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mercredi 20 février 2019

L’amour de l’Église et du pape (2)

L’amour de l’Église et du pape (2)

L’Église n’est pas du monde, mais son action s’inscrit dans le monde et se réalise au profit du monde, vise à le sanctifier. Les bras de la Croix divinisent le monde, affirme-t-il ici. Car ils sont une invitation à se sanctifier en travaillant au cœur du monde, des en vaquant aux activités séculières.
« Cette divinisation de l’homme opérée par la médiation de l’Esprit Saint, advient principalement dans la distribution des sacrements, surtout de l’Eucharistie qui est « un sacrement de piété, un signe d’unité, un lien de charité » (st Augustin, In Joann. Ev. Tr. 26, 6, 13 ; PL 35, 16, 3), et, de ce fait, un principe de cohésion et de fraternité véritables, également dans la vie sociale du monde entier pour lequel le Christ s’est donné – pro mundi vita (Jn 6, 51) » (Jean-Paul II, Discours à la Curie romaine, 22 décembre 1981, n° 4).(lire la suite)
Le Pontife romain peut affirmer sans ambages que l’Eucharistie construit l’Église.
De fait, c’est bien l’Église qui nous dispense les sacrements, qui établit les règles de leur juste confection et de leur droite administration, afin que ses fidèles parviennent au salut, ce qui est la loi suprême de toute l’Église : Suprema lex, salus animarum (Code de droit canonique, c. 1752).
Nous ne pouvons pas mieux nous sanctifier que par les sacrements, qui sont les principaux canaux de la grâce, et ont institués par notre Seigneur faire nous parvenir toutes les grâces qui s’écoulent du pressoir mystique, tel que les artistes du Moyen Âge l’ont représenté. Il ne nous est pas possible de nous sanctifier en dehors de l’Église catholique, c’est-à-dire sans lien avec elle, sans lui être uni par le triple lien de la communion de la foi, des sacrements et du gouvernement. Cela est totalement exclu. Parce qu’autrement l’on se trouve apostat, hérétique ou schismatique.
Nous aimons l’Église telle qu’existe à notre époque, telle que nous la voyons, avec son dynamisme évangélisateur qui ne se dément pas. Elle est la même que l’Église en germe au jour Pentecôte, qui naît à Jérusalem avec une portée d’emblée universelle, constitutionnellement universelle, appelée à se répandre de par le monde entierEt elle se répand, Dieu merci, toujours davantage. Les vicissitudes des pays occidentaux ne doivent pas cacher une réalité, qui est celle d’une expansion continuelle, avec la création régulière de nouveaux diocèses en Afrique, en Amérique et en Asie.
Mais elle est tributaire aussi des circonstances historiques. Elle ne se présente pas aux hommes de notre temps comme à l’époque où les schismes tragiques se sont produits, à celle des affrontements du sacerdoce et de l’empire, à l’époque de la Renaissance ou encore après la perte des États pontificaux en 1870. Mais elle reste la même, c’est-à-dire l’Église de Jésus-Christ, détentrice et unique détentrice de tous les moyens de sanctification dont nous avons besoin. Des sacrements et de la Parole de Dieu, qu’elle seule a pouvoir d’interpréter authentiquement.
Extra Ecclesiam nulla salus. « Pas de salut hors de l’Église. » Un grand principe, développé en long et en large pendant des siècles, qui n’est plus invoqué depuis le concile Vatican II pour des raisons œcuméniques. De nos jours, l’on préfère mettre en évidence, à juste titre, que des gens qui pas reçu la grâce du baptême peuvent très bien se sauver et de fait se sauvent, tandis que des baptisés se perdent par infidélité à leur vocation chrétienne.
Car, comme saint Paul VI le notait dans un discours, « la sainteté dans l’Église vue dans la réalité humaine de ses membres n’est pas toujours conforme à la sainteté de l’Église vue dans sa perspective idéale et divine. Même s’ils sont déjà admis dans ce « royaume de Dieu déjà parmi nous » (Lc 17, 21), les membres de l’Église n’en demeurent pas moins des hommes faibles, fragiles et pécheurs. […] Il arrive donc que l’incohérence entre la vocation à la sainteté, propre des chrétiens, et leur déficience morale, provoque le scandale… » (Paul VI, Discours, 21 octobre 1971).
Il n’est pas difficile, hélas, de vérifier de nos jours cette assertion pontificale. Trop d’exemples dévoilés de nos jours, des comportements tragiques et criminels, la corroborent. Mais cela n’enlève rien à la sainteté de l’Église, l’Épouse sans tache ni ride du Christ.

(à suivre...)

lundi 18 février 2019

L’amour de l’Église et du pape (1)

)L’amour de l’Église et du pape (1 

« L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé – c’est Isaïe qui parle, et qui relate la vision qu’il a eue – les pans de son manteau remplissaient le Temple [de Jérusalem]. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils se criaient l’un à l’autre : ‘Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l’univers. Toute la terre est remplie de ta gloire’ » (Is 6, 1). Une acclamation qui est reprise presque à l’identique dans liturgie de la messe à la fin des préfaces : « Saint ! Saint ! Saint ! Le Seigneur, le Dieu de l’univers ! Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. Hosanna au plus haut des cieux. »
« Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée », précise prophète, qui fait part sa frayeur.
(lire la suite)
« Je dis alors : ‘Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures.’ » Sa crainte n’est pas fondée, car si Dieu se manif à quelqu’un, ce n’est pas pour sa perte, ce n’est pas pour l’anéantir. Mais bien pour faire appel à lui en vue d’une mission. Tel est bien cas d’Isaïe qui poursuit son récit :  « J’entendis la voix du Seigneur qui disait : ‘Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ?’ Et j’ai répondu : ‘Moi, je serai ton messager : envoie-moi’. »
L’événement décrit par Isaïe se produit dans Temple saint. Là où est concentrée la présence de Dieu parmi son peuple. Dans le lieu où Dieu a planté sa tente.
Nous ne nous attacherons ici pas tant au temple matériel, à l’église construite de mains d’homme qui, d’ailleurs, peut se dégrader, voire brûler. Mais à l’Église immatérielle, à la fois hiérarchique et charismatique, que nous appelons parfois du titre de « notre sainte Mère l’Église ». Et que nous aimons tout spécialement en raison de ce titre, qui traduit une réalité profonde. Et qui motive notre amour de l’Église.
Incontestablement, nous recevons beaucoup, énormément de l’Église. Nous pouvons dire que toute la pédagogie de notre Mère l’Église – sa doctrine comme sa liturgie – est orientée à permettre au chrétien d’établir avec Dieu un dialogue personnel, empreint de foi, d’amour, d’adoration, de repentir, de demande. Quand bien même elle met sur les lèvres des fidèles des prières déterminées, l’Église veut néanmoins que chacun de ses enfants s’adresse à Dieu personnellement, dans une prière de fils à Père. Elle guide donc notre prière, qui est d’abord une prière communautaire, le culte rendu en commun au Tout-Puissant par Jésus-Christ.
Mais nous ne nous trouvons pas dans le cas de ceux qui rabâchent des prières, formules toutes faites longueur journée, de façon purement mécanique, sans accorder d’attention ni d’importance à ce qu’ils disent. C’est quelque chose de machinal de leur part. Non, l’Église nous présente Dieu comme notre Père, c’est-à-dire comme ce qu’il est vraiment, et nous invite à le fréquenter personnellement, directement, filialement.
Saint Jean-Paul II formulait une remarque qui nous parle beaucoup parce qu’il y est question de divinisation, terme si cher à st Josémaria et qui n’a pas toujours été compris. La spiritualité des Églises orientales se réfère pourtant fréquemment à la déification, terme qui est du pareil au même.
Mais venons-en à ce texte, qui est un extrait du discours annuel adressé par le saint-père aux membres de la curie romaine. Il leur disait, en 1981, que, « par vocation innée, l’Église n’est pas étrangère au monde, même dans les formes de sa vie les plus strictement intérieures et réservées au domaine sacré. Étant formée d’hommes, vivant parmi les hommes, élevant ceux-ci au surnaturel et les éduquant à la connaissance de Dieu (cf. saint Irénée, Adv. hær. 4, 57 ; PG 7, 984-993), l’Église a également de ce fait une répercussion sur le domaine quotidien du social. Le bras vertical de la Croix est solidement greffé sur le bras horizontal qui embrasse et divinise le monde dans l’unique oblation d’amour du Fils de Dieu. »

(à suivre...)

vendredi 15 février 2019

Toponymes et vocables du Saint-Sépulcre

Nous avons publié avec Jean-Pierre de Gennes (+) un ouvrage intitulé :
Toponymes et vocables du Saint-Sépulcre. Notes pour servir à l'histoire des lieux et édifices dédiés en France au Saint-Sépulcre.
Cet ouvrage décrit par ordre alphabétique les toponymes et vocables présents dans 63 département. Tous ne sont pas également représentés. En effet, sur 156 notices, 31 d'entre elles sont situées dans la région Provence-Côte-d'Azur, 20 dans la région Midi-Pyrénées, 10 dans le Languedoc-Roussillon et 4 en Aquitaine, soit 64 notices, environ les deux cinquièmes du total. Ceci s'explique aisément par les relations privilégiées du pourtour méditerranée avec la Terre Sainte.
Ces 156 notices correspondent à 236 toponymes et vocables distincts. (lire la suite)Notre recension a porté sur :

1) les lieux ayant le nom de Saint-Sépulcre comme toponyme. Il s’agit non seulement de communes actuelles ou d’anciennes paroisses, mais aussi de terres, anciennes seigneuries ou lieux-dits. Nous avons également retenu, quoique ne portant pas le nom de Saint-Sépulcre, les biens ayant appartenu à l’église ou chapitre et à l’ordre canonial du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

2) les églises, chapelles et monuments placés sous le vocable du Saint-Sépulcre, mais aussi : a) ceux qui, sous un autre patronage, ont fait partie des biens de l’église ou du chapitre et de l’ordre canonial du Saint-Sépulcre. b) ceux qui, sous un autre vocable, ont cependant été édifiés en souvenir d’un pèlerinage au Saint-Sépulcre. c) ceux dont l’aspect architectural a été conçu à l’imitation de l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem et du Tombeau du Christ.

3) les institutions, telles que prieurés, couvents de chanoinesses, hôpitaux et confréries placés sous le vocable du Saint-Sépulcre.

Vous vous rendez compte aussitôt que les mises au tombeau sont exclues de notre champ de recherche. Elles ont beau être qualifiées fréquemment de « sépulcre », voir de « saint-sépulcre », elles s’éloignent de la spiritualité propre au Saint-Sépulcre.

Madame Bresc-Bautier a soutenu à l’Ecole des Chartes une thèse sur Le Saint-Sépulcre de Jérusalem et l’Occident au Moyen Âge, à laquelle le comte de Gennes a eu accès et dont il s’est largement inspiré. Dans un article sur « Les imitations du Saint-Sépulcre de Jérusalem (IXe-XVe siècles). Archéologie d’une dévotion », Mme Bresc-Bautier explique qu’« une imitation de l’église de l’Anastasis à Jérusalem est d’abord et avant tout l’expression de la dévotion au Saint-Sépulcre de Jérusalem, c’est-à-dire à la relique terrestre du rocher de la Résurrection, situé au cœur d’une ville, Jérusalem. Précisons bien : il ne s’agit ni d’un culte à la Mort du Christ ou à sa Résurrection, ni d’une dévotion à la Jérusalem céleste, abstractions qui transcendent probablement la dévotion au Saint-Sépulcre, mais qui n’en sont pas à la base. Au contraire, c’est un culte bien concret à une relique, le Tombeau, ancré dans une ville, Jérusalem terrestre, qui se manifeste par des représentations matérielles, les copies ».

Il en va tout différemment des mises au tombeau. Elles reflètent une pensée nouvelle qui apparaît à la fin du XVe siècle et fleurit au XVIe siècle, comme une conséquence de la guerre de Cent Ans. Ce n’est plus dans la joie de la Résurrection, mais dans les souffrances de la Passion et de la mort du Christ que homme trouvent le reflet de leurs propres sentiments, notamment de leurs propre affliction.

Comme Mme Bresc-Bautier le relève encore, « l’image du Christ mort et de la déposition du corps torturé s’imposa. Le Sépulcre glorieux et le reposoir eucharistique s’effacent devant le roc douloureux. Le Saint-Sépulcre vénéré en Occident n’est plus celui de Jérusalem, mais un élément intemporel. Ce n’est plus la relique qui est honorée, mais le point culminant de la vie du Christ qu’une dévotion tragique et théâtrale représente sous forme de sculptures monumentales [… faisant] place à une dévotion plus abstraite et plus universelle qui privilégie la Passion et la fait revivre par une pratique nouvelle, le chemin de Croix ».

dimanche 10 février 2019

Béatification d'une femme de l'Opus Dei

Béatification d'une femme de l'Opus Dei.

Guadalupe Ortiz de Landazurri sera proclamée bienheureuse à Madrid, sa ville natale, le 18 mai prochain. La cérémonie sera présidée par le cardinal Becciu, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints.
Née en 1916, Guadalupe est décédée en 1975, la même année que saint Josémaria, le fondateur de l'Opus Dei, institution de l'Eglise catholique à laquelle Guadalupe appartenait depuis 1944. En 1950, elle se rend au Mexique où elle commence l'implantation de l'Opus Dei.
En 1956, elle s'installe à Rome, où elle collabore avec saint Josémaria au gouvernement des la section féminine de l'Opus Dei. Les premiers symptômes d'une affection cardiaque se manifestent chez elle à la même époque. Elle poursuit des travaux sur " les réfractaires isolants en rapport aux cendres des cosses de riz ", qui lui valent le prix Juan de la Cierva. elle soutient sa thèse de chimie en 1965. Puis elle enseigne la chimie dans l'Escuela Feminina de Maestria Industrial, dont elle devient la sous-directrice. En 1968, elle contribue au lancement du Centro de Estudios e Investigacion de Ciencias Domésticas.
Le miracle qui a été reconnu par la Congrégation pour les causes des saints est la guérison médicalement inexplicable d'Antonio Jesus Sedano Madrid, veuf et âge de 76 ans. Il était atteint d'ue tumeur de la taille d'une lentille si proche de l'oeil droit qu'elle pouvait facilement l'envahir. Une opération fut alors décidée.
Antonio fut très affecté par la nouvelle. Toutefois, il se mit à invoquer Guadalupe, en lui disant : "Tu peux le faire ; fais que je n'aie pas à me faire opérer. Ce n'est rien pour toi !" Il s'endormit paisiblement.
Quand le chirurgien plasticien l'examina de nouveau, toute trace du cancer avait disparu. Stuépfait, il demanda à Antonio : "Où avez-vous été opéré ? " Antonio lui raconta les détails de sa guérison et l'intercession de Guadalupe.

vendredi 30 novembre 2018

Ma mère, prise récemment en photo (voit ci-dessous), vient de nous quitter dans sa 111e année ! Elle était depuis un certain temps la doyenne de Paris. Mère de sept enfants, elle a 15 petits-enfants et 45 arrières-petits-enfants et arrières-arrières-petits-enfants. Elle a été souvent considérée comme "très attachante". Ce fut une maîtresse-femme, qui a connu la première guerre encore jeune, la dépression de 1929 jeune mariée, et a dû faire face à la deuxième guerre mondiale étant déjà mère de famille.
Priez pour son repos éternel.

lundi 2 juillet 2018

Saint-Sépulcre en France

Toponymes et vocables du  Saint-Sépulcre.
Notes pour une histoire des lieux dédiés au Saint-Sépulcre en France
ouvrage rédigé par le comte Jean-Pierre de Gennes (+) et Mgr Dominique Le Tourneau
Mémoire et Documents, Aix-en-Provence, 2018
29 euros
paru en mai 2018


Cet ouvrage recense 236 toponymes et vocables en rapport avec le Saint-Sépulcre de Jérusalem présents en France dans 63 départements.
Il apporte une contribution importante à une meilleure connaissance des liens qui ont unis et unissent encore la France au tombeau du Seigneur Jésus, liens également pérennisés par la Lieutenance de France de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

jeudi 18 mai 2017

Jeanne d'Arc

La parution du Dictionnaire ci-dessous est reportée au 7 juillet.

Dictionnaire encyclopédique de Jeanne d'Arc

par Pascal-Raphaël Ambrogi
et Dominique Le Tourneau

chez Desclée de Brouwer

Un tour d'horizon des références historiques, culturelles, artistiques, dans le monde entier, d’une des figures les plus populaires et vénérées en France et à l’étranger, tant d'un point de vue religieux que politique.

Jeanne d’Arc, plus on l’étudie, plus l’émerveillement croît.
En 427 jours, une paysanne de 17 ans lève le siège d’Orléans, fait sacrer Charles VII et le rétablit sur son trône, suscite le sentiment patriotique, révolutionne l’art de la guerre… Héroïne nationale, libératrice de la France, mais Jeanne est aussi une sainte exceptionnelle : elle pratique nombre de vertus à un degré héroïque, jusqu’à son martyre sur le bûcher de Rouen. Elle se présente à nos yeux comme un modèle de sainteté de la vie courante et dans l’exercice de son métier.
Un personnage d’exception, présenté ici sous toutes ses facettes, avec une multiplicité d’informations, y compris défavorables à la Pucelle, encore jamais réunies. Ce dictionnaire encyclopédique est à la fois historique, culturel, spirituel et artistique. Il cherche à répondre à toutes les questions que pose l’épopée johannique. Il offre un accès privilégié aux sources et aux documents historiques. Ce livre les présente et les rend accessibles à tous. Simples commentaires, citations, allusions, grands discours, panégyriques célèbres, là où Jeanne est évoquée, ce livre guidera le lecteur. On rappellera que Jeanne est un des personnages les mieux documentés de l’histoire

samedi 29 avril 2017

Nouveau livre

Vivre dans l'intimité de Jésus en incarnant l'Evangile


Publié chez Parole et Silence,

Ce nouvel ouvrage de Mgr Dominique Le Tourneau, dans le prolongement du précédent ouvrage, Vivre la Passion avec ses acteurs, également publié par Parole et Silence, veut servir de guide pour être effectivement présent dans les scènes de l’Évangile, plus particulièrement en entrant dans la peau des différents personnages et en participant à la vie quotidienne du Seigneur, en écoutant son enseignement et en assistant à l’un ou l’autre de ses miracles. L’on commencera par une évocation émouvante de la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Élisabeth, qui aide à pénétrer plus à fond dans le mystère de l’Incarnation.
Puis l’on parcourt en compagnie de notre Seigneur les chemins de Palestine, parsemés d’épisodes qu’il a bien fallu sélectionner. Ont été retenus l’entretien de Nathanaël avec Jésus, la guérison spectaculaire du paralytique de la piscine à cinq portiques, la rencontre quelque peu dramatique avec le jeune homme riche, l’attitude de Jésus envers les petits enfants, la multiplication des paix qui nourrit une foule impressionnante, la conversation des apôtres parfois mesquine et tournant autour de préoccupations très humaines, la confession pleine de foi de la divinité du Maître part Simon-Pierre, la supplication de la Cananéenne pour que Jésus expulse un démon possédant sa fille, l’invitation chez Zachée le publicain au grand scandale des pharisiens, les sanglots qui secouent Jésus à son arrivée à Jérusalem et les amis de Dieu, terme par lequel Jésus désigne ses apôtres le Jeudi Saint.
Une place importante est accordée au village de Béthanie, qui apparaît comme une plaque-tournante dans les pérégrinations pastorales de Jésus, et où Jésus avait de bons amis en la personne de Marthe, de Marie et de Lazare. Nous prenons part à la montée de Jéricho, au repas pris chez Simon le lépreux, à l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, à la résurrection de Lazare, à la vie paisible et reposante au foyer de Béthanie, à l’épisode du figuier maudit et desséché et à l’Ascension de Jésus au ciel, qui intervient à proximité de cette bourgade.
Bref, un ouvrage très prenant et très enrichissant sur le pan spirituel et qui se lit très facilement. Il peut parfaitement servir de point de départ à une réflexion personnelle plus approfondie

lundi 16 janvier 2017

Ceux qui corrompent la famille

Le sort de ceux qui corrompent la famille

Ne vous y trompez pas, mes frères : ceux qui corrompent les familles n’hériteront pas le royaume de Dieu. Si ceux qui agissaient ainsi selon la chair ont été mis à mort, combien plus celui qui corromprait par une mauvaise doctrine la loi de Dieu, pour laquelle Jésus-Christ a été crucifié ! Celui qui s’est ainsi souillé ira au feu qui ne s’éteint pas, et pareillement celui qui l’écoute.

Saint Ignace d’Antioche, Lettre aux Éphésiens.

lundi 26 décembre 2016

Christianisme et Ozanam

J'ai a vous entretenir d'un livre excellent, tout à fait roboratif, très bien documenté, non moins bien écrit, qui présente l'avantage d'étayer solidement et scientifiquement la bonté du christianisme par rapport aux autres religions, notamment les religions qu'il a rencontrée à sa naissance, voici deux mille ans et quelques. je veux parler de La civilisation au 5e siècle, de Frédéric Ozanam.
Les Editions Blanche de Peuterey ont pris l'initiative fort heureuse d'en entreprendre la publication sous forme de fichier électronique et de tirage papier à la demande.
A la lecture de cet ouvrage, beaucoup de clichés tombent et la beauté du christianisme, ses nombreux apports à la civilisation sautent aux yeux. Le tome 2 aborde des sujets aussi variés que la façon dont sont envisagés les esclaves, les pauvres, les ouvriers, la femme, et présente l'influence du christianisme sur l'éloquence, l'histoire, la poésie, l'art et la civilisation matérielle de l'empire, que ce soit le commerce, l'agriculture ou les villes.
Un ouvrage à lire et à faire connaître largement, surtout à une époque où l'on accuse le christianisme de tous les maux de notre société et où certains s'efforcent d'en effacer toutes les traces et d'en bannir toutes les manifestations.

dimanche 25 décembre 2016

Arrêt sur christianisme 85

Le christianisme n’a point mais l’humanité, mais il la refaite ; il ne crée pas, il transforme. L’homme existe, mais sous la loi de la chair ; la famille, mais sous la loi du plus fort ; la cité, mais sous la loi de l’intérêt. Le christianisme réforme l’homme par la renaissance de l’esprit ; la famille, par le droit des faibles ; la cité, par la conscience publique. De même aussi il trouve dans les sociétés antiques des temples, des sacrifices, des prêtres : il ne les abolit pas, il les purifie ; le christianisme n’a rien aboli, il a tout régénéré.
Frédéric Ozanam, Histoire de la civilisation au 5ème siècle – Tome 2, Œuvres complètes de Frédéric Ozanam, Les Éditions Blanche de Peuterey, p. 28.

dimanche 20 novembre 2016

Mon enfant sur internet

Je ne saurais que trop recommander aux parents et aux éducateurs cet ouvrage disponible en format électronique et en format papier, qui donne des conseils très pertinents et expérimentés sur les sujets suivants :
- Accompagner et protéger mon enfant sur internet
- La relation aux écrans
 - Les smartphones
- Les filtres parentaux
- 7 réseaux sociaux décryptés.
l'ouvrage est publié par les Editions Blanche de Peuterey.
bonne lecture !
 

jeudi 14 juillet 2016

Enfant et internet

Je recommande aux parents cet ouvrage qui vient de paraître :

Mon enfant sur Internet.

Il leur sera sans nul doute très, très utile.

Bonne lecture.

mercredi 13 janvier 2016

Arrêt sur christianisme 84

Arrêt sur christianisme 84

Tout essai de libération du catholicisme est une absurdité, puisque, bon gré, mal gré, nous sommes chrétiens, et une méchanceté, puisque tout ce que nous avons de beau et de grand en nos coeurs nous vient du catholicisme. Nous n'effacerons aps vingt siècles d'histoire, précédés de toute une éternité ; et comme la science a été fondée par des croyants, notre morale, en ce qu'elle a de noble et d'élevé, vient aussi de cette grande et unique source du christianisme, de l'abandon duquel découle la fausse morale, comme aussi al fausse science. Ernest Psichari, cité dans Henri Massis, Notre ami Psichari, Paris, Flammarion, 1936, p. 117.

samedi 2 janvier 2016

Géopolitique du Vatican

Géopolitique du Vatican

Tel est le titre du dernier ouvrage de Jean-Baptiste Noé, paru aux Presses Universitaires de France. Il est bienvenu pour faire comprendre l'action du Saint-Siège dans le monde, d'abord au plan des relations intra-ecclésiales, puis sur celui des relations internationales entre Etats et dans le domaine caritatif, qui a toujours été une priorité de l'action de l'Eglise catholique. Il est divisé en trois parties au libellé quelque peu novateur : les lieux du Vatican, les préoccupations du Vatican et les idées du Vatican. (lire la suite)Les lieux du Vatican s'articulent en trois points : le Vatican, formation et histoire ; Le diplomatie du Saint-Siège ; Le Vatican et le monde.La seconde présente le Vatican : continuité et extension de la romanité ; l'évangélisation en question ; la préservation de la paix, le dialogue entre les cultures.La troisièle partie porte sur les idées culturelles; les idées politiques ; les idées économiques. On trouvera in limine l'hommage d'un Japonais au Saint-Siège très intéressante quant à la reconnaissance de l'action du Saint-Siège et du rôle irremplaçable qu'il joue sur la scène mondiale.En effet, " le Vatican a une véritable volonté d'influence, nous dit Jean-Baptiste Noé, qui repose sur une organisation mondiale et une intégration de plus en plus forte dans les réseaux internationaux. Sa présence géopolitique et sa puissance diplomatique résident dans la force spirituelle et culturelle d'une Etat qui, tout en représentant l'ensemble des catholiques, parvient à parler au monde entier. "

samedi 30 mai 2015

Sainte Jeanne d'Arc

Sainte Jeanne d'Arc

En ce jour de la fête liturgique de sainte Jeanne d'Arc, la lecture proposée du livre de la Sagesse est particulièrement bien adaptée à la personnaité de Jeanne et à ses exploits : "J’ai donc résolu d’amener la Sagesse à partager ma vie, car je savais qu’elle serait ma conseillère pour bien agir, mon réconfort dans les soucis et la tristesse. Grâce à elle, j’aurai la gloire auprès des foules, et l’honneur auprès des anciens, malgré ma jeunesse. Au tribunal, on reconnaîtra ma perspicacité ; devant moi les puissants seront dans l’admiration. Si je me tais, ils attendront ; si je parle, ils prêteront l’oreille ; si je prolonge mon discours, ils se garderont de m’interrompre. Grâce à la Sagesse, j’aurai l’immortalité, je laisserai à la postérité un souvenir éternel. Je dirigerai des peuples, et des nations me seront soumises. S’ils entendent parler de moi, des souverains redoutables prendront peur. Je montrerai ma valeur dans l’assemblée du peuple, et ma bravoure à la guerre" (Sagesse 8, 9-15).

vendredi 29 mai 2015

Saint Jean (2)

Saint Jean (2)

Jean, qui reposait sa tête contre le Cœur de notre Seigneur, comme il nous le fait savoir lui-même (cf. Jean 13, 23), a ainsi appris à aimer sans retour. Il est le seul à avoir assimilé d’emblée le commandement nouveau de l’amour (cf. Jean 13, 34-35). Et il le vit d’abord envers Marie, dont il a pitié de la douleur. Pour prix de sa fidélité et de son amour tendre et plein de délicatesse envers sa Mère, il se voit confier celle-ci au moment où Jésus remet son âme à son Père. « Près de la croix de Jésus se tenait sa Mère, et la sœur de sa Mère, Marie femme de Clopas, et Marie la Magdaléenne. Jésus alors, voyant sa Mère et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa Mère : ‘femme, voici ton fils.’ Puis il dit au disciple : ‘Voilà ta Mère.’ Et, à partir de ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 25-27). (lire la suite) Après le testament de la Dernière Cène, c’est le codicille que Jésus y apporte à l’adresse de Jean, et aussi à l’intention de chacun d’entre nous. Jean disposait-il d’un logement à Jérusalem ? Il « était connu du grand prêtre » (Jean 18, 15) et avait ses entrées chez lui, ce qui lui permit de faire entrer Simon-Pierre dans la cour du palais d’Anne (cf. Jean 18, 16). Cela laisse supposer qu’il avait effectivement où habiter dans la Ville Sainte. Cependant, peut-être que, dans un premier temps, ils se sont retrouvés au Cénacle, où les apôtres se sont rassemblés progressivement, le premier moment de terreur passé. Par la suite, Jean restera fidèle à l’engagement contracté en notre nom au Calvaire, et il prendra Marie avec lui dans ses déplacements, entre autres à Éphèse. Il aura même le privilège unique – nous aurions tendance à dire bien mérité – de redonner sous forme sacramentelle le Fils de Dieu à Celle qui l’avait porté neuf mois dans son sein ! Privilège merveilleux et redoutable, qui devait le faire trembler d’émotion à chaque fois ! (fin)

mercredi 27 mai 2015

Saint Jean (1)

Saint Jean (1)

Nous avons contracté une dette de reconnaissance spéciale envers saint Jean. En effet, dès le soir du Jeudi Saint, alors que Jésus est arrêté au jardin de Gethsémani puis transféré chez Anne et Caïphe, Jean reste auprès de Marie, qui se retrouve seule pour la deuxième fois de sa vie. La première se fut quand Jésus la quitta pour aller se faire baptiser par son cousin sur les rives du Jourdain (cf. Luc 3, 21-22). Il a sans doute expliqué alors à sa Mère ce qu’il allait faire, la longue retraite et le jeûne de quarante jours qu’il comptait suivre dans le désert (cf. Luc 4, 1-13) avant de commencer son ministère public. Nous pouvons imaginer que Marie a fait de son côté (lire la suite) une retraite de la même durée, unissant sa prière à celle de son divin Fils, et demandant au Père tout ce que Jésus lui demandait, lui présentant tous les besoins de tous les hommes, les nôtres aussi. Mais cette solitude, une solitude toute relative, parce qu’une âme sainte n’est jamais seule, mais reste unie à Dieu par les liens de la foi, de l’espérance et de la charité, ce qui était éminemment le cas de Notre Dame. Cette solitude relative n’a pas duré longtemps, car Jésus venait à peine d’engager sa prédication et de se gagner ses premiers disciples, parmi lesquels figurait précisément Jean, jusque-là disciple de Jean-Baptiste (cf. Jean 1, 35-37), « il y eut des noces à Cana de Galilée, et la Mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples » (Jean 2, 1-2). Nous supputons aisément qu’à compter de ce jour, Marie n’a plus quitté son Fils et qu’avec les saintes femmes, qui ne vont pas tarder à le suivre et dont plus d’une sont de sa parenté proche (cf. Luc 8, 2-3), elle assurera l’intendance du groupe fluctuant, mais constant, qui accompagne notre Seigneur sur les routes de Palestine. Cette aventure sainte touche à son terme toutefois quand Jésus lui est arraché par le prince des prêtres pour être traduit en jugement, dans un simulacre de jugement serait-il plus exact de dire, et, elle le soupçonne, elle le sait bien en réalité, être mis à mort. Elle a bien compris, elle, qu’il doit mourir. Mais aussi qu’il ressuscitera au troisième jour. Jean reste donc auprès d’elle au cours de ces heures douloureuses entre toutes. Je ne reviens pas sur ce que j’ai écrit à ce sujet dans Vivre la Passion avec ses acteurs (éd. Parole et Silence). (à suivre…)

vendredi 22 mai 2015

Le Psaume 2 (15)

Le Psaume 2 (15)

L’auteur sacré nous presse de nous placer sous la juridiction paternelle de Dieu sans tarder. « Apprehendite » signifie l’impatience de s’emparer du royaume de Dieu, la hâte, le zèle à apporter à cette conquête : « Le royaume de Dieu souffre violence, les violents s’en emparent » (Luc 16, 16). Saint Paul écrira qu’il court pour saisir : « Ce n’est pas que j’aie déjà atteint le but ou que je sois parvenu déjà à la perfection ; je cours après pour le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Philippiens 3, 12). Dieu a saisi l’homme par l’Incarnation et, à notre tour, nous devons nous hâter de saisir Dieu, dira saint Hilaire de Poitiers. (lire la suite) La promesse de la royauté s’est accomplie en notre Seigneur, comme les apôtres l’affirment dans leur prédication : « Nous aussi, nous vous en faisons l’heureuse annonce : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a remplie pour nous, ses enfants, en ressuscitant Jésus, suivant ce qui est écrit au psaume second : ‘Tu es mon Fils ; c’est moi qui t’engendre aujourd’hui’ » (Actes 13, 32-33). Saint Hilaire de Poitiers s’appuie sur ce texte, qu’il met en lien avec la déclaration de notre Seigneur une fois ressuscité, disant : « Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre » (Matthieu 28, 18). « Par les mots ‘m’est donné’, il indique qu’il avait sollicité ce qu’il a obtenu » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire sur le psaume 2, 30). Savoir que nous avons été reliés à Jésus-Christ comme une partie de cet héritage parmi tous les peuples… Cela n’a rien de banal. C’est là un très grand titre, un honneur incommensurable, une terrible responsabilité aussi, qui demande que nous vivions dans le Christ et avec le Christ, afin d’être en tous lieux, « à temps et à contre temps » (2 Timothée 4, 2) comme l’écrit saint Paul, les témoins assurés de la foi dont nous avons hérité, non pour la mettre sous le boisseau (cf. Matthieu 5, 15), mais pour la proclamer sur tous les toits (cf. Luc 12, 3), afin que la lumière de la vérité brille « aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5, 16). (fin)

mercredi 20 mai 2015

Le Psaume 2 (14)

Le Psaume 2 (14)

D’où la suite de l’annonce : « Et maintenant, rois, devenez sages ; prenez une leçon, juges de la terre. Servez le Seigneur avec crainte, et tressaillez de joie pour lui ! » (Psaume 2, 10-11). Nous sommes devenus des « rois », parce que nous régnons avec le Christ : « Le royaume de Dieu est parmi vous » (Luc 17, 21). Nous savons ainsi tout le mystère de la volonté de Dieu, dit saint Hilaire. « Exultez de ce que le Seigneur est ressuscité, mais en tremblant de ce que la terre a tremblé et de ce que l’ange vous est apparu comme l’éclair » (saint Cyrille de Jérusalem, Catecheses 14, 1). Et sans hésiter, car « tout homme qui hésite sur sa foi sera difficilement sauvé » (Pasteur d’Hermas). (lire la suite) « En tremblant », c’est ce qu’ajoute le psalmiste : « En tremblant, rendez-lui hommage, apprehendite disciplinam, de peur qu’il ne s’irrite et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite. Heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance ! » (Psaume 2, 12). Nous lui devons une foi et une espérance qui n’admettent pas le moindre doute et qui soient vraiment fermes, stables, inébranlables. « Bienheureux ceux qui se confient dans le Christ ; tout ce psaume parle de lui. La foi en lui couronne les bonnes œuvres du psaume 1 et complète la « béatitude ». Les Hébreux disent que psaume 1 et psaume 2 n’en font qu’un. Pour Eusèbe la peine du péché est appelée « fureur » et « colère ». Bientôt, à la fin de cette vie, ceux qui donnent leur foi au Christ se trouveront bienheureux. Le psaume 2 ajoute les indications qui manquaient au premier : il ne suffit pas de s’écarter du péché et de méditer la Loi de Dieu, il faut donner sa foi au Christ et entrer dans son héritage. Le psaume 1 déclarait bienheureux un seul homme ; le Psaume 2 annonce la béatitude pour tous les hommes, à condition qu’ils mettent leur confiance dans Celui-là » (Pitra, Analecta Sacra spicilegio Solesmensi parata 3). Encore faut-il que l’homme accepte volontiers de suivre la Volonté de Dieu et s’empresse d’y adhérer de toutes ses forces, mais en recourant toujours à l’aide de la grâce divine. autrement, comme saint Augustin l’explique avec sa clarté habituelle : « Qu’il vienne à manquer [le secours de Dieu], et tu ne pourras sans nul doute rien faire de bien. Privé de son secours, et par ta volonté libre, tu agis sans doute, mais mal. Voilà à quoi aboutit ta volonté ; on l’appelle libre, mais en agissant mal, elle devient mauvaise servante. Et quand je dis que sans l’aide divine tu ne peux rien faire, j’entends rien de bon, car pour mal faire, ta volonté libre en est toujours capable sans le secours de Dieu, bien qu’elle ne jouisse plus alors de la vraie liberté : « Car on est esclave de celui par qui on s’est laissé vaincre » (2 Pierre 2, 19). « Et si le Fils de Dieu vous délivre, alors vous serez vraiment libres » (Jean 8, 34-36) » (st Augustin, Sermo 156, 12). (à suivre…)

lundi 18 mai 2015

Le Psaume 2 (13)

Le Psaume 2 (13)

Le Seigneur n’est pas un maître inique, mais la Bonté même, comme le prouve l’Amour qu’il a eu pour nous « jusqu’au bout » (Jean 13, 1), qu’il nous manifeste en réalité de façon permanente. « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3, 17). En même temps Dieu nous associe à son pouvoir : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Ce sont les saints, et nous nous souvenons de ce que les premiers chrétiens se qualifiaient ainsi (cf. Philippiens 4, 21-22), « que l’on doit comprendre comme étant les ‘juges de la terre’, eux dont la foi et la vie sont un jugement rendu aux infidèles et aux injustes. Cela, le Seigneur le montre (lire la suite) dans les Évangiles lorsqu’il dit : ‘Les hommes de Ninive se dresseront lors du jugement avec cette génération, et ils la condamneront, car ils se sont convertis à la prédication de Jonas ; et il y a ici beaucoup plus que Jonas. La Reine du Midi se lèvera lors du jugement avec cette génération et elle la condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la Sagesse de Salomon ; et il y a ici plus que Salomon’ (Mt 12, 41-42). Tels seront les juges de la terre dont le rapport à la foi et à la crainte envers Dieu est une condamnation pour les impénitents et les impies » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire au psaume 2, 44). Le Christ n’a pas demandé un héritage pour le briser et le massacrer ; le psalmiste fait allusion à Jérémie 18, 4 : « Quand le vase qu’il faisait était manqué, le potier reprenait l’argile dans la main et faisait un autre vase, comme il paraissait bon aux yeux du potier de le faire. » Le Christ fera comme ce potier qui lorsque son vase tombe se hâte de le refaçonner. Tout aussi facilement, Dieu refait son vase « de la manière qui plaît à ses yeux ». Nous, « vases du potier », nous mourons avec le Christ, et renaissons avec lui sous une forme nouvelle qui plaît à Dieu. Nous renaissons par le baptême dans la condition d’enfants de Dieu aptes à entrer au royaume. « Nous nous réjouissons d’être fracassés ‘comme vase de potier’, soit maintenant, soit alors, afin que, maintenant, à la manière du ‘vase de potier’, morts avec le Seigneur et ensevelis avec lui dans le baptême, nous marchions en nouveauté de vie, et que nous renaissions dans l’homme nouveau du Christ, ayant déposé l’ancien ; et qu’alors, par ce progrès en nouveauté de vie bienheureuse, nous soyons transformés selon la forme de la restauration renouvelée qui plaît à Dieu » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire au psaume 2, 41). Ce pouvoir sur les nations, Dieu l’accorde non seulement à ses apôtres, qui reçoivent la force de l’Esprit Saint (cf. Actes 1, 8), mais à nous tous, qui sommes aussi disciples du Christ et avons vocation à poursuivre sa mission évangélisatrice. « À celui qui sera vainqueur et qui mettra mes œuvres en pratique jusqu’à la fin, « je donnerai le pouvoir sur les gentils pour les gouverner avec une houlette de fer, comme on brise les vases de terre » (Psaume 2, 8-9), ainsi que je l’ai reçu moi-même de mon Père ? Je lui donnerai aussi l’étoile du matin » (Apocalypse 2, 26-28). (à suivre…)

samedi 16 mai 2015

Le Psaume 2 (12)

Le Psaume 2 (12)

En tant qu’homme, le Christ est constitué héritier de toutes choses. Ne le reconnaît-il pas lui-même : « Je t’ai fait connaître à ceux des hommes que tu as pris du monde pour me les donner. Ils étaient tiens, tu me les as donnés » (Jean 17, 6) ? Comme le souligne Eusèbe de Césarée, « alors que le psaume 1 annonçait la béatitude d’un seul, le Christ, le psaume 2 appelle toute la multitude à la béatitude. Il annonce la vocation des gentils et invite au salut tous les royaumes de la terre. Il prophétise que tous ces biens viendront par le Christ. Après nous avoir expliqué les deux voies, le psalmiste déclare : C’est par la foi en lui, que tous les hommes entreront dans la voie du salut ». (lire la suite) Par cette annonce de nous donner les nations pour héritage, « on ne nous promet plus une terre où coulent le lait et le miel, ni une longue vie, ni une foule d’enfants, ni du blé, ni du vin, ni des troupeaux de gros bétail ou de petit bétail, mais le ciel et les biens du ciel : la filiation divine et la fraternité avec le Fils, et d’avoir part à son héritage, d’être avec lui dans la gloire et de régner avec lui » (st Jean Chrysostome, In Matthæum homiliæ 16, 5). Le Dieu Tout-Puissant dit au Messie : « Tu les régiras avec une houlette, ou une verge, de fer ; comme le vase du potier tu les mettras en pièces » (Psaume 2, 9). Le Christ paîtra ses brebis d’un bâton pastoral, dit Eusèbe de Césarée, mais pour les rebelles avec une verge de fer. Il ne les casse pas pour les perdre, dit-il, mais pour les re-former, tout comme le potier qui sauve son matériau en le re-formant avant de le livrer au feu : « Maison d’Israël, ne pourrai-je vous refaire, comme le potier ? » (Jérémie 18, 6). Dieu agit ainsi en vertu de sa puissance : « Avec sa verge de fer – sa puissance éternelle – il brise l’argile terrestre, et fait passer ses sujets à l’incorruptibilité » (st Grégoire de Nysse, tractatus. 2 super Psalmos, c. 7). La Providence se sert de causes secondes pour faire aboutir ses projets. Cette « verge de fer » est, pour Cyrille de Jérusalem, la puissance romaine occupante (cf. Catecheses 13, 12). Quant à saint Hilaire de Poitiers, il fait remarquer que « ce terme ‘régiras’ n’est pas en lui-même de teneur tyrannique et injuste, mais il indique une conduite rationnelle suscitée par un jugement de modération et d’équité, alors que la spécificité du terme grec rapporte, de la part de celui qui régit, un mouvement de l’âme plus modéré. Ce qui pour nous se lit ‘tu les régiras’, se traduit pour les Grecs : ‘Tu les feras paître’, c’est-à-dire tu les régiras pastoralement, pastoraliter reges (poimaneis), à savoir que le soin de devoir les régir procédera d’un mouvement affectueux de l’âme du pasteur. Il est lui-même le Bon Pasteur en effet, celui dont nous sommes les brebis (cf. Jean 10, 11) et pour lesquelles il a déposé sa vie » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire au psaume 2, 35). (à suivre…)

jeudi 14 mai 2015

Le Psaume 2 (11)

Le Psaume 2 (11)

Fallait-il que le prince des démons, Lucifer, se méprenne pleinement sur la qualité de Jésus pour oser lui proposer un tel marchandage ! Peut-être essayait-il par-là de percer le mystère qui, il le sentait bien, entourait ce personnage, pour lui énigmatique. Mais il est des choses, des vérités essentielles, qui restent cachées « à ceux qui ont la science et l’entendement » et qui ne sont révélées qu’« aux tout petits » (Matthieu 11, 25), aux simples, tels les bergers de la Nativité et les Mages de l’Épiphanie, car « ce qui est fou pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion des sages ; et ce qui est faiblesse pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion de la force ; (lire la suite) et ce qui pour le monde est sans naissance et méprisable, c’est ce que Dieu a choisi ; il a choisi ce qui n’est pas, pour réduire à néant ce qui est » (1 Corinthiens 1, 27-28). Les autres ignoreront ces choses cachées tant qu’elles ne viendront pas au grand jour. Voilà donc que se manifeste Celui dont Dieu dit : « Je [t’]ai tiré des extrémités de la terre et je [t’]ai appelé de ses lointaines régions pour te dire : ‘Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné’ » (Isaïe 41, 9). C’est pourquoi tu peux me demander la possession de toutes les nations, elle t’est acquise, elle te revient de droit, car tu es « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix » (Isaïe 9, 5). Cette promesse, le Seigneur nous l’adresse à nous aussi, car il veut que nous coopérions avec lui ni plus ni moins qu’à transformer le monde entier. La cohérence qui nous est demandée veut qu'il y ait plein accord, harmonie totale entre ce que nous pensons et croyons et ce que nous disons et faisons. Bien évidemment, nous rencontrons par moment des difficultés à y arriver. Pourtant, notre vocation nous apporte toujours toutes les grâces dont nous avons besoin. À aucun moment nous ne pouvons dire qu’il ne nous est pas possible d’y arriver. Parce que cela reviendrait à dire que nous ne pouvons pas vivre en enfant de Dieu. Or il nous a dit clairement : Dabo tibi gentes hereditatem terræ (Psaume 2, 8). Le monde nous appartient donc. Ou plus exactement il appartient à Dieu, mais nous sommes chargés de le lui reconduire : d’instaurare omnia in Christo, de tout rassembler dans le Christ (Éphésiens 1, 10), toutes choses, « celles qui sont sur la terre, comme celles qui sont dans les cieux, en établissant la paix par le sang de sa croix, par lui » (Colossiens 1, 20). Comment ? Par la sainteté de notre vie de chaque instant. En cherchant à rendre gloire à Dieu en toute chose. Et comment lui rendons-nous cette gloire constante ? En accomplissant la volonté de Dieu. Et quelle est donc cette Volonté divine envers nous ? Hæc est enim voluntas Dei : sanctificatio vestra (1 Thessaloniciens 4, 3). (à suivre…)

mardi 12 mai 2015

Le Psaume 2 (10)

Le Psaume 2 (10)

Ce fils aujourd’hui engendré, c’est chacun de nous aussi. Nous à qui Dieu dit : « Je te saisis par la main » (Isaïe 41, 13 », et ce, « pour terrasser par lui les nations, pour désarmer les reins des rois, pour ouvrir devant lui les portes, et pour rendre libres les entrées » (Isaïe 45, 1). Nous voyons ainsi que Dieu « nous a octroyé toutes sortes de bénédictions spirituelles dans le Christ » (Éphésiens 1, 3). La principale n’est-elle pas, justement, qu’il a fait de nous ses fils, et des enfants de prédilection ? Quelle beauté que la filiation divine ! Et quelle force pour aborder positivement la vie de tous les jours, (lire la suite) pour lui trouver une coloration magnifique ! Grâce à notre Seigneur, à sa mort sur la Croix et à sa Résurrection glorieuse, nous sommes nous aussi devenus enfants de Dieu. « Apprenons de Jésus. Son attitude, qui se refuse à toute gloire humaine, est en parfaite corrélation avec la grandeur d’une mission unique : celle du Fils bien-aimé de Dieu qui s’incarne pour sauver les hommes. Une mission que l’affection du Père a entourée d’une sollicitude toute pleine de tendresse : Filius meus es tu, ego hodie genui te. Postula a me et dabo tibi gentes hereditatem tuam (Ps 2, 7) ; tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande, et je te donne les nations pour héritage » (st Josémaria, Quand le Christ passe, n° 62). Parce que sa nourriture est d’accomplir en tout la Volonté de son Père qui l’a envoyé racheter les hommes de leurs péchés (cf. Matthieu 9, 13), notre Seigneur a acquis tout pouvoir sur le « Cœur » de son Père. C’est pourquoi celui-ci lui lance une invitation : « Demande, et je te donnerai les nations pour héritage, pour domaine les extrémités de la terre » (Psaume 2, 8). Cette promesse n’est pas fallacieuse, contrairement à celle de satan soumettant Jésus à la pression de ses tentations : « L’ayant élevé, il lui montra en un instant tous les royaumes de la terre, et le diable lui dit : ‘Je te donnerai toute cette puissance avec leur gloire, car elle m’a été remise et je la donne à qui je veux. Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi » (Luc 4, 6-7) ! Ici, « demande-moi » ne peut s’appliquer qu’au Sauveur. Selon Rufin d’Aquilée, Dieu dit à son Fils : « Je ne veux pas que les nations me demandent elles-mêmes d’adoption ; mais demande, toi, et je la donnerai. » C’est à toi de décider, à toi d’intercéder en faveur de ce peuple dont je veux en fait le salut. « C’est jusqu’à la jalousie que Dieu désire l’âme qu’il a mise en nous » (Jacques 4, 5), car le Seigneur « est un Dieu jaloux » (Deutéronome 6, 15). (à suivre…)

dimanche 10 mai 2015

Le Psaume 2 (9)

Le Psaume 2 (9)

Le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire de même nature que lui. Il est engendré éternellement par lui. « Le Père est incréé, le Fils est incréé, l’Esprit Saint est incréé. […] Le Fils ne provient que du Père : il n’est ni fait, ni créé, mais engendré » (Symbole d’Athanase dit Quicumque). Engendré « aujourd’hui ». « Celui qui sans altération a engendré son Fils la première fois selon la nature, sans altération engendre le même Fils à nouveau selon l’économie. Témoin la parole de David, l’ancêtre de Dieu : ‘Le Seigneur m’a dit : Tu es mon fils ; aujourd’hui je t’ai engendré.’ Or, l’‘aujourd’hui’ n’a point de place dans la génération d’avant les siècles, qui est hors du temps » (st Jean Damascène, Homélie sur la Nativité 3). (lire la suite) « Le Seigneur m’a dit : ‘Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré’. » « Par ces paroles du psaume 2, soulignait le pape émérite, l’Église commence aujourd’hui la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint. Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche : Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005). (à suivre…)

vendredi 8 mai 2015

Le Psaume 2 (8)

Le Psaume 2 (8)

Et comme le règne du Messie Sauveur est, par nature et par principe, un règne éternel, tous les rois, c’est-à-dire tous les puissants de la terre, toutes les autorités humaines, « tous les empires le serviront et lui obéiront » Daniel 7, 27). Ils n’y échapperont pas, tôt ou tard, au moment décidé par Dieu, car, de toute façon, qu’ils le veuillent ou pas, Dieu fait tout converger vers le bien de ceux qui l’aiment (cf. Romains 8, 28). De tout Dieu tire du bien, même si cela ne nous apparaît pas à première vue, car nous nous focalisons rapidement sur le mal souvent très visible et (lire la suite) nous ne nous rendons pas compte de la somme de biens spirituels, d’ordinaire cachés, qui se produisent partout continuellement. Le bien ne fait pas de bruit et ne cherche pas à recueillir l’approbation, si fluctuante, des hommes. Il n’est pas moins vainqueur du monde. Cette royauté, Dieu la confie à son Fils, ainsi « constitué Médiateur par le Père, comme le dit le psalmiste au psaume 2 » (st Cyrille d’Alexandrie, Sur Jean, livre 3, c. 3). Elle lui revient d’ailleurs de plein droit, puisqu’il a sauvé le monde du désastre annoncé. « Je publierai le décret : le Seigneur m’a dit: Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui » (Psaume 2, 7). Par « mon Fils », il est question de la génération éternelle, comme le relève Eusèbe de Césarée : « Comparez ce qui est dit en son nom encore dans les Proverbes : ‘Avant que les montagnes ne fussent affermies et que les collines ne s’élevassent, il m’a engendré’ (Pr 8, 25) » (Démonstration évangélique 5, 16) ; tandis que « aujourd’hui » parle de l’Incarnation, pour que celui qui était au sens propre le Fils montre aux hommes la route de l’adoption et du royaume. Cet aujourd’hui est l’éternel aujourd’hui de Dieu qui, dans une seule et même décision arrête de créer l’humanité et le monde matériel où il est appelé à vivre, et de la tirer de la situation désastreuse dans laquelle elle est tombée quand nos premiers parents ont fauté. En effet, « dans le texte saint il arrive assez souvent que le verbe qui marque l’action éternelle peut sembler ainsi au passé : ce n’est pas au passé, c’est au parfait ; c’est une action qui de toujours est achevée. « Ego hodie genui te, Moi éternellement je t’ai parfaitement engendré » (D.-J. Lallement, Dociles à l’Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, Téqui, 1996, p. 55). Nous avons été rachetés de nos péchés une fois pour toutes, par l’œuvre décisive et définitive de la Croix. (à suivre…)

mercredi 6 mai 2015

Le Psaume 2 (7)

Le Psaume 2 (7)

Le royaume de Dieu produit « charité, joie, paix, longanimité, mansuétude, bonté, fidélité, douceur, tempérance » (Galates 5, 22-23). Nous avons été prévenus que « celui qui refuse de croire au Fils ne verra pas la Vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3, 36). « Voici que du ciel, en effet, se révèle la colère de Dieu contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui détiennent la vérité captive de l’injustice » (Romains 1, 18). Et Dieu sait, de nos jours, si la vérité est soigneusement cachée, bâillonnée, interdite d’antenne, poursuivie… ! En présence de cet état de fait, (lire la suite)c’est bien vers la montagne sainte que nous devons nous diriger : « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d’anges, et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, et d’un juge qui est le Dieu de tous, et des esprits des justes parvenus à la perfection, et du médiateur de la nouvelle alliance, Jésus, et du sang de l’aspersion qui parle plus haut que celui d’Abel » (Hébreux 12, 22-24). La royauté du Messie, proclamée partout dans le Nouveau Testament, est attestée aussi par David : « Oracle du Tout-Puissant à mon Seigneur : ‘Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. Le Seigneur étendra de Sion le sceptre de ta puissance : domine au milieu de tes ennemis ! » (Psaume 110, 1-2). Et de fait, lui, « après avoir offert un sacrifice unique pour le péché, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu » (Hébreux 10, 12). Cette royauté, ils l’ont reconnue, même si c’était pour tourner le Sauveur en dérision. Les soldats de la cohorte romaine, « après lui avoir retiré ses vêtements, ils jetèrent sur lui une chlamyde rouge, tressèrent une couronne avec des épines et la lui posèrent sur al tête, avec un roseau dans la main droite. Et fléchissant le genou devant lui, ils le tournaient en dérision, disant : ‘salut, roi des Juifs !’ Et ils lui crachaient aussi dessus et, prenant le roseau, ils le frappaient à la tête » (Matthieu 27, 28-30). « De la pourpre des rois terrestres ils prirent un pan, et l’imposèrent au Fils du Roi. En ceci ils prophétisaient, et Caïphe aussi. Ils trahirent le Royaume, mais malgré eux saluèrent le Roi. Voulant lui arracher son règne, ils lui en ajoutèrent un autre. Car il est le Roi des rois, et tous les princes lui apportent un tribut » (Éphrem le syrien, Hymne). (à suivre…)

lundi 4 mai 2015

Le Psaume 2 (6)

Le Psaume 2 (6)

Nous sommes de l’Église et avec l’Église, ce qu’il y a de permanent puisque éternel : « Les portes de l’Hadès ne l’emporteront pas sur elle » (Matthieu 16, 18). C’est une promesse sur laquelle Dieu ne reviendra jamais, nous en avons la pleine assurance. L’histoire des vingt siècles de christianisme est là pour le prouver de façon éclatante à l’encontre de toutes les entreprises de démolition de l’Église qui n’ont pas manqué, et qui resurgissent régulièrement de la part de gens proprement aveuglés par leur haine de Dieu, par les œillères qu’ils se mettent eux-mêmes et qui les empêchent de voir la vérité en face. Et comme ils ne veulent pas venir à résipiscence,(lire la suite) ils ne pensent pas le moins du monde à se déjuger, le Seigneur « leur parle dans sa colère et dans sa fureur il les épouvante » (Psaume 2, 5). Pour Eusèbe de Césarée, sa colère est le temps du jugement, ce jugement à venir, d’abord en particulier quand chacun meurt et se retrouve face à face avec le Dieu trinitaire dont il devra bien à ce moment-là reconnaître l’existence et la majesté ; puis à la fin des temps quand toute l’histoire sera récapitulée et que le Fils de l’homme venant dans sa gloire, escorté de tous les anges, « rendra à chacun selon ses œuvres » (Matthieu 16, 27). Or, « c’est chose effroyable que de tomber entre les mains du Dieu vivant » (Hébreux 10, 31). Car, déclare le Tout-Puissant, « quand j’affilerai mon glaive fulgurant et que ma main saisira le jugement, je tirerai vengeance de mes ennemis, et je paierai de retour ceux qui me haïssent. […] Le Seigneur tire vengeance de ses adversaires, et il fait l’expiation pour la terre de son peuple » (Deutéronome 32, 41.43). Cela n’est pas dit en l’air. La menace est bien réelle. Que restera-t-il de toute la puissance dont les gouvernants ont si mal usé ? « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, elle qui a abreuvé toutes les nations du vin de son impudicité » (Apocalypse 14, 8). Elle est balayée, « et moi, j’ai établi mon roi sur Sion, sur ma montagne sainte » (Psaume 2, 6), ce roi dont précisément, poussés par l’exemple pitoyable de leurs responsables politiques, les nations crient : « Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous » (Luc 19, 14). « Il est venu chez lui [au milieu de son peuple, de ce peuple qu’il s’était choisi de longue date et qu’il avait pourtant préparé par ses prophètes], et les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1, 11). Eh bien ! Si, justement, il règnera, « et son règne n’aura pas de fin » (Luc 1, 33), contrairement à celui des autorités d’ici-bas. Au Messie il « fut donné souveraineté, gloire et règne : tous peuples, nations et langues le servent. Son empire est un empire éternel qui ne passera pas et son règne ne sera jamais supprimé » (Daniel 7, 14). Et ce royaume de Dieu, il ne se trouve ni dans « le manger et le boire [ni dans le sexe, le pouvoir, l’argent, la réussite matérielle et les acclamations frénétiques des peuples serviles] : il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Romains 14, 17). (à suivre…)