment inconditionnel de notre intelligence et de notre volonté, l’adhésion de la foi. C’est une parole qui ne trompe pas. Elle projette une lumière d’une extraordinaire intensité sur notre chemin de vie. Car cette Parole est assurément la Lumière qui est venue dans le monde pour annihiler les ténèbres, pour renverser le cours de l’histoire et réorienter l’homme vers les choses d’en haut (cf. Colossiens 3, 1), vers son Créateur et Père. (lire la suite)
Il n’est pas de parole plus exacte et plus précise, plus concrète et plus positive, plus utile et bienfaisante. Elle coule en nous comme le miel et le lait dans la Terre Promise (cf. Exode 3, 8), car elle est à elle seule la Jérusalem céleste, la nouvelle Terre de promission. Si le ciel est un « état de bonheur suprême et définitif » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1024), il nous fond en Dieu, il se confond avec Dieu, qui est Bonheur infini et ineffable, qui rassasie sans rassasier, auquel nous restons suspendus dans un émerveillement qui ne cesse de s’accroître et de se renouveler, qui nous fait voler de ravissement en ravissement, qui nous fait accéder à des sommets de paix et de joie.
Cette Parole est vivante, car Jésus-Christ est « le même hier et aujourd’hui, et il sera éternellement » (Hébreux 13, 8). C’est une Parole qui nourrit non seulement notre intelligence en l’éclairant sur les vérités éternelles et fondamentales, mais qui rassasie également la faim de Dieu qu’abrite notre âme. En effet, « moi je suis le pain de vie, déclare Jésus. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif » (Jean 6, 35), car nous avons là « un médicament d’immortalité, antidote de la mort et vie éternelle en Jésus-Christ » (saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens 20, 2).
Nous ne pouvons accéder au banquet eucharistique que si nous avons accueilli au préalable la Parole de Dieu qui nous révèle la vérité profonde de ce mystère sacramentel : la Parole qui nous affirme qu’elle est elle-même réellement et substantiellement enfermée dans les espèces du pain et du vin devenus le Corps et le Sang du Verbe éternel. La foi en cette vérité centrale de notre existence chrétienne doit précéder la réception du Pain des anges.
(à suivre…)
vendredi 20 septembre 2013
Les plans de Dieu (14)
Les plans de Dieu (14)
Sous les pieds du Christ gisent pêle-mêle des portes renversées, des chaînes brisées, des serrures disloquées qui marquent l’effondrement du pouvoir de la mort, symbolisées par son chef, satan, étendu ligoté entre les portes abattues de son royaume. Il est définitivement vaincu par « le premier-né d’entre les morts » (expression employée à plusieurs reprises par l’apôtre Paul) dont le passage par la mort physique arrache ses frères humains à leur destin de mort totale et les entraîne dans le sillage de sa résurrection.
Rayonnant de l’énergie divine, (lire la suite) le Vivant bondit littéralement hors du gouffre des ténèbres » (É. Gondinet-Wallstein, Célébration de l’inespéré. Regards sur la résurrection, 2003, p. 48-51).
Vous voyez ? Je ne suis nullement rancunier, moi. Je ne pouvais quand même pas me priver éternellement de leur compagnie. S’ils n’étaient pas entrés dans la Jérusalem céleste, celle-ci aurait dû logiquement rester fermée à toute leur descendance. Ce qui était impossible, puisque la Croix de mon Fils a été – est – on ne peut plus efficace. Il fallait bien que je les accueille dans ma gloire.
Tout comme il était impératif, pour de toutes autres raisons, que la bonne Marie, celle que vous appelez la « très Sainte Vierge », vienne rejoindre mon Fils au ciel, et qu’elle s’y présente avec son âme et avec son corps, qui n’a pas plus connu la corruption du tombeau que celui de mon Fils, de son Fils. Pour une fête, ça a été une fête le jour de son arrivée, de son entrée triomphale. Nous avions mis les petits plats dans les grands, comme vous dites. L’on n’avait jamais rien vue de tel en paradis. Il fallait voir l’étonnement et l’émerveillement de toutes les légions des anges et des archanges, des chérubins et des séraphins, des trônes, des puissances et des dominations !
Moi, mon rêve, dit Dieu, ce serait de réunir l’humanité, tous les hommes et toutes les femmes de toutes les générations et de faire avec eux une fête continuelle : « Le festin est prêt (Isaïe 25, 6).
Oui, ce serait vraiment formidable. Nous aurions tous ensemble une vie meilleure. Et puis, j’ai tellement de choses à raconter à mes enfants, j’ai tant de choses à leur dire, et eux tant à découvrir. Je suis inépuisable, vous savez.
Mais voilà, je sais que c’est un rêve irréalisable. « Seulement quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-il la foi su terre ? » (Luc 18, 8). Je suis convaincu que oui. Mais l’interrogation a son fondement. Elle montre que beaucoup refusent l’offre que nous leur faisons, nous trois de la Trinité. Ils se sont fabriqués un cœur de pierre (cf. Ézéchiel 36, 26) à force de ne penser qu’à eux-mêmes. Ce qui fait qu’ils n’acceptent pas que quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes les aime ; surtout si ce quelqu’un d’autre c’est moi.
(à suivre…)
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mardi 27 août 2013
Nos Béthanies (4)
Nos Béthanies (4)
Béthanie, c’est donc l’oratoire, c’est la chapelle du Saint-Sacrement, où je peux venir m’agenouiller ou m’asseoir, voire me prosterner sans ostentation, en présence de mon Dieu. Et comme l’on comprend l’annotation autobiographique de la sainte d’Avila : « Notre Seigneur lui avait donné une foi si vive [à une âme], que lorsqu’elle entendait dire à quelqu’un qu’il aurait souhaité d’être venu au monde dans le temps que Jésus-Christ, notre Sauveur et tout notre bien, conversait avec les hommes, elle en riait en elle-même, parce que, croyant jouir aussi véritablement de sa présence dans la très sainte Eucharistie qu’elle aurait pu faire alors, elle ne comprenait pas qu’on put désirer davantage » (sainte Thérèse d’Avila, Le Chemin de la perfection, chap. 34). Elle n’a plus rien à espérer, (lire la suite) car il n’y a pas plus sublime ni plus réel en même temps que cette présence sacramentelle de notre Seigneur Jésus-Christ.
En effet, que pouvons-nous désirer d’autre, de plus grand, si ce n’est le prolongement éternel de cette contemplation, de cette conversation dans la Jérusalem céleste, où il n’y aura plus de larmes (cf. Isaïe 26, 8) ? C’est pourquoi assurément Marie a choisi la meilleure part (cf. Luc 10, 42). Les pendules devraient s’arrêter, disait saint Josémaria, quand nous sommes face au mystère du Christ qui descend réellement sur nos autels, qui s’y rend aussi présent qu’il l’était il y a deux mille ans quand il instruisait ses disciples en particulier, qu’il enseignait la Bonne Nouvelle aux foules assoiffées de vérité et qu’il honorait de son amitié la maison de Béthanie.
Cet autre tabernacle qu’est mon âme devrait être aussi un Béthanie pour le Seigneur. Correspond-elle à ce que Jésus en attend ? Est-elle aérée ou émet-elle les miasmes du péché ? Est-elle ordonnée ou est-ce un fouillis innommable où nul ne se retrouve ? Brille-t-elle de mille feux ou est-elle plongée dans une obscurité où l’on s’esquinte les yeux ? Est-elle calme et paisible ou agitée sous le poids des préoccupations mondaines ? Est-ce la quiétude ou la trépidation qui ne laisse pas de place à l’intériorisation et à la contemplation. Bref, répond-elle à la description faite par notre Seigneur : « Ma maison est une maison de prière » (Luc 45, 19) ? La réponse est facile à apporter.
(à suivre…)
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vendredi 3 juin 2011
Jésus ne nous laisse pas orphelins (2)
Jésus ne nous laisse pas orphelins (2)
« A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Benoît XVI, encyclique Deus caritas est, n° 1). Pour que nous puissions accéder à la patrie, il faut d’abord que le Fils regagne sa place auprès de son Père. Il doit d’abord ressusciter, prémisse de notre propre résurrection spirituelle et, à la fin des temps, dans notre corps. « Je m’en vais, mais je reviendrai vers vous » (Jean 14, 28). Il précise le sens de son départ : « Quand je m’en serai allé et que je vous aurai préparé la place – qui vous revient dans la cité céleste en raison de vos bonnes œuvres -, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez, vous aussi » (Jean 14, 3). Telle est la promesse infaillible (lire la suite) de notre Seigneur qui nous fait entrevoir la joie qui nous attend : « Je ne boirai plus maintenant du produit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père » (Matthieu 26, 29). Car, précise-t-il, « je vais disposer en votre faveur d’une royauté, tout comme mon Père en a disposé en ma faveur, pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Luc 22, 30). Nous voyons combien le Seigneur ne cesse de nous comparer à lui, de nous mettre comme sur un pied d’égalité avec lui, car, par lui et en lui, nous sommes aussi enfants du même Père.Il est question du banquet de la Jérusalem d’en-haut. Banquet qui est anticipé par le repas eucharistique, mémorial de la présence du Seigneur parmi nous. « Chaque fois, en effet, que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il revienne » (1 Corinthiens 11, 26), et qu’il revienne pour nous prendre avec lui et nous faire entrer dans la fête de notre Maître (cf. Matthieu 25, 21).
« A celui qui a soif je donnerai gratuitement de l’eau de la source de l’eau de la vie » (Apocalypse 21, 6), car, « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7, 37), et « il n’aura plus jamais soif ; bien plus l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). Cette vie éternelle qui est la vie en Dieu. D’où, de nouveau, l’assurance de ne pas être abandonnés par Dieu. « Ô vous tous qui avez soif, venez aux eaux, vous-mêmes qui n’avez pas d’argent, venez acheter du blé et mangez ; venez, achetez sans argent, et sans payer, vin et lait » (Isaïe 55, 1). Nous sommes indigents. Nous n’avons aucun mérite par nous-mêmes. Nous ne pouvons prétendre à rien si le Seigneur ne nous lançait cette invitation, ne nous présentait la gratuité de ses dons.
(à suivre…)
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samedi 21 mai 2011
Marie, la « femme eucharistique » (10)
Marie, la « femme eucharistique » (10)
Si Marie nous a donné l’Eucharistie, en nous donnant son Fils et en participant à sa Passion et à la Croix, l’Eucharistie nous donne aussi Marie. En effet, c’est lorsque le Sacrifice rédempteur, anticipé sous forme sacramentelle le Jeudi Saint, est achevé que Jésus nous donne sa Mère et que s’inaugure sa Maternité spirituelle envers toute l’humanité. Il y a réciprocité. Jésus met un terme à la maternité humaine de Marie et lui substitue la maternité spirituelle.Ici aussi Jésus appelle Marie « femme », toujours pour souligner la nouvelle maternité qui lui est conférée. Marie avait donné naissance à Jésus, maintenant, elle reçoit une nouvelle naissance du Verbe crucifié. Elle entre désormais dans la Jérusalem céleste, dans le temple de la Nouvelle Alliance, qui est le corps et le sang de son Jésus versés pour le pardon des hommes. Mieux encore, (lire la suite) elle devient elle-même cette Jérusalem nouvelle, l’Église sainte vivifiée par les sacrements, en premier lieu par le Christ eucharistique.
Mais Jésus ne pouvait pas nous donner Marie si Marie ne nous avait pas donné d’abord Jésus. Notre Dame est ainsi dès le premier instant très étroitement unie à l’œuvre de la Rédemption, très directement impliquée, et nous comprenons bien qu’elle soit devenue la Médiatrice de toutes les grâces. Cela semble aller de soi. Dès les premières vêpres de l'office des très précieux Corps et Sang du Christ, en invitant à célébrer l'institution de l'Eucharistie, l'hymne Pange lingua parle de la Vierge Marie : « Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps glorieux et du précieux sang, fruit d'un illustre sein. (...) Il nous a été donné, il nous est né d'une Vierge intacte. » L'Ave verum commence et finit par Marie : « Salut, ô corps vraiment né de la Vierge Marie ; corps vraiment immolé sur la Croix pour le salut de l'homme ; dont le côté ouvert a laissé couler l'eau et le sang. (...) Ô doux Jésus, ô bon Jésus, ô Jésus Fils de la Vierge Marie ! » Nous pouvons dire à bon droit que « dans la Vierge Marie tout est rapporté au Christ et tout dépend de lui » (Paul VI, exhort. ap. Marialis cultus, 2 février 1974, n° 25).
« Dans l'Eucharistie, l'Église s'unit pleinement au Christ et à son sacrifice, faisant sien l'esprit de Marie. C'est une vérité que l'on peut approfondir en relisant le Magnificat dans une perspective eucharistique. En effet, comme le cantique de Marie, l'Eucharistie est avant tout une louange et une action de grâce. Quand Marie s'exclame : « Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur », Jésus est présent en son sein. Elle loue le Père « pour » Jésus, mais elle le loue aussi « en » Jésus et « avec » Jésus. Telle est précisément la véritable « attitude eucharistique » (EE, n° 58). La Passion du Christ a été une réalité extrêmement cruelle pour lui, au point de suer du sang et de l’eau (cf. Luc 22, 44) durant son Agonie, et de supplier son Père d’éloigner ce calice de souffrance de lui (Luc 22, 42).
(à suivre…)
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dimanche 2 janvier 2011
L’amour du prochain et le ciel (1)
L’amour du prochain et le ciel (1)
Le Seigneur nous a laissé pour testament le « commandement nouveau » de l’amour mutuel. Lui qui nous a aimés jusqu’au bout » (Jean 13, 1), il attend que nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés (Jean 13, 34). Cette communauté dans l’amour est une anticipation de celle qui existe au ciel, de ce en quoi consiste la vie au paradis. La béatitude éternelle présente un caractère social, elle est une union, une communion de personnes réunies autour du Dieu Un et Trine, dans une louange éternelle.Vivre la charité entre nous est donc une façon magnifique de préparer la Jérusalem céleste. (lire la suite) « Aimons donc le prochain, mes frères, aimons celui qui est tout près de nous, afin que nous puissions parvenir à l’amour de Celui qui est au-dessus de nous. Que l’âme prémédite en son prochain cela même qu’elle offre à Dieu, pour qu’elle mérite parfaitement de se réjouir avec le prochain en Dieu. C’est alors que nous parvenons à cette liesse de l’assemblée d’en-haut, en perspective de laquelle nous avons maintenant reçu le gage de l’Esprit. Tendons de tout notre amour à cette Fin en laquelle nous nous réjouirons sans fin ! La se trouve la sainte société des citoyens du ciel, la solennité certaine, la sécurité du repos, la paix véritable qui ne nous est plus laissée désormais, mais donnée » (saint Grégoire le Grand, Homélies sur l’Evangile 30, 10).
Ce repos et cette paix dépendent donc de notre capacité à aimer nos frères tels qu’ils sont, simplement parce qu’ils sont nos frères, parce qu’il s’agit d’enfants de Dieu comme nous, appelés comme nous à la gloire du ciel, si Dieu leur en fait la grâce et s’ils acceptent d’y répondre.
(à suivre…)
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jeudi 1 novembre 2007
La Toussaint
La Toussaint
La doctrine de l’Église et sa Liturgie présentent les saints et les bienheureux qui contemplent déjà « dans la lumière le Dieu Un et Trine ». Ils sont donc :
— des témoins historiques de la vocation universelle à la sainteté. La sainteté étant le fruit de la Rédemption accomplie par le Christ, les saints et les bienheureux sont donc la preuve vivante que Dieu appelle ses enfants à atteindre la plénitude de la stature du Christ, quels que soient leur époque, le peuple auquel ils appartiennent, (lire la suite) les conditions socio-culturelles les plus variées, dans lesquelles ils vivent, et leurs divers états de vie (cf. Éphésiens 4, 13 ; Colossiens 1, 28) ;
— des disciples exemplaires du Seigneur et donc des modèles de vie évangélique ; ainsi, dans les procès de canonisation, l’Église reconnaît l’héroïcité de leur vertu et elle les propose donc à l’imitation des fidèles ;
— des citoyens de la Jérusalem céleste, qui chantent sans fin la gloire et la miséricorde de Dieu. En effet, ils sont déjà passés de ce monde au Père, en suivant le Christ dans sa Pâque ;
— des intercesseurs et des amis des fidèles durant leur pèlerinage sur la terre : les saints, tout en connaissant le bonheur éternel auprès de Dieu, ne sont pas indifférents aux peines de leurs frères et sœurs, et ils les accompagnent sur leur chemin par leur prière et leur protection ;
— des patrons des Églises locales, dont ils furent souvent les fondateurs (saint Eusèbe de Verceil) ou les Pasteurs illustres (saint Ambroise de Milan) ; des patrons des différentes nations : c’est-à-dire des apôtres de leur conversion à la foi chrétienne (saint Thomas, saint Barthélemy, pour l’Inde), ou des figures privilégiées de leur identité nationale (saint Patrick, pour l’Irlande) ; des patrons des corporations et des professions (saint Omobono, pour les tailleurs) ; des patrons et des protecteurs dans des circonstances particulières, comme au moment de l’enfantement (sainte Anne, saint Raymond Nonat), ou à l’heure de la mort (saint Joseph), et pour obtenir des grâces particulières (ainsi, sainte Lucie pour conserver la vue), etc.
Ce que l’Église confesse, elle en rend grâce à Dieu le Père, en proclamant : « Dans la vie des Saints, tu nous procures un modèle, dans leur intercession un appui, et dans la communion avec eux une famille. »
Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n° 211.
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