ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est miséricorde. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est miséricorde. Afficher tous les articles

jeudi 26 mars 2015

Jugement particulier et Marie

Jugement particulier et Marie

Vous aurez beaucoup de mal, ô Marie, avec le mécréant que je suis. Mais j’ai confiance dans votre talent oratoire. Il est bien connu. Nombre de vos plaidoiries enflammées circulent parmi nous. Et ce que nous constatons est que vous l’emportez toujours. Que le Juge reconnaît la justesse de votre défense, de vos arguments. Ils portent infailliblement. N’est-ce pas ce que votre grand serviteur Bernard de Clairvaux a prédit dans le « Souvenez-vous » ? Vous avez le sens de la formule bien frappée qui fait choc. (lire la suite) Vous savez toucher la corde sensible et mettre en mouvement la miséricorde plus que la justice. Plus que quiconque vous êtes l’Avocate des causes perdues. Vous aurez beaucoup à faire avec le pauvre pécheur que je suis, mais vous saurez le faire à merveille. Et ce sera encore un titre de gloire pour vous – une des gloires de Marie ! – et un motif de reconnaissance éternelle pour moi. Jésus, votre Fils et mon Frère aîné, mon Sauveur, n’a-t-il pas affirmé à plus d’un de ses serviteurs qu’il ne peut rien vous refuser puisque vous n’avez jamais dit non à tout ce qu’il vous a demandé ? Ce même Jésus n’a-t-il pas adressé comme requête à son Père de nous pardonner – je suis inclus dans le lot – parce que nous ne savons pas ce que nous faisons ? (cf. Luc 23, 34). Je ne sais pas ce que je fais quand je pèche. Et je ne sais peut-être pas non plus ce que je fais quand j’agis bien, puisque c’est sous la motion de ta grâce, Seigneur. Bien que, dans les deux cas, je me prononce librement pour ou contre toi. Mais vous êtes ma Mère. Et s’il y a un moment où je dois vous réclamer : Monstra te esse Matrem ! Montrez que vous êtes ma Mère, manifestez-vous en tant que Mère, c’est bien ce moment-là. Je ne puis douter que vous vous porterez à mon secours. N’ai-je pas sur moi votre saint scapulaire ? N’ai-je pas récité par milliers le chapelet comme vous nous l’avez vous-même recommandé, ce qui, vous l’avez assuré au bienheureux Alain de la Roche, fait que vous me secourez dans toutes mes nécessités – et puis-je être davantage dans le besoin que maintenant ? – et que nous jouirons d’une grande gloire dans le ciel. Votre parole – votre promesse – ne saurait être mise en défaut.

mercredi 25 février 2015

Péché et tiédeur (3)

Péché et tiédeur (3)

Il aurait peut-être mieux valu que les vierges, qualifiées de folles dans la parabole, restent chez elles ; parce que ce qu’elles font est inutile, puisqu’elles n’ont pas l’huile nécessaire pour maintenir leur lampe allumée, ou au moins en veilleuse, tout le temps de l’attente (mais Dieu récompense toujours d’une façon ou d’une autre ce qui a été fait de bien). C’est ce que montre la suite de la parabole : « Au milieu de la nuit, un cri se fit (entendre) : "Voici l’époux ! Allez à sa rencontre !" Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes. Et les folles dirent aux sages : "Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent." Les sages répondirent : (lire la suite) "De crainte qu’il n'y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous." Mais, pendant qu’elles s’en allaient en acheter, l’époux arriva, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui au festin des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent aussi, disant : "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous! " Mais il répondit : "En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas." Donc veillez, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure » (Mt 25, 6-13). « Je connais tes œuvres : tu n’es ni froid ni chaud. Plût à Dieu que tu fusses froid ou chaud ! Aussi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni chaud je vais te vomir de ma bouche » (Apocalypse 3, 15-16). Cette affirmation montre à quel point Dieu a horreur des gens tièdes, mollassons, qui ne se donnent pas entièrement à lui, qui cherchent à se tranquilliser en faisant un petit quelque chose, qui n’est en réalité qu’une caricature de vie chrétienne, des miettes que l’on donne à Dieu. Et qu’il s’estime heureux avec cela ! Nous savons qu’il existe deux sortes de péchés : le péché véniel, qui ne nous coupe pas de l’amitié avec Dieu, bien qu’il la refroidisse ; et le péché mortel, souvent qualifié de grave, qui, lui, fait de nous un membre mort de l’Église, nous coupe de l’amour de Dieu et de notre prochain. Si jamais cela nous arrivait, que faudrait-il faire ? Se décourager ? Certainement pas. Nous confesser au plus tôt, puisque le sacrement ne se limite pas à pardonner la faute, mais possède la vertu curative de nous fortifier et de nous guérir. Nous ne pouvons pas mettre en doute la bonté absolue de Dieu. Il a institué le sacrement de la réconciliation pour cela. Ne l’oublions pas. Il savait bien que nous en aurions besoin. C’est un effet supplémentaire de sa miséricorde et de sa Bonté infinies. Quelque chose d’absolument merveilleux. Dont le succès est garanti, en plus ! (à suivre…)

lundi 23 juin 2014

Remercier Dieu (3)

Remercier Dieu (3)

Un seul lépreux donc revient sur ses pas pour remercier le Seigneur Jésus de l’avoir guéri. Il est quand même étonnant de constater que quatre-vingt-dix pour cent de ceux qui ont été délivrés d’une affection aussi honteuse et socialement pénalisante que la lèpre se soient abstenus d’adopter une attitude élémentaire d’action de grâces. Des gens qui appartiennent tous au peuple élu de surcroît. Jésus manifeste son étonnement, peut-être aussi son dépit, nous faisant voir par là qu’il s’attendait à ce qu’ils revinssent à lui, à ce qu’ils manifestassent une certaine exubérance au vu de ce qui leur était arrivé. Eh bien ! Non ! Ils ne se soucient pas de celui (lire la suite) qui les a rétablis dans leur honorabilité et leur permet de reprendre une vie normale. Ils ne pensent qu’à leur avenir. Ils ont bien crié avec confiance : « Jésus, aie pitié de nous ! » Ils ont obtenu ce qu’ils voulaient. Jésus a eu effectivement pitié d’eux et a fait disparaître leur maladie honteuse comme d’un trait de plume. Et eux poursuivent leur petit bonhomme de chemin, indifférents à leur bienfaiteur ! Quant à nous, savons-nous remercier le Seigneur de nous guérir, non pas une fois, mais autant de fois qu’il le faut, d’une lèpre autrement plus laide, repoussante et dangereuse que celle de ces hommes, d’une lèpre qui devrait aussi nous mettre au ban de la société, la lèpre du péché ? Jésus a institué un sacrement merveilleux, délicieux, le sacrement par excellence de sa Bonté et de sa Miséricorde, qui a le pouvoir souverain de purifier notre âme de tous ses péchés. Le sacrement de la réconciliation – ou confession – est vraiment quelque chose d’extraordinaire et de profondément émouvant. Il est comme un bain de jouvence qui nous fait renaître à l’amour de Dieu, qui nous réintègre dans le cercle de ses intimes. Nous devrions bondir de joie après nous être confessés et aller nous prosterner nous aussi devant Jésus-Christ, c’est-à-dire venir nous agenouiller devant la tabernacle, où il est réellement présent, aussi vivant et actif que dans ce bourg des confins de la Samarie et de la Galilée. L’existence bienfaisante de ce sacrement et l’expérience que nous en faisons devraient constituer un de nos principaux motifs de joie et d’action de grâces tout au long de notre vie. Comme il est malheureux, et bien triste en même temps, que tant et tant de catholiques ignorent, délaissent, je n’ose pas dire méprisent, ce sacrement hautement salutaire – la « deuxième planche du salut » - par lequel nous parvient l’Amour fou de Dieu, cet Amour débordant qui l’a conduit au gibet de la Croix et qui continue de se manifester dans ces signes sensibles et efficaces de sa toute-puissance et de sa grâce que sont précisément les sacrements. Savoir gré à Dieu des dons qu’il nous octroie avec une telle libéralité et magnanimité, sans nous tenir rigueur de nos « écarts de conduite » répétés, est une « attitude eucharistique », nous dit le saint pape Jean-Paul II. (à suivre…)

mercredi 11 juin 2014

Le jugement particulier (3)

Le jugement particulier (3)

Nous avons en cela une première réalité réconfortante : nous serons tous traités pareillement. C’est en réalité une deuxième réalité réconfortante, car la première est évidemment que notre Juge est en même temps notre Père et qu’il ne peut pas faire taire ses entrailles paternelles : « Et notre père, avec une dureté feinte dans la voix et le visage sévère, nous a réprimandés…, alors même que son cœur était attendri ; il connaissait notre faiblesse, et pensait : pauvre enfant, comme il s’efforce de bien faire ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 247). C’est dire que notre Juge est de notre côté. Il n’est pas un accusateur acharné, vindicatif, partisan à la Saint-Just. Non ! (lire la suite) Il est acquis à notre cause, parce qu’il a envoyé son Fils donner sa vie pour nous, afin que nous puissions nous sauver, sortir de la salle d’audience blancs et non noirs. « Je ne suis pas venu, non pour condamner le monde, mais pour le sauver » (Jean 12, 47). Dieu n’a pas envie de nous condamner ! Nous pourrions même aller jusqu’à dire qu’il n’a aucun intérêt à le faire. Et qu’il ne le fera que si nous l’y contraignons, que si nous nous condamnons nous-mêmes en refusant encore, au terme du procès, de nous laisser aimer par lui et de l’aimer. Toute la question se ramène en effet à cela. Comme saint Jean de la Croix l’affirmait, « à la fin du jour [c’est-à-dire de la vie], c’est sur l’amour qu’on vous examinera. Apprenez donc à aimer Dieu comme Il désire l’être et laissez là ce que vous êtes » (St Jean de la Croix, Les Maximes, 80). Partant de ce principe, nous pouvons être sûrs que Dieu fera tout son possible pour que nous soyons innocentés. Il n’est pas un juge austère, sévère, impitoyable : « J’ai dû sourire à vous entendre parler des « comptes » que vous demandera notre Seigneur. Non, pour vous tous, il ne sera pas un juge, au sens austère du mot. Il sera simplement Jésus. » — Ces mots, écrits par un saint évêque, qui ont consolé plus d’un cœur en tribulation, peuvent parfaitement consoler le tien » (saint Josémaria, Chemin, n° 168). C’est un juge bienveillant, mais éminemment juste, équitable, qui « rend à chacun selon ses œuvres » (Romains 2, 6), qui, en quelque sorte, accepte de se plier à notre volonté, de nous suivre dans notre décision. Une volonté qui peut s’opposer à la sienne. Quelle est-elle ? Ce que Dieu veut, c’est de pouvoir nous dire à la fin des débats : « C’est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître » (Matthieu 25, 21). Comme saint Augustin le fait remarquer, « s’il menace de venir en qualité de juge, c’est pour ne trouver personne à punir quand il viendra. C’est pour cela que toutes les menaces des prophètes n’ont pas d’autre but que notre correction. Si Dieu voulait condamner, il se tairait. Personne, voulant en frapper une autre, ne lui dit : prend garde. Tout ce que l’Écriture nous fait entendre, mes frères, c’est la voix de Dieu qui nous dit : prends garde ; et tout ce que nous souffrons de tribulations en cette vie, c’est le fouet de Dieu qui veut nous corriger pour n’avoir pas finalement à nous damner » (Sermon 22, 4). Le même saint Augustin souligne à la fois la miséricorde et la justice de Dieu, dont l’une n’annule pas l’autre, mais la tempère seulement : « Par un effet de notre perversité nous voulons que Dieu soit miséricordieux et non pas juste ; d’autres, au contraire, trop confiant dans leur innocence, veulent que Dieu soit juste et non miséricordieux. Dieu se montre l’un et l’autre, ces deux attributs sont de son ressort ; la miséricorde n’empiète pas sur les droits de la justice et la justice ne supprime pas la miséricorde. Il est miséricordieux et juste. Comment prouvons-nous qu’il est miséricordieux ? Parce qu’il épargne aujourd’hui les pécheurs et donne le pardon à ceux qui s’accusent. Comment prouvons-nous qu’il est juste ? Parce qu’il viendra le jour du jugement. Dieu le diffère aujourd’hui, mais il ne le supprime pas, et quand ce jour sera venu, il rendra à chacun selon ses mérites » (Sermon 22, 5). (à suivre…)

mercredi 4 décembre 2013

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, il se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’un homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que (lire la suite) de voir en lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

vendredi 29 novembre 2013

Connaître en écoutant (3)

Connaître en écoutant (3)

Mais le Seigneur ne s’était pas privé de la rappeler de temps à autre, question de nous faire comprendre qu’à ses yeux nous restions vraiment ses enfants. Des enfants terribles, certes, mais ses enfants tout de même. Dieu reste notre Père, quoi qu’il arrive, quels que soient nos égarements. Et chaque fois que nous revenons à lui, le cœur contrit et rempli d’humilité (cf. Psaume 50, 19), il nous le prouve. C’est l’enseignement que nous tirons de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32). « Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour » (Jean-Paul II, lette encyclique Dives in misericordia, 30 novembre 1980, n°8). (lire la suite) Dieu s’est toujours présenté comme étant fidèle à ses promesses. Mais ici, nous avons davantage, parce que c’est la miséricorde et la mansuétude de notre Dieu qui s’étalent au grand jour, et parce que quelque chose de très profond est mis en évidence : « Les causes de cette émotion doivent être recherchées plus profondément: le père est conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils. Bien que celui-ci ait dilapidé son héritage, son humanité est cependant sauve. Plus encore, elle a été comme retrouvée » (Ibid.). Voilà ce qu’il y a de plus étonnant et de plus émouvant dans l’attitude de Dieu à notre égard, et de plus inattendu aussi, dans une perspective humaine. Par là, le Seigneur nous répète ce qu’il affirmait déjà par la bouche du prophète : « Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils ; moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2, 7). Et, en t’envoyant mon propre Fils, je t’ai réengendré, je t’ai réintroduit, réadmis dans ma propre vie. Et en te pardonnant tes péchés, je t’engendre de nouveau à la vie de la grâce, qui n’est autre que la lymphe vivifiante qui circule inlassablement de moi à mon Fils et vice-versa sous l’action de notre Esprit commun. Je t’ai tiré des extrémités de la terre et je t’ai appelé des lointaines régions pour te dire : « Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné » (Isaïe 41, 9). Nous avons donc toutes les raisons du monde pour vouloir connaître ce Dieu qui nous donne tout et qui nous aime tellement. Or, Dieu est saint, par excellence, en lui-même. Il est la Sainteté. Le connaître réellement, c’est donc nous efforcer d’être saints à notre tour pour lui rendre gloire et pour que les autres le glorifient à travers nous. « Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 6, 16). (à suivre…)

dimanche 29 septembre 2013

Les plans de Dieu (23)

Les plans de Dieu (23)

Celui qui s’adresse à moi en ces termes m’émeut, « et moi, je le ressusciterait au dernier jour » (Jean 6, 40). Il existe bien des esprits rationalistes pour ricaner quand ils entendent parler de résurrection des morts, de ces gens qui « passent la totalité de leur temps à dire ou à écouter les dernières nouvelles » (Actes 17, 21), mais qui refusent d’entendre, et donc s’interdisent d’accueillir, la Bonne Nouvelle. Car quelle nouvelle que l’annonce de la résurrection ! « Quelle raison est de dire qu’on ne peut ressusciter ? Quel est le plus difficile, de naître ou de ressusciter ? Que ce qui n’a jamais été soit ou que ce qui a été soit encore ? » (Pascal, Pensées 222). (lire la suite) Vous avez eu chez bon un de ces esprits forts justement, qui a décidé, un beau matin, en faisant sa toilette, que je n’existais pas. Ah ! la belle affaire ! Cela serait comique, dit Dieu, s’il n’avait pas entraîné dans son abjuration et son incroyance, dans son scepticisme, des milliers de mes enfants. Et cela, c’est difficilement pardonnable. Pourtant je m’y connais en matière de pardon, dit Dieu. Ma miséricorde est touchée quand j’entends mon Fils me supplier : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Le plus fort, c’est qu’il n’arrête pas de me le dire. En plus Marie se met aussitôt de la partie. Elle en rajoute, si je puis dire. Il faut voir comme elle trouve toujours des éléments positifs en faveur des âmes les plus noircies par le péché. Elle n’est jamais à court d’arguments pour m’arracher ma décision. Ceci dit, je ne peux revenir sur ce que mon Fils a dit : il n’a d’ailleurs fait que vous répéter ce que je l’ai chargé de vous transmettre : « Ce n’est pas de mon propre chef que j’ai parlé ; mais le Père qui m’a envoyé, c’est lui qui m’a prescrit ce que j’avais à dire et à faire entendre » (Jean 12, 49). Ce qu’il vous a donc déclaré en mon nom, c’est que « tout péché, tout blasphème sera pardonné ; mais le blasphème contre l’Esprit ne sera pas pardonné. À qui aura parlé en mal du Fils de l’homme, il sera pardonné ; mais à qui aura parlé en mal de l’Esprit Saint, il ne sera pas pardonné ni dans ce monde-ci ni dans le monde à venir » (Matthieu 12, 31-32). Je ne fais qu’entériner la décision libre de l’homme. Il a opéré un choix, une « option fondamentale » comme vous dites. Je la respecte.c’est un coup de lance dans le Cœur de mon Fils et une dague plantée dans celui de la très Sainte Vierge. nous n’y pouvons mais. Si certains vont « à la fosse de perdition » (Psaume 55, 24), c’est bien parce qu’ils l’ont voulu délibérément. Moi, dit Dieu, je suis la Justice même. Certes, je la tempère autant que possible par ma Miséricorde. Et Marie s’y entend encore une fois pour m’y amener, elle que vous invoquez précisément en tant que Mère de Miséricorde. Mais la justice c’est la justice. Ne pas l’appliquer porterait atteinte à la dignité de ceux qui sont restés fidèles envers et contre tout, et leur causerait un tort considérable, en rendant en quelques sorte futiles et inutiles toute leur lutte ascétique, tous leurs efforts pour m’aimer par-dessus toute choses. (à suivre…)

dimanche 15 septembre 2013

Les plans de Dieu (19)

Les plans de Dieu (19)

Qui donc va me dresser ainsi à la face du monde, au sommet de toutes les activités que vous accomplissez chaque sainte journée qui passe, vous les hommes ? Toi. Toi très précisément. Toi dont j’ai fait mon enfant précisément pour cela. « À une condition toutefois :c’est que vous demeuriez sur la base solide et ferme de la foi, sans vous laisser départir de l’espérance née de l’Évangile reçu par vous » (Colossiens 1, 23). Autrement tu échoueras stupidement et toutes tes œuvres se dissiperont comme de la paille emportée par le vent ou que l’on consume au feu qui ne s’éteint pas (cf. Luc 3, 17). Dis-toi bien que mon Fils vous a sauvés : non pas par des œuvres que vous auriez faites en état de justice, mais en raison de sa miséricorde, grâce au bain où l’Esprit régénère et rénove, l’Esprit qu’il a répandu sur vous en abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, vous deveniez en espérance héritiers de la vie éternelle » (Tite 3, 5-7). (lire la suite) Et tu me hisseras bien haut, bien droit, à la cime des occupations des hommes si tu sais étendre toi-même tes bras sur la Croix et accepter – plus encore et mieux « aimer » - les souffrances que la vie comporte inévitablement (mais moi, dit Dieu, j’aurais voulu vous les éviter…), souffrances qui t’identifient peu à peu à mon Fils ; si tu sais apprécier à sa juste valeur cette Croix qui vous apporte le Salut et donc l’accepter – plus encore et mieux l’« aimer » - avec paix, sérénité et reconnaissance ; si tu ne te plains pas de ce qui t’arrive, mais sais au contraire me l’offrir pacifiquement en union avec mon Unique et ainsi la rendre agréablement présente dans le monde pour que nombreux soient ceux qui apprennent à aimer la Croix que je leur envoie et qui découvrent le sens positif de leur existence, de toute existence, y compris de celles qui passent pour être funestes aux yeux des hommes, qui restent terrestres et ne savent pas être spirituels (cf. Romains 7, 14). « Ayez soin de toute chose par amour de Dieu, en embrassant avec joie la croix de chaque jour. Je l’ai répété des milliers de fois, parce que je pense que ces idées doivent être gravées dans le cœur des chrétiens : quand nous ne nous bornons pas à tolérer la contradiction, la douleur physique ou morale, mais qu’au contraire nous l’aimons et que nous l’offrons à Dieu en réparation pour nos péchés personnels et pour les péchés de tous les hommes, alors je vous assure que cette souffrance n’accable pas. Nous ne portons plus n’importe quelle croix, nous découvrons la Croix du Christ avec, en plus, la consolation de constater que le Rédempteur se charge d’en supporter le poids. Nous collaborons comme Simon de Cyrène qui se vit obligé de prêter ses épaules pour aider Jésus, alors qu’il revenait de travailler son champ et pensait à un repos mérité (cf. Marc 15, 21). Être volontairement le Cyrénéen du Christ, accompagner d’aussi près son Humanité souffrante, réduite à une loque, n’est pas un malheur pour une âme aimante, mais lui apporte la certitude de la proximité de Dieu qui, par ce choix, la bénit » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 132). (à suivre…)

mercredi 4 septembre 2013

Mission impossible (5)

Mission impossible (5)

Dieu qui « est riche en miséricorde » (Éphésiens 2, 4). « Celui qui trône dans les cieux se rit, le Seigneur se moque d’eux » (Psaume 2, 4). Écouteront-ils le prophète les presser de rendre hommage à Dieu en tremblant, « de peur qu’il ne s’irrite contre vous et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite » (Psaume 2, 12). Or donc, « qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur ne craindra point ; que contre moi s’engage le combat, alors même j’aurai confiance » (Psaume 27, 3), car « le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je ? » (Psaume 27, 1). C’est un langage que les mondains ne comprennent pas,car ils vivent dans la peur permanente d’être déboulonnés par quelqu’un de plus fort qu’eux, par un concurrent, comme Hérode tremble à la simple annonce qu’un nouveau-né puisse lui disputer un jour le trône… (lire la suite) La fidélité de Moïse et les humiliations subies de la part du pharaon finissent par être récompensées, comme Dieu le lui a annoncé : « Tu verras bientôt ce que je ferai à Pharaon [moi, et non toi, qui n’es que mon haut-parleur] : forcé par une main puissante, il les laissera aller [les fils d’Israël] ; forcé par une main puissante, il les chassera de son pays » (Exode 6, 1). Et s’il se repens par la suite : « Qu’avons-nous fait de laisser aller Israël qui ne nous servir a plus ? » (Exode 14, 5), c’est trop tard. Il a beau prendre la tête de ses chars et de ses cavaliers, c’est inutile. Ils seront engloutis dans les eaux de la mer Rouge, « et il n’en resta pas un seul » (Exode 14, 29). L’heure n’est pas éloignée où Moïse et tout le peuple pourront chanter à pleins poumons à la louange du Tout-Puissant : « Il a jeté à l’eau cheval et cavalier » (Exode 15, 1). Ce jour-là, « Israël vit sur le rivage de la mer les Égyptiens morts » (Exode 14, 30). Avec le prophète Jérémie, nous avons un autre exemple de mission impossible. Le Seigneur attire son attention sur la situation de son peuple : « As-tu vu ce qu’a fait Israël la schismatique ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert – sous-entendu, elle a sacrifié à des divinités étrangères, ce que je lui avais formellement interdit parce que « c'est moi, moi qui suis Dieu, et qu'il n'y a point de Dieu à côté de moi » (Deutéronome 32, 39) –, et elle s’y est prostituée » (Jérémie 3, 6). Dieu chargea lors Jérémie d’un message de conversion, une conversion que la bonté de Dieu devrait faciliter grandement : « Reviens, schismatique Israël. Je ne vous fera pas un mauvais visage, car je suis bienveillant – oracle du Seigneur – et je ne conserve pas [ma colère] à jamais » (Jérémie 3, 12). (à suivre…)

jeudi 9 mai 2013

Notre vie, espérance et salut

Notre vie, espérance et salut

« Docteur du salut et de la sainteté », saint Alphonse considère de préférence le rôle de Marie dans l’économie pratique du salut. Mère, Reine, Médiatrice nécessaire et universelle de tous les rachetés, des pécheurs, Marie est notre Vie, notre Espérance, notre Salut : « C’est justement pour user envers nous de toutes les miséricordes possibles que le Père éternel non content de nous avoir donné Jésus-Christ pour principal avocat auprès de lui, a encore constitué Marie notre avocate auprès de Jésus-Christ […]. Nous ne pourrions trouver une avocate plus puissante auprès de Dieu, et plus miséricordieuse à notre égard. Recourez donc à elle avec joie, c’est elle qui vous sauvera par son intercession ». En pratique il s’agit donc de prier, d’aimer, de vénérer Marie partout et toujours : « La dévotion à Marie est un gage de prédestination. Un serviteur de Marie, fidèle à l’honorer et à se recommander à elle, ne peut se damner ». Saint Alphonse, plus qu’aucun autre saint ou docteur de l’Église, a compris que l’économie présente du salut est essentiellement une « économie de prière ». Le souci constant est de bien prier, de toujours prier, de faire prier, de demander sans cesse les grâces décisives : amour, persévérance, prière. Dans cette économie de la prière, Marie joue un rôle primordial : « Cette Mère de miséricorde, écrit saint Alphonse, n’est que douce bonté, n’est que suavité, non seulement pour les justes, mais aussi pour les pécheurs, et pour les désespérés eux-mêmes. Tous elle les console. » Saint Alphonse s’explique encore : « Ce n’est pas que Marie soit plus puissante ou plus miséricordieuse que son divin Fils. Au contraire. C’est de lui qu’elle tient tous les trésors de son cœur maternel. Mais quand nous recourons à notre Mère du ciel, d’une part notre confiance est aisément plus assurée et plus vive et d’autre part Dieu veut ainsi honorer sa Mère ». Le Docteur des Gloires de Marie est toujours le « Docteur de la prière ».

samedi 29 décembre 2012

Filiation divine (1)

Filiation divine (1)

« Fils de Dieu » est un titre donné non seulement à Pharaon, mais aussi à Daniel, par le prophète Nathan : « Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils » (2 Samuel 7, 14). Cela est affirmé dans la perspective messianique, qui est celle du psaume 2, 7 : « Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils ; moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendré », ce qui est réaffirmé dans la prière pour la restauration du trône de David : » Il me dira : Tu es mon père, mon Dieu, mon rocher, mon sauveur » (Paume 89, 27).
Le Christ ne déniera pas ce titre de « fils de Dieu » à tous les hommes : « J’ai dit : Vous êtes des dieux, et les fils du Très-Haut, vous tous » (Psaume 82, 6). Telle est l’immense dignité de la créature humaine, dignité très peu souvent mise en avant, et pourtant constitutive de notre « être en Dieu ». Réalité qui (lire la suite) donne un fondement ferme à toute notre existence. Réalité pleinement consolante et rempart contre le pessimisme et la désespérance. Ne soyons donc pas de ceux « qui mettent leur gloire dans leur honte, n’appréciant que les choses de la terre – et manifestant par là de n’être que des fils des hommes -, car pour nous, notre cité se trouve dans les cieux » -Philippiens 3, 19-20). Nous, c’est à une patrie meilleure que le monde terrestre à laquelle nous aspirons, « à savoir la patrie céleste. Aussi Dieu ne rougit-il pas de s’appeler [notre] Dieu : en fait, il [nous] a préparé une cité (Hébreux 11, 16). Et il ne rougit pas, mais se réjouit au plus profond de son être d’Amour, de nous entendre l’appeler « Père », de nous voir vivre en ayant une claire conscience de notre dépendance filiale à son égard. C’est entièrement le fruit de sa Bonté infinie, d’un bout à l’autre. En effet, « Dieu, dans la richesse de sa miséricorde, poussé par le grand amour dont il nous a aimés – et avec lequel il ne cesse de nous aimer dans son présent éternel – nous a fait revivre avec le Christ, alors que nous étions en l’état de mort pour nos fautes » (Éphésiens 2, 4-5), par suite de nos péchés dont nous sommes pleinement responsables. Nous en étions redevables devant la Justice divine. Au lieu de cela, Dieu a envoyé son propre Fils, comme « victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier » (1 Jean 2, 2). « C’étaient vraiment nos souffrances qu’il portait, et nos douleurs dont il s’était chargé » (Isaïe 53, 4). (à suivre…)

dimanche 4 novembre 2012

Dons gratuits (5)

Dons gratuits (5)

Nous n’avons pas tous reçu la même part de l’héritage divin. Les talents sont diversement répartis, à la différence de la situation spéciale qui a été celle de Marie, en prévision de sa condition de Mère du Rédempteur. Nous ne pouvons pas exceller comme elle dans toutes les vertus. Cela est exclu pour nous. efforçons-nous du moins de briller par l’une ou l’autre qualité, et qu’ainsi nos bonnes œuvres brillent aux yeux des hommes, pour qu’ils voient nos bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les cieux (cf. Matthieu 5, 16). Nous sommes bien convaincus qu’en nous efforçant de vivre de la sorte, Dieu nous comblera de toutes sortes de biens spirituels, car (lire la suite) « le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ […] nous a octroyé toutes sortes de bénédictions
spirituelles dans le Christ » (Éphésiens 1, 3). « Si donc vous, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner à vos enfants des choses qui sont bonnes, combien plus votre Père qui est dans les cieux, donnera-t-il ce qui est bon à ceux qui le lui demanderont » (Matthieu 7, 11). Demandons donc à notre Seigneur de nous accorder toute l’aide de la grâce dont nous avons besoin pour faire fructifier les talents qu’il nous a octroyés dans sa générosité. Car Dieu est « bon dans ses bienfaits » (Psaume 119, 68), il est « bon ; il est un refuge au jour de la détresse » (Nahum 1, 7). Si Dieu ne répartit pas ses dons équitablement, selon notre appréciation et notre mesure humaines du moins, pouvons-nous le lui reprocher ? « Que dirons-nous donc ? Y a-t-il en Dieu de l’injustice ? Que non pas ! Il dit en effet à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’aurai compassion » (Exode 33, 19). Ainsi donc c’est affaire ni de qui veut ni de qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Romains 9, 15-16). Et « par l’œuvre de justice d’un seul, c’est pour tous les hommes la justification qui donne la vie » (Romains 5, 18). Nous n’avons qu’à dire : « Amen. Alléluia », « Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu ! » (Apocalypse 19, 1). (fin)

mercredi 31 octobre 2012

Dons gratuits (3)

Dons gratuits (3)

« Cependant la grâce a été donnée à chacun selon ce qu’il a plu au Christ d’en faire le don » (Éphésiens 4, 7). Nous devons être bien conscients que tout ce que nous possédons est donc de Dieu. « Quas-tu que tu ne l’aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). C’est pourquoi l’Apôtre peut nous exhorter en ces termes : « Oui, je le dis en vertu de ce qui m’a été donné pour vous tant que vous êtes : n’ayez pas de vous-mêmes une opinion trop flatteuse ; mais ayez une opinion qui convienne à votre modestie, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départie » (Romains 12, 3). Nous serions bien avisés de cultiver l’humilité, en ne nous attribuant pas les mérites gratuits de notre Seigneur Jésus-Christ, et de témoigner de notre reconnaissance pour ces cadeaux surnaturels qui nous habilitent à poursuivre efficacement la sainteté.
« Tu dois demeurer vigilant, afin que tes succès professionnels, ou tes échecs (lire la suite) — et ces derniers ne manqueront pas d'arriver — ne te fassent pas oublier, ne serait-ce qu'un instant, la gloire de Dieu, qui est la véritable finalité de ton travail! » (saint Josémaria, Forge, n° 704). Saint Paul reconnaît que « nous avons des dons différents selon la grâce qui nous a été donnée : si c’est la prophétie, que ce soit en proportion à la foi ; si c’est le ministère, dans le ministère ; si c’est l’enseignement, dans l’enseignement ; si c’est l’exhortation, dans l’exhortation ; que celui qui donne le fasse sans arrière-pensée ; celui qui préside, avec zèle : celui qui exerce la miséricorde, avec affabilité » (Romains 12, 6-8). Et nous n’avons pas à ambitionner des dons que nous n’avons pas reçus, des qualités dont nous sommes dépourvus. Contentons-nous, et ce n’est pas peu de chose, de faire fructifier les talents reçus. Quand nous y serons parvenus, nous pourrons peut-être nous poser des questions. Mais, en réalité, nous n’aurons à rendre des comptes de notre gestion qu’au moment de paraître devant notre Dieu et Père, Juste Juge en même temps, et Rémunérateur. « Le potier n’est-il pas maître de l'argile pour faire de la même masse tel vase pour un usage noble et tel autre pour un usage profane ? » (Romains 9, 21). En effet, « de même que ce potier, ne puis-je pas ainsi vous traiter ? […] Oui, comme l’argile est dans les mains du potier, ainsi vous êtes dans ma main » (Jean 18, 6).La créature va-t-elle se rebeller contre son auteur ? (à suivre…)

vendredi 12 octobre 2012

Un regard lumineux (1)

Un regard lumineux (1)

« La lampe de ton corps, c’est ton œil. Quand ton œil regarde droit (haplous), tout ton corps aussi est source de lumière ; mais, lorsqu’il est méchant (poneros), ton corps aussi est dans le noir » (Luc 11, 34). Haplous signifie ce qui « ne fait pas un pli », ce qui est d’une seule coulée, sans tours ni détours, ce qui nous fait penser à Job, un homme « droit » par excellence (Job 2, 3) ou encore à Nathanaël, « un Israélite en qui tout est droit » (Jean 1, 47). Quant à poneros, nous le trouvons dans la parabole des ouvriers de la onzième heure, quand le maître dit au travailleur qui proteste parce que, ayant « supportée le poids du jour et de la grande chaleur » tout au long de la journée ( Matthieu 20, 12) il reçoit le même salaire que celui qui n’a travaillé qu’une heure, « faut-il que ton œil soit méchant parce que je suis bon ? » (Matthieu 20, 15). Le regard droit s’oppose à cette noirceur, à cette méchanceté, qui naît de la jalousie et de l’envie. Le regard droit ne se laisse pas arrêter par elles, ni par les jugements téméraires (cf. Fr. Dominique, moine d’En Calcat, Jésus disait, Paris, Fayard, 1987, n° 39, p. 151-153). (lire la suite)
C’est à cette condition que nous devenons source de lumière. Pour vivre dans la lumière et que notre lumière « brille pour tous ceux qui sont dans la maison » (Matthieu 5, 15), il faut purifier notre regard de toute considération humaine et regarder les autres avec le regard du Christ, ce qui revient à dire les aimer comme notre Seigneur les aime, car le regard qu’il porte sur nous, les hommes, est substantiellement un regard d’amour, de compréhension et de miséricorde. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Matthieu 5, 8). Cette pureté du regard nous prépare donc à l’entrée dans la patrie céleste. Mais il contribue déjà ici bas à nous découvrir Dieu vivant et agissant chez nos semblables. Il nous faut saisir que nous appartenons à la même lignée et qu’une destinée identique nous attend, pourvu précisément que nous nous attachions à ne pas réagir de façon bassement humaine. C’est aller dans la bonne direction. Car si nous n’agissons pas de la sorte, alors l’œil méchant nous conduit à fauter et il peut entraîner le corps tout entier dans la géhenne (cf. Matthieu 5, 30), c’est-à-dire dans les ténèbres extérieures, là où « seront les pleurs et les grincements de dents » (Matthieu8, 12), éternellement. Jésus se définit comme la « Lumière du monde » (Jean 8, 12). En laissant cette lumière inonder notre âme, nous devenons insensiblement des « fils de lumière » (1 Thessaloniciens 5, 14), appelés à se comporter « en enfants de lumière » (Éphésiens 4, 8). Nous sommes carrément « la lumière du monde » (Matthieu 5, 14), parce que « ce n’est pas moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). (à suivre…)

mercredi 10 octobre 2012

Connaître en écoutant (8)

Connaître en écoutant (8)

Par ces mots, cet homme se condamne lui-même. Il trahit sa paresse et son refus de rendre à son maître ce qui lui revient, c’est-à-dire sa gloire. En outre, il ne connaît pas le moins du monde son maître, sur lequel il se permet de porter un jugement injuste et erroné. Car ce maître, qui n’est autre que notre Seigneur, est le contraire d’une homme dur de cœur. « Je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29), affirme-t-il de lui-même. « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, et sa compassion s’étend à toutes ses œuvres » (Psaume 144, 8-9). Or, l’homme est bien l’œuvre de ses mains (cf. Genèse 1, 26). C’est donc bien mal connaître Dieu que de voir en
lui quelqu’un de dur. Il se présente comme le « Dieu miséricordieux et compatissant, (lire la suite) lent à la colère, débordant de bonté et de fidélité, qui se montre bon pour des milliers, qui pardonne la faute, la transgression et le péché ; mais il ne les laisse pas impunis, visitant l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération » (Exode 34, 6-7). Or, le serviteur de la parabole a fauté. Il s’entend reprocher son comportement inqualifiable : « C’est d’après tes paroles que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que moi, je suis un homme dur – ce sont tes propres mots -, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé. Alors, pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon retour, je l’aurais recouvré avec un intérêt » (Luc 19, 22-23). Tu pouvais facilement imaginer que c’était ce que j’attendais de toi. Cela n’avait vraiment rien de sorcier. D’ailleurs tes compagnons l’ont parfaitement compris et ont agi en conséquence. « Et il dit à ceux qui étaient là : « Enlevez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines » (Luc 19, 24). Lui, au moins, il saura la faire produire comme il faut. Les dons que nous avons reçus sont les moyens fournis gratuitement par Dieu, mis gracieusement à notre disposition par lui, pour que nous puissions parvenir à être saints, et que notre travail bénéficie également aux autres, soit source de corédemption. « À ne pas oublier : il faut qu’il y ait dans toutes les activités humaines, des hommes et des femmes qui, dans leur vie et dans leurs œuvres, portent la Croix du Christ, dressée haute, visible, réparatrice ; symbole de la paix, de la joie ; symbole de la Rédemption, de l’unité du genre humain, et de l’amour dont Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit, la Trinité Bienheureuse a aimé et aime toujours l’humanité ! » (saint Josémaria, Sillon, n° 985). (fin)

vendredi 5 octobre 2012

Connaître en écoutant (3)

Connaître en écoutant (3)

Mais le Seigneur ne s’était pas privé de la rappeler de temps à autre, question de nous faire comprendre qu’à ses yeux nous restions vraiment ses enfants. Des enfants terribles, certes, mais ses enfants tout de même. Dieu reste notre Père, quoi qu’il arrive, quels que soient nos égarements. Et chaque fois que nous revenons à lui, le cœur contrit et rempli d’humilité (cf. Psaume 50, 19), il nous le prouve. C’est l’enseignement que nous tirons de la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32). « Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour » (Jean-Paul II, lette encyclique Dives in misericordia, 30 novembre 1980, n° 8). (lire la suite)
Dieu s’est toujours présenté comme étant fidèle à ses promesses. Mais ici, nous avons davantage, parce que c’est la miséricorde et la mansuétude de notre Dieu qui s’étalent au grand jour, et parce que quelque chose de très profond est mis en évidence : « Les causes de cette émotion doivent être recherchées plus profondément: le père est conscient qu'un bien fondamental a été sauvé, l'humanité de son fils. Bien que celui-ci ait dilapidé son héritage, son humanité est cependant sauve. Plus encore, elle a été comme retrouvée » (Ibid.). Voilà ce qu’il y a de plus étonnant et de plus émouvant dans l’attitude de Dieu à notre égard, et de plus inattendu aussi, dans une perspective humaine. Par là, le Seigneur nous répète ce qu’il affirmait déjà par la bouche du prophète : « Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon Fils ; moi-même, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Psaume 2, 7). Et, en t’envoyant mon propre Fils, je t’ai réengendré, je t’ai réintroduit, réadmis dans ma propre vie. Et en te pardonnant tes péchés, je t’engendre de nouveau à la vie de la grâce, qui n’est autre que la lymphe vivifiante qui circule inlassablement de moi à mon Fils et vice-versa sous l’action de notre Esprit commun. Je t’ai tiré des extrémités de la terre et je t’ai appelé des lointaines régions pour te dire : « Tu es mon serviteur, je t’ai élu et je ne t’ai pas dédaigné » (Isaïe 41, 9). Nous avons donc toutes les raisons du monde pour vouloir connaître ce Dieu qui nous donne tout et qui nous aime tellement. Or, Dieu est saint, par excellence, en lui-même. Il est la Sainteté. Le connaître réellement, c’est donc nous efforcer d’être saints à notre tour pour lui rendre gloire et pour que les autres le glorifient à travers nous. « Que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 6, 16). (à suivre…)

vendredi 14 septembre 2012

Sainteté (6)

Sainteté (6)

Il est écrit : quant aux méchants, « qu’ils soient effacés du livre de vie, et qu’ils ne soient point inscrits comme justes ! » (Psaume 69, 29). Cependant, si nous voulons imiter notre Seigneur dans sa miséricorde infinie, nous intercéderons comme Moïse : « Pardonne maintenant leur péché ; sinon efface-moi de ton livre que tu as écrit » (Exode 32, 32). Mais la réponse est sans appel. Le Seigneur dit à Moïse : « C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon livre » (Exode 32, 33). Ce ne sera pas arbitraire, mais foncièrement juste. Les fauteurs d’iniquité, « tous ceux qu’on ne trouve pas inscrits dans le Livre de vie furent jetés dans l’étang de feu » (Apocalypse 20, 15), ce « feu éternel, préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25, 41), le feu de l’enfer.
(lire la suite) Quant à ceux qui portent le nom de Dieu sur leur front, « ne vous réjouissez pas de ce que les démons vous sont soumis, leur dit le Seigneur, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux » (Luc 10, 20), vous qui « m’avez assisté dans la lutte pour l’Évangile », ainsi que les « autres collaborateurs dont les noms figurent dans le livre de vie » (Philippiens 4, 3). « Le vainqueur portera des vêtements blancs ; je n’effacerai pas son nom du Livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant les anges » (Apocalypse 3, 5), comme je le fais pour « quiconque se déclarera pour moi devant les hommes » (Matthieu 10, 32). Voilà qui est de nature à nous rassurer, pourvu que nous prenions sincèrement les moyens de lutter jour après jour pour suivre le Christ au plus près. (fin)

lundi 23 juillet 2012

Marie-Madeleine (2)

Marie-Madeleine (2)

« Comme les autres disciples, Marie de Magdala a dû voir Jésus rejeté par les chefs du peuple, arrêté, flagellé, condamné à mort et crucifié. Voir la Bonté en personne soumise à la méchanceté humaine, la Vérité raillée par le mensonge, la Miséricorde insultée par la vengeance, a dû être insupportable. Avec la mort de Jésus, l’espérance de ceux qui avaient mis leur confiance en Lui semblait perdue. Mais cette foi ne s’est jamais évanouie totalement : surtout dans le cœur de la Vierge Marie, la Mère de Jésus, la petite flamme est restée allumée d’une manière vive, même dans l’obscurité de la nuit. Dans ce monde, l’espérance ne peut pas ne pas tenir compte de la dureté du mal. Ce n’est pas seulement le mur de la mort qui lui fait obstacle, mais plus encore, ce sont les pointes acérées de la jalousie et de l’orgueil, du mensonge et de la violence. (lire la suite) Jésus est passé par cet enlacement mortel, pour nous ouvrir le passage vers le Royaume de la vie. Il y eut un moment où Jésus apparaissait vaincu : les ténèbres avaient couvert la terre, le silence de Dieu était total et l’espérance, une parole qui semblait désormais vaine » (Benoît XVI, Message pour le jour de Pâques, 8 avril 2012). Et maintenant, de surcroît, toute trace de Jésus a été effacée. Son corps n’est plus dans la tombe.
Marie-Madeleine est une des nombreuses femmes qui « avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir » (Matthieu 27, 55) et qui ont assisté le Seigneur « de leurs biens » dans ses déplacements apostoliques (Luc 8, 1-3). Avec la Sainte Vierge, elle l’a suivi courageusement jusqu’à la Croix (Jean 19, 25) et elle a vu l’endroit où son corps a été déposé (Luc 23, 55). Maintenant, une fois écoulé le temps du sabbat et du repos prescrit, elle est venue au sépulcre, mue par son amour de Jésus. « Tout en pleurant, elle se pencha dans le tombeau » (Jean 20, 11). Assise, ne sachant que faire, elle pleure à chaudes larmes. Elle ne peut pas se rendre à l’évidence du tombeau vide. Les apôtres sont repartis. Mais elle reste. Elle attend. Elle-même ne sait pas quoi. Elle se penche dans le tombeau et alors « elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds » (Jean 20, 12). Parce que « son corps dans le sépulcre y est encadré par deux Anges, qui doivent être les mêmes que les Chérubins du Temple qui étendaient leurs ailes de part et d’autre du propitiatoire » (Louis Bouyer, Eucharistie. Théologie et spiritualité de la prière eucharistique, Paris, Desclée, 1966, p. 221). (à suivre…)

lundi 11 juin 2012

Sodome et Gomorrhe (2)

Sodome et Gomorrhe (2)

Nous voyons que cela correspond à la réalité et que Dieu nous traite vraiment en amis et engage la conversation avec nous. Il recherche notre compagnie. Il nous parle au fond de notre âme, et attend une réponse amoureuse de notre part, une réponse à sa grâce, une coopération à ses plans, qui sont des plans de bonheur pour l’homme.
« Amis de Dieu ! » Jésus est notre grand Ami en qui nous pouvons mettre toute notre confiance, l’Ami par excellence qui ne trahit pas… Le voyons-nous comme cela ? Avons-nous cette foi en Dieu qui fait que nous sommes persuadés qu’il peut tout, qu’il est Tout-Puissant, qu’il nous aidera toujours, qu’il veut notre bien et non nous châtier, qu’auprès de lui « se trouve[nt] le pardon » (Psaume 129, 4) et la paix ? « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai » (Matthieu 11, 28). Nous allons à Jésus par la prière, une prière pleine de foi : « Le juste vivra par la foi » (Romains 1, 17). (lire la suite) La foi n’est pas passive. Bien au contraire, elle est dynamique. Elle nous conforte dans l’idée qu’avec Dieu rien n’est impossible : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18, 27). Abraham a foi en Dieu. Il n’ignore pas la situation exacte de Sodome et de Gomorrhe et le comportement scandaleux et gravement peccamineux de la plupart de ses habitants. Il en souffre lui-même, bien sûr, et ce spectacle lui est insupportable. Ces hommes pèchent au su et au vu de tout le monde. Abraham ne le sait que trop bien ? il pourrait donc dire à Dieu : ce n’est hélas que trop vrai, Seigneur, et je comprends que tu veuilles faire justice. Pourtant telle n’est pas sa réponse. Non. Il a foi en Dieu. Il sait que Dieu est le Tout-Puissant. Il est convaincu que Dieu est Miséricordieux et qu’il peut pardonner à son peuple. Alors, plutôt que de recenser les fautes, les nombreuses fautes de ses compatriotes, ou de demander directement le pardon de ce qui semble impardonnable, il joue la carte de cet amour et de cette Miséricorde de Dieu. Il fait appel à sa Justice et à sa Bonté. C’est malgré tout un raisonnement humain, parce que Dieu ne doit rien à l’homme. Et s’il condamne, ce ne sera que justice. (à suivre…)

samedi 7 avril 2012

Samedi Saint et Marie


Samedi Saint et Marie

Le Samedi Saint, Marie est la seule à maintenir le flambeau de la foi. Elle croit en son Fils. Elle sait qu’il ressuscitera. Elle attend patiemment et prie, alors que les apôtres et les disciples sont tous effondrés, presque désespérés.

Dans les pages qui précèdent, Marie, la Mère de Jésus, n’est guère évoquée. Par respect pour sa sainteté insigne, afin de ne pas déflorer son intimité toute spéciale de Fille de Dieu le Père, Mère de Dieu le Fils et Épouse de Dieu le Saint-Esprit. Par sa sainteté, Marie « touche à la divinité », elle la frôle d’aussi près qu’une créature peut rejoindre son Créateur. (lire la suite)
Mais la Sainte Vierge est présente à l’arrière-plan, quand elle doit rester effacée, discrète, coopérant à la mission du Seigneur par la prière et le service. Elle est projetée sous les feux de la rampe aux heures tragiques, pour apporter à son Fils le réconfort dont son Cœur si vaste — un véritable océan d’Amour — est capable.
Aux heures de la Passion, elle dit à Jésus :
— Ne crains pas ce bourreau, mais sois digne de tes frères et accepte la mort, afin que je te recouvre, avec tes frères, par la miséricorde (2 M 7, 29).
C’est ce qui s’est accompli au Calvaire, quand l’heure a sonné de passer de ce monde à son Père (Jn 13, 1).
La vie de Jésus est inséparable de celle de sa Mère. Bien des traits de sa personnalité, des gestes de la vie courante, des expressions de sa façon de parler, lui viennent de Joseph et, plus encore, de Marie. C’est à l’école de Marie que nous devons donc nous mettre, si nous voulons ressembler à notre Seigneur Jésus-Christ. Ô Marie, assurément, vous êtes l’exaltation de Jérusalem, vous êtes la grande fierté d’Israël, vous êtes la grande gloire de notre race. […] Soyez bénie de la part du Seigneur Tout-Puissant (Jdt 15, 9-10).

Post-face de D. Le Tourneau, Vivre la Passion avec ses acteurs, Parole et Silence.