ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est bénédiction. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bénédiction. Afficher tous les articles

samedi 11 décembre 2010

Quand Dieu nous abandonne (2)


Quand Dieu nous abandonne (2)

La vision surnaturelle des événements nous amène à y voir une bénédiction de Dieu, même quand ils paraissent, et sont, adverses, à sentir la proximité du Dieu Sauveur qui, en quelque sorte, quémande un peu d’amour de notre part et que nous saisissions la Croix de Jésus pour en alléger le poids.
Il ne serait ni juste ni raisonnable que nous n’adhérions aux plans de Dieu que quand cela nous est agréable, et que nous nous révoltions dès qu’une difficulté apparaît. Il est vain, et néfaste, pour un chrétien d’évacuer la Croix. Vain, parce que, (lire la suite) qu’il le veuille ou non, elle se présente toujours, à divers moments de son existence. Néfaste, parce que le salut provient de la Croix et d’elle seule. Hors de la Croix, point de salut !
« Bonheur et faveur seront avec moi tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de Yahvé pour de longs jours » (Psaume 23, 6). Tous les jours. Quoi qu’il arrive. Tout est don de Dieu, bénédiction divine, occasion de sainteté. « Pour nous c’est le nom de Yahvé notre Dieu qui donne la force. Eux, ils plient et ils tombent ; nous, nous restons debout et tenons ferme » (Psaume 20, 8-9).
Nous tenons bon dans l’adversité, car nous restons avec Dieu. Lui ne s’écarte jamais de nous. La Croix ne nous déstabilise pas, mais nous rapproche du Christ, que nous y trouvons.
Si Dieu se fait discret, et comme absent, il est pourtant là, qui nous soutient. « En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 5-6). Il n’y a pas de raison pour qu’il en aille différemment de nos jours. Il faut avoir confiance en Dieu. Il ne peut pas ne pas nous écouter, ni cesser d’exercer sa bonté en notre faveur.
Elle peut prendre la forme de la Croix, mais celle-ci ne doit pas nous déconcerter. Ne sommes-nous pas habitués à la vénérer, et à la tracer sur nous-mêmes ? C’est un geste plein de sens, qui nous engage.

(fin)

lundi 20 septembre 2010

La louange de Dieu (5)

La louange de Dieu (5)

« Que tout ce qui respire loue Yahvé ! Alléluia ! » (Psaume 150, 6). C’est la conséquence logique de l’invitation lancée. Les instruments ne suffisent pas. D’ailleurs, il faut bien quelqu’un pour les actionner, il fait un musicien derrière – ou devant – chacun. « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient : « A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau soient la bénédiction, l’honneur, la gloire et la domination pour les siècles des siècles » (Apocalypse 5, 13). La création tout entière. Nul ne doit faire défaut. Du moins de ceux qui sont destinés à aller au ciel, des élus. Ces harmonies couvrent les bruits incohérents des fauteurs du mal, leurs sons discordants, semeurs de discorde ou fruit de la discorde. « Que ma bouche dise la louange de Yahvé, et que toute chair bénisse ton saint nom, toujours et jamais ! » (Psaume 145, 21). (lire la suite) Que tout homme, tout homme de bien, chante en l’honneur de son Dieu. « Les fidèles triomphent dans la gloire, ils poussent des cris de joie sur leurs couches. Que les louanges de Dieu soient sur leurs lèvres, et un glaive à deux tranchants dans leurs mains » (Psaume149, 5-6). Car « éternel est son amour » (Psaume 136), éternelle est sa bonté.
« Bénissez Yahvé, vous, toutes ses œuvres, dans tous les lieux où s’exerce sa puissance ! Mon âme, bénis Yahvé ! » (Psaume103, 22). « Que toutes tes œuvres te louent, Yahvé, et que tes fidèles te bénissent ! Qu’ils disent la gloire de ton règne, et qu’ils parlent de ta puissance » (Psaume 145, 10-11). « Béni sois-tu, d’éternité en éternité, Yahvé, Dieu de notre père Israël ! A toi, Yahvé, la grandeur, la puissance, la magnificence, la splendeur et la gloire, car tout, au ciel et sur la terre, est à toi ; à toi, Yahvé, la royauté ; à toi de t’élever souverainement au-dessus de tout. De toi viennent la richesse et la gloire ; tu domines sur tout ; dans ta main est la force et la puissance, et ta main donne à toute chose grandeur et solidité. Maintenant donc, ô notre Dieu, nous te louons et nous célébrons ton nom glorieux » (1 Chroniques 29, 10-13).

(fin)

vendredi 16 juillet 2010

Aller à la maison de Dieu (2)

Aller à la maison de Dieu (2)

« Trois fois par an, tout ton peuple masculin paraîtra devant Yahvé, votre Dieu, dans le lieu qu’il aura choisi (…) ; il ne paraîtra pas devant Dieu les mains vides, mais chacun avec ce qu’il peut donner, selon les bénédictions que Yahvé, ton Dieu, t’aura accordées » (Deutéronome 16, 16-17). « C’est là que montent les tribus, les tribus de Yahvé, selon la loi donnée à Israël, afin de louer le nom de Yahvé » (Psaume 122, 4). Au précepte ancien a succédé le précepte nouveau. Nous montons à la Jérusalem nouvelle qu’est l’église où le Seigneur n’est pas de façon figurative, mais réellement et personnellement présent dans la très Sainte Eucharistie. Nous y venons, non pas trois fois l’an, mais au moins les dimanches et jours de fête de précepte.. (lire la suite) Nous y allons avec empressement, car c’est la rencontre vivifiante avec Dieu, sans laquelle nous ne pourrions pas tenir dans le monde hostile et matérialiste. Les martyrs d’Abitène, plusieurs fois mentionnés par le pape Benoît XVI, disaient à l’autorité qui voulait leur interdire de se réunir le dimanche : Sine dominico non possumus ! Sans nous réunir le jour du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre !
Construisant le Temple, Salomon « fit le portique du trône, où il rendait la justice, le portique du jugement, et il le fit de cèdre depuis le sol jusqu’au plafond » (1 Rois 7, 7). C’est à Jérusalem, en effet, qu’ont « été établis les sièges pour le jugement, les sièges de la maison de David » (Psaume 122, 5). C’est dans la Jérusalem céleste que les Douze siègent sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (Luc 22, 30), à l’heure du jugement universel, aux derniers jours de ce monde qui passe (1 Corinthiens 7, 31).
Nous souhaitons la paix pour la nouvelle Jérusalem qu’est l’Eglise catholique, une sainte et apostolique, l’Eglise fondée par Jésus-Christ, contre laquelle « les portes de l’Hadès ne l’emporteront pas » (Matthieu 16, 18). C’est un navire qui ne sombre pas, car le Christ est le pilote qui le dirige à travers les écueils du monde. Les hommes peuvent armer des escadres pour l’attaquer et l’envoyer par le fond, c’est courir à leur propre perte. Tous passent. Tous quittent le monde. Mais l’Eglise demeure, inébranlable ; toujours fidèle à elle-même et au Christ, jusqu’à la fin des temps. Et plus encore, pour l’éternité, car elle se poursuit au ciel, état dans lequel elle se trouve déjà dans ses fils qui ont été sanctifiés. Que les hommes n’apprennent pas les leçons de l’histoire, qu’importe ! Elle leur en administrera de nouvelles. Qui montrent bien que l’Eglise n’est pas une institution humaine, n’est donc pas soumise aux aléas, au cours des événements. Mais qu’elle avance, toujours tendue vers son objectif, non seulement qu’elle avance, mais qu’elle progresse, qu’elle ne cesse de s’étendre au monde entier, jusqu’à ce que le commandement missionnaire soit pleinement accompli : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples » (Matthieu 28, 19).

(à suivre…)

lundi 25 janvier 2010

Chrétiens, Juifs et Musulmans

Chrétiens, Juifs et Musulmans

Saint Paul, dans l'épître aux Galates, a repris ce passage et il explique qu'ici Agar est la figure du peuple juif - il déplace un peu les perspectives - qui, lui aussi, a été fils et qui, lui aussi, est écarté à un moment donné pour faire place à ceux qui sont les fils d'Abraham selon la promesse, les fils de Sara, les fils de la femme libre et non pas de l'esclave, et qui sont précisément les chrétiens. Nous voyons donc qu'il y a là un mystère (...) qui s'est accompli deux fois. Le mystère de l'élection d'Isaac, père de la race d'Ismaël, et du rejet d'Ismaël, père de la race des Musulmans, de la race des Arabes, est un premier mystère d'élection et de rejet. (lire la suite) Il peut sembler qu'il y a là quelque chose de dur, de tragique. Pourquoi l'un a-t-il été choisi et pas l'autre ?
Ce miracle se retrouve au moment de la venue du Christ ? Là aussi il y a un peuple qui est écarté par Dieu : le peuple juif, et un autre qui est élu : le peuple chrétien tiré des nations. Mais nous savons pour cette seconde économie que cet éloignement du peuple juif est un éloignement provisoire, nous dit saint Paul, c'est-à-dire qu'il est écarté pour que la plénitude des Gentils rentre, mais que quand la plénitude des Gentils sera rentrée, lui aussi rentrera à son tour et son retour sera une plus grande joie que l'entrée des Gentils.
Nous ne pouvons pas ne pas penser qu'il y a un mystère du même ordre qui plane sur les Musulmans. L'Islam, lui aussi, a été écarté, mais nous savons que ce n'est pas un rejet définitif, qu'il y a une élection de Dieu qui pèse sur lui puisqu'il est de la race d'Abraham selon la chair et que Dieu lui a donné des promesses. Ces promesses sont peut-être d'ordre temporel, mais au-delà il y a une bénédiction qui subsiste et qui fait que nous nous demandons quand le mystère s'accomplira et quand, à son tour, Ismaël rentrera avant ou après les fils d'Abraham et rejoindra les fils de la promesse.
Saint Abraham est le grand intercesseur pour les trois grandes catégories d'âmes : pour les Juifs puisque c'est le père d'Isaac ; pour l'Islam puisque c'est le père d'Ismaël ; pour les pécheurs enfin, puisque c'est lui qui a supplié Dieu pour Sodome et pour Gomorrhe, pour ces grands pécheurs dont parfois nous portons la charge spirituelle, pour ceux qui, profondément enfoncés dans le mal et profondément éloignés de Dieu, semblent a-delà de toute espérance. Pour tous ceux-là nous pouvons dire qu'Abraham prie obstinément, et il nous apprend à prier obstinément pour eux, car rien n'est impossible à la parole de Dieu qui change les cœurs.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 57-59.

vendredi 11 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

Marie a cru et obéi plus que quiconque, d'abord parce qu'elle est toute sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire plus précisément « comblée de grâces », parce qu'elle est l'Immaculée Conception et qu'il n'y a en elle aucune corruption du péché, même pas l'espace d'un bref instant. Marie est « bénie entre les femmes » (Luc 1, 28). Les éxégètes reconnaissent à la formule employée par Luc une tournure très sémitique. Le participe passé (bénie) est un passif divin qui désigne clairement Dieu comme l'auteur de cette bénédiction. « Vous êtes bénie » signifie « Dieu vous a bénie ». L'expression « entre les femmes » sert habituellement quant à elle à exprimer le superlatif. En effet, la langue hébraïque ne connaît pas le superlatif et distingue donc une personne en la mettant au-dessus de la masse des autres. (lire la suite) « Vous êtes bénie entre les femmes » signifie donc « Vous êtes la plus bénie des femmes » (abbé de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière).
L'obéissance de la foi est parfaite chez Marie également parce que personne n'a été confronté comme elle à une décision aussi importante, dont dépendait la Rédemption de l'humanité, nul ne s'est trouvé avant elle ni ne se trouvera après elle à qui il soit demandé d'accepter une charge aussi écrasante, dont Marie ne voyait que trop bien qu'elle dépassait totalement ses propres forces et dont elle se sentait, de ce fait, pleinement indigne.
Indigne au point de s'exclamer : « Voici la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Mais de l'affirmer tout en faisant entièrement confiance à Dieu, et en ajoutant : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), en formulant un « oui » à ce qui avait été une demande formulée par le Tout-Puissant avec une extraordinaire délicatesse, sans rien imposer. Mais il est vrai comme si cela était déjà fait : « Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 31). Une délicatesse que Marie mettra pour demander à son Fils d'intervenir en faveur des jeunes époux de Cana (cf. Jn 2, 3). Elle a été à bonne école. Elle a appris qu'un « s'il-te plaît » suffit pour obéir, quand la proposition vient de Dieu, quand elle est formulée au nom de Dieu, par son représentant qualifié.


(à suivre...)

vendredi 30 octobre 2009

Le travail du dimanche : Marie s'en mêle (3)

Le travail du dimanche : Marie s'en mêle (3)

Je termine le récit des apparitions à Saint-Bauzille-de-la-Sylve de celle que l'on appelle depuis « Notre-Dame-du-Dimanche » :

(La Vierge Marie) fait alors glisser Son chapelet sur la main gauche et, de la main droite, donne la bénédiction à la foule, comme le fait le prêtre à la fin de la Messe. Elle parle une dernière fois : « Qu’on chante des cantiques. »
Elle disparaît. Auguste dit alors d’une faible voix : « Dites-leur de chanter. » La foule entonne le Magnificat.
Le pèlerinage se développe peu à peu. De nombreuses personnes viennent prier (lire la suite) aux endroits où la Vierge est apparue ; ils laissent des cierges, des fleurs, des chapelets…
L’évêque du diocèse, Mgr de Cabrières, nomme une commission d’enquête, et après avoir interrogé le voyant, reconnaît l’authenticité des Apparitions en 1876.
Auguste Arnaud vécut le reste de sa vie dans la Foi et la dévotion à Marie, sans jamais chercher à s’enrichir, et observant toujours le repos dominical. Il eut beaucoup à souffrir de voir les lois anticléricales de 1905 entraver la construction du Sanctuaire, et sa femme ainsi que trois de ses enfants, dont un fils prêtre, moururent.
On construisit une chapelle près du lieu de l’Apparition ainsi qu’un couvent où vinrent s’installer des sœurs franciscaines arrivées en 1893 pour s’occuper du sanctuaire.
Arrivé à l’âge de 92 ans, il dut s’aliter à la fin du mois de janvier 1936. Il reçut l’extrême-onction le 27 janvier et rendit le dernier soupir le 8 février après avoir fredonné le cantique « J’irai La voir un jour ! » Entre temps on avait obtenu de la préfecture la permission de l’ensevelir au champ des apparitions.
Le 10 février, Auguste Arnaud, suivi d’un long cortège, descendit le chemin qu’il avait descendu soixante-trois ans plus tôt. Il allait de nouveau à la rencontre de la Vierge, mais cette fois pour dormir de son dernier sommeil sous Son regard maternel.
On peut lire sur sa tombe : « Aux pieds de la Vierge qu’il a tant aimée et si fidèlement servie, ici repose en attendant la bienheureuse Résurrection le corps d’Auguste Arnaud, pieusement endormi dans la paix du Seigneur le 8 février 1936 à l’âge de 92 ans. R.I.P. »

Prière :
Notre-Dame du Dimanche,
Faites que mon âme soit une belle vigne,
Préservée de la maladie, des soucis trop matériels,
Débarrassée de la mauvaise herbe du péché
Et porteuse de fruits éternels.

(fin)

mardi 30 décembre 2008

Étienne, le Protomartyr (4)

Étienne, le Protomartyr (4)

Luc note en particulier que les lapidateurs d'Étienne « avaient mis leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul » (Actes 7, 58), le même qui, de persécuteur, deviendra un éminent apôtre de l'Évangile. Cela signifie que le jeune Saul devait avoir entendu la prédication d'Étienne, et qu'il connaissait donc ses contenus principaux. Et saint Paul était probablement parmi ceux qui, suivant et entendant ce discours, « s'exaspéraient contre lui, et grinçaient des dents » (Actes 7, 54). Et nous pouvons alors voir les merveilles de la Providence divine. Saul, adversaire acharné de la vision d'Étienne, (lire la suite), le Protomartyr (4) après sa rencontre avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, reprend la lecture christologique de l'Ancien Testament effectuée par le Protomartyr, il l'approfondit et la complète, et devient ainsi l'« Apôtre des Nations ». La Loi est accomplie, ainsi enseigne-t-il, dans la Croix du Christ. Et la foi en Christ, la communion avec l'amour du Christ est le véritable accomplissement de toute la Loi. Tel est le contenu de la prédication de Paul. Il démontre ainsi que le Dieu d'Abraham devient le Dieu de tous. Et tous les croyants en Jésus-Christ, en tant que fils d'Abraham, participent de ses promesses. Dans la mission de saint Paul s'accomplit la vision d'Etienne.
L'histoire d'Étienne nous dit beaucoup de choses. Par exemple, (...) qu'il ne faut jamais dissocier l'engagement social de la charité de l'annonce courageuse de la foi. Il était l'un des sept, chargé en particulier de la charité. Mais il n'était pas possible de dissocier la charité et l'annonce. Ainsi, avec la charité, il annonce le Christ crucifié, jusqu'au point d'accepter également le martyre. Telle est la première leçon que nous pouvons apprendre de la figure de saint Étienne : charité et annonce vont toujours de pair. Saint Etienne nous parle surtout du Christ, du Christ crucifié et ressuscité comme centre de l'histoire et de notre vie. Nous pouvons comprendre que la Croix reste toujours centrale dans la vie de l'Église et également dans notre vie personnelle. Dans l'histoire de l'Église ne manquera jamais la passion, la persécution. Et c'est précisément la persécution qui, selon la célèbre phrase de Tertullien, devient une source de mission pour les nouveaux chrétiens. Je cite ses paroles : « Nous nous multiplions à chaque fois que nous sommes moissonnés par vous : le sang des chrétiens est une semence » (Apologeticum 50, 13). Mais dans notre vie aussi la croix, qui ne manquera jamais, devient bénédiction. Et en acceptant la croix, en sachant qu'elle devient et qu'elle est une bénédiction, nous apprenons la joie du chrétien également dans les moments de difficulté. La valeur du témoignage est irremplaçable, car c'est à lui que conduit l'Évangile et c'est de lui que se nourrit l'Église. Que saint Étienne nous enseigne à tirer profit de ces leçons, qu'il nous enseigne à aimer la Croix, car elle est le chemin sur lequel le Christ arrive toujours à nouveau parmi nous.

Benoît XVI, Audience générale, 10 janvier 2007.

vendredi 8 février 2008

Le careme (3)

Le carême (3)

Suivons les recommandations du pape Benoît XVI sur l'aumône pour ce temps de carême. Le pape cite saint Joseph-Benoît Cottolengo, qui avait l’habitude de recommander : « Ne comptez jamais les pièces que vous donnez, parce que, je le dis toujours : si en faisant l’aumône la main gauche ne doit pas savoir ce que fait la droite, de même la droite ne doit pas savoir ce qu’elle fait elle-même » (Detti e pensieri, Edilibri, n° 201). Puis, rappelant l'exemple de la pauvre veuve qui vers deux piécettes dans le trésor du Temple, « tout ce qu’elle avait pour vivre » (Marc 12, 44), il relève que cet « épisode émouvant s’insère dans la description des jours qui précèdent immédiatement la Passion (lire la suite) et la mort de Jésus, lui qui, comme le note saint Paul, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2 Corinthiens 8, 9) ; il s’est donné tout entier pour nous. Le carême nous pousse à suivre son exemple, y compris à travers la pratique de l’aumône. À son école, nous pouvons apprendre à faire de notre vie un don total ; en l’imitant, nous réussissons à devenir disposés, non pas tant à donner quelque chose de ce que nous possédons, qu’à nous donner nous-mêmes ».
Nous donner nous-mêmes à Dieu, en ne vivant pas pour nous mais pour lui, pour lui faire plaisir, à l'imitation du Christ affirmant, de son Père, « je fais toujours ce qui lui plaît » (Jean 8, 29). Nous donner nous-mêmes aux autres, en exerçant la charité, en ne vivant pas égoïstement repliés sur nous mais en nous ouvrant aux besoins des autres, par la prière, le jeûne et l'aumône quadragésimaux (du carême), là encore à l'imitation du Seigneur, qui, « après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout » (Jean 13, 1), en leur donnant la plus grande preuve d'amour qui soit, c'est-à-dire en mourant pour eux, pour les sauver du péché (cf. Jean 15, 13).
L'aumône est aussi source de joie spirituelle : « Quand nous agissons avec amour, nous exprimons la vérité de notre être : nous avons en effet été créés non pour nous-mêmes, mais pour Dieu et pour nos frères (cf. 2 Corinthiens 5, 15). Chaque fois que, par amour pour Dieu, nous partageons nos biens avec notre prochain qui est dans le besoin, nous expérimentons que la plénitude de la vie vient de l’amour et que tout se transforme pour nous en bénédiction sous forme de paix, de satisfaction intérieure et de joie. En récompense de nos aumônes, le Père céleste nous donne sa joie. Mais il y a plus encore : saint Pierre cite parmi les fruits spirituels de l’aumône, le pardon des péchés. « La charité, écrit-il, couvre une multitude de péchés » (1 Pierre 4, 8) » (Benoît XVI,
Message pour le carême de 2008, 30 octobre 2007).

(à suivre...)

jeudi 7 février 2008

Le careme (2)

Le carême (2)

Nous avons parlé des sentiments qui animent le Christ avec intensité au cours des semaines antérieures à sa Passion, semaines qui correspondent à notre carême. Il s'agit donc pour nous de faire nôtres ces sentiments, qui ont la Croix pour horizon. Cela implique de nous convertir. Tel est d'ailleurs le premier mot de la prédication du Seigneur : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Matthieu 4, 17).
Toutefois, « cet itinéraire de conversion ne peut pas se limiter (lire la suite) à une période particulière de l'année : c'est un chemin quotidien, qui doit embrasser tout le cours de l'existence, chaque jour de notre vie » (Benoît XVI, Audience générale, 21 janvier 2007). C'est l'affaire de toute notre vie, même si chaque année l'Église nous propose le carême comme un temps privilégié de conversion.
Parlant de la personne humaine, le prophète Osée annonçait, de la part de Dieu : « Je vais la séduire, je vais l'entraîner jusqu'au désert, et je lui parlerai de cœur à cœur » (Os 2, 16). Au désert, comme le Christ. « Le carême est un chemin de conversion dans l'Esprit Saint, pour rencontrer Dieu dans notre vie. En effet, le désert est un lieu de sécheresse et de mort ; il est synonyme de solitude, mais aussi de dépendance de Dieu, de recueillement et de retour à l'essentiel. Pour le chrétien, l'expérience du désert veut dire éprouver personnellement sa petitesse devant Dieu et devenir ainsi plus sensible à la présence de ses frères pauvres » (Jean-Paul II, Message pour le carême 1998).
C'est vers celui-ci que le pape actuel nous invite à nous tourner, en proposant de centrer notre effort de carême sur l'aumône : « Elle est une manière concrète de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin, et, en même temps, un exercice ascétique pour se libérer de l’attachement aux biens terrestres. Combien forte est l’attirance des richesses matérielles, et combien doit être ferme notre décision. (...) L’Évangile met en lumière un aspect caractéristique de l’aumône chrétienne : elle doit demeurer cachée. « Que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite », dit Jésus, « afin que ton aumône se fasse en secret » (Matthieu 6, 3-4) » (Benoît XVI, Message pour le carême de 2008, 20 octobre 2007).
Saint Paul qualifie l'aumône de « bénédiction » (2 Corinthiens 9, 5), qualificatif qu'explique saint Thomas d'Aquin en ces termes : « L'aumône est appelée bénédiction parce qu'elle est cause de la bénédiction éternelle. Car par l'action de donner, l'homme est béni par Dieu et par les hommes » (Commentaire sur la Deuxième épître aux Corinthiens).

(à suivre...)