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lundi 27 avril 2015

Le Psaume 2 (3)

Le Psaume 2 (3)

Nous ne pouvons pas oublier que le mal est présent parmi nous depuis les origines de l’humanité. « C’est un ennemi qui a fait cela », dit le Seigneur (Matthieu 13, 28). Parce qu’il est très actif dans la société cet ennemi de Dieu, ayant cependant échoué à anéantir l’Enfant mis au monde par la Femme, « il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui » (Apocalypse 12, 9), et, « plein de fureur comme la Femme, s’en alla faire la guerre contre les autres de ses descendants, contre ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui détiennent le témoignage de Jésus » (Apocalypse 12, 17), dont le front est marqué du sceau de Dieu (cf. Apocalypse 7, 3). Il a ses anges avec lui, et ses anges (lire la suite) – les puissances démoniaques – sont légion (cf. Marc 5, 9). Dans notre univers, ils occupent les places bien en vue, ils détiennent le pouvoir et les richesses, car le démon déclare que toute domination dans les royaumes de la terre lui a été remise et, ajoute-t-il, « je puis la donner à qui je veux » (Luc 4, 6). Ils sont adulés par les hommes. Ceci explique que « les rois de la terre se soulèvent et [que] les princes tiennent conseil ensemble contre le Seigneur et contre son Oint » (Psaume 2, 2), dont ils pensent n’avoir rien à attendre. Or, si « Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette cité avec les princes et les gens d’Israël contre ton Saint serviteur Jésus que tu avais oint : ils accomplissaient ce que tu avais souverainement et volontairement décidé par avance » (Actes 4, 27-28). Il en va de même avec les nouveaux Hérode et les nouveaux Ponce Pilate de notre temps, comme de toutes les époques. Ils ne peuvent faire que ce que Dieu les autorise à faire et, de toute façon, à leurs dépens, ils contribuent inconsciemment à l’accomplissement des plans de Dieu. C’est ce que saint Augustin exprime en termes généraux, quand il dit que « si les impies agissent souvent à l'encontre de la volonté divine, qu'ils n'en concluent pas que Dieu n'est point tout-puissant. S'ils font ce qu'il ne veut pas, lui fait d'eux ce qu'il veut, et jamais ils ne changent ni ne maîtrisent la volonté du Tout-Puissant [car, souvenons-nous-en, « il n’est pas d’autorité qui ne vienne de Dieu », Romains 13, 1, donc y compris celle des tyrans, des despotes en tous genres] ; toujours cette volonté s'accomplit, soit dans la juste condamnation, soit dans la délivrance miséricordieuse de l'homme. Ainsi rien n'est impossible au Tout-Puissant, que ce qu'il ne veut pas. Il fait servir les méchants, non pas aux desseins de leur volonté dépravée, mais aux vues de sa volonté toujours droite. De même que les méchants font un usage mauvais de leur nature bonne, c'est-à-dire de ce que Dieu a fait bon [cf. Genèse 1, 31], ainsi la Bonté divine fait un bon usage de leurs œuvres perverses, et sous aucun rapport la volonté du Tout-Puissant n'a le dessous. S'il n'avait dans sa bonté même le moyen de faire servir les méchants à la justice et au bien, il ne les laisserait assurément ni naître ni vivre. […] (à suivre…)

mercredi 4 septembre 2013

Mission impossible (5)

Mission impossible (5)

Dieu qui « est riche en miséricorde » (Éphésiens 2, 4). « Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Écouteront-ils le prophète les presser de rendre hommage à Dieu en tremblant, « de peur qu’il ne s’irrite contre vous et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 12). Or donc, « qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 3), car « le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). C’est un langage que les mondains ne comprennent pas,car ils vivent dans la peur permanente d’être déboulonnés par quelqu’un de plus fort qu’eux, par un concurrent, comme Hérode tremble à la simple annonce qu’un nouveau-né puisse lui disputer un jour le trône… (lire la suite) La fidélité de Moïse et les humiliations subies de la part du pharaon finissent par être récompensées, comme Dieu le lui a annoncé : « Tu verras bientôt ce que je ferai à Pharaon [moi, et non toi, qui n’es que mon haut-parleur] : forcé par une main puissante, il les laissera aller [les fils d’Israël] ; forcé par une main puissante, il les chassera de son pays » (Exode 6, 1). Et s’il se repens par la suite : « Qu’avons-nous fait de laisser aller Israël qui ne nous servir a plus ? » (Exode 14, 5), c’est trop tard. Il a beau prendre la tête de ses chars et de ses cavaliers, c’est inutile. Ils seront engloutis dans les eaux de la mer Rouge, « et il n’en resta pas un seul » (Exode 14, 29). L’heure n’est pas éloignée où Moïse et tout le peuple pourront chanter à pleins poumons à la louange du Tout-Puissant : « Il a jeté à l’eau cheval et cavalier » (Exode 15, 1). Ce jour-là, « Israël vit sur le rivage de la mer les Égyptiens morts » (Exode 14, 30). Avec le prophète Jérémie, nous avons un autre exemple de mission impossible. Le Seigneur attire son attention sur la situation de son peuple : « As-tu vu ce qu’a fait Israël la schismatique ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert – sous-entendu, elle a sacrifié à des divinités étrangères, ce que je lui avais formellement interdit parce que « c'est moi, moi qui suis Dieu, et qu'il n'y a point de Dieu à côté de moi » (Deutéronome 32, 39) –, et elle s’y est prostituée » (Jérémie 3, 6). Dieu chargea lors Jérémie d’un message de conversion, une conversion que la bonté de Dieu devrait faciliter grandement : « Reviens, schismatique Israël. Je ne vous fera pas un mauvais visage, car je suis bienveillant – oracle du Seigneur – et je ne conserve pas [ma colère] à jamais » (Jérémie 3, 12). (à suivre…)

mardi 26 mars 2013

Mission impossible (4)

Mission impossible (4)

Les pharaons du monde contemporain, ceux qui régentent nos peuples aujourd’hui, ne nous intimident pas et ne nous font pas peur. Ils sont la cause de nouveaux massacres d’innocents, comme en Égypte, lorsque l’ange exterminateur frappa « les premiers-nés dans le pays d’Égypte ; le premier-né de Pharaon, qui devait s’asseoir sur son trône, aussi bien que le premier-né du captif dans sa prison, et tous les premiers-nés du bétail » (Exode 12, 29) ; ou comme lorsqu’Hérode le sanguinaire « envoya tuer, dans Bethléem et tout son territoire, tous les enfants de moins de deux ans » (Matthieu 2, 16), afin de s’assurer que le roi que venait de naître, comme les Rois Mages le lui avaient annoncé (cf. Matthieu 2, 2), était bien éliminé. Tôt ou tard, de nouvelles « plaies d’Égypte » s’abattront sur eux. Prions pour qu’ils aient le temps et la force de se convertir au moins lorsqu’ils comparaîtront devant le vrai et l’unique Souverain du ciel et de la terre. (lire la suite) En attendant, pleins d’arrogance, ils disent comme pharaon : « Qui est le Seigneur pour que j’obéisse à sa voix, en laissant aller Israël ? » Je vous réponds : Il est le créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible » (Credo de Nicée-Constantinople). Mais cela ne leur suffit pas. « Je en connais pas le Seigneur et je ne laissera donc pas aller Israël » (Exode 5, 2). « Il ne vous suffit [donc] pas de fatiguer les hommes, que nous fatiguiez aussi mon Dieu ? » (Isaïe 7, 13). Dieu qui « est riche en miséricorde » (Éphésiens 2, 4). « Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Écouteront-ils le prophète les presser de rendre hommage à Dieu en tremblant, « de peur qu’il ne s’irrite contre vous et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 12). Or donc, « qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 3), car « le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). C’est un langage que les mondains ne comprennent pas, car ils vivent dans la peur permanente d’être déboulonnés par quelqu’un de plus fort qu’eux, par un concurrent, comme Hérode tremble à la simple annonce qu’un nouveau-né puisse lui disputer un jour le trône… (à suivre…)

mardi 11 septembre 2012

Sainteté (3)

Sainteté (3)

Grâce à Notre-Seigneur, en effet, nous avons été « réconciliés avec lui dans son corps de chair, par la mort, afin de vous faire paraître devant lui saints, sans tache ni reproche » (Colossiens 1, 22). Ce n’est quand même pas rien. Jésus a payé le prix fort. Il s’est engagé à fond pour nous sauver et nous conquérir, ou regagner plus précisément, la condition d’enfant de Dieu, de son Père, et nous rendre ainsi la sainteté accessible dans la vie de tous les jours, sans rien faire d’extraordinaire ou d’exceptionnel. Tout simplement en menant notre existence quotidienne sous la mouvance du Saint-Esprit. Cela n’a rien de sorcier, en somme. « Que le Dieu de paix vous rende lui-même saints tout entiers » (1 Thessaloniciens 5, 23), intégralement, de la tête aux pieds pourrions-nous dire. Parce que
(lire la suite)Sainteté (3) nous ne voulons pas être saints par à coups, ou par périodes, ce qui revient au même. C’est donc le souhait que nous formulons avec saint Paul, et qu’il précise encore en ces termes : « Que le Seigneur accroisse et fasse surabonder votre charité les uns pour les autres et pour tous, de même que la nôtre envers vous ! Qu’il affermisse aussi vos cœurs dans une sainteté irréprochable devant notre Père et Dieu » (1 Thessaloniciens 3, 13). « Saints tout entiers », « une sainteté irréprochable ». Telle doit bien être notre ambition, la plus noble et la plus élevée de toutes. Pouvons-nous ignorer ces appels qui retentissent – nous le voyons bien – tout au long du Nouveau Testament, mais qui ont leurs antécédents dans l’Ancien Testament, comme nous pouvons bien l’imaginer, car l’être humain a été créé dans un état de sainteté originelle, qui était une participation éminente à la Sainteté de Dieu. « Faites tout sans murmure ni discussions, pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération mauvaise et dévoyée, où vous brillez comme des astres dans le monde » (Philippiens 2, 15), ce qui est une référence au cantique que Moïse entonna peu avant de mourir : « Cieux, prêtez l’oreille, et je parlerai ; et que la terre écoute les paroles de ma bouche ! » (Deutéronome 32, 1). Il y oppose « un Dieu fidèle et sans iniquité » à « une race perverse et dévoyée » (Deutéronome 32, 4.5). Il s’était, des années plus tôt, adressé au peuple sur l’instruction du Seigneur Tout-Puissant : « Parle à toute l’assemblée d’Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car je suis saint, moi le Seigneur, votre Dieu » (Lévitique19, 2). « Car moi, je suis le Seigneur, votre Dieu ; vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis saint, et vous ne vous rendrez pas impurs vous-mêmes […]. Car moi, je suis le Seigneur, qui vous ai tiré du pays d’Égypte pour être votre Dieu. Vous serez saints, car je suis saint » (Lévitique11, 44-45). « Tu es un peuple saint au Seigneur, ton Dieu » (Deutéronome 14, 21). (à suivre…)

jeudi 28 juin 2012

Confiance en Dieu (1)

Confiance en Dieu (1)

Le psaume 22 que Jésus récite alors qu’il est cloué sur la Croix, ne traduit pas la désespérance mais, au contraire, la confiance en Dieu. Si le Seigneur se sent abandonné de son Père en cette heure suprême, il peut faire appel au témoignage des anciens : « Pourtant tu résides dans le sanctuaire, ô gloire d’Israël ! En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 4-6). Comment ne pas puiser en cela une grande assurance à l’heure de l’épreuve ? La Providence divine compte sur les difficultés de la vie pour faire progresser son plan de salut. Il a fallu que Jésus passe par l’anéantissement et l’abjection de la Croix. Mais Dieu ne laisse pas seul celui qui crie vers lui dans sa détresse, qui le prie avec confiance. (lire la suite) Si bien que « même quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi » (Psaume 23, 4). Tu es avec moi quand bien même je n’ai pas conscience de cette présence, quand bien même j’ai oublié que tu es effectivement présent et agissant dans mon âme en état de grâce. D’où l’exhortation du prophète Isaïe (50, 10) : « Quiconque chemine dans les ténèbres, sans voir aucune lueur, qu’il se confie dans le nom du Seigneur, et qu’il s’appuie sur son Dieu. » En vérité, « Seigneur des armées, heureux l’homme qui se confie en toi » (Psaume 84, 13), ou, comme l’affirme le psaume 2, psaume de la filiation divine, « heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance » (Psaume 2, 12), car ils ne seront pas déçus. L’assurance que donne la confiance en Dieu parcourt toute la Révélation : « Non, aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confondu », alors que « ceux-là seront confondus qui sont infidèles sans cause » (Psaume 25, 3), c’est-à-dire sans raison valable, tout simplement par malice, parce qu’ils préfèrent le péché à l’amour de Dieu. « Voici que ceux qui s’éloignent de toi périssent ; tu extermines tous ceux qui te sont infidèles » (Psaume 73, 27). Ils se condamnent eux-mêmes irrémédiablement aux peines de l’enfer, à la mort éternelle. Ils s’excluent de l’Amour. Ils se placent volontairement en dehors de la vie de Dieu, qui nous est offerte si généreusement par le Christ, qui est lui-même la Vie (Jean 14, 6). (à suivre…)

jeudi 21 juin 2012

Dieu ne fait pas acception des personnes (1)

Dieu ne fait pas acception des personnes (1)

Quand le Seigneur Dieu envoie Samuel chez Jessé le Bethléemite pour qu’il choisisse parmi ses fils le roi qu’il s’est réservé comme successeur de Saül, « qu’il a rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël » (1 Samuel 16, 1), Samuel est séduit par la prestance du premier des enfants qui se présente, le dénommé Éliab. Mais Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas lui son élu : « Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Dieu regarde au cœur » (1 Samuel 16, 7). De fait, ce ne sera que le tout petit dernier, le huitième fils d’Éliab, pour lequel le Tout-Puissant dira : « C’est lui » (1 Samuel 16, 12). Il s’agit de David, qui sera un serviteur particulièrement cher au Cœur de Dieu, car c’est de sa lignée que devra descendre le Messie, le Rédempteur de l’homme. (lire la suite) Cet épisode de l’histoire d’Israël, si lourd de signification et de conséquences, renferme un enseignement précieux : Dieu ne fait pas acception de personne. Il ne juge pas d’après les apparences, selon l’extérieur de l’homme, mais en fonction de son cœur. Il ne rejette personne, à moins d’être lui-même rejeté par les hommes. Car « celui qui vous rejette me rejette ; or celui qui me rejette, rejette celui qui m'a envoyé » (Luc 10, 13). Et encore… Il enverra précisément son Fils, le Messie, pour tenter de ramener au bercail les brebis perdues et dispersées (cf. Michée 4, 6). Ce sera une grande découverte qui s’imposera aux apôtres et aux premières communautés chrétiennes quand ils comprendront qu’ils sont chargés d’annoncer l’Évangile non seulement à leurs compatriotes juifs mais aussi aux gentils, c’est-à-dire aux païens de l’époque, au monde non juif. Car Dieu ne regarde pas la condition humaine, mais veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). Il apporte le salut à tous, sans exception, quelles que soient leur origine, leur situation, leur culture. Indépendamment même de leur credo. Et c’est pour tous, pour l’humanité tout entière, qu’il implore du haut de la croix le pardon de son Père : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34), ils ne se rendent pas compte des conséquences de leurs péchés. (à suivre…)

mercredi 13 juin 2012

Sociologie d’Israël

Sociologie d’Israël

La société juive est dominée par quatre grands groupes : les Ashkénazes (originaires des pays d’Europe de l’Est), les Sépharades (originaires d’Afrique du Nord), les Juifs orientaux ou Mizrahim (originaires du Proche-Orient) et les Sabras (pour désigner les populations juives nées avant 1948 en Palestine). À cette division culturelle et géographique s’ajoutent des subdivisions selon le degré de pratique religieuse.
Depuis le XVIIe siècle, la société juive de la Diaspora est rentrée dans un processus de sécularisation lié à la nécessité pour les Juifs d e s’adapter à leur environnement. Ce phénomène a donné lieu à l’apparition au XIXe siècle de nouveaux courants religieux comme le Judaïsme réformiste ou les Ultra-Orthodoxes. En outre, le Judaïsme a été exposé à différentes idéologies du monde moderne, notamment le nationalisme et le socialisme, qui ont sensiblement marqué son évolution. L’écart s’est peu à peu creusé entre Ultra-Orthodoxes, Orthodoxes modernes ou Datiim et Laïques – pour qui le Judaïsme correspond davantage à une identité nationale et culturelle qu’à une religion. La création de l’État d’Israël en 1948 est l’œuvre de pionniers russes sionistes. Amis si les bases de l’État sont indéniablement sionistes, le besoin urgent d’obtenir un consensus social au moment de définir la forme de l’État en 1948, contraignit les différentes parties à trouver un compromis. Et il fut décidé que chaque minorité avait droit à la représentation. C’était le début d’un Statu Quo encore en vigueur aujourd’hui. La Terre Sainte, n° 618, mars-avril 2012, p. 24.

vendredi 1 juin 2012

Dureté de cœur (1)

Dureté de cœur (1)

« Fils d’homme, tu habites dans une maison de rebelles, qui ont des yeux pour voir et ne voient pas, qui ont des oreilles pour entendre et n’entendent pas ; car ils sont une maison de rebelles » (Ézéchiel 12, 2). Ce reproche intervient comme un leitmotiv qui parcourt tout l’Ancien Testament. Mais ce n’en est malheureusement pas une exclusivité. Le Seigneur Jésus se plaint fréquemment qu’il se heurte à un mur d’incompréhension, et il cite à plusieurs reprises librement ce passage d’Isaïe : « Va, et dis à ce peuple : Entendez, et ne comprenez point ; voyez, et n'ayez point l'intelligence. Appesantis le cœur de ce peuple, et rends dures ses oreilles, et bouche-lui les yeux, en sorte qu'il ne voie point de ses yeux et n'entende point de ses oreilles, et qu'il ne se convertisse point et ne soit point guéri » (Isaïe 6, 9-10). (lire la suite) Cela nous fait de la peine. Car nous aimerions que tout le monde accueille la parole libératrice du Christ, se laisse attirer et gagner par son Amour. Le problème est que nous sommes nous aussi bien souvent rétifs, que notre cœur est lui aussi endurci, comme imperméable à la grâce que Dieu voudrait y déverser. C’est pour cela que nous trouvons parfois la vie amère, que nous ne voyons que difficultés… « Que celui qui a des oreilles entende ! » (Matthieu 13, 9). Ne faut-il pas avoir un cœur bien disposé ? « Pourquoi est-ce en paraboles que tu leur parles ? » (Matthieu 13, 10). Cela ne rend apparemment pas la compréhension facile dans certains cas. Les disciples ont l’avantage de pouvoir interroger leur Maître : « Explique-nous la parabole » (Matthieu 13, 35). « Je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et entendant ils n'entendent ni ne comprennent » (Matthieu 13, 13). Et il ajoute, comme pour justifier sa façon d’agir - même s’il n’a pas besoin de se justifier : il est le Tout-Puissant ! – que c’est pour que s’accomplisse ce que le prophète Isaïe a annoncé : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s'est épaissi, et ils sont durs d'oreilles, et ils ferment leurs yeux : de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse » (Matthieu 13, 14-15). Donc eux, ils ne pénétreront pas le sens de la parabole du semeur, qui sème à la volée, le bon grain tombant parfois dans une terre sèche et aride qui ne peut l’accueillir et produire du fruit, contrairement à la bonne terre où il produit « l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente pour un » (Matthieu 13, 8). (à suivre…)

jeudi 24 mai 2012

La Pentecôte (3)

La Pentecôte (3)

Cet Esprit, que nous recevons ainsi sans limite, si ce n’est celle que notre humaine nature peut y apporter dans sa faiblesse, est l’Esprit d’Amour. Son rôle premier est donc de nous apprendre à aimer pour de vrai le Père et le Fils. Le Fils nous donne la vie éternelle dans le Père par le Saint-Esprit. Et il nous la donne dès à présent au travers de la Sainte Eucharistie, sacrement de sa présence réelle, sacrement aussi de l’amour du Seigneur poussé à la dernière extrémité : « Après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, (il) les aima jusqu’au bout » (Jean 13, 1). Tout comme il regarda le jeune homme riche et l’aima (Marc 10, 21). Il l’aima, puis il l’appela à le suivre : « Une chose te manque… Vends tes biens… Et suis-moi. » Dieu aime avant d’appeler. « Quand Israël était enfant, je l’aimai, et de l’Égypte, j’appelai mon fils » (Osée 11, 1). « Si Dieu s’est attaché à vous et vous a choisis […] c’est par amour pour vous » (Deutéronome 7, 7-8). (lire la suite) De sorte que « l’ami de Dieu c’est d’abord un aimé de Dieu » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ?
Paris, Le Centurion, 1971, p. 38). Et nous sommes aimés de Dieu par son Esprit, dans son Esprit. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23). « Et ce à quoi nous reconnaissons qu’Il demeure en nous, c’est à l’Esprit qu’il nous adonné » (1 Jean 3, 24). Tout se tient. Cet Esprit d’amour est donc l’envoyé du Père pour accomplir notre sanctification. « L'Esprit du Seigneur est sur moi » (Luc 4, 18). L'Esprit ne se tient pas seulement « sur » le Messie, mais il le remplit, le pénètre, le rejoint dans son être et dans son action. L'Esprit, en effet, est le principe de la « consécration » et de la « mission » du Messie : « Parce qu'il m'a consacré par l'onction et m'a envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres... » (Luc 4,18). Par la force de l'Esprit, Jésus appartient totalement et exclusivement à Dieu, il participe à l'infinie sainteté de Dieu qui l'appelle, le choisit et l'envoie. Ainsi, l'Esprit du Seigneur se révèle source de sainteté et appel à la sanctification. Ce même « Esprit du Seigneur » est « sur » le peuple de Dieu tout entier, qui est constitué comme peuple « consacré » à Dieu et « envoyé » par Dieu pour annoncer l'Évangile qui sauve. De l'Esprit, les membres du peuple de Dieu sont « enivrés » et « marqués » et appelés à la sainteté » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Pastores dabo vobis, 25 mars 1992, n° 19). (à suivre…)

lundi 14 mai 2012

LA VIERGE MARIE (3)


LA VIERGE MARIE (3)

L’armée des justes de la primitive Alliance,
Regroupés auprès du Sein d’Abraham, leur père,
Voient pointer enfin le jour de leur délivrance,
Et retiennent tous leur souffle, car ils espèrent.

« Hâtez-vous ! Voyez que notre attente est trop dure
À porter, disent-ils à la Vierge Marie.
À vos décisions, chaque âme se confie.
Vous ratifierez le choix, nous en sommes sûrs. »

« Tu es la gloire de Jérusalem » la sainte,
« La joie d’Israël et l’honneur de notre peuple ».
« Et grâce à l’Esprit, tu vas devenir enceinte
Pour que le ciel par nous déserté se repeuple. » (lire la suite)

Toutes les hiérarchies célestes au grand complet
Sont concentrées sur le lieu de Promission,
Où la vierge a reçu l'unique mission.
Donc qu’elle dise : « En ta Volonté, je me plais. »

Mais Gabriel reprend la parole : « L’Esprit
Viendra sur toi et son ombre te couvrira
Et du Fils de Dieu tu deviendras le pourpris.
Dieu est Saint, en tant qu’homme aussi il le sera.

Sache qu’Élisabeth, ta pieuse cousine,
Vient de concevoir, quand on l’on appelait « stérile ».
C’est son sixième mois et déjà se dessine
Son enfant, car, vois-tu, pour Dieu tout est facile. »

Le message est bref, mais il suffit pour comprendre.
Pourquoi faudrait-il faire une seconde attendre
La réponse que veut l’univers en suspend,
Car n’oublions pas que d’elle son sort dépend !

Le jour est venu de l’entendre s’exprimer :
La tête inclinée, les bras croisés sur son sein,
« Voici du Seigneur la servante, sublimée,
Qu’il soit fait selon ta parole et ton dessein. »

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.
(à suivre…)

lundi 16 avril 2012

Le pardon (3)

Le pardon (3)

Dans sa mission de parfaire la Loi, Jésus n’a peut-être pas encore élargi le Shema Israël, à en juger par l’ordre dans lequel saint Matthieu présente sa prédication : « Écoute Israël : le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est unique. Tu serviras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6, 4-5). Jésus, lui, précise : « C’est là le plus grand commandement, et le premier », ce qui laisse entendre qu’il en existe d’autres, bien évidemment. Mais la nouveauté, l’innovation consiste à affirmer avec force : « Mais un deuxième lui est égal. » Ce n’est pas seulement un autre commandement. Le Seigneur le place sur le même plan, au même niveau que l’amour inconditionnel de Dieu. Ce deuxième commandement c’est : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22, 38-39).
Si cet enseignement n’a pas encore retenti, le Seigneur l’a en quelque sorte préparé en précisant à Simon, (lire la suite) à propos de ce fameux prochain qui nous a offensé : « Et s’il lui arrive de pécher contre toi sept fois par jour et qu’il revienne à toi sept fois en disant : Je me repens, tu lui pardonneras » (Luc 17, 4). Là, le Christ reprend la mesure que Pierre a avancée timidement. Mais il en modifie la portée de façon importante ? il ne s’agit pas de pardonner sept fois dans la vie, mais sept fois par jour le cas échéant, et, de façon plus générale, soixante-dix-sept fois sept fois. Autant dire, chaque dois que l’occasion s’en présente.
C’est évidemment dans ce pardon à répétition que se trouve l’authentique charité, qui est prête à tout endurer du moment que l’autre s’amende et revient, contrit, solliciter le pardon. Ce qui, soit dit en passant, représente un acte d’humilité de sa part. Ce qui est loin d’être négligeable. Cette humilité doit ouvrir l’accès au pardon.
« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » (Luc 8, 8). Il va de soi que notre Seigneur veut par là nous introduire dans l’Amour de Dieu qui ne connaît pas de limites et qui est toujours prêt à pardonner au pécheur repentant : « Revenez à moi et je reviendrai à vous » (Malachie 3, 7). Et encore : « Que l’impie abandonne sa voie, et le criminel ses pensées ; qu’il revienne au Seigneur, et il aura pitié de lui ; à notre Dieu, car il pardonne largement » (Isaïe 55, 7).

(à suivre…)

vendredi 23 mars 2012

Les deux annonciations (2)


Les deux annonciations (2)

Quand Marie communique à son Joseph ce qui lui est arrivé, « elle le fit en posant sur lui son clair et doux regard. Elle parle avec la même simplicité dont elle devait user plus tard à l’égard de l’ange de l’Annonciation. Certaine que ses paroles auraient une résonnance profonde dans l’âme de ce juste, elle lui propose de suivre avec elle la voie virginale. Elle attendait de lui, son futur époux, plus qu’un assentiment : la promesse qu’il respecterait son vœu, sans que rien ne vienne le faire changer d’avis » (M. Gasnier, o.p., Les silences de saint Joseph, Paris, Le Laurier, 1996, p. 41). Cela a dû provoquer d’abord un choc chez le charpentier de Nazareth, qui n’envisageait pas leur union éventuelle sous cet angle. Mais rapidement, mis en face d’un tel détachement (lire la suite) et d’une telle passion pour le Béni, il n’en a aimé que davantage Marie, dont il admire la générosité. Il est prêt à lui emboîter le pas. C’est Marie qu’il aime, et pas une autre. Il l’aime d’autant plus qu’elle apparaît plus sainte à ses yeux, sans qu’il sache expressément qu’elle est l’Immaculée Conception, la toute sainte. Il adhère avec enthousiasme à l’engagement de Marie qu’il fait sien. Ils s’épouseront, c’est entendu. Ils vivront ensemble. Mais chacun fera de sa vie un véritable holocauste à Dieu. Joseph bénit le Tout-Puissant d’avoir mis une telle femme sur son chemin, une femme si chaste, si décidée, si éperdue d’amour de Dieu. Une femme qui a vraiment à cœur la réalisation du Chema Israël : « Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces » (Marc 12, 29-30).
Il se dit également que par elle avec elle tous les biens vont lui advenir (cf. Sagesse 7, 11 ; Matthieu 6, 33).
« Autant l’amour divin est incorruptible, se disent-ils, autant notre amour est invincible puisque sa force s’alimente en Dieu. Ils s’appliquent donc d’autant plus à se plaire réciproquement que cette complaisance mutuelle, loin de les distraire de Dieu, ne fait que les aider à s’unir à lui davantage » (M. Gasnier, o.p., Les silences de saint Joseph, op. cit., p. 64). Et c’est l’illumination de la Visitation.
À peine Dieu a-t-il fait connaître son dessein à Marie qu’il l’incite discrètement à se rendre auprès de sa cousine Élisabeth, déjà âgée, qui « en est à son sixième mois, elle qu’on qualifiait de stérile » (Luc 1, 36). Marie est ainsi arrachée à Joseph, alors qu’ils sont dans l’attente de leur épousailles proches. Quoi qu’il puisse lui en coûter, Joseph accepte ce départ de Marie, dont il comprend le motif charitable.

(à suivre…)

lundi 19 mars 2012

Saint Joseph et Marie (1)


Saint Joseph et Marie (1)

Avec Marie et Joseph, nous avons affaire avec deux personnages d’exception, deux figures phare de l’histoire de l’humanité ! D’eux émane une lumière d’une clarté singulière, qui n’est autre que la Lumière venue dans le monde qui éclaire tous les hommes (cf. Jean 1, 9). Dieu lui-même, « lumière née de la lumière », comme nous le professons dans le Credo, la lumière qui guide le monde vers Dieu : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6). Deux êtres d’exception, placés à la charnière de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliances, dont la mission a été précisément de faire basculer l’humanité dans la Nouvelle Alliance, de permettre que le Dieu d’Amour (cf. 1 Jean 4, 16) inaugure la Loi d’Amour. Deux êtres sans pareil, mais deux créatures humaines cependant. Comme nous avons à apprendre d’eux ! (lire la suite)
Ils ont, en effet, pour mission de nous remettre Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6), rien moins que cela ! Car c’est bien en Jésus que nous « avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes des apôtres 17, 28). En Jésus, mais par Marie et Joseph.
« L’homme qui s'abandonne totalement entre les mains de Dieu ne devient pas une marionnette de Dieu, une personne consentante ennuyeuse ; il ne perd pas sa liberté. Seul l'homme qui se remet totalement à Dieu trouve la liberté véritable, l'ampleur vaste et créative de la liberté du bien. L'homme qui se tourne vers Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, car grâce à Dieu et avec Lui, il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même. (…) Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais ! » (Benoît XVI, Homélie pour le 40ème anniversaire de la clôture du concile Vatican II, 8 décembre 2005). C’est évidemment le cas, tout spécialement, de Marie et de Joseph, entièrement abandonnés entre les mains de Dieu et dont le cœur n’abrite aucun projet personnel : ils n’attendent rien pour eux, mais aspirent après la venue du Rédempteur d’Israël. Et là, ils vont être exaucés au-delà de toute espérance, car Dieu est généreux et déverse « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante ; car avec la mesure dont vous mesurez il vous sera mesuré en retour » (Luc 6, 38).

(à suivre…)

mercredi 28 décembre 2011

Noël (4)


Noël (4)

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite)
L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils ». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître » (Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005).
Cet Enfant que nous contemplons dans la crèche, c’est le Verbe de Dieu fait homme. C’est la Parole de Dieu faite chair. Alors que « bien des fois et de bien des manières, Dieu avait parlé jadis à nos pères par les prophètes. En ces temps qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils » (Hébreux 1, 1-2). Si bien qu’elle n’a pas seulement une voix, mais aussi un visage. Désormais « la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth » (Benoît XVI, exhort. ap. Verbum Domini, n° 12).

(à suivre…)

jeudi 17 novembre 2011

Pourquoi moi ? (1)


Pourquoi moi ? (1)

« Judas – non l’Iscariote –lui dit : « Maître, comment se fait-il, Seigneur, que ce soit à nous que tu te manifestes, et pas au monde ? » (Jean 14, 22). La question mérite d’être posée, en effet. Les apôtres connaissent leur petitesse. Ils sont pour la plupart d’humble extraction. Ils sont originaires de petits villages sans beaucoup d’importance. Le peuple d’Israël lui-même semble insignifiant sur l’échiquier politique. En tout cas, les prophètes ont bien pris soin de rappeler, pour souligner que l’élection d’Israël par Dieu est un pur don gratuit et entièrement libre de sa part, que Jacob « est petit » (Amos 7, 2), qu’il ne vaut pas mieux que le royaume de Hamat la Grande et de Gat des Philistins (cf. Amos 6, 2), qu’il n’est pas le plus puissant (cf. Amos2, 9). Et c’est pourtant en Israël que le Fils de l’homme (Daniel 7, 12) est venu. (lire la suite) Et ce sont eux, les Douze, qu’il a choisis pour être le petit groupe sur lequel il s’appuie et qui doit un jour siéger sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (cf. Luc 22, 30). Il y a de quoi être déconcerté, pour un esprit simple, au cœur toutefois généreux. Et s’il est vrai que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », alors ils peuvent quand même comprendre quelque chose à ce choix de Dieu.
Ce n’est pas qu’ils soient mécontents du choix, bien sûr. Ils n’échangeraient pas leur situation pour rien au monde. Mais ils sont quand même stupéfaits. En pensant un peu par devers eux, et en échangeant leurs impressions, ils se disent qu’à la place du Seigneur, ils auraient fait appel à des gens considérables, compétents, disposant de moyens financiers abondants, ayant de l’influence dans la sphère du pouvoir politique auprès des Anciens et des grands prêtres… Et, au lieu de cela, ce sont eux qui doivent l’assister. Et le plus fort, c’est que cela marche ! Un jour, Jésus « leur conféra puissance et plein pouvoir sur les démons, ainsi que le don de guérir les maladies. Et il les envoya proclamer la venue du royaume de Dieu et opérer des guérisons » (Luc 9, 1-2). C’est ce qu’ils firent avec succès. Ils en étaient eux-mêmes médusés.
Cela n’oblitère pas le sens de la question de Judas. Ce choix reste mystérieux. Il existait tant de gens en Israël qui avaient plus d’instruction qu’eux, qui étaient mieux dotés par la nature, qui étaient ornés de plus de qualités… Mais ce sont eux que le rabbi de Nazareth a choisis. Il n’y a pas à revenir sur cela.

(à suivre…)

mardi 1 février 2011

La confiance en Dieu (1)

La confiance en Dieu (1)

« Mon Seigneur, notre Roi, tu es seul Dieu, assiste-moi, moi qui, seule, n’ai pas d’autre assistance que toi » (Esther 14, 3). Le roi Assuérus a ordonné l’extermination du peuple juif, que « tous, avec femmes et enfants, soient radicalement exterminés par les épées des ennemis, sans pitié ni indulgence » (Esther 13, 6). Esther, une fille du peuple élu devenue reine, doit prendre son courage à deux mains pour intervenir auprès du roi. Mais elle sait « que si quelqu’un, homme ou femme, entre chez le roi, dans la cour intérieure, sans avoir été appelé, la loi générale est de le mettre à mort » (Esther 4, 11). Alors « la reine Esther, aussi, assaillie par un extrême péril de mort, se réfugia dans le Seigneur » (Esther 14, 1). (lire la suite)
« Et elle suppliait le Seigneur, Dieu d’Israël, en ces termes : « Mon Seigneur, notre Roi, tu es seul Dieu, assiste-moi, moi qui, seule, n’ai pas d’autre assistance que toi, car le danger qui me menace, je le touche de mes mains. J’ai appris dès ma naissance, au sein de ma tribu paternelle, que toi, Seigneur, as pris Israël de préférence à toutes les nations, et nos pères de préférence à tous leurs ancêtres au domaine éternel, et que tu as accompli en leur faveur toutes tes promesses » (Esther14, 3-5).
D’après la version grecque de la Bible, Esther rappelle à Dieu toutes ses interventions éclatantes en faveur du peuple, pour l’inviter à faire de même maintenant, dans un moment vraiment crucial, alors qu’elle est désemparée et que le sort du peuple repose sur elle, sur son courage. Je « n’ai pas d’autre assistance que toi » (Esther 14, 3).
Elle a confiance en Dieu, qui n’est pas appelé pour rien le Tout-Puissant. Tout dépend entièrement de lui. « Que toutes tes créatures te servent, car tu as dit et elles sont venues à l’existence, tu as envoyé ton esprit, et il les a édifiées ; et il n’est personne qui s’oppose à ta voix » (Judith 16, 14).
Qui est comme Dieu ? La confiance en Dieu est fondamentale. Esther peut faire siennes en toute assurance les paroles du psalmiste : « Quand les méchants s’avancent contre moi pour dévorer ma chair, mes adversaires et mes ennemis, ils chancellent et ils tombent. Qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 2-3). Les ennemis chancellent et tombent. C’est bien ce qui va arriver à Aman, qui avait tramé l’anéantissement des Juifs.

(à suivre…)

lundi 20 septembre 2010

La louange de Dieu (5)

La louange de Dieu (5)

« Que tout ce qui respire loue Yahvé ! Alléluia ! » (Psaume 150, 6). C’est la conséquence logique de l’invitation lancée. Les instruments ne suffisent pas. D’ailleurs, il faut bien quelqu’un pour les actionner, il fait un musicien derrière – ou devant – chacun. « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient : « A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau soient la bénédiction, l’honneur, la gloire et la domination pour les siècles des siècles » (Apocalypse 5, 13). La création tout entière. Nul ne doit faire défaut. Du moins de ceux qui sont destinés à aller au ciel, des élus. Ces harmonies couvrent les bruits incohérents des fauteurs du mal, leurs sons discordants, semeurs de discorde ou fruit de la discorde. « Que ma bouche dise la louange de Yahvé, et que toute chair bénisse ton saint nom, toujours et jamais ! » (Psaume 145, 21). (lire la suite) Que tout homme, tout homme de bien, chante en l’honneur de son Dieu. « Les fidèles triomphent dans la gloire, ils poussent des cris de joie sur leurs couches. Que les louanges de Dieu soient sur leurs lèvres, et un glaive à deux tranchants dans leurs mains » (Psaume149, 5-6). Car « éternel est son amour » (Psaume 136), éternelle est sa bonté.
« Bénissez Yahvé, vous, toutes ses œuvres, dans tous les lieux où s’exerce sa puissance ! Mon âme, bénis Yahvé ! » (Psaume103, 22). « Que toutes tes œuvres te louent, Yahvé, et que tes fidèles te bénissent ! Qu’ils disent la gloire de ton règne, et qu’ils parlent de ta puissance » (Psaume 145, 10-11). « Béni sois-tu, d’éternité en éternité, Yahvé, Dieu de notre père Israël ! A toi, Yahvé, la grandeur, la puissance, la magnificence, la splendeur et la gloire, car tout, au ciel et sur la terre, est à toi ; à toi, Yahvé, la royauté ; à toi de t’élever souverainement au-dessus de tout. De toi viennent la richesse et la gloire ; tu domines sur tout ; dans ta main est la force et la puissance, et ta main donne à toute chose grandeur et solidité. Maintenant donc, ô notre Dieu, nous te louons et nous célébrons ton nom glorieux » (1 Chroniques 29, 10-13).

(fin)

dimanche 5 septembre 2010

Confiance dans l’épreuve (4)

Confiance dans l’épreuve (4)

« Tu n’es pas un Dieu qui se plaise au mal » (Psaume 5, 5). Ce serait l’antithèse du Dieu de perfection et de bonté que tu es. Tu vois ma petitesse et ma faiblesse. « Prête l’oreille, Yahvé, à ma prière, et sois attentif à la voix de ma supplication » (Psaume 86, 6). Seulement je cours le risque de n’en rester qu’au désir et de ne pas passer aux actes. Fais que ma prière soit bien réelle, nourrie, fervente. Qu’elle monte sans interruption vers toi. Que ce soit une prière confiante, qui se fonde sur l’expérience universelle, constamment vérifiée : « Au jour de ma détresse je t’invoque, et tu m’exauceras » (Psaume 86, 7). Je m’adresse inlassablement à toi dans tous mes besoins. Je me permets de faire ton siège, car tu dois m’écouter. (lire la suite) Ce que je te demande, c’est ce que tu veux toi-même, c’est que tu fasses de moi un saint. Or, « ce que Dieu veut, c’est notre sanctification » (1 Thessaloniciens 4, 3). Comment pourrais-tu dans ces conditions ne pas faire cas de ma supplication ? Je n’entends pas relâcher ma pression : ma voix s’élève vers toi, et je crie ; ma voix s’élève vers toi pour que tu m’entendes (Psaume 77, 2).
Je me tourne vers toi à tout moment, parce que « c’est maintenant le temps favorable » (2 Corinthiens 6, 9). « Le soir, le matin, au milieu du jour, je me lamente et gémis, et il entendra ma voix. Il me donnera la paix en délivrant mon âme de ceux qui m’assaillent, car ils sont nombreux contre moi » (Psaume 55, 18-19). A vrai dire, ils sont légion (Marc 5, 9). Mais toi tu es le Dieu fort, le Dieu saint, le Dieu Tout-Puissant. Rien ne te résiste. Et ces adversaires de mon âme, « tu les régiras avec une houlette de fer ; comme le vase du potier tu les mettras en pièces » (Psaume 2, 9).
« Au jour de ma détresse, je cherche le Seigneur ; mes mains sont levées la nuit sans me lasser ; mon âme refuse d’être consolée » (Psaume 77, 3), si ce n’est par toi, Seigneur. Je te vois dans l’attitude du jardiner penché sur ses fleurs, qui leur prête toute son attention : « Incline vers moi ton oreille, écoute mes paroles » (Psaume 17, 6).
« Nul ne t’égale parmi les dieux, Seigneur » (Psaume 86, 8). Et comment pourrait-il en aller autrement, puisque toi seul est Dieu, toi seul est saint ? « Qui est comme toi, majestueux en sainteté, terrifiant la louange, auteur de prodiges ? » (Exode 15, 11). Question presque superflue. C’est plus une affirmation qu’une interrogation, car la réponse ne fait pas de doute, n’admet aucune hésitation. Ecoute, Israël, je suis ton Dieu, « et tu ne serviras que lui » (Deutéronome 6, 13).Tu as montré que tu es le Dieu unique, Père de ton peuple, « et tes œuvres sont sans pareil » (Psaume 86, 6). Nous n’avons jamais rien vu de semblable.

(à suivre…)

vendredi 23 juillet 2010

La prière de Jésus (2)

La prière de Jésus (2)

Tu me laisses seul. « Pourtant tu résides dans le sanctuaire, ô gloire d’Israël » (Psaume 22, 4). Et moi, je n’ai pas déserté ton sanctuaire. « Tous les jours j’étais près de vous dans le Temple, où j’enseignais » (Marc 14,49). J’ai essayé de faire comprendre à ceux que tu m’as donné pour parents sur terre, qu’il me fallait « être dans la maison de mon Père » (Luc 2, 49), mais tout bons et saints qu’ils fussent, ils « ne comprirent pas la parole » que je leur dis (Luc 2, 50). C’était le zèle pour ta maison qui me dévorait déjà (Psaume 69, 10). (lire la suite)
Et lorsque j’ai chassé les vendeurs, les changeurs et les marchands du Temple, c’est parce qu’ils avaient fait de notre maison de prière « une caverne de brigands » (Luc 19, 46). C’est en ce lieu saint que « en toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés » (Psaume 22, 5). Ils s’étaient mis pourtant dans de mauvaises passes à de nombreuses reprises. Il a fallu que tes saints serviteurs bataillent avec toi, argumentent et insistent avec véhémence pour que tu te laisses convaincre de leur pardonner, de les délivrer du mal qui, autrement, se serait abattu sur eux. Et moi, vas-tu me laisser seul, désemparé ? N’y aura-t-il personne pour prendre ma défense ? Hélas ! Nul ne s’intéresse à moi. L’on dirait que tous se sont ligués contre moi. Et comme si cela ne suffisait pas, pour faire bonne mesure, tu te retires, et me laisses seul avec moi-même, avec mon angoisse : « Mon âme est triste à en mourir » (Matthieu 26, 38).
Eux, « ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 6). Nous avions affirmé et garanti : « Non, aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confondu ; ceux-là seront confondus qui sont infidèles sans cause » (Psaume 25, 3). Tu leur as remis leur dette. Tu as fait table rase du passé. Tu t’es montré un Père pour eux. « Pour moi, je ne suis qu’un ver, et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple » (Psaume 22, 7). Vois à quelle extrémité je suis réduit. De quoi ai-je l’air, sur cette Croix, entouré de deux brigands ? Ah ! Pilate a eu beau faire clouer un écriteau avec l’inscription « Jésus de Nazareth Roi des Juifs » (Jean 19, 19) et prendre la peine de le faire rédiger « en hébreu, en latin et en grec » (Jean 19, 20), cela ne change rien à ma situation, si ce n’est que les sarcasmes redoublent : « Ils en a sauvés d’autres ; ne peut-il pas se sauver lui-même ? Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la Croix, et nous croirons en lui » (Matthieu 27, 42-43). Ils se rappellent que je suis ton Fils. Et toi, tu sembles l’oublier. Tu ne me réponds pas. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22, 2).

(à suivre…)

jeudi 15 juillet 2010

Aller à la maison de Dieu (1)

Aller à la maison de Dieu (1)

(Psaume 122)

Cantique des montées. C’est soit un des chants de pèlerinage qu’entonnaient les pèlerins en marche vers Jérusalem, soit un cantique liturgique que les lévites chantaient en montant les marches conduisant au parvis d’Israël, dans le Temple. Quoi qu’il en soit, « j’ai été dans la joie quand on m’a dit : « Allons à la maison de Yahvé » ! » (Psaume 122, 1), car il ne peut rien être envisagé de plus doux pour le cœur que d’habiter avec le Seigneur, que de résider dans ses parvis, de partager le lieu où il habite parmi nous, désormais le lieu sacré qu’est l’église, le tabernacle, véritable « prison d’amour » (saint Josémaria, Forge, n° 827). « Je me rappelle – et mon cœur se fond en moi – quand, (lire la suite) m’avançant avec la foule, je les conduisais vers la maison de Dieu, aux accents des acclamations et des hymnes d’action de grâces, dans un cortège de fête » (Psaume 42, 5). Des acclamations semblables à celles que prodiguait la foule accompagnant Jésus pour son entrée triomphale dans la Cité sainte. Mais lui, il savait à quoi s’en tenir.
« Voilà que nos pieds s’arrêtent à tes portes, Jérusalem ! » (Psaume 122, 2). Aux portes de cette ville impressionnante, qui est vraiment la demeure de Dieu au milieu de son peuple, le lieu où le Tout-Puissant se manifeste au grand prêtre dans le Saint des saints, le lieu où peuvent se produire les purifications légales, le lieu des sacrifices sacrés et des offrandes saintes. Ah ! vraiment, « j’ai été dans la joie quand on m’a dit : « Allons à la maison de Yahvé » ! » (Psaume 122, 1). Qui ne serait pas profondément ému de pouvoir retrouver son Dieu, d’aller le retrouver chez lui ? Nous aussi, nous ressentons le besoin « d’être chez mon Père » (Luc 2, 49). Et nous, nous revenons devant le tabernacle, nous y revenons pour adorer notre Dieu et pour lui ouvrir notre cœur. Nous avons tant de choses à nous dire, chacun les siennes, qui concernent son existence. Le sujet de ma prière, c’est ma vie. « Jérusalem, tu es bâtie comme une ville où tout se tient ensemble » (Psaume 122, 3). Tout se tient dans notre religion admirable, car les vertus sont unies les unes aux autres, tout est uni par un sens profond de la filiation divine, tout est un car tout procède de Dieu qui est Un par essence, par nature. Si l’on touche à un aspect de notre foi, l’on met le reste en péril. Nous devons préserver coûte que coûte l’unité de foi, de sacrements et de gouvernement. C’est dans le respect de cette intégrité que se trouve notre joie, car alors nous sommes avec le vrai Dieu, non avec la divinité que les hommes se construisent à leur convenance. C’est-à-dire pour pouvoir pécher impunément, du moins c’est ce qu’ils imaginent.

(à suivre…)