mardi 5 juin 2012
mardi 22 mai 2012
La Pentecôte (1)
La Pentecôte (1)
« Le soir venu, ce même jour (le jour de sa Résurrection d’entre les morts), le premier de la semaine, alors que les portes de la maison où se trouvaient les disciples enfermés par peur des Juifs étaient verrouillées, Jésus arriva et se trouva devant eux et leur dit : « Paix à vous » (Jean20, 19). C’est une explosion de joie pour les disciples. Une joie qu’ils ne pensaient peut-être plus avoir, car ils n’avaient pas compris ce que Jésus leur avait annoncé, qu’il devait souffrir, être mis à mort, mais aussi ressusciter le troisième jour (Luc 9, 22). Cette joie, plus rien ne pourra la leur enlever. Elle ira in crescendo. La venue du Saint-Esprit, le jour de la Pentecôte, les inondera davantage encore de cette joie irrépressible, qui est l’expression typique de l’amitié avec Dieu, d’une âme qui vit profondément l’union avec Dieu. « Votre tristesse tournera en joie » (Jean 16, 20). (lire la suite) « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira, et cette joie que vous aurez, nul ne pourra vous la ravir » (Jean 16, 22). Le jour des retrouvailles est arrivé : « Les disciples furent tout joyeux de revoir le Seigneur » (Jean 20, 20). Ce soir-là, « il leur dit de nouveau : Paix à vous ! « Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Cela dit, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit-Saint » (Jean 20, 21-22). Il leur communique pour la première fois l’Esprit Saint. Ce sont comme des arrhes de l’effusion qui doit avoir lieu cinquante jours plus tard. Cela ne suffit pas pour qu’ils comprennent le sens profond de tout son enseignement de trois années : « J’aurai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pourriez pas les porter présentement. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité totale, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera l’avenir » (Jean 16, 12-13). « Celui qui aime possède en lui l’Esprit Saint ; et le possédant, il mérite de le recevoir plus abondamment, et plus il le reçoit en abondance, plus son amour est intense. Et les disciples avaient en eux l’Esprit Saint que le Seigneur promettait, sans qui ils ne pouvaient même pas l’appeler Seigneur ; mais ils ne le possédaient pas encore avec la plénitude que le Seigneur promettait. Ils l’avaient et ne l’avaient pas, car ils ne le possédaient pas encore dans la plénitude avec laquelle ils devaient le recevoir » (saint Augustin, In Ioannis Evangelium tractatus 74, 2). (à suivre…)
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jeudi 15 décembre 2011
L’incrédulité face à la Résurrection (5)
L’incrédulité face à la Résurrection (5)
Alors, « il prit avec lui les Douze, à part, et il leur dit en chemin : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et crucifié » (Matthieu 20, 17-18). Jésus apporte des précisions très détaillées par rapport aux prédictions antérieures. Ses apôtres sont-ils à même de se rappeler les prophéties du « Serviteur souffrant » d’Isaïe ? Jésus-Christ ajoute une note d’espérance : « Mais le troisième jour il ressuscitera » (Matthieu 20, 19). Mais eux (lire la suite) « ne saisirent rien de tout cela ; c’était pour eux des paroles au sens caché, et ils ne comprenaient pas ce qui leur était dit » (Luc 18, 34). C’est quand même étrange. L’annonce ne porte pas sur un fait banal, secondaire, accessoire. Et puis c’est la troisième fois que Jésus leur délivre ce message, avec de plus en plus de détails, sans compter celles où il l’a laissée entrevoir d’une manière implicite.Pierre a essayé de dissuader le Seigneur. Les apôtres ont été attristés en l’écoutant. Ils étaient apeurés. Et malgré cela, ils semblent ne pas pénétrer le sens profond de ce que le Maîtres leur dit. Peut-être sont-ils encore empêtrés dans des raisonnements trop humains, comme au soir du Jeudi Saint, où l’annonce de la trahison de l’un d’entre eux ne les a troublés qu’un bref instant, pour se remettre à disputer entre eux : « Qui, parmi eux, passait pour être le plus grand » (Luc 22, 24).
Ils ont été prévenus. Ces prédictions ne les ont pas laissés insensibles. Et pourtant, au matin de Pâques, lorsque les saintes femmes viennent annoncer aux apôtres que Jésus est ressuscité, qu’il les a chargées de leur transmettre cette bonne nouvelle (cf. Matthieu 16, 17), qu’il est apparu à Marie-Madeleine (cf. Jean 20, 11-17), toutes « ces paroles leur parurent être pure divagation, et ils ne les crurent pas » (Luc 24, 11). Ils ne croient pas ce qu’ils estiment être des racontars de bonnes femmes. Ils sont frappés d’amnésie, tellement leur douleur est grande.
Il va falloir que notre Seigneur se manifeste en personne à ses disciples. « Il se montra, sous une autre apparence, à deux d’entre eux qui étaient en route, se rendant à la campagne » (Marc 16, 12). C’est dit très pudiquement, avec une énorme délicatesse, car, en réalité, ces deux disciples d’Emmaüs désertaient, abandonnaient la partie. « En dernier lieu, il se montra aux onze autres, alors qu’ils étaient à table – en réalité, ils n’étaient que dix, car « Thomas n’était pas avec eux » (Jean 20, 24) – et il leur reprocha leur incrédulité et leur entêtement, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu après sa résurrection d’entre les morts » (Marc 16, 14). Ils ont dû se sentir passablement mortifiés. A ce moment-là, ils se rendent à l’évidence, même s’il « y en eut qui hésitèrent » (Mathieu 28, 17) encore un certain temps.
(à suivre…)
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jeudi 17 novembre 2011
Pourquoi moi ? (1)
Pourquoi moi ? (1)
« Judas – non l’Iscariote –lui dit : « Maître, comment se fait-il, Seigneur, que ce soit à nous que tu te manifestes, et pas au monde ? » (Jean 14, 22). La question mérite d’être posée, en effet. Les apôtres connaissent leur petitesse. Ils sont pour la plupart d’humble extraction. Ils sont originaires de petits villages sans beaucoup d’importance. Le peuple d’Israël lui-même semble insignifiant sur l’échiquier politique. En tout cas, les prophètes ont bien pris soin de rappeler, pour souligner que l’élection d’Israël par Dieu est un pur don gratuit et entièrement libre de sa part, que Jacob « est petit » (Amos 7, 2), qu’il ne vaut pas mieux que le royaume de Hamat la Grande et de Gat des Philistins (cf. Amos 6, 2), qu’il n’est pas le plus puissant (cf. Amos2, 9). Et c’est pourtant en Israël que le Fils de l’homme (Daniel 7, 12) est venu. (lire la suite) Et ce sont eux, les Douze, qu’il a choisis pour être le petit groupe sur lequel il s’appuie et qui doit un jour siéger sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (cf. Luc 22, 30). Il y a de quoi être déconcerté, pour un esprit simple, au cœur toutefois généreux. Et s’il est vrai que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », alors ils peuvent quand même comprendre quelque chose à ce choix de Dieu.Ce n’est pas qu’ils soient mécontents du choix, bien sûr. Ils n’échangeraient pas leur situation pour rien au monde. Mais ils sont quand même stupéfaits. En pensant un peu par devers eux, et en échangeant leurs impressions, ils se disent qu’à la place du Seigneur, ils auraient fait appel à des gens considérables, compétents, disposant de moyens financiers abondants, ayant de l’influence dans la sphère du pouvoir politique auprès des Anciens et des grands prêtres… Et, au lieu de cela, ce sont eux qui doivent l’assister. Et le plus fort, c’est que cela marche ! Un jour, Jésus « leur conféra puissance et plein pouvoir sur les démons, ainsi que le don de guérir les maladies. Et il les envoya proclamer la venue du royaume de Dieu et opérer des guérisons » (Luc 9, 1-2). C’est ce qu’ils firent avec succès. Ils en étaient eux-mêmes médusés.
Cela n’oblitère pas le sens de la question de Judas. Ce choix reste mystérieux. Il existait tant de gens en Israël qui avaient plus d’instruction qu’eux, qui étaient mieux dotés par la nature, qui étaient ornés de plus de qualités… Mais ce sont eux que le rabbi de Nazareth a choisis. Il n’y a pas à revenir sur cela.
(à suivre…)
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mardi 5 juillet 2011
L’apparition à Marie-Madeleine (4)
L’apparition à Marie-Madeleine (4)
« Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis » (Jean 20, 13), répond Marie-Madeleine. Elle ne leur dit pas qu’elle les soupçonne dans son for intérieur d’être responsables de cet état de fait. Elle agit avec une grande délicatesse. Elle dit les choses simplement, comme ce qu’elles sont à ses yeux. Elle se sent malgré tout en confiance devant ces inconnus. Parce que les hommes de Dieu inspirent confiance, en effet.Pour nous, les hommes de Dieu, ce sont ceux qui ont reçu le mandat de l’autorité ecclésiastique pour s’occuper de notre âme et qui, de ce fait, bénéficient d’une grâce d’état particulière pour nous guider sur la voie de la sainteté. En plus, pour nous, ce ne sont pas des inconnus. Mais nous leur ouvrons la porte de notre âme pour (lire la suite) qu’ils puissent y passer la tête, et nous sommes prêts à les écouter, à suivre leurs conseils, qui nous acheminent vers le Christ, vers une union plus forte et plus étroite avec lui.
C’est ce qui se passe avec Marie-Madeleine.
« Ayant dit ces mots, elle se retourna et vit Jésus debout ; et elle ne savait pas que c'était Jésus » (Jean 20, 14). La question des anges, ce jour-là, a suffi pour introduire Marie-Madeleine auprès du Christ. Elle ne le reconnaît pas, tout comme les disciples d’Emmaüs, et les apôtres quelques heures plus tard. Le corps a changé, il est glorieux, mais le ton de la voix reste le même, comme elle va en faire rapidement l’expérience.
« Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » (Jean 20, 15). Elle est toute à son émotion et à sa souffrance. Elle en reste d’abord à son idée que cet homme est le jardinier. Elle oublie les deux autres, avec qui la conversation a été très brève. Elle se dit que le jardinier doit être au courant de ce qui s’est passé : « Elle,
pensant que c'était le jardinier, lui dit : « Seigneur, si c'est vous qui l'avez emporté, dites-moi où vous l'avez mis, et j'irai le prendre » (Jean 20, 15). Sa demande est plutôt insensée, voire absurde, car si c’est le jardinier qui a subtilisé le corps de Jésus, il doit avoir ses raisons, et il n’est certainement pas disposé à revenir en arrière ni à se livrer à la première venue. Mais la demande est motivée une fois de plus par l’amour, par l’amour et la foi de Marie-Madeleine. Tandis qu’elle parlait, elle s’est remise à regarder l’ouverture béante du sépulcre.
« Jésus lui dit : Marie ! » (Jean 20, 16). Maria ! Quel coup au cœur de s’entendre appeler par son prénom d’une voix qu’elle ne connaît que trop bien et qui n’a pas son pareil. « Elle se retourna et lui dit en hébreu : « Rabboni ! » c'est-à-dire Maître ! » (Jean 20, 16). Oui, il ne fait pas l’ombre d’un doute pour elle qu’il s’agit bien de Jésus. Elle est en sa présence, et elle ne le savait pas ! Son cœur bat la chamade et est inondé de joie.
(à suivre…)
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dimanche 3 juillet 2011
L’apparition à Marie-Madeleine (2)
L’apparition à Marie-Madeleine (2)
Les apôtres n’étaient pas encore en mesure de comprendre la façon dont les plans de Dieu se déroulaient, car ils n’avaient pas reçu le Saint-Esprit : « Mais le Consolateur, l'Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jean 14, 26).C’est pourquoi ils ne vont pas davantage comprendre et admettre l’événement de la Résurrection du Seigneur. Nous, nous savons par la foi que le Christ « est vraiment ressuscité » (Luc 24, 34). Nous avons ainsi un avantage indéniable sur eux. Quant à eux, ils n’ont pas compris ni retenu les annonces de la mort de Jésus : « Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit ce commandement : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité des morts » (Matthieu 17, 9). (lire la suite)
La foi s’éveillera progressivement en eux, très lentement : « Comme ils discouraient ainsi, lui se trouva au milieu d'eux et leur dit : « Paix à vous ! » Saisis de stupeur et d'effroi, ils croyaient voir un esprit. Et il leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds; c'est bien moi. Touchez-moi et constatez, car un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai » (Luc 24, 36-39). Et nous savons que Thomas se montrera particulièrement rétif, amenant le Seigneur à revenir exprès pour lui : « Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l'Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » Mais Thomas, l'un des douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais il leur dit : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai point. » Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d'eux, il leur dit : « Paix avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois plus incrédule, mais croyant. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur, et mon Dieu ! » (Jean 20, 22-28).
La Résurrection du Seigneur est fondamentale pour notre foi. Le Christ est mort, mais il est vivant ! La vie a été plus forte que la mort, parce que le Christ est la Vie, il est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6).
(à suivre…)
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vendredi 23 avril 2010
La sensibilité de Jésus (2)
La sensibilité de Jésus (2)
« Si vous savez ces choses vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. Je ne dis pas cela de vous tous; je connais ceux que j'ai élus; mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : « Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi. » Je vous le dis dès maintenant, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle sera arrivée, vous reconnaissiez qui je suis » (Jean 13, 17-19). Jésus sait ce qui doit lui arriver, et par qui cela doit lui advenir. Voilà longtemps déjà que le Maître a décelé le double jeu de Judas et a parlé en termes presque identiques. « N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ? Et l'un de vous est un démon. »Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze » (Jean 6, 70-71). (lire la suite) Cela n'avait pas suffi pour que Judas rectifie et revienne au Seigneur de tout son cœur, lui demande pardon pour son égarement et le début de trahison qui s'installait dans son cœur. Car la trahison, ce n'est pas seulement de livrer son Maître pour quelques misérables piécettes (cf. Luc 22, 4-5), mais c'est tout un processus intérieur de refus de Dieu, d'éloignement de la fidélité, de péché consenti et non rejeté, qui entraîne alors à d'autres reniements. « En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé » (Jean 13, 20). Il ne s'agit pas uniquement de la personne du Christ, mais plus profondément du Père. Celui qui m'a vu a vu le Père. « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même: le Père qui demeure en moi fait lui-même ces œuvres » (Jean 14, 10).
« Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: "Celui qui mange le pain avec moi, a levé le talon contre moi » (Jean 13, 18). « Tu hésites à te lancer à parler de Dieu, de la vie chrétienne, de la vocation… parce que tu ne veux pas faire souffrir ? Tu oublies que ce n’est pas toi qui appelles les gens, mais Lui : “ ego scio quos elegerim ” — je connais bien ceux que j’ai choisis. En outre, j’aurai de la peine si ces faux respects cachaient la facilité ou la tiédeur : au point où nous en sommes, tu préfères une pauvre amitié humaine à l’amitié de Dieu ? » (saint Josémaria, Sillon, n° 204). C'est la triste réalité. Dieu passe souvent au second plan, quand ce n'est pas au dernier.
« Il faut que l'Écriture s'accomplisse » (Jean 13, 18), a dit Jésus. « Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit » (Jean 13, 21).
(à suivre...)
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mardi 20 avril 2010
L'effervescence apostolique (2)
L'effervescence apostolique (2)
Le contact avec le Seigneur fait naître des vocations, suscite des élans de générosité, l'envie de l'accompagner sur les chemins de Palestine. L'intention n'est pas toujours pleinement pure. Des attachements humains peuvent subsister, comme le désir d'aller prendre congé des siens. Une aspiration, là encore, légitime. Légitime si on envisage la situation d'un point de vue purement rationnel. Mais Jésus-Christ vient apporter la folie de la Croix (cf. 1 Corinthiens 1, 18). Il ne veut pas de cœurs partagés, qui se donnent à lui à moitié. C'est tout ou rien. Sans solution de retour. C'est l'idée qu'il veut faire passer maintenant « Quiconque, ayant mis la main à la charrue, regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu » (Luc 9, 62), car, pour être disciple du Christ, il faut haïr « son père, sa mère, sa femme, ses enfants, des frères, ses sœurs et même sa propre personne » (Luc 14, 26).Le Seigneur dit peut-être cela en pensant à Judas, à cet apôtre dont il voit bien qu'il a commencé à ne pas tourner rond depuis quelque temps, et qu'il veut amener à prendre conscience de l'erreur qu'il est en train de commettre et à rectifier, tant que cela est encore possible. Les autres apôtres peuvent penser que c'est bien ce qu'ils ont fait : tout laisser sur place dès que Jésus les a appelés, statim, sur-le-champ, et le suivre. Ils ne se sont pas attardés ni embarrassés de scrupules, les uns ont laissé « là leur barque et leur père », comme Jacques et Jean, les fils de Zébédée (Matthieu 4, 22), d'autres « leurs filets » et leurs associés, comme Simon et André (Marc 1, 18), un autre, Lévi, son bureau de publicain, « abandonnant tout » (Marc 5, 28).
(fin)
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lundi 19 avril 2010
L'effervescence apostolique (1)
L'effervescence apostolique (1)
« Jésus, voyant une foule autour de lui, ordonne de passer sur l'autre rive » (Matthieu 8, 18). Il donne cet ordre de temps à autre, tant pour permettre à ses apôtres de se reposer que pour assurer tranquillement leur formation. Ils ont mis pied à terre et, après avoir tiré la barque sur le rivage, ils se mettent en route. Or, « comme ils faisaient route » (Luc 9, 57), un scribe l'aborda et lui dit : « Maître, je te suivrai où que tu ailles » (Matthieu 8, 19). C'est étonnant de la part d'un scribe. Tout ce qu'il voit et entend l'a bouleversé, et d'un élan spontané, il se dit prêt à accompagner le Seigneur à jamais. Jésus ne lui répond pas en acceptant sa proposition. Il ne se laisse pas gagner par l'enthousiasme de cet homme, car il connaît le cœur de l'homme. Il lui montre la condition à remplir pour être avec lui : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des abris, mais le Fils de l'homme n'a pas où appuyer sa tête » (Luc 9, 58).
C'est ce qu'il demandera également, alors qu'il se rend pour la dernière fois à Jérusalem, au jeune homme riche qui désire savoir ce qu'il doit faire pour avoir la vie éternelle, et qui est dans doute disposé à s'attacher lui aussi au Christ. Il s'entend dire : « Il te manque encore une chose ; vends tout ce que tu as, distribues-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi » (Luc 18, 22).
Pour être apôtre, il faut être détaché. Détaché, pas uniquement de ses projets et idées, ni même des biens matériels, ce qui n'est pas une mince affaire, comme le montre le cas de ce jeune homme riche qui « s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens » (Marc 10, 22). Il faut être détaché de sa propre famille. Le scribe a-t-il compris le message ? Nous ne le savons pas. Mais aussitôt Jésus « dit à un autre : « Suis-moi ! » Celui-ci dit : « Seigneur, permets-moi d'abord d'aller enterrer mon père » (Luc 2, 59). La demande semble légitime, raisonnable. Pourtant Jésus, qui nous a donné le quatrième commandement du décalogue, est le même qui rétorque : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t-en annoncer le royaume de Dieu » (Luc 9, 60).
L'effervescence apostolique est grande. Les apôtres y sont même peut-être pour quelque chose. Ils canalisent les énergies ; ils préparent les âmes, ils amènent les gens au Seigneur. Et voici qu'un « autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais permets-moi d'abord d'aller faire mes adieux à ceux de chez moi. » Et Jésus lui dit : « Quiconque, ayant mis la main à la charrue, regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu » (Luc 9, 61-62).
(à suivre...)
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vendredi 12 février 2010
La sincérité (1)
La sincérité (1)
En la fête de l'apôtre saint Barthélemy, l'Évangile nous remet en mémoire le récit de sa vocation. Il la doit à son ami Philippe, lui-même originaire de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. C'est Jésus qui a appelé Philippe. Et maintenant, certain d'avoir rencontré le Messie, il s'empresse de communiquer cette nouvelle fabuleuse, tant attendue, à son ami Nathanaël, ou Barthélemy, qui lui, est originaire de Cana en Galilée (cf. Jean 21, 2).Jésus est en route vers la Galilée avec ses premiers disciples. Il se rend précisément à Cana. Le lendemain va avoir lieu le miracle de l'eau changée en vin, lors du banquet auquel Jésus a été convié.
« Celui dont Moïse parle dans la Loi, ainsi que les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth » (Jean 1, 45). Or, Nathanaël n'est pas le premier venu. (lire la suite) C'est un « vrai Israélite », quelqu'un qui est versé dans les Écritures, qui connaît bien la Loi et les Prophètes. Il sait qu'ils annoncent que le Messie naîtra, non pas à Nazareth en Galilée, mais à Bethléem en Judée (Michée 5, 1). C'est pourquoi il répond à Philippe par une interrogation dubitative : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jean 1, 46).
Non seulement le Messie n'est pas annoncé comme venant de Nazareth, mais en plus la modeste bourgade de Nazareth ne semble pas jouir d'une très bonne réputation. Il n'y a rien de bon à attendre d'une telle ville. Alors, le Messie moins encore.
Il a dit les choses comme il les voit. Il a livré le fond de sa pensée. Il agit avec droiture et simplicité. Nous voyons qu'il est bien disposé au fait qu'il écoute son ami : « Viens voir » (Jean 1, 46). Il accompagne Philippe. Celui-ci n'a pas besoin de faire les présentations, car, en les voyant arriver, Jésus dit à ceux qui l'entourent, suffisamment fort pour que Nathanaël l'entende : « Voici vraiment un Israélite en qui tout est droit » (Jean 1, 47). Quel bel éloge. Jésus donne en exemple la sincérité et la simplicité de Nathanaël.
(à suivre...)
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mercredi 6 janvier 2010
Le feu du ciel (1)
Le feu du ciel (1)
« Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume ? » Mais, se retournant, il les reprit vertement. Et ils partirent pour un autre bourg » (Luc 9, 54-56). Jésus n'aurait pas laissé ses apôtres commander au feu du ciel de détruire un village en Israël. Il le leur interdit aussi pour un village d'hérétiques. Il est venu sauver, non perdre (cf. Jean 12, 47).
Jacques et Jean sont remplis de zèle pour Dieu. On les comprend : la vie avec Jésus-Christ est enthousiasmante et enflamme le cœur pour les affaires de Dieu, « le zèle pour ta maison m'a consumé » (Psaume 69, 10). Il n'y a pas bien longtemps de cela, Jésus avait envoyé les Douze en leur conférant « plein pouvoir sur tous les démons, ainsi que le don de guérir les maladies. Et il les envoya proclamer la venue du royaume de Dieu et opérer des guérisons » (Luc 9, 1-2).
Il les a dépêchés pour préparer sa propre venue dans la contrée, en faisant le bien, en abondance, non le mal. En se mettant au service des populations, non en les anéantissant. Faire le bien, faire du bien aux autres est le propre d'un homme de Dieu, la marque distinctive de sa condition d'envoyé de Dieu. C'est d'ailleurs ce que les foules disent à juste titre de Jésus : « Il a tout fait à la perfection » (Marc 7, 37). Mais c'est le fruit de leur expérience quotidienne.
Les apôtres ont constaté que le pouvoir de Dieu s'exerçait bien par leur intermédiaire, ils ont réalisé des miracles, chassé des démons, comme le Seigneur. Ils se sentent forts maintenant, capables de n'importe quoi. Mais ils oublient que cette puissance n'est pas à eux, mais qu'elle leur est prêtée : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7).
C'est pourquoi face à ce village de Samarie dont les autorités refusent d'accueillir le Maître et ceux qui l'accompagnent, au mépris des lois les plus élémentaires de l'hospitalité, et en outre font un affront au Fils de Dieu, ils sont prêts à intervenir avec vigueur.
(à suivre...)
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vendredi 3 juillet 2009
Les amis de Dieu (3)
Les amis de Dieu (3)
- Et nous, nous n'avons rien pu faire, constate Pierre amèrement. À Douze, nous n'avons été débordés aussitôt par cette furie qui nous a pris par surprise.- Ne t'inquiète pas, Simon, mon heure n'avait pas sonné.
- Je dois dire que nous avons été soulagés, mais bien étonnés, alors que vous te voyions déjà balancé dans le vide et devoir courir en bas de la falaise pour te ramasser, dans quel état , de voir que toi, passant au milieu d'eux, repri(s) ta marche (Luc 4, 30) comme si de rien n'était.
- Et à l'issue de ma longue discussion dans le Temple de Jérusalem avec des Juifs qui avaient cru en (moi) (Jean 8, 31), que s'est-il passé ?
- C'est simple, si je puis dire, se remémore Barthélemy. (lire la suite) Ils prirent des pierres pour (te) les jeter (Jean 8, 59). Mais là encore tu leur a échappé miraculeusement, car avant qu'ils aient eu le temps d'accomplir leur forfait, tu t'es dérobé et tu es sorti du Temple (ibid.), et nous avec toi, pas très rassurés, à vrai dire, car nous craignions que la foule hostile ne nous retrouve et ne mène à terme sa machination.
- Et qu'est-il arrivé lors de la fête de la Dédicace, à Jérusalem, (alors que) c'était l'hiver ? (Jean 10, 22).
- Eh bien ! ça a été la même chose, répond Thomas. Et encore une grande frayeur pour nous. Cela nous apprend à nous méfier des foules. Tu venais justement de parler de tes amis en disant : Je leur donne la vie éternelle, et (ils) ne périront pas, et nul ne les ravira de ma main. Mon Père, qui m'en a fait don, est plus grand que tout, et nul ne peut (rien) ravir de la main de mon Père. Moi et le Père, nous sommes un (Jean 10, 28-30).
Faut voir le spectacle pour le croire. Quelle agitation tes paroles ont suscité ! Je n'ai jamais vu des individus aussi cramoisis, hurler et s'agiter à ce point-là. C'était effarant. Les gens étaient surexcités et, dans ce genre de situations, personnes ne peut contrôler quoi que ce soit. Si les Romains étaient intervenus, mais Dieu merci ils ne rentrent pas dans le Temple, ils auraient été déchiquetés comme par des lions affamés !
Bref, voilà que de nouveau, les Juifs apportèrent des pierres pour (te) lapider (Jean 10, 31). Encore heureux qu'il faille du temps pour faire des provisions. Cela permet quand même d'échapper à leur emprise. Mais tu as eu chaud, Jésus.
- Oui et non. Encore une fois, ce n'était pas mon heure. Personne ne me prend ma vie : c'est moi qui la donne de mon propre chef. Et j'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir dela trecouvrer ensuite : tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père (Jean 10, 18).
- Tu vois, Jude, ce que donne le monde sans mon Père ?
- Oui, Maître.
- Tu comprends donc pourquoi c'est à vous que j'ai révélé ce que mon Père m'a chargé de communiquer au hommes ?
- Oui, Seigneur.
(à suivre...)
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Dominique
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vendredi 10 octobre 2008
Eucharistie et espérance (1)
Eucharistie et espérance (1)
Il est bon et salutaire de répéter au Seigneur Jésus présent dans le tabernacle : « Seigneur, je crois fermement que c'est toi qui te trouves ici, je crois que tu es réellement présent sous les espèces sacramentelles. » D'une certaine façon, Jésus a besoin que nous le lui disions et le lui répétions. Non pour lui, mais afin que, manifestant notre foi, il nous accorde davantage de faveurs divines et nous attire plus encore à lui, à la sainteté. (lire la suite)Placés, physiquement ou en esprit, devant le Saint-Sacrement, nous disons : Je le crois, même si je ne peux pas le comprendre, et surtout parce que je ne peux pas le comprendre. Seule la foi peut m'amener à le dire et à le reconnaître. À te le répéter. Savoir que tu attends que je te le dise a quelque chose de surprenant. Et tu attends aussi de nous que nous venions te rendre visite de temps à autre, et que nous en profitions pour te redire : Seigneur, je crois que tu es ici présent ! Je t'adore ! Je t'aime ! Oui, je veux bien t'aimer du fond de mon cœur. Je voudrai y arriver, mon Dieu, parce que toi, tu m'aimes sans réserve, sans restriction.
Je crois, j'aime et j'espère. J'espère en toi, mon Dieu. Et j'ai toutes les raisons d'espérer, puisque tu m'as prouvé au plus haut point que tu m'aimes en mourant pour moi sur la Croix. Si tu m'es venu en aide de la sorte, comment pourrais-je douter un seul instant que tu viendras me secourir quand j'en aurai besoin ? Comment en douter puisque ce secours m'est constamment offert dans les sacrements, notamment dans celui qui est le sommet de toute la vie chrétienne, qui est le plus sublime de tous, le sacrement de ta présence réelle parmi les hommes : l'Eucharistie ?
Tu as établi ta demeure parmi les hommes (cf. Apocalypse 21, 3). Parmi les hommes et, mieux encore, chez les hommes, dans l'âme de ceux qui ne te ferment pas la porte, mais qui l'ouvrent toute grande, ou ne font simplement que l'entrebailler. Cela te suffit pour entrer et te mettre à servir, comme tu l'as fait pour tes apôtres, non seulement en leur lavant les pieds (cf. Jean 13, 4-11), mais jour après jour, sans qu'ils s'en rendent compte, dans les moindres aspects de la vie que tu partageais avec eux. Que de renoncements, que de mortifications cachées pour rendre la vie plus agréable pour les Douze, comme pour les soixante-douze disciples envoyés en mission (cf. Luc 10), pour les former également, en les acceptant tels qu'ils étaient, avec des défauts qui ne manquaient pas se manifester souvent...
(à suivre...)
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Dominique
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