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vendredi 16 novembre 2012

Les rencontres avec le Christ

Les rencontres avec le Christ

Notre vie ici sur terre est, en réalité, une succession continuelle de rencontres avec le Christ : avec le Christ présent dans la Sainte Écriture, comme parole de Dieu ; avec le Christ présent dans ses ministres, comme maître, prêtre et pasteur ; avec le Christ présent dans le prochain, spécialement dans les pauvres, les malades, les marginaux qui constituent ses membres souffrants ; avec le Christ présent dans les sacrements ; qui sont le canal de son action de salut ; avec le Christ hôte silencieux de notre cœur, où Il habite en nous communiquant la vie. Toute rencontre avec le Christ laisse des traces profondes. Que ce soit une rencontre pendant la nuit, comme celle de Nicodème ; une rencontre fortuite, comme celle de la Samaritaine ; une rencontre recherchée, comme celle de la pécheresse repentie ; une rencontre de supplication, comme celle de l’aveugle aux portes de Jéricho ; une rencontre par curiosité, comme celle de Zachée ; ou encore une rencontre d’intimité, comme celle des apôtres, appelés à Le suivre ; une rencontre fulgurante, comme celle de Paul sur le chemin de Damas. Mais, la rencontre la plus intime et transformante à laquelle sont ordonnées toutes les autres rencontres, c’est la rencontre de la « table du mystère eucharistique, c’est-à-dire la table du pain du Seigneur ». Ici c’est le Christ en personne qui accueille l’homme, malmené par le aspérités du chemin et qui le réconforte par la chaleur de sa compréhension et de son amour. C’est dans l’Eucharistie que se trouve la pleine réalisation de ces très douces paroles : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et écrasés et Je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Ce soulagement personnel et profond qui constitue la raison ultime de toute notre fatigue sur les routes du monde, nous pouvons le trouver – au moins comme une anticipation et comme un avant-goût – dans ce pain de Dieu que le Christ nous offre à la table eucharistique. Bienheureux Jean-Paul II, Homélie à Fortaleza, Brésil, 8 juillet 1980.

vendredi 6 avril 2012

Vivre la Passion


Vivre la Passion

Saint Grégoire de Nazianze écrivait :
« Si tu es Simon de Cyrène, prends la Croix et suis-le.
Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu’il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. […]
Si tu es Joseph d’Arimathie, réclame le Corps à celui qui l’a fait mettre en croix ; que ton souci soit le rachat du monde.
Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums. Si tu es l’une des saintes femmes, (lire la suite) l’une ou l’autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même » (Homélie pour la Pâque).
Pour sa part, saint Pierre d’Alcantara donnait le conseil suivant : « Aie toujours sous tes yeux l’image de ce Seigneur, telle qu’elle fut d’abord, et l’excellence de ses vertus. […] Et après l’avoir regardé, et avoir contemplé avec ravissement cette figure si parfaite, tourne ton regard pour le voir tel qu’il est ici […]. Regarde-le tout entier du dedans et du dehors […]. Et ne considère pas cela comme quelque chose du passé, mais bien comme quelque chose du présent ; non pas comme la souffrance de quelqu’un d’autre, mais bien comme la tienne » (Traité de la prière et de la méditation).
Leur font écho les conseils maintes fois prodigués par saint Josémaria Escriva, fondateur de l’Opus Dei, de revivre les scènes de la vie de Jésus-Christ en y prenant part et à la voir se dérouler comme dans un film :
« En ouvrant le saint Évangile, songe que ce qui est rapporté — les œuvres et les paroles du Christ —, tu ne dois pas seulement le savoir, mais le vivre. Tout, chacun des points relatés a été recueilli dans le moindre détail, pour que tu l’incarnes dans les circonstances concrètes de ton existence.
— Le Seigneur nous a appelés, nous autres catholiques, pour que nous le suivions de près et, dans ce Texte saint, tu découvriras la Vie de Jésus. Mais en outre tu dois y découvrir ta propre vie.
Toi aussi, tu apprendras à demander, plein d’Amour comme l’Apôtre : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ?… » — La volonté de Dieu ! c’est ce que tu entends de façon très nette au fond de ton âme.
Eh bien, prends l’Évangile tous les jours, et lis-le, vis-le comme une norme à suivre. — C’est ainsi qu’ont procédé les saints » (Forge).
Le pape Paul VI estimait, quant à lui, que « l’exemple de la Tradition et l’action intime de l’Esprit poussent les chrétiens de notre temps à se servir toujours davantage de la Bible comme du livre fondamental de la prière, et à en tirer une véritable inspiration et des modèles incomparables » (enc. Marialis cultus).

Extrait de l’avant-propos de D. Le Tourneau, Vivre la Passion avec ses acteurs, Parole et Silence.

lundi 13 février 2012

Le rayonnement du Christ (2)


Le rayonnement du Christ (2)

Oui, il existe des notables qui croient en Jésus-Christ, mais les Pharisiens l’ignorent. C’est le cas de Nicodème, qualifié précisément de « notable parmi les Juifs », venu « trouver Jésus de nuit » (Jean 3, 1-2). C’est également le cas de Joseph d’Arimathie, qui était disciple – il croit en Jésus au point d’être devenu un de ses disciples – mais en secret, par crainte des Juifs » (Jean 20, 38), c’est-à-dire des autorités juives qui, si elles l’avaient appris, l’auraient excommunié illico. Sans compter que, après la Pentecôte, « des prêtres, en masse, adhéraient à la foi » (Actes 6, 7). Nous pouvons penser que certains au moins s’étaient intérieurement rangés du côté du Christ, en secret également. (lire la suite)
« Ou parmi les Pharisiens » (Jean 7, 48) y en a-t-il qui croient en lui ? Là encore, ils méconnaissent la réalité : « Parmi les notables, beaucoup crurent en lui ; mais, à cause des Pharisiens, ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue » (Jean 12, 42), comportement qui, souligne saint Jean, montre qu’ils préféraient, du moins à ce moment-là, « la gloire humaine à la gloire de Dieu » (Jean 12, 43).
La réponse des gardes irrite d’autant plus les grands prêtres et les Pharisiens qu’elle leur rappelle la réaction fréquente des foules, qu’ils méprisent parce qu’ils jugent qu’elles n’ont pas « la science de la Loi, ce sont des maudits » (Jean 7, 49). Or, « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, et non comme les scribes » (Marc 1,22), ce qui n’est guère flatteur pour ces derniers. Mais c’est la triste vérité, ou la vérité joyeuse, si l’on regarde les faits du côté du Seigneur.
Un jour, alors que Jésus venait de conclure la parabole de la maison bâtie sur le roc, qui ne s’est pas écroulée, mais qui a tenu bon à l’emprise du torrent et du vent violent qui s’était déchaîné contre elle (Matthieu 7, 24-27), « les foules étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait » (Matthieu 7, 28). Elles n’avaient jamais rien entendu de pareil, d’aussi simple et d’aussi profond, d’aussi parlant également. Tout le monde pouvait comprendre et tirer un enseignement concret pour sa propre vie. Entendre le Seigneur donnait envie d’être plus fidèle à la Loi transmise par Moïse, d’aimer davantage le Tout-Puissant, d’améliorer l’un ou l’autre point de son comportement. Ils n’étaient pas envoûtés par une sorte de gourou avant la lettre aux pouvoirs magiques. Non ! Ils sentaient la force de l’Amour authentique. Ils voyaient quelqu’un qui s’intéressait sincèrement aux gens, qui venait les rejoindre dans ce qui constitue leur vie quotidienne, pour les élever vers le Père. À son contact, les individus éprouvaient l’envie d’être meilleurs. En même temps, le Seigneur sait se montrer exigeant. Ce qui n’est pas pour déplaire quand on en voit la raison surnaturelle. La foule reconnaît que notre Seigneur enseigne « en homme qui détient l’autorité, et non comme leurs scribes » (Matthieu 7, 29).

(à suivre…)


Oui, il existe des notables qui croient en Jésus-Christ, mais les Pharisiens l’ignorent. C’est le cas de Nicodème, qualifié précisément de « notable parmi les Juifs », venu « trouver Jésus de nuit » (Jean 3, 1-2). C’est également le cas de Joseph d’Arimathie, qui était disciple – il croit en Jésus au point d’être devenu un de ses disciples – mais en secret, par crainte des Juifs » (Jean 20, 38), c’est-à-dire des autorités juives qui, si elles l’avaient appris, l’auraient excommunié illico. Sans compter que, après la Pentecôte, « des prêtres, en masse, adhéraient à la foi » (Actes 6, 7). Nous pouvons penser que certains au moins s’étaient intérieurement rangés du côté du Christ, en secret également.
« Ou parmi les Pharisiens » (Jean 7, 48) y en a-t-il qui croient en lui ? Là encore, ils méconnaissent la réalité : « Parmi les notables, beaucoup crurent en lui ; mais, à cause des Pharisiens, ils ne se déclaraient pas, de peur d’être exclus de la synagogue » (Jean 12, 42), comportement qui, souligne saint Jean, montre qu’ils préféraient, du moins à ce moment-là, « la gloire humaine à la gloire de Dieu » (Jean 12, 43).
La réponse des gardes irrite d’autant plus les grands prêtres et les Pharisiens qu’elle leur rappelle la réaction fréquente des foules, qu’ils méprisent parce qu’ils jugent qu’elles n’ont pas « la science de la Loi, ce sont des maudits » (Jean 7, 49). Or, « les gens étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait, car il le faisait en homme qui détient l’autorité, et non comme les scribes » (Marc 1,22), ce qui n’est guère flatteur pour ces derniers. Mais c’est la triste vérité, ou la vérité joyeuse, si l’on regarde les faits du côté du Seigneur.
Un jour, alors que Jésus venait de conclure la parabole de la maison bâtie sur le roc, qui ne s’est pas écroulée, mais qui a tenu bon à l’emprise du torrent et du vent violent qui s’était déchaîné contre elle (Matthieu 7, 24-27), « les foules étaient dans l’admiration pour l’enseignement qu’il donnait » (Matthieu 7, 28). Elles n’avaient jamais rien entendu de pareil, d’aussi simple et d’aussi profond, d’aussi parlant également. Tout le monde pouvait comprendre et tirer un enseignement concret pour sa propre vie. Entendre le Seigneur donnait envie d’être plus fidèle à la Loi transmise par Moïse, d’aimer davantage le Tout-Puissant, d’améliorer l’un ou l’autre point de son comportement. Ils n’étaient pas envoûtés par une sorte de gourou avant la lettre aux pouvoirs magiques. Non ! Ils sentaient la force de l’Amour authentique. Ils voyaient quelqu’un qui s’intéressait sincèrement aux gens, qui venait les rejoindre dans ce qui constitue leur vie quotidienne, pour les élever vers le Père. À son contact, les individus éprouvaient l’envie d’être meilleurs. En même temps, le Seigneur sait se montrer exigeant. Ce qui n’est pas pour déplaire quand on en voit la raison surnaturelle. La foule reconnaît que notre Seigneur enseigne « en homme qui détient l’autorité, et non comme leurs scribes » (Matthieu 7, 29).

(à suivre…)

mercredi 23 novembre 2011

Le fardeau léger (4)


Le fardeau léger (4)

Renoncer à soi même représente un immense avantage. Non seulement parce que le Seigneur nous soulage et nous prend avec lui, ce qui est évidemment essentiel dans la perspective de l’éternité, mais aussi parce que cela nous simplifie singulièrement la vie. Le « moi » est la principale source de complication, d’inquiétude et de manque de paix. Outre qu’il suppose une perte de temps incroyable. Et tuer ainsi son temps stupidement risque aussi de revenir à tuer une éternité de bonheur incommensurable (cf. saint Josémaria, « Ce trésor qu’est le temps », Amis de Dieu, nos 38-54). (lire la suite)
Le Seigneur nous lance aussi l’invitation suivante : « Mettez-vous à mon école » (Matthieu 11, 29). C’est normal, car il est le Maître. C’est avec ce titre que bien des gens s’adressent à lui : « Rabbi, ce qui en traduisant se dit « Maître », où demeures-tu ? » (Jean 1, 38). « Rabbi, c’est de la part de Dieu, nous le savons, que tu es venu » (Jean 3, 2), lui dit Nicodème en guise d’entrée en matière. Et lui-même reprend ce titre à son compte : « Vous m’appelez le « Maître » et le « Seigneur », et vous dites juste : je le suis en effet » (Jean 13, 13). Il est donc logique que nous apprenions de lui, que nous adoptions l’attitude de Marie, la sœur de Lazare, « qui s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 39) et prononcer des « paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Se mettre à l’école de notre Seigneur, c’est chercher à avoir les sentiments que son Cœur héberge : « Ayez entre vous les sentiments qui étaient ceux du Christ Jésus » (Philippiens 2, 5). Et, pour le cas où nous aurions quelque doute, le Seigneur précise : « Je suis doux et humble de Cœur » (Matthieu 11, 29). Il est impressionnant d’entendre Dieu parler de son humilité, lui le Tout-Puissant ! « Bien qu’il fut de condition divine, il n’a pas tenu pour une proie son égalité avec Dieu ; au contraire, il s’est dépouillé en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes » (Philippiens 2, 6-7), et « lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir de sa pauvreté » (2 Corinthiens 8, 9). C’est admirable ! Mais à imiter. Nous sommes invités à nous mettre à l’école du Maître et non à le regarder de loin, comme un spectateur, un badaud qui, au fond, n’est pas concerné par ce qui se passe et se contente de satisfaire une curiosité superficielle, afin d’avoir quelque chose à raconter et de pouvoir jouer à l’intéressant…

(à suivre…)

mercredi 1 juin 2011

Jésus travaille toujours (5)

Jésus travaille toujours (5)

La réaction de Nicodème est positive, ce qui est bien rare et contraste fortement avec celle des auditeurs du Seigneur, notamment des pharisiens, qui, non satisfaits des prodiges auxquels ils assistent, non sans une colère retenue, car le Seigneur guérit le jour du sabbat ! réclament d’autres signes, comme s’ils allaient y croire alors !
« Des scribes et des pharisiens prirent la parole : « Maître, dirent-ils, nous voudrions voir un signe qui vienne de toi » (Matthieu 12, 28). « Qui vienne de toi ». Veulent-ils par là reconnaître que les signes accomplis par Jésus sont vraiment de Dieu et qu’ils en veulent qui ne soient que de lui ? (lire la suite) Mais le Christ cherche à leur faire comprendre qu’il est l’égal du Père, ce qu’ils prennent pour un blasphème (cf. Jean 10, 33). De toute façon, un autre jour, « les pharisiens et les sadducéens l’abordèrent pour le mettre à l’épreuve, lui demandant de leur faire voir un signe qui vint du ciel » (Matthieu 16, 1).
Cette fois-ci, ils réclament un signe céleste, divin. Comme si les autres étaient purement humains ! S’ils étaient réalisés par la vertu d’un homme, qu’ils s’y essaient donc ! Cette fois-ci les pharisiens sont alliés aux sadducéens, et non aux scribes. Autant dire qu’ils ne lâchent pas prise et qu’ils font feu de tout bois.
« Les Juifs alors lui dirent : « Quel miracle vas-tu nous montrer, pour agir de la sorte ? » (Jean 2, 18), après avoir renversé les tables des changeurs et chassé les marchands du Temple. Il peut leur répondre : « Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croirez donc pas ! » (Jean 4, 48). « Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe, et il ne lui sera pas donné d’autre signe que le signe de Jonas » (Luc 11, 29).
Les gens continuent de réclamer des manifestations spectaculaires de l’existence et de la puissance de Dieu. « Alors que les Juifs réclament des miracles et que les Grecs cherchent la sagesse, nous, nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 22-23). C’est là le signe de Jonas : le Christ mort et ressuscité, qui vit éternellement et continue d’agir au milieu de son peuple et tout au long de l’histoire, parce que cette histoire humaine est vécue pour lui à l’unique instant présent.
Or, le plus grand signe que Jésus nous donne, celui qui manifeste le mieux à quel point il est actif et présent dans notre existence quotidienne, est le Sacrifice de l’Eucharistie. La messe, disait saint Josémaria, qui parlait d’expérience, est un véritable travail divin, l’acte par excellence de la présence de Dieu, non seulement au milieu des hommes, mais plus radicalement encore dans l’âme de ceux qui le reçoivent bien disposés.

(fin)

mardi 9 novembre 2010

La Liturgie céleste (9)

La Liturgie céleste (9)

Écoutons comment Jésus explique à Nicodème (...) en quoi consiste ce jugement dont la Croix est également le signe.
« Et le jugement, le voici : la Lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées, mais celui qui agit dans la vérité vient à la lumière, pour qu'il apparaisse au grand jour que ses œuvres sont faites en Dieu » (Jean 3, 19-21). (lire la suite)
Oui, la Croix est le signe du jugement. Et le jugement a une double tâche : distinguer le bien du mal et émettre une sentence.
Selon les paroles du Christ à Nicodème, celui qui émet la sentence est toutefois l'homme lui-même. L'homme moyennant ses œuvres - bonnes ou mauvaises. C'est avant tout dans la conscience que la sentence est émise.
La Coix du Christ est le témoin de ce jugement et de cette sentence. Un témoin muet ? Non ! Un témoin éloquent ! En rend témoignage Celui que le Père « a envoyé dans le monde » « pour que le monde soit sauvé par lui » : Témoin et Sauveur. Et nous, à notre tour, nous sommes « créés dans le Christ en vue des bonnes œuvres ».
Si donc nous ne sommes pas sauvés, si nous nous condamnons par les œuvres du mal, c'est parce que « nous ne sommes pas venus à la lumière » : à cette lumière qu'est précisément la Croix du Christ » (Jean-Paul II, Homélie en la paroisse Saint-Sébastien). Mais nous, nous aimons la Croix et la vénérons : « Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons, parce que vous nous avez rachetés par votre sainte Croix. »
Et puis n'oublions pas la merveilleuse réalité que nous rappelons à la Sainte Vierge dans le Memorare : « Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages, ait été abandonné. Animé de cette confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens à vous, gémissant sous le poids de mes péchés. Je me prosterne à vos pieds, ô Mère du Verbe incarné, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Amen. » Et comme, de surcroît, nous avons demandé à Marie, des milliers, des dizaines de milliers de fois dans notre vie de prier « pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort », comment douter un seul instant qu'elle n'exerce à fond son rôle de Mère, d'Avocate, de Refuge à ce moment-là. Mais que se passe-t-il alors ?

(à suivre...)

vendredi 29 octobre 2010

Rendre amour pour amour (1)

Rendre amour pour amour (1)

Au cours de son entretien avec Nicodème, bref et intense, mais qui a bouleversé sa vie, Jésus révèle qu’il a été envoyé au monde par son Père, « non pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3, 17). C’est là une vérité profonde, essentielle, qui commande toute l’histoire de l’humanité et donne tout son sens à notre propre existence. Nous appartenons à ce monde pour lequel Jésus donne sa vie, qu’il veut rédimer.
Cette mission, Jésus la mène à son terme en donnant sa vie sur la Croix. Mais dans son immense Amour, il n’a pas voulu en rester là, car il ne sait que trop bien à quel point nous sommes enclins à oublier très rapidement les bienfaits dont il nous comble, y compris cette folie de la Croix. C’est pourquoi il a décidé de rester (lire la suite) dans le sacrement de l’Eucharistie, de rendre son sacrifice présent grâce à la sainte messe, que chaque prêtre célèbre en son nom et à sa place.
« Il nous est peut-être arrivé de nous demander comment répondre à tant d’amour de Dieu ; nous avons peut-être désiré voir clairement exposé un programme de vie chrétienne. La solution est facile et à la portée de tous les fidèles : participer amoureusement à la Sainte Messe, apprendre à rencontrer Dieu dans la Messe, parce que ce sacrifice contient tout ce que Dieu veut de nous » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n°88). En venant à la messe, nous ne participons pas à un spectacle plus ou moins attrayant et séduisant. Le concile Vatican II a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas tant d’être présent que de « participer activement » au mystère qui se déroule sous nos yeux, à l’action divine d’un amour poussé à l’extrême qui est rendue présente, réellement et non de façon figurée ou imagée.
Si l’amour se paye avec de l’amour, nous ne pouvons répondre à tant d’Amour nulle part mieux qu’en vivant la messe et en vivant de la messe, c’est-à-dire en y puisant toutes nos forces, en en faisant, comme le disait saint Josémaria, « le centre et la racine de notre vie intérieure ».

(à suivre…)