mardi 12 novembre 2013
samedi 14 juillet 2012
Le patriotisme (2)
Le patriotisme (2)
« La justice, en général, consiste à payer une dette à autrui, souligne saint Thomas d’Aquin ; payer une dette spéciale à une personne déterminée sera donc l’objet d’une vertu spéciale. Or, l’homme est débiteur, à un titre particulier, envers ce qui, par rapport à lui, est principe humain d’être et de gouvernement. C’est ce principe que considère la piété, par le fait qu’elle rend un culte et des devoirs aux parents et à la patrie et à ceux qui leur sont unis » (Somme Théologique II-II, q. 101, a. 3). Le patriotisme, en tant que vertu, s’appelle donc la piété, qui est une partie de la vertu de la justice, laquelle consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. Après la vertu de religion, par laquelle nous rendons à Dieu le culte que nous lui devons, vient la vertu de piété, par laquelle nous honorons d’abord nos parents, puis la patrie qui nous a vu naître : « La piété est une certaine expression de l’amour envers les parents et la patrie » (Ibid., ad 1). (lire la suite)Le patriotisme du chrétien doit être informé par la charité : nous sommes appelés à aimer notre patrie par Dieu et pour Dieu, avec l’amour surnaturel que sa grâce a déposé dans notre cœur. C’est pourquoi il ne peut pas y avoir d’opposition ni de contradiction entre l’amour de Dieu, de l’Église et des chrétiens dans le Christ, et l’amour que nous éprouvons pour notre patrie et nos compatriotes, et enfin l’amour que nous vouons à tous les hommes et à toutes les femmes, y compris à ceux qui nous persécutent. Si une opposition surgissait, sous quelque forme que ce soit et de quelque signe que ce soit, ce serait la preuve que notre patriotisme a cessé d’être une vertu, car il s’agirait alors d’un amour désordonné ; ce ne serait plus une manifestation de la vertu de piété.
Le nationalisme est très certainement un péché, car il suppose un manque de justice envers les autres pays que le sien. Alors que le patriotisme est une vertu. Il est donc important de bien les distinguer. Le patriotisme n’est en rien répréhensible. Le nationalisme n’est pas chrétien.
« Dieu, Rédempteur et seigneur des nations, ne permets pas que nous tombions de tes mains et que nous abandonnions ta discipline. » « Nous avons hérité de nos ancêtres cette prière pour la patrie. Je prononce aujourd’hui les paroles de cette prière devant Vous, Notre-Dame de Jasna Góra. Par Vous, nous prions le Roi et Seigneur des nations : « Par l’intercession de la Très Sainte Vierge, notre Reine, bénis notre patrie, afin que, toujours fidèle à toi, elle rende gloire à ton nom, et guide ses enfants vers le bonheur. » Prions donc afin de rendre gloire au nom divin, reconnaissants pour le fait que « la gloire de Dieu est l’homme vivant » (cf. saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7) et pour que la nation vive une vie digne, dans la justice et l’amour de la vérité. Prions également pour que notre patrie, en tant que lieu de pèlerinage temporel, devienne pour tous le lieu de la préparation aux destinées éternelles de l’homme » (bienheureux Jean-Paul II, Cycle de Jasna Góra, 25 décembre 1990).
(à suivre…)
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vendredi 25 mai 2012
La Pentecôte (4)
La Pentecôte (4)
Le Saint-Esprit s’adapte à chacun et le transforme en l’instrument dont Dieu entend de servir pour faire progresser son plan de salut : « Avec les yeux de la foi bien ouverts je vois David, Amos, Daniel, Pierre, Paul, Matthieu…, et je me complais à considérer le grand artiste qu’est cet Esprit Saint…, parce qu’Il remplit l’enfant joueur de cithare et le convertit en un Psalmiste ; Il remplit le pasteur de bœufs, qui se nourrissait de figues sauvages, et en fait un prophète ; Il remplit le jeune continent et le change en juge de vieillards ; Il remplit le pêcheur et le transforme en prédicateur ; Il remplit le persécuteur eu en fait le docteur des gentils ; Il remplit le publicain et en fait un évangéliste » (saint Grégoire le Grand, Super Evang. Hom. 30). (lire la suite) Mais il faut qu’il y ait en l’homme « des perfections supérieures, qui le disposent à être mû divinement, et ces perfections sont appelées dons, non seulement parce qu’elles sont infuses par Dieu, mais parce que par elles l’homme devient capable de recevoir promptement l’inspiration divine. Les dons nous rendent dociles au Saint-Esprit, pour nous faire produire ces œuvres excellentes connues sous le nom de béatitudes » (R. Garrigou-Lagrange, Perfection et contemplation selon S. Thomas d’Aquin et S. Jean de la Croix, St-Maximin, Éd. de La Vie Spirituelle, 1923, t. 1er, p. 341.343). Ils nous aident à vivre les béatitudes, certes, mais, plus profondément encore, à bien nous disposer à la vie sacramentelle, par laquelle la grâce est principalement et premièrement déversée dans notre âme. Or, notre sanctification passe par la pratique des sacrements, par la piété eucharistique notamment. Et l’Esprit Saint est tout indiqué pour nous aider à adorer Jésus dans le très Saint-Sacrement de l’Autel, pour vivre la dimension si essentielle à notre vie d’enfant de Dieu qu’est l’adoration du Dieu Tout-Puissant. Nous, les êtres humains, nous sommes des êtres créés pour adorer Dieu sans relâche. Et ce, pas uniquement au ciel à tout jamais. Dès ici-bas. Dans notre vie de chaque instant, non seulement lorsque nous nous trouvons en présence du Seigneur qui nous attend dans le tabernacle, dans cette « Prison d'amour » (saint Josémaria, Forge, n° 827), ou devant le Saint-Sacrement exposé précisément à notre adoration, mais tout au long de notre journée, car chacune de nos journées doit être une messe qui dure vingt-quatre heures. Et donc un sacrifice de louange et d’adoration offert à la gloire du Dieu Tout-Puissant. (à suivre…)
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dimanche 15 janvier 2012
L’Amour de Dieu (1)
L’Amour de Dieu (1)
« Puisque toutes choses seront ainsi dissoutes, combien sainte doit être votre vie et grande votre piété ! Comme vous devez attendre et hâter l’avènement du Jour de Dieu, où seront dissous les cieux enflammés et se fondront les éléments embrasés. Mais ce sont des cieux nouveaux et une terre nouvelle que nous attendons d’après sa promesse : la justice y résidera. C’est pourquoi, mes bien-aimés, en vivant dans cette attente, faites tous vos efforts pour qu’il vous trouve sans tache et sans reproche dans la paix » (2 Pierre 3, 11-14). C’est une invitation joyeuse et empressée à nous préparer pour la venue du Seigneur. Il est question ici de son retour à la fin des temps, mais nous nous préparons d’abord à l’avent qui nous tend vers l’incarnation de Jésus-Christ à Bethléem, et à cette autre venue qu’est la sainte communion, le Seigneur également réellement présent dans l’Eucharistie. Ce sont autant de preuves éclatantes de l’Amour que Dieu nous porte. (lire la suite) Dieu est Amour (1 Jean 4, 16). Il ne peut qu’aimer. C’est toute sa vie. Dieu aime. Dieu s’aime si puissamment, si parfaitement, que cet Amour est la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, le Saint-Esprit. Mais l’amour, nous le savons, est inventif, a de véritables trouvailles, afin de s’exprimer plus et mieux, différemment, d’aller toujours plus loin dans les marques d’affection. De plus, l’amour authentique est gratuit, c’est-à-dire qu’il se communique sans rien attendre en retour. Il agit par pure bonté, en ayant le souci du bien d’autrui, le désir de rendre les autres heureux, de leur faire plaisir…C’est ce que nous voyons en Dieu. Il s’aime intensément, absolument, pleinement. Mais, en quelque sorte, cela ne lui a pas suffi. Puisque l’amour veut se dépenser gratuitement au service d’autrui, Dieu a eu ce trait de génie, pour ainsi dire, de créer des êtres nouveaux qu’il appelaient à participer à son bonheur, à entrer dans son intimité. C’est fabuleux. Totalement inattendu. C’est la pure gratuité de son Amour. Dieu n’en attend rien, sinon notre bonheur. Il n’a besoin de rien puisqu’il est parfait, la Perfection même. Le manque, si petit soit-il, est un défaut, et il ne peut y avoir de défaut en Dieu. C’est donc tout à notre avantage. Nous pourrions dire même que la création ne lui a apporté que des ennuis. Déjà avec les anges et ce satané Lucifer… Pouvait-il s’attendre à cette rébellion si terrible ? Et puis avec l’homme, qu’il avait pourtant créé à son image et à sa ressemblance (Genèse 1, 26), contrairement aux anges, avec un Amour infini… eh bien ! lui aussi s’est rebellé et il a fallu envoyer le Fils pour que la dette contractée par nos péchés nous soit remise. « Voyez quel grand amour pour nous a témoigné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, ce que nous sommes. La raison pour laquelle le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne L’a pas connu. Mes bien-aimés, nous sommes dès à présent enfants de Dieu » (1 Jean 3, 1-2).
(à suivre…)
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lundi 25 juillet 2011
La pêche miraculeuse (4)
La pêche miraculeuse (4)
C’est la terrible stérilité de ceux qui s’agitent beaucoup, qui s’activent dans tous les sens, mais négligent la vie intérieure, la piété personnelle, qui n’ont pas de temps pour adorer le Seigneur et donc pour le reconnaître. « Le traître – c’est-à-dire le diable – sait que l’âme qui fait oraison avec persévérance est perdue pour lui » (sainte Thérèse d’Avila, Vie 19, 4). A contrario, celui qui s’entête à jeter ses filets sans consulter le Maître de la pêche rentre bredouille, « et toute sa vie sera une nuit », une nuit vaine et stérile, qui risque fort de le rendre esclave du démon et de ses passions.Parce qu’ils ont obéi à l’injonction de ce personnage mystérieux qui se trouve sur le rivage, et qu’ils n’ont pas écouté ce que le bon sens leur dictait, (lire la suite) parce que, malgré leur fatigue et leur découragement, ils ont jeté leurs filets, voici qu’ils se remplissent enfin, à ne plus pouvoir les traîner tellement ils ont ramené de poissons.
Il n’en fallait pas plus, si l’on peut dire, pour que Jean saisisse aussitôt la qualité de ce personnage. « Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre ; « C’est le Seigneur ! » (Jean 21, 7). Lui seul peut agir de la sorte. Personne d’autre que lui. C’est l’évidence même. « L’amour, l’amour le voit de loin. L’amour est le premier à percevoir ces délicatesses. L’apôtre adolescent, avec l’affection profonde qu’il ressent pour Jésus, parce qu’il aime le Christ avec toute la pureté et la tendresse d’un cœur innocent, s’écrie : c’est le Seigneur ! » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 266). L’amour crée une harmonie, une connivence avec l’être aimé. Il permet d’identifier rapidement l’interlocuteur ou de comprendre des événements. N’est-ce pas ce même Jean qui, au matin de la Résurrection, entrant dans le sépulcre vide après Pierre, qu’il a laissé passer le premier, déjà par déférence, peut affirmer de lui-même : « Il vit et il crut » (Jean 20, 8) ? « À ces mots : C’est le Seigneur ! Simon-Pierre mit son vêtement, car il était nu, et se jeta à l’eau » (Jean 21, 7). « Pierre, c’est la foi. Il se jette à la mer, plein d’une ardeur merveilleuse. Avec l’amour de Jean et la foi de Pierre, jusqu’où n’irons-nous pas » (saint Josémaria, Ibid.).
Ce sont cet amour et cette foi qu’il nous faut demander, conjointement à un surcroît d’espérance, les trois vertus théologales qui marchent la main dans la main tant que nous sommes en route vers la patrie céleste. Mais celle qui commande, c’est l’amour, c’est la charité. « La plus grande d’entre elles, c’est la charité » (1 Corinthiens 13, 13), et « la charité ne passera jamais » (1 Corinthiens 13, 8). Car « Dieu est Amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui »(1 Jean 4, 16).
(à suivre…)
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vendredi 10 juin 2011
Zachée (3)
Zachée (3)
Nous avons là un exemple excellent pour nous. L’envie de voir Dieu, de fréquenter Dieu dans le Pain et dans la Parole, dans nos pratiques de piété, dussent les autres se rendre compte que nous allons à la messe chaque jour, que nous récitons le chapelet ou que nous faisons un temps d’oraison pour voir le Seigneur, en nous écartant un peu de la foule, qui reste cependant présente à nos yeux, et qui alimente notre prière. Parce qu’elle est souvent comme le paralytique de la piscine de la porte des Brebis : Hominem non habeo, « je n’ai personne pour me plonger dans la piscine » (Jean 5, 7). (lire la suite)Zachée n’a pas grimpé dans le premier arbre venu. Il sait que Jésus « devait passer par là » (Luc 19, 4). Nous pouvons penser que c’était le chemin qui conduisait à la synagogue. Jésus devait avoir un objectif précis en arrivant à Jéricho. Mais il est prêt à changer de plan si les circonstances le requièrent. Ce qui va être effectivement le cas.
Au départ, c’est probablement la simple curiosité qui a motivé le comportement audacieux du publicain. Il n’a pas de projet bien arrêté en tête. Il n’attend rien de particulier, si ce n’est juste voir le Seigneur. Il n’ambitionne rien d’autre.
Jésus va se servir de ce minimum de bonne disposition, qu’il compte réorienter. Il se contente de peu ! « J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne me demandaient pas » (Romains 11, 20). « Quand il arriva à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, hâte-toi de descendre, car aujourd'hui il faut que je demeure dans ta maison » (Luc 9, 5).
Jésus s’invite. Nous voyons une fois de plus son vif souci de venir en aide à ceux qui ont le plus besoin de lui. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de
médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde et non le sacrifice. Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Matthieu 9, 12-13). Et, incontestablement, aux yeux de tous Zachée est un pécheur de première catégorie. Il est condamné par avance. Il est infréquentable par un Juif observant. Mais Jésus connaît le cœur de l’homme. Non seulement il ne condamne pas, mais il veut sauver. Pour cela, il lui faut gagner la confiance, l’amitié des hommes.
C’est ce qu’il cherche à faire avec Zachée. Il fait mine de s’arrêter par hasard au pied du sycomore où Zachée a élu domicile. Certes, la densité de la foule l’oblige à progresser lentement et tout le monde sollicite de lui qui une faveur, qui une guérison, qui une prière.
(à suivre…)
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mardi 15 mars 2011
Saint Joseph et Marie (2)
Saint Joseph et Marie (2)
« Aime beaucoup saint Joseph, qui est véritablement puissant, si tu désires acquérir la vie intérieure. La vie intérieure consiste à fréquenter Dieu ; et personne n’a fréquenté plus intimement Dieu notre Seigneur et la Mère de Dieu que saint Joseph. Quand vous m’obligez à le répéter tous les jours, dans ces réunions, cela me remplit de joie » (A. Vazquez de Prada, Le fondateur de l’Opus Dei. Vie de Josémaria Escriva, vol. III, Les chemins divins de la terre, 2005, p. 737). Cela réjouit encore plus profondément Notre Dame de nous voir reconnaître l’excellence de saint Joseph, d’éprouver de la piété envers lui et d’avoir recours à son intercession. Marie ne peut que nous encourager à persister dans cette voie, car c’est le chemin de la vie avec Jésus, notre Sauveur, et le sentier qui conduit au Père, puisque « qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9). Marie aime incontestablement que nous mettions Joseph à l’honneur dans notre vie. (lire la suite) Elle nous y pousse elle-même, en se retirant dans l’ombre, parce que, à l’époque, c’est l’homme qui était le chef de famille, investi d’une grande autorité, tandis qu’elle, à ses propres yeux, elle n’est que « l’humble servante du Seigneur » (Luc 1, 48). Et la conscience de sa condition face à Dieu l’amène tout naturellement à se faire très discrète.Sainte Elisabeth s’exclame, sous l’emprise du Saint-Esprit : « Bienheureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Luc 1, 45). Elle vante la foi de Marie. Elle aurait pu aussi magnifier celle de Joseph. Certes, la réponse que Dieu a demandée à chacun d’eux n’est pas identique. Marie apporte un « oui » qui est l’adhésion sans réserve au plan de Dieu qui fait d’elle la Mère du Sauveur (Luc 1, 38). Le oui de Joseph est d’une autre nature, car sa mission est différente, puisqu’elle consiste à être « seulement » le père nourricier de Jésus. Après l’annonce de l’ange, « à son réveil, Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse » (Matthieu 1, 24). « Le messager s'adresse à Joseph en tant qu' « époux de Marie », celui qui, le moment venu, devra donner ce nom au Fils qui naîtra de la Vierge de Nazareth qui l'a épousé. Il s'adresse donc à Joseph en lui confiant les devoirs d'un Père terrestre à l'égard du Fils de Marie. « A son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui son épouse » (Matthieu 1, 24). Il la prit avec tout le mystère de sa maternité, il la prit avec le Fils qui devait venir au monde par le fait de l'Esprit Saint: il manifesta ainsi une disponibilité de volonté semblable à celle de Marie à l'égard de ce que Dieu lui demandait par son messager » (RC, n° 3). Et ce qu’il fit alors, cet empressement à accueillir Marie chez lui, est « pure obéissance de la foi », souligne le Vénérable Jean-Paul II (ibid., n° 4).
(à suivre…)
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vendredi 8 octobre 2010
Les effets de la piété mariale
Nous devrions tous nous proposer dans note prière cette aspiration de saint Augustin : Noverim te, noverim me (Soliloques 2, 2). Que je te connaisse, Seigneur, et que je me connaisse. Nous savons qu’aucun progrès n’est possible dans la vie intérieure, et dans notre connaissance amoureuse de Dieu, sans l’aide surnaturelle de la Sainte Vierge. D’où ce conseil de saint Josémaria : « Aie constamment recours à la très sainte Vierge, Mère de Dieu et Mère de l'humanité » (Forge, n°911). Il est impératif, en effet, de recourir à Marie. Non seulement parce que, (lire la suite) comme je l’ai dit ailleurs, sa présence éloigne de nous le démon, qui ressent très fortement la haine de celle qui lui a écrasé la tête de son talon et ne supporte pas d’être là où Marie se trouve. Mais surtout parce que Marie est le chemin qui conduit à Dieu, puisque par elle nous avons un accès facile à Jésus, le fils de Dieu. Et il convient d’affirmer, assurément, que Marie est vraiment Mère de Dieu, en la personne de Jésus-Christ, et Mère de tous les hommes dans le domaine spirituel. S’agissant de notre Mère, nous ne pouvons pas vivre et nous développer dans la vie spirituelle sans ses soins attentifs de tous les instants.Ayons donc constamment recours à Marie. Saint Josémaria tire de cette fréquentation de la Sainte Vierge une conséquence à laquelle nous ne pensons pas de prime abord. En effet, il ajoute : « Et, dans sa douceur de Mère, Elle attirera l'amour de Dieu sur les âmes que tu fréquentes » (Ibid.). Autrement dit, notre fréquentation de Marie est bénéfique pour nos proches, nos amis, tous ceux avec qui nous sommes en relation peu ou prou, parce que Marie est Mère de l’humanité. Et que ce qui nous intéresse lui tient à cœur, que nos amis lui sont proches. Non seulement nous profitons personnellement – cela va sans dire – de la fréquentation de la Vierge Marie, mais encore, et nous avons là l’annotation inattendue, notre plus grande intimité avec Marie rejaillit sur ceux avec qui nous sommes en rapport.
En outre, si Marie attire l’amour de Dieu sur les âmes que nous fréquentons, c’est « afin qu'elles se décident — dans leur travail ordinaire, dans leur profession —, à être des témoins de Jésus-Christ » (Ibid.), à prendre leur vocation chrétienne au sérieux et, sous la motion de l’amour de Dieu, à se sentir responsables d’annoncer Jésus-Christ à nos contemporains, autour d’eux, notamment dans ce milieu privilégié qu’est le travail professionnel, privilégié, car nous occupant une bonne partie de la journée et nous mettant au contact régulier avec d’autres hommes.
Nous voyons ainsi que, comme le disent les scolastiques, le bien est diffusivum sui, tend à se répandre par lui-même. C’est une conséquence en quelque sorte inattendue du progrès de notre vie intérieure. C’en est même temps une conséquence logique, car l’amour de Dieu bien vécu, l’amour de la vérité, l’exemple d’une vie aussi droite que possible, ne peuvent que rayonner. C’est la lumière placée sur le lampadaire qui « brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5, 16), et qu’ils le glorifient en étant des témoins du Christ.
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Catégories : lumière, piété, saint Augustin, saint josemaria, travail, vie intérieure, Vierge Marie, vocation
vendredi 7 mai 2010
Le Rosaire et les vertus
Le Rosaire et les vertus
« Avant tout il alimente la foi catholique, qui refleurit précisément par la méditation appropriée des saints mystères, et élève les esprits jusqu'aux vérités révélées par Dieu. (...) Quant à l'espérance des biens immortels, le Rosaire la ravive, lorsque le triomphe de Jésus-Christ et de sa Mère, médité par nous dans la dernière partie de sa récitation, nous montre le ciel ouvert et nous invite à la conquête de l'éternelle patrie. (...) Puisque chez beaucoup la charité s'est alanguie et refroidie, comment la méditation douloureuse des souffrances et de la mort de notre Rédempteur et des douleurs de sa Mère ne parviendrait-elle pas à raviver la flamme de notre amour ? » (Pie XI, encyclique Ingravescentibus malis, 29 septembre 1937).
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Catégories : christianisme, ciel, piété, religion, saint rosaire, vertus, Vierge Marie
mardi 4 mai 2010
Le Rosaire et la foi
Le Rosaire et la foi
Le Rosaire et la piété.
« On ne se rappellera jamais assez que le Rosaire doit être récité, non seulement avec les lèvres, mais avec application de l'esprit aux sublimes vérités, avec un cœur tout embrasé de reconnaissance et d'amour » (Jean XXIII, Allocution aux pèlerins, 25 janvier 1962). C'est une « dévotion de l'Église » qui, « par son caractère populaire, par son esprit « christocentrique » et par la filiale dévotion qu'elle inspire envers la Vierge, peut ranimer la foi et la piété dans les milieux les plus différents et les plus ouverts à l'action pastorale : paroisses, écoles, familles, hôpitaux, etc. » (Paul VI, Allocution à des participants au IIIe Congrès international dominicain du Rosaire, 13 juillet 1963).
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Catégories : chapelet, christianisme, confession de foi, dévotion, eglise catholique, piété, saint rosaire, Vierge Marie
samedi 1 mai 2010
L’origine du chapelet (1)
L’origine du chapelet (1)
(à suivre…)
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Catégories : Alain de la Roche, cathares, chapelet, christianisme, dominicains, Douai, Fatima, Henri de Suse, hérésies, je vous salue, notre Père, piété, saint rosaire, Vierge Marie
dimanche 18 avril 2010
Marie-Madeleine
Marie-Madeleine
« Il lui sera beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé » (Luc 7, 47). Depuis lors, Marie-Madeleine est donnée en exemple du pécheur repenti à qui le Seigneur est disposé à remettre ses péchés, aussi nombreux soient-ils. Mais en quoi Marie-Madeleine a-t-elle « beaucoup aimé » ? Comment a-t-elle beaucoup aimé ? Apparemment, tout simplement en accomplissant les gestes rituels de bienvenue que Simon avait négligé d'avoir envers son hôte. Certes, cela implique qu'elle surmonte l'obstacle de l'orgueil et qu'elle enfreigne les règles de la bienséance qui voulaient qu'une pécheresse se tînt à l'extérieur, dans son antre de péché, et ne pénétrât pas sous le toit d'un pharisien. À tout bien considérer, elle est habituée au mépris des « gens de bien » (lire la suite), à être décriée par eux, qui s'écartent de leur chemin quand ils l'aperçoivent. Ce n'est pas tellement en « franchissant la ligne jaune » qu'elle a beaucoup aimé.C'est tout simplement en versant du parfum sur la tête du Seigneur, en répandant des larmes de repentir sur ses pieds et en les séchant avec ses cheveux, qui n'ont pas la vertu d'un tissu-éponge ! Voilà. C'est tout. En cela, elle a beaucoup aimé, tient à souligner le Seigneur. Et il ajoute que ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont pardonnés.
Il se satisfait vraiment de peu, notre Seigneur ! Trois fois rien venant de nous, c'est beaucoup à ses yeux. Nous avons de quoi être impressionnés. Nous comprenons que, pour quelqu'un qui aime vraiment, c'est-à-dire de façon désintéressée, en étant prêt à donner sa vie pour autrui, ce qui est le cas du Seigneur, toute marque d'attention, d'égard, d'affection a de l'importance. Cela nous encourage à soigner les moindres détails de la liturgie et de la piété, à savourer les oraisons vocales, à « broder » les normes, les pratiques de piété de notre plan de vie spirituelle, comme le disait saint Josémaria. Et à le faire pour tous ceux qui les négligent, qui n'y prêtent pas attention, qui n'ont guère de considération pour Jésus-Christ, dont ils sont peut-être les ministres, ou les apôtres...
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Catégories : christianisme, conversion, liturgie, Marie-Madeleine, péché, piété, saint josemaria
dimanche 31 janvier 2010
Les sept dimanches de saint Joseph
Les sept dimanches de saint Joseph
Aujourd'hui commence la dévotion des sept dimanches de saint Joseph.
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Catégories : dévotion, dimanche, église catholique, piété, prière, religion, saint Joseph
dimanche 8 novembre 2009
Les Confréries du Rosaire (2)
Les Confréries du Rosaire (2)
La confrérie du Rosaire va souvent de pair avec celle du Très Saint-Sacrement, qu'elle précède parfois, comme à La Rochelle, en Tarentaise, à Cabrières. L'étude de livres de piété montre que la dévotion du Rosaire conduit à celle du saint-sacrement. Le livre de piété du Rosaire prépare à une bonne communion et, surtout, à une bonne confession. Ainsi, la dévotion du Rosaire se rapproche sensiblement de celle du Saint-Sacrement, Marie étant perçue et présentée comme Médiatrice entre le fidèle et Dieu. Le lien entre le Rosaire et l'Eucharistie est manifeste dans le retable de Chambois (Orne), où Notre-Dame du Rosaire occupe le registre inférieur tandis qu'un ostensoir (lire la suite) adoré par deux anges agenouillés occupe le registre supérieur.Les Confréries de sainte Anne qui apparaissent au XIVe siècle (l'on en connaît à Rome dès 1328) et se développent surtout dans la deuxième moitié du XVe siècle en Europe septentrionale, sont elles aussi en lien avec les Confréries du Rosaire. Leurs membres participent ensemble à des célébrations liturgiques ; les écrits combinent des éléments des deux. C'est ainsi que des publications sur sainte Anne consacrent une section au rosaire, et ont des illustrations réunissant sainte Anne, la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus dans le cercle d'un chapelet. Les peintres ne sont pas en reste : Triptyque du rosaire céleste (Hans Kulmbach, vers 1510-1513, Madrid, musée Thyssen-Bornemisza).
(à suivre...)
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mardi 3 novembre 2009
Prier pour les morts
Prier pour les morts
Un pèlerin du territoire de Rodez, revenant de Jérusalem, est-il dit dans les annales de Cîteaux, fut obligé par la tempête de relâcher dans une île voisine de la Sicile. Il y visita un saint ermite qui s'informa de ce qui touchait à la religion dans son pays de France, et lui demanda en outre s'il connaissait le monastère de Cluny et l'abbé Odilon. Le pèlerin répondit qu'ils les connaissait, et ajouta qu'il lui saurait gré de lui dire quel intérêt le portait à lui poser cette question. (lire la suite)L'ermite repris : Il y a ici tout près un cratère dont nous apercevons les cimes ; à certaines époques il vomit avec fracas des tourbillons de fumée et de feu. J'ai vu des démons emporter les âmes des pécheurs, et les précipiter dans ce gouffre affreux, afin de les tourmenter pour un temps. Or, il m'arrive, à certains jours, d'entendre les mauvais esprits s'entretenir mutuellement, et se plaindre de ce que quelques-unes de ces âmes leur échappent ; ils murmurent contre les personnes de piété qui par leurs prières et leurs sacrifices hâtent la délivrance de ces âmes. Odilon et ses religieux sont les hommes qui paraissent leur inspirer plus d'effroi. C'est pourquoi, quand vous serez de retour dans votre pays, je vous prie, au nom de Dieu, d'exhorter les moines et l'abbé de Cluny à redoubler leurs prières et leurs aumônes pour le soulagement de ces pauvres âmes.
Le pèlerin à son retour s'acquitta de la commission.
Le saint abbé Odilon considéra et pesa mûrement toutes choses ; il eut recours aux lumières de Dieu et ordonna que dans tous les monastères de son ordre, on fit chaque année, le deuxième jour de novembre, la commémoration de tous les fidèles trépassés. Telle fut l'origine de la fête des morts.
Abbé Charles Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie futur, Lisieux, 1881, réédité en 1964, p. 148-149.
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mercredi 21 octobre 2009
Le Rosaire et le prêtre
Le Rosaire et le prêtre
En cette année consacrée aux prêtres sous le patronage du saint curé d'Ars, voici ce que le bienheureux pape Jean XXIII disait de rapport entre le prêtre et le chapelet :« Cette dévotion au Rosaire semble être propre aux prêtres. Nous leur proposons l'exemple de saint Jean-Baptiste Vianney, le curé d'Ars, (...) égrenant avec une profonde piété son chapelet entre ses doigts. Puissent les prêtres trouver là un encouragement pour parvenir à une sainteté digne de leur charge : de cette charge que Dieu nous a confiée de travailler au salut des âmes » (Jean XXIII, Lettre ap. Œcumenicum Concilium, 28 avril 1962).
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samedi 11 juillet 2009
Le lépreux de Capharnaüm (3)
Le lépreux de Capharnaüm (3)
Voyant la foi impressionnante de cet homme, que tous méprisent - leurs regards le crient -, Jésus, qui a proclamé que « ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les mal portants » (Lc 5, 31), « pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et dit : « Je le veux, sois purifié. »Tous, encore estomaqués du culot du lépreux, retiennent leur souffle. Ils sont à demi surpris que Jésus ne repousse pas le malade. Ils ont entendu la supplication, et l'ont peut-être quand même accompagnée en priant dans leur cœur. Du moins les meilleurs d'entre eux. (lire la suite) Ils ont entendu les paroles de Jésus résonner avec force. Et, à leur stupeur, « à l'instant même, sa lèpre le quitta et il fut purifié » (v. 41-42).
Les Pères de l'Église ont interprété la lèpre en y voyant une image du péché. Comme elle, le péché est laid, repoussant, contagieux et difficile à guérir. Dieu seul peut remettre les péchés. C'est le commentaire des pharisiens quand Jésus pardonne ses péchés à un homme ou une femme après l'avoir guéri du mal physique dont il était atteint. Nous sommes tous pécheurs et nous avons tous besoin du pardon de Dieu et de sa grâce.
« Cet homme se prosterne à genoux, à terre, ce qui est un signe d'humilité et de honte, souligne saint Bède, pour que chacun ait honte des taches de sa vie. Mais la honte ne doit pas empêcher la confession : le lépreux a montré sa plaie et demandé le remède. Sa confession est pleine de piété et de foi. Si tu veux, dit-il, tu peux : il a reconnu que le pouvoir de le guérir était entre les mains du Seigneur » (In Marci Evangelium expositio, in loc.). Tel doit être le comportement raisonnable de tout chrétien : aller chercher le pardon de Dieu pour purifier son âme de tout péché et de tout attachement au péché. Nous ne pouvons pas accepter indéfiniùent d'être lépreux. Il faut vouloir guérir, s'en sortir. Et « tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 22), qui croit que Jésus « a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 69).
(à suivre...)
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dimanche 28 juin 2009
Saint Josémaria (2)
Saint Josémaria (2)
Ayant une foi « à couper au couteau », comme il le disait, n'ayant pas eu « besoin d'apprendre à pardonner parce que Dieu m'a appris à aimer », vivant les pieds bien sur terre mais le cœur en Dieu, répétant inlassablement vultum tuum, Domine, requiram, « Seigneur, je voudrais voir ta face » (Psaume 26, 8), il est logique qu'une telle âme apparaisse sainte, mais aussi qu'elle le soit vraiment et que ses imperfections se ramènent la plupart du temps à des choses du genre ne pas avoir fait un petit sacrifice prévu ou éprouver une grande douleur d'amour de s'être distrait dans une prière vocale.Saint Josémaria ne voulait surtout pas qu'on le prenne pour un saint, tant il était persuadé de ne pas l'être. (lire la suite) C'est peut-être ce qui explique, outre son immense amour de la liberté, qu'il n'ait pas imposé à ses enfants sa piété personnelle (comme l'offrande à l'Amour miséricordieux qu'il renouvelait chaque jour pendant la messe ou la petite voie d'enfance spirituelle), pas plus que les mortifications intenses qu'il s'est imposées et qui, précisait-il, étaient nécessaires à l'époque de la fondation mais plus par la suite. Sans rien imposer, il stimulait en revanche à une vie de piété intense, joyeuse, sportive, qui soit comme la respiration de l'âme.
La vie d'une personnalité qui, comme lui, vivait constamment dans la compagnie de la Très Sainte Trinité, de la Vierge Marie et de saint Joseph, de son ange gardien et des anges, ne peut s'écrire que sur un registre surnaturel, édifiant. Mais, et c'est précisément une caractéristique de la vie de saint Josémaria, en proposant un modèle à imiter : concrètement, Jésus-Christ dans la vie ordinaire, dans la vie de travail et en famille, dans la normalité de l'existence. Afin de « transformer en alexandrins la prose de chaque jour » et de vivre les choses les plus humaines et matérielles sur un mode divin. C'est pourquoi, à la suite de l'affirmation lumineuse de Jean-Paul II, « saint Josémaria est le saint de l'ordinaire ».
(fin)
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lundi 26 janvier 2009
Le dimanche
Le dimanche
Le vrai sabbat consiste non pas à consacrer un jour à Dieu, mais tous les jours, et non pas à s’abstenir du travail corporel, mais du péché : « La loi nouvelle veut que vous observiez continuellement le sabbat, et vous, parce que vous restez à ne rien faire une journée, vous croyez être pieux. Vous ne réfléchissez pas à la raison du précepte. Ce n’est point en ces choses que se plaît le Seigneur notre Dieu. S’il y a parmi vous un parjure ou un voleur, qu’il cesse (mausasthô) ; s’il y a un adultère, qu’il fasse pénitence, et il a observé les sabbats de délices, les véritables sabbats de Dieu »(Justin, Dialogue avec Triphon 12, 3). […] Le vrai sabbat,dont avait parlé Isaïe et qui consiste à « cesser de faire-valoir »(1, 6), c’est dans le Christ, qui est libéré du péché, qu’il réalise seulement. Le Christ introduit dans l’unique sabbat, dont les sabbats de la loi n’étaient qu’une préfiguration prophétique.Jean DANIÉLOU, Bible et Liturgie, Paris, 1951, p. 320-321.
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jeudi 22 mai 2008
Marie et l'Eglise (2)
Marie et l'Église (2)
L'iconographie chrétienne montre souvent la Sainte Vierge en train de remettre le chapelet à saint Dominique. Même si la mise en forme de la dévotion au saint rosaire telle que nous la connaissons de nos jours n'a pas été immédiate, nous voyons quand même en cela - et c'est ce qui est le plus important - une autre invitation de Marie à prier, un moyen spirituel qu'elle nous propose et dont l'efficacité n'est plus à démontrer. Elle-même nous guide au besoin dans cette pratique de piété, comme lorsqu'elle a demandé à Bernadette Soubirous de réciter le chapelet, (lire la suite) voici 150 ans cette année. Si Dieu le veut, nous aurons l'immense joie d'accueillir à Lourdes le pape Benoît XVI au mois de septembre pour la célébration de ce sesquicentenaire.Mais revenons à l'Église, bien que nous ne nous en soyons pas éloignés en réalité. « Marie, qui depuis le début s'était donnée sans réserve à la personne et à l'œuvre de son Fils, ne pouvait pas ne pas reporter sur l'Église, dès le commencement, ce don maternel qu'elle avait fait de soi » (Jean-Paul II, encyclique sur la Mère du Rédempteur, Redemptoris Mater, n° 40). C'est ainsi que, dès le début, Marie est Mère de l'Église, même s'il faudra attendre la clôture du concile Vatican II, le 8 décembre 1965, solennité de l'Immaculée conception de Marie, pour entendre un pape, Paul VI en l'occurrence, proclamer Marie Mère de l'Église, suscitant l'émotion des Pères conciliaires et des applaudissements nourris qui traduisaient bien les sentiments du cœur : oui, Marie est notre Mère ; oui, Marie est Mère de l'Église !
Donc le rôle maternel de Marie ne s'interrompt pas avec la mort brutale de son Fils sur la Croix. Mais, dans l'économie de la grâce, elle « se continue sans interruption jusqu'à la consommation définitive de tous les élus » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 62). Marie est vraiment la médiatrice universelle de toutes les grâces jusqu'à la fin du monde. Après, plus aucune médiation ne sera nécessaire, la grâce non plus d'ailleurs, puisque tous les saints se trouveront au paradis dans la gloire de Dieu pour l'éternité, tandis que les réprouvés seront, par leur faute (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 1033), en enfer, éternellement aussi. Tant que nous sommes le peuple en marche vers la Terre promise qu'est le ciel, rien ne nous est plus doux et plus nécessaire que d'avoir Marie pour Mère et pour guide, pour force et pour refuge - Refugium nostrum et virtus -, afin d'obtenir la miséricorde de Dieu dont nous avons tant besoin : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus en temps opportun » (Hébreux 4, 16).
(à suivre...)
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