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mercredi 26 octobre 2011

La prière (7)


La prière (7)

Nous demandons encore : « Ne nous soumets pas à la tentation » (Matthieu 6, 13). Tel est le texte. Nous pouvons demander tout aussi bien que Dieu nous aide à ne pas succomber à la tentation puisque celle-ci, en définitive, n’est pas un mal, mais peut être l’occasion d’un progrès, éventuellement important, dans la vie intérieure si nous y résistons avec l’aide de la sainte grâce de Dieu. La tentation sert donc à notre avancée spirituelle. Et l’exemple de Jésus, acceptant que le Tentateur ose s’approcher de lui (cf. Luc 4, 1-143), nous montre à la fois que ce n’est pas un mal et comment la repousser. Jésus se cite lui-même ; puisqu’il réfute le diable en disant à chaque fois : « Il est écrit ; » Or, c’est lui la Parole de Dieu. Il est le Verbe vivant du Père, qui ne parle pas de lui-même, mais répercute tout ce que le Père lui a prescrit « à dire et à faire entendre » (Jean 12, 49). (lire la suite)
Evidemment, ne pas être soumis à la tentation est une situation apparemment confortable. En apparence seulement, car cela freine le combat décidé contre le mal et pour l’extension du Bien. Et puis, dans l’épreuve, nous pouvons toujours compter avec l’aide de Dieu et la présence discrète mais active et efficace de notre très Sainte Mère, la Vierge Marie, sans parler de celle de notre ange gardien, placé à nos côtés précisément pour détourner les attaques de l’ennemi.
« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Malin ! » (Matthieu 6, 13). Oui, ne permets pas que nous tombions entre ses mains, entre ses griffes. Heureusement, je peux toujours compter sur ta prière, qui est infaillible : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les préserves du Malin » (Jean 17, 15). « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne commet pas de péché : l’Engendré de Dieu le garde et le Malin n’a pas de prise sur lui » (1 Jean 5, 18). Ainsi soit-il.

(fin)

mardi 25 octobre 2011

La prière (6)


La prière (6)

La conclusion que Jésus en tirait est éloquente et, encore une fois, redoutable : « C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si vous ne pardonnez pas du fond du cœur, chacun à son frère » (Matthieu 18, 35). Remarquons bien que le Seigneur ne nous demande pas un pardon quelconque, un semblant de pardon, mais que nous pardonnions de tout notre cœur les offenses dont nous avons pu faire l’objet.
Nous ne pouvons sans doute pas les oublier pleinement et ne pas y penser de temps à autre, si elles ont été importantes, notamment quand nous en voyons l’auteur ou qu’il est question de lui. C’est inévitable et involontaire de notre part. Mais il faut alors pardonner de nouveau. C’est la seule attitude vraiment chrétienne. (lire la suite) Pardonner et prier pour l’intéressé, car nous voulons qu’il se convertisse et se sauve. Car le Seigneur nous en a prévenus : « C’est avec la mesure que vous employez qu’on mesurera pour vous » (Matthieu 7, 2). C’est pourquoi, « ne jugez pas afin de ne pas être mis en jugement, car c’est d’après le jugement que vous portez que vous serez jugés » (Matthieu 7, 1-2).
L’exercice du pardon n’est pas chose aisée. Le Seigneur le sait, lui qui est capable de tout encaisser et qui, au paroxysme de la souffrance, trouve encore la force pour adresser à son Père et à notre Père cette prière poignante : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 24, 34). C’est pourquoi il est revenu sur le sujet de multiples fois : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas mis en jugement ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; pardonnez et vous obtiendrez le pardon » (Luc 6, 37). Saint Paul relayera cet enseignement en relevant que « en jugeant autrui, c’est toi- même que tu condamnes, puisque tu agis de même toi qui fais le juge » ( Romains 2, 1). Tenons-nous pour avertis. « En effet, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste remettra aussi les vôtres ; mais si vous ne remettez pas aux hommes leurs manquements, votre Père non plus ne vous remettra pas les vôtres » (Matthieu 6, 14-15). Ce qui semble au fond tout à fait juste. Et nous serons les grands perdants. Car « celui qui se venge rencontrera la vengeance exercée par le Seigneur, qui retiendra soigneusement ses péchés. Pardonne à ton proche son injustice, et alors à ta prière tes péchés seront remis » (Siracide 28, 1-2).

(à suivre…)

lundi 24 octobre 2011

La prière (5)


La prière (5)

A y regarder de près, bien des gens se contrefichent de la Volonté de Dieu. Ils n’y attachent aucune importance. Pourtant c’est cette Volonté qui s’imposera toujours, en fin de compte. Une volonté extrêmement respectueuse de notre liberté – et il a là de quoi rester pantois -, de la volonté humaine, mesquine et fragile, qui ne saurait se mettre en travers d’elle avec succès. Nous l’avons bien vu ; pour prendre l’exemple le plus hautement significatif, avec la mort du Christ exigée par les grands prêtres et tout le Gotha de Jérusalem et réclamée par le peuple excité par eux. Cette volonté dévoyée a aussi servi au plus haut point la Volonté divine de salut universel. (lire la suite)
« Donne-nous aujourd’hui le pain nécessaire à notre subsistance » (Matthieu 6, 11). « Ne vous inquiétez pas et ne dites pas : Qu’aurons-nous à manger ? ou : Qu’aurons-nous à boire ? ou : « Qu’aurons-nous pour nous vêtir ? De tout cela, en effet, les païens sont en quête, alors que votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné en plus » (Matthieu 6, 31-33). Comme lorsque le jeune roi Salomon, sollicité par Dieu, ne lui demande pas la richesse ou le pouvoir, mais la sagesse : « Parce que tu as fait cette demande, et que tu n'as pas demandé pour toi de longs jours, et que tu n'as pas demandé pour toi des richesses, et que tu n'as pas demandé pour toi la mort de tes ennemis, mais que tu as demandé pour toi de l'intelligence pour exercer la justice, voici que je fais selon ta parole: voici que je te donne un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu'il n'y ait eu personne avant toi qui te soit semblable, et qu'il ne s'élèvera personne après toi qui te soit semblable. Et même ce que tu n'as pas demandé, je te le donne, richesses et gloire, au point que parmi les rois il n'y aura personne comme toi, pendant tous tes jours » (1 Rois 3, 11-13). « Que ton règne arrive ! » est donc un préalable à l’obtention des biens matériels. « Messire Dieu premier servi », disait saint Jeanne d’Arc. C’est logique. « Regardez les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent, et qui n’entassent pas dans des granges, mais que nourrit votre Père céleste : ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » (Matthieu 6, 27). « Et remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes les remettons à ceux qui nous doivent ! » (Matthieu 6, 12). Demande redoutable en engageante ! Le Seigneur l’illustrera un jour avec la parabole du serviteur impitoyable, à qui son maître remet une dette gigantesque et qui n’est pas capable de remettre à son tour la dette ridicule d’un de ses compagnons de travail. Son maître qui lui avait pardonné dans un premier temps, « pris de colère, (…) le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il lui devait » (Matthieu 18, 15-34).

(à suivre…)

dimanche 23 octobre 2011

La prière (4)


La prière (4)

Des bonnes œuvres, il en faut, et beaucoup, non seulement pour nous sanctifier réellement, mais aussi pour contrecarrer l’action de ceux qui se laissent guider par le diable et non par Dieu. « En ces temps de violence, de sexualité brutale, sauvage, notre devoir est d'être des rebelles. Toi et moi, nous sommes des rebelles: nous ne voulons pas nous laisser entraîner par le courant et devenir des bêtes. Nous voulons nous comporter en enfants de Dieu, en hommes ou en femmes qui recherchent l'intimité de leur Père qui est dans les cieux et qui veut être très proche de nous — au-dedans de nous ! » (saint Josémaria, Forge, n° 15). (lire la suite)
Dieu fait remonter en nous cette aspiration : « Que ton règne arrive ! » (Matthieu 6, 10). Le règne de Dieu est parmi vous (Luc 17, 21), a affirmé Jésus. Cette royauté, c’est précisément celle que nous laissons notre Dieu exercer sur tout notre être, sur nos pensées et nos activités. Dieu est « au-dedans de nous ! » Il veut régner en nous pour régner aussi dans le monde, à partir de l’ilot de sainteté que chacun de nous doit être.
Le Christ est venu instaurer un royaume universel et éternel de justice et de paix (cf. Ezéchiel 26, 38). Il a établi sa royauté à tout jamais. Tant que le monde existe ; cependant, elle est en butte aux attaques de l’indifférentisme, de l’agnosticisme, de l’athéisme, de l’anticatholicisme et de tous les matérialismes aveugles à la dimension surnaturelle. A nous de faire régner le Christ sur la terre ! « Regnare Christum volumus ! — nous voulons que le Christ règne. Deo omnis gloria ! — A Dieu toute la gloire. Batailler et vaincre avec les armes du Christ : cet idéal ne se traduira dans les faits que par la prière et par le sacrifice, par la foi et par l'Amour. — Eh bien ! décide-toi à prier, et à croire, et à souffrir, et à Aimer ! » (saint Josémaria, Forge, n° 639).
« Que ta volonté soit faite sur la terre comme elle l’est au ciel » (Matthieu 6, 10). C’est là quelque chose de bien difficile à réaliser, un objectif qui semble hors de notre portée ! Et pourtant telle est la demande que Dieu attend de nous. Cela deviendra une réalité si nous prions sérieusement, avec foi, avec piété si nous insistons auprès du Seigneur pour que sa volonté soit le moteur des actions des hommes, des décisions des gouvernants ; des détenteurs des moyens de communication sociale, des créateurs de la mode et des différentes expressions artistiques, des éducateurs et des enseignants à tous les niveaux, etc.

(à suivre…)

jeudi 20 octobre 2011

La prière (1)


La prière (1)

« Un jour, alors qu’il était en prière quelque part, un de ses disciples lui dit, quand il eut fini : « Seigneur, apprends-nous à prier, tout comme Jean l’a appris à ses disciples » (Luc 11, 1). L’exemple de Jésus abîmé en prière est en soi déjà une incitation à s’adresser à Dieu. Mieux encore, elle met spontanément en présence de Dieu, elle branche directement sur Dieu. Je puis en témoigner, car j’ai vécu avec des saints, reconnus comme tels par l’Eglise ou en voie de l’être : saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei, et le Serviteur de Dieu Alvaro del Portillo, son plus proche collaborateur pendant quarante ans et son premier successeur à la tête de la prélature de l’Opus Dei. Un moment de réunion avec saint Josémaria (lire la suite) – je ne parle pas d’une participation à une prière spécifique ou à un acte de culte -, un simple moment de réunion, de vie de famille, se transformait dans notre cœur en quelque chose qui faisait naître en nous, ses enfants, des élans d’amour, d’union à Dieu. Il est symptomatique à cet égard qu’à la fin de ces réunions, nombre d’entre nous se rendaient spontanément à la chapelle pour poursuivre le dialogue amorcé avec notre Dieu.
Remarquons que Jésus est en prière « quelque part » au moment où cette demande est formulée. Le lieu n’est pas précisé. Mais le cadre de cette prière du Seigneur est probablement la nature, à l’issue d’un repas et d’un moment de conversation avec ses disciples, avant de reprendre l’activité d’évangélisation de le journée. Jésus prie là où il est, nous signifiant par là que nous pouvons aussi prier partout, « quelque part », quel que soit cet endroit. Même si l’église est un lieu privilégié pour la rencontre avec le Seigneur, car il est réellement présent dans le tabernacle, néanmoins nous pouvons – et nous devons parfois – prier ailleurs, là où la vie nous amène. Tout endroit est bon pour s’adresser à Dieu en faisant taire les sollicitations du monde, en nous abstrayant de la rumeur mondaine. La rue, l’atelier, le bureau, la chambre, la montagne, etc., sont autant de scènes sur lesquelles nous pouvons engager notre dialogue amoureux et contemplatif avec Dieu. Ce sont des occasions à ne pas manquer, des rendez-vous que nous prenons avec notre Dieu qui est présent partout et qui attend de nous que nous surnaturalisions toutes les réalités humaines, qu’elles soient toutes un lieu de prière, comme un sanctuaire de son amour.

(à suivre…)

dimanche 16 janvier 2011

La prière de Jésus (3)

La prière de Jésus (3)

Ils se rappellent que je suis ton Fils. Et toi, tu sembles l’oublier. Tu ne me réponds pas. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22, 2). Vois-les ! Ils me rejettent tous. Combien y en a-t-il parmi eux que j’ai guéris de leurs infirmités ? Combien qui m’ont suivi avec enthousiasme ? Combien qui m’ont acclamé à tout rompre en s’égosillant à crier « béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! » (Luc 19, 38) ? Je suis nu comme un ver. Il ne me reste plus rien, si ce n’est ce souffle qui me retient encore à ce monde. Ne t’ai-je plus, toi, ô mon Père ? Est-il possible que tu sois sourd à ma prière ? Se peut-il que tu restes insensible aux souffrances que j’endure ? Serait-ce que tu n’agrées pas le Sacrifice que je t’offre ? (lire la suite) C’est pourtant pour cela que tu m’as envoyé dans le monde. « Je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jean 10, 10). Et tu sais bien que cela passe par le don de ma Vie. C’est ce dont nous avons convenu. Alors, je ne comprends pas. Pourquoi ce silence de ta part ? « Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils agitent les lèvres, ils branlent la tête : « Il s’en remet à Yahvé : qu’il le sauve, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime » ! » (Psaume 22, 8-9). N’est-ce pas logique ? J’en suis réduit là. A les entendre ajouter blasphème sur blasphème, à se moquer de toi.
Et cela te laisserait indifférent ? Je ne comprends pas. Bien sûr que je m’en remets à toi. Vers qui d’autre aller ? Que peuvent m’apporter les hommes, si ce n’est déceptions et tribulations ? Mais j’attendais de toi la consolation, et elle n’est pas au rendez-vous ! Un mot, rien qu’un mot. Une parole d’encouragement. Une confirmation comme quoi je fais bien ce qui te plaît (Jean 8, 29). Un signe quelconque. Rien. Je ne vois rien venir. Et ils se moquent de moi parce que je t’aime et qu’il semble que tu ne m’aimes plus. Vas-tu laisser triompher leur impudence ?

(fin)

vendredi 22 octobre 2010

La prière vocale (1)

La prière vocale (1)

Les apôtres voyaient le Seigneur prier constamment, sous des formes variées. La force de cet exemple les amena à lui demander un jour : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). Ils avaient tellement conscience d’être imparfaits et inconstants dans leur façon à eux de prier, qui peut-être avait du mal à échapper au seul cadre de la synagogue. « Apprends-nous à prier ! » Pour mieux se faire entendre, si besoin était, ils ajoutent : « comme Jean l'a appris à ses Disciples » (Ibid.).
Jésus s’empresse de satisfaire ce désir, que son Esprit Saint a fait naître dans leur cœur. Il répond : (lire la suite) « Lorsque vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié ; que ton règne arrive. Donnez-nous chaque jour le pain nécessaire à notre subsistance ; et remets-nous nos péchés, car nous remettons nous-mêmes à tous ceux qui nous doivent ; et ne nous induis pas en tentation » (Luc 11, 2-4).
Depuis lors, nous disposons d’une prière merveilleuse, qui condense toutes les demandes qu’il nous faut formuler et que Dieu entend satisfaire.
Seulement il ne suffit pas de connaître une formule. Car on peut la réciter mécaniquement, comme un « moulin à prière ». Et donc sans conviction, ni profit non plus.
Saint Josémaria, le fondateur de l’Opus Dei, nous donne un conseil, et même deux, pour prier avec recueillement, et donc pour que la prière serve à notre progrès spirituel : « Si tu veux éviter la routine dans tes prières vocales, efforce-toi de les réciter avec l'amour que met la première fois dans ses paroles celui qui aime..., et aussi comme si c'était la dernière occasion que tu avais de t'adresser à Notre-Seigneur » (Forge, n° 432).
Voilà ce que nous devons faire : réciter la « formule » comme si nous venions tout juste de tomber amoureux et que c’étaient les mots qui nous venaient à l’esprit pour traduire notre ivresse amoureuse. Donc avec un sentiment de nouveauté, avec l’enthousiasme du pas encore vu qui l’accompagne. De la sorte, il ne peut y avoir de monotonie ou de routine, d’habitude entraînant un certain ennui.
L’autre conseil est de nous placer à la dernière extrémité, de nous représenter que c’est la dernière fois qu’il nous est donné de nous entretenir avec notre Seigneur, et qu’après ce sera la séparation cruelle. Dans une telle situation, l’on met tout son cœur, toute la véhémence possible, à exprimer ses sentiments, toute la flamme d’un amour ardent qui se sent en quelque sorte menacé dans son existence. Dans une telle circonstance, l’on va droit à l’essentiel, et l’on donne libre cours aux sentiments les plus fous. C’est tout l’amour avec lequel il faut aimer Dieu et s’adresser à lui. C’est au fond le seul langage qu’il puisse comprendre, puisque « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16).

(à suivre...)

lundi 28 septembre 2009

La prière (2

La prière (2

Reconnaître Dieu en tant que Père comporte la suite : que son nom soit sanctifié. À commencer par notre vie, vraiment digne d'un enfant de Dieu, cohérente avec cette condition surnaturelle, avec notre nouvelle naissance à la vie de communion intime avec la Très Sainte Trinité. « Que tonrègne vienne. » D'abord en nous, dans toutes nos pensées, tous nos projets, toutes nos paroles et toutes nos actioons, que Dieu règne dans nos puissances, nos facultés et nos sens, parce que nous les lui offrons, et renouvelons régumièrement cette ofrande, en union avec le Sacrifice de la messe célébré à toute heure dans le monde. « Si quelqu'un vient à moi et ne hait pas son père et sa mère, sa femme et ses enfants, des frères et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Luc 14, 26). (lire la suite)
« Que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Elle s'accomplit au ciel, nécessairement, puisque toute imperfection en est bannie. Qu'elle se fasse aussi dans notre vie, pour que le monde s'oriente peu à peu dans cette direction, suivant l'exemple de notre Seigneur Jésus-Christ : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé » (Jean 4, 34). Et encore, « que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Matthieu 26, 39). Nous devrions répéter cette prière fréquemment, du fond du cœur, et non du bout des lèvres, si nous aimons vraiment Dieu et s'il est bien pour nous qui il est, notre Père, infiniment Bon et aimant.
Nous pouvons alors ajouter : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. » Parce que nous sommes vraiment devenus enfants, et qu'un enfant a droit à être nourri par ses parents et à s'approcher de son Père en quémandeur, à formuler des requêtes. C'est comme cela que nous sommes à l'image du Fils.
Arrive alors le moment de la demande redoutable : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Nous nous imposons une limite. Du moins c'est Dieu qui nous a enjoint de la poser librement : « Comme nous pardonnons. »
Nous comprenons ainsi que la prière adressée à Dieu, qui est l'expression de notre amour, comporte nécessairement l'ouverture sur les autres, l'amour du prochain. Celui qui prétend aimer Dieu qu'il ne voit pas et qui n'aime pas son prochain qu'il voit, « est un menteur », nous dit saint Jean (1 Jean 4, 20). « Si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi les vôtres ; mais si vous ne remettez pas aux hommes leurs manquements, votre Père non plus ne vous remettra pas les vôtres » (Mt 6, 15).
« Ne nous soumets pas à la tentation », ou bien « ne nous laisses pas succomber à la tentation », peu importe. Nous savons que Dieu ne « permet pas que nous soyons tentés, c'est-à-dire mis à l'épreuve, au-delà de nos forces » (1 Corinthiens 10, 13), « Mais délivre-nous du mal ! » C'est fait ! Le Christ a définitivement vaincu le Malin. Nous l'implorons de nous en délivrer hic et nunc. Et à l'heure de notre mort.
Et pour cela ,ous nous tournons vers la Mère du Sauveur et notre Mère, en la suppliant : « Priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort. » Mais à commencer par « maintenant ». En ce moment même, Marie prie pour
nous. « Allons avec confiance au trône de la grâce » (Galates 4, 16).

(fin)

mercredi 2 septembre 2009

La critique des prêtres

En cette année sacerdotale, voyons ce que le saint Curé d'Ars disait de ceux qui critiquent facilement les prêtres :
"Il y en a qui ont l'habitude de toujours mal parler des prêtres, qui en ont du mépris. Faites attention, mes enfants, comme ils sont les représentants de Dieu, tout ce que vous dites retombe sur Dieu même ; vous feriez bien mieux de prier pour eux. Il y en a qui ne prient jamais pour leur pasteur ; c'est être bien ingrat. (lire la suite)
Le prêtre, au contraire, prie constamment pour que le Bon Dieu qui obéit à sa voix lorsqu'il offre le divin sacrifice, qu'il tient Notre Seigneur entre ses mains, qu'il lui demande la conversion ou la persévérance d'une âme ; il faut qu'elle soit bien dure si elle n'obtient pas son changement. Aussi, voyez comme vous êtes intéressés à prier le Bon Dieu pour eux ; plus ils sont saints et plus ils vous obtiendront de grâces."

Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 87.

vendredi 28 août 2009

La prière à Marie

La prière à Marie

Une femme, naguère dévote, s'était si malheureusement laissée envenimer par la rancune contre son propre frère, qu'elle avait juré de ne lui pardonner ni en ce monde ni dans l'autre. Elle avait laissé pour cela les sacrements et même la prière. Or, une maladie mortelle survint qui la minait sans pitié.
Le curé de la paroisse essaya de lui arracher un mot de pardon. Il y épuisa vainement tout son zèle.
Quand la mission eut été commencée, il me pria (lire la suite) (le P. Bouchage) d'essayer à mon tour. Cette pauvre femme me dit des choses terribles. « Voyez, ajouta-t-elle, je veux que sur ma tombe on grave ces paroles : Ci-gît une femme qui s'est vengée ! - Et l'enfer ? lui répliquai-je avec compassion. - L'enfer ? la pensée de m'être vengée me consolera de tous mes tourments. » C'est dire à quel point la malheureuse s'était fait une idée fixe de sa vengance. Ne sachant plus que faire à mon tour, je conseillai à cette malheureuse de prier pour obtenir la force de pardonner. - « Je sais, répondit-elle, que j'obtiendrais cette grâce, mais je ne veux pas l'obtenir. » - Et pour moi, repris-je, consenteriez-vous à prier ? - Oh ! pour vous, tant que vous voudrez ! » Je me mis à genoux, et, tirant de mon bréviaire une image de Notre-Dame du Perpétuel-Secours, je la lui mis entre les mains en récitant l'Ave Maria... Au second Ave, cette pauvre pécheresse m'arrêta. « Père, dit-elle, n'allez pas plus loin. Je pardonne ! Confessez-moi ! » On ne saurait peindre le rayonnement qui éclaira ensuite son visage, mais j'aime à attester, à la gloire de la très Sainte Vierge, que ce jour-là, je vis de mes yeux que la prière, surtout présentée par la Sainte Vierge, est une flèche qui transperce les cœurs.

Cité dans La Vierge Marie enseignée à la jeunesse, Lyon, 1937, p. 56-57.

mercredi 17 juin 2009

Dieu nous parle par les saints

Dieu nous parle par les saints

Lors donc que nous considérons la vie de ceux qui ont fidèlement suivi le Christ, nous découvrons un nouveau motif de rechercher la Cité future (cf. Hébreux 13, 14 et 11, I0) et tout d'un coup nous apprenons la voie sûre par laquelle, au milieu de l'agitation du monde, nous pourrons, chacun selon son état de vie et sa condition particulière, arriver à l'union parfaite avec le Christ, ou, si l'on veut, à ta sainteté. C'est en effet dans la vie de ceux qui, tout en partageant notre condition humaine, reflètent pourtant davantage les traits du Christ (cf. 2 Corinthiens 3, 18), que Dieu se fait présent, qu'il manifeste avec éclat son visage. (lire la suite) En eux c'est lui-même qui nous parle et nous montre le signe de son Royaume ; et c'est vers ce Royaume que, guidés par ces hommes, témoins de la vérité de l'Evangile (cf. Hébreux 12, 1), nous nous sentons puissamment attirés.
Cependant nous ne vénérons pas la mémoire des saints uniquement pour leur exemple, mais plus encore pour que l'union de toute l'Église dans l'Esprit se fortifie par la pratique de la charité fraternelle (cf. Éphésiens 4, 1-6). Car, de même que notre communion de chrétiens en marche vers Dieu nous rapproche davantage du Christ, ainsi la fraternité entre nous et les saints nous unit au Christ, Source et Tête, qui dispense toute grâce et la vie du Peuple même de Dieu. Il convient donc au plus haut point que nous aimions ces amis et cohéritiers de Jésus-Christ, qui sont aussi nos frères et d'éminents bienfaiteurs, et que pour eux nous rendions à Dieu de dignes actions de grâces, « que nous leur adressions des supplications et recourions à leurs prières et à leur aide puissante pour obtenir de Dieu des grâces par son Fils Jésus-Christ, qui seul est notre Rédempteur et Sauveur ». En effet, tout témoignage authentique d'amour que nous donnons aux saints, par sa nature tend et aboutit au Christ, qui est « la couronne de tous les saints » et par lui à Dieu, qui est admirable dans ses saints et glorifié en eux.
Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium sur l'Église, n° 50.