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mardi 3 février 2015

La louange de Dieu (1)

La louange de Dieu (1)

« Alléluia ! » (Psaume 150, 1). Alléluia ! Les psaumes de louange de Dieu commencent presque tous par cette acclamation joyeuse. Alléluia ! qui retentit continuellement dans les cieux, où elle fait partie du fond commun de la glorification de notre Dieu Tout-Puissant. C’est le cri de joie qui jaillit dans le matin de Pâques dans les cœurs jusque-là oppressés par la mort et les souffrances du Messie Seigneur. C’est l’heure de la décompression qui se traduit par ce cri, bref et dense d’alléluia. Il rejoint les acclamations du peuple lors de l’entrée messianique de Jésus à Jérusalem. Alléluia ! Et tout de suite après, après que ce mot a claqué dans le vent, commence l’invitation à louer Dieu : « Louez le Seigneur dans son sanctuaire ! » (Psaume 150, 1), « vous qui êtes de service dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu. Louez le Seigneur, car il est bon, le Seigneur ; chantez son nom sur la harpe, car il est suave » (Psaume 135, 2-3). (lire la suite) Il est la bonté même, dit-on de certaines gens. C’est le cas de Dieu. Il est la Bonté en personne. « Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa bienveillance est éternelle » (Psaume 106, 1). Le psalmiste ne cesse de rappeler cette vérité consolante, qui est comme une doigtée de miel fondant dans notre bouche chaque fois que nous la répétons « Louez le Seigneur, car il est bon, car sa miséricorde dure à jamais » (1 Chronique 16, 34). Imprégnons-nous de cette grande réalité. Dieu seul est saint. Dieu seul est bon. Ce qui revient au même. Car le saint est quelqu’un de foncièrement bon, qui aime le bien et fait le bien, à tout le monde, sans discrimination aucune. « Ah ! Seigneur, je suis ton serviteur, oui, ton serviteur, fils de ta servante : tu as détaché mes liens. Je t’offrirai un sacrifice en action de grâces, et j’invoquerai le nom du Seigneur en présence de tout le peuple, dans les parvis de la maison du Seigneur, dans ton enceinte, Jérusalem » (Psaume 116, 16-19). Dans ton sanctuaire, dans cet édifice qui est destiné au culte par sa consécration, qui en a fait un lieu saint, à toi réservé, au culte que nous te devons. Certes, ce culte n’est pas uniquement de louange et d’action de grâce, il est aussi d’expiation, d’adoration et d’impétration. Mais est-ce que, en définitive, tout ne revient pas à cette louange, sous une forme ou sous une autre, tout ne résume pas en la reconnaissance de ta majesté, qui mérite l’adoration, et que nous réparions les offenses qu’elle subit ? Cette toute-puissance qui est à même d’exaucer toutes nos supplications, ce qui entraîne une recrudescence de notre louange, de notre action de grâce. « Maintenant le Fils de l’homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui. Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et c’est bientôt qu’il va le glorifier » (Jean 13, 31-32). « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’avais donné à faire » (Jean 17, 4). « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin » (Jean 4, 34). A aucun moment Jésus n’a autant rendu gloire au Père qu’au Calvaire, que lorsqu’il a été hissé sur la Croix, unissant le ciel et la terre, et faisant descendre la grâce d’en haut sur les hommes en manifestant sa puissance divine. Pour nous, c’est la messe, actualisation du Sacrifice de la Croix, qui permet de rendre la louange la meilleure et la plus complète à Dieu. La messe qui est la racine de la vie spirituelle du chrétien, l’aboutissement de toute la liturgie de l’Église, source et sommet de la vie d’union véritable à Dieu. « Quelle est la grande nation qui ait des dieux aussi près d’elle que le Seigneur, notre Dieu, toutes les fois que nous nous tournons vers lui ? Et quelle est la grande nation qui ait des lois et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je vous expose aujourd’hui ? » (Deutéronome 4, 7-8). Et quelle est la nation qui a un Dieu présent au milieu d’elle comme l’est notre Dieu dans l’Eucharistie, dans le sacrement de sa présence réelle précisément ? Et quelle est la nation dont le Dieu se donne en nourriture pour fortifier les âmes, qui est gage de vie éternelle ? « Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts ? Tel est le pain qui descend du ciel que celui qui en mange ne mourra pas. C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde » (Jean 6, 49-51). (à suivre…)

samedi 10 août 2013

L’entrée triomphale à Jérusalem (3)

L’entrée triomphale à Jérusalem (3)

C’est le trône que Jésus a choisi pour entrer à Jérusalem – cet âne bien quelconque – et pour se rendre présent dans le monde, la pauvre étable de notre âme dont la propreté laisse tant à désirer… Il veut régner à partir de là. Sans façon. Sans éclat. Mais bien réellement. « Rappelez-vous les traits caractéristiques de l’âne, non de ceux du vieil âne, têtu et rancunier qui se venge d’une ruade traîtresse, mais de ceux de l’âne jeune, aux oreilles dressées comme des antennes, austère dans sa nourriture, obstiné dans le travail, au trot allègre et décidé. Certes, il existe des centaines d’animaux plus beaux, plus habiles et plus cruels, mais c’est lui qu’a choisi le Christ pour se présenter en roi au peuple qui l’acclamait. Car Jésus n’a que faire de l’astuce calculatrice, de la cruauté des cœurs froids, de la beauté qui brille mais qui n’est qu’apparence. Notre Seigneur aime la joie d’un cœur jeune, la démarche simple, la voix bien posée, le regard limpide, l’oreille attentive à sa parole affectueuse. C’est ainsi qu’Il règne dans l’âme » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 281). (suite : la vie à Béthanie)

vendredi 9 août 2013

L’entrée triomphale à Jérusalem (2)

L’entrée triomphale à Jérusalem (2)

Jésus se contente de peu. Et nous ? Peut-être veut-il nous inviter à méditer sur les qualités de l’âne : un animal austère, travailleur, laborieux, patient, humble pourrions-nous dire. Un animal qui, faisait remarquer saint Josémaria, sait persévérer jour après jour en tournant autour de la noria pour faire monter l’eau qui inonde la terre et permet au jardin maraîcher de produire ses fruits et ses plantes, qui serviront de nourriture aux habitants de la contrée. Ne serait-il pas l’image de ce que nous devrions être ? Constamment occupés à travailler à notre place, bien souvent modeste, répétant (lire la suite) humblement chaque jour les mêmes gestes, et, par l’offrande de nos activités, répandant autour de nous l’eau de la grâce qui apporte aux autres des bienfaits surnaturels, la vie divine, qui n’a pas d’équivalent parmi les biens de la terre. « Ceux qu’il envoyait partirent, et ils trouvèrent tout comme il le leur avait dit. Comme ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : Pourquoi détachez-vous cet ânon ? Ils dirent : C’est le Seigneur qui en a besoin. Ils l’amenèrent à Jésus » (Luc 19, 32-35). Sur le moment, ils n’y pensent pas, mais ils se rappelleront plus tard que « cela arriva pour que s’accomplît la parole du prophète, quand il dit : Dites à la fille de Sion : voici que ton roi vient à toi, modeste et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d’une bête de somme » (Matthieu 21, 4-5). En plus d’accomplir cette prophétie de Zacharie (9, 9), le fait que Jésus jette son dévolu sur un humble monture nous rassure quant à notre participation aux plans de salut, quant à la coopération que nous pouvons apporter au Seigneur. « Si la condition, pour que Jésus règne en ton âme et en la mienne, était qu’Il trouve en nous une demeure digne, nous aurions de quoi nous désespérer. Mais sois sans crainte, fille de Sion: voici venir ton roi, monté sur le petit d’une ânesse (Jean 12, 15). Voyez de quel pauvre animal Jésus se contente pour trône. je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais personnellement cela ne m’humilie pas de me reconnaître âne aux yeux du Seigneur: j’étais une brute devant toi. Et moi, qui restais devant toi, tu m’as saisi par ma main droite (Psaume 72, 23-24), tu me conduis par le licol » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 281). (à suivre…)

jeudi 8 août 2013

L’entrée triomphale à Jérusalem (1)

L’entrée triomphale à Jérusalem (1)

Jésus arrive de Jéricho, où il a guéri l’aveugle Bar-Timée qui criait à tue-tête : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi » (Luc 18, 38), et où il a obtenu la conversion foudroyante du publicain Zachée qui est totalement transformé, décidé même « à donner la moitié de mes biens aux pauvres, Seigneur, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je lui rendrai le quadruple » (Luc 19, 8). Notre Seigneur se rend à la Cité Sainte pour sa dernière Pâque parmi nous. « Il prit résolument la direction de Jérusalem » (Luc 9, 51) marchant « en tête » (Luc 19, 28). Il est pressé d’en finir, car, comme il le déclare : « J’ai un baptême à recevoir, et comme je suis dans l’angoisse jusqu’à ce qu’il soit accompli » (Luc 12, 50). « Quand il approcha de Betphagé et de Béthanie, vers le mont dit des Oliviers, il envoya deux de ses disciples » (Luc 19, 29) en avant. C’est donc dans les environs de Béthanie, des parages bien connus et si souvent parcourus, que va se former le cortège improvisé, mais combien étonnant et bigarré, au milieu duquel Jésus va faire son entrée triomphale dans la Ville Sainte, monté sur un âne paisible, et comme indifférent à tout ce qui se passe autour de lui. (lire la suite) Le Cœur Sacré de Jésus déborde du désir ardent de nous racheter, de sauver toute l’humanité, et de devenir l’Agneau pascal du festin des noces salvatrices, qui porte un coup fatal et définitif à l’ennemi héréditaire et triomphe à jamais du péché, de tout péché. Le royaume de Dieu est sur le point de déployer toute sa puissance. Le Sauveur veut comme nous laisser un témoignage éclatant de son libre abandon à la Volonté du Père. C’est pourquoi, arrivé à la hauteur de Béthanie, il dépêche deux de ses disciples avec pour mission : « Allez-vous-en, dit-il, au village d’en face. En y entrant, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel personne au monde n’est jamais monté ? détachez-le et amenez-le » (Luc 19, 30). Un âne n’a rien d’une monture exceptionnelle. N’eût-il pas été plus spectaculaire d’entrer monté sur un chameau ou un dromadaire ? Mais le Maître est pauvre, terriblement pauvre. Il a toujours vécu dans le dénuement. Et si « les renards ont des tanières et les oiseaux des nids », le Fils de l’homme « n’a pas où reposer sa tête » (Matthieu 8, 20). Et son corps reposera dans un tombeau d’emprunt (cf. Matthieu 27, 60). Alors il se contentera d’un ânon, emprunté lui aussi, le temps de la fête. « Que si l’on vous demande : Pourquoi le détachez-vous ? vous direz : C’est le Seigneur qui en a besoin » (Luc 19, 31), et il le « renverra sans retard » (Matthieu 21, 3). (à suivre…)

dimanche 29 mai 2011

Jésus travaille toujours (3)

Jésus travaille toujours(3)

« Tandis qu’il était à Jérusalem pendant la Pâque, durant la fête, beaucoup crurent en lui, en voyant les miracles qu’il accomplissait » (Jean 2, 23). Mais pas seulement à ce moment-là. Ces miracles ne suffisaient pas à ouvrir pleinement les yeux de ses contemporains, qui se demandaient : « Quand le Messie viendra, fera-t-il plus de miracles que n’en a fait celui-ci ? » (Jean 7, 31). Le prophète avait annoncé : « Malheur à ceux qui se croient sages, et se prennent pour intelligents » (Isaïe 5, 21),ce qui est le propre des esprits forts, manifestement si nombreux à l’époque du Christ. et de nos jours encore, parmi nos rationalistes fieffés.
Jésus, tout en gardant patience, en appelle au témoignage de tout ce qu’il fait : (lire la suite) « Quand même vous ne me croiriez pas, du moins croyez en ces œuvres, et vous saurez de science sûre que le Père est en moi et que je suis dans le Père » (Jean 10, 38). De science sûre. Encore faut-il ne pas avoir la « nuque raide » (Exode 32, 9), ni un « cœur de pierre » (Ezéchiel 36, 26) pour croire. « Mon enseignement n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il saura, pour ce qui est de cet enseignement, s’il vient de Dieu, ou si je parle de mon propre chef » (Jean 7, 16-17). Tout le problème est là : que les gens veuillent effectivement faire la Volonté de Dieu et ne cherchent pas leur « gloire personnelle » (Jean 7, 18).
Peut-être était-il trop tôt pour que les interlocuteurs de Jésus le comprennent ? Lui-même annonce : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, vous reconnaîtrez alors que c’est Moi, et que je ne fais rien de mon propre chef, mais que ce que je dis est cela même que le Père m’a enseigné » (Jean 8, 28).
Jésus enseigne inlassablement et accompagne sa prédication de signes sensibles, de faits prodigieux, qui constituent ce que nous appelons des « motifs de crédibilité ». ils sont corroborés ; avalisés par le témoignage même de Dieu le Père. « Moi, le témoignage que j’ai est plus grand que celui de Jean : les œuvres que le Père m’a donné à accomplir, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que c’est le Père qui m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé m’a rendu lui-même témoignage » (Jean 5, 36-37).
Il l’a fait au jour du baptême de Jésus par son cousin Jean-Baptiste : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » (Matthieu 3, 17). Il l’a renouvelé lors de la transfiguration de Jésus dans la gloire qu’il tient du Père, sur le mont Thabor : « Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! » (Luc 9, 35). Il est « mon élu, que j’agrée ; j’ai mis tout ma joie en lui » (Isaïe 42, 1). « Moi-même, aujourd’hui je t’ai engendré » (Psaume 2, 7), dans l’aujourd’hui éternel qui est l’aujourd’hui permanent de Dieu.

(à suivre…)

samedi 3 avril 2010

Marie au début de la Passion (2)


Marie au début de la Passion (2)

À un moment donné du chemin de Croix, les regards de Jésus et de Marie se croisent : « Avec un amour immense, Marie regarde Jésus et Jésus regarde sa Mère ; leurs regards se croisent, et chaque cœur déverse sa propre douleur dans le cœur de l’autre. L’âme de Marie est plongée dans l’amertume, dans l’amertume de Jésus-Christ. (...) Dans l’obscure solitude de la Passion, Notre Dame offre à son Fils un baume de tendresse, d’union, de fidélité ; un oui à la volonté divine » (saint Josémaria, Chemin de Croix, quatrième station). Que pouvait-elle faire de plus ? Quelle autre consolation pouvait-elle apporter à Jésus que sa présence ?
(lire la suite)
« La clameur de la foule ne la fait pas reculer, et elle ne cesse d’accompagner le Rédempteur tandis que tous ceux du cortège, dans l’anonymat, montrent une lâche hardiesse pour maltraiter le Christ » (saint Josémaria, Sillon, n° 51). Elle s'affiche ouvertement comme étant la Mère de ce Galiléen que l'on conduit au gibet. Elle n'hésite pas à affronter le danger. Elle n'écoute que son Cœur, ce Cœur que des glaives de douleur sont en train de transpercer et de lacérer.
« Invoque-la avec force : “ Virgo fidelis ! ” — Vierge fidèle ! et supplie-la pour que nous, qui nous disons amis de Dieu, nous le soyons en vérité et à toute heure » (Ibid.). Oui, nous avons besoin de l'invoquer pour avoir la même force d'âme et confesser notre foi, notre condition de chrétien, dans un mode qui continue de vociférer contre Dieu et de vomir sa haine, avec une incroyable unanimité et une vigueur sans cesse accrue. Il ne faut pas nous laisser impressionner par ces cris, qui sont plus des cris de bêtes que d'hommes. Ne nous laissons pas abattre. Car il faut bien aller jusqu'à la Croix. Mais là, c'est la victoire inattendue, et pourtant espérée. « À présent il est clair, si clair pour moi que la “ sainte effronterie ” s’enracine très profondément dans l’Évangile ! Accomplis la volonté de Dieu…. et souviens-toi de Jésus diffamé, de Jésus couvert de crachats et souffleté, de Jésus traîné devant les tribunaux des pauvres hommes…, et de Jésus qui se tait ! — Une résolution : baisser la tête devant les outrages et, tout en comptant aussi avec les humiliations qui sans doute viendront, poursuivre la tâche divine que l’Amour Miséricordieux de Notre Seigneur a voulu nous confier » (Ibid., n° 35).
Poursuivons notre mission, chacun à notre place dans le monde, certains que Dieu ne perd pas de bataille et que, par conséquent, si nous restons sous sa bannière, nous serons aussi vainqueurs avec lui. Et nous pourrons dès à présent nous exclamer : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Marc 11, 9).

(fin)

vendredi 2 avril 2010

Marie au début de la Passion (1)

Marie au début de la Passion (1)

Des clameurs enthousiastes ont retenti quand Jésus est apparu au sommet du mont des Oliviers, en vue de la Cité Sainte. Les foules qui s’étaient portées en masse au devant de lui s’embrasent d’un seul coup. En un rien de temps, l’exaltation est à son comble. Le peuple se met à crier des acclamations messianiques : « Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! » (Luc 19, 38), « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux » (Matthieu 21, 9), « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur et le roi d’Israël ! « (Jean 12, 13), « Béni soit le règne de notre Père David qui vient ! Hosanna au plus haut des cieux » (Marc 11, 10).
(lire la suite)
C’est un tintamarre indescriptible. Tout le monde s’époumone. Beaucoup auront perdu la voix le soir. Les apôtres, qui ont bien essayé de se retenir au début, ont vite fait de se laisser gagner par la fièvre ambiante. Ils n’en crient que de plus belle : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Marc 11, 9).
La ville est en ébullition. Habitants et pèlerins mêlés voient venir le jour de la restauration d’Israël dans son antique splendeur et de sa pleine indépendance (Luc 24, 21).
Cinq jours plus tard, changement de décor. Nous sommes dans Jérusalem cette fois. Une foule est rassemblée de nouveau. Elle est composée probablement des mêmes personnes, à peu de chose près, que la fois précédente. Mais il n’est plus question d’acclamer le Messie. La fièvre est retombée. Un autre engouement l’a balayée. Des cris retentissent, qui ne sont pas des manifestations de joie mais de haine. Quel renversement ! A la louange succède l’invective. Les apôtres ont vite déclaré forfait. Nul ne les voit. Ils se sont évanouis dans la nature. « Alors que s’est produite la débandade apostolique et que le peuple enragé crie à tue-tête sa haine de Jésus-Christ, Sainte Marie suit de près son Fils à travers les rues de Jérusalem » (saint Josémaria, Sillon, n° 51).
Mais n’est pas mentionnée lors de l’entrée triomphale de son Fils à Jérusalem. Elle était certainement présente, puisqu’elle accompagnait Jésus partout et, avec les saintes femmes, pourvoyait aux besoins du Maître et de ses disciples. Mais elle est restée à l’arrière-plan, fidèle à sa norme de conduite. Et elle priait. Elle priait comme toujours. Elle priait sachant à quoi s'en tenir de cette ferveuer populaire. Elle priait, car ell savait que pour son Fils « l'heure était venu de passer de ce monde au Père » (Jean 13, 1), que c'était l'heure du prince des ténèbres et que le Fils de l'homme s'en allait conformément à ce qui était écrit.
Alors elle fait ce qu'elle peut pour atténuer les souffrances de son Fils. C'est bien peu de chose. Mais elle y met toute son affection. Tout ce qui est en son pouvoir, elle le fait. C'est ainsi qu'elle suit son Fils sur la Via Dolorosa.

(à suivre...)