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mardi 30 juin 2009

Le jeune homme riche (10)

Le jeune homme riche (10)

Prenez espoir. Cette vie ne fait que passer. Je m'en vais vous préparer une place (Jean 14, 2). Ne vous attachez pas à l'heure présente. Vous êtes dans le monde, ce monde que vous devez sanctifier tout comme moi je m'attache à le faire, mais vous n'êtes pas du monde, car nous n'avons pas ici une cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir (Hébreux 13, 14) et vous, vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d'anges (Hébreux 12, 22). Père, le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les préserves du Malin. Ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Consacres-les dans la vérité (Jean 17, 16-18).
Comprenez-vous cela ?
- Oui, Seigneur. C'est son cousin Jacques qui a prit la parole. Enfin, plus ou moins.
- Dans le monde vous avez des tribulations, n'est-ce pas ? (Jean 16, 33).
- Ça oui !
- Eh bien ! mon Père essuiera les larmes sur tous les visages ; et la honte de son peuple, il l'enlèvera de la terre entière (Isaïe 25, 8). Il demeurera parmi eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil ni cri de souffrance ni douleur, car ce qui était auparavant a pris fin (Apocalypse 21, 3-4). Ceux qu'a libérés Yahvé reviendront ; ils entreront en Sion avec des cris de joie ; une allégresse éternelle couronnera leur tête ; la joie et l'allégresse les envahiront ; chagrin et gémissement s'enfuiront (Isaïe 35, 10).
- Quand cela interviendra-t-il, Jésus, quand seront-nous libérés de la pesanteur quotidienne, du poids du jour et de la grande chaleur ? (Matthieu 20, 12).
- Cela n'est pas à vous de connaître le jour et l'heure que le Père a fixés de sa propre autorité (Actes 1, 7). Mais, je vous le dis, cette génération ne passera pas avant que tout ne soit arrivé (Luc 21, 32).
Ne vous effrayez pas à la pensée de la mort. Je donne ma vie, non comme le monde la donne, mais pour sublimer le passage à l'autre monde, pour lui conférer un sens nouveau et en faire une recontre aimable avec notre Père. Pour l'heure, prenez la justice comme une cuirasse, et sur la tête le casque de la victoire (Isaïe 59, 17), empoignez votre zèle comme armure, (...) un casque pour jugement sincère, (...) la sainteté comme un bouclier invincible (Sagesse 5, 17-19), et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu (Éphésiens 6, 17). Et vous vous en trouverez bien. Dieu, en effet, ne nous a pas destinés à être l'objet de sa colère, mais à acquérir le salut (1 Thessaloniciens 5, 9).
- Demande à ton Père d'exaucer notre prière, « pour que vous nous ameniez à une véritable pénitence » (Litanie des saints) et que nous obtenions ce salut que tu nous a promis et que tu es toi-même ! « Tu offres à tes enfants un temps de grâce pour qu'ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu'ils se libèrent de leurs égoïsmes, afin qu'en travaillant à ce monde qui passe, ils s'attachent surtout aux choses qui ne passent pas » (Préface du carême 2).

(fin)

lundi 29 juin 2009

Le jeune homme riche (9)

Le jeune homme riche (9)

La vie éternelle ! Le jeune homme voulait l'acquérir. Il s'était enquis à ce sujet : Bon Maître, que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle ? (Marc 10, 16). Il a reçu la réponse, mais n'a pas été à la hauteur. Pierre, et les onze autres, Judas plus encore, ne sont pas tranquilles. Simon a mis à juste titre en avant le fait qu'ils ont tout abandonné, sur le champ, sans barguigner. Et Jésus les rassure encore, en les confirmant dans leur mission : (lire la suite)
- En vérité, je vous le dis : Pour vous, qui m'avez suivi, quand le Fils de l'homme, lors du Renouveau, aura pris place sur son trône glorieux, vous siègerez, vous aussi, sur douze trônes, pour juger les douze tribus d'Israël (Matthieu 19, 28). Vous êtes, vous, ceux qui m'êtes demeurés fidèles dans mes épreuves ; et moi, je vais disposer en votre faveur d'une royauté, tout comme mon Père en a disposé en ma faveur, pour que vous buviez et mangiez à ma table dans mon royaume, et que vous siégiez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël (Luc 22, 28-30).
C'est une perspective exaltante, qui a dû laisser pantois les humbles pêcheurs de Galilée... Moi, juger les tribus d'Israël ? se demande Pierre. Moi, qui suis-je pour juger (mon) frère ? (Romains 14, 10). Mais s'il le dit... Enfin, je ne me vois pas assis sur un trône royal. Je serai très mal à l'aise. Ce n'est pas mon milieu. Chez moi, on est assis par terre, à même le sol. Un trône ? ! Cela me fait tout drôle. Enfin, chaque chose en son temps. Nous verrons bien. Pour le moment, ce pauvre garçon est reparti tout triste, et c'est bien malheureux. C'est pour cela que j'ai évoqué note délaissement des biens matériels au premier appel du Maître. Comment se fait-il que cet homme n'ait pas été captivé par le regard de Jésus, par sa façon de s'adresser aux autres... ? Ce sont les mystères de Dieu.

(à suivre...)

dimanche 28 juin 2009

Saint Josémaria (2)

Saint Josémaria (2)

Ayant une foi « à couper au couteau », comme il le disait, n'ayant pas eu « besoin d'apprendre à pardonner parce que Dieu m'a appris à aimer », vivant les pieds bien sur terre mais le cœur en Dieu, répétant inlassablement vultum tuum, Domine, requiram, « Seigneur, je voudrais voir ta face » (Psaume 26, 8), il est logique qu'une telle âme apparaisse sainte, mais aussi qu'elle le soit vraiment et que ses imperfections se ramènent la plupart du temps à des choses du genre ne pas avoir fait un petit sacrifice prévu ou éprouver une grande douleur d'amour de s'être distrait dans une prière vocale.
Saint Josémaria ne voulait surtout pas qu'on le prenne pour un saint, tant il était persuadé de ne pas l'être. (lire la suite) C'est peut-être ce qui explique, outre son immense amour de la liberté, qu'il n'ait pas imposé à ses enfants sa piété personnelle (comme l'offrande à l'Amour miséricordieux qu'il renouvelait chaque jour pendant la messe ou la petite voie d'enfance spirituelle), pas plus que les mortifications intenses qu'il s'est imposées et qui, précisait-il, étaient nécessaires à l'époque de la fondation mais plus par la suite. Sans rien imposer, il stimulait en revanche à une vie de piété intense, joyeuse, sportive, qui soit comme la respiration de l'âme.
La vie d'une personnalité qui, comme lui, vivait constamment dans la compagnie de la Très Sainte Trinité, de la Vierge Marie et de saint Joseph, de son ange gardien et des anges, ne peut s'écrire que sur un registre surnaturel, édifiant. Mais, et c'est précisément une caractéristique de la vie de saint Josémaria, en proposant un modèle à imiter : concrètement, Jésus-Christ dans la vie ordinaire, dans la vie de travail et en famille, dans la normalité de l'existence. Afin de « transformer en alexandrins la prose de chaque jour » et de vivre les choses les plus humaines et matérielles sur un mode divin. C'est pourquoi, à la suite de l'affirmation lumineuse de Jean-Paul II, « saint Josémaria est le saint de l'ordinaire ».

(fin)

samedi 27 juin 2009

Saint Josémaria (1)

Saint Josémaria (1)

Il se trouve que j'ai eu la grande grâce non seulement de rencontrer saint Josémaria mais aussi de vivre quelque temps près de lui à Rome. Qu'il soit saint est une réalité qui apparaissait au grand jour et que l'Église a proclamé solennellement dans un acte de son magistère infaillible.
Il est compréhensible toutefois que des gens s'étonnent en lisant ses biographies - je pense plus particulièrement aux trois volumes de Vazquez de Prada (Paris-Montréal, Le Laurier-Wilson & Lafleur) -, en déplorant qu'on écrive des vies de saints qui les présentent « trop saints », faisant tout à la perfection.
Outre que c'est précisément le propre de la sainteté que d'atteindre la perfection, les saints sont également des êtres qui (lire la suite) ont tout spécialement conscience de leurs péchés. Ils en sont davantage persuadés au fur et à mesure que les années passent. Je me rappelle parfaitement saint Josémaria se qualifier en public de pécheur, mais de « pécheur qui aime Dieu à la folie », ou bien reconnaître qu'il était capable de commettre toutes les erreurs et toutes les horreurs possibles et imaginables s'il cessait d'aimer Dieu, ou encore qu'à son âge il devait lutter comme à vingt ans pour maîtriser son regard, et demander pardon quand il avait porté un jugement hâtif.
En même temps, ce que nous entr'apercevons dans sa vie grâce à ses biographes montre que Dieu l'a conduit très jeune par toutes les phases de la vie unitive, de la purification des sens, de la nuit de l'âme, de l'extase, de l'identification totale à la Volonté de Dieu. Et encore ne savons-nous qu'une petite partie de la réalité. D'abord parce que saint Josémaria a brûlé le premier de ses Cahiers intimes, qui avait trait à l'époque de la fondation de l'Opus Dei, fertile en interventions divines, qui répondaient à sa prière insistante : Domine, ut videam ! Domine, ut sit ! Domina, ut sit ! « Seigneur, fais que je voie ! (ce que tu veux de moi). Seigneur, fais que cela soit ! Notre Dame, faites que cela soit ! » En second lieu, parce qu'il indique fréquemment dans ces Cahiers à propos d'un fait surnaturel qu'il n'en parlera désormais plus. Ce qui ne signifie évidemment pas qu'il ne s'est pas reproduit.

(à suivre...)

vendredi 26 juin 2009

L'Opus Dei

L'Opus Dei

Quelques traits de l’esprit de l'Opus Dei, institution de l’Eglise catholique fondée par saint Josémaria Escriva.

Sa mission consiste à diffuser l’idée que le travail et les circonstances ordinaires sont une occasion de rencontrer Dieu, de servir les autres et de contribuer à l’amélioration de la société. L’Opus Dei collabore avec les églises locales, en proposant des moyens de formation chrétienne (des cours, des retraites, un accompagnement spirituel), à l’attention des personnes qui désirent renouveler leur vie spirituelle et leur apostolat. L’Opus Dei aide à trouver le Christ dans le travail, la vie familiale, et dans toutes les activités ordinaires.

Le travail bien fait mène à Dieu : (lire la suite) Tous les baptisés sont appelés à suivre Jésus-Christ, à vivre et faire connaître l'Évangile. La finalité de l'Opus Dei est de collaborer à cette mission d'évangélisation de l'Église, en promouvant parmi les fidèles chrétiens de toute condition une vie pleinement cohérente avec la foi, dans les circonstances ordinaires de l'existence humaine, en particulier par la sanctification du travail.

Membres : Toutes sortes de personnes font partie de l’Opus Dei : des prêtres et des fidèles laïcs, des hommes et des femmes, des jeunes et des personnes plus âgées, des personnes mariées ou célibataires, de tous domaines d’activité et niveaux sociaux. Hommes et femmes ont le même statut au sein de l’Opus Dei. Les membres de l’Opus Dei sont conscients de devoir témoigner de leur foi chrétienne où qu’ils se trouvent. Comme les premiers chrétiens, ils s’efforcent de rendre le monde meilleur, et d’aider ceux qui sont dans le besoin.
Initiatives apostoliques : Désirant servir la société, des membres de l’Opus Dei s’associent à d’autres personnes (catholiques, non catholiques, non chrétiennes ou sans croyance particulière) pour organiser des activités éducatives, sociales ou culturelles partout dans le monde. Par exemple : des résidences d’étudiants, des clubs de jeunes, des programmes de soutien aux personnes défavorisées, des hôpitaux, des écoles et des universités. Ces activités sont ouvertes à tous, sans distinction de croyance, race ou condition sociale.

La Prélature : L’Opus Dei a été établie comme prélature personnelle par le pape Jean Paul II en 1982. La prélature personnelle est un type d’organisation au sein de l’Église catholique créé dans les années 1960 par le Concile Vatican II. En tant que partie intégrante de l’Église, l’Opus Dei travaille en collaboration avec les évêques.

La filiation divine : « La filiation divine est le fondement de l’esprit de l’Opus Dei.» affirmait le fondateur. De par son baptême, le chrétien est enfant de Dieu. C'est pourquoi la formation qui est donnée dans la prélature développe chez les fidèles chrétiens un sens authentique de leur condition d'enfants de Dieu, et les aide à se comporter en conséquence. Elle favorise la confiance dans la providence divine, la simplicité dans la relation avec Dieu, le sens profond de la dignité de tout être humain et de la fraternité entre les hommes, un réel amour chrétien du monde et des réalités créées par Dieu, la sérénité et l'optimisme.

Vie ordinaire : « C’est au milieu des choses les plus matérielles de la terre que nous devons nous sanctifier, en servant Dieu et les hommes », disait saint Josémaria. La famille, le mariage, le travail, l’occupation de chaque instant sont nos occasions habituelles de fréquenter et d’imiter Jésus-Christ, en s’efforçant de pratiquer la charité, la patience, l’humilité, l’effort dans le travail, la justice, la joie, et en général, toutes les vertus humaines et chrétiennes.

Sanctifier le travail : Rechercher la sainteté dans le travail signifie s’efforcer de bien le faire, avec compétence professionnelle, et avec sens chrétien, c’est à dire par amour de Dieu et pour servir les hommes. Ainsi, le travail ordinaire se convertit en endroit de rencontre avec le Christ.

Prière et sacrifice : Les moyens de formation de l’Opus Dei rappellent la nécessité de cultiver la prière et la pénitence propres à l’esprit chrétien. Les fidèles de la Prélature assistent tous les jours à la sainte Messe, ils consacrent un temps à la lecture de l’Evangile, ils ont régulièrement recours au sacrement de la confession, ils entretiennent la dévotion à la Vierge Marie. Pour imiter le Christ, ils s’efforcent également d’offrir des petites mortifications, tout spécialement celles qui aident à l’accomplissement du devoir et qui rendent la vie plus agréable aux autres, ainsi que le jeûne et l’aumône.

Unité de vie : Le fondateur expliquait que le chrétien ne doit pas « mener une espèce de double vie : d'un côté, la vie intérieure, la vie de relation avec Dieu ; de l'autre, une vie distincte et à part, la vie familiale, professionnelle et sociale ». Au contraire, « il n'y a qu'une seule vie, faite de chair et d'esprit, et c'est cette vie-là qui doit être - corps et âme - sainte et pleine de Dieu ».

Liberté : Les fidèles de l'Opus Dei sont des citoyens jouissant des mêmes droits que leurs semblables et soumis aux mêmes obligations. Dans leurs activités politiques, économiques, culturelles, etc., ils agissent en toute liberté et responsabilité personnelles, sans prétendre engager l'Église ou l'Opus Dei par leurs décisions et sans présenter celles-ci comme les seules qui seraient cohérentes avec la foi. Ce qui implique de respecter la liberté et les opinions d'autrui.
Charité : Celui qui connaît le Christ trouve un trésor qu’il ne peut pas garder pour lui. Les chrétiens sont témoins du Christ et diffusent son message d’espérance parmi leurs parents, leurs amis et leurs collègues, par l’exemple et la parole. Le fondateur affirmait : « En nous efforçant d’atteindre les mêmes buts au coude à coude avec nos compagnons, nos amis, nos parents, nous pouvons les aider à parvenir jusqu’au Christ ». Ce désir de faire connaître le Christ est inséparable du désir de contribuer à résoudre les nécessités matérielles et les problèmes sociaux de son entourage.

Extraits de opusdei.org

jeudi 25 juin 2009

Le jeune homme riche (8)

Le jeune homme riche (8)

"Alors Jésus, regardant tout autour de lui, dit à ses disciples :
- Combien difficilement ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu" (Marc 10, 23), ceux chez qui les soucis de ce monde et la séduction des richesses et les convoitises pour tout le reste pénètrent et étouffent la parole, qui devient stérile (Marc 4, 19).
Oui, je le répète, "malheur à vous, les riches, car vous tenez votre consolation ; malheur à vous, qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim" (Luc 6, 24-25). Pleurez à grands cris sur les malheurs qui vous attendent. "Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont dévorés par les vers. Votre or et votre argent sont mangés par la rouille ; leur rouille portera témoignage contre vous et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez thésaurisé pour les derniers jours !" (Jacques 5, 1-3). (lire la suite) "Mon Père a renvoyé les riches les mains vides" (Luc 1, 53).
Cependant, "c'est maintenant l'heure de vous tirer du sommeil" (Romains 13, 17), de vous réveiller, de vous convertir, "de revenir à moi de tout votre cœur, avec des larmes et des lamentations" (Joël 2, 12). "Je suis, moi, le père des pauvres" (Job 29, 16). Ils ont toute ma sympathie. Ils sont mes préférés. En vérité, en vérité, je vous le dis, "Yahvé écoute les pauvres" (Psaume 69 (68), 34), "il se tourne vers la prière du misérable, et ne (repousse) pas sa supplication" (Psaume 102 (101), 18).
- Alors, Maître, je te prie « pour que tu élèves notre esprit au goût des choses célestes » (Litanie des saints).
- Mon Père técoutera, à coup sûr, Jude. Quand je donne des instructions à mon serviteur pour aller quérir les invités au banquet que j'ai préparé, je lui dit : "Va-t'en vite sur les places et par les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux" (Luc 14, 21). Ce sont ceux-là qui ont ma faveur.
Alors, non sans une certaine inquiétude, Pierre lui dit :
- « C'est que nous, nous avons tout quitté pour te suivre. Qu'en sera-t-il pour nous ? »
Il leur dit :
- « En vérité, je vous le dis : Nul n'aura laissé maison, ou femme, ou frères, ou parents, ou enfants à cause du royaume de Dieu, qui ne reçoive bien des fois plus en ce temps-ci et, dans le siècle à venir, la vie éternelle » (Luc 18, 28-30), même qui ne reçoive "au centuple dès maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et dans le siècle à venir la vie éternelle" (Marc 10, 30). Des persécutions... C'est dit en passant, mélangé aux récompenses promises. Ont-ils compris l'enjeu ?

(fin)

mercredi 24 juin 2009

Le jeune homme riche (7)

Le jeune homme riche (7)

"Va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi" (Marc 10, 21). Ce que tu possèdes, ce sont des richesses trompeuses, qui rendent le cœur prisonnier. Allez ! libère-toi de ce poids que tu traînes. Pour me suivre, il faut être impécunieux. Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. "Faites-vous des bourses inusables, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'approche pas et où les vers ne dévorent pas" (Luc 12, 33). Aux riches du siècle présent enjoins de n'avoir pas l'esprit d'orgueil et de ne pas mettre leur espoir en des richesses instables, mais en Dieu qui nous procure tout en abondance pour que nous en jouissions (lire la suite) (vous dispensant du ciel pluies et saisons fécondes, vous donnant à satiété nourriture et joie : Actes 14, 17), de faire le bien, de s'enrichir de bonnes œuvres, de donner libéralement, d'être partageurs, s'amassant ainsi un trésor qui aura un beau fonds pour l'avenir et leur assurera la vraie vie (1 Timothée 6, 18-19).
Voilà ce qui en vaut la peine. Car, "quel profit, en effet, a l'homme qui a gagné l'univers, mais qui a été pour lui-même cause de sa perte ou de son détriment ?" (Luc 9, 25). "Ses jours sont comme l'herbe ; il fleurit comme la fleur des champs ; que le vent passe sur lui, il n'est plus, et le lieu qu'il occupait ne le connaît plus" (Psaume 103 (102), 15-16). "L'herbe se dessèche, la fleur se flétrit ; mais la Parole de Dieu subsiste à jamais" (Isaïe 40, 8). N'est-ce pas là l'essentiel, la vraie richesse ? "C'est la bénédiction du Seigneur qui procure la richesse" (Proverbes 10, 22).
Écoutez-les donc qui proclament avec satisfaction : « Je suis riche et, m'étant enrichi, je n'ai besoin de rien » (Apocalypse 3, 17). Même si ce jeune, lui, désirait autre chose que ses richesses ne pouvaient lui procurer. Ils sont des biens en abondance, ils habitent des maisons cossues, ils portent des vêtements splendides, ils ne manquent de rien. Et moi je leur dis, et je le dis à l'adresse de cet homme, qui me fait de la peine : « Et tu ne sais pas que tu es misérable, pauvre, aveugle et nu ! » (Apocalypse 3, 17).

(à suivre...)

mardi 23 juin 2009

Le jeune homme riche (6)

Le jeune homme riche (6)

Nous devons quant à nous chercher vraiment la sainteté, la désirer ardemment, mais pas de façon purement théorique, en mettant des limites à ce que Dieu demande. Autrement nous passons à côté de la compagnie de Jésus. Nous avons sans doute celle du confort matériel, du travail qui nous occupe tant, de collègues de travail dont la conversation n'est pas toujours très enrichissante, de la famille qui n'est parfois qu'entrevue... Or, nous devons être prêts à tout, pour nous adapter à la Volonté de Dieu quelle qu'elle soit (sans prétendre l'inverse, c'est-à-dire adapter la Volonté de Dieu à nos projets), que ce soit dans les orientations données à notre travail, notre santé, les injustices dont nous pouvons faire l'objet, la situation, etc. (lire la suite) Ayons présent à l'esprit l'exemple de notre Seigneur, que le jeune homme riche n'a pas saisi, même par allusion : J'ai toujours changé d'endroit, j'ai été de tente en tente et de demeure en demeure (1 Chronique 17, 5). En vérité, voyez-vous, les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des abris, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête (Luc 9, 58).
Tâchons de suivre le chemin que Dieu nous trace et sur lequel nous trouvons le Christ avec sa Croix salvatrice. Et la très Sainte Vierge qui nous regarde aussi avec une énorme affection et prie pour que nous sachions comprendre ce que son Fils nous propose et le mettre en pratique avec joie.
"En Dieu vous avez été comblés de toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu" (1 Corinthiens 1, 5). Des richesses qui sont éternelles, qui ne périssent point. L'esprit de l'homme n'a pas à échaffauder des plans minutieux pour les protéger et les multiplier. Le cœur de l'homme n'a pas à s'inquiéter de leur conservation et de leur sauvegarde. Leur détenteur n'a ni voleur ni dépréciation à craindre. Ce sont des valeurs immuables, comme leur auteur, et incommensurables à la fois.

(à suivre...)

lundi 22 juin 2009

Le jeune homme riche (5)

Le jeune homme riche (5)

Jésus propose alors au jeune homme de faire quelque chose d'utile avec ses biens, de ne pas s'en servir égoïstement pour son plaisir. Et après, de ne pas s'en faire : "Ne vous inquiétez pas pour votre existence de ce que vous aurez à manger ou de ce que vous aurez à boire, ni pour votre corps de ce que vous aurez comme vêtement" (Matthieu 6, 25). C'est-à-dire faites confiance à la Providence.
Si Dieu ne nous demande pas à tous la même chose qu'au jeune homme riche, il a cependant son plan à notre égard, un plan que les événements nous révèlent partiellement, mais que nous avons tout intérêt à lui demander de nous faire connaître : (lire la suite) Maître, que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle (Marc 10, 16) ?
Cette question, il est bon que nous la fassions aussi retentir à l'oreille de nos amis, ou plutôt que nous les aidions à la poser à leur tour. Quelle que puisse être leur réponse, peut-être aussi peu généreuse que la nôtre... « Tu me dis de ton ami qu’il fréquente les sacrements, qu’il mène une vie claire et qu’il est bon étudiant (interprétons en disant qu'il vit plus ou moins les commandements), mais qu’il n’« accroche » pas : si tu lui parles de sacrifice et d’apostolat, il s’attriste et s’en va (interprétons en disant qu'il possède de grands biens, qu'il a beaucoup de travail, de nombreuses activités culturelles, une vie sociale prenante, etc.).
Ne t’inquiète pas. — Ce n’est pas un échec de ton zèle ; c’est, à la lettre, la scène de l’Évangile : « Si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres » (sacrifice)… « puis viens, et suis-moi » (apostolat) » (saint Josémaria, Chemin, n° 807). Ce n'est pas un échec de notre part, mais un échec de notre ami, tout comme la dérobale du jeune homme riche n'a pas été un échec du Christ mais de lui-même. Chacun est libre de répondre ou non à la grâce de Dieu. Et quand cette grâce a fait naître un désir particulier de sainteté, le refus final est sans doute plus grave que si Dieu n'avait pas donné ce secours surnaturel.

(à suivre...)

dimanche 21 juin 2009

Le jeune homme riche (4)

Le jeune homme riche (4)

Jésus ne l'invite pas seulement au détachement, mais surtout à le suivre. Quant à nous, nous ne pouvons le suivre que si nous sommes également d'abord détachés des biens matériels. Ce jeune homme devait être célibataire, autrement Jésus ne lui aurait pas dit vends tout ce que tu as. Arrivé à ce point, c'est l'échec de son espoir. C'est un notable, il a de grands bien, il est jeune et a la vie devant lui, une vie facile qui fait de lui le centre de la vie locale, quelqu'un qui est admiré, adulé. Il ne se rend pas compte que sa situation, telle qu'il l'admet et s'y complaît, est un obstacle à la plénitude de la sainteté. (lire la suite) Sans même se donner un délai de réflexion, il est tellement pris par sa vie facile, que le jeune homme s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens (v. 22).
« Veux-tu te demander — avec moi qui fais aussi mon examen — si tu maintiens immuable et ferme ton choix de Vie ? Si, en entendant la voix très aimable de Dieu, qui t’incite à la sainteté, tu réponds librement « oui » ? Tournons de nouveau notre regard vers notre Jésus, alors qu’il parlait aux foules dans les villes et les campagnes de Palestine. Il ne cherche pas à s’imposer. Si tu veux être parfait… (Matthieu 19, 21), dit-il au jeune homme riche. Ce dernier repousse la proposition et l’Évangile nous dit qu’il se retira tout triste — abiit tristis (Matthieu 19, 22). C’est pourquoi, j’ai parfois qualifié de « pauvre attristé » ce jeune homme riche qui a perdu la joie pour avoir refusé de donner sa liberté » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 24). Timeo Iesum prætereuntem et non redeuntem : « Je crains que Jésus passe et ne repasse pas » dans ma vie (saint Augustin). Rien n'assure, en effet, qu'il passera de nouveau dans ce village et que l'homme aura l'occasion de se hâter encore pour s'entretenir une seconde fois avec lui.
Jésus n'est pas passé par hasard dans sa vie. « Il va à la rencontre de ceux qui ne le cherchent pas » (saint Josémaria, Homélie Prêtre pour l'éternité), afin de susciter un intérêt, de faire naître un désir de sainteté. Ils présente un programme de vie à celui qui s'intéresse à lui, mais ne l'impose pas.

(à suivre...)

samedi 20 juin 2009

Le jeune homme riche (3)

Le jeune homme riche (3)

Jésus lui dit : pourquoi m'interroger sur ce qui est bon ? Il n'y en a qu'un à être bon. Mais si tu veux entrer dans la Vie, observe les commandements. Lesquels ? dit-il. Jésus lui dit : Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne voleras pas ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même (v. 17-19). Cette énumération des commandements que fait Jésus ne satisfait pas le jeune homme, car, dit-il, tout cela je l'ai observé. Que me manque-t-il encore (v. 20) ? Il se rend compte qu'il lui manque quelque chose d'autre que les commandements. C'est pourtant déjà pas mal. Ce serait formidable si nous pouvions en dire autant, si nous étions en mesure de faire cette même réponse. Et si ce n'est pas depuis notre enfance, du moins depuis un certain temps. (lire la suite)
Saint Marc (10, 21) rapporte un aspect que Matthieu et Luc passent sous silence. Jésus le fixa du regard, eut pour lui de l'affection, il l'aima. Cest logique. Jésus regardait tout le monde avec affection, avec amour. Mais si Marc souligne ce regard, c'est qu'il traduit une affection spéciale, en quelque sorte en harmonie avec le désir de sainteté de cet homme, comme une première réponse à son attente, un regard d'encouragement. Nous devons tous nous sentir ainsi regardés par le Seigneur, qui a donné sa vie pour nous aussi et qui attend une réponse engageante, pas une demi-réponse, ou jusqu'au point que nous aurons nous-mêmes fixé. Une réponse qui soit celle d'en enfant de Dieu qui ne veut pas rester engluer dans les choses matérielles, dans les soucis de ce monde, mais qui veut vraiment faire quelque chose pour s'en sortir, s'engager sur le chemin qui lui permet d'atteindre vraiment le royaume des cieux, le cœur léger.
Mais le jeune homme est animé d'une soif - Dieu a mis en lui la soif - d'un idéal de perfection : il désire la vie éternelle. Il est comme conscient que l'accomplissement des commandements est insuffisant, qu'il doit être possible de faire mieux. C'est lui qui met la barre très haut, puisqu'il veut dépasser les commandements (or, ses commandements ne sont pas écrasants, 1 Jean 5, 3). Il devrait donc logiquement être prêt à tout. Et Jésus met d'entrée de jeu le doigt sur la plaie, lui parle de ce dont il doit le plus se purifier s'il veut vraiment avoir la vie éternelle, comme il le prétend, c'est-à-dire le détachement des biens de ce monde. Une chose te fait défaut : va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi (Marc 10, 21).

(à suivre...)

vendredi 19 juin 2009

Ouverture de l'année du prêtre

Ouverture de l'année du prêtre

Alors que le pape Benoît XVI ouvre aujourd'hui une année de prière pour les vocations et la sainteté des prêtres à l'occasion du 150ème anniversaire de la mort du saint Curé d'Ars, voici un extrait du livret diffusé par le « Mouvement sacerdotal marial », La Vierge à ses Fils de Prédilection : les Prêtres, 5e éd. française, 1976, p. 139-141, à la date du 16 septembre 1974 :
« Je veux t'amener au détachement de tous et au plus total abandon. » Ces paroles qui sont de Moi, Mon fils, Je te les répète aujourd'hui, afin que, dans ces difficultés présentes tu ne te décourages pas.
Tu es affligé par le fait que certains se soient comme détachés, organisant une nouvelle association de Prêtres qui M'honoreraient et M'aimeraient, en faisant abstraction de tout ce que Je suis Moi-même en train d'opérer par ton intermédiaire. (lire la suite)
Mais si c'est Moi-même qui te prends et te conduis, qui te fais opérer toute chose, comment peuvent M'honorer et Me plaire ces fils, les Miens, qui ne M'accueillent pas dans l'Œuvre que Je fais ?
Mes pauvres enfants ! car tout ce qu'ils font est de bonne foi et pour M'honorer ; ils comprendront vite, eux aussi, quelle est la route qu'ils doivent parcourir pour M'honorer. Nombreux sont les modes, mais unique est la route pour Mes prêtres de prédilection : celle de Mon Cœur Immaculé et Douloureux.
Ici, Je les veux tous comme de petits enfant : c'est pourquoi ils doivent apprendre à se taire, à ne pas s'agiter, à ne pas s'organiser, à ne pas faire, pour n'être que de petits enfants. Des petits enfants qui prient, des petits enfants qui s'ofrrent avec Moi, pour le salut de tous Mes enfants.
Oh ! Mes fils ! c'est pour Mon Église, l'heure des plus grandes confusions. Le Pape parle et indique la foi, avec assurance et fermeté, et presque tout le monde le laisse seul et ne l'écoute pas.
Aujourd'hui parlent aussi les faux prophètes, ceux qui annoncent l'Évangile en le trahissant, et ceux-là, on les écoute et on les suit ! Et ils apportent le trouble, la confusion parmi les enfants les plus fidèles de Mon Église.
Prêtres qui M'êtes consacrés, constituez de nouveau une forte ligne de défense avec le Pape : ne le laissez pas seul ; avec lui, formez la dernière ligne, l'utlime tranchée pour la défense de Mon Fils et de Mon Église.
Moi, Je suis avec vous, et par ici, on ne passera pas : et c'est d'ici que Je commence Ma bataille pour Mon plus grand triomphe !

Le jeune homme riche (2)

Le jeune homme riche (2)

C'est déjà un exemple pour nous, qui avons peut-être déjà du mal à participer à la messe dominicale. Elle ne nous suffit pas pour répondre à notre désir de sainteté. C'est pourquoi nous nous plaçons devant le Seigneur et lui posons la même question que le jeune homme riche : « Seigneur, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle en partage ? » Autrement dit, qu'attends-tu de moi, que veux-tu que je fasse, comment dois-je me comporter pour te plaire et pour être agréable à notre Père ?
Montre-le-moi, fais-le-moi voir par votre Esprit commun. Et rends-moi docile à ses inspirations. Cette dernière demande est, en effet, esentielle, car, sans la docilité, l'intervention de l'Esprit Saint ne pourrait déboucher sur rien de concret. (lire la suite)
Il convient donc de formuler souvent cette question dans notre prière, en toute sincérité, parce que ce n'est qu'en demandant et en insistant que le Seigneur se fait connaître et nous fait connaître ce qu'il attend de nous. Celui qui ne demande pas reçoit peu. Celui qui ne communique pas avec autrui n'obtient évidemment pas de réponse et ne sait pas ce que l'autre veut, désire ou attend de lui. Non que la réponse n'existe pas, mais parce qu'elle ne semble pas intéresser celui qui n'a pas posé la bonne question.
Tel est l'exemple que nous trouvons chez le notable que nous écoutons parler à Jésus. Nous voyons à partir de son exemple que les bons sentiments ne suffisent pas. Il faut être prêt à mettre la réponse en pratique, puisqu'elle correspond à notre attente, autrement cela ne sert à rien, si ce n'est à se rendre triste. En effet, quand il a entendu la réponse de Jésus, le jeune homme, « sur ces paroles, s'assombrit, et il s'en alla tout affligé » (Marc, 10, 22). Si nous posons une question à Dieu en mettant des limites à sa réponse, il est inutile de la poser. Cet homme veut apparemment aller au ciel, mais il n'est pas disposé à suivre radicalement le Maître. Cela ne veut pas dire qu'il ne pourra pas accéder à la vie éternelle. Il n'est pas nécessaire pour cela d'être un des apôtres du Seigneur. Mais il rate néanmoins la possibilité d'être spécialement au service de Dieu et d'être plus près de lui pour l'éternité, comme Dieu le lui demande. Son désir n'est qu'une velléité. La raison en est qu'« il avait beaucoup de biens » (ibid.).

(à suivre...)

jeudi 18 juin 2009

Le jeune homme riche (1)

Le jeune homme riche (1)

Un jour, aucune précision ne nous est donnée sur l'endroit où Jésus se trouvait, un jour donc, comme il se mettait en route, quelqu'un accourut (Marc 10, 17). Ce que nous savons par les trois évangiles synoptiques, c'est que Jésus venait tout juste de bénir de petits enfants que ses disciples grondaient durement (v. 13), sans doute mus par le désir louable d'éviter de fatiguer le Maître, d'autant qu'il n'était pas rare que les gens se jettaient sur lui pour le toucher (Marc 3, 10) au risque de l'écraser.
À cette occasion, Jésus a repris ses disciples en leur disant : "Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi, car c'est à leurs pareils qu'appartient le royaume des cieux" (Matthieu 19, 14). (lire la suite)
Donc après les avoir serrés dans ses bras, "il les bénissait en leur imposant les mains" (Marc 10, 16). Il ne les bénit évidemment pas en faisant le signe de la croix, qui est un signe chrétien qui n'a pas encore pu s'imposer, et pour cause. Puis il s'apprête à partir. Voici que quelqu'un accourt, quelqu'un qui n'a pas réussi à s'approcher du Seigneur jusque-là ou qui avait été retenu par ses affaires. Il s'agit d'un notable, selon saint Luc (18, 18), encore jeune et sémillant (cf. Matthieu 19, 22). Le fait est qu'il se dépêche, se frayant un passage au milieu de la foule. Étant donné sa condition de notable, les gens lui frayent facilement un chemin.
Il se hâte parce qu'il est sur le point de rater le Seigneur, or, il ne voudrait surtout pas le manquer, car il a une question importante à lui poser, une question essentielle pour lui, et qui le taraude. "Fléchissant le genou devant lui, il lui demanda" (Marc 10, 17) : Maître ou Bon Maître, selon les récits qui nous sont parvenus, "que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle" (v. 16) ? C'est une question excellente, qui traduit une vie intérieure riche, un désir sincère de vivre avec Dieu, une soif d'absolu. Il s'agit effectivement d'une question essentielle. Notons que cet homme ne dit pas « que dois-je faire ? » mais : Que dois-je faire de bien pour acquérir la vie éternelle (v. 16) ? Car il s'agit de ne pas se tromper. Il veut viser la vie éternelle à coup sûr. Et puis, bien entendu, il est exclu de faire quelque chose de mauvais. Ce serait d'ailleurs incompatible avec son objectif. Il tient à préciser quand même : Que dois-je faire de bien (v. 16) ? car il a soif de bien, de perfection, il voudrait progresser dans sa vie spirituelle et, manifestement, la participation au culte rendu au Béni le du sabbat à la synagogue ne lui suffit pas.

(à suivre...)

mercredi 17 juin 2009

Dieu nous parle par les saints

Dieu nous parle par les saints

Lors donc que nous considérons la vie de ceux qui ont fidèlement suivi le Christ, nous découvrons un nouveau motif de rechercher la Cité future (cf. Hébreux 13, 14 et 11, I0) et tout d'un coup nous apprenons la voie sûre par laquelle, au milieu de l'agitation du monde, nous pourrons, chacun selon son état de vie et sa condition particulière, arriver à l'union parfaite avec le Christ, ou, si l'on veut, à ta sainteté. C'est en effet dans la vie de ceux qui, tout en partageant notre condition humaine, reflètent pourtant davantage les traits du Christ (cf. 2 Corinthiens 3, 18), que Dieu se fait présent, qu'il manifeste avec éclat son visage. (lire la suite) En eux c'est lui-même qui nous parle et nous montre le signe de son Royaume ; et c'est vers ce Royaume que, guidés par ces hommes, témoins de la vérité de l'Evangile (cf. Hébreux 12, 1), nous nous sentons puissamment attirés.
Cependant nous ne vénérons pas la mémoire des saints uniquement pour leur exemple, mais plus encore pour que l'union de toute l'Église dans l'Esprit se fortifie par la pratique de la charité fraternelle (cf. Éphésiens 4, 1-6). Car, de même que notre communion de chrétiens en marche vers Dieu nous rapproche davantage du Christ, ainsi la fraternité entre nous et les saints nous unit au Christ, Source et Tête, qui dispense toute grâce et la vie du Peuple même de Dieu. Il convient donc au plus haut point que nous aimions ces amis et cohéritiers de Jésus-Christ, qui sont aussi nos frères et d'éminents bienfaiteurs, et que pour eux nous rendions à Dieu de dignes actions de grâces, « que nous leur adressions des supplications et recourions à leurs prières et à leur aide puissante pour obtenir de Dieu des grâces par son Fils Jésus-Christ, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur ». En effet, tout témoignage authentique d'amour que nous donnons aux saints, par sa nature tend et aboutit au Christ, qui est « la couronne de tous les saints » et par lui à Dieu, qui est admirable dans ses saints et glorifié en eux.
Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium sur l'Église, n° 50.

mardi 16 juin 2009

Visite au saint-sacrement (3)

Visite au saint-sacrement (3)

Pour aller rendre visite à Jésus dans le Saint-Sacrement, nous avons besoin « de voir et d'aimer la vérité », disions-nous au début de ces lignes. Voir avec les yeux de l'âme Celui qui a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il est la Vérité qui nous a libérés du péché (cf. Romains 8, 2). Il est la Vérité éternelle. Il n'en existe pas d'autre. Toute vérité est une parcelle, un éclat de la Vérité divine. Voir et aimer la Vérité. Voir Dieu, c'est l'aimer. Car nul n'est plus aimable que Dieu, dans sa Trinité de Personnes. « Pense que Dieu veut que tu sois heureux et que, si tu fais de ton côté ce que tu peux, tu seras heureux, très heureux, follement heureux, même si la Croix ne te manque jamais » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 141). (lire la suite)
Recherchons donc la présence de ce « Dieu [qui] est amour » (1 Jean 4, 16). « Dans ce même verset, Jean nous offre pour ainsi dire une formule synthétique de l’existence chrétienne : « Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous ».
Nous avons cru à l’amour de Dieu : c’est ainsi que le chrétien peut exprimer le choix fondamental de sa vie. À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. Dans son Évangile, Jean avait exprimé cet événement par ces mots : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui [...] obtiendra la vie éternelle » (3, 16) » (Benoît XVI, encyclique Dieu est amour, n° 1). Et ensuite il nous a donné son Esprit d'Amour.
Que la vie chrétienne est merveilleuse ! Comme elle vaut la peine d'être vécue ! Et comme nous devrions trouver notre joie à la communiquer à d'autres et à la leur faire partager ! La grande nouvelle que nous avons à apporter aux hommes, l'Évangile, c'est que « Dieu est amour », qu'il est l'Amour, et que cet Amour réside dans l'Eucharistie et s'exprime par l'action sanctificatrice de l'Esprit !

(fin)

lundi 15 juin 2009

Visite au saint-sacrement (2)

Visite au saint-sacrement (2)

Notre foi nous dit que Jésus-Christ est présent dans le tabernacle, et qu'il a donné sa vie pour nous sauver, qu'il est mort sur le bois de la Croix pour que nous ayons la Vie et que nous l'ayons en abondance (cf. Jean 10, 10) ? Comment ne pas désirer venir nous recueillir dans les églises auprès du Seigneur Jésus, qui reste si souvent seul ? N'éprouvons-nous pas une grande joie de la proximité de Celui que nous voulons aimer par-dessus tout, de tout notre cœur, de toutes nos forces, de toute notre âme (cf. Matthieu 22, 37) ? La présence du Seigneur parmi nous n'exerce-t-elle pas sur notre cœur la force d'attraction d'un aimant puissant ? « Tandis que nous réalisons avec la plus grande perfection possible, malgré nos erreurs (lire la suite) et nos limites, les occupations propres à notre condition et à notre métier, notre âme désire ardemment s’échapper. Elle va vers Dieu, comme le fer attiré par la force de l’aimant. L’on commence à aimer Jésus, de façon plus efficace, et à ressentir une tendre émotion » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 296).
Notre foi est faible, certes, mais demandons-nous au moins tous les jours, souvent chaque jour : « Seigneur, augmente en nous la foi ! » (Luc 17, 5), fais que ma foi se développe ? J'ai entendu saint Josémaria dire que Dieu lui avait donné une foi tellement épaisse qu'on aurait pu la couper avec un couteau. Certes il lui en a fallu pour fonder l'Opus Dei, en n'ayant que « vingt-six ans, de la grâce de Dieu et de la bonne humeur » ! (Entretiens avec Monseigneur Escriva, n° 32).
Pour aller voir Jésus, nous avons besoin, non d'un téléphone portable, mais de foi et de cœur, disions-nous. Du cœur, c'est-à-dire de capacité à aimer. C'est faire appel à une deuxième vertu théologale, la charité ou amour. Évidemment, quand on s'aime, on a envie de se voir? Et quand on sait où se trouve l'être aimé et qu'ils nous attend, comment ne pas courir à sa rencontre ? Au mois en esprit, de façon spirituelle, tout comme la pensée et le cœur s'échappent vers le fiancé ou la fiancée, vers le conjoint ou les enfants. Une photo aide souvent à accentuer cette présence là où nous travaillons, dans la voiture, dans notre portefeuille, etc. Il est facile de faire de même avec notre Seigneur à partir d'une image pieuse ou d'un crucifix. « Pourquoi cette Croix de bois, me demandes-tu ? — Et je te cite ce passage d’une lettre : « En levant les yeux du microscope, le regard tombe sur la Croix noire et vide. Cette Croix sans Crucifié est un symbole. Elle a un sens que les autres ne verront pas. Et celui qui, fatigué, était sur le point d’abandonner la tâche, se remet à l’oculaire et poursuit son travail, parce que la Croix vide appelle des épaules qui la portent » (saint Josémaria, Chemin, n° 277).

(à suivre...)

dimanche 14 juin 2009

Visite au saint-sacrement (1)

Visite au saint-sacrement (1)

SMS, texto, méls, vidéo-conférences, mais aussi le téléphone plus que jamais présent dans la vie des hommes, permettant de parler à ses amis, de s'entretenir avec eux aussi souvent que nous le voulons, d'où que nous nous trouvions. Nous leur rendons ainsi des visites qui peuvent être agrémentées de photographies transmises sitôt qu'elles sont prises.
Cet engouement pour la communication, favorisée par le progrès technologique incroyable auquel nous assistons, devrait exister également dans nos relations personnelles avec Dieu. Là, le progrès technique est inutile. (lire la suite) Nous n'avons pas besoin d'appareil, même miniaturisé ou à haut débit. Chacun de nous a une « ligne directe » avec Dieu.
Nous pouvons donc lui rendre visite et nous entretenir avec lui autant que nous le désirons. Il est vrai qu'il prend l'initiative, qu'il fait sentir parfois sa présence, qu'il se rappelle à notre bon souvenir par l'action de son Esprit Saint dans notre âme. Mais il nous laisse libre de saisir ou non cette perche qu'il nous tend.
« La fréquence des visites que nous rendons à notre Seigneur dépend de deux facteurs : de notre foi et de notre cœur ; de voir et d'aimer la vérité » (saint Josémaria, Sillon, n° 818). De notre foi d'abord. Cette vertu théologale est fondamentale, car « le juste vit de la foi ». La foi en Dieu Tout-Puissant, qui se trouve au ciel et sur la terre, qui est omniprésent d'une présence d'immensité. Tout ce qui concerne Dieu nous échappe pour l'essentiel. Nous n'en connaissons que ce qu'il a bien voulu nous révéler par les prophètes et, « dans ces temps qui sont les derniers », par son Fils, Jésus-Christ (Hébreux 1, 2). Celui-ci nous assure qu'il nous a fait connaître tout ce qu'il a entendu du Père (cf. Jean 15, 15). Cette connaissance nous suffit pour savoir, de science on ne peut plus sûre, que Dieu est Père, que Dieu est Fils, que Dieu est Saint-Esprit. Il est dit qu'« il était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jean 1, 9) ; c'est le Père. « Il était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde » ; c'est le Fils. « Il était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde » ; c'est le second Consolateur (Paraclet) (Jean 14, 16). Il était, et il était, et il était : mais il était un. Il était Lumière, et Lumière, et Lumière ; mais une seule Lumière, un seul Dieu (Saint Grégoire de Nazianze, 5ème Discours théologique, 4).

(à suivre...)

samedi 13 juin 2009

Saint Antoine de Padoue et la Providence

Saint Antoine de Padoue et la Providence

(Antoine-Marie de Lavaur) rencontre dans un train un juif qui, après l'avoir examiné attentivement, attiré par ce moine étrange, se met à lui poser des questions auxquelles se plie volontiers le Père, tout prêt à lui glisser quelque leçon de catéchisme. Mais le juif ne s'intéresse qu'aux Capucins dont le religieux porte la robe. Apprenant que les Pères n'ont point d'argent et qu'ils se confient à la Providence lorsqu'ils sont en voyage, stupéfait : Mais vous-même, vous voyagez ainsi ? Parfaitement, et j'ai toujours sous la main un ami que m'envoie saint Antoine, (lire la suite) et qui me paie ma place. Tenez, ce soir je rentre à Toulouse et voici mon billet, il n'est que pour la gare où nous arrivons. Eh ! bien je vais sûrement trouver là quelqu'un qui me procurera un nouveau billet. C'est trop fort, dit le juif intrigué. Je descends justement à cette station, je suis curieux de voir comment cela se passe. Hélas ! personne à cette gare ne s'occupe du Père qui, assis sur un banc sans un coin, récite son office. L'heure du train est là, le religieux va rester en panne. Le juif a pitié, il s'avance vers le guichet pour solder lui-même le billet. Saint Antoine n'envoyant personne, je suis venu à votre secours, mon Père. Mais saint Antoine est là. C'est vous qu'il a envoyé. Le train s'ébranle, le Père fait de la main un signe d'adieu au juif resté sur le quai, encore tout pantois d'avoir été l'émissaire de saint Antoine.

Jacqueline Baylé, Le saint de Toulouse s'en est allé... P. Marie-Antoine de Lavaur Capucin (1825-1907), Toulouse, Éditions du Carmel, 2006, p. 485.

vendredi 12 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (8)

La Cananéenne et Jésus (8)

Rendez grâces au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ; chantez et jouez pour lui, redites sans fin ses miracles (Psaume 104 (103), 1-2). Chantez et dansez de joie. Poussez vers Yahvé des cris de joie, habitants de toute la terre, faites éclater votre allégresse et chantez. (...) Que la mer mugisse avec tout ce qu'elle contient, le monde avec tous ses habitants ! Que les fleuves applaudissent, qu'ensemble les montagnes poussent des cris de joie devant Yahvé (Psaume 98 (97), 4.7-9). Acclamez Yahvé, habitants de toute la terre ! Servez Dieu avec joie, venez en sa présence avec des cris d'allégresse ! Sachez que Yahvé est Dieu : (lire la suite) c'est lui qui nous a faits et nous lui appartenons (Psaume 100 (99), 1-3). Mon Dieu, tu délivres ton peuple de toutes ses angoisses (Psaume 25 (24), 22). Tu as libéré Jézabel du démon impur. Tu as rendu la fille à sa mère. Tu as ramené la paix au village. Tu as rendu honneur et gloire à ton Père.
Avec toi présent, ô mon Dieu, le loup et l'agneau paîtront ensemble, le lion comme le bœuf mangera du fourrage, le serpent se nourrira de poussière. Il ne se fera ni mal ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit Yahvé (Isaïe 65, 25). Ce sera le paradis restauré, l'harmonie de la création recouvrée. Laisse-nous vivre, et nous invoquerons ton nom (Psaume 80 (79), 19). Viens,
Seigneur Jésus, « maran-atha » (Apocalypse 22, 20). Fais luire ta face sur ton serviteur, sauve-moi dans ta bonté (Psaume 31 (30), 17), comme tu as sauvé cette fillette de païens, moi qui suis ton enfant. Oui, je viens bientôt (Apocalypse 22, 20).

(fin)

jeudi 11 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (7)

La Cananéenne et Jésus (7)

Foi. Humilité. La femme doit s'humilier, crier au vu et au su de tout le monde, insister malgré les ricanements, subir la grogne des apôtres, être objet la réprobation des Juifs... Elle insiste malgré les rebufades et vient se prosterner devant ce prophète qui ne fait aucun cas de ce qu'elle demande, acceptant que Jésus la rembarre éventuellement de nouveau. L'humilité est une vertu indispensable pour nous mettre face à Dieu tels que nous sommes, des pécheurs qui ont besoin, absolument besoin, de l'aide de Dieu en tout : Seigneur, à qui irions-nous ? (Jean 6, 68). À qui d'autre pourrions-nous nous attacher ? Qui est comme Dieu ? Il n'y a pas d'autre Dieu que toi (Ecclésiastique 36, 2Vg). Pour nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu (Jean 6, 69). Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu, c'est toi le Roi d'Israël (Jean 1, 49), et nous te suivrons partout où tu iras (Matthieu 8, 19). (lire la suite)
Devoir tout à Dieu est difficile à accepter. Mais c'est pourtant la réalité. Non pas une triste réalité, mais une réalité joyeuse, car il n'y a rien de plus formidable que de rentrer en contact avec Dieu, et nous ne pouvons recevoir de lui que des biens merveilleux : Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu ? (1 Corinthiens 4, 7). Nous avons besoin de Dieu pas uniquement pour chasser un démon, mais pour évacuer toutes nos infirmités spirituelles. Tournons-nous vers le Seigneur en lui faisant confiance et en nous méfiant de nous-même.
La persévérance aussi est nécessaire. Ne nous décourageons pas. Cela ne mène nulle part de bon. C'est le résultat d'un raisonnement humain, à courte-vue. Il nous faut essayer, essayer seulement, car nous ne pouvons pas faire mieux, de comprendre qui est Dieu. Nous sommes dans le temps, lui est en-dehors, dans un aujourd'hui éternel. Il a décidé de toute éternité de nous accorder ce qui nous convient en fonction de notre foi, de notre humilité et de notre persévérance. Une persévérance comme celle de la Cananéenne, sans perdre courage, en revenant à la charge, en ne nous laissant pas impressionner par les difficultés. Pourvu que nous soyons avec le Seigneur : Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? (Romains 8, 31). Béni soit l'homme qui met sa confiance en Yahvé : Yahvé répondra à sa confiance ! (Jérémie 17, 7). Aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confondu (Psaume 25 (24), 3). Et c'est bien ce qui compte, en définitive.

(à suivre...)

mercredi 10 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (6)

La Cananéenne et Jésus (6)

Il semble que le Seigneur ne nous écoute pas... Pire, il répond aux apôtres en donnant l'impression que cette affaire ne l'intéresse pas : Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël (Matthieu 15, 24). La femme a entendu et ne s'avoue pas vaincue. Elle revient à la charge en cherchant à réfuter les arguments de Jésus, d'abord par son attitude empreinte de prière : Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : « Seigneur, viens à mon secours » (v. 25). Jésus se montre toujours aussi sévère : Il répondit : « Ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens » (v. 26). C'est fort, et humiliant. C'est le terme méprisant par lequel les Juifs désignaient les païens.
Mais la femme ne se laisse toujours pas désarçonner. (lire la suite) La Cananéenne a reconnu, contrairement à la majorité des Juifs, que Jésus est le Messie : Seigneur, fils de David (v. 22). C'est en ces termes qu'elle l'a apostrophé. Les prophètes avaient annoncé que le Messie serait de la maison de David. Elle a donc confiance en Jésus, qui, selon elle, peut sauver sa fille, peut la délivrer du démon. Aussi apporte-elle une réponse pleine de foi et d'humilité : D'accord, Seigneur, dit-elle ! Les chiens, en effet, se nourrissent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres (v. 27).
La foi et l'humilité, deux conditions que la prière doit réunir si nous voulons que Dieu nous exauce. Foi en Jésus-Christ qui est Dieu, et qui peut donc tout. Il est Créateur avec le Père et l'Esprit Saint, il est Tout-Puissant... Le seules limites à son pouvoir sont celles que Dieu s'est librement imposé en créant l'univers dont il respecte les lois. Mais guérir un malade est jeu d'enfant pour le Seigneur, expulser un démon doit même être un plaisir pour lui... La foi est indispensable. Plus la foi est grande, plus l'action de Dieu se fera sentir. Si elle est déficiente, Jésus aide à l'accroître : Je crois ! Viens en aide à mon manque de foi ! (Marc 9, 24).
La Cananéenne, qualifiée de « chienne » par Jésus, épithète qu'elle reprend à son compte, est prête à se contenter des restes, des miettes. Chasser un démon, ce n'est pourtant pas rien, ni marginal. Elle sait bien qu'elle n'appartient pas au peuple élu. Mais le rabbi de Nazareth fait tellement de miracles, a déjà chassé tant de démons... L'épisode des démons qui ont pris possession des porcs chez les Gadaréniens n'a pas fini de faire parler (cf. Matthieu 8, 28-34). Alors elle entre dans le jeu de Jésus : D'accord, Seigneur, dit-elle ! Les chiens, en effet, se nourrissent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres (Matthieu 15, 27). Elle ne demande rien pour elle, c'est pour sa fille. Alors Jésus lui dit : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu'il te soit fait comme tu le désires (v. 28).

(à suivre...)

mardi 9 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (5)

La Cananéenne et Jésus (5)

Les cris insistants d'Autonoé finissent par importuner tout le monde, à commencer par les disciples dont la tâche s'en trouve compliquée. Le bruit de ses paroles était comme le bruit d'une multitude (Daniel 10, 6). S'approchant de Jésus, ils lui firent cette prière : « Renvoie-là, car elle nous poursuit de ses cris ! » (v. 23). Ils auraient pu demander au Seigneur d'accéder à la demande de la femme. Non. Ils veulent simplement avoir la paix. Ils ne pensent pas à la meilleure solution, mais à celle qui leur convient à eux. Pauvres que nous sommes... Ce sont les disciples qui craquent, pas la Cananéenne ! Nous avons, là aussi, un parallèle avec l'épisode de Bar-Timée, à qui beaucoup demandaient de s'arrêter de crier, sans doute parce que ses supplications les empêchaient d'entendre ce que le Maître disait (cf. Marc 10, 48). Là aussi ils ne pensent pas au bien de l'aveugle, (lire la suite) alors qu'ils savent que Jésus peut le guérir. Qu'est-ce qui est le plus important : la guérison de Bar-Timée ou entendre l'enseignement de Jésus ? Une autre leçon pour nous.
La Cananéenne et Bar-Timée crient leurs besoins. Nous sommes un peu dans leur situation. C'est-à-dire que nous avons incontestablement besoin d'aide pour progresser sur la voie de la sainteté, sur le chemin de l'amour de Dieu. Mais notre prière n'est probablement pas aussi insistante que celle de ces deux personnages... Et le fait que le Seigneur ne réponde pas sur le champ peut nous déconcerter, nous décourager. Nous avons l'impression parfois qu'il ne nous entend pas. « Nous imaginons que le Seigneur ne nous écoute pas, que nous nous sommes égarés, que seul le monologue de notre voix se fait entendre. Nous nous trouvons comme privés de soutien sur la terre et abandonnés du ciel. Cependant notre horreur du péché, même véniel, est bien réelle et pratique. Alors, avec l’entêtement de la Cananéenne, nous nous prosternons comme elle avec soumission pour l’adorer et supplier : Seigneur, viens à mon secours (Matthieu 15, 25). Et l’obscurité disparaîtra, chassée par la lumière de l’Amour » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 304).
La femme a prié de loin, puis de près. Nous nous approchons nous aussi du Seigneur avec nos requêtes dans la prière et dans le sacrement de la pénitence, pour qu'il nous exauce et nous refasse un cœur neuf : Ô Dieu, crée en moi un cœur pur ; et renouvelle au dedans de moi un esprit ferme (Psaume 51 (50), 12).

(à suivre...)

lundi 8 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (4)

La Cananéenne et Jésus (4)

Cette femme n'est pas originaire de Cana en Galilée, où Jésus accomplit son premier miracle, changeant de l'eau en vin, moyennant quoi ses disciples crurent en lui (Jean 2, 11). Elle est du Cana de la région où Jésus vient d'arriver, le sud du Liban actuel.
Elle se mit à crier : « Aie pitié de moi, disait-elle, Seigneur, Fils de David. Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. » Mais lui ne répondit pas mot (Matthieu 15, 22-23). Nous avons vu un comportement identique envers Bar-Timée, un aveugle qui se trouvait au bord de la route, à la sortie de Jéricho. Entendant dire que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : Fils de David, Jésus, disait-il, aie pitié de moi ! » (Marc 10, 46-47). Il insistait et sa prière se faisait pressante : Regarde, réponds-moi, Yahvé, mon Dieu ! Donne la lumière à mes yeux, de peur que je ne m'endorme dans la mort (Psaume 13 (12), 4). (lire la suite)
Beaucoup avaient beau lui enjoindre de se taire, il n'en criait que plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Alors Jésus s'arrêta (Marc 10, 48-49). Ce qui laisse entendre que jusque-là il avait poursuivi son chemin comme si de rien n'était, comme s'il n'avait pas entendu l'homme qui criait à tue-tête.
Jésus ne s'arrête pas. Bar-Timée non plus. Autonoé non plus. Ils crient, dit l'Évangile. Personne n'a rien pu faire pour eux. Tout ce qu'ils ont essayé est resté inutile. Alors ils crient autant qu'ils peuvent pour se faire entendre, car ils savent qu'une foule entoure le Maître et que leur voix risque donc de se perdre, d'être amortie...
Cette femme n'aurait jamais pu imaginer que Jésus viendrait jusque chez elle. Bien sûr, elle avait entendu parler de lui, ne serait-ce que par des compatriotes qui étaient allés le recontrer au bord du lac de Gennésareth (cf. Luc 6, 17). Elle savait donc parfaitement bien que Jésus faisait beaucoup de miracles et expulsait les démons. Or, sa fille était possédée du démon... Alors, dès qu'elle a appris l'arrivée du rabbi, elle va vers lui, disposée à ne pas lâcher prise tant que sa fille n'aura pas été délivrée. Aie pitié de moi, disait-elle, Seigneur, Fils de David. Ma fille est cruellement tourmentée par un démon (Matthieu 15, 22). Sois attentif à mes cris, mon Roi et mon Dieu ! Car à toi j'adresse ma prière, Yahvé (Psaume 5, 3-4).

(à suivre...)

dimanche 7 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (3)

La Cananéenne et Jésus (3)

- Oui, mais ce Jésus est différent.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- La même chose que toi. Et tu as entendu dire, comme moi, qu'il chasse les démons. La petite Jézabel est possédée d'un démon ignoble, d'un démon impur, d'accord. Mais lui, il a fait très fort. Chez les Gadaréniens, il s'est heurté aussi à un homme possédé d'un esprit impur à qui il a commandé de sortir de cet homme (Luc 8, 29). Et lui de résister en poussant des cris, et tombant à ses pieds il dit d'une voix forte : « Laisse-moi tranquille, Jésus, Fils du Très-Haut. Je t'en prie, ne me tourmente pas ! » (Luc 8, 28). J'avoue que depuis que j'ai écouté ce récit, je suis très impressionnée. Le diable, car c'est lui à n'en pas douter, (lire la suite) qui reconnaît que ce Jésus est le Fils du Très-Haut ! Il est mieux placé que toi et moi pour savoir à qui il a à faire. C'est une profession de foi étonnante. Je sais bien qu'il est menteur et père du mensonge (Jean 8, 44). Mais là je crois que nous pouvons lui faire confiance...
- Hum ! Moi, je me méfierai. Qui sait s'il ne veut pas nous emberlificoter dans les mailles de ses filets.
- Aurais-tu oublié la suite ? Et d'abord, ce qui est sidérant, c'est qu'il adressé une prière à ce Jésus.
- Tu vois bien que cela ne tient pas debout. Tu vois, toi, le diable en train de prier. C'est une contradiction in terminis, une impossibilité métaphysique.
- Dis donc, on voit que tu as fait des études ! Écoute, je n'étais pas sur place. C'est ce que l'on raconte. Les gens l'ont entendu prononcer ces mots. Il y avait foule autour de ce Jésus, qui ne se déplace jamais seul. Nous en sommes témoins. Alors Jésus lui demanda : « Quel est ton nom ? » « Légion », dit-il, car de nombreux démons étaient entrés en cet homme (Luc 8, 30). Et comment donc qu'ils étaient nombreux ! Des milliers. Ils ont supplié le rabbi de leur permettre d'entrer dans des porcs qui paissait dans la montagne, à quelques dizaine de mètres d'eux. Et il le leur permit. Alors, sortant de l'homme, les démons entrèrent dans les porcs, et le troupeau dévala par les pentes dans le lac, où il se noya (Luc 8, 32-33). Ils étaient deux mille environ, qui se noyèrent dans la mer (Marc 5, 13).
- Les esprits impurs avec les animaux impurs, ça va bien ensemble.
- Deux mille, tu te rends compte ? Et tu ne penses pas qu'il pourrait libérer Jézabel ?
- Pourquoi pas au fond. Qui ne tente rien, n'a rien.
- Eh ! bien, nous allons voir ce que nous allons voir.
Soyez forts et courageux, n'ayez ni crainte ni frayeur (...), car c'est Yahvé, ton Dieu, qui marche avec toi, il ne te négligera pas et ne t'abandonnera pas (Deutéronome 31, 6). Espère en Yahvé ! Aie courage et que ton cœur soit ferme ! Espère en Yahvé ! (Psaume 27 (26), 14), il est notre secours et notre bouclier (Psaume 33 (32), 20).

(à suivre...)

samedi 6 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (2)

La Cananéenne et Jésus (2)

Voici qu'une Cananéenne se manifeste. Dès qu'elle eut entendu parler de Jésus un femme, dont la fillette était possédée d'un démon impur, vint se jeter à ses pieds (Marc 7, 25). Curieusement, elle sait bien où le trouver. Elle n'a pas l'ombre d'une hésitation quant à le localiser. On lui a parlé du rabbi juif, à elle une païenne, et elle est aussitôt accourue, là où on lui avait dit qu'il était descendu.

Car les voisins l'avaient repéré sur le champ :

- Pensez donc, il y avait tout un groupe autour d'un personnage important. (lire la suite) C'est certainement ce rabbi dont on entend tellement parler des derniers temps, le dénommé Jésus de Nazareth.
Ils avaient divulgué la grande nouvelle sur le champ, frappant de porte en porte :
- Hiram, Hiram, ouvre vite.
- Je fais la sieste, qu'est-ce qui se passe ?
- C'est moi, Ramman.
- Oui, j'ai reconnu ta voix. J'arrive, j'arrive. Qu'est ce qui se passe ?
Hiram apparaît sur le seuil de son logis, quelque peu endormi. Ramman ne le salue même pas et entre dans le vif du sujet :
- Tu as appris la nouvelle, Hiram ?
- Non. Quelle nouvelle ?
- Eh ! bien, Jésus, Jésus de Nazareth.
- Quoi, Jésus ?
- Il est arrivé chez nous, au village.
- Tu dois te tromper. Nous ne sommes pas des Juifs, nous autres. Nous ne pouvons pas l'intéresser.
Ramman, un peu vexée, reprend :
- Je te dis que oui, j'en suis sûre. Il est descendu chez Azaryahou.
- Ah ! lui, il est Juif, en effet.
- Puique je te le dis, Hiram. D'ailleurs je suis convaincu qu'il ne vas pas tarder à se passer quelque chose, s'il est vraiment celui que l'on nous a décrit. Ce ne sont pas les miséreux qui manquent par ici. Tiens, Autonoé, par exemple, avec sa petite Jézabel possédée du démon. Si c'est pas malheureux, ça !
- Et tu crois qu'il pourrait expédier ce démon ad patres ? Ce n'est pas possible. Aucun médecin n'a pu faire quelque chose. Ils disent, et je les crois, que ce n'est pas de leur ressort. Ce sont des forces obscures qui nous échappent.

(à suivre...)

vendredi 5 juin 2009

La Cananéenne et Jésus (1)

La Cananéenne et Jésus (1)

Quittant cet endroit, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon (Matthieu 15, 21). Pourquoi ? Il se rend à l'écart du théâtre habituel de son apostolat. Il pousse même une pointe à l'étranger. Peut-être veut-il, comme d'autres fois, que ses disciples se reposent loin des foules qui les pressaient de toute part (cf. Marc 6, 31). Le fait est que, étant entré dans une maison, il voulut que personne ne le sût (Marc 7, 24). Son intention est limpide. Mais quelque peu irréaliste. Même s'il a pris grand soin de s'éloigner carrément de la Palestine, d'en franchir la frontière, nulle part son passage ne passe inaperçu. Le Cœur miséricordieux de Jésus l'a ému de compassion (Luc 7, 13), (lire la suite) à la vue de toutes les misères qu'il rencontrait en chemin, et il n'a pu se retenir de multiplier les miracles, de s'intéresser aux gens, de leur témoigner tendresse et affection, d'avoir pour eux des paroles de réconfort. Personne hélas ne s'occupe d'eux. Les malades sont souvent relégués au banc de la société, jugés impurs, et, en plus, leur simple contact fait contracter une impureté légale. Mais quand il s'agit des âmes, qui donc s'en soucie ? Elles se sont dispersées faute de pasteur ; elles sont devenues la pâture de tous les fauves de la campagne, et elles se sont dispersées (Ézéchiel 34, 5).
C'est comme cela que sa renommée l'a précédé. C'est d'ailleurs toujours le cas. Il a beau vouloir se cacher, rien n'y fait. Il aurait dû savoir que c'est peine perdue. Passer incognito est impossible pour quelqu'un comme lui. On est trop heureux de l'accueillir chez soi. Il pouvait se rappeler - l'événement est récent - ce qui s'était passé lorsqu'il avait appris la nouvelle de l'assassinat de Jean-Baptiste, sa « décollation ». À cette nouvelle, Jésus s'éloigna en barque vers un endroit solitaire, à l'écart. Mais les foules l'apprirent (Matthieu 14, 13). Et quand la barque, manœuvrée par les apôtres, fut proche du lieu élu, ils eurent la surprise de constater qu'une grande foule (Matthieu 14, 14) les attendait de pied ferme, formant une masse immobile, compacte, chargée d'une espérance ambitieuse. Il en eut compassion et il guérit tous les malades (Matthieu 14, 15). Ce genre de choses, ça se sait.
Aussi aujourd'hui, il ne put demeurer caché (Marc 7, 24).

(à suivre...)

jeudi 4 juin 2009

Le Saint-Esprit et nous (2)

Le Saint-Esprit et nous (2)

« Je vous ai appelés mes amis » (Jean 15, 15), dit le Seigneur Jésus. Cette qualité nous est conférée par l'Esprit Saint. Mais l'amitié divine dont nous nous honorons maintenant présente pour caractéristique particulière de ne pas être celle d'un ami dont nous devons attendre la visite et qui s'installe à côté de nous pour que nous passions un bon moment à deviser ensemble. C'est un Ami qui se trouve déjà en nous et dont la présence réjouit profondément notre cœur. Il est présent pour « informer » nos pensées, et donc nos actes, c'est-à-dire pour nous orienter dans la bonne direction, celle de l'accomplissement de la Volonté du Père, vers qui il nous conduit sans cesse, non seulement en nous faisant dire et répéter (lire la suite) « Abba ! Père » (Galates 4, 6), mais aussi en intercédant directement par des soupirs ineffables : « L'Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas ce que dans nos prières il nous faut demander ; mais l'Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables » (Romains 8, 26). L'Esprit en Personne prie pour nous. Quelle meilleure garantie pouvons-nous désirer d'être entendus dans nos prières, puisqu'il rectifie ce qui est dévié, reformule ce qui est inapproprié ? Il intervient pour que le Père nous octroie libéralement toutes les grâces dont nous avons besoin. Forts de cet appui divin, de cette amitié si désintéressée, nous pouvons nous attacher à suivre le Christ.
Et ce d'autant que l'Esprit Saint a pour mission particulière de nous aider également à suivre les pas du Christ. Il nous remet en tête tout ce que Jésus a fait et nous explique en quoi cela s'applique à notre vie, comment nous devons le mettre en pratique pour vivre le commandement du Seigneur : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive » (Luc 9, 23).
« Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5). Mais celui qui aime le Seigneur et met ses commandements en pratique, celui-là reçoit l'Esprit, conformément à l'enseignement du Christ, qui ajoute : « Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Intercesseur, qui soit à demeure avec vous pour toujours, l'Esprit de vérité » (Jean 14, 15-17). Pour suivre le Seigneur, nous avons besoin du Saint-Esprit. Pour accomplir la Volonté de Dieu et imiter ainsi le Christ, nous avons besoin du Saint-Esprit. « Viens, Esprit-Saint ! » L'Ami ne se fait pas prier. Il vient, lui qui est l'ami fidèle entre tous. Et sa présence se caractérise par la stabilité. Il vient pour rester. « Demeurez en cet amour que j'ai pour vous » (Jean 15, 9). Autant dire « demeurez dans mon Esprit ».

(fin)