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lundi 14 mars 2011

Saint Joseph et Marie (1)


Saint Joseph et Marie (1)

C’est au cours d’un voyage pastoral au Brésil, alors qu’il effectuait un déplacement en voiture, que saint Josémaria, s’écria : « Ca y est, j’ai trouvé ! » Qu’avait-il donc trouvé ?
Il avait le sentiment que sa dévotion envers saint Joseph qui, pourtant, croissait de façon impétueuse, avait quelques « lacunes ». Saint Joseph, se disait-il, « ne fut pas présent au Calvaire, au moment où Jésus mourait sur la Croix. Comment faire pour ne pas regretter son absence ? » C’est alors qu’il trouva la solution : « Il le remplacerait au pied de la Croix, imaginant comment il se serait comporté s’il avait été là. Quelle douleur, quel amour que le sien pour la Vierge Marie et pour le Christ ! » (A. Vazquez de Prada, Le fondateur de l’Opus Dei. Vie de Josémaria Escriva, vol. III, Les chemins divins de la terre, 2005, p. 736).
Josémaria cherchait depuis longtemps le moyen d’associer saint Joseph aux différentes étapes de la vie de notre Seigneur, alors même que le saint patriarche avait déjà quitté ce monde « pour une meilleure vie », comme nous disons. (lire la suite) Si un saint a eu cette préoccupation, nous pouvons bien imaginer que ce fut aussi, et à plus forte raison, celle de Marie. Que, partout où elle allait, elle s’y rendait spirituellement avec Joseph. D’ailleurs, l’expérience universelle montre qu’une veuve ne peut oublier son mari, qu’elle pense souvent à lui, qu’elle ressent le vide causé par son absence, et ce, bien des années après son décès. Marie étant de loin beaucoup plus délicate et plus fine que toutes les femmes du monde, a sans doute vécu dans ce souvenir positif de son époux. Certainement sans aucune des imperfections qui peuvent accompagner chez nous ce genre de sentiments. Mais elle restait l’épouse de Joseph, envers et contre tout. Ils avaient tout fait ensemble pour Jésus, et c’est ensemble qu’ils continuaient d’œuvrer pour lui.

(à suivre…)

lundi 20 décembre 2010

Le salut est dans le Christ (1)


Le salut est dans le Christ (1)

A Jésus qui demande à ses apôtres de faire un acte de foi, de croire aux paroles qu’il vient de prononcer au sujet du Pain de vie, et qui s’inquiète : « Est-ce que, vous aussi, vous voulez vous en aller ? Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 67-68). Nous reconnaissons avec Pierre que Jésus, et lui seul, a les paroles de la vie éternelle, car il est lui-même la Parole vivante de Dieu et il n’existe pas de vérité en dehors de lui. « La foi nous fait confesser avec Simon-Pierre : Nous, nous avons cru et nous avons su que tu es le Christ, le Fils de Dieu. Et c’est cette foi qui, (lire la suite) unie à notre dévotion en ce moment sublime, nous pousse à imiter l’audace de Jean : à nous approcher de Jésus et à incliner la tête sur la poitrine du Maître, qui aimait ardemment les siens et — nous venons de l’entendre — allait les aimer jusqu’à la fin » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 83).
Le Fils de Dieu ! Peut-il y avoir quelqu’un de plus aimable que lui ? C’est de lui que nous devons rechercher la conversation en priorité. Il a les paroles de la vie éternelle. Par conséquent, vers qui aller si ce n’est vers le Fils de Dieu ? « L'unique orientation de notre esprit, l'unique direction de notre intelligence, de notre volonté et de notre cœur est pour nous le Christ, Rédempteur de l'homme, le Christ, Rédempteur du monde. C'est vers Lui que nous voulons tourner notre regard parce que c'est seulement en Lui, le Fils de Dieu, que se trouve le salut, et nous renouvelons la proclamation de Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean-Paul II, encyclique Le Rédempteur de l’homme, n° 7). Il est inutile de nous perdre dans les méandres d’un pseudo-intellectualisme, d’une recherche de la vérité qui ferait fi de Dieu. Ce serait coudre avec une aiguille sans fil. Cela ne peut amener qu’une désillusion amère. Les apôtres sont témoins de la débandade qui se produit parmi les disciples du Seigneur, disant : « Ce qu’il dit est raide ! Qui peut l’écouter » (Jean 6, 60). Ils sont atterrés, Pierre le premier. Il reconnaît que Jésus est le « Saint de Dieu », c’est-à-dire son envoyé, le Messie. Cela n’aurait aucun sens d’aller chercher ailleurs ce que seul Jésus peut apporter : l’amour et la paix intérieure. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23).

(à suivre…)

mercredi 15 décembre 2010

Le monde a besoin de la croix (2)

Le monde a besoin de la croix (2)

Christ. La Croix est symbole d’espérance, parce que c’est le lieu de la rencontre avec le Christ. « Avoir la Croix, c'est avoir la joie : c'est t'avoir, toi, Seigneur ! » (saint Josémaria, Forge, n° 766). Et il est fondamental pour l’homme de faire cette rencontre personnelle avec le Christ. Mais le Christ est sur la Croix.
C’est pourquoi « le monde a besoin de la Croix. La Croix n'est pas uniquement un symbole privé pour la dévotion. Elle n'est pas seulement l'insigne des membres d'un groupe particulier au sein de la société, et, en son sens le plus profond, elle n'a rien à voir avec l'imposition par la force d'un credo ou d'une philosophie. La Croix parle d'espérance, elle parle d'amour, elle parle de la victoire de la non-violence sur l'oppression. (lire la suite) Elle dit que Dieu relève ce qui est humble, qu'il fortifie le faible, qu'il triomphe des divisions et surmonte la haine par l'amour. Un monde sans la Croix serait un monde sans espérance, un monde dans lequel la torture et la brutalité seraient sans contrôle, où la faiblesse serait exploitée et l'avidité aurait le dernier mot. L'inhumanité de l'homme pour l'homme se manifesterait de façon toujours plus horrible, et il n'y aurait aucune fin au cycle vicieux de la violence. Seule la Croix y met fin » (Benoît XVI, dans la paroisse Sainte-Croix, Nicosie, 5 juin 2010).
La Croix n’est donc pas l’apanage des seuls chrétiens. Elle est un cadeau que Dieu fait à l’humanité tout entière. Elle est la présence salutaire de Dieu au milieu de son peuple. Elle est l’instrument du salut. In hoc signo vinces ! La victoire sur les forces du mal est enfermée dans la Croix. Il n’est pas d’autre signe de victoire donné aux hommes. C’est pourquoi là où la Croix ne règne pas, c’est le domaine de l’anarchie, des rivalités, des inimitiés, de l’oppression et de toutes sortes d’injustices. En l’absence de l’instrument du salut, le monde est plongé dans la confusion et ne peut qu’aller à sa perte.
Il faut donc dire et redire que le monde a besoin de la Croix, et qu’elle soit dressée au sommet de toutes les activités humaines, comme le recommandait saint Josémaria, qu’elle soit rendue bien présente pour que toute sa force salvatrice puisse s’exercer et transformer le monde de fond en comble.

(fin)

mardi 4 mai 2010

Le Rosaire et la foi

Le Rosaire et la foi

Le chapelet « offre un moyen pratique facile d'inculquer et de faire pénétrer dans les esprits les dogmes principaux de la foi chrétienne » (Léon XIII, encyclique Magnæ Dei Matris, 7 septembre 1892). Nous trouvons dans le Rosaire « un moyen excellent de confesser la foi. En effet, par les prières vocales qui en forment la trame, nous pouvons exprimer notre foi en Dieu, notre Père et notre Providence, en la vie du siècle futur, en la rémission des péchés ; nous confessons également les mystères de l'auguste Trinité, du Verbe fait homme, de la Maternité divine, etc. ; et personne n'ignore le prix et le mérite de la foi » (Léon XIII, encyclique Fidentem piumque, 20 septembre 1896). (lire la suite)
Le Rosaire et la piété.
« On ne se rappellera jamais assez que le Rosaire doit être récité, non seulement avec les lèvres, mais avec application de l'esprit aux sublimes vérités, avec un cœur tout embrasé de reconnaissance et d'amour » (Jean XXIII, Allocution aux pèlerins, 25 janvier 1962). C'est une « dévotion de l'Église » qui, « par son caractère populaire, par son esprit « christocentrique » et par la filiale dévotion qu'elle inspire envers la Vierge, peut ranimer la foi et la piété dans les milieux les plus différents et les plus ouverts à l'action pastorale : paroisses, écoles, familles, hôpitaux, etc. » (Paul VI, Allocution à des participants au IIIe Congrès international dominicain du Rosaire, 13 juillet 1963).

lundi 3 mai 2010

Le Rosaire et les problèmes du monde

Le Rosaire et les problèmes du monde

Le Rosaire « a été institué surtout pour implorer le patronage de la Mère de Dieu contre les ennemis du nom chrétien » (Léon XIII, lettre ap. Salutaris ille, 24 décembre 1883). « Urbain IV a attesté que, chaque jour, le Rosaire procurait des avantages au peuple chrétien. Sixte IV a dit que cette manière de prier est avantageuse à l'honneur de Dieu et de la Sainte Vierge, et particulièrement propre à détourner les dangers menaçant le monde ; Léon X a déclaré qu'elle a été instituée contre les hérésiarques et les hérésies pernicieuses ; et Jules III l'a appelée la gloire de l'Église. Saint Pie V a dit aussi, au sujet du Rosaire : « Cette manière de prier une fois connue, les fidèles, éclairés par les méditations et enflammés par le texte de ces prières, ont commencé à devenir d'autres hommes ; les ténèbres de l'hérésie se sont dissipées, et la lumière de la foi catholique a brillé de tout son éclat. » Enfin, Grégoire XIII a déclaré à son tour que le Rosaire avait été institué par saint Dominique pour apaiser la colère de Dieu et implorer l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie » (SA). Plus d'un pape s'est attaché à répandre cette dévotion parmi les nations orientales : « Eugène IV, par sa constitution Advesperascente, donnée en 1439, puis Innocent XII et Clément XI, par l'autorité desquels de grands privilèges furent, à cet effet, accordés à l'Ordre des Frères Prêcheurs » (Léon XIII, enc. Adjutricem populi, 5 septembre 1895). « Par cette prière, on embrasse les problèmes de l'Église, du Siège de saint Pierre, les problèmes du monde entier. En outre, on se souvient des pécheurs, pour qu'ils se convertissent et se sauvent, et des âmes du purgatoire » (Jean-Paul II, Homélie à Fatima, 13 mai 1982). Extrait d'un entretien de sœur Lucie de Fatima avec le père Fuentès, le 26 décembre 1957 : « La très sainte Vierge, en ces derniers temps que nous vivons, a donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire ; de telle façon qu’il n’y a aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun de nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien à la vie des peuples et des nations ; il n’y a aucun problème si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. Avec le saint Rosaire nous nous sauverons, nous nous sanctifierons, nous consolerons Notre-Seigneur et obtiendrons le salut de beaucoup d’âmes. » Le Rosaire produit « un fruit remarquable et bien en rapport avec les nécessités de notre temps (...). Il consiste en ce que, au moment où la foi est exposée à tant d'attaques et de périls, le Rosaire fournit au chrétien un aliment pour la nourrir et la fortifier » (Léon XIII, encyclique Fidentem piumque, 20 septembre 1896). « Nous mettons une grande espérance dans le rosaire pour la guérison des maux qui affligent notre époque. Ce n'est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l'aide divine obtenue par cette prière que l'Église, forte comme David avec sa fronde, pourra affronter, intrépide, l'ennemi infernal » (Pie XII, Lettre Ingruentium malorum, 15 septembre 1951).

dimanche 14 mars 2010

À l'ombre de la Sainte Famille (7)

À l'ombre de la Sainte Famille (7)

Certes il y a des martyrs. Il ne se passe pas de semaine, voire de jour, que l'on n'apprenne de nouveaux cas : les Coptes tués par les islamistes en Égypte. Les musulmans qui tuent des chrétiens en Inde. Les descendants de Mahomet qui brûlent les églises en Malaisie parce que les chrétiens continuent, comme ils l'on toujours fait, d'appeler Dieu « Allah ». « Allah nous appartient », disent-ils. S'il est « le Dieu d'Abraham, le dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob » (Exode 3, 4), et si nous avons Abraham pour Père, n'y a-t-il pas là contradiction et prétention outrancière ?
À Nazareth, tout est grâce. Jésus est l'Auteur de la grâce. Il est la Grâce, la grâce sanctifiante par excellence. Il rend saint celui chez qui il vient habiter. Il le divinise. Mais il ne veut pas le faire sans l'accord de sa Mère. Infiniment reconnaissant de sa bonté et de son humilité, il veut qu'elle soit l'Aumônière de toutes les grâces, et elle les débourse comme elle le voit utile aux âmes. Elle est la « pleine de grâces » (Luc 1, 28), mais aussi la dispensatrice de toutes les grâces. Elle a un titre spécial sur la grâce, puisque la grâce est son propre Fils. La grâce lui est conaturelle. Ce n'est pas comme pour nous. « « Non, ô Marie, vous n'avez point ravi la grâce, comme l'a tenté Lucifer ; vous ne l'avez point perdue comme Adam ; vous ne l'avez point achetée comme voulait le faire Simon le magicien, mais vous l'avez trouvée, parce que vous l'avez désirée et cherchée. Vous avez trouvé la grâce incréée qui est Dieu lui-même devenu votre Fils, et avec elle vous avez trouvé et obtenu toute grâce incréée » (saint Albert le Grand, Mariale, quaestiones super Missus, q. 204) ». Voilà la grande réalité en vertu de laquelle Marie exerce le gouvernement des grâces, en est l'administratrice première et universelle.
Et comme Dieu bénit avec la Croix - les hommes aussi, au nom de Dieu - Marie nous bénit et nous sanctifie aussi avec des croix. « Je crois qu'une personne qui veut être dévote et vivre pieusement en Jésus-Christ, et par conséquent souffrir persécution et porter tous les jours sa croix, ne portera jamais de grandes croix, ou ne les portera pas joyeusement ni jusqu'à la fin, sans une tendre dévotion à la sainte Vierge, qui est la confiture des croix : tout de même qu'une personne ne pourra pas manger sans une grande violence, qui ne sera pas durable, des noix vertes sans être confites dans le sucre » (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, n° 154). Il n'est pas de plus grande grâce que la Croix du Christ, plantée au mont Calvaire, d'où a jailli comme d'une explosion nucléaire l'énergie salvifique, depuis lors en expansion, en train de se propager dans le monde. Et comme le Cœur de Marie était singulièrement uni à celui de son Fils, au point de ne faire plus qu'un, ce feu d'Amour, intense et purificateur, vient tout autant du Cœur de Marie que du Cœur de Jésus, quoique de façon subordonnée. Ceci explique qu'il ne nous arrive de grâce que par Marie et en Marie.

(à suivre...)

dimanche 31 janvier 2010

Les sept dimanches de saint Joseph

Les sept dimanches de saint Joseph


Aujourd'hui commence la dévotion des sept dimanches de saint Joseph.

lundi 20 octobre 2008

Les mondains et la sainteté

Les mondains et la sainteté

Les mondains, pour se dispenser de travailler à acquérir la sainteté, ce qui, sans doute, les gênerait trop dans leur manière de vivre, veulent vous faire croire que, pour être des saints, il faut faire des actions éclatantes, s'appliquer à des pratiques de dévotion extraordinaires, embrasser de grandes austérités, faire beaucoup de jeûnes, quitter le monde pour s'enfoncer dans les déserts, afin d'y passer les jours et les nuits en prières. Sans doute cela est très bon, c'est bien la route que beaucoup de saints ont suivie ; mais ce n'est pas ce que Dieu demande de tous. (lire la suite) Non, ce n'est pas ce qu'exige de nous notre sainte religion ; au contraire, elle nous dit : « Levez les yeux au ciel, et voyez si tous ceux qui en remplissent les premières places ont fait des choses merveilleuses. Où sont les miracles de la Sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, de saint Joseph ? » Écoutez : Jésus-Christ lui-même dit (Matthieu 7) que plusieurs, au jour du jugement, s'écrieront : « Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom ; n'avons-nous pas chassé les démons et fait des miracles ? » « Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité, leur répondra le juste Juge : quoi ! vous avez commandé à la mer, et vous n'avez pas su commander à vos passions ? Vous avez délivré les possédés du démon, et vous en avez été les esclaves ? Vous avez fait des miracles, et vous n'avez pas observé mes commandements ?... Allez, misérables, au feu éternel : vous avez fait de grandes choses, et vous n'avez rien fait pour vous sauver et pour mériter mon amour. » Vous voyez donc que la sainteté ne consiste pas à faire de grandes choses, mais à garder fidèlement les commandements de Dieu, et à remplir ses devoirs dans l'état où le bon Dieu nous a placés.

Saint Curé d'Ars, Homélie pour la Toussaint.