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jeudi 17 février 2011

La connaissance de soi (2)


La connaissance de soi (2)

Le manque d’envie de faire l’examen de conscience, ou la paresse de prendre du temps pour cela, deux ou trois minutes seulement, est clairement une tentation du diable, qui veut nous dissuader de recourir à ce moyen efficace de progrès spirituel qui ne fait pas son affaire. « Il redouble de travail et d’effort pour ne pas nous laisser examiner notre cœur, car il n’ignore aucun des bienfaits que l’âme obtient par cet examen quotidien » (Hésiche, De temperantia et virtute 1, 30). (lire la suite)
Le démon est vraiment le premier ennemi de notre sainteté et il fait tout pour nous décourager de lutter, pour nous détourner de l’effort. Or, le fait de négliger la lutte et de ne pas rectifier ce qui dévie dans notre existence fait que notre âme est peu à peu ravagée par le mal et tombe en friche, au lieu de donner « du fruit en abondance » (Jean 15, 8), et un fruit « qui soit durable » (Jean 15, 16). « Je suis passé près du champ d’un paresseux et près de la vigne d’un insensé. Et voici : les orties y croissaient partout, les chardons en couvraient la surface, et le mur de pierre était écroulé » (Proverbes 24, 30). Tel est l’état de l’âme qui se laisse aller, un état déplorable. La grâce n’y produit plus d’effets. Cette âme est toute prête à être la proie du diable.
Tournons-nous humblement vers le Seigneur, et confrontons notre attitude à celle du Seigneur. Demandons à Dieu d’arriver à être sincères envers nous-mêmes. « Yahvé est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent d’un cœur sincère. Il accomplira le désir de ceux qui le craignent, et il entendra leur cri et il les sauvera » (Psaume 145, 18-19). L’âme devient alors un champ luxuriant, qui produit toutes sortes de bonnes œuvres. Se connaissant mieux, elle approfondit aussi la connaissance de Dieu, dont elle rejoint l’image qui se trouve en elle, et tout ce qu’elle fait contribue à fortifier le corps mystique du Christ qu’est l’Eglise.

(fin)

mercredi 16 février 2011

La connaissance de soi (1)

La connaissance de soi (1)

« Que l’homme s’examine lui-même », écrivait l’Apôtre aux fidèles de Corinthe (1 Corinthiens 11, 28). C’est, en effet, important pour qui vise la sainteté. Il n’est pas de progrès possible si l’on ne s’arrête pas à faire le point pour savoir où l’on en est, pour s’assurer que l’on ne dévie pas des objectifs fixés, que l’on est sur le bon chemin. La recherche de la sainteté demande de rectifier souvent, de redresser chaque jour l’orientation de notre vie qui, autrement, risque facilement de s’écarter peu à peu, comme insensiblement, de la bonne route. (lire la suite)
Celui qui veut parvenir à la sainteté comprend le besoin de se connaître, de savoir comment il agit réellement, quel est exactement son comportement, pour remédier rapidement à toute erreur. Ce n’est pas facile. D’une part, parce que nous nous faisons une haute idée de nous-mêmes et, d’autre part, parce qu’il nous en coûte d’accepter nos imperfections et nos limites. « Avant tout, connais-toi toi-même. Certes, rien n’est plus dur, rien n’est plus laborieux et coûteux, mais lorsque tu te seras connu toi-même, tu pourras connaître Dieu et aborder courageusement les créatures » (saint Nil, Epistola 3, 314).
L’examen de conscience demandée se mettre d’abord en présence de Dieu et d’implorer ses lumières pour voir la réalité en face. « Mon juge c’est le Seigneur », dit saint Paul. Et il ajoute : « C’est pourquoi ne jugez pas avant le moment, avant que vienne le Seigneur :c’est lui qui mettra en lumière ce que cachent les ténèbres et qui révélera les desseins des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient » (1 Corinthiens 4, 5).
Au fond, l’examen de conscience est une affaire de bon sens pour un catholique cohérent avec sa foi. S’il permet « d’aborder courageusement » les autres, c’est parce qu’il nous donne une juste vision de la réalité de notre âme et nous permet de grandir en amour de Dieu. Nous ressentons la crainte de l’Apôtre : « De peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne vienne à être éliminé moi-même » (1 Corinthiens 9, 27).

(à suivre…)