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dimanche 15 juin 2014

Le jugement particulier (5)

Le jugement particulier (5)

L’acte d’accusation sera lu par satan en personne, ou par le démon qu’il a chargé de s’occuper de nous, ce qui évidemment n’est pas fait pour nous rassurer. Sa présence est terrifiante, comme en témoigne Estelle Faguette, la voyante de Pellevoisin : « Dans la nuit du 15 au 16 février 1876, c’est-à-dire du lundi au mardi, j’étais très malade. Je ne sais trop ce que j’éprouvais ; si c’est du sommeil, je n’en sais rien. Je cherchais à me reposer, quand tout à coup apparut le diable au pied de mon lit. Oh ! Que j’avais peur. Il était horrible ; il me faisait des grimaces. À peine était-il arrivé que la sainte Vierge apparut de l’autre côté, dans le coin de mon lit. […] Ses grands yeux doux me remirent un peu, mais pas tout à fait, car le diable apercevant la sainte Vierge, il recula en tirant mon rideau et le fer de mon lit. Ma frayeur était abominable. Je me cramponnais à mon lit. Il ne parla pas, il tourna le dos. Alors la Vierge lui dit sèchement : « Que fais-tu là ? Ne vis-tu pas qu’elle porte ma livrée et celle de mon Fils ? » Il disparut en gesticulant. Alors elle se retourna vers moi et me dit doucement : « Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille » (lire la suite) (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d’une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, Téqui, 1995, p. 47). Le démon prendra un malin plaisir, un plaisir de Malin, à ne rien omettre de nos iniquités et à mélanger savamment le moins important avec le plus grave, et nous en sommes assommés, sonnés. À quoi s’ajoutent sans doute des surprises désagréables, inattendues, qui pourraient nous faire désespérer de nous en sortir, n’était la présence de Marie, notre Mère, dans le box de la défense… Et la lecture du deuxième document, qui nous permet de relever peu à peu la tête et de nous tourner vers Marie, qui est là, prête à nous défendre et qui, nous en sommes certains,saura trouver les mots justes, et dire tout le bien qu’elle pense de nous… Jésus-Christ est le témoin à charge. Il montre ses Plaies au fur et à mesure de l’énoncé des griefs qui nous sont légitimement reprochés. « Voici l’empreinte des clous et la plaie de mon côté » (cf. Jean 20, 25). Nous baissons la tête, car nous ne pouvons pas supporter la vue de ces blessures dont nous reconnaissons alors que nous en sommes les auteurs, et que, par nos péchés, nous sommes de ceux « qui viennent à tomber » et qui de ce fait, « pour leur compte, […] crucifient de nouveau le fils de Dieu et le mettent au pilori » (Hébreux 6, 6). Mais en même temps, notre Seigneur se tourne vers son Père à chaque fois, lui disant avec un regard plein de compassion : « Père, pardonne-lui, car il ne savait pas ce qu’il faisait » (cf. Luc 23, 34). Le moment où Notre Dame doit prendre la parole est venu. L’Église et, avec elle, ses fidèles, lui ont décerné le titre d’Advocata nostra, « notre Avocate ». Aucun avocat, fût-il près la Cour d’Assise et particulièrement brillant, n’a le talent, l’éloquence, la force d’argumentation, l’art de convaincre que cette Avocate, qui est aussi notre Mère. Nous avons en cela une différence de plus d’avec les procès que nous connaissons ici-bas. Car les membres de notre famille surnaturelle sont parties prenantes. Le Juge est notre Père et notre Avocate est notre Mère. Nous sommes entre personnes connues, en famille. Certes, nul ne cherche un arrangement qui lèserait la justice. Mais nous pouvons être assurés que la Sainte Vierge fera tout ce qu’elle peut pour nous tirer du guêpier dans lequel nous nous sommes fourvoyés volontairement. (à suivre…)

vendredi 31 mai 2013

Marie et Eucharistie (6)

Marie et Eucharistie (6)

Communier avec Marie, l’épouse royale (suite). « Le matin, après la messe, quand je possède Jésus dans mon cœur, je me présente à la sainte Vierge pour me consacrer à elle et je lui dis : « Ecce filius tuus : Voici votre fils. » Ô Vierge Marie, je suis votre enfant ; de plus, je suis participant du sacerdoce de Jésus ; acceptez-moi pour votre fils comme vous avez accepté Jésus » (Dom Columba Marmion). Nos communions ne sont pas uniquement une « union avec » notre Seigneur Jésus-Christ. Elles sont aussi autant de rencontres affectueuses avec notre Mère du ciel, envers qui nous sommes redevables d’un si grand bienfait. C’est pourquoi, l’âme fidèle « si elle reçoit Jésus par la communion, elle le mettra en Marie pour s'y complaire » (saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Secret de Marie 47). Marie pouvait dire, en 1876, à Estelle Faguette, la voyante de Pellevoisin, (lire la suite) « ce qui m'afflige le plus, c'est le manque de respect qu'on a pour mon Fils dans la sainte communion, et l'attitude de prière que l'on prend, quand l'esprit est occupé d'autres choses, je dis ceci, pour les personnes qui prétendent être pieuses ». Grignion de Montfort nous donne un conseil plein de sagesse et de sens surnaturel : « Tâchez de communier toujours par la Sainte Vierge, renonçant à vos propres dispositions, et vous revêtant de celles de la Sainte Vierge, quoique inconnues, et faisant encore reposer Jésus-Christ dans son sein virginal, en esprit et en vérité » (La Règle primitive de la Sagesse 158). Marie est le modèle pour le fidèle. Après l'action eucharistique, commence la mission, l'annonce, la louange de Dieu dans le monde et l'engagement pour la sanctification des frères. En outre, Marie, forte dans sa foi, reste debout près de la Croix, de même aussi les chrétiens, une fois la célébration terminée, ne sont pas abattus à cause du péché et de l'égoïsme, mais ils vivent ressuscités dans la puissance de l'Esprit du Christ, en accomplissant les œuvres de la Résurrection. (cf. Galates 5, 22). (fin)

dimanche 2 décembre 2012

Temple de Dieu (4)

Temple de Dieu (4)

Cependant, quand ils arrivent à destination, chez eux à Emmaüs, alors qu’« il feignait de vouloir se rendre plus loin » (Luc 25, 28), eux « firent pression sur lui en disant : Reste avec nous, car on arrive au soir et déjà il décline » (Luc 25, 29). S’ils en viennent là, c’est parce que le simple fait d’écouter notre Seigneur, « commençant par Moïse et continuant par tous les Prophètes », leur expliquer « ce qui, dans les Écritures, le concernait » (Luc 25, 27) leur a découvert des horizons qui restaient voilés à leurs yeux et leur a ouvert des perspectives insoupçonnées. Au point que de l’abattement ils sont passés insensiblement à l’enthousiasme. Et, comme ils le reconnaissent eux-mêmes, « n’avions-nous pas le cœur tout brûlant au dedans de nous, quand il nous parlait en chemin nous expliquant les Écritures ? » (Luc 25, 32). D’où leur invitation pressante : « Reste avec nous ! » Ils ont enfin compris de quoi il en retourne.
(lire la suite) Quel contraste avec la réaction des Gadaréniens. Pourtant leur vie était rendue impossible par « deux démoniaques qui sortaient des tombeaux. Ils étaient si méchants – c’est-à-dire si dangereux – que personne ne pouvait passer par ce chemin » (Matthieu 8, 28). C’était singulièrement gênant, car il ne devait pas exister trente-six mille chemins… Or, voilà que Jésus arrive dans les parages. Ces possédés l’apostrophent effrontément : « Laisse-nous tranquilles, Fils de Dieu ! Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant l’heure ? » (Matthieu 8, 29). Ce qui est surprenant, c’est que ces suppôts de satan reconnaissent la divinité de Jésus. Mais ils ne savent pas ce qu’ils disent. Car si le diable comprenait vraiment ce que « Fils de Dieu » veut dire, il aurait pris la fuite sur le champ. S’il ne peut pas rester là où Marie est présente, comme le montrent, par exemple, les apparitions de la Sainte Vierge à Estelle Faguette, à Pellevoisin, à combien plus forte raison ne pourrait-il pas supporter de se trouver au même lieu que Dieu, dont la seule présence est une gifle morale atroce, une torture auto-infligée insupportable. La conséquence épouvantable de l’absence voulue de Dieu. Tout le contraire du temple de Dieu que nous, les hommes, nous devons être. Les démoniaques sont donc comme contraints malgré eux à proclamer la vérité. En même temps, ils avouent savoir aussi que leur sort consistera en des tourments éternels et que leur action nocive dans notre monde est limitée, qu’elle doit s’achever un jour. Jésus expulse d’eux leurs démons, les nombreux démons qui les tiennent prisonniers, et qui prennent possession, à leur demande, d’un troupeau de porcs évalué à deux mille bêtes environ (voir Marc 5, 13). Qui se ressemble s’assemble ! Le monde démoniaque n’est qu’une immense porcherie… (à suivre…)

samedi 27 mars 2010

Marie et le diable (suite)

Marie et le diable (suite)

Nous avons déjà parlé du rapport entre Marie et le diable. Ipsa conteret (Genèse 3, 15) : elle écrasera de son talon la tête du serpent infernal, du tentateur. Le sujet de cette affirmation est « la femme » dont il vient d'être dit : Je mets une inimitié entre toi et la femme » (Ibid.). Un femme dans laquelle l'Église a vu et voit la très Sainte Vierge Marie. Quand elle a coopéré à l'œuvre de la Rédemption réalisée par son Fils sur la Croix, Marie a bel et bien écrasé la tête du serpent odieux et répugnant. Et parce que c'est fait, une bonne fois pour toutes, le diable ne peut soutenir la présence de Marie. Elle lui est insupportable. (lire la suite)
On le voit très clairement dans les apparitions de la Sainte Vierge, à Estelle Faguette, à Pellevoisin, en 1876. La première fois, Estelle voit d'abord le diable, qui se tient près de son lit. Marie arrive presque aussitôt, et chasse le démon. Le lendemain, le diable est encore présent, mais déjà en retrait, prêt à déguerpir, ce qu'il fait. À la troisième apparition, le démon est au loin, et il prend la fuite sans que la Sainte Vierge ait à se soucier de l'envoyer se promener ailleurs. Il a compris qu'Estelle est gagnée à la cause de Marie, qui est celle de Dieu. Il ne peut pas rester là où la Sainte Vierge règne en souveraine. Sa seule présence lui rappelle trop sa défaite, cuisante mais méritée, pour qu'il accepte de se mettre au supplice.
Le récit de ces apparitions est très instructif. Il nous montre que si nous prenons vraiment Marie pour mère, si nous nous mettons à l'abri de la Vierge de miséricorde, le diable sera obligé de s'éloigner de nous sans délai, et de nous laisser en paix. Il essaiera bien timidement de montrer le bout de son nez, mais Marie est la plus forte et lui en impose. Ipsa conteret !
« Mettre la Sainte Vierge en tout et pour tout », tel est le conseil éprouvé de tant de saints et de tant de directeurs de conscience. C'est la garantie des progrès véritables sur la voie de la sainteté. Tout est plus simple, tout est plus facile avec Marie. Non qu'elle nous épargne la lutte ascétique. Ce serait nous rendre un mauvais service, et elle le sait. Par son amour et sa compassion, tous deux communicatifs, elle nous équipe pour ce combat. Elle nous aide à purifier notre âme plus à fond afin que nous soyons forts et robustes, elle nous amène à renoncer davantage à nous-même, à calquer notre vie sur le modèle qu'est son Fils, Jésus-Christ.
Ipsa conteret ! Rappelons-nous cette réalité essentielle, qui se reproduit dans notre vie autant que de besoin, si nous le voulons, si nous allons à Marie pour accéder au Christ. « C’est toujours par Marie que l’on va et que l’on « revient » à Jésus » (saint Josémaria, Chemin, n 495).

vendredi 26 mars 2010

Le jugement particulier

Le jugement particulier

Tous les témoignages sont concordants. Les saints auxquels Dieu a fait voir leur vie, la somme de leurs péchés, dans le moindre détail, toux ceux qu'ils ont commis parfois par omission et ceux auxquels ils n'ont pas accordé d'importance - ce sont des « péchés véniels », dit-on, comme pour les justifier - ont passé un très, très mauvais quart d'heure.
Heureusement que la Sainte Vierge est là. Elle est notre Avocate. Et il n'y en a pas deux comme elle. Mais malgré sa présence, l'âme se voit si souillée, si mauvaise, qu'elle perd toute assurance, (lire la suite) qu'elle sent en quelque sorte le sol se dérober sous ses pieds comme en cas de tremblement de terre, et qu'elle se met à douter de pouvoir être sauvée. Mais Marie veille. Il faut serrer bien fort sa main, et sentir la sienne qui nous encourage à avoir confiance.
Son assistance maternelle ne supprime pas l'épreuve. Pas plus que Dieu ne nous épargne les difficultés et les tentations : il nous donne sa grâce pour les surmonter et pour que nous grandissions ainsi en sainteté, ce qui, sans effort, serait impossible. C'est la Croix qui nous sauve. L'épreuve du jugement particulier est également indispensable. Elle est un ultime moyen dont Dieu veut pouvoir se servir pour susciter en nous une profonde contrition, un repentir intense de nos fautes et pour, si possible, purifier ainsi complètement et définitivement notre âme, sinon nous disposer à achever cette purification au purgatoire. « Chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification (cf. Concile de Lyon : Denzinger Hünermann, 857-858 ; Concile de Florence, DH, 1304-1306 ; Concile de Trente, DH, 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel (cf. Benoît XII, DH, 1000-1001 ; Jean XXII, DH, 990), soit pour se damner immédiatement pour toujours (cf. Benoît XII, DH, 1002) » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1022).
Nous savons que Dieu est notre Père. Il n'empêche que d'être découvert dans nos turpitudes, de prendre conscience de leur étendue et de leurs conséquences, nous fait estimer - non sans raison - que nous sommes passibles d'un châtiment éternel. Nous essayons de formuler une requête, la plus humble possible : « Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi ; je ne suis plus digne d'être regardé comme ton fils » (Luc 15, 19).
Dieu est notre Père. Marie est notre Mère. Nous ne pouvons pas douter d'eux. Mais c'est de nous-même que nous doutons alors. Nous voyons nos péchés - appelons-les avec ce mot, plus exact que « faute », qui édulcore un peu notre culpabilité - et le Père ne cesse de présenter son Fils en Croix à notre regard. Il nous fait assister à la Passion de ce Fils qui a poussé l'Amour jusqu'à mourir pour nous, pour mes péchés précisément, et qui me les pardonne. Mais qui n'aurait pas dû subir cette Passion si je m'étais maintenu fidèle et, avec moi, tous les hommes.
Me pardonner ! C'est cela. La pression de la main de Marie me le confirme. Elle ne m'a pas abandonné. Elle priait tandis que le jugement avait lieu. Elle faisait valoir à son Fils que j'ai toujours été son serviteur. Elle m'obtient alors une dernière grâce, qu'elle puise dans ce Cœur qui m'apparaît transpercé : « Ces grâces sont de mon Fils, je les prends dans son Cœur » (Notre Dame à Estelle Faguette, apparitions à Pellevoisin, en 1876).

dimanche 6 décembre 2009

L'humilité de Marie (4)

L'humilité de Marie (4)

Nous avons déjà en cela une confirmation de la diversité et de la magnitude des grâces. Elles ne sont pas toutes données avec la même intensité. La pluie est abondante, mais elle est faite de gouttes d'inégale grosseur, plus ou moins bienfaisantes. Cette pluie est déversée par les mains de Marie, qui en explique l'origine : « Ces grâces sont de mon Fils, je les prends dans son Cœur ; il ne peut me les refuser » (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, 1995, p. 439). Voilà qui est singulièrement réconfortant pour nous. Marie ne parle pas à la légère. Si elle dit : « Il ne peut le mes refuser », c'est que cela se passe effectivement ainsi. (lire la suite) Jésus ne sait pas repousser les demandes qui lui viennent de sa Mère. Nous pourrions même ajouter qu'il ne le peut pas. Il ne le peut pas parce qu'il en a décidé ainsi, par reconnaissance éternelle envers celle qui lui a permis de réaliser son projet insensé - véritable folie d'Amour - de prendre chair en elle pour nous racheter de nos péchés. « Il ne peut le mes refuser. » Faisons jouer cette toute-puissance d'intercession de Marie pour obtenir par elle, les grâces dont nous avons besoin.
Mais prenons garde à ne pas nous tromper nous-mêmes. Les gens pensent avant tout à la santé. Cela semble pour eux ce qu'il y a de plus fondamental, à la limite l'unique bien. C'est là où la suite du récit de cette apparition est intéressant, et « ce jour-là seulement il y avait dans chaque goutte un nom de grâce » (Ibid.).
Chaque goutte porte le nom d'une grâce. Et nous savons que les gouttes ne sont pas toutes de la même grosseur. Nous allons donc savoir quelles sont les vertus qui comptent le plus pour Marie et pour Dieu. Dans son récit, Estelle précise : « Ces grâces m'apparaissaient de diverses grandeurs, ainsi la santé, la prospérité étaient parmi les petites grâces ; la piété, l'obéissance étaient parmi les grandes grâces celles que je voyais briller du plus vif éclat, c'étaient : l'obéissance, la sagesse, la charité » (Ibid.). Nous aurions aimé avoir une liste plus détaillée. Mais celle-ci est déjà suffisamment parlante. La santé et la prospérité, autrement dit la réussite humaine, ne sont que de petites grâces. Ne soyons pas déçus. Si ce à quoi nous attribuons tant d'importance est petit, que sera le reste !

(à suivre...)

samedi 5 décembre 2009

L'humilité de Marie (3)

L'humilité de Marie (3)

Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas toutes du même ordre, n'ont pas toutes la même importance. La grâce sanctifiante est la première et la principale, celle qui nous « justifie », c'est-à-dire nous rachète du péché, efface en nous le péché originel, et nous rend saint, redonne de l'éclat à l'image de Dieu qu'est notre âme. Les grâces sacramentelles ont une origine particulière, puisque le sacrement est un signe sensible qui produit la grâce qu'il signifie, et elles accompagnent le fidèle tout le long de sa vie, jusqu'aux portes de l'éternité. Les grâces actuelles, destinées à nous aider à bien agir dans chaque acte personnel, sont nécessaires pour faire le bien, bien que d'une nature distincte.
Les vertus elles-mêmes sont des grâces que Dieu distribue avec largesse. Parmi elles, (lire la suite) les trois vertus théologales occupent le premier rang, une place à part, qui les met loin au-dessus de toutes les autres, la charité surtout, car elle est un nom de Dieu : « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16).
Quant aux vertus cardinales, comme leur nom l'indique, elles jouent un rôle charnière dans la vie spirituelle, commandent une foule d'autres vertus. Ces vertus n'ont pas toutes la même importance aux yeux de Dieu, même si elles sont toutes un reflet des perfections absolues et infinies qui se trouvent en lui, qu'il est lui-même, puisque Dieu est Un, tout est Dieu. Dieu nos accorde ses différentes grâces selon son vouloir, avec plus ou moins d'abondance. C'est ce que la voyante de Pellevoisin, Estelle Faguette, a pu constater lors de la première apparition de la Sainte Vierge. Marie lui montre les grâces que recevront ceux qui porteront le scapulaire du Sacré Cœur dont elle lui avait montré le modèle et dont elle la chargeait de répandre la dévotion. La Sainte Vierge étendit les mains, et Estelle vit qu'il « en tombait une pluie abondante ; et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces écrites telles que : piété, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot toutes sortes de grâces plus ou moins fortes » (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, 1995, p. 439).

(à suivre...)

vendredi 27 novembre 2009

Marie et le diable

Marie et le diable

Le diable ne supporte pas la présence de la Sainte Vierge. Là où elle se trouve, le tentateur est obligé de battre en retraite. En voici un clair témoignage :
« Dans la nuit du 14 au 15 février 1876, c'est-à-dire du lundi au mardi, j'étais très malade. Je ne sais trop ce que j'éprouvais ; si c'est du sommeil, je n'en sais rien. Je cherchais à me reposer, quand tout à coup apparut le diable au pied de mon lit. oh ! que j'avais peur. Il était horrible ; il me faisait des grimaces. À peine était-il arrivé que la Sainte Vierge apparut de l'autre côté, dans le coin de mon lit. (lire la suite) (...) Ses grands yeux doux me remirent un peu, mais pas tout à fait, car le diable apercevant la sainte Vierge, il se recula en tirant mon rideau et le fer de mon lit. Ma frayeur était abominable. Je me cramponnais à mon lit. Il ne parla pas, il tourna le dos. Alors la Vierge lui dit sèchement : « Que fais-tu là ? Ne vois-tu pas qu'elle porte ma livrée et celle de mon Fils ? » Il disparut en gesticulant. Alors elle se retourna vers moi et me dit doucement : « Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille » (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents (1ère apparition), Paris, Téqui, 1995, p. 47).
« La seconde nuit, je revis le diable, et je reprenais la peur. Il se tenait un peu plus loin. La sainte Vierge parut presque aussitôt que lui, et elle me dit : « N'aie donc pas peur, je suis là » (2ème apparition, p. 71).
« La troisième et quatrième nuit, je revis le diable. Il se tenait si loin, c'est à peine si je distinguais ses gestes. La troisième nuit, la sainte Vierge me dit : « Allons du courage, mon enfant. » À cet instant, les reproches de la veille me revinrent à l'esprit » (3ème apparition, p. 89).

mardi 27 octobre 2009

La rose et le Rosaire

La rose et le Rosaire

Alain de la Roche représente, en 1470, les mystères respectivement par des roses blanches, rouges et d'or. « Que ce saint Rosaire (...) soit pour vous un véritable rosaire, une véritable couronne de roses, de toutes les plus belles roses dont votre jeunesse peut être couronnée : roses de la pureté et roses de l'amour, roses de la charité fraternelle, de la charité apostolique qui fleurit au sein de cette magnifique formation de famille surnaturelle qu'est précisément la famille de l'Action catholique, particulièrement la jeunesse de l'Action catholique » (Pie XI, (lire la suite) Allocution au pèlerinage marial des jeunes gens de l'Action catholique, 5 septembre 1936).
À Pellevoisin, Marie présente son Cœur entouré d'une guirlande de roses qui tournent autour d'elle (septième apparition).« Le langage vulgaire à donné le nom de « couronne » à cette manière de prier, parce qu'elle rappelle, en les réunissant par les plus heureux liens, les grands mystères de Jésus et de Marie, leurs joies, leurs douleurs et leurs triomphes » (Léon XIII, enc. Octobri mense, 22 septembre 1891). Son nom « semble présager la couronne de joies célestes que Marie offrira à ses serviteurs » (Léon XIII, enc. Fidentem piumque, 20 septembre 1896). « Inclytæ Matri coronas nectite », « tressez des couronnes à l'Auguste Mère » : gravure d'un Graduel romain montrant sous forme de roses les trois séries de mystères.

jeudi 10 septembre 2009

La gloire de Marie

La gloire de Marie

« Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire », avait dit de la sorte par deux fois Marie à Estelle (Faguette, à qui elle est apparue à quinze reprises à Pellevoisin, en 1876) au cours de ses première et deuxième apparitions. Comme jadis les prophètes, interpellés par Dieu pour accomplir une mission à laquelle leur fragilité ne peut être qu'inadaptée, Estelle, sans se récuser, présente aussitôt ses difficultés : « J'étais si surprise que je répondis, vivement : Mais comment faire ? Moi je ne suis pas grand chose, je ne sais pas ce que je pourrais faire. » La deuxième nuit, comprenant alors que la gloire de la sainte Vierge serait présente dans sa guérison qu'elle aurait à raconter, elle cherche, sans y réussir, (lire la suite) à soulever quelques feuillets de papier de soie blanc apposés auprès de la plaque de marbre blanc, et dont la quantité était égale à l'épaisseur du marbre ». À la troisième visite, la Vierge qui Estelle en lui demandant encore de « publier sa gloire » ; ce sera possible pare la fidélité et la correspondance aux grâces qui lui sont données. À la quatrième visite, Marie comme les autres nuits part en répétant à Estelle : « Tu publieras ma gloire. » Estelle n'est pas encore tout-à-fait conquise par cet appel, par le choix que la Vierge a fait d'elle pour cette mission : « J'esseyai encore de dire : Comment ? Je n'ai pas eu le temps. » Mais a Mère du ciel lui répondit en partant : « Fais tout tes efforts. » Elle a compris à présent que tout ce qui était gravé sur l'ex voto était dû à la prière et à la miséricorde de la Vierge à son égard ; que tout ce qu'il y avait d'inscrit allait se réaliser en elle ; quelle publierait cette gloire, non seulement avec l'ex voto reproduit tel que mis en relief à Pellevoisin selon le désir de Marie elle-même au cours de la deuxième apparition, non seulement avec le récit qu'elle en pourrait faire, d'après la vision des feuilles de papier, en rapport avec la plaque de marbre blanc, lors de la seconde nuit - mais encore en toute sa vie surnaturelle : « Tâches d'être fidèle. » « Ne perds pas les grâces qui te sont données. » « Fais tous tes efforts. » Estelle rejoint alors les dispositions premières lors de la fin de la première apparition : « Je lui promis de faire ce qui dépendrait de moi pour sa gloire. » Estelle va pouvoir en cette cinquième nuit, après avoir vu la gloire de Marie inscrite avec sa puissance d'intercession sur l'ex voto, renouveler sa promesse sans autre réaction cette fois que le désir de l'accomplir de tout son cœur et de toutes ses forces.

R.-M. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une Mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, Téqui, 1995, p. 125-126.