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mardi 14 octobre 2008

Le relativisme religieux

Le relativisme religieux

Il existe des formes de religion dégénérées et malsaines, qui n'aident pas l'homme à se construire, mais l'aliènent : la critique marxiste de la religion n'est pas seulement dénuée de tout fondement. Même des religions dont on doit reconnaître la grandeur morale et le cheminement vers la vérité, peuvent par endroits tomber malades. Dans l'hindouisme ­ qui en réalité est le nom d'un ensemble de religions diverses -, il y a des éléments grandioses, mais aussi des aspects négatifs : le système des castes, la crémation des veuves, (lire la suite) qui s'est pratiqué à l'origine à partir de représentations symboliques ; il faudrait également citer les aberrations du saktisme, pour donner encore quelques exemples. Même l'islam, avec toute la grandeur qu'il propose, est toujours exposé à perdre son équilibre, à céder à la violence, et à laisser la religion dévier vers l'extériorité et le ritualisme. Naturellement, il y a aussi, comme nous le savons, les formes malsaines du christianisme : ainsi lorsque les croisés, lors de la conquête de Jérusalem (...) ont pour leur part occasionné un bain de sang entre musulmans et juifs. Le fait religieux nécessite un discernement : discernement entre les formes de religion et distinction à l'intérieur même de la religion, sur sa propre grandeur. En mettant sur le même pied les contenus des religions et l'idée qu'elles sont différentes et néanmoins semblables, on n'avance guère. Le relativisme est dangereux pour l'homme, pris individuellement ou comme membre de la société. Le refus de la vérité ne sauve pas l'homme. Nul ne saurait admettre la somme du mal qui a été commis dans l'histoire au nom de bons sentiments et de bonnes intentions.

Cardinal Ratzinger, Foi, vérité, tolérance, Paris, 2005, p. 218-219.

mardi 29 avril 2008

Sainte Catherine de Sienne

Sainte Catherine de Sienne

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) a été proclamée docteur de l'Église en 1870, pour le contenu doctrinal de ses Lettres et du Dialogue ou Livre de la doctrine divine.
Sainte Catherine vit à une époque où l'Église est profondément divisée, le pape - qu'elle qualifie de "doux Christ sur la terre" - se trouvant à Avignon. Sous l'inspiration divine, elle travaillera à le ramener à Rome, tant en allant rencontrer Grégoire IX en Avignon qu'en lui écrivant par la suite. Le retour dans la Ville sainte a finalement lieu (lire la suite) le 13 septembre 1376. Ce fait est impressionnant de la part d'une femme sans instruction, qui ne sait pas écrire ni lire. De plus, les rivalités entre villes italiennes sont monnaie courante. Le pape Grégoire XI la charge de ramener la paix à Sienne, puis à Florence. Mais elle ne peut éviter le schisme qui intervient en 1378 et qu'elle pressentait : elle avait multiplié les appels à l'unité dans ses lettres. Animée d'une mystique du "saint passage", de la croisade, elle ressent un vif désir du martyr, offrant sa vie pour le pape et pour l'Église.
Menant une vie extrêmement austère, Catherine est continuellement assistée de Dieu, avec qui elle s'entretient fréquemment. Elle est gratifiée d'extases et de grâces exceptionnelles. Sa sainteté est reconnue de son vivant, et nombre de personnes sont guéries à son contact ou se convertissent en venant l'écouter, même les plus récalcitrants. Une "famille" de "spirituels" se regroupe autour d'elle, aussi bien religieux de différents ordres que laïcs, qui l'accompagnent dans ses déplacements. Elle reçoit la grâce des stigmates, les marques dans son corps des blessures du Christ lors de sa Passion. Elle promeut aussi le renouveau de la vie religieuse.
Le bienheureux Raymond de Capoue, longtemps directeur de conscience de Catherine, a écrit un ouvrage, Legenda B. Catharinae Senensis, ou Legenda major, qui, sans être une biographie proprement dite, montre la sainteté de Catherine conformément au critère de sainteté alors reconnu, le miracle. Son récit en foisonne. Il montre bien le grand amour de Dieu qui animait la sainte.