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mardi 5 juin 2012

Dureté de cœur (5)

Dureté de cœur (5)

Il faut bien voir que, « par ton endurcissement et par l’impénitence de ton cœur, tu amasses pour toi la colère pour le Jour de la colère où se révélera le juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres » (Romains 2, 5-6). Mieux vaut s’abstenir de juger indûment les autres et, plus grave encore, de les condamner parce qu’ils font un bien que nous sommes incapables de réaliser ou auquel nous n’avons pas pensé. Quand un homme à la main desséchée se tient devant lui dans la synagogue – donc un jour de sabbat – le Seigneur demande aux Juifs pieux présents : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver un être ou de le faire mourir ? » (Marc 3, 4), ils auraient dû répondre unanimement : « De faire le bien. De sauver un homme. » Or, tous gardèrent le silence. Alors Jésus, « attristé par l’endurcissement de leur cœur » (Marc 3, 5), réalise quand même le miracle, parce que le bien de l’infirme passe avant son propre bien à lui et ce que les hommes peuvent en penser.
(lire la suite) Mais cette dureté de cœur n’est hélas pas l’apanage des seuls pharisiens auxquels Jésus se heurte constamment ou d’une partie du peuple qui les suit. Nous la retrouvons également chez des disciples du Christ. C’est le cas des deux disciples dits d’Emmaüs, auxquels le Seigneur dit, après les avoir écouté parler de leur tristesse et étaler leur découragement : « Ô gens sans intelligence, esprits lents à croire tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! » (Luc 24, 25). Pire encore est l’incrédulité des apôtres, qui ont pourtant vécu près de trois ans dans la compagnie quotidienne du Maître, mais qui n’ont pas retenu en profondeur ses enseignements. Il se montre à eux au soir de sa Résurrection et « il leur reprocha leur incrédulité et leur entêtement, parce qu’ils n’avaient pas cru à ceux qui l’avaient vu après sa Résurrection d’entre les morts » (Marc 16, 15). Pareille attitude nous paraît, en effet, incompréhensible, mais nous disposons d’éléments d’appréciation qu’ils n’avaient pas. Et ne parlons pas de l’apôtre Thomas… Là, c’est le pompon. Ce qui ressort de toutes ces situations variées, c’est que l’homme possède une grande capacité à se montrer dur envers les autres, à les juger hâtivement, à être insensible à leurs besoins et à leurs malheurs, et à se montrer ingrat envers Dieu. Demandons au Seigneur de ramollir notre cœur, de nous apprendre à aimer les autres et à saisir le sens des événements, pour y découvrir sa main amoureuse et l’orientation vers le salut qui s’y trouve toujours enfermée. Et donc, en définitive, pour nous adapter à la Volonté de Dieu, quelle qu’elle soit, et l’adopter volontiers. (fin) )

lundi 4 juin 2012

Dureté de cœur (4)

Dureté de cœur (4)

« Va vers ce peuple et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple, en effet, est devenu insensible ; ils sont devenus durs d’oreille et ils ont fermé leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur et de se convertir pour que je les guérisse » (Actes 28, 26-27). C’est là le hic, le fait de devoir se convertir. C’est à cela que l’homme résiste, qu’il freine des quatre fers, comme s’il avait à craindre Dieu. Voilà donc un « peuple insensé et sans cœur ! Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ! » (Jérémie 5, 21).
N’imputons pas cela le cœur léger aux seuls Israélites, (lire la suite) comme si cela ne nous concernait pas. Parce que notre monde se ferme à Dieu, se durcit considérablement face à toute référence surnaturelle, à tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, a trait à Dieu. Sous couvert de liberté de conscience, c’est la manifestation la plus grande qui soit d’intolérance, le plus grand orgueil jamais vu sur terre depuis les origines. L’homme est son propre dieu. Peut-être est-ce que « le Seigneur ne vous a pas donné jusqu’à ce jour un cœur qui comprenne, des yeux qui voient, des oreilles qui entendent » (Deutéronome 29, 3), ou alors que « Dieu leur a donné un esprit de torpeur, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre, jusqu’à aujourd’hui » (Romains11, 8). C’est un épais mystère. Nous pourrions donc penser que s’il en est ainsi, ce n’est pas entièrement de la faute des hommes. Détrompons-nous. si Dieu a obstrué le cœur et l’entendement des hommes, c’est parce qu’ils ne veulent rien savoir de lui. Il a tout fait pour essayer que son peuple marche sur le droit chemin. Il a tout tenté. Il a envoyé Moïse et les prophètes. Mais « Il en envoya un autre : celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres qui furent les uns battus, les autres tués par eux » (Marc 12, 5). Saint Jean expliquera le fait que beaucoup de Juifs ne croyaient pas en Jésus malgré les nombreux miracles qu’il avait opérés devant eux par la prophétie d’Isaïe (6, 9-10) : « Il leur a aveuglé les yeux et endurci le cœur, afin qu’ils ne voient pas de leurs yeux, ne comprennent pas avec leur cœur et ne se convertissent pas. Et je les eusse guéris ! » (à suivre…)

dimanche 3 juin 2012

Dureté de cœur (3)

Dureté de cœur (3)

Le Seigneur a en horreur cette duplicité, cette façon qu’ils ont d’arranger les choses selon leur convenance, en faisant jouer le nom de Dieu, en le prenant à témoin : « Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé de vous quand il a dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur cœur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent, donnant des enseignements (qui sont) des préceptes d'hommes » (Mattieu 15, 7-9). « Et il leur dit : Vous avez bel et bien annulé le commandement de Dieu pour observer votre tradition ! » (Marc 7, 9). Voilà le drame. Il nous arrive à nous aussi d’accommoder la vie à notre sauce, de composer notre menu dans ce que nous sommes appelés à vivre. Nous pouvons ainsi trouver des accommodements avec la morale
(lire la suite) qui nous arrangent tout en obscurcissant notre conscience de ce que qui est objectivement bon ou mauvais. Si Moïse a permis d’établir un acte de répudiation de la femme, comme les pharisiens le rappellent à Jésus pour savoir s’il accepte, lui aussi, cette façon de procéder, le Seigneur répond : « C’est à cause de votre dureté de cœur qu’il a écrit pour vous cette prescription. Mais, au moment de la création, Dieu les fit homme et femme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Si bien qu’ils ne sont plus deux, mais une seule chair. En conséquence, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Marc 10, 5-9 ; cf. Matthieu 19, 3-8). Cette dureté de cœur ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’est manifestée à bien des reprises. Par exemple, lors de l’exode du peuple juif après sa sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse. « Toute l'assemblée éleva la voix et poussa des cris, et le peuple pleura pendant cette nuit-là. Tous les enfants d'Israël murmurèrent contre Moïse et Aaron, et toute l'assemblée leur dit : « Que ne sommes-nous morts dans le pays d'Égypte, ou que ne sommes-nous morts dans désert ? Pourquoi le Seigneur nous fait-il aller dans ce pays, pour que nous tombions par l'épée ? Nos femmes et nos enfants deviendront une proie. Ne vaut-il pas mieux pour nous retourner en Égypte ? » Et ils se dirent les uns aux autres : « Nommons un chef, et retournons en Égypte » (Nombres 14, 1-4). Nous pouvons être vraiment insensibles à tous les bienfaits reçus de Dieu et rester « le nez dans le guidon », incapables de percevoir les interventions permanentes de Dieu dans notre vie et de lui en manifester de la gratitude. Nous sommes des éternels insatisfaits. (à suivre…)

samedi 2 juin 2012

Dureté de cœur (2)

Dureté de cœur (2)

À nombre de ceux qui l’écoutent, le Seigneur peut dire : « Qui est aveugle, sinon mon serviteur ; et sourd comme mon messager que j'envoie ? Qui est aveugle comme celui dont j'avais fait mon ami, aveugle comme le serviteur du Seigneur ? Tu as vu beaucoup de choses, et tu n'as rien retenu ; il a eu ses oreilles ouvertes, et il n'a rien entendu » (Isaïe 42, 19-20). Ceux-là ne saisissent ni le sens ni la portée de la prédication. Elle leur passe par-dessus la tête. L’Évangile est voilé « pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’esprit, afin qu’ils ne voient pas l’éclat du glorieux Évangile du Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4, 4). Tous ceux qui n’ont pas « accueilli l’amour de la vérité qui les eût sauvés », mais qui ont préféré « les séductions qu’offre le mal », « Dieu leur envoie une puissance active d’égarement qui les porte à croire au mensonge,
(lire la suite) afin que soient condamnés tous ceux qui n’auront pas cru à la vérité, mais se sont complus dans le mal » (2 Thessaloniciens 2, 10-12), donc de façon consciente et coupable, et dont ils doivent assumer la responsabilité. Alors que toi, Seigneur, « en vérité, je reconnais que [tu…] ne fais pas acception de personne, mais qu’en toute nation celui qui te craint et qui pratique la justice, [t’est] agréable » (Actes 10, 34-35). La dureté du cœur de certains, de beaucoup, ne se manifeste pas seulement quand ils se ferment à l’enseignement du Seigneur et que leur cœur se dessèche (cf. Nombres 11, 6). Elle intervient aussi dans la conduite quotidienne. Un jour, « des Pharisiens et des scribes venus de Jérusalem s'approchent de Jésus, disant : « Pourquoi vos disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains lorsqu'ils mangent » (Matthieu 15, 1-2). La belle affaire ! Ils aimeraient bien les condamner, si c’était en leur pouvoir, et ils attendent que le rabbi le fasse. Mais il leur répond en les remettant à leur place et en essayant de leur faire comprendre leurs propres transgressions, autrement graves que manger les mains non purifiées : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu par votre tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère; et : Quiconque maudira son père ou sa mère, qu'il soit puni de mort. Mais vous, vous dites : « Quiconque dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu vous assister est offrande, — n'a pas à honorer (autrement) son père ou sa mère. » Et vous avez mis à néant la parole de Dieu par votre tradition » (Matthieu 15, 3-6). (à suivre…)

vendredi 1 juin 2012

Dureté de cœur (1)

Dureté de cœur (1)

« Fils d’homme, tu habites dans une maison de rebelles, qui ont des yeux pour voir et ne voient pas, qui ont des oreilles pour entendre et n’entendent pas ; car ils sont une maison de rebelles » (Ézéchiel 12, 2). Ce reproche intervient comme un leitmotiv qui parcourt tout l’Ancien Testament. Mais ce n’en est malheureusement pas une exclusivité. Le Seigneur Jésus se plaint fréquemment qu’il se heurte à un mur d’incompréhension, et il cite à plusieurs reprises librement ce passage d’Isaïe : « Va, et dis à ce peuple : Entendez, et ne comprenez point ; voyez, et n'ayez point l'intelligence. Appesantis le cœur de ce peuple, et rends dures ses oreilles, et bouche-lui les yeux, en sorte qu'il ne voie point de ses yeux et n'entende point de ses oreilles, et qu'il ne se convertisse point et ne soit point guéri » (Isaïe 6, 9-10). (lire la suite) Cela nous fait de la peine. Car nous aimerions que tout le monde accueille la parole libératrice du Christ, se laisse attirer et gagner par son Amour. Le problème est que nous sommes nous aussi bien souvent rétifs, que notre cœur est lui aussi endurci, comme imperméable à la grâce que Dieu voudrait y déverser. C’est pour cela que nous trouvons parfois la vie amère, que nous ne voyons que difficultés… « Que celui qui a des oreilles entende ! » (Matthieu 13, 9). Ne faut-il pas avoir un cœur bien disposé ? « Pourquoi est-ce en paraboles que tu leur parles ? » (Matthieu 13, 10). Cela ne rend apparemment pas la compréhension facile dans certains cas. Les disciples ont l’avantage de pouvoir interroger leur Maître : « Explique-nous la parabole » (Matthieu 13, 35). « Je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et entendant ils n'entendent ni ne comprennent » (Matthieu 13, 13). Et il ajoute, comme pour justifier sa façon d’agir - même s’il n’a pas besoin de se justifier : il est le Tout-Puissant ! – que c’est pour que s’accomplisse ce que le prophète Isaïe a annoncé : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s'est épaissi, et ils sont durs d'oreilles, et ils ferment leurs yeux : de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse » (Matthieu 13, 14-15). Donc eux, ils ne pénétreront pas le sens de la parabole du semeur, qui sème à la volée, le bon grain tombant parfois dans une terre sèche et aride qui ne peut l’accueillir et produire du fruit, contrairement à la bonne terre où il produit « l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente pour un » (Matthieu 13, 8). (à suivre…)