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mercredi 30 juin 2010

Complainte de l’exilé (4)

Complainte de l’exilé (4)

Mon cœur fond durant la sainte messe. Tu y es présent, Seigneur, bien réellement. Et en même temps je n’en ressens qu’avec plus d’acuité le désir de vivre avec toi, par toi et en toi. De ne faire qu’un, de disparaître à moi-même pour que tu gouvernes ma vie et fasses de moi ce que tu veux, que tu te serves de moi comme d’un instrument docile à tes inspirations. Nous sommes ensemble et je voudrais que nous le soyons pleinement et à tout jamais. C’est déjà du bonheur, mais ce n’est pas le bonheur. « Pourquoi es-tu abattue, ô mon âme, et gémis-tu en moi ? » (Psaume 42, 6), alors que nous nous retrouvons pour l’offrande sublime du Fils à son Père en notre faveur à tous, alors que nous participons à cette oblation en y adjoignant toute notre existence qui, (lire la suite) de ce fait, acquiert une dimension cosmique, prend des proportions divines.
Comment être triste, alors même que c’est le sacrifice de la Croix qui est rendu présent ? Mais il est victoire sur le monde. Il signifie la défaite cuisante du diable, dont nous subissons les derniers soubresauts, comme l’hydre dont on a coupé la tête continue de se tordre dans des convulsions dérisoires. Ô mon âme, « espère en Dieu, car je le louerai encore, lui, le salut de ma face et mon Dieu » (Psaume 42, 6-7). Oh ! vraiment, « Yahvé est ma lumière et mon salut : qui craindrais-je ? Yahvé est le rempart de ma vie : de qui aurais-je peur ? » (Psaume 27, 1). Rien ne peut m’inquiéter. « Même quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ; ta houlette et ton bâton, c’est mon réconfort » (Psaume 23, 4).
Moi avec toi et toi avec moi. Ma compagnie ne t’effraie pas. Tu sais surmonter la répugnance que j’inspire parce que « tu es mon Berger » (Psaume 23, 1). « Asperge-moi avec l’hysope » (Psaume 51, 9). Mon Dieu, « aie pitié de moi ! Guéris mon âme, car j’ai péché contre toi ! » (Psaume 41, 5). « Agis envers ton serviteur selon ta miséricorde » (Psaume 119, 124). Je ne te demanderai jamais assez d’avoir pitié de moi, de me pardonner mon péché. « C’est contre toi, toi seul, que j’ai péché » (Psaume 51, 6). « En moi mon âme est abattue » (Psaume 42, 7), en considérant cette masse d’iniquité. « En moi mon âme est abattue ; aussi je pense à toi, du pays du Jourdain et de l’Hermon, du Mont Miçar » (Psaume 42, 7), du pays de l’Eucharistie, du Cénacle où nous nous retrouvons et où je viens refaire mes forces. « Seigneur, tu sais tout, tu sais que je t’aime » (Jean 21, 17).
Je ne le prouve peut-être pas beaucoup. Pourtant, tu le sais mieux que moi. Si je t’aime, c’est d’ailleurs parce que tu m’apprends à aimer, et que tu me donnes l’amour avec lequel tu veux que je t’aime ! Autrement, j’en serais bien incapable. Tu sais donc que ce sont des sentiments sincères. Mais que je puisse faire mieux, mille fois mieux, voilà qui est clair ! C’est pourquoi « je pense à toi ».Ta simple évocation réjouit mon cœur, me stimule. Alors ta fréquentation produit de tous autres effets.

(à suivre…)

mardi 29 juin 2010

Complainte de l’exilé (3)

Complainte de l’exilé (3)

Il est vrai que tu pourrais me répondre que tu le tolères, en effet, mais que tu me tolères aussi, moi qui, tout en étant ton fils, suis un pécheur. « Si un ennemi m’outrageait, je supporterais la chose si celui qui me hait se dressait contre moi, je me cacherais devant lui. Mais c’était toi, mon compagnon, mon ami et mon familier, avec qui j’entretenais une douce intimité » (Psaume 55, 13-15). Je le sais. J’en suis conscient. Je t’en demande pardon. C’est bien pour cela que je veux voir ton visage. Car, alors, c’en sera fini de mes incartades. Alors ma louange se joindra définitivement à celle des neuf chœurs des anges et de tous les élus du paradis. Quand te verrai-je face à face ? Je comprends qu’il te soit pénible d’avoir affaire à quelqu’un d’aussi peu reconnaissant que moi, d’aussi inconstant, qui est encore si loin d’être ce qu’il devrait être, un saint ! Pardonne-moi. « Si tu gardes le souvenir des iniquités, ô Yahvé, Seigneur, qui pourra subsister ? » (Psaume 130, 3). Il n’y aura plus personne pour te servir. Et là, les méchants pourront dire : « Où est leur Dieu ? »
« Je me rappelle – et mon cœur fond en moi – quand, m’avançant avec la foule, je les conduisais vers la maison de Dieu » (Psaume 42, 5). Mon cœur fond en moi, car le souvenir de tes bienfaits, l’évocation de ta bienveillance font naître en moi des sentiments de reconnaissance et éveillent ma capacité à aimer. « Goûtez et voyez comme Yahvé est bon ! » (Psaume 34, 9). Oh ! oui, tu es bon ! Et pourquoi ambitionner autre chose ? Car tu donnes « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante » (Luc 6, 38). Et cette mesure, c’est toi, qui dépasse toute espérance, qui transcende toute prévision, toute aspiration. « Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, c’est ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Corinthiens 2, 9). « Quand irai-je contempler la face de Dieu ? (…) Je me rappelle – et mon cœur se fond en moi – quand, m’avançant avec la foule, je les conduisais vers la maison de Dieu, aux accents et aux acclamations et des hymnes d’action de grâces, dans un cortège de fête » (Psaume 42, 3.5). Tel devrait être le cas chaque fois que je reviens dans ton temple pour y célébrer, avec l’Eglise tout entière, l’Auguste Sacrifice de notre Rédemption, l’action de grâces par excellence. Venez, crions de joie, car le Seigneur est ressuscité, il est mort et il est ressuscité, car la Vie l’a emporté sur la mort.

(à suivre…)

lundi 28 juin 2010

Complainte de l’exilé (2)

Complainte de l’exilé (2)

C’est tout mon être qui est tendu vers toi, qui te désire, ô mon Dieu. C’est une quête, une attente de tous les instants. « Mon âme t’a désiré pendant la nuit, et en moi mon esprit dès l’aube aspire vers toi » (Isaïe 26, 9). Dès mon réveil, dès que je me lève, je pars à ta poursuite. Je fais de nouveau l’assaut de ta forteresse. Je sais bien que je ne suis pas digne de paraître en ta présence. Mais c’est toi qui mets en moi cette profonde aspiration. Si bien que tu te contrains toi-même à exaucer ma pétition, à te manifester au pauvre pécheur que je suis encore.
« Quand irai-je contempler la face de Dieu ? Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit » (Psaume 42, 3-4). Car les mondains ne cessent de me tourner en dérision. (lire la suite) Nous sommes la cible de leurs dards acérés, qu’ils décochent continuellement contre toi et les tiens. C’est bien toi qu’ils visent à travers nous. Tu nous l’as fait savoir : « Bienheureux serez-vous quand les hommes vous haïront, quand ils vous banniront, quand ils vous insulteront et proscriront votre nom à cause du Fils de l’homme. En ce jour-là, soyez dans la joie et tressaillez d’allégresse, car votre récompense sera grande dans le ciel » (Luc 6, 22-23). Les gens de notre époque, comme des époques antérieures, ne cessent de se moquer de nous, de se gausser en répétant d’un air narquois : « Où est votre Dieu ? » Vas-tu les laisser rire ainsi de toi ? « Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce que nous ont valu nos actes » (Luc 23, 41), mais toi, Seigneur, « tu n’as rien fait de répréhensible » (Luc 23, 41). Au contraire, tous reconnaissaient : « Il a tout fait à la perfection » (Marc 7, 37). « Pourquoi dirait-on parmi les peuples : « Où est leur Dieu » ? » (Joël 2, 17).
Pourtant ils le disent. Ils hurlent après ceux qui proclament la vérité, « à temps et à contretemps » (2 Timothée 4, 2). Ils injurient ton vicaire le pape et le traînent dans la boue. Ils salissent ces autres christs que sont tes ministres. Tu as pourtant dit : « Ne touchez pas à mes christs » (1 Chroniques 16, 22). Mais eux n’en ont cure. On dirait que jamais le malin n’a été aussi libre d’agir et de répandre son venin, que le mal n’a jamais été aussi étendu, aussi bien accueilli par autant de cœurs pervertis ! Et tu tolères cela !

(à suivre…)

dimanche 27 juin 2010

Complainte de l’exilé (1) (Psaumes 42 et 43)

Complainte de l’exilé (1) (Psaumes 42 et 43)

Je me sens en exil ici-bas. Aussi fais-je mienne la complainte du psalmiste. « Comme le cerf soupire après les eaux courantes, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! » (Psaume 42, 2). Que c’est donc vrai ! Je soupire après toi. Je voudrais vivre en ta présence, te voir, t’entendre. Je voudrais partager ton existence, parce qu’« il est bon pour nous d’être ici » (Luc 9, 33), avec toi. En vivant dans ta proximité, je peux m’appuyer sur toi et apprendre de toi. Fais que tu sois mon horizon, Seigneur. Que je me tourne vers toi sans cesse, que je vive en ne pensant qu’à toi, que je n’agisse que pour toi et avec toi. Mon âme aspire à vivre avec toi, car toi seul peux combler l’aspiration au bonheur qu’elle abrite, que tu lui as infusée, et que rien ici-bas ne peut satisfaire. C’est mon espérance quotidienne. (lire la suite) « Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant » (Psaume 42, 3). Une soif que tu y mets toi-même, une soif de toi que seule ta venue en moi peut désaltérer.
Heureusement pour nous, tu as prévu une étape intermédiaire, une progression comme par degrés. Avant l’union pleine et définitive en quoi consiste le ciel, tu as voulu et permis que nous te soyons unis réellement par le sacrement de l’Eucharistie. Tu nous donnes ta chair comme vraie nourriture et ton sang comme vraie boisson (Jean 6, 55), afin que tous, nous ne fassions qu’un avec toi, tout comme toi tu ne fais qu’un avec le Père (Jean 17, 22-23). C’est déjà quelque chose de prodigieux, qui nous donne un avant-goût des réalités célestes, des biens d’en-haut, « là où le Christ assis à la droite du Père » (Colossiens 3, 1), ces biens avec lesquels il n’y aura plus d’insatisfaction ni d’imperfection. « Mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, comme une pierre aride et assoiffée, faute d’eau » (Psaume 63, 2). « Je tends les mains vers toi » (Psaume 143, 6), car il n’y a que toi qui puisses me venir en aide et répondre à ce désir de bonheur qui m’habite. C’est en toi, et toi seul, que je peux me confier. Tu m’as créé pour toi, tu as mis le bonheur comme destinée finale, et même intermédiaire, à ma vie. Tu m’as fait pour vivre heureux en ta présence. Alors, « quand irai-je contempler la face de Dieu ? » (Psaume 42, 3). En vérité, de tout mon cœur, « il est une chose que je demande à Yahvé, je la désire ardemment : c’est d’habiter dans la maison de Yahvé, tout le temps de ma vie, pour jouir de la douceur de Yahvé et pour contempler son sanctuaire » (Psaume 27, 4). Cela me suffit. Il n’y a rien d’autre à attendre, plus aucune sollicitation externe qui puisse se faire sentir. Car la vie avec toi, en toi, comble sans combler, apporte une joie toujours neuve et renouvelée sains cesse, toujours accrue aussi. « Jouir de la douceur de Yahvé », toi qui es le Dieu « doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29).

(à suivre…)

samedi 26 juin 2010

26 juin : saint Josémaria

26 juin : saint Josémaria

En ce jour de la fête de saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei, voici quelques réflexions sur le message qu’il a proclamé à partir de 1928.

Il avait été beaucoup question jusque-là de travail manuel au monastère, de travail comme tâche ecclésiastique, mais guère de travail dans le monde, de travail professionnel du laïc courant.

Or, l’essence de l’Opus Dei consiste à proclamer qu’« il n’y a pas sur terre un travail humain noble qui ne puisse être divinisé, qui ne puisse être sanctifié. (…) Le travail est intimement lié à l’essence même de la spiritualité propre aux membres de l’Opus Dei : l’exercice de la profession ou du métier, éminent ou humble, selon les critères humains, car, pour Dieu, la catégorie du métier dépend de la catégorie surnaturelle de celui qui l’exerce » (saint Josémaria, Lettre, 31 mai 1954). (lire la suite)

Telle est la nouveauté, bien souvent encore actuelle, de l’esprit de l’Opus Dei. « Une nouveauté qui n’est pas celle de nouveaux moyens ascétiques ou de nouvelles méthodes apostoliques, mais qui consiste à voir sous un jour plus profond les choses de toujours, la vie ordinaire et courante, le travail professionnel. Tel est le charisme – don de Dieu – qui donne sa consistante théorique et pratique à l’Opus Dei, tel est le message qu’il diffuse dans l’Eglise depuis 1928.

Et en le répandant, l’Opus Dei a contribué, dans une grande mesure, à éclairer d’une lumière nouvelle certaines vérités évangéliques, et spécialement l’appel universel à la sainteté, la mission spécifique du laïcat et sa position au sein de la communauté ecclésiale avec tout ce qu’elle implique : « La légitime liberté personnelle des hommes ; le devoir que chaque homme a d’assumer la responsabilité qui lui incombe dans les tâches terrestres ; l’obligation pour chacun de défendre la liberté des autres, tout autant que la sienne propre, et de vivre avec tous ; la charité qui consiste à accepter les autres tels qu’ils sont – parce que chacun de nous commet des fautes et des erreurs – en les aidant, avec la grâce de Dieu et généreusement, à s’amender, afin que nous puissions nous entraider et porter dignement le nome de chrétiens » (24 mars 1931) » (J.-L. Illanes, La Sanctification du travail, Paris, Le Laurier, 2e éd., 1985, p. 138, ouvrage particulièrement utile pour bien comprendre l’esprit de l’Opus Dei).


vendredi 25 juin 2010

Confiance en Dieu (7)

Confiance en Dieu (7)

Oui, mon Dieu, toute ma vie durant « je t’offrirai des sacrifices d’action de grâces » (Psaume 56, 13). Et au ciel à tout jamais, au ciel où j’espère que, dans ton extrême bonté, tu voudras bien m’admettre un jour, parce que je suis ton fils et que je me reconnais tel. Je ne le mérite certes pas. Mais jamais je ne le mériterai. Donc, pour toi il est simple de m’y admettre quand même. Car je proteste de grand cœur que je suis ton fils. Et Marie, ma Mère, qui aussi est d’abord ta Mère, peut témoigner en ma faveur, si besoin est. Ce sera certainement nécessaire. Elle ne fera pas défaut. C’est absolument certain. « Car tu as préservé mon âme de la mort » (Psaume 56, 14). Grâce à elle, grâce à Marie, car elle parle pour moi et pour chacun de nous. (lire la suite) Et tu laisses ton cœur s’attendrir en entendant les accents maternels et touchants avec lesquels elle défend notre cause. « Car tu as préservé mon âme de la mort, et mes pieds des faux pas, afin que je marche devant Dieu dans la lumière des vivants » (Psaume 56, 14). Désormais, tous les jours de ma vie « je marcherai en présence de Yahvé sur la terre des vivants » (Psaume 116, 9). Je suis dans la joie et la reconnaissance éperdues. Car tu es mon Dieu Sauveur, celui qui ne déçoit jamais, dont la miséricorde n’est jamais prise en défaut. « J’ai eu confiance, alors même que je disais : « Je suis malheureux à l’excès ! » Je disais dans mon trouble : « Tout homme est trompeur. » Que rendrai-je à Yahvé pour tous es bienfaits à mon égard ? J’élèverai la coupe de la délivrance et j’invoquerai le nom de Yahvé. J’acquitterai mes vœux envers Yahvé en présence de tout son peuple » (Psaume 116, 10-14). Et ce, jour après jour, j’avancerai jusqu’à « l’autel de Dieu, au Dieu qui est ma joie et mon allégresse » (Psaume 43, 4).
Il n’y a de bonheur vrai et inaltérable que dans le commerce avec mon Dieu, le Dieu trois fois Saint. Aussi puis-je affirmer sans forfanterie, sans présumer de l’accomplissement de cette assurance : « Je suis sûr que je verrai la bonté de Yahvé sur la terre des vivants » (Psaume 27, 13), sur la terre ici-bas, mieux et plus encore dans la patrie céleste. « Hosanna au plus haut des cieux » (Matthieu 21, 9). « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Luc 13, 35). J’ai mis mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa parole. Et sa parole est la Parole de pardon et d’Amour. Et sa Parole est Vie jaillissant pour l’éternité

(fin)

jeudi 24 juin 2010

Confiance en Dieu (6)

Confiance en Dieu (6)

« C’est en Dieu, dont je loue la promesse, c’est en Dieu que je cherche refuge : que peut me faire un homme ? » (Psaume 56, 11-12). Parole de vérité et de sagesse, expérimentée elle aussi. « Si Dieu est pour nous, qui peut être contre nous ? » Romains 8, 31). Et si Dieu est avec nous, que peuvent nous faire les hommes ? Nous faire mourir ? Mais si nous mourons pour notre foi, n’est-ce pas le meilleur service qu’ils puissent nous rendre ? Nous ne désirons rien plus fermement et ardemment que de parvenir à la patrie céleste, que de partager sans entrave ni obstacle la vie même de Dieu. Nous ne recherchons pas le martyre, mais s’il doit venir, Dieu pourvoira. Il assistera son élu. Il est et sera toujours mon refuge. « Mon refuge et ma force » (Psaume 46, 2), « qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). (lire la suite) « Ne crains pas, petit troupeau » (Luc 12, 32). Mais si Dieu est mon lot et mon partage, si je reste fermement ancré en lui, si je m’arrime à lui, « que peut me faire un homme » (Psaume 26,12), même si cet homme est endiablé ?
Les vœux que je t’ai faits, ô Dieu, j’ai à les acquitter » (Psaume 56, 13), « en présence de tout son peuple, dans les parvis de la maison de Yahvé, dans ton enceinte, Jérusalem ! » (Psaume 116, 18-19), car j’ai promis de publier ta louange si tu m’exauçais. Je me suis engagé à t’offrir un sacrifice d’action de grâce parce que tu as pris soin de ton serviteur et que tu l’as couvé « comme une poule couve ses poussins » (Matthieu 23, 37). Ce qui est une image bien expressive de ton amour paternel et maternel, Seigneur, de l’immense affection que tu nous portes. C’est toi, d’ailleurs, qui me dis : « Offre en sacrifice à Dieu l’action de grâces, et acquitte tes vœux envers le Très-Haut » (Psaume 50, 14). Et je m’empresse à te faire allégeance de toute ma personne, de tout mon être. Je ne m’appartiens pas. Du moment que tu m’as arraché à la puissance des ténèbres » (Colossiens 1, 13), que tu m’as préservé des dards de mes ennemis, que tu m’as mis à l’écart, je n’ai plus qu’à passer mes jours dans la joie de te servir et de publier tes bienfaits, de proclamer sur tous les toits une année de bienfaits du Seigneur. « Il m’a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux malheureux, pour annoncer aux captifs leur libération et aux aveugles l’usage de leurs yeux, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur » (Luc 4, 18-19).

(à suivre…)

mercredi 23 juin 2010

Confiance en Dieu (5)

Confiance en Dieu (5)

« Je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre encore fut ouvert : le Livre de vie. Les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres, selon leurs œuvres » (Apocalypse 20, 12). « Et ils s’en iront, ceux-ci pour être châtiés éternellement, les justes, au contraire, pour vivre éternellement » (Matthieu 25, 46). « Et beaucoup de ceux qui dorment dans la terre qui est poussière se réveilleront, les uns pour une vie éternelle, les autres pour la honte, pour une réprobation éternelle. Les sages seront resplendissants comme de la splendeur du firmament et ceux qui auront rendu justes des multitudes seront comme les étoiles, éternellement et toujours » (Daniel 11, 2-3). Ce sera « la vie éternelle pour ceux qui, (lire la suite) en persévérant dans les bonnes œuvres, recherchent gloire, honneur et immortalité ; la colère et le courroux pour les esprits rebelles et pour ceux qui, indociles à la vérité, sont dociles à l’injustice » (Romains 2, 7-8). Parole du Seigneur Tout-Puissant.
« Alors mes ennemis retourneront en arrière, au jour où je t’invoquerai ; je le sais, Dieu est pour moi » (Psaume 56, 10). Ils battront en retraite, tôt ou tard, car Dieu est le Fort, le Dieu des armées, le Dieu Sabaoth. Il commande en maître et, à sa voix, les eaux se fendent pour laisser passer son peuple, puis se referment sur ses poursuivants et les engloutissent (Exode 14, 15-31). Dieu a libéré son peuple « d’une main puissante » (Exode 3, 19). Ce qu’il a fait pour tout le peuple, ne peut-il le faire pour un seul de ses serviteurs, qu’il voit dans une mauvaise passe à cause de son Nom ?
D’autant que, comme David le sait bien, « Dieu est pour moi » (Psaume 56, 10), lui qui est venu le chercher de derrière le troupeau de brebis dont il avait la garde (1 Samuel 16, 11-13), ce que Dieu n’omettra pas de lui rappeler en temps opportun : « « Je t’ai pris au pâturage, derrière les brebis, pour être prince sur mon peuple, sur Israël ; j’ai été avec toi, partout où tu allais » (2 Samuel 7, 8). David et le peuple tout entier ont fait l’expérience de cette présence bienveillante de Dieu. Et pas uniquement lors de la traversée de la mer Rouge. L’on raconte dans les chaumières les hauts faits de Dieu pour les siens, les magnalia de Dieu (Exode 14, 13). Incontestablement « si Yahvé n’avait été pour nous – qu’Israël se le dise ! – si Yahvé n’avait pas été pour nous, quand les hommes se sont élevés contre nous, alors ils nous auraient dévorés vivants dans leur ardente colère contre nous » (Psaume 124, 1-3). C’est un constat d’évidence. Si tel ne fut pas le cas, c’est bien parce qu’Elohim était avec eux.

(à suivre…)

mardi 22 juin 2010

Confiance en Dieu (4)

Confiance en Dieu (4)

« Que les pécheurs disparaissent de la terre, et que les méchants ne soient plus » (Psaume 104, 35). Cela se conçoit plus aisément. « Toujours vous aurez des pauvres avec vous » (Matthieu 26, 11). En particulier de ces vrais pauvres, les plus pauvres de tous, qui sont privés des richesses morales, qui ont rejeté le Bien et Dieu avec lui. « Jette-les dans la confusion par ta force, et abats-les » (Psaume 59, 12).
« Tu as compté mes pas errants ; tu as recueilli mes larmes dans ton outre ; ne sont-elles pas inscrites dans ton livre ? » (Psaume 56, 9). Dieu tient un compte exact des paroles et des actes de tout un chacun, même de ses omissions. Tout est inscrit dans le Livre de vie.. (lire la suite) De vie ou de mort, pour ceux qui ont choisi satan, qui ont opté pour servir le mal, pour faire sciemment du tort aux autres, pour être des engins de mort, comme Saül prétendait l’être envers David. Et Dieu dit cette parole terrible à son encontre : « Je me repens d’avoir fait roi Saül, car il s’est détourné de moi, et il n’a pas exécuté mes paroles » (1Samuel 15, 11). Dieu qui repent de son choix, comme Jésus se repentira plus tard du choix qu’il a fait de Judas : « Il eût mieux valu pour cette homme-là qu’il ne fût pas né » (Marc 14, 21). Ce n’est pas que Dieu se soir trompé. C’est l’homme qui a trompé Dieu. Cela ne veut pas dire que l’homme fait échouer les plans de Dieu. A ses dépens et inconsciemment, Judas précipite les événements et contribue – sinistre collaboration que celle-là – a ce que la Rédemption soit menée à bien. Je ne dis pas que nous allons l’en remercier. En lui plus qu’en aucun autre s’accomplissent ces mots : « Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Romains 8, 28).
Ce ne sont pas seulement les larmes copieuses de David qui sont inscrites sur les registres divins - la nuit il inonde son lit… - mais tous ses actes. « Yahvé a été attentif, il a entendu, et un mémorial a été écrit devant lui, pour ceux qui craignent Yahvé et qui estiment son nom » (Malachie 3, 16). Il peut être tranquille, notre David. « Ma substance ne t’était point cachée, lorsque je t'ai façonné dans le secret, tissé avec art dans les profondeurs de la terre. Tes yeux voyaient mes actions, qui toutes étaient inscrites sur ton livre. Les jours sont disposés avant qu’aucun d’eux soit encore » (Psaume 139, 15-16). « Tout est nu et sans masque aux yeux de celui dont nous parlons » (Hébreux 4, 13). « Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres » (2 Timothée 4, 14).

(à suivre…)

lundi 21 juin 2010

Confiance en Dieu (3)

Confiance en Dieu (3)

« Que peut me faire un mortel ? Tout le jour ils me prennent à partie, toutes leurs pensées sont contre moi pour me nuire. Ils se réunissent, ils tendent des embûches, ils épient mes traces, ils en veulent à ma vie » (Psaume 56, 5-7). Point de repos ni de répit. « Le méchant épie le juste, et il cherche à le faire mourir. (…) Les méchants tirent le glaive et bandent leur arc pour abattre l’humble et le pauvre, pour égorger ceux qui suivent la voie droite » (Psaume 37, 32.14). Ils délibèrent sur le moyen de se saisir de nous et de nous mettre à mort (Matthieu 26, 4). « Il fut décidé par eux qu’ils le feraient mourir » (Jean 11, 53). Le démon ne supporte pas le bien, et il complote la mort du juste. Il trouve toujours des sbires prêts à se soumettre à lui, à lui faire allégeance, à se réclamer de lui, et rien ne peut le réjouir autant que d’asservir les âmes, (lire la suite) de les tenir bien en laisse, dans des chaînes en réalité, et de les manipuler comme des marionnettes. L’on imagine leurs conciliabules dans des officines de luxe qui ont pignon sur rue, qui bénéficient de la complicité de qui devrait s’en méfier ! « Pour leur iniquité paie-les en retour ! Dans ta colère, ô Dieu, abats les peuples ! » (Psaume 56, 8). Là David va peut-être un peu loin. La solution par le vide est expéditive, mais pas la plus glorieuse. C’est même la solution de la facilité, qui élimine la Croix. Il vaut mieux affronter les difficultés avec, au poing, l’arme de la Croix. Je préfère entendre David demander : « Qu’ils soient honteux et confus ceux qui en veulent à ma vie ; qu’ils reculent et rougissent ceux qui méditent mon malheur ! (…) Qu’ils soient confondus et honteux tous ensemble ceux qui se réjouissent de mon malheur ! Qu’ils soient couverts de honte et d’ignominie ceux qui s’élèvent contre moi » (Psaume 35, 4.26). J’aime moins quand il te pose cette question : « Ne dois-je pas, Yahvé, haïr ceux qui me haïssent, et avoir en horreur ceux qui se dressent contre toi ? » (Psaume 139, 21) et qu’il ajoute : « Je les hais d’une haine totale, ils sont pour moi des ennemis » (Psaume 139, 22). La haine n’est-elle pas ce qui a conduit ton Fils à la mort. « Crucifie-le ! » (Luc 23, 21), scandaient-ils. N’était-ce pas un cri de haine ? L’acharnement des grands prêtres à dénoncer Jésus devant Pilate et à en obtenir une sentence de condamnation à mort, semblable à celle que leur grand Conseil avait porté, n’était-elle pas empreinte de haine ? La haine n’est pas bonne conseillère. « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras pas ; celui qui tuera est bon pour la condamnation. – Et moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère est bon pour la condamnation. Quiconque dira à son frère : Raca ! est bon pour le sanhédrin. Quiconque lui dira : Fou ! est bon pour aller à la géhenne de feu » (Matthieu 5, 21-22). Mais David est encore dans le contexte de la loi du talion, « œil pour œil et dent pour dent ». Nous ne pouvons pas lui en vouloir de réagir comme cela.

(à suivre…)

dimanche 20 juin 2010

Confiance en Dieu (2)

Confiance en Dieu (2)

« C’est en Dieu, dont je loue la promesse, c’est en Dieu que je cherche refuge : que peut me faire un mortel ? » (Psaume 56, 5). « J’espère en Yahvé, mon âme espère en sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs l’aurore » (Psaume 130, 5-6). David peut entendre en réponse cette parole d’encouragement qui est toute une promesse de Dieu : « Je ne te laisserai pas ni ne t’abandonnerai. En sorte que nous pouvons dire avec reconnaissance : Le Seigneur est mon secours : je ne craindrai pas. Que peut me faire un homme ? » (Hébreux 13, 5-6). Voilà un raisonnement sain, surnaturel, objectif. Telle doit être notre conviction. (lire la suite) Encore une fois, on pourrait nous ôter violemment la vie. Qu’importe de mourir si c’est mourir pour Dieu. « Il n’est pas de disciple qui soit au-dessus de son maître » (Luc 6, 40). « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi » (Jean 15, 20). Mais « Yahvé est avec moi, je ne crains rien : que peuvent me faire les hommes ? Yahvé est avec moi, il est mon secours : aussi je verrai la ruine de mes ennemis » (Psaume 118, 6-7). David peut attendre à bon droit un renversement de situation : « Yahvé est avec moi, il est mon secours ». « Même quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal » (Psaume 23, 4).Cette affirmation est le fruit d’une longue expérience : « Mieux vaut chercher un refuge en Yahvé que de mettre sa confiance dans les hommes » (Psaume 118, 8). En toute vérité, « ainsi parle Yahvé : Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme, qui prend la chair pour son secours, et dont le cœur s’écarte de Yahvé » (Jérémie 17,5) du même coup et nécessairement. En revanche, « béni soit l’homme qui se confie en Yahvé : Yahvé répondra à sa confiance » (Jérémie 17, 7).
« Que peut me faire un mortel ? » (Psaume 56, 5). Ma foi, il peut bien me mettre à mort. C’est ce que David craint précisément. C’est bien pour cela qu’il est allé frapper à la porte de ses ennemis, qu’il craint moins que ceux de sa propre famille ! C’est troublant. Cela reste la règle chez certains. Nous voyons, hélas, que le pape est plus critiqué et plus couvert de crachats par certains catholiques que par des non croyants. C’est le mystère de l’iniquité à l’œuvre Le cheval de Troie dans la place. Les sbires du diable qui en veulent au nouveau David et n’ont de cesse de vilipender celui qui est leur père, notre père commun. Ils scient la branche sur laquelle ils sont assis…

(à suivre…)

samedi 19 juin 2010

Confiance en Dieu (1) (Ps 56)

Confiance en Dieu (1)(Ps 56)

« De David. Poème. Lorsque les Philistins le saisirent à Gat » (Psaume 56, 1). Le saisirent ou qu’il vint chercher un abri chez eux. Il est pourtant le roi d’Israël, oint tel par Samuel sur l’indication expresse du Dieu Tout-Puissant. Mais Saül le jalouse et se mit en tête de le faire périr, lors que David était devenu son gendre. L’esprit humain est bien tordu et retors. « David se leva et s’enfuit ce même jour loin de Saül ; il se rendit chez Akich, roi de Gat. Les serviteurs d’Akich lui dirent : « N’est-ce pas là David, roi du pays ? N’est-ce pas celui pour lequel on dansait en chantant : Saül a abattu ses mille, et David ses dix mille ? » (1Samuel 21, 11-12). Entendant ce commentaire, David eut peur d’être jeté en prison, ou de servir de monnaie d’échange. Il craignit d’être tombé de Charybde en Scylla. Aussi feignit-il d’être fou : « Il travestit alors son intelligence à leurs yeux et fit l’insensé entre leurs mains ; il tambourinait sur les battants des portes, et il laissait couler sa salive sur sa barbe » (1 Samuel 21, 14). Ce que voyant, le roi Akich fut persuadé d’avoir affaire à un homme dépourvu de sens : « Vous voyez bien que cet homme est un dément, pourquoi me l’avez-vous amené ? Est-ce que je manque de déments, que vous m’ameniez celui-ci, pour qu’il fasse des démences à mon égard ? » (1 Samuel 21, 15-16).
Dans sa solitude, David compose sa prière à Yahvé sur l’air d’« une colombe au lointain » (Psaume 56, 1). Et il dit, dans une supplication qui traduit sa confiance en Dieu dans la détresse : « Aie pitié de moi, ô Dieu, car on me foule aux pieds ; sans arrêt on me fait la guerre, on m’opprime. Mes adversaires s’acharnent sans cesse, car ils sont nombreux ceux qui me combattent » (Psaume 56, 2-3). Il faut dire que Saül s’est lancé à sa poursuite et lui mène une guerre sans trêve. Son fils Jonathan arrive bien à le calmer par moments. Mais pas pour longtemps. « Ils sont nombreux ceux qui me combattent » (Psaume 56, 3). David déclare alors avec humilité et sagesse : « Ô Très-Haut, le jour où la crainte me gagnera, je chercherai refuge en toi » (Psaume 56, 4). Où d’autre pourrait-il aller ? Il est persécuté chez lui. Il doit simuler la folie chez l’adversaire philistin qui lui est apparu comme le seul lieu où il puisse jouir d’une tranquillité toute relative. Mais il lui reste Dieu. Et c’est l’essentiel. Il faut bien mourir un jour. Ce peut être de mort violente. Qu’importe, pourvu que ce soit en restant fidèle au Dieu trois fois Saint : « En toi, Yahvé, j’ai placé mon refuge : que jamais je ne sois confondu ! Dans ta justice sauve-moi ! Incline vers moi ton oreille, hâte-toi de me délivrer ! Sois pour moi un rocher inexpugnable, une forteresse pour me sauver ! » (Psaume 31, 2-3).

(à suivre…)

vendredi 18 juin 2010

La filiation divine (8)

La filiation divine (8)

Oui, réjouissez-vous avec le Seigneur, le Dieu des armées célestes. Car saint est son nom par tout l’univers. « Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité » (Daniel 2, 20). « Tu es digne, notre Seigneur et Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car c’est toi qui as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles ont eu l’existence et ont été créées » (Apocalypse 4, 11). « A celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau soient la bénédiction, l’honneur, la gloire et la domination pour les siècles des siècles ! » (Apocalypse 5, 13).
« Tressaillez de joie » (Psaume 2, 11), à cause de notre Dieu, de votre Dieu. Tressaillez de joie au contact de sa Bonté et de sa Justice, en présence des merveilles qu’il opère dans le monde. (lire la suite) Et servez-le avec crainte et tremblement, avec la crainte propre aux enfants bien nés qui ne veulent pas causer de déplaisir à leur père.
« Un ulcère mauvais et pernicieux frappa ceux qui avaient la marque de la Bête et qui adoraient sa statue. (…) Les hommes furent atteints de grandes brûlures, ils blasphémèrent le nom de Dieu qui est le maître de ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour Lui rendre gloire » (Apocalypse 16, 2.9). Revenez donc à votre Dieu avec de meilleurs sentiments. Revenez et convertissez-vous. Vous pouvez vivre en enfants de Dieu dans la maison paternelle, car, même enfouie sous les péchés, la condition radicale d’enfant de Dieu ne vous a pas délaissé. Elle fait corps avec votre nature.
« En tremblant, rendez-lui hommage de peur qu’il ne s’irrite et que vous périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite. » (Psaume 2, 12). « En toi je me confie : que je n’aie pas de confusion » (Psaume 25, 2). Seigneur, prends patience avec nous, car nous sommes foncièrement pécheurs. Cela nous colle à la peau ! Je me suis laissé dire que « celui qui est lent à la colère a une grande intelligence » (Proverbes 14, 29) et que « celui qui est lent à la colère est supérieur à un héros » (Proverbes 16, 32). Je te crois plus Père que Juge, même si tu l’es aussi. J’ai besoin que tu le sois plus encore. Je sais par conséquent qu’en te faisant confiance, je ne serai pas déçu. De toi, il n’y a aucune mauvaise surprise à attendre. Tu es toujours désireux que nous tendions la main vers toi pour quémander ta grâce. Tu la tiens toute préparée. Et je n’ai pas à beaucoup insister pour que tu te laisses fléchir en entendant ma pauvre prière : « Père, j’ai péché contre le ciel et à ton endroit » (Luc 15, 18). Parce que Heureux tous ceux qui mettent en lui leur confianceta paternité n’a pas été altérée et que ma filiation a subsisté malgré tout, a traversé les épreuves, tu es inlassablement sorti à ma rencontre jour après jour, dans l’espoir de me voir revenir à toi, moi, ton fils dévoyé, mais ton fils malgré tout. Alors que ce que tu espérais si ardemment s’accomplit enfin, comment pourrais-tu ne pas accéder à ma supplique, formulée avec une grande honte de mon péché et une componction véritable, et refuser de me réadmettre dans ta famille, qui reste la mienne ? « Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il a été retrouvé » (Luc 15, 32).

(fin)


jeudi 17 juin 2010

La filiation divine (7)

La filiation divine (7)

« Tu es mon Fils. (…) Fais-m’en la demande, et je te donnerai les nations pour héritage, et pour domaine les extrémités de la terre » (Psaume 2, 7-8). « Vous siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël » (Matthieu 19, 28). « Son règne est un règne éternel et son empire va de génération en génération » (Daniel 3, 100). Tout t’appartient, et puisque je t’appartiens moi aussi, le monde me revient en héritage. « Tout ce qui est à moi est à toi » (Luc 15, 31). « Auquel des anges a-t-il jamais dit : « Tu es mon fils, c’est moi qui t’engendre aujourd’hui ? » Et encore : « Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ? » (Hébreux 1, 5). Oui, nous avons du prix aux yeux de Dieu. Un prix qui n’est pas rien, car c’est le Sang que le Christ a dû verser sur la Croix. (lire la suite) Tel est le prix, le prix de notre rachat : « Vous avez rachetés à grand prix » (1 Corinthiens 6, 20).
« Ils verront son visage et ils auront son nom sur le front. Il n’y aura plus de nuit : donc nul besoin de la lumière d’un flambeau ou de la lumière du soleil, car le Seigneur Dieu les illuminera et ils régneront pour les siècles des siècles » (Apocalypse 22, 4-5). « Le Seigneur Yahvé essuiera les larmes sur tous les visages » (Isaïe 25, 8), et « la mort ne sera plus » (Apocalypse 21, 4).
« Tu les régiras avec une houlette de fer ; comme le vase du potier tu les mettras en pièces » (Psaume 2, 9). « Et j’entendis l’ange des eaux qui disait : « Tu es juste, ô toi qui es et qui fus, toi, le Saint, en exécutant ces châtiments. Parce qu’ils ont versé le sang des saints et des prophètes, tu leur as donné du sang à boire : ils le méritent. Et j’entendis l’autel qui disait : « Oui, Seigneur, Dieu Tout-Puissant, tes jugements sont conformes à la vérité et à la justice » (Apocalypse 16, 5-7). « Puis je vis le ciel ouvert et parut un cheval blanc. Celui qui le monte s’appelle Fidèle et Véridique : il juge et il combat avec justice. Ses yeux sont une flamme ardente, et il a plusieurs diadèmes sur la tête et il porte, inscrit, un nom qu’il est seul à connaître ; il est revêtu d’un manteau teint de sang ; son nom se dit : « Le Verbe de Dieu. » Les armées célestes le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues d’un lin fin d’une blancheur éclatante. De sa bouche sort un glaive aigu pour en frapper les nations : c’est lui qui les gouvernera avec une houlette de fer, et c’est lui qui foule la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu Tout-Puissant. Sur son manteau et sur sa cuisse il porte, inscrit, ce nom : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19, 11-16). « Et maintenant, rois, devenez sages ; prenez une leçon, juges de la terre. Servez Yahvé avec crainte, et tressaillez de joie pour lui » (Psaume 2, 10-11). Soyez sages, soyez raisonnables. Reconnaissez la seigneurie du Fils du Très-Haut. « Voici que je rénove toutes choses » (Apocalypse 21, 5). Une nouvelle création, un royaume nouveau, « plein de grâce et de vérité » (Jean 1, 14).

(à suivre…)

mercredi 16 juin 2010

La filiation divine (6)

La filiation divine (6)

Aujourd’hui, dans ton baptême, tu es rené, tu es redevenu mon fils, un enfant en qui j’ai ma complaisance (Luc 3, 22), en qui j’ai déposé mon espoir, sur qui j’ai reporté toute mon affection et dont j’espère qu’il ne me trahira pas à son tour. « La prière du juste agit avec une puissante efficacité » (Jacques 5, 16). Prions pour rester fidèles, tous et autant que nous sommes, et pour que beaucoup d’autres viennent à notre famille surnaturelle, s’engagent dans l’Eglise, renaissent de nouveau. « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère, et naître ? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s’il ne naît de l’eau et de l’esprit ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il vous faut renaître d’en-haut » (Jean 3, 4-7). (lire la suite)
Fils de Dieu ! « Père, me disait ce grand gaillard, bon étudiant de l’Université Centrale (que sera-t-il devenu ?) — en pensant à ce que vous m’avez dit… en pensant que je suis fils de Dieu ! je me suis surpris, dans la rue, « fier comme Artaban » au dehors et plein d’orgueil au dedans… Fils de Dieu ! » Je lui ai conseillé, en toute conscience, de cultiver l’« orgueil » (saint Josémaria, Chemin, n° 274). C’est vraiment étonnant, en effet. Il y a de quoi s’émerveiller à n’en plus finir, et de se surprendre. Enfants de Dieu ! C’est de la Bonté pure de la part de Dieu. Nous n’en revenons pas ! « Voyez quel grand amour nous a témoigné le Père, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu, ce que nous sommes ! » (1 Jean 3, 1). L’Apôtre l’avait déjà souligné : « Dieu, dans la richesse de sa miséricorde, poussé par le grand amour dont il nous a aimés, nous a fait revivre avec le Christ, alors que nous étions en l’état de mort pour nos fautes – c’est par grâce que vous êtes sauvés » (Ephésiens 2, 4-5). « Ensevelis avec lui par le baptême, en lui aussi et avec lui vous êtes ressuscités par la foi que vous aviez en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Colossiens 2,12). « Il nous a ressuscités avec lui et nous a fait asseoir avec lui dans les cieux en la personne du Christ Jésus » (Ephésiens 2, 6). « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en cette mort pour que, tout comme le Christ est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, pareillement nous marchions, nous aussi, dans le renouveau d’une autre vie » (Romains 6, 4). C’est la grande réalité de la nouvelle vie reçue au baptême, la grande réalité de la vie surnaturelle, de la vie de la grâce qui nous est donnée libéralement par Dieu. Pourquoi nous l’a-t-il accordée à nous de préférence à d’autres ? C’est un mystère. Le mystère de la gratuité de l’amour, qui se porte là où on le dirige, où on l’applique. Dieu est souverainement libre d’appeler qui il veut, de marquer sa préférence comme il l’entend, sans qu’il y ait là aucune forme d’injustice. C’est lui qui sait ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, puisqu’il est la Justice personnifiée.

(à suivre…)
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mardi 15 juin 2010

La filiation divine (5)

La filiation divine (5)

« Je vais publier le décret de Yahvé » (Psaume 2, 7). Le psalmiste va parler au nom de Dieu. Il va nous révéler qui est ce roi annoncé, qui va mettre « Hérode en émoi et toute la ville de Jérusalem avec lui » (Matthieu 2, 3) et tous les « puissants » de la terre, qui seront impuissants à entraver sa marche royale vers son trône de gloire qu’est la Croix. « Yahvé m’a dit : « Tu es mon Fils » (Psaume 2, 7). C’est « toi que j’ai tiré des extrémités de la terre, et que j’ai appelé des lointaines régions pour te dire : « Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné » (Isaïe 41, 9). « C’est peu que tu sois mon Serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les survivants d’Israël ; je t’établirai lumière des nations, (lire la suite) pour que mon salut arrive jusqu’aux extrémités de la terre » (Isaïe 49, 6). Et tu as dit : « J’ai du prix aux yeux de Dieu » (Isaïe 49, 5). Et Dieu dit : « Voici mon Serviteur, que je soutiens, mon élu, que j’agrée » (Isaïe 42, 1). « Tu les régiras avec une houlette de fer ; comme la vase du potier tu les mettras en pièces » (Psaume 2, 9), avec le pouvoir « que j’ai reçu moi-même de mon Père », dit le Seigneur (Apocalypse 2, 28).
Oui, j’ai du prix aux yeux de Dieu, puisque je suis son fils. Il nous a engendrés à la vie de la grâce quand il a créé nos premiers parents, Adam et Eve. Dès le départ, il a fait de nous ses enfants. Il a voulu que nous vivions dans son intimité intratrinitaire. Dès le premier instant, il nous a hissés à cette condition exceptionnelle, merveilleuse, à laquelle nous n’avions aucun droit mais à laquelle l’état de sainteté originelle dans laquelle nous étions constitués nous en rendait en quelque sorte aptes. Et puis Adam et Eve ont eu la malencontreuse idée de suspecter Dieu et de le défier. Ils y ont été incités par le diable, certes. Mais la conséquence désastreuse a été que nous avons cessé d’être enfants de Dieu pour devenir « enfants de la colère » (Ephésiens 2, 3). Opposés à leur Maître. Contraires à leur Créateur. Depuis lors, ces mots reviennent sur nos lèvres : « Père, j’ai péché contre le ciel et à ton endroit ; je ne suis plus digne d’être regardé comme ton fils » (Luc 15, 18-19).
Pourtant c’est à nous aussi que s’appliquent ces mots du psaume : « Tu es mon Fils » (Psaume 2, 7). Enfants de Dieu, nous le sommes, dans le Fils. Nous le sommes redevenus par le Fils éternel du Père. « Moi-même, aujourd’hui je t’ai engendré » (Psaume 2, 7). Aujourd’hui, sur la Croix, le Vendredi Saint, je t’ai engendré de nouveau. J’ai fait une nouvelle création. Une nouvelle naissance a eu lieu. Voici que je fais « un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu » (Apocalypse 21, 1). « Voici que je rénove toutes choses » (Apocalypse 21, 5).

(à suivre …)

lundi 14 juin 2010

La filiation divine (4)

La filiation divine (4)

« Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Eh oui ! « Mais toi, Yahvé, tu te ris d’eux, tu te moques de toutes les nations » (Psaume 59, 9). Il y a de quoi. Vu de ton point de vue, qu’ils sont dérisoires dans leurs prétentions prétentieuses ! Tu peux les écraser comme de vulgaires cloportes. Pourtant tu respectes leur liberté et le pouvoir que tu as laissé à satan… « Le méchant complote contre le juste, et il grince des dents contre lui. Le Seigneur se rit de lui, car il voit que son jour arrive » (Psaume 37, 12-13). « Alors il leur parle dans sa colère, et dans sa fureur il les épouvante : « Et moi, j’ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte » (Psaume 2, 5-6). Les Hébreux avaient demandé un roi, non pour suivre les voies du Seigneur, mais pour faire « comme font les nations » (1 Samuel 8, 5). Yahvé avait accédé à leur demande (lire la suite) en faisant comprendre à Samuel la motivation profonde de cette aspiration : « Ecoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira ; car ce n’est pas toi qu’ils méprisent, c’est moi qu’ils méprisent, pour que je ne règne pas sur eux » (1 Samuel 8, 7). Gédéon avait résisté à leurs prétentions : « Or les hommes d’Israël dirent à Gédéon : « Règne sur nous, toi et ton fis, et le fils de ton fils, car tu nous as délivrés des mains de Midyan. » Gédéon leur dit : « Je ne régnerai pas sur vous et mon fils ne régnera par sur vous : c’est Yahvé qui régnera sur vous » (Juges 8, 22-23). Mais puisqu’ils reviennent à la charge, qu’il soit fait selon leur bon désir. Mais Dieu ne les prend pas par surprise. Il dit à Samuel : « Ecoute leur voix ; mais dépose témoignage contre eux, et fais-leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux » (1 Samuel 8, 9). Et Samuel énumère les droits du roi, qui sera un véritable despote (1 Samuel 8, 18-22).
Ils ont eu leurs rois. Mai ceux-ci les ont enfoncés dans l’incroyance, l’irréligion, le vice. Ils les ont éloignés de Dieu. Ils méditent de vains projets, qui reviennent toujours à supplanter Dieu. Qu’à cela ne tienne. Dieu va leur donner un nouveau roi, qu’il établit sur Sion, « lui que Dieu a élevé par sa droite comme chef suprême et sauveur, afin d’accorder à Israël le repentir et la rémission des péchés » (Actes 5, 31). Devant ce roi, certains feront des contorsions blasphématoires, en disant : « Salut, roi des Juifs » (Matthieu 27, 29).
Mais Dieu retourne leurs désirs vers le bien. Il s’adapte toujours à nos désirs, allant beaucoup plus loin que ce que nous pouvons envisager, de ce à qui nous pouvons aspirer. Ce roi va nous « préparer une place » (Jean 14, 1). Il veut que nous figurions dans son royaume, ce royaume qui est parmi nous, qui est « en nous » (Luc 10, 9), qui est un royaume spirituel. Mais les roitelets de la terre ont peur pour leur trône, tout comme Hérode chancelant déjà, et ils sont déterminés à réaliser de nouveaux massacres de saints innocents (Matthieu 2, 16). Leur voix crie vers le ciel.

(à suivre…)

dimanche 13 juin 2010

La filiation divine (3)

La filiation divine (3)

« Brisons leurs entraves, et jetons loin de nous leurs chaînes » (Psaume 2, 3).Voilà ce qu’ils proclament ! Comme si l’Amour de Dieu n’était pas doux à supporter ? Comme si la Vérité n’apportait pas la vraie liberté ! « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32). La sujétion de l’Amour donne des ailes pour voler très haut. Mais eux se laissent ballotter par les flots et emporter au vent de toute doctrine, au gré de la fourberie des hommes, au gré de leur astuce à exploiter l’erreur » (Ephésiens 4, 14). Ils ne se laissent emporter curieusement pas par le vent de la doctrine catholique. Elle est considérée comme « politiquement incorrecte », ce qui est un comble, alors qu’elle invite à rendre « à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César » (Luc 20, 25). (lire la suite) Elle entend donc que chacun reste dans son domaine et n’empiète pas sur celui des autres. Ce qui n’abolit nullement le projet apostolique et prosélytiste, bien évidemment, mais dans le respect des différences, de la conscience de chacun, qu’il s’agit d’éclairer. « Allons, ingénions-nous contre lui, de peur qu’il ne s’accroisse » (Exode 1, 10).
Mais eux ne veulent surtout pas de la lumière de la vérité, de peur que « les œuvres des ténèbres » (Romains 13, 12) ne l’emportent. « C’est assez pour l’élève d’être comme celui qui l’instruit et pour le serviteur d’être comme son maître. Si on a appelé le maître de maison Béelzéboul, que sera-ce pour les gens de sa maison ! Ne les craignez donc pas, car il n’est rien de voilé qui ne doive être dévoilé, rien de secret qui ne doive être connu » (Matthieu 10, 25-26), tôt ou tard. Le monde a beau vouloir secouer le joug du Seigneur, c’est en pure perte. Il s’en fait une montagne, parce qu’il imagine que Dieu est aussi tordu que lui. Il ignore aussi que le joug du Seigneur est agréable et son fardeau léger (Matthieu 11, 30), et que « ses commandements ne sont pas écrasants » (1 Jean 5, 3), mais que ce qui prévaut chez lui, c’est la loi de l’Amour. Alors ce monde conspire et continue de comploter contre Dieu et ses saints. C’est une énorme pression dans le domaine moral, où dès que l’on veut vivre un tant soit peu conformément à la loi naturelle, on est taxé de ringard, de vieux-jeu. Depuis quand est-il vieux-jeu de ne pas voler et de ne pas violer, de ne pas mentir ni forniquer, de ne pas tricher ni convoiter la femme d’autrui ? Qui décide de ce qui est vieux-jeu et de ce qui est acceptable de nos jours ? Qui ose s’ériger en maître de morale face au Maître de l’univers ? L’attitude que vantent nos docteurs modernes est décrite dans le point de Chemin (n° 353), de saint Josémaria : « Laïcisme. Neutralité. — Vieux mythes que l’on essaie toujours de rajeunir. As-tu pris la peine de penser à quel point il est absurde de dépouiller sa qualité de catholique, en entrant à l’université ou dans un groupement professionnel, à l’académie ou au parlement, comme on laisse un pardessus au vestiaire ? » Des catholiques-caméléons. Ils croient que nul ne sait qu’ils sont catholiques. Ce en quoi ils se trompent. Tout le monde est au courant. Et l’on se moque d’eux qui se laissent rouler dans la farine et y perdent le peu de prestige qu’ils pouvaient avoir.

(à suivre…)

samedi 12 juin 2010

La filiation divine (2)

La filiation divine (2)

Nier les racines chrétiennes de notre civilisation, c’est refuser l’évidence. C’est rejeter l’hommage dû à Dieu, c’est témoigner de l’ingratitude au lieu de la reconnaissance. Les apôtres, une fois relâchés par le sanhédrin qui prétendait leur imposer le silence (Actes 4, 18), racontent aux leurs « tout ce que les grands prêtres et les Anciens leur avaient dit » (Actes 4, 23). A cet instant précis, ils sont tous saisis par l’Esprit, et ils citent littéralement ce passage du psaume 2 : « Maître, c’est toi qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment ; toi qui as dit par l’Esprit Saint parlant par la bouche de David, ton serviteur : « Pourquoi les nations ont-elles frémi et les peuples ont-ils formé de vains projets ? Les rois de la terre se sont présentés et les chefs se sont ligués ensemble contre le Seigneur et contre son Oint. » (lire la suite) Car, en vérité, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette cité avec les païens et les gens d’Israël contre ton saint serviteur Jésus que tu avais oint : ils accomplissaient ce que tu avais souverainement et volontairement décidé par avance. Mais maintenant, Seigneur, prête attention à leurs menaces et donne à tes serviteurs de faire entendre la parole avec une pleine assurance. A cette fin, étends la main pour que s’opèrent des guérisons, des prodiges et des signes par le nom de ton saint serviteur Jésus » (Actes 4, 24-30).
« Ce qui est fou pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion des sages et ce qui est faiblesse pour le monde, c’est ce que Dieu a choisi pour la confusion de la force ; et ce qui pour le monde est sans naissance et méprisable, c’est ce que Dieu a choisi ; il a choisi ce qui n’est pas, pour réduire à néant ce qui est, afin que nul être ne se glorifie devant Dieu. C’est bien par lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui, de par Dieu, est devenu pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1, 27-30). Tu as choisi avant tout ton propre Fils qui « n’a pas retenu jalousement son égalité avec Dieu, mais au contraire s’est dépouillé en prenant la condition d’esclave » (Philippiens 2, 6-7). C’est lui qui vient confondre les impudents, les orgueilleux détenteurs du pouvoir terrestre ? Ils ne peuvent nous conduire en enfer à notre corps défendant. Qu’ils y aillent, s’ils le veulent, mais qu’ils nous laissent en paix, c’est-à-dire avec Dieu.

(à suivre…)

vendredi 11 juin 2010

La filiation divine (1)

La filiation divine (1)

« Pourquoi les nations s’agitent-elles en tumulte, et les peuples méditent-ils de vains projets ? » (Psaume 2, 1). Depuis les origines, les hommes se font un malin plaisir de s’opposer à Dieu. L’expression est on ne peut plus appropriée, car cette rébellion est suscitée par le Malin, le prince de ce monde. Il a reçu des pouvoirs importants. C’est un mystère pour nous, un mystère d’iniquité, certes. Il a réclamé à Dieu de pouvoir s’attaquer à nous, et Dieu l’a exaucé ! Voyant la sainteté et la justice de Job, satan provoque Dieu et lui dit : « Etends donc ta main, et touche ses os et sa chair, sûrement il te bénira en pleine figure » (Job 2, 5). Il ne lui avait pas suffi que Job ne se rebelle pas contre Dieu après la perte de tous ses troupeaux et de ses récoltes, de ses fils et de ses filles, et fasse un merveilleux acte d’abandon à la Providence divine : « Nu je suis sorti du sein de ma mère, et nu j’y retournerai. Yahvé a donné et Yahvé a enlevé ; que le nom de Yahvé soit béni ! » (Job 1, 21). Le diable réclame davantage. Et Dieu le lui accorde, mais avec une restriction très importante pour nous : « Le voici dans tes mains seulement tu ne toucheras pas son âme » (Job 2, 6). Il n’a aucun pouvoir direct sur notre âme. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’être ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’être et le corps dans la géhenne » (Matthieu 10, 28). Mais cela réclame toujours notre coopération.
Depuis l’aube de la création, les peuples se sont dressés contre Dieu, et ont été dressés contre Dieu par le démon. A commencer par Adam et Eve, les tout premiers. Ils eussent été mille qu’il s’en serait peut-être trouvé un pour demeurer juste et fidèle…A commencer par Lucifer qui a prétendu supplanter Dieu et régenter l’univers ! « L’insensé dit dans son cœur : « Il n’y a pas de Dieu » (Psaume 14, 1). Il a vite fait de s’auto-convaincre pour mieux opérer son iniquité. Les pécheurs se justifient toujours eux-mêmes. « Tous ensemble se sont égarés, ils se sont corrompus ; il n’en est pas un qui fasse le bien, pas même un seul » (Psaume 14, 3). Passe encore qu’ils veuillent vivre sans Dieu. Mais, non contents de cela, ils méditent de vains projets. Car il est souverainement vain de vouloir vivre comme si Dieu n’existait pas. Il est plus réel que nous-mêmes. « Les rois de la terre se soulèvent et les princes tiennent conseil ensemble contre Yahvé et contre son Oint » (Psaume 2, 2). Le monde dans lequel nous vivons complote contre Dieu. Nous assistons à une vaste conjuration pour en venir à bout. C’est l’orgueil porté à son paroxysme, le non serviam ! le « je ne servirai pas » (Jérémie 2, 20), de satan qui retentit partout. L’homme veut être « libre » et n’a jamais été aussi enchaîné par ses passions et aveuglé. Les dirigeants entendent plus que jamais gouverner seuls et ils sont la proie facile de celui qui « est menteur et père du mensonge » (Jean 8, 44).

(à suivre…)

jeudi 10 juin 2010

Arrêts sur christianisme (56)

Arrêts sur christianisme (56)

(le succès des chemins de Dieu) passe par la croix et se trouve toujours sous ce signe. Ses véritables témoins, à travers les siècles, sont ceux qui ont accepté ce signe. Si, aujourd’hui, nous remontons dans l’histoire, alors nous devons dire : ce n’est pas l’Eglise de ceux qui étaient couronnés de succès qui nous impressionne, l’Eglise des papes qui étaient des dominateurs du monde ; mais ce qui nous fait croire, ce qui est demeuré constant, ce qui nous donne l’espérance, c’est l’Eglise des souffrants. Jusqu’à aujourd’hui, elle est le signe que Dieu existe et que l’homme n’est pas seulement un cloaque, mais qu’il peut être sauvé. C’est vrai pour les martyrs des trois premiers siècles jusqu’à Maximilien Kolbe et les nombreux témoins inconnus qui, dans les dictatures de notre temps, ont donné leur vie pour le Seigneur, soit en étant mis à mort, soit en se laissant écraser pour lui, année après année et jour après jour.

J. Ratzinger/Benoît XVI, Dieu nous est proche. L’Eucharistie au cœur de l’Eglise, Parole et Silence, 2003, p. 38-39.

mercredi 9 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (6)

Saint Joseph, l’homme juste (6)

Rencontrer Joseph, c’est rencontrer le Christ. Et rencontrer Jésus, c’est rencontrer Dieu le Père, car « celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9). Et rencontrer Jésus, c’est rencontrer le Saint-Esprit qu’il nous envoie d’auprès du Père (Jean 14, 26), l’Esprit de vérité dont le rôle est de vous enseigner tout et vous remettre « en mémoire tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26) et de nous apprendre à aimer comme il le faut, droitement, sereinement. Et dans la vraie joie.
Saint Joseph est donc appelé à jouer un rôle de premier plan dans notre vie, si nous le voulons bien. C’est la raison pour laquelle (lire la suite) saint Josémaria l’appelait « notre père et seigneur ». Parce qu’il convient de la laisser gouverner notre famille comme il l’a fait pour le foyer de Nazareth. Parce qu’il est le maître de la vie intérieure, celui qui est le plus indiqué pour nous apprendre à fréquenter Marie et Jésus de la façon plus confiante et plus surnaturelle qui soit, afin d’en retirer les plus grands bienfaits spirituels.
Du même coup, nous faisons énormément plaisir à la Sainte Vierge. Elle est extrêmement reconnaissante à son mari pour l’attitude qu’il a su adopter, pour sa délicatesse et sa discrétion, pour la croix qu’il a accepté volontiers de porter, tout à la joie de contribuer au salut du peuple élu, sans se douter probablement que ce salut s’adressait aussi au monde entier, et s’appliquerait à toutes les générations. Marie est heureuse de voir que nous n’oublions pas son époux. Que de choses elle a à nous dire de lui et sur lui ! Combien elle admire sa sainteté et sa fidélité ! Comme elle le remercie d’être resté lui-même, celui qu’elle a découvert et dont elle a peu à peu apprécié les qualités, expérience qui a pris un envol nouveau, qui s’est ouverte à des horizons nouveaux du jour où Dieu est entré dans sa vie, dans leur vie. Car elle s’en est trouvée sublimée. Et les sentiments humains aussi : l’amour qu’ils se portaient mutuellement a fait désormais le détour par le Cœur de Jésus, pour se diviniser, s’oxygéner en Amour de Dieu, transcender notre monde limité et se perdre dans l’infini de Dieu, où tout est découverte et enrichissement permanent.
(fin)

mardi 8 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (5)

Saint Joseph, l’homme juste (5)

Dieu est comme cela. Il agit en grand seigneur. Il agit en Seigneur de l’univers qu’il est. Tout lui est soumis (Romains 3, 19) et lui obéit. Il n’est lui-même nullement conditionné par quelque règle que ce soit, hormis la loi de l’Amour, qui est son essence même : « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16). C’est ainsi que Dieu « fait des siennes » à partir de la foi et de la sainteté, de l’humilité et de l’obéissance, des bonnes dispositions et de la droiture de cet homme juste qu’est saint Joseph.
Dieu a voulu le concours de Marie et de Joseph pour mener à bien son programme de salut de l’humanité. Il a compté sir le fiat de Marie et sur la docilité de Joseph, prêt à s’adapter avec empressement (lire la suite) et joie à la Volonté de Dieu telle qu’elle lui est dévoilée. En un instant, Marie n’est plus seulement sa fiancée, mais la toute Sainte Mère de Dieu. Il s’élève ainsi de l’horizontalité dans la verticalité, du plan de l’amour humain à celui de l’amour divin. Et il ne sait ce qu’il doit admirer le plus, des plans de Dieu ou de sa petite Marie. Il savait bien qu’elle possédait toutes les qualités, que tout en elle était perfection, mais qu’elle devienne la Mère du Messie, voilà qui le comble de joie et dépasse toute attente. Joseph veut dire « Dieu ajoute » et, de fait, il ajoute l’indicible.
Nous avons ainsi plus de raisons qu’il n’en faut pour fréquenter assidûment saint Joseph, pour rester en sa compagnie, dans l’humble foyer de Nazareth, où l’on respire l’atmosphère du ciel, de l’Amour inouï de Dieu pour les hommes. « Vous ne devez jamais négliger de le fréquenter : Ite ad Joseph, comme l’a répété la tradition chrétienne par une phrase de l’Ancien Testament. Maître de vie intérieure, travailleur acharné à sa tâche, serviteur fidèle de Dieu, en relation constante avec Jésus, tel fut Joseph. Ite ad Joseph. Avec Saint Joseph, le chrétien apprend ce que signifie être de Dieu, et être pleinement parmi les hommes en sanctifiant le monde. Allez à Joseph, et vous rencontrerez Jésus. Allez à Joseph, et vous rencontrerez Marie, qui a toujours rempli de paix l’attachant atelier de Nazareth » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 56). Allons à saint Joseph et nous nous trouverons au septième ciel, même parmi les aspérités de la vie et les coups du sort qui, pour nous, sont des caresses du ciel, autant d’occasions bénies d’aimer pour de bon et de témoigner de notre attachement indéfectible à Dieu. L’amour véritable, la fidélité authentique, sont ce qui rend capable de surmonter les épreuves : « Je me complais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les détresses, dans les persécutions et dans les angoisses endurées pour la cause du Christ : quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Corinthiens 13, 10). Tel est bien l’exemple que nous donne Joseph, au caractère trempé comme l’acier par les épreuves et par la responsabilité que Dieu a fait peser sur ses épaules. Mais Dieu n’est jamais loin, même si nous ne sentons pas sa présence. Et, en l’espèce, il était vraiment là, en la Personne du Verbe Incarné.

(à suivre…)

lundi 7 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (4)

Saint Joseph, l’homme juste (4)

« Bien-être et richesse sont dans sa maison » (Psaume 111, 3). La gloire de Dieu, Dieu lui-même, accompagne Joseph et Marie dans leurs pérégrinations. Ils possèdent toutes les richesses « où le voleur n’approche pas et les vers ne dévorent pas » (Luc 12, 33). Et cette richesse, c’est Dieu en la Personne du Fils éternel. « Avec elle me sont venus tous les biens, et des richesses innombrables sont dans mes mains » (Sagesse 7, 11). « Bien-être et richesse sont dans sa maison, et sa justice subsiste à jamais » (Psaume 111, 3). La justice de Dieu, la logique de Dieu, la force de Dieu demeurent avec eux, le Christ, la sainteté même. Et c’est merveille de voir cette Sainte Famille, à quel point elle est unie, elle n’a « qu’un seul cœur » (Actes 1, 14) et une seule âme. Comment tout ce qui est dit et fait se présente à nous comme la Parole de Dieu, l’action de Dieu, l’œuvre de Dieu. Or, « l’œuvre de Dieu, c’est de croire en celui qui l’a envoyé » (lire la suite) (Jean 6, 29). Et qui, plus que Joseph et Marie, ont cru que Jésus-Christ est « le Fils de Dieu vivant » (Matthieu 16, 16) et a « les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Joseph se tait. « Il est silencieux comme la terre à l’heure de la rosée » (P. Claudel, Feuilles de Saints, Œuvres poétiques, Paris, Gallimard, La Pléiade, p. 612). Comme Marie, il « gardait tout cela en sa mémoire, et y réfléchissait » (Luc 2, 19), méditant les événements, la Parole de Dieu que celui dont il a la garde profère quand il parle. C’est une Parole inspirée par l’Esprit Saint. C’est une Parole divine, efficace. C’est une Parole qui prépare et façonne l’avenir. L’histoire s’écrit sous ses yeux. Il en est le témoin de plus en plus émerveillé, car il voit Jésus « progresser en sagesse, en taille et en faveur auprès de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52), à commencer de lui et de Marie.
Les plans de Dieu vont largement au-delà de la prospective humaine. Ils sont beaucoup plus élevés et surnaturels. Ils nous prennent de court. Car ils vont droit à l’essentiel, ils apportent des solutions radicales, qui résolvent les problèmes en profondeur, définitivement. « Car moi, je connais les projets que j’ai projetés pour vous, - oracle de Yahvé – projets de bonheur, et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29, 11). « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, car la conception chez elle, est le fait de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20). « L’Enfant à naître, qui est saint, sera tenu pour Fils de Dieu » (Luc 1, 35). Joseph avait pensé prendre le large discrètement. C’est la meilleure solution qu’il avait trouvée. Et voilà que l’ange lui ouvre des perspectives nouvelles, inouïes, auxquelles sa simple réflexion, même formulée dans la prière, ne pouvait le conduire.

(à suivre…)

dimanche 6 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (3)

Saint Joseph, l’homme juste (3)

C’est une question de foi. La foi rend saint. La foi de Joseph en fait l’homme juste qui peut accueillir Marie qui, d’épouse devient Mère du Fils de Dieu, le Rédempteur, et accueillir aussi un Enfant qui n’est pas de lui : « La conception, chez elle, est le fait de l’Esprit Saint » (Matthieu 1, 20), le fruit du Saint-Esprit, le Fils du Très-Haut, et « c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1, 21). Quelle révélation est faite à cet homme droit ! Quel bouleversement dans sa vie. Elle continue d’être en apparence la vie d’un artisan, jouissant d’une certaine considération sociale. Mais, au-delà des apparences, ce sera la vie de la Sainte Famille, de la « trinité de la terre », (lire la suite) reflet le plus achevé de la vie trinitaire. Ce sera le lieu où s’élaborera jour après jour le Salut des hommes, et où l’humanité se trouvera associée, en la personne de Joseph et de Marie, à ce Salut. La présence active de Marie et de Joseph constitue les prémisses de notre coopération à la Rédemption, de notre rôle de co-rédempteurs, par notre participation active au mystère de la Croix, rendu présent de façon sacramentelle à la messe.
Joseph ne revendique aucun statut particulier pour lui. Celui qu’il a acquis bien malgré lui dépasse tout ce qu’il aurait pu ambitionner. Il n’a d’autre désir que de seconder de son mieux la Volonté de Dieu, tout en faisant à chaque instant l’expérience amère de son manque de qualités appropriées, de son indignité. Mais Dieu sait ce qu’il fait, et Joseph s’en remet pleinement à sa Sagesse.
Joseph ne tarde pas à découvrir que Dieu a des façons d’écrire l’histoire qui vont à l’encontre de nos penchants naturels, de ce à quoi nous sommes portés, même quand nous examinons la situation objectivement et dans une vision surnaturelle. Ce sera le recensement décrété par l’empereur, qui l’oblige à se rendre à Bethléem alors que Marie est sur le point d’accoucher. Ce seront la jalousie et la cruauté d’Hérode, qui voudra faire « rechercher l’Enfant pour le faire périr » (Matthieu 2, 13) et les forcera à fuir en toute hâte en Egypte. Ce sera l’attente indéterminée et incertaine du retour à Nazareth et la réinstallation difficile, difficile à expliquer aussi aux compatriotes curieux, qui ne comprennent pas le comportement de ce jeune couple, qui leur semble bien léger et imprévisible.

(à suivre…)

samedi 5 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (2)

Saint Joseph, l’homme juste (2)

Se retirer, c’est le parti qui semble le plus sage à saint Joseph. En cela transparaissent son humilité et sa sagesse. Il veut disparaître, partir sur la pointe de pieds, sans faire de bruit. Il applique déjà sans le savoir ce que le cousin du Seigneur se proposera plus tard, face à Jésus : « Il faut qu’il croisse, et moi, que je diminue » (Jean 3, 30). Toute la place pour l’accomplissement de la Volonté de Dieu, rien pour soi. Il est comme cela, Joseph, entier, prudent et avisé, celui « que le Maître a mis à la tête des gens de sa maison pour leur donner à manger en temps voulu » (Matthieu 24, 45).
Joseph trouve son bonheur, et sa gloire, à servir selon les plans de Dieu. (lire la suite) Il est convaincu que ses projets à lui, l’union à cette merveilleuse jeune femme qu’est Marie, doivent être soumis à des intérêts supérieurs, et que s’il faut les sacrifier, il ne doit pas hésiter, tout comme notre Père Abraham, à qui Dieu a demandé de lui offrir le fils de la promesse sans barguigner, ni mettre Dieu face à ses contradictions apparentes. C’est pourquoi Joseph eut l’idée de « répudier secrètement » Marie (Matthieu 1, 19).
« Bien-être et richesse sont dans sa maison » (Psaume 111, 3), de celui qui craint Dieu. Tel est le résultat de la foi, de l’adhésion à la Volonté de Dieu : une pléthore de grâces successives, une abondance de biens d’en-haut, les seuls qui comptent en définitive. Qu’importe d’être l’homme ou la femme le plus aimé des Français, si l’on n’est pas en même temps aimé de Dieu. Aimé de Dieu, nous le sommes, il est vrai. Il faudrait donc dire plus justement : Qu’importe d’être l’homme ou la femme le plus aimé des Français, si l’on n’aime pas Dieu par-dessus toute chose, par-dessus cette estime citoyenne ?
Saint Joseph, Sainte Marie ont vraiment placé Dieu au-dessus de tout. Et parce que telle est leur ligne de conduite, ils sont prêts à remplir les fonctions les plus hautes qui puissent être confiées à des êtres humains, tout en restant dans l’obscurité, de prêter le concours de leur intelligence et de leur volonté à l’accomplissement des plans de Dieu tout en s’effaçant pour ne pas y faire le moins du monde ombrage.

(à suivre…)

vendredi 4 juin 2010

Saint Joseph, l’homme juste (1)

Saint Joseph, l’homme juste (1)

Saint Joseph est un homme discret, effacé. Il reste presque toujours dans l’ombre, sauf aux moments décisifs, où il faut prendre des décisions importantes et payer de sa personne. Les Evangiles en parlent à peine, ce qui, au fond, est normal, malgré notre désir légitime d’en savoir davantage, car ce n’est pas lui le personnage principal. Même si, à l’époque, son rôle de paterfamilias en fait un patriarche, doté d’une grande autorité. Mais les textes sacrés se centrent sur Jésus-Christ Sauveur. Ils sont à peine plus diserts au sujet de Marie qui n’est, pour ainsi dire, qu’associée à notre Salut. Elle n’est pas notre rédemptrice, mais la co-Rédemptrice. Elle n’est notre Médiatrice que de façon subordonnée à l’unique Médiateur, le Christ Seigneur. (lire la suite)
Saint Joseph est qualifié d’« homme juste » (Matthieu 1, 19). A lui s’appliquent ces mots de l’Ecriture : « Heureux celui qui craint le Seigneur » (Psaume 111, 1), c’est-à-dire celui qui aime Dieu et fait tout son possible pour ne pas déplaire à Dieu, pour ne pas le faire souffrir. Car c’est la seule crainte qu’un catholique peut éprouver. Il ne craint pas Dieu, en qui il a un Père infiniment et parfaitement aimant. Il ne craint pas Dieu qui est le « juste juge » (2 Timothée 4, 8) aux entrailles de miséricorde. Il ne craint pas Dieu, venu, non pour condamner mais pour sauver (Jean 3, 17).
« Heureux celui qui craint le Seigneur » (Psaume 111, 1). Cette sainte crainte l’amène à vouloir de toutes ses forces accomplir la Volonté de Dieu, à ne pas l’entraver le moins du monde. Et quand Joseph se rend compte que Marie, sa tendre épouse, attend un enfant qui n’est pas de lui, sa sainteté lui fait comprendre que Dieu y est pour quelque chose, qu’il s’agit d’une intervention divine dans la vie de la Vierge de Nazareth. Il la connaît bien. La sainteté de l’un comme de l’autre fait qu’il existe entre eux une harmonie extraordinaire, qu’ils communient aux mêmes sentiments d’amour de Dieu et croissent en sainteté, qu’ils ont pleinement confiance l’un envers l’autre, qu’ils se comprennent à demi-mots. Alors, si Marie ne lui a rien dit, c’est qu’elle a de bonnes raisons d’agir ainsi. Joseph entend respecter sa décision et le mystère qui l’enveloppe et s’opère en elle. Il réfléchit dans sa prière à l’attitude qu’il doit adopter. Sa religion est vite faite. Il opte pour se retirer discrètement afin qu’aucun opprobre ne vienne frapper malencontreusement et injustement sa femme. Ne voulant « pas la diffamer, il eut la pensée de la répudier secrètement » (Matthieu 1, 19).

(à suivre…)

jeudi 3 juin 2010

Servir dans la joie

Servir dans la joie

Le psaume 100 est un psaume « pour l’action de grâces » (v. 1). D’entrée de jeu, il nous lance une invitation pressante : « Servez Dieu avec joie » (v. 2). Cela est raisonnable, en effet. Si « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16), et si l’Amour « s’est manifesté à nous » (1 Jean 1, 2), comment pourrions-nous ne pas être empressés à servir de Dieu, unique en trois Personnes égales entre elles, et à le servir dans la joie et la reconnaissance ? Comment imaginer que l’on puisse servir quelqu’un de mauvaise grâce, surtout quand ce quelqu’un est Dieu ? (lire la suite)
Nul ne nous contraint de servir Dieu, Dieu moins encore… Il nous fait comprendre qu’il est vraiment juste et nécessaire (Préface), que nous avons tout reçu gratuitement et que, par conséquent, nous devons rendre également gratuitement (Matthieu 10, 8), et encore que mourir à nous-mêmes « est un gain » (Philippiens 1, 21). Mais Dieu n’exerce à notre endroit d’autre coercition que celle de l’Amour. Il faut que l’Amour impose sa loi, qui est on ne peut plus aimable, car l’homme est fait pour aimer, a été créé pour aimer, et quand on actionne ce levier, si l’homme n’est pas corrompu et avili, il réagit rapidement et positivement. Il s’embarque sur l’Amour vers l’Amour, pour l’Amour. « Venez en sa présence avec des cris d’allégresse » (Psaume 100, 2).
Car se trouver en présence de Dieu n’a rien de sinistre, n’implique aucune attitude guindée ou formaliste, comme chez les courtisans qui veulent faire bonne figure mais qui ressemblent à ces hommes dont Dieu a dit : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi » (Isaïe 29, 13). « Sachez que Yahvé est Dieu : c’est lui qui nous a faits et nous lui appartenons » (Psaume 100, 3). Si nous lui appartenons, il est normal que nous le servions. C’est logique. Et que nous le servions dans la joie, le sourire aux lèvres, le cœur en fête, parce que, encore une fois, notre Dieu est un Dieu d’Amour, est Amour. Et il l’a prouvé précisément en nous créant pour nous faire participer de son propre bonheur infini. « Nous sommes son peuple et le troupeau de son pâturage » (Psaume 100, 3), « les brebis que sa main conduit » (Psaume 95, 7). « Il m’installe en de verts pâturages ; il me mène vers des eaux où je pourrai me reposer » (Psaume 23, 2), d’un repos qui est la joie de mon cœur, car il s’agit d’un repos en Dieu, avec mon Dieu. Tu es, ô Dieu, mon repos.
« Vous tous, peuples, battez des mains, acclamez Dieu par des chants d’allégresse » (Psaume 47, 2), au lieu de vous agiter « en tumulte » et de méditer de « vains projets » (Psaume 2, 1). Louez le Seigneur, car « Dieu est très-haut, redoutable, le grand roi sur la terre » (Psaume 47, 3). Louez-le, « car Yahvé est bon : sa bienveillance est éternelle » (Psaume 100, 5). Et non seulement cela, mais « sa fidélité s’étend à toutes les générations » (Psaume 100, 5) et « subsiste à jamais » (Psaume 117, 2). Comment ne pas servir un tel Dieu dans la joie ? Une joie qu’il nous communique lui-même. Une joie qui vient aussi, plus profondément encore, du fait de ne faire qu’un avec lui en raison de la grâce sanctifiante. Servir ainsi n’est pas une charge, mais l’occasion de nous retrouver pleinement dans notre condition bénie d’enfants de Dieu.