ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est lépreux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lépreux. Afficher tous les articles

lundi 14 juillet 2014

Droiture d’intention (7)

Droiture d’intention (7)

Vexé et humilié, Naaman se dit : « Les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? » (2 Rois 5, 12). Qu’en sait-il ? C’est un réflexe quelque peu nationaliste. Il n’y a aucune raison en soi pour que leurs eaux soient meilleures, ni pour qu’elles soient moins bonnes. « Ne puis-je pas m’y laver et redevenir pur ? » (2 Rois 5, 12). Peut-être. Mais pourquoi ne pas l’avoir fait ? Tu n’y as jamais pensé. Nul de tes médecins ne te l’a prescrit. Et le prophète te fait une proposition toute simple et tu ne t’arrêterais pas à prendre en considération ? (lire la suite) « Il s’en retourna enflammé de colère » (2 Rois 5, 13), d’une colère qui l’aveugle et l’empêche de raisonner sainement. Il se demande comment il va présenter l’affaire au roi à son retour au pays. Mais « les méchants sont pour [les bons] une occasion involontaire de vertu » (saint Augustin, Le livre des dix-sept questions sur l’Évangile selon saint Matthieu 12, 2). Jugeant la situation ridicule et le comportement de leur maître totalement injustifié, excessif, « ses serviteurs s’approchèrent pour lui parler et ils lui dirent : ‘Mon père, si le prophète t’avait demandé une chose considérable, ne le ferais-tu pas ? » (2 Rois 5, 13). S’il t’avait commandé d’accomplir un exploit, comme tu sais en faire, ne t’y serais-tu pas lancé bien volontiers à corps perdu, ô Maître ? « Sans l’ombre d’un doute. Mais ce qu’il m’a demandé est ridicule. L’on ne se moque pas comme cela de Naaman. Il peut être encore heureux que je ne me venge pas de son affront. » « Maître, Maître, « combien plus, quand il t’a dit : ’Lave-toi et sois pur’ » (2 Rois 5, 13), tu devrais le faire, puisque c’est si simple. Tu devrais au moins essayer. Et tu verrais bien si les eaux de l’Abana et du Parpar sont meilleures que celle du Jourdain… Comprenant que ses serviteurs s’exprimaient avec sagesse et se souvenant peut-être d’avoir entendu dire un jour cette parole : « Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond » (Psaume 16,6), Naaman se ravisa, et « il descendit donc et se plongea sept fois dans le Jourdain, selon la parole de l’homme de Dieu : et sa chair redevint comme la chair d’un petit enfant et il fut purifié » (2 Rois 5, 14). C’était aussi simple que cela. Trop simple de prime abord. Mais il nous arrive de tout compliquer parce que nous tenons à nos idées et à nos plans et que nous refusons de rectifier notre intention tordue. Ses serviteurs ont réussi à faire fléchir Naaman. « Alors il retourna vers l’homme de Dieu, avec toute sa suite. Quand il fut arrivé, il se présenta à lui et lui dit : ‘Voici donc que je sais qu’il n’y a pas de Dieu sur la terre, si ce n’est en Israël » (2 Rois 5, 15). - « Que ce peuple sache que toi, Seigneur, tu es le Dieu, et que c’est toi qui as retourné entièrement [son] cœur » (1 Roi 18, 37). « Qu’ils sachent que toi – ton nom est le Seigneur – tu es seul le Très-Haut sur toute la terre » (Psaume 83, 19). Et Naaman d’ajouter : « Et maintenant, accepte donc un présent de la part de ton serviteur » (2 Rois 5, 15). Naaman se considère serviteur d’Élisée. Il est revenu de sa superbe. Il est vrai qu’il est en dette envers lui. (à suivre…)

samedi 12 juillet 2014

Droiture d’intention (6)

Droiture d’intention (6)

Heureusement Élisée est informé de ce qui se passe. « Lorsqu’Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il envoya dire au roi : Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Qu’il vienne donc à moi, et il saura qu’il ya un prophète en Israël » (2 Rois 5, 8). Soulagé par cette proposition, le roi aiguille Naaman vers Élisée, en lui expliquant avec force détails que cet homme est un véritable envoyé de Dieu et qu’il possède des pouvoirs de thaumaturge, de sorte qu’il est à même de le guérir de sa lèpre. C’est son rôle à lui, et non à moi, qui ne suis qu’un simple roi…, peut-il se dire. « Naaman vint avec ses chevaux et son char, et il s’arrêta (lire la suite) sur la porte de la maison d’Élisée (2 Rois 5, 9). Il s’attend évidemment à ce que le prophète sorte l’accueillir. C’est bien normal. Le roi ne l’a-t-il pas fait prévenir de la raison qui l’amène à lui et de sa qualité ? C’est la première fois que Naaman va se trouver en présence d’un prophète et il est curieux de voir à quoi il ressemble et comment il va s’y prendre pour le guérir, à quelles incantations il va recourir, quelles prières il va formuler. Naaman s’attend à quelque chose de spectaculaire. Il faut reconnaître que, de toute façon, sa guérison, si elle intervient, sera en soi spectaculaire. Mais elle peut intervenir à distance. Et cela Naaman le ne le sait pas, ne l’imagine pas. Cela n’entre pas dans l’idée qu’il se fait du prophète, et surtout de la haute considération dont il s’attend qu’on l’entoure en tant que général en chef de la puissante armée syrienne. Il est en quête de spectaculaire. « Combien se laisseraient clouer sur une croix, devant des milliers de spectateurs stupéfaits, qui ne savent pas supporter chrétiennement les piqûres d’épingle quotidiennes ! — Juge, par là, ce qu’il y a de plus héroïque (saint Josémaria, Chemin, n° 204). Naaman occupe un rang important. L’introduction auprès du prophète doit être à la hauteur, proportionnée, respecter le protocole… Au lieu de cela, le prophète se borne à lui envoyer un serviteur (cf. 2 Rois 5, 10). Même pas « quelqu’un de qualité ». Tout juste un serviteur. Lequel est porteur d’un message banal en apparence, qui semble même une farce : « Va ; lave-toi sept fois dans le Jourdain, tu retrouveras ta chair saine, et sois pur » (2 Rois 5, 10). Naaman prend cela très mal. Il ne semble pas penser que le conseil est ridicule en soi mais que, si c’est ce qu’il doit faire, eh bien ! il n’a pas besoin des eaux d’Israël. Il est furieux. Il ne prend même pas le temps d’examiner la suggestion pour voir si elle est raisonnable. Il est trop englué dans ses pensées de grand personnage pour y prêter vraiment attention. « Voici que je me disais : ‘Il va sortir, se présenter, invoquer le nom du Seigneur, son Dieu, balancer la main vers le lieu sacré et délivrer le lépreux » (2 Rois 5, 11). Il s’est inventé tout un cérémonial. « De même que la propriété de l’étoile est la lumière dont elle est entourée, la propriété de l’homme pieux et craignant Dieu est la simplicité et l’humilité (Hésichius, De temperantia et virtute 1, 82). Ce n’est pas précisément l’état d’esprit de Naaman. Il est trop imbu de lui-même. Il n’a pas compris que Dieu est « débordant d’amour, il distribue ses grâces à tous ceux qui s’approchent de lui d’un cœur simple » (saint Clément de Rome, Epistola ad Corinthios 23, 1). « Naaman fut irrité et s’en alla » (2 Rois 5, 11). Il se dispose à retourner à Damas, avec un sentiment d’échec pitoyable : lui, le général victorieux entre tous, il est vaincu dans un combat pacifique. Il maudit ce prophète de malheur qui n’a même pas daigné s’intéresser à lui, comme s’il le craignait ou le méprisait. « Il n’y a peu de belle louange dans la bouche du pécheur, parce qu’elle n’est pas envoyée par le Seigneur » (Ecclésiastique 15, 9). (à suivre…)

jeudi 10 juillet 2014

Droiture d’intention (5)

Droiture d’intention (5)

« Et moi, ajoute l’interlocuteur divin, je n’aurai pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle il y a cent vingt mille hommes qui ne distinguent par leur droite de leur gauche, et une multitude d’animaux » (Jonas 4, 11), alors qu’ils valent beaucoup plus que tous les oiseaux du ciel (cf. Matthieu 10, 31) et, a fortiori, qu’un pauvre ricin, qui croît aujourd’hui et qui demain sera jeté au four (cf. Matthieu 6, 30) ! Apprenons de cet exemple à rectifier notre intention, à ne pas regarder l’accessoire, si ce n’est en vue de l’offrir pour le succès de l’ensemble de l’opération, et à agir comme on l’attend de nous, comme Dieu nous le demande, afin de lui faire plaisir en tout (cf. Tobie 14, 10 ; Jean 8, 29) et d’être un instrument docile entre ses mains, « comme l’argile dans les mains du potier » (Jérémie 18, 6). (lire la suite) Nous avons un autre exemple de manque de droiture d’intention en la personne du général syrien Naaman (2 Rois 5, 9). Il faut raisonner Naaman pour qu’il finisse par accepter une solution qui n’est pas celle à laquelle il s’attendait pour résoudre son problème. Naaman est le « chef de l’armée du roi de Syrie » (2 Rois 5, 1) et, de ce fait, il est « auprès de son maître un homme puissant et considéré » (Ibid.). L’auteur sacré ajoute que « c’était par lui que le Seigneur avait donné la victoire aux Syriens ; mais ce brave était lépreux (Ibid.). il est donc atteint d’une maladie terrible, qui le met en marge de la société. C’est un coup dur qui risque de briser définitivement sa carrière brillante. On l’imagine effondré quand il a appris la nouvelle de sa maladie. Dieu qui lui avait donné la victoire sur les ennemis de son roi va lui donner aussi la victoire sur cette infirmité. Il va se servir pour cela de causes secondes. Tout comme il s’est servi de la conduite infamante des frères de Joseph qui l’ont vendu aux Ismaélites et qui, de ce fait, l’ont emmené en Égypte où Joseph est devenu le premier ministre du pharaon et a pu préparer la venue de son père et de tous les siens et les sauver ainsi d’une famine gravissime qui affligeait toute la région, ici, c’est une jeune juive, faite prisonnière, et « mise au service de la femme de Naaman » (2 Rois 5, 2), qui va être l’instrument de son salut. En effet, « elle dit à sa maîtresse : Oh ! si mon seigneur voyait le prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de la lèpre » (2 Rois 5, 3). Elle n’a pas le moindre doute à cet égard. On pourrait considérer qu’il s’agit d’un bavardage de bonne femme. Mais enfin, la situation étant ce qu’elle est, aucun moyen n’est à négliger. Naaman se permet d’informer son maître en disant : « La fille du pays d’Israël a dit ceci et cela » (2 Rois 5, 4), et de lui rapporter ses dires et l’espoir qu’elle a fait naître en lui. Alors « le roi de Syrie dit :’Bien ! va et j’enverrai une lettre au roi d’Israël.’ Il partit, emportant dix talents d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de rechange » (2 Rois 5, 5). Cela fait beaucoup. Mais tout cela est adressé au roi d’Israël, non au prophète de Samarie, quel pouvoir le roi d’Israël a-t-il sur la lèpre de Naaman ? Aucun. L’opération est donc mal enclenchée. « Il remit au roi d’Israël la lettre où il était dit : ‘Or donc, quand cette lettre te parviendra, sache que je t’envoie Naaman, mon serviteur, pour que tu le délivres de la lèpre’ » (2 Rois 5, 6). Le personnage de Naaman n’est pas inconnu du roi d’Israël. Il est au courant de ses exploits, aussi redoute-t-il un piège. « Après avoir lu la lettre, le roi d’Israël déchira ses vêtements et dit : ‘Suis-je un dieu, faisant mourir et faisant vivre pour qu’on me demande de délivrer un homme de la lèpre ? Sachez donc bien et voyez qu’il cherche contre moi un prétexte » (2 Rois 5, 7) à me faire la guerre. Le roi réagit en pensant à lui. Il oublie l’existence du prophète. Dieu sait pourtant s’il a eu souvent recours à lui et qu’il le tient pour un homme de Dieu. (à suivre…)

mercredi 25 juin 2014

Remercier Dieu (4)

Remercier Dieu (4)

L’attitude eucharistique en question est la suivante : « L’attitude de remerciement doit distinguer la vie de tout homme, de tout chrétien en particulier. Les paroles du psalmiste doivent devenir les nôtres, même dans les moments d’angoisse et de douleur : « Venez, poussons des cris de joie vers le Seigneur, acclamons le rocher de notre salut, présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des chants de joie » (Psaume 65, 1-2). Dans ses épîtres, saint Paul insistait sur ce continuel esprit de reconnaissance : « En toute circonstance, soyons dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Thessaloniciens 5, 8). « Recherchez dans l’Esprit votre plénitude… En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éphésiens 5, 19-20). C’est une attitude « eucharistique » qui vous apporte la paix (lire la suite) et la sérénité dans le labeur, vous libère de tout attachement égoïste et individualiste, vous rend docile à la volonté du Très-Haut, même pour les exigences morales les plus difficiles, vous ouvre à la solidarité et à la charité universelle : elle vous fait aussi comprendre l’absolue nécessité de la prière et surtout de la vie eucharistique dans la fréquentation de la sainte messe, l’acte de remerciement par excellence, pour vivre et témoigner avec cohérence la propre foi chrétienne. Remercier veut dire croire, aimer, donner ! Et avec joie, généreusement » (Jean-Paul II, Homélie à la « Journée de remerciement » des agriculteurs, Rome, 9 novembre 1980). Le cas des dix lépreux n’est pas unique, parce que dès que la situation est rétablie, dès que la difficulté a disparu, dès que l’obstacle a été levé, l’homme oublie son bienfaiteur et se replonge dans son égoïsme et son autosuffisance : « Le résultat a été atteint. Ensuite, comme dit le proverbe italien : passato il pericolo, gabatto il santo (une fois le péril passé, tout le monde se moque du saint) (Charles de Gaulle, « Allocution au Congrès des étudiants R.P.F. », 7 mars 1949, Lettres, notes et carnets. 8 Mai 1945-18 Juin 1951, Paris, Plon, 1984, p. 343). Pourtant le cadre général de notre vie n’a subi aucune modification. Qu’il pleuve ou que le soleil brille, qu’il souffle un vent de tempête ou que le calme plat règne, nous sommes et nous restons essentiellement entre les mains de Dieu, dont la Providence admirable continue de nous gouverner avec une sagesse infinie. Par conséquent, les motifs subsistent intégralement pour manifester à notre grand Dieu notre reconnaissance pour tout ce que la vie nous réserve et nous dévoile progressivement grâce à lui et à la mesure de nos forces. Car tout est grâce. Tout est don divin. Les épreuves, y compris, comme les saints en sont bien conscients. Et si nous nous habituons à remercier filialement notre Dieu pour toute chose, pour tout événement agréable ou non aux yeux des hommes, pour toute rencontre, plaisante ou non, pour tout travail couronné de succès ou apportant une déconvenue, et ainsi de suite, en nous habituant donc à remercier Dieu en tout, notre vie est joyeuse, profondément heureuse, et rien ne peut venir altérer ce bonheur qui s’enracine dans notre condition d’enfant de Dieu. N’est-il pas vrai que les remerciements que l’on nous adresse pour un service que nous avons rendu nous font plaisir ? Et que nous restons sur notre faim s’ils ne viennent pas, même si peu importe, en définitive, que l’on nous remercie ou pas, car ce qui compte avant tout, c’est d’agir de façon désintéressée, pour la gloire de Dieu. Mais c’est affaire de politesse élémentaire, de bonne éducation. (à suivre…)

lundi 23 juin 2014

Remercier Dieu (3)

Remercier Dieu (3)

Un seul lépreux donc revient sur ses pas pour remercier le Seigneur Jésus de l’avoir guéri. Il est quand même étonnant de constater que quatre-vingt-dix pour cent de ceux qui ont été délivrés d’une affection aussi honteuse et socialement pénalisante que la lèpre se soient abstenus d’adopter une attitude élémentaire d’action de grâces. Des gens qui appartiennent tous au peuple élu de surcroît. Jésus manifeste son étonnement, peut-être aussi son dépit, nous faisant voir par là qu’il s’attendait à ce qu’ils revinssent à lui, à ce qu’ils manifestassent une certaine exubérance au vu de ce qui leur était arrivé. Eh bien ! Non ! Ils ne se soucient pas de celui (lire la suite) qui les a rétablis dans leur honorabilité et leur permet de reprendre une vie normale. Ils ne pensent qu’à leur avenir. Ils ont bien crié avec confiance : « Jésus, aie pitié de nous ! » Ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. Jésus a eu effectivement pitié d’eux et a fait disparaître leur maladie honteuse comme d’un trait de plume. Et eux poursuivent leur petit bonhomme de chemin, indifférents à leur bienfaiteur ! Quant à nous, savons-nous remercier le Seigneur de nous guérir, non pas une fois, mais autant de fois qu’il le faut, d’une lèpre autrement plus laide, repoussante et dangereuse que celle de ces hommes, d’une lèpre qui devrait aussi nous mettre au ban de la société, la lèpre du péché ? Jésus a institué un sacrement merveilleux, délicieux, le sacrement par excellence de sa Bonté et de sa Miséricorde, qui a le pouvoir souverain de purifier notre âme de tous ses péchés. Le sacrement de la réconciliation – ou confession – est vraiment quelque chose d’extraordinaire et de profondément émouvant. Il est comme un bain de jouvence qui nous fait renaître à l’amour de Dieu, qui nous réintègre dans le cercle de ses intimes. Nous devrions bondir de joie après nous être confessés et aller nous prosterner nous aussi devant Jésus-Christ, c’est-à-dire venir nous agenouiller devant la tabernacle, où il est réellement présent, aussi vivant et actif que dans ce bourg des confins de la Samarie et de la Galilée. L’existence bienfaisante de ce sacrement et l’expérience que nous en faisons devraient constituer un de nos principaux motifs de joie et d’action de grâces tout au long de notre vie. Comme il est malheureux, et bien triste en même temps, que tant et tant de catholiques ignorent, délaissent, je n’ose pas dire méprisent, ce sacrement hautement salutaire – la « deuxième planche du salut » - par lequel nous parvient l’Amour fou de Dieu, cet Amour débordant qui l’a conduit au gibet de la Croix et qui continue de se manifester dans ces signes sensibles et efficaces de sa toute-puissance et de sa grâce que sont précisément les sacrements. Savoir gré à Dieu des dons qu’il nous octroie avec une telle libéralité et magnanimité, sans nous tenir rigueur de nos « écarts de conduite » répétés, est une « attitude eucharistique », nous dit le saint pape Jean-Paul II. (à suivre…)

samedi 21 juin 2014

Remercier Dieu (2)

Remercier Dieu (2)

Comment se fait-il que nous puissions être aussi indifférents à cette présence réelle, je souligne réelle, de notre Seigneur dans notre âme ? Ce n’est pas seulement une présence par la grâce, mais Jésus-Christ qui se trouve bien vivant en nous, avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Et nous nous comportons comme si nous l’ignorions. Disons-le-nous bien, « notre amour pour le Christ qui s’offre à nous, nous pousse à savoir trouver, à la fin de la Messe, quelques minutes pour une action de grâces personnelle, intime, qui prolonge dans le silence du cœur cette autre action de grâces qu’est l’Eucharistie » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 92). Que Dieu l’attende de fait est illustré, entre autres, par la scène suivante, prise sur le vif de la vie de notre Seigneur. (lire la suite) « Alors qu’il faisait route vers Jérusalem, il passa aux confins de la Samarie et de la Galilée. Et comme il entrait dans un bourg, il rencontra dix lépreux qui s’arrêtèrent à distance » (Luc 17, 11-12). Ils n’approchent pas, car, à l’époque, la lèpre était jugée particulièrement contagieuse et les dispositions concernant l’éloignement de ceux qui en étaient atteints de tout lieu habité étaient très strictes. Mais cela ne les empêche pas de désirer guérir de leur maladie. Et comme ils ont appris que Jésus de Nazareth, dont on ne se lasse pas de raconter les prodiges, va passer par chez eux, ils sont sortis à sa rencontre. « Ils lui dirent, en haussant la voix : ‘Jésus, ô Maître, aie pitié de nous !’ » (Luc 17, 13). C’est tout. Ils n’en disent pas plus. Ils ne demandent pas davantage, certains que ce Jésus les comprend et qu’il peut, qu’il va certainement faire quelque chose pour eux. Toutefois, ce jour-là le rabbi ne pose aucun geste spectaculaire. Il se contente de leur dire : « Allez vous montrer aux prêtres » (Luc 17, 14). Cela pouvait laisser sous-entendre qu’ils étaient guéris ou qu’ils allaient l’être dans un bref délai, guérison que les prêtres devaient constater. Or, « tandis qu’ils y allaient, ils furent guéris » (Luc 17, 14) effectivement. Mais c’est à ce moment que surgit un problème. En effet, « l’un d’eux, voyant qu’il avait recouvré la santé, revint en glorifiant Dieu à haute voix, et tomba à ses pieds la face contre terre, lui rendant grâces » (Luc 17, 15-16). Jésus le laisse faire. Il ne s’oppose pas à cette manifestation ostentatoire de la joie débordante et obligée de cet homme. Mais ce qui dramatise quelque peu la scène, c’est que, comme le précise saint Luc, il s’agit d’un Samaritain. Or, cela fait longtemps que « les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains » (Jean 4, 9), qui, pour eux, sont des hérétiques. Manifestement, le statut de lépreux permet de s’affranchir de cette coutume. C’est donc un non Juif qui a la finesse d’âme de retourner sur ses pas pour venir témoigner au Seigneur de sa gratitude. Jésus sait bien ce que sa toute-puissance a réalisé. Aussi demande-t-il : « Est-ce que les dix n'ont pas été guéris ? Et les neuf, où (sont-ils) ? Ne s'est-il trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir rendre gloire à Dieu ? » (Luc 17, 17-18). (à suivre…)

mardi 8 février 2011

La reconnaissance (2)


La reconnaissance (2)

Ayons l'humilité de reconnaître cette intervention de Dieu dans notre vie, comme pour les lépreux de l'Évangile, et laissons notre cœur chanter, déborder de joie et d'action de grâces, comme le Samaritain qui prend conscience de ce que Jésus a réalisé en lui. « Merci, mon Dieu, merci ! » Nous ne te remercierons jamais suffisamment et comme il le faut. Mais je voudrais que ma vie soit un chant d'action de grâces ininterrompu. C'est sans doute intéressé, puisque je sais qu'en agissant ainsi tu vas m'envoyer encore plus de grâces, surtout celles de la conversion intérieure, qui m'intéressent au plus haut point. (lire la suite)
« As-tu bien observé comment les enfants remercient ? — Imite-les en disant comme eux à Jésus, pour ce qui t’est favorable comme pour ce qui t’est adverse : « Que tu es bon, que tu es bon !… »
Cette phrase prononcée avec conviction est le chemin d’enfance. Par là tu gagneras la paix, certes avec des limites et une mesure de rires comme de larmes, mais aussi avec un Amour sans limites ni mesure » (saint Josémaria, Chemin, n° 894).
Il est vrai que nous ne méritons pas que le Seigneur s'intéresse à nous. Mais en même temps nous sommes sa raison d'être sur terre. Il « essuiera toute larme », nous assure l'Écriture (Apocalypse 7, 17). Et tel est bien le cas, pour qui sait reconnaître les interventions de Dieu dans son existence. Demeurons dans l'action de grâces. « Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t'offrir notre action de grâces toujours et en tout lieu » (préface). Ces paroles que le prêtre prononce à la messe ne doivent pas rester lettre morte. Savourons-les et faisons-les pleinement nôtres. « Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire... »

(fin)

lundi 7 février 2011

La reconnaissance (1)


La reconnaissance (1)

Jésus guérit un jour dix lépreux qui étaient venus à sa rencontre alors qu'il entrait dans un village aux confins de la Samarie et de la Galilée. Se tenant à distance, comme leur condition l'exigeait, « ils élevèrent la voix : « Jésus, Maître, dirent-ils, aie pitié de nous » (Luc 17, 13). Ce qui est surprenant, ce n'est pas tant le miracle, car Jésus nous habitue à cette façon de faire. Il possède un pouvoir infini capable de résoudre tous les problèmes. Ce qui est surprenant, c'est qu'un seul des dix lépreux soit revenu sur ses pas pour remercier le Seigneur de la faveur insigne dont il a été gratifié. « Or, c'était un Samaritain » (Luc 17, 16). Les neuf autres ont peut-être pensé que cela leur était dû... (lire la suite)
La reconnaissance est une vertu des âmes bien nées. Il semble normal de remercier quelqu'un des faveurs qu'il nous fait, surtout si elles sont insignes, comme dans le cas présent. « Rendez grâce à Dieu, car il est bon car éternel est son amour ! Qu'elle le dise, la maison d'Israël : éternel est son amour ! Qu'elle le dise, la maison d'Aaron : éternel est son amour ! Qu'ils le disent, ceux qui craignent Yahvé : éternel est son amour » (Psaume 118, 1-4). Remercier Dieu de tous ses bienfaits ne lui apporte rien à lui. Cela n'augmente pas sa gloire. Il n'a pas de vanité à satisfaire. S'il attend que nous le remercions, c'est pour notre bien à nous, pour nous accorder de nouvelles faveurs, encore plus importantes. En effet, au lépreux reconnaissant « il lui dit : « Relève-toi, pars ; ta foi t'a sauvé » (Luc 17, 19). A la guérison corporelle vient s'ajouter la guérison spirituelle, qui est beaucoup plus importante que la première, même si cette guérison n'a rien de spectaculaire. Mais les neuf autres l'ont ratée par manque de reconnaissance.
Un « merci » n'est pas grand chose, mais il touche le cœur de Jésus toujours prêt à s'émouvoir. Il serait bon de nous habituer à dire ne serait-ce que « Dieu merci », lorsque les choses se déroulent positivement à notre goût, quand nous apprenons que quelque chose s'est bien passé. Et même en toutes circonstances, car nous devrions être reconnaissants envers Dieu de tout, absolument tout. Pour un être qui aime vraiment Dieu, tout est grâce.
« Que pouvons-nous sentir de meilleur, prononcer de plus beau, écrire de mieux que ces paroles : « Dieu merci » ? Il n'y a rien que l'on puisse dire plus brièvement, ni écouter plus joyeusement, ni sentir avec une plus grande élévation, ni faire plus utilement », écrit saint Augustin (Epistola 72). C'est une bonne occupation pour un enfant de Dieu que de le remercier continuellement pour tout. Et de le remercier d'organiser notre chemin de telle sorte que notre lutte, que notre vie, en soient facilitées. « Laisse ton cœur s’épancher en effusions d’amour et de remerciements à la pensée que la grâce de Dieu te délivre, chaque jour, des pièges que te tend l’ennemi » (saint Josémaria, Chemin, n° 434).

(à suivre...)