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mercredi 27 juillet 2011

La pêche miraculeuse (6)

La pêche miraculeuse (6)

Mais revenons un peu en arrière : « Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël de Cana de Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples se trouvaient ensemble. Simon-Pierre leur dit : je vais pêcher. Ils lui disent : nous venons nous aussi avec toi. Ils sortirent, montèrent en barque ; cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus parut sur le rivage » (Jean 21, 2-3). Il passe à côté de ses apôtres, à côté de ces âmes qui se sont données à lui : et ils ne s’en rendent pas compte. Combien de fois le Christ se trouve-t-il, non pas près de nous, mais en nous ; et nous menons une vie si terrestre ! Le Christ est tout proche et il ne reçoit de la part de ses enfants ni regard affectueux, ni parole d’amour, ni œuvre apostolique » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 265). Nous avons dit que c’est l’amour qui permet à Jean de discerner le Christ (lire la suite) dans ce personnage qui les attend sur le rivage. A contrario, ce qui nous empêche de reconnaître le Christ qui passe dans notre vie et qui vient à notre rencontre, qui nous interpelle, c’est notre manque d’amour, le manque d’amour que comporte tout péché. L’accumulation de nos fautes et le fait de ne pas nous en confesser régulièrement, fréquemment, font écran entre nous et Dieu. Notre amour de Dieu s’affaiblit, il perd de son intensité et nous courons le risque, bien réel, de nous aimer nous-mêmes en premier, au lieu de vivre le commandement de l’amour tel que le Seigneur nous l’a enseigné (cf. Luc 10, 25-28).
« Les disciples vinrent en barque, remorquant le filet et ses poissons : ils n’étaient guère qu’à deux cents coudées du rivage » (Jean 21, 8). « Ils déposent aussitôt la pêche aux pieds du Seigneur, parce qu’elle est à lui. Et ce, pour que nous apprenions que les âmes appartiennent à Dieu, que personne sur cette terre ne peut s’en attribuer la propriété, que l’apostolat de l’Église, son message et sa réalité de salut, ne repose pas sur le prestige de quelques personnes, mais sur la grâce divine.

(à suivre…)

lundi 30 mai 2011

Jésus travaille toujours (4)

Jésus travaille toujours (4)

« Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 6, 38). Cela nous surprend, habitués que nous sommes à suivre nos caprices et à refuser plus ou moins ouvertement toute espèce d’autorité. Par là, Jésus montre qu’il ne cherche aucun avantage à son profit, ni à plaire aux gens. D’ailleurs, il avertit clairement son auditoire : « Malheur à vous, quand tous les gens diront du bien, de vous. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères agissaient avec les faux prophètes » (Luc 6, 26). « Si je n’avais pas fait chez eux ces œuvres que nul n’a faites, ils seraient sans péché ; mais maintenant, non seulement ils les ont vues, mais ils me haïssent ainsi que mon Père » (Jean 15, 24). (lire la suite) « Je vous l’ai dit, et vous n’y croyez pas. Les ouvres que je fais au nom de mon Père, ce sont elles qui témoignent pour moi » (Jean 10, 25). « Si vous étiez des aveugles, vous seriez sans péché ; mais précisément parce que vous dites : Nous voyons ! votre péché dure » (Jean 9, 41). Ils présument d’être justes et dans le vrai alors qu’ils sont dans l’erreur. « Si nous recevons les témoignage des hommes ; le témoignage de Dieu lui est supérieur, car voici le témoignage de Dieu : Il a témoigné au sujet de son Fils » (1 Jean 5, 9), mais « les siens ne l’ont pas reçu » (Jean 1, 11).
A chacun de nous le Seigneur peut demander : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de mon propre chef ; mais c’est le Père, qui est en moi à demeure, qui lui-même accomplit ses œuvres » (Jean 14, 10). Autrement dit, les œuvres du Fils sont en même temps celles du Père. Elles sont de l’un comme de l’autre, parce que le Père et lui ne font qu’un (cf. Jean 17, 21).
« C’est ce que j’ai vu auprès de mon Père que je dis » (Jean 8, 38).car, « je ne puis rien faire de moi-même » (Jean 5, 30). Je n’ai pas de volonté distincte de celle du Père et du Saint-Esprit. Nous agissons ensemble, d’un commun accord, parce que nous formons un seul et même Dieu. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 14). « C’est ce que nous savons que nous disons, et ce que nous avons vu que nous attestons » (Jean 3, 11).
« C’est parce que je t’ai dit : Je t’ai vu sous le figuier, que tu crois ! Tu verras bien plus fort que cela » (Jean 1, 50), dit le Seigneur à Nathanaël. Et Nicodème de confesser : « C’est de la part de Dieu, nous le savons, que tu es venu en docteur. Personne, en effet, ne peut faire les miracles que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui » (Jean 3, 2).

(à suivre...)

jeudi 24 mars 2011

La correction fraternelle (1)


La correction fraternelle (1)

Le Seigneur envoie le prophète Nathan parler au roi David. Il s’agit, cette fois, de lui proposer une parabole pour l’amener à réfléchir sur son propre comportement. En effet, David a péché gravement contre Dieu et contre son prochain, en faisant tuer son officier Uri au plus fort du combat pour s’emparer de sa femme et l’épouser, commettant ainsi en plus l’adultère avec elle.
« Qui était plus averti que David ? Et cependant, il ne se rendit pas compte qu’il avait péché gravement » (saint Jean Chrysostome, In Matthaeum homiliae 60, 1). David n’était pas le premier venu, ni quelqu’un sans formation. Il était l’élu de Dieu pour régner sur son peuple. Il avait reçu l’onction des mains du prophète. (lire la suite) Dieu l’assistait dans toutes ses entreprises et l’avait aidé à pacifier la région en se soumettant tous les peuples avoisinants. C’est de sa descendance que devait naître le Messie…
En dépit de tout cela, il succombe à la faiblesse de la chair. Il se laisse gagner par la mauvaise concupiscence. Et, ce qui est plus grave, il ne s’en rend pas compte. De l’acte, évidemment oui. Il en profite ! Il s’en réjouit. Mais de son caractère délictueux, non. C’est pourquoi Dieu lui dépêche le prophète Nathan. Le récit imagé que celui-ci lui fait de quelqu’un qui, nageant dans l’abondance, spolie son voisin de son unique bien, suscite indignation et colère chez David, qui s’enflamme contre cet homme inique et veut le châtier lourdement.
C’est alors que tombe la sentence : « Tu es cet homme ! » Surprise de David qui était à cent lieues de s’attendre à une telle attaque. Il n’en revient pas et ne comprend pas. Le prophète lui ouvre les yeux. Il démonte le mécanisme qui a conduit David à tuer Uri et tout ce qui s’en est suivi. David finit par percevoir la réalité, et il s’écrie : « J’ai péché contre le Seigneur » (2 S 12, 1). Il était temps…
Le châtiment de la faute suivra, car il n’est pas de péché qui reste impuni (cf. Exode 34, 7). Mais ce n’est pas l’aspect que j’entends souligner ici. Ce qui peut retenir notre attention, c’est que nous risquons d’être nous aussi aveuglés par la passion et ne pas être conscients du mal que nous commettons. Nous avons besoin nous aussi que quelqu’un nous parle, de la part de Dieu, nous ouvre les yeux à la réalité de notre faute, petite ou grande. « Le désir avait envahi toutes ses pensées (de David) et son âme était léthargique, submergée dans la torpeur. Il lui fallut la lumière du prophète ; il lui fallut que celui-ci, par ses paroles, lui fasse remarquer ce qu’il avait fait. Le Seigneur veut donc que des gens s’approchent du pécheur et lui parlent de ce qu’il a fait » (saint Jean Chrysostome, Ibid.).

(à suivre…)

dimanche 14 février 2010

La sincérité (3)

La sincérité (3)

C'est à la même conclusion que nous parvenons sans peine quand nous nous mettons en présence du Seigneur, quand nous nous laissons attirer à lui. Il ne nous déçoit jamais. Il nous fait comprendre que nous sommes aimés de lui, et compris. Qu'il vaut la peine de lui faire confiance et de lui donner tout notre cœur, même si celui-ci parfois se rebelle, si l'attrait de ce que nous avons laissé pour suivre le Maître se fait sentir par moments.
« Jésus reprit et lui dit : « C'est parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, que tu crois ! Majus his videbis, tu verras de plus grandes choses » (Jean 1, 50). (lire la suite)
Le Seigneur promet d'autres bienfaits, « grâce après grâce », comme le dit saint Jean dans le prologue de son Évangile (1, 16). Et à et au monde entier il annonce : « En vérité, en vérité, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert et les Nathanaëlanges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme » (Jean 1, 51). Celui qui croit, celui qui met sa confiance en Dieu, celui qui s'attache à lui, le verra dans sa gloire, est promis au bonheur éternel. Car « quiconque aura laissé maisons, ou
frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, à cause de moi, en recevra bien des fois plus et aura en partage la vie éternelle » (Matthieu 10, 29).
Marie nous donne l'exemple de celle qui plus que tout autre s'est laissée gagner par le Seigneur, et a gagné l'Amour de Dieu par la simplicité de son Cœur immaculé. Elle s'est pleinement donnée à Dieu, se mettant d'accord avec Joseph pour garder sa virginité et faisant don à Dieu de sa maternité. Elle abandonnait ainsi la possibilité de devenir la Mère du Messie, ce qui était l'espoir de toute femme en Israël. Et voilà que Dieu, en reconnaisance pour cette générosité, lui rend sa maternité en lui demandant de devenir la Mère de son Fils, mais préserve sa Virginité en lui annonçant qu'elle concevra du Saint-Esprit.
Vraiment, comme saint Josémaria aimait à le souligner, Dieu ne se laisse pas gagner en générosité !

(fin)

samedi 13 février 2010

La sincérité (2)

La sincérité (2)

On comprend que Jésus ait donné la sincérité de Nathanaël en exemple. Car la sincérité est amie de Dieu, alors que le mensonge est l'allié du diable, qui est « menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44).
Sans sincérité, tout progrès dans la vie intérieure est impossible. Il en coûte sans doute parfois. Mais c'est pourtant fondamental. Jésus ne loue pas les connaissances de Nathanaël ou d'autres de ses qualités. Il met l'accent sur la sincérité, sur le fait que c'est un homme qui n'est pas fourbe, en qui il n'y a pas de duplicité. Son « oui est oui » et son « non est non », « tout le reste vient du malin » (Matthieu 5, 37).
« Celui qui cache une tentation à son directeur partage un secret avec le diable. - Il est devenu l'ami de l'ennemi » (lire la suite) (saint Josémaria, Sillon, n° 323). Saint Josémaria conseillait aussi de commencer par dire ce que nous ne voudrions pas que l'on sache, c'est-à-dire de commencer par le plus dur, car tout le reste suit aisément. Adaptant l'exemple qu'il donnait, nous pourrions dire : Si quelqu'un doit aller d'un endroit à un autre éloigné en portant une grosse pierre sur le dos et des caillloux dans les poches, la première chose qu'il fait en arrivant, c'est de se délester de la pierre et non de vider ses poches.
C'est de cette façon que nous devons nous comporter dans la vie spirituelle. Et dans la vie tout court. Car il faut savoir dire avec simplicité et délicatesse ce que nous ressentons, comment nous voyons et percevons les événements et les personnes.
« De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » L'on nous dira ce qu'il faut faire. « Viens voir. » Va voir Jésus dans le tabernacle, va lui parler, lui ouvrir ton cœur. Il te connaît bien, très bien, bien mieux que tu ne te connais toi-même.
« Comment me connais-tu ? » demande Nathanaël (Jean 1, 48), qui n'a encore jamais rencontré Jésus ni entendu parler de lui. Ce qui est normal, puisqu'il vient à peine d'entamer sa vie publique et n'a pour l'instant pas accompli de miracle.
« Jésus répartit et lui dit : « Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu » (Jean 1, 48). Que faisait-il sous le figuier, ça, l'évangéliste ne nous le dit pas. Il se reposait peut-être du travail et cherchait un peu d'ombre bienfaisante. Mais Jésus l'avait vu de loin. Il l'avait vu et il le connaît. C'est cela qui étonne le plus Nathanaël. Mais, comme c'est un homme droit, qui peut se reconnaître dans le bref portrait que Jésus a brossé de lui, il n'hésite plus une seconde. Il comprend que Philippe a raison. Et il déclare, émerveillé et plein de reconnaissance : « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu, c'est toi le Roi d'Israël » (Jean 1, 49). Il n'hésite pas à recourir à des titres clairement messianiques.

(à suivre...)

vendredi 12 février 2010

La sincérité (1)

La sincérité (1)

En la fête de l'apôtre saint Barthélemy, l'Évangile nous remet en mémoire le récit de sa vocation. Il la doit à son ami Philippe, lui-même originaire de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. C'est Jésus qui a appelé Philippe. Et maintenant, certain d'avoir rencontré le Messie, il s'empresse de communiquer cette nouvelle fabuleuse, tant attendue, à son ami Nathanaël, ou Barthélemy, qui lui, est originaire de Cana en Galilée (cf. Jean 21, 2).
Jésus est en route vers la Galilée avec ses premiers disciples. Il se rend précisément à Cana. Le lendemain va avoir lieu le miracle de l'eau changée en vin, lors du banquet auquel Jésus a été convié.
« Celui dont Moïse parle dans la Loi, ainsi que les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth » (Jean 1, 45). Or, Nathanaël n'est pas le premier venu. (lire la suite) C'est un « vrai Israélite », quelqu'un qui est versé dans les Écritures, qui connaît bien la Loi et les Prophètes. Il sait qu'ils annoncent que le Messie naîtra, non pas à Nazareth en Galilée, mais à Bethléem en Judée (Michée 5, 1). C'est pourquoi il répond à Philippe par une interrogation dubitative : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jean 1, 46).
Non seulement le Messie n'est pas annoncé comme venant de Nazareth, mais en plus la modeste bourgade de Nazareth ne semble pas jouir d'une très bonne réputation. Il n'y a rien de bon à attendre d'une telle ville. Alors, le Messie moins encore.
Il a dit les choses comme il les voit. Il a livré le fond de sa pensée. Il agit avec droiture et simplicité. Nous voyons qu'il est bien disposé au fait qu'il écoute son ami : « Viens voir » (Jean 1, 46). Il accompagne Philippe. Celui-ci n'a pas besoin de faire les présentations, car, en les voyant arriver, Jésus dit à ceux qui l'entourent, suffisamment fort pour que Nathanaël l'entende : « Voici vraiment un Israélite en qui tout est droit » (Jean 1, 47). Quel bel éloge. Jésus donne en exemple la sincérité et la simplicité de Nathanaël.

(à suivre...)