ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007

jeudi 30 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (7)


La guérison de l’aveugle de naissance (7)

Ils le jettent dehors. Du local où ils se trouvent assemblés, ou carrément de la synagogue, définitivement. Nous ne le savons pas. En tout cas, que certains nous excluent de leur assemblée parce qu’ils ne veulent pas reconnaître le Christ nous importe peu. Il faut être prêt à souffrir un peu pour le Christ et avec le Christ qui, lui, souffre beaucoup pour nous et à cause de nous.
« On vous exclura des synagogues. Bien plus, voici le moment où ceux qui vous feront mourir s’imagineront rendre un hommage à Dieu » (Jean 16, 2). En tout état de cause, « bienheureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on vous calomniera de toute manière à cause de mon nom. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Matthieu (, 11-12). (lire la suite) Si nous travaillons avec droiture d’intention et pour la gloire de Dieu, nous n’avons pas à craindre ce genre de réactions humaines, suscitées par le diable, qui n’est que haine déchaînée.
« Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » (Jean 9, 35-36). Jésus ne lui dit pas : « Va, et ne pèche plus », comme à Marie-Madeleine, encore une fois parce que son infirmité n’est pas la conséquence d’un péché quelconque. Il ne lui a pas demandé la foi comme préalable à sa guérison miraculeuse. Il veut la susciter maintenant, comme son aboutissement.
L’homme dont les yeux viennent de s’ouvrir à un monde qu’il ignorait voit son âme s’ouvrir parallèlement à l’amour de Dieu. « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même » (Jean 9, 36-37). De Jésus, il n’avait apparemment pas entendu parler. Il ne savait pas qui il était. En revanche, le titre de « Fils de l’homme » trouve une résonance en lui. Comme tout bon israélite, il attend la venue du Messie.
« Je sais que va venir un Messie – celui qu’on appelle Christ. quand il sera venu, il nous annoncera tout », déclare la Samaritaine. « Jésus lui dit : « C’est moi, moi qui te parle » (Jean 4, 25-26). Aux gens simples et bien disposés, Jésus se fait connaître pour ce qu’il est : « Tu l'as vu ; et celui qui te parle, c'est lui-même. » « Je crois, Seigneur » dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora » (Jean 9, 37-38). Il comprend maintenant ce qui lui est arrivé. Il saisit que le passage d’Isaïe vient de s’accomplir pour lui : « L’Esprit du Seigneur est sur moi (…). Il m’a envoyé (…) pour annoncer (...) aux aveugles l’usage de leurs yeux » (Luc 4, 18).

(à suivre…)

mercredi 29 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

La guérison de l’aveugle de naissance (6)

« Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs ; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce » (Jean 9, 31). Si nous voulons que Dieu exauce nos prières, nous devons nous présenter devant lui avec un cœur pur. « Un cœur contrit et humilié, Dieu ne le dédaigne pas » (Psaume 51, 19), ne le repousse pas, bien au contraire. Tous les moments sont bons pour demander pardon, pour purifier notre âme dans le sacrement de la réconciliation, pour aérer notre âme et en faire sortir les miasmes du péché. Dieu est prêt à exaucer celui qui fait sa volonté, non la sienne propre. Rappelons-nous l’orgueilleux, tel le pharisien qui méprise le publicain qu’il condamne par avance comme pécheur (cf. Luc 18, 9-14), n’est pas écouté de Dieu. (lire la suite)
Quelle est notre volonté effective de nous convertir ? Effective, c’est-à-dire à quoi se remarque-t-elle ? Quelles résolutions concrètes avons-nous prises ? Sur quels points faisons-nous porter notre lutte ?
Sommes-nous réellement disposés à nous laisser changer, transformer et guérir par le Seigneur, à sortir de certaines habitudes, d’une certaine routine, pour suivre le Christ de plus près ? Non seulement pour qu’il nous écoute davantage et exauce nos demandes, mais plus fondamentalement pour lui rendre gloire et l’aimer davantage.
« Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous nous établirons à demeure chez lui » (Jean 14, 23).
Voyez-vous ? C’est une affirmation sublime du Seigneur, qui traduit tout l’amour qu’il nous porte et le désir profond qui l’habite de nous faire partager sa vie. En prenons-nous les moyens ? Sommes-nous bien préparés à le recevoir, à l’accueillir en nous ? « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement un mot, et mon âme sera guérie. » Un seul mot. Ce mot, nous le connaissons, c’est : « Conversion. »
« Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le chassèrent » (Jean 9, 33-34). Ils n’acceptent pas la leçon. Ils ne sont pas prêts à en examiner le bien-fondé. Nous voyons l’importance de la droiture d’intention. Sans elle, nous nous fermons à la Vérité, c’est-à-dire à Dieu, qui est la Vérité (Jean 14, 6). Nous nous rendons volontairement – et donc coupablement – incapables de la comprendre, de l’accueillir pour y conformer notre vie. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis… »

(à suivre…)

mardi 28 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (5)

La guérison de l’aveugle de naissance (5)

« Ils le chargèrent alors d'injures, et dirent : « C'est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci nous ne savons d'où il est » (Jean 9, 28-29). Le miraculé ne se démonte pas devant ce flot de propos outranciers. Il réplique, avec un gros bon sens : « Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est, et cependant il m'a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce. Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 30-33). Quel exemple merveilleux de spontanéité, de foi et d’audace apostolique. Alors même qu’il se trouve en face de personnes hostiles qui, de surcroît, (lire la suite) sont d’authentiques personnages, il proclame sa foi en Jésus-Christ, une foi naissante, qui prend de plus en plus corps en lui. Là encore nous avons un modèle du comportement qui doit être le nôtre dans les différents milieux où nous vivons et agissons, pour proclamer : « Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 33). La réalité de la Passion, de la mort et de la Résurrection de notre Seigneur, qui témoigne de ce qu’il est Dieu. Dieu parmi nous, agissant pour notre salut éternel. Dieu resté dans l’Eucharistie : Adoramus te, Domine.
« Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur » (Jean 9, 24). Oui, il faut rendre gloire à Dieu. Mais par sur le fondement de mensonges. On ne peut rendre gloire à Dieu qu’à partir de la vérité. C’est bien ce que l’aveugle fait en proclamant : « Si cet homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean 9, 33).
« Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur » (Jean 9, 24). Leur conclusion est paradoxale. Une énormité ! Elle ne tient pas debout. C’est une conclusion hystérique ; sans aucun fondement. Une conclusion qui est d’une injustice criante. Notre homme a vite fait de la rejeter, de la mettre à bas sans ménagement, à partir de son bon sens qui est, en réalité, très surnaturel. Parce qu’il n’a pas de préjugés, il reconnaît la vérité. Il ignorait qui était Jésus : « S'il est un pécheur, je l'ignore; je sais seulement que j'étais aveugle, et qu'à présent je vois » (Jean 9, 25). Ce sont les faits. Le reste ne l’intéresse pas. Du moins pour le moment. Car il n’a pas encore fait la rencontre décisive et définitive avec le Christ, rencontre qui va au-delà de la simple guérison corporelle.

(à suivre…)

lundi 27 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (4)


La guérison de l’aveugle de naissance (4)

« Seigneur, je vois que tu es un prophète » (Jean 4, 19). Telle avait été déjà la réaction de la Samaritaine venue tirer de l’eau au puits de Sichar.et la foule, en voyant le fils de la veuve de Naïm revenir à la vie « glorifiait Dieu en disant : « Un grand prophète a surgi parmi nous » (Luc 7, 16). Les gens simples savent reconnaître le Christ qui passe dans leur vie. Nous, nous sommes peut-être trop compliqués, trop rationalistes. Seuls les gens simples peuvent accueillir le Seigneur. Un des objectifs de la direction spirituelle est de nous aider à nous simplifier la vie, à nous laisser guider par le Seigneur, à accepter que nous sommes très limités, très faibles et que nous avons foncièrement besoin de lui : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5). (lire la suite)
« Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue » (Jean 9, 18). Pourtant cet homme est adulte, et donc à même de raconter de façon plausible ce qui lui est arrivé. Mais ils ne le croient pas. En présence d’un miracle, ils en réclament toujours un autre, comme si celui-ci devait emporter leur adhésion : « Maître ; nous voudrions voir un signe qui vienne de toi »’ (Matthieu 12, 38). Seigneur, je crois en toi et tout ce que je lis dans la Sainte Ecriture et à tout ce que la sainte Eglise me propose comme étant divinement révélé. Mais augmente en moi la foi, car la tentation du doute nous guette toujours face au mystère de la puissance de Dieu.
Pour l’heure, les parents de l’aveugle de naissance répondirent : « Nous savons que c'est bien là notre fils, et qu'il est né aveugle ; mais comment il voit maintenant, nous l'ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même ; il a de l'âge, lui-même parlera de ce qui le concerne. » Ses parents parlèrent ainsi, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs
étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue » (Jean 9, 20-22).
Alors les pharisiens firent revenir l’intéressé et recommencèrent l’interrogatoire. Agacé, celui-ci répond : « Je vous l'ai déjà dit et vous ne l'avez pas écouté : pourquoi voulez-vous l'entendre encore ? Est-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » (Jean 9, 27). Pour lui, les faits sont tellement évidents. Il ne comprend pas l’acharnement à vouloir nier la réalité. L’humilité de l’intelligence est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à vivre. Il faut accepter de ne pas arriver à tout comprendre, et que les actions de Dieu sont d’une nature telle qu’elles dépassent largement les capacités de note petite comprenette très limitée.

(à suivre…)

dimanche 26 juin 2011

La Saint Josémaria


La Saint Josémaria

C’est aujourd’hui la fête liturgique de saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei, communément reconnu comme étant un des précurseurs du concile Vatican II, entre autres quant à l’appel universel à la sainteté et à l’apostolat. Si « les chemins divins de la terre se sont ouverts » à partir de la grâce de fondation qu’il a reçue, c’est aujourd’hui une doctrine acquise que tous les baptisés sont appelés à la sainteté dans leur vie ordinaire.
Il est réconfortant à cet égard de lire et de méditer ce que le pape Benoît XVI déclarait au cours d’une audience générale, avec toute son autorité de pasteur suprême de l’Eglise : pour lui, l’expérience humaine et spirituelle des saints « montre que la sainteté n'est pas un luxe, n'est pas le privilège d'un petit nombre, (lire la suite)un objectif impossible à atteindre pour un homme normal ; elle est, en réalité, le destin commun de tous les hommes appelés à être des fils de Dieu, la vocation universelle de tous les baptisés. La sainteté est offerte à tous, même si tous les saints ne sont pas égaux : ils sont en effet, comme je l'ai dit, le spectre de la lumière divine ». C’est une expression de Jean Guitton, que le pape venait de citer un instant plus tôt, présentant les saints « comme les couleurs du spectre par rapport à la lumière ».
Et Benoît XVI d’ajouter, à notre adresse, qu’« un grand saint n'est pas nécessairement celui qui possède des charismes extraordinaires. Il y en a en effet un grand nombre dont le nom n'est connu que de Dieu, parce que sur la terre ils ont en apparence conduit une existence tout à fait normale. Et ce sont justement ces saints « normaux » qui sont les saints que Dieu veut. Leur exemple témoigne que c'est seulement en étant en contact avec le Seigneur que l'on se remplit de sa joie et que l'on est en mesure de répandre partout la sérénité, l'espérance et l'optimisme. Considérant justement la variété de leurs charismes, Bernanos, grand écrivain français qui fut toujours fasciné par l'idée des saints - il en cite un grand nombre dans ses romans -, note que « toute vie de saint est comme une nouvelle floraison du printemps ». Que cela advienne également pour nous ! Laissons-nous pour cela attirer par le charme naturel de la sainteté ! Que Marie, la Reine de tous les Saints, Mère et Refuge des pécheurs, nous obtienne cette grâce ! » (Audience générale, 20 août 2008).

samedi 25 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (3)

La guérison de l’aveugle de naissance (3)

« Les voisins, et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône, disaient : « N'est-ce pas là celui qui était assis et mendiait ? » Les uns répondaient : « C'est lui » ; d'autres : « Non, mais il lui ressemble. » Mais lui disait : « C'est moi. » Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux ont-ils été ouverts ? » Il répondit : « Un homme, celui qu'on appelle Jésus, a fait de la boue, il l'a étendue sur mes yeux, et m'a dit: Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J'y ai été, et, m'étant lavé, j'ai recouvré la vue. » « Où est cet homme ? » lui dirent-ils. Il répondit : « Je ne sais pas » (Jean 9, 8-12). Jésus s’est fondu dans la foule. Il s’écarte pour que ne pas se faire acclamer par ces gens. « Il est passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable. Dieu, en effet, était avec lui » (Actes 10, 38), expliquera saint Pierre au centurion Corneille et à sa famille. Jésus se fait discret. C’est une invitation à l’humilité. Nous sommes conviés à faire le bien autour de nous – c’est même une obligation fondamentale, le premier des commandements (cf. Matthieu 22, 34-40) – mais, si possible, de sorte que l’on ne puisse pas nous remercier. Autrement, (lire la suite) nous orientons ces remerciements vers Dieu, auteur de tout bien. Certes, nous ne disposons pas de pouvoirs thaumaturgiques, mais nous pouvons faire beaucoup de bien à autrui, non seulement dans les petites choses matérielles de la vie, qui ont leur importance tout en étant secondaires, mais aussi et avant tout dans le domaine moral, en aidant à vivre les vertus, en rendant la vertu aimable.
« Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle » (Jean 9, 13). L’événement les surprend, comme s’ils n’avaient pas déjà entendu parler de Jésus et n’étaient pas au fait qu’il réalise des prodiges indéniables. Ce qui les irrite davantage, c’est que « c'était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l'aveugle » (Jean 9, 14). Ils questionnent le miraculé. « Sur cela quelques-uns des Pharisiens disaient: "Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le sabbat." D'autres disaient: "Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges?" Et la division était entre eux » (Jean 9, 16). Ils sont décontenancés et divisés, et ne savent que penser. Aussi se retournent-ils vers l’aveugle, comme s’il pouvait résoudre leurs doutes et arbitrer entre eux : « Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? » Il répondit : « C'est un prophète » (Jean 9, 17).

(à suivre…)

vendredi 24 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (2)


La guérison de l’aveugle de naissance (2)

« Il faut, tandis qu'il est jour, que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler » (Jean 9, 4). Il faut travailler tant qu’il fait jour, tant que nous le pouvons. A l’image du Christ : « Mon Père ne s’arrête pas d’œuvrer et j’œuvre moi aussi » (Jean 5, 17), continuellement, sans interruption. Il faut travailler tant qu’il fait jour pour nous. en travaillant, nous rendons aussi gloire à Dieu. Comme en toute chose, si nous y mettons de la droiture d’intention : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Ne soyez occasion de scandale ni pour les Juifs, ni pour les Grecs, ni pour l’église de Dieu » (1 Corinthiens 10, 31-32). Vaste programme ! (lire la suite)
« Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jean 9, 5). « La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.(…) Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue » (Jean 1, 9.5). il existe de nos jours un nombre jamais égalé de gens qui sont plongés dans les ténèbres de l’ignorance et de l’erreur. C’est presque inévitable, compte tenu de l’accroissement démographique de la population.et pourtant Jésus, par sa Pâque, est venu apporter le salut à tous les hommes, sans faire acception de personnes. « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Luc 10, 2). Seigneur, prends pitié de notre monde, qui est si éloigné de toi. Que ta lumière, que la lumière que tu es toi-même ; éclaire le cœur des hommes, leur montre le chemin de la Vérité, leur fasse découvrir la vraie foi, les guide vers le Père. Fais fructifier ta Passion dans les âmes.
« Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l'étendit sur les yeux de l'aveugle, et lui dit : « Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit : Envoyé). » Il partit, se lava, et s'en retourna, voyant clair » (Jean 9, 6-7). L’aveugle apparemment n’a rien demandé. Il ne semble pas avoir entendu parler de Jésus, à la différence de Bar-Timée, cet autre aveugle qui était assis à mendier à une porte de Jéricho (cf. Luc 18, 35-43).
« Dieu veut également ouvrir notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en « enfant de lumière » (Benoît XVI, Message pour le carême 2011, n° 2).

(à suivre…)

jeudi 23 juin 2011

La guérison de l’aveugle de naissance (1)


La guérison de l’aveugle de naissance (1)

« Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance » (Jean 9, 1). Jésus se trouve à Jérusalem pour la fête des tabernacles, qui dure sept jours et au cours de laquelle les Juifs rendent grâce au Tout-Puissant pour les récoltes qu’ils ont obtenues (cf. Exode 16, 13-15). Jésus aimait venir dans la Cité sainte, même s’il n’était pas tenu en tant que Messie par les prescriptions de la Loi mosaïque relatives aux pèlerinages annuels. Cependant, il aurait scandalisé les Juifs, et même ses disciples, s’il ne s’était pas conduit en Juif observant de la Loi. D’ailleurs les Juifs se demandaient : « Qu’en pensez-vous ? Est-ce qu’il ne viendra pas pour la fête ? » (Jean 11, 56). Alors même que l’on « cherchait à le faire mourir », il s’y rend, « non pas ouvertement, mais comme en cachette, quasi in occulto » (Jean 7, 10), tandis que les Juifs le cherchaient et disaient : « Où est-il, celui-là ? » (Jean 7, 11). (lire la suite)
Il aime se rendre au Temple, car c’est « une maison de prière » (Luc 19, 46), la maison de son Père (cf. Jean 2, 16). Certes, le Seigneur se plaît en tout lieu, mais, en tant qu’homme, il montre qu’il ressent le besoin de revenir vers son Père, d’être « chez son Père », comme il l’explique à Marie et à Joseph (Luc 2, 49). Il nous montre par là l’importance de venir prier à l’église, devant le saint-sacrement. C’est lui qui est désormais présent dans ce temple consacré, qui en fait un lieu privilégié de prière, où il nous est bon de nous retrouver avec lui, avec le Père et le Saint-Esprit.
Le Seigneur rencontre donc un aveugle de naissance. « Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jean 9, 2). Les apôtres ont une conception erronée du mal physique : celui-ci n’est pas la conséquence du péché, ni personnel, ni de ses parents. En revanche, c’est l’infirmité morale qui découle du péché. « Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que les œuvres de
Dieu soient manifestées en lui » (Jean 9, 3).
Cet homme est aveugle pour que, dans le dessein de Dieu, sa propre gloire éclate aux yeux des hommes. Le Seigneur apparaît tout au long des Evangiles comme désireux de rendre gloire à son Père. Il dira pareillement de la maladie de Lazare qu’elle est « pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié » (Jean 11, 4). C’est une gloire qu’il veut nous faire partager : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu », demande-t-il à Marthe, la sœur de Lazare (Jean 11, 40). Et, dans sa prière sacerdotale, au cours de laquelle il épanche son cœur d’homme, il formule cette exigence : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je serai, ils soient aussi avec moi, afin qu’ils puissent voir ma gloire, cette gloire dont tu m’as fait don, parce que tu m’as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 24).

(à suivre…)

mercredi 22 juin 2011

La femme adultère (4)

La femme adultère (4)

Jésus n’a pas dit qu’il pardonnait à la femme adultère. Il fait appel à la conscience de ses accusateurs. Il leur demande s’ils auront le courage de la lapider, eux que leurs péchés ne rendent peut-être pas meilleurs. Et, pour leur laisser le temps de réfléchir, « s'étant baissé de nouveau, il écrivait sur la terre » (Jean 8, 8).
Il a prononcé une phrase, une seule. Mais, comme toujours, son intervention va droit au but, à l’essentiel. Elle élève le débat. Elle se place sur le plan surnaturel et non purement émotionnel ou affectif. C’est alors que quelque chose d’extraordinaire se produit. A peine a-t-il parlé que les vociférations cessent. (lire la suite) C’est le silence absolu. Personne ne bouge dans un premier temps. Puis « Ayant entendu cette parole, et se sentant repris par leur conscience, ils se retirèrent les uns après les autres, les plus âgés d'abord, puis tous les autres, de sorte que Jésus resta seul avec la femme qui était au milieu » (Jean 8, 9). Le doyen de l’assistance a été le premier à s’éloigner. Après un moment d’hésitation, un deuxième s’est retiré à son tour discrètement, suivi par un troisième. Finalement, c’est un mouvement compact qui a gagné la foule. Aucun n’avait la conscience tranquille !
« Alors Jésus s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, lui dit : « Femme, où sont ceux qui t’accusent ? Est-ce que personne ne t’a condamnée ? » (Jean 8, 10). Il le sait bien. Il a observé le manège, tout en étant penché vers le sol. Mais il veut établir un dialogue ,comme toujours ou presque, avant d’intervenir de façon salutaire. « Est-ce que personne ne t’a condamnée ? Elle répondit : « Personne, Seigneur » (Jean 8, 10-11). C’est le constat qu’elle dresse non sans un profond soulagement. Elle a échappé de peu à une mort atroce. Et elle sait qu’elle le doit à ce rabbi dont elle a entendu rapporter tant de prodiges. Cela ne l’a pourtant pas amenée jusque-là à changer de vie. Ce qui lui a été rapporté de la prédication de Jésus et de son invitation pressante à se convertir et à se repentir de ses péchés ne l’a pas touchée.
Il a fallu que Jésus vienne ce jour-là au Temple pour que sa vie connaisse un tournant spectaculaire.
« Jésus lui dit : « Je ne te condamne pas non plus. Allez, et ne pèche plus » (Jean 8, 11).

(fin)

mardi 21 juin 2011

La femme adultère (3)

La femme adultère (3)

Evidemment « c’était pour l'éprouver qu'ils l'interrogeaient ainsi, afin de pouvoir l'accuser (Jean 8, 6). C’est leur jeu préféré. « Alors les pharisiens s’éloignèrent et se concertèrent sur le moyen de le surprendre dans ses paroles » (Matthieu 22, 15), et, avec les scribes, « violemment irrités », ils commencèrent « à le faire parler sur quantité de sujets – un feu roulant de questions les plus variées et disparates, pour ne pas dire saugrenues, sans lui laisser le temps de répondre -, lui tendant des pièges pour surprendre quelqu’une de ses paroles » (Luc 11, 53-54), mais apparemment toujours en vain.
Ils sont ravis d’avoir déniché une femme surprise en plein délit d’adultère. Cela leur semble un cadeau du ciel. Et si jamais Jésus les confirmait dans leur résolution de lapider cette femme ? Qui sait ? Il est si souvent imprévisible… (lire la suite)
A en juger par leur attitude empressée et triomphante, ils ne s’attendent qu’à une seule réponse du Nazaréen : il faut pardonner à cette femme. Pardonner ! C’est un mot qu’ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas ce qu’il veut dire. Pour eux, c’est « œil pour œil, dent pour dent » (Matthieu 5, 38). Tout le reste n’est que faiblesse et, pire que cela, infraction à la Loi. « Pour toi, quel est ton avis ? » (Jean 8, 5), qu’en dis-tu ?
« Mais
Jésus, s'étant baissé, écrivait sur la terre avec le doigt » (Jean 8, 6). Jésus se tait. Il écrit par terre. Il ne nous est pas dit qu’il dessine, mais qu’il écrit. Quoi donc ? Des versets de l’Ecriture ? Nous n’en savons rien. Il reste silencieux, comme lorsque les faux témoins formuleront toutes sortes d’accusations contre lui chez le grand prêtre (cf. Matthieu26, 63), tout comme lorsque les grands prêtres et les Anciens le dénonceront auprès de Pilate (cf. Matthieu 27, 12). Jésus répond à l’hystérie furieuse par le calme absolu et une totale maîtrise de soi. Il laisse les autres s’époumoner sans broncher, tant qu’il estime qu’il n’est pas utile d’intervenir.
Mais « comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre » (Jean 8, 7). « Tu supprimeras le mal de chez toi », est-il constamment répété au long du livre du Deutéronome (par ex. 17, 7), ce qui peut être interprété comme une invitation à la purification intérieure personnelle. En une phrase lapidaire, Jésus a résolu magistralement le problème et renvoyé chacun à ses responsabilités.
Qui parmi ceux qui assistent à la scène et réclament, ouvertement ou secrètement, la lapidation de cette femme peut se targuer d’être sans péché ? Même le pharisien qui s’auto-encensait de ses prières, de ses jeûnes et de ses aumônes (cf. Luc 18, 11-12) devait s’avouer pécheur.

(à suivre…)

lundi 20 juin 2011

La femme adultère (2)


La femme adultère (2)

« Cherche bien », disent-ils donc à Nicodème, et tu verras qu'il ne sort point de prophète de la Galilée » (Jean 7, 52). Argument spécieux. Ne peut-il être le premier prophète issu de Galilée ? Qu’y aurait-il d’infamant à cela ? Et puis, s’ils appliquaient leur recommandation à eux-mêmes, ils constateraient que Jésus est né, non en Galilée, mais à Bethléem, en Judée (cf. Luc 2, 4). Et s’ils se donnaient la peine de pousser leur recherche un peu plus avant, ils aboutiraient à la même conclusion que les grands prêtres et les scribes réunis par le roi Hérode au moment de la venue des Rois Mages : c’est à Bethléem de Judée que doit naître le Messie, « car c’est ce qui a été écrit par le prophète ; « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement la moindre parmi les villes principales de Juda. C’est de toi, en effet, que sortira le chef qui mènera paître Israël, mon peuple » (Matthieu 2, 4-6), le prophète cité étant Michée (5, 1). (lire la suite)
Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et là, Jésus est servi !
« Jésus s'en alla sur la montagne des Oliviers » (Jean 8, 1). Il est coutumier du lieu, où il aime se retirer avec ses apôtres le soir venu. Le jardin appartenait, semble-t-il, à la famille de Marc, et Jésus pouvait s’y tenir en toute tranquillité avec les siens, à l’écart de l’agitation de la foule.
Mais après avoir pris un sommeil réparateur, « dès le point du jour, il retourna dans le temple » (Jean 8, 2). C’est comme un besoin physique pour lui. Il est tout naturellement attiré par la maison de son Père. De plus, les grands espaces se prêtent bien à sa prédication, en ces jours de fête où une grande foule se presse sur les parvis. « Et tout le peuple venait à lui de grand matin, dans le Temple, pour l’entendre » (Luc 21, 38). Alors, « Jésus s’assit et se mit à leur donner l’enseignement » (Jean 8, 2) qu’ils attendaient.
Les scribes et les pharisiens, qui ont raté leur coup la veille, n’osent pas le faire arrêter, de peur de la foule qui le tenait pour un prophète (Matthieu 21, 46). Ils se contentent de lui tendre un piège. Ils « lui amenèrent une femme surprise en adultère, et l'ayant fait avancer, ils dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. » Or Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles personnes. Vous, donc, que dites-vous » (Jean 8, 3-5).
Ils sont particulièrement fiers de leur trouvaille. Ils jubilent intérieurement de la réponse du rabbi qu’ils imaginent embarrassée. Les prescriptions de la Loi étaient claires, en effet : »Si un homme commet l’adultère avec une femme mariée, parce qu’il commet l’adultère avec la femme de son prochain, ils seront mis à mort, l’homme et la femme adultères » (Lévitique 20, 10).

(à suivre…)

dimanche 19 juin 2011

La femme adultère (1)

La femme adultère (1)

« Et ils s'en retournèrent chacun dans sa maison » (Jean 7, 53). C’est la conclusion logique de la discussion qui vient d’avoir lieu au sujet de Jésus. Il est monté à Jérusalem pour la fête des Tabernacles. Depuis un certain temps déjà, les chefs des Juifs cherchaient à le faire mourir, notamment après qu’il a guéri le paralytique de la piscine de Béthesda, « puisque non seulement il n’observait pas le repos sabbatique, mais qu’aussi il appelait Dieu son propre père, se faisant ainsi l’égal de Dieu » (Jean 5, 18). Il n’hésitait pas, en effet, à affirmer : »Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10, 30). Et, pour le prouver, il avançait l’argument de ses actes : « Croyez en ces œuvres, et vous saurez de science sûre que le Père est en moi et que je suis dans le Père » (Jean 10, 38). Mais c’est peine perdue. Il se heurte à un mur. (lire la suite)
Les grands prêtres et les pharisiens ont bien dépêché des gardes pour l’appréhender en flagrant délit dans le Temple. Mais ceux-ci reviennent bredouille. « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » leur est-il demandé d’un ton courroucé et dépité. Et eux de répondre, avec une simplicité désarmante : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme » (Jean 7, 45-46), ce qui n’est guère flatteur pour les docteurs de la Loi…
Nicodème a bien essayé de prendre la défense de Jésus en demandant à ses collègues : « Est-ce que notre loi condamne quelqu’un sans qu’il ait été auparavant entendu et sans qu’on sache ce qu’il a fait ? » (Jean 7, 51). Il a ses références : « Vous ne ferez pas de préférence dans vos jugements » (Deutéronome 1, 17). Mais ses congénères en ont d’autres, manifestement. Ils évacuent sa question et répondent par sa mise en cause, par une attaque ad hominem, qui est le signe de leur propre faiblesse : « Est-ce que, toi aussi, tu serais de Galilée ? Examine avec soin les Écritures » (Jean 7, 52).
Il faut effectivement examiner la question, chercher ce que disent les textes sacrés. Mais cette recherche doit être menée à bien en toute objectivité et avec droiture d’intention. Ce qui n’est pas leur cas. « Vous scrutez les Ecritures, parce que vous pensez avoir par elles la vie éternelle : ce son elles précisément qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » (Jean 5, 39-40). « Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tombent tous deux dans un trou » (Matthieu15, 14)…

(à suivre…)

samedi 18 juin 2011

Une Parole de Vie (3)


Une Parole de Vie (3)

« Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5). Il nous faut accueillir le Seigneur, avoir foi en lui, pour posséder la vie. La vie, c’est la sainteté. « La Parole de Dieu révèle que toute l’existence de l’homme se situe dans le champ de l’appel divin » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n° 24), qui est un appel à la sainteté, à la vie. N’est-ce pas formidable ? Car cet appel ne concerne pas seulement un aspect de notre vie, ni ne se borne à un moment de notre existence. Il résonne en permanence et porte sur la totalité de notre être. Nous ne voulons pas vivre en pantins désarticulés, tiraillés par des forces contraires, mais aller résolument au pas de Dieu avec toutes nos facultés et puissances. (lire la suite)
Nous étions égarés et perdus par le péché originel, qui nous marquait à notre conception. Mais voilà, Dieu s’était engagé en notre faveur : « Je chercherai celle (la brebis) qui était égarée ; je panserai celle qui est blessée, et je rendrai force à celle qui est infirme » (Ezéchiel 34, 16). Et « le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu » (Matthieu 18, 11).
Dieu seul est saint (cf. 1 Jean 4, 16). En même temps, il s’est révélé comme « Je suis Celui qui est Je suis » (Exode 3, 14). « Il est », vitalement, ontologiquement. Il est l’Être par antonomase. « Le Vivant » (Apocalypse 1, 18). Il est la Vie. « Personne ne va au Père que par moi » (Jean 14, 6). Et cette Parole qu’il prononce est aussi un chemin donnant accès au Père, puisqu’il est conjointement « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6).
O admirabile commercium ! « ô admirable échange » (antienne pour Noël). Comment peut-on refuser délibérément un tel don de Dieu, qui a sa source dans la mort sur la Croix ? Un tel rejet est pourtant possible. Rejet par indifférence, ou par pesanteur du poids des biens sensibles dont on se charge inconsidérément. Rejet par haine aussi : « Détruisons l’arbre de sa sève ! Retranchons-le de la terre des vivants, et qu’on ne se souvienne plus de son nom ! » (Jérémie 11, 19). Vains projets que Dieu mettra en pièces comme le vase du potier (cf. Psaume 2, 9). Ils disent : « Venez, frappons-le à la langue, et ne prêtons pas l’oreille à tous ses discours » (Jérémie 18, 18). L’opiniâtreté, la rébellion contre Dieu : « Nous ne voulons pas qu’il règne sur nous » (Luc 19, 14). Tant d’hommes qui ne veulent pas écouter la Parole de Dieu : « Quant à la parole que tu as dite au nom de Yahvé, nous ne t’écouterons pas » (Jérémie 44, 16). Voilà qui a le mérite de la clarté !
Mais quelle prétention absurde de vouloir faire obstacle à la Volonté de Dieu ! « Le bras de Dieu ne s’est pas raccourci » (Isaïe 59,1). Il les régira « avec une houlette de fer » (Psaume 2, 9).
Quand ils seront appelés à quitter ce monde, ils entendront une nouvelle fois, la dernière, cette Parole de vie, qui leur offrira une occasion ultime de l’accueillir, de choisir le Bien. Enfin. Définitivement. Prions pour qu’il en aille ainsi pour le plus grand nombre. Mais il y aura toujours des irréductibles. Parce que le diable existe bel et bien.

(fin)

vendredi 17 juin 2011

Une Parole de Vie (2)

Une Parole de Vie (2)

Certes, la foi est un don que Dieu réserve à ceux dont il veut les en gratifier. Mais, d’une part, ce don est préparé par de bonnes dispositions intérieures, par le désir sincère de rechercher la vérité, ce qui est une obligation essentielle pour tout homme (cf. concile Vatican II, déclaration sur la liberté religieuse), et, d’autre part, il implique une acceptation joyeuse, empressée, accompagnée du désir efficace d’en vivre. Ce qui n’est pas le cas de tous. La Parole de Dieu tombe parfois le long du chemin, sur la pierre ou au milieu des ronces et dans la broussaille (cf. Luc 8, 5-8), c’est-à-dire chez des velléitaires, des affidés du démon ou des gens englués dans les soucis du monde et les plaisirs sensuels.
Le Christ insiste sur le fait qu’il est « venu, non pour condamner le monde, mais pour le sauver » (Jean 12, 47), autrement dit pour qu’il vive par lui. Il déclarera encore : « Je ne veux pas la mort du pécheur » (Ezéchiel 18, 23). (lire la suite)
A nous de nous ouvrir à cette Parole vivifiante. Si nous l’écoutons, comme elle le mérite, puisque c’est la Parole de Dieu qui nous apporte les plus grands biens, elle nous permet de répondre à tous les problèmes qui se posent à nous, au cours de notre existence terrestre, de les affronter sous un jour réaliste et positif, d’en comprendre les motivations vraiment profondes et leurs implications vitales pour notre contemplation à venir de Dieu au ciel. « Pour cela, nous devons déployer tous nos efforts pour que la Parole de Dieu apparaisse à chacun comme une ouverture à ses problèmes, une réponse à ses questions, un élargissement des valeurs et en même temps comme une satisfaction apportée à ses aspirations. La pastorale de l’Église doit être attentive à illustrer avec soin comment Dieu écoute les besoins de l’homme et son cri. Saint Bonaventure affirme dans le Breviloquium: «Le fruit de l’Écriture Sainte n’est pas quelconque, c’est la plénitude de l’éternelle félicité. Car elle est l’Écriture Sainte dans laquelle sont les paroles de la vie éternelle ; elle est donc écrite, non seulement pour que nous croyions, mais aussi pour que nous possédions la vie éternelle dans laquelle nous verrons, nous aimerons et où nos désirs seront universellement comblés » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n°23).
Les difficultés et les souffrances accompagnent inexorablement notre pèlerinage terrestre. Mais ce ne sont pas des calamités. Le Seigneur nous parle par sa Croix, du haut de sa Croix. Il nous fait prendre conscience de la valeur salvatrice des petites croix de notre vie quotidienne. Et sa Parole de vie retentit à nos oreilles avec un doux vibrato, elles ont une résonance merveilleuse dans notre âme : « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous
soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Matthieu 12, 28-30). La Parole du Seigneur nous aide à affronter ces problèmes et les durs labeurs, la fatigue et « le poids du jour et de la chaleur » (Matthieu 20, 12) qui, autrement, deviendraient insupportables.

(à suivre…)

jeudi 16 juin 2011

Une Parole de Vie (1)

Une Parole de Vie (1)

Dans notre dialogue avec Dieu « nous nous comprenons nous-mêmes et nous trouvons la réponse aux interrogations les plus profondes qui habitent notre cœur. Car la Parole de Dieu ne s’oppose pas à l’homme, ne mortifie pas ses désirs authentiques, bien au contraire, elle les illumine, les purifie et les mène à leur accomplissement. Comme il est important pour notre temps de découvrir que seul Dieu répond à la soif qui est dans le cœur de tout homme! À notre époque et surtout en Occident, s’est malheureusement diffusée l’idée que Dieu est étranger à la vie et aux problèmes de l’homme et, plus encore, que sa présence peut être une menace pour son autonomie. En réalité, toute l’économie du Salut nous montre que Dieu parle et intervient dans l’histoire en faveur de l’homme et de son salut intégral. Il est donc important, d’un point de vue pastoral, de présenter la Parole de Dieu dans sa capacité de répondre aux problèmes que l’homme doit affronter dans la vie quotidienne. Jésus se présente justement à nous comme celui qui est venu pour que nous puissions avoir la vie en abondance (cf. Jn 10, 10) » (lire la suite)(Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n° 23). Dans la parabole du bon pasteur, Jésus oppose le voleur, venu uniquement « pour voler, égorger et faire périr »,à la finalité qu’il poursuit lui-même : « Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante » (Jean 10, 10). Par toute sa prédication et ses œuvres il essaye d’attirer les âmes à son Père. De leur communiquer la vraie vie, celle qui jaillit du Cœur de Dieu.
Il lui arrive de laisser s’échapper une plainte, comme après la guérison du paralytique de la piscine aux cinq portiques, prodige qui n’emporte pas l’adhésion de ceux qui en sont témoins, mais suscite au contraire une vive polémique : « Vous ne voulez pas venir avec moi pour avoir la vie » (Jean 5, 40). La vie – il est évidemment question ici de la vie spirituelle, de la vie de l’âme, celle qui est la plus essentielle – n’est donnée que par Dieu. Librement par Dieu, et librement acceptée ou rejetée par l’homme.
Celui qui refuse le Christ se ferme du même coup à la Vie. Et du même coup aussi à l’Amour de Dieu. Parce qu’en Dieu tout est Un, et la Vie s’identifie à l’Amour, tout comme à tous les autres attributs divins.
Celui-là n’a rien compris à cet Amour de Dieu. Or, « Dieu a aimé le monde au point de donner son Fils unique, pour que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais aient la vie éternelle » (Jean 3, 16). La foi s’avère donc essentielle.

(à suivre…)

mercredi 15 juin 2011

Arrêts sur christianisme (68)

Arrêts sur christianisme (68)

Le principe du service est l'un des plus beaux cadeaux du christianisme au monde. Il manifeste l'amour désintéressé du chrétien, à l'image du Christ venu pour servir et non pour être servi, et s'applique à tous les aspects de la vie.
C'est en substance ce qu'a affirmé le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap, prédicateur de la Maison pontificale, dans sa quatrième prédication de Carême, intitulée « L'amour actif », prononcée ce vendredi matin, en présence du pape Benoît XVI et de la curie romaine, dans la chapelle Redemptoris Mater, au Vatican.
Le P. Cantalamessa a souligné que le principe du service est « un des plus beaux cadeaux » que le christianisme ait fait au monde. C'est à travers ce principe que « l'évangile influence le plus et de manière la plus bénéfique le social ».
Il a rappelé que « Jésus a fait du service un des piliers de son enseignement ». Il affirmait en effet qu'il était venu « pour servir et non pour être servi ».
« Le service est un principe universel, a poursuivi le prédicateur capucin. Il s'applique à tous les aspects de la vie : l'Etat devrait être au service des citoyens, le responsable politique au service de l'Etat, le médecin au service des malades, l'enseignant au service des élèves... Mais il s'applique de manière toute spéciale aux serviteurs de l'Eglise ».
« Le service n'est pas, en soi, une vertu (...) mais naît de diverses vertus, surtout de l'humilité et de la charité. C'est une manière dont se manifeste cet amour qui « ne recherche pas ses propres intérêts, mais plutôt ceux des autres » (cf. Philippiens 2, 4), qui donne sans rien attendre en retour », a-t-il expliqué.
« Jésus affirme que dans son Eglise, c'est surtout celui « qui gouverne » qui doit être « comme celui qui sert » (Luc 22, 26), le premier doit être « le serviteur de tous » (Marc 10, 44).
Le prédicateur de la Maison pontificale a conclu en invitant à méditer les paroles du Christ à ses disciples, après le lavement des pieds : « Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j'ai fait pour vous » (Jean 13, 12-15).
OME, Vendredi 15 avril 2011 (ZENIT.org)

mardi 14 juin 2011

Zachée (7)


Zachée (7)

Le « salut est arrivé pour cette maison (…), parce que lui aussi est fils d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19, 9-10). Dieu avait annoncé : « Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée, et je fortifierai celle qui est malade » (Ezéchiel 34, 16). C’est ce qu’il a fait en s’invitant chez le publicain Zachée. Il précise que « Dieu n'a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3, 17).
Le ciel est en fête : « Je vous le dis, il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15, 10). (lire la suite)
Maintenant que le cœur de Zachée est pacifié et que Jésus a comme avalisé sa conversion, le banquet peut commencer. Il n’est pas difficile d’imaginer que la scène a vivement frappé les esprits et que, parmi les invités de Zachée, des collègues sans doute pour une bonne part, en tout cas des publicains et des pécheurs, plus d’un se sent touché et stimulé à suivre l’exemple de leur chef. De la sorte, la rencontre avec le rabbi de Nazareth n’aura rien d’éphémère, mais marquera durablement leur vie, une vie qui a pris un sens nouveau : ils ne sont plus des marginaux, c’est-à-dire des hommes à l’écart du peuple élu, mais ils y ont été réintégrés de plein droit par le Christ.
Marie se trouvait-elle présente avec les saintes femmes ? Si oui, elle a dû proposer spontanément ses services à Zachée, qui doit être quand même pris de court et accepte bien volontiers cette offre. Elle lui permet de ne pas trop tarder à servir à table.
Zachée n’en est que plus touché de cette attention féminine, qui le renforce dans sa résolution d’écouter et de suivre Jésus qui vient d’entrer inopinément dans sa vie, et qui, la bouleversant de fond en comble, lui apporte une paix et une joie que la possession des espèces monétaires ne lui avait jamais procurée… Présence bénie de Marie qui, de l’arrière-plan, est toujours active et contribue à rendre plus aisée la tâche de son Fils.

(fin)

lundi 13 juin 2011

Zachée (6)


Zachée (6)

Au fond Zachée n’est pas un mauvais bougre. Il connaît ses lettres. Il se rappelle sans doute le passage du livre de l’Exode : « Si un homme dérobe un bœuf ou un agneau et qu'il l'égorge ou le vende, il restituera cinq bœufs pour le bœuf, et quatre agneaux pour l'agneau » (21, 37). Il fait une déclaration solennelle en présence de notre Seigneur, qui l’engage fortement. Il sait bien que par devers lui la formule « Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens » (Luc 19, 8), est une litote, et qu’il devra effectivement compenser largement nombre de ses administrés qu’il a pressurés indûment. Mais il est décidé à le faire. Et c’est ce qui compte. (lire la suite)
Nul n’est impeccable. Mais de chacun le Seigneur attend qu’il se repente et se convertisse. Et une conversion sincère et réelle comporte nécessairement la ferme résolution de réparer les torts causés, au du moins d’en prendre les moyens.
Jésus a écouté avec une grande satisfaction cette promesse de Zachée, et en rend grâce à son Père. Puis il dit au publicain repenti : « Le salut est arrivé aujourd'hui pour cette maison, parce que lui aussi est fils d'Abraham » (Luc 19, 9). Et, à ce titre, il peut faire l’objet des bénédictions de Dieu : « Vous êtes, vous, les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a conclue avec vos pères, lorsqu'il a dit à Abraham : Et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre. C'est à vous premièrement que Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités » (Actes 3, 25-26). C’est bien ce dit le Seigneur quand il affirme qu’il a été envoyé auprès des brebis perdues d’Israël » (Matthieu 15, 24). Et Zachée était du nombre. Plus que d’autres peut-être, quoique l’endurcissement du cœur des pharisiens montre que ceux-ci sont encore plus nécessiteux du pardon de Dieu. Mais c’est une « engeance de vipères » (Matthieu 23, 32) qui ne veut pas se convertir.
« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit » (Jean 3, 8). Le fait de descendre d’Abraham n’est pas un titre qui exempterait de lutter pour mener une vie droite. Ce n’est pas davantage un certificat de garantie d’une vie authentiquement conforme à la Loi et réglée suivant les commandements de Dieu. Le Seigneur réclame des œuvres de sincérité, donc une lutte pour vivre in novitate sensu, « en renouvelant votre esprit » (Romains 12, 2).

(à suivre…)

dimanche 12 juin 2011

Zachée (5)

Zachée (5)

Zachée n’est pas un paria aux yeux de ce Jésus de Nazareth, dont la rumeur publique dit tant de bien. C’est pour cela qu’il souhaitait voir quel genre d’homme il était. Et voilà que Jésus demande à venir chez lui ! C’est totalement fou.
Zachée n’en demandait pas tant. Mais comment résister à une telle demande ? « Le rabbi de Nazareth chez moi ! » c’est vraiment le monde à l’envers, se dit-il. « Il se hâta de descendre et le reçut avec joie » (Luc 19, 6). Il accompagne Jésus en jubilant, sans plus se soucier de s’afficher ouvertement avec Jésus ni de ce que les gens peuvent dire. Il n’a d’ailleurs pas le temps de faire ce genre de considérations. Il a vite dépêché quelqu’un pour prévenir de l’arrivée du Maître et que l’on commence les préparatifs de la fête. (lire la suite)
Quant aux apôtres, ils ont appris depuis longtemps à ne pas se scandaliser des fréquentations du Christ, qui n’ont rien de conformistes et bouleversent souvent les conventions établies. Ils savent désormais que, pour Jésus, tous les hommes sont égaux et qu’il ne fait pas acception de personnes (cf. Luc 20, 21) ; Dieu ne juge pas selon les apparences (cf. Jean 7, 24).
Que Zachée ne se pose pas de question ne veut pas dire que les commentaires sur le passage du cortège ne vont pas bon train. Et, immanquablement, « Ce que voyant, ils murmuraient tous, disant : « Il est entré pour loger chez un pécheur » (Luc 19, 7). Et Jésus n’en est pas à son premier coup. Les pharisiens et les scribes avaient déjà eu l’occasion de se scandaliser, en disant : « Celui-là, il fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » (Luc 15, 2). Sans trop s’aventurer à le reprocher directement à Jésus – ils craignaient ses réponses sans appel – ils disaient « à ses disciples : Comment pouvez-vous manger et boire avec les publicains et les pécheurs » (Luc 5, 30).
Jésus ne va pas tarder aujourd’hui à leur en préciser la raison.
La grâce du Saint-Esprit n’a pas besoin de beaucoup de temps pour se frayer un chemin jusqu’au cœur de l’homme, quand celui-ci est bien disposé. Les quelques minutes du parcours entre le sycomore et son domicile ont suffi pour que Zachée, « s'étant arrêté, dit au Seigneur : « Voici, Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens ; et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je rends le quadruple » (Luc 19, 8).

(à suivre…)

samedi 11 juin 2011

Zachée (4)

Zachée (4)

Mais cet arrêt n’est ni fortuit ni forcé. Jésus a vu Zachée de loin, et il le connaît à fond. Il veut transformer sa curiosité en quelque chose de plus profond. Il lui réserve une surprise de taille : « Zachée », lui dit-il. Zachée est doublement interloqué. D’abord, que Jésus s’adresse à lui. Ensuite, qu’il le désigne par son prénom, comme s’ils étaient de vieilles connaissances. De fait, Zachée est une connaissance de toujours pour Jésus. Mais le publicain ne peut imaginer ni d’où ni comment.
« Qu'un autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez » (Jean 5, 43). Jésus a une vision nettement plus positive de la nature humaine que nous. Il la connaît bien, car c’est lui qui l’a créée. Et il l’a créée bonne (lire la suite) (cf. Genèse 1, 31). Il la connaît de l’intérieur, parce qu’il l’a créée « à son image et à sa ressemblance » (Genèse 1, 27). C’est pourquoi, contrairement à nous, qui jugeons facilement les autres irrécupérables, lui, il est d’avis que tout homme peut se convertir et racheter sa vie. C’est la raison même de son Incarnation. Autrement celle-ci serait dépourvue de sens.
Aux yeux des pharisiens, Zachée est condamné irrémédiablement. Pour Jésus, il peut devenir un saint. Là est toute la différence. Et il veut lui donner l’occasion de s’engager sur la voie du repentir et de la rectification. Deux logiques s’affrontent, deux regards sur l’homme. C’est Jésus, bien sûr, qui nous montre combien l’amour devrait guider notre démarche quotidienne et notre appréciation des autres. Il semble parfois que nous nous réjouissons du mal d’autrui au lieu de nous poser la question de savoir si nous ne pourrions pas faire quelque chose pour lui venir en aide et contribuer à un changement profond de sa vie.
« Quand il arriva à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, hâte-toi de descendre, car aujourd'hui il faut que je demeure dans ta maison » (Luc 19, 5). « Il faut. » Jésus présente sa venue chez Zachée comme un impératif. Ile ne lui laisse pratiquement pas le choix, tout en ne le forçant pas. Mais il lui fait comprendre qu’il existe au moins un rabbi qui ne le méprise pas, qui ne l’exclut pas de sa société et qui n’a pas peur de se mêler aux pécheurs dont il fait partie. Une lumière de bonheur s’allume en lui. Il découvre comme une nouvelle raison de vivre. Il n’est pas l’homme que l’on évite et à qui l’on ne s’adresse qu’en tremblant, mais quelqu’un qui est pris en considération tout simplement dans son humanité, quelqu’un qui semble accepté et reconnu dans sa dignité, indépendamment de sa fonction sociale.

(à suivre…)

vendredi 10 juin 2011

Zachée (3)

Zachée (3)

Nous avons là un exemple excellent pour nous. L’envie de voir Dieu, de fréquenter Dieu dans le Pain et dans la Parole, dans nos pratiques de piété, dussent les autres se rendre compte que nous allons à la messe chaque jour, que nous récitons le chapelet ou que nous faisons un temps d’oraison pour voir le Seigneur, en nous écartant un peu de la foule, qui reste cependant présente à nos yeux, et qui alimente notre prière. Parce qu’elle est souvent comme le paralytique de la piscine de la porte des Brebis : Hominem non habeo, « je n’ai personne pour me plonger dans la piscine » (Jean 5, 7). (lire la suite)
Zachée n’a pas grimpé dans le premier arbre venu. Il sait que Jésus « devait passer par là » (Luc 19, 4). Nous pouvons penser que c’était le chemin qui conduisait à la synagogue. Jésus devait avoir un objectif précis en arrivant à Jéricho. Mais il est prêt à changer de plan si les circonstances le requièrent. Ce qui va être effectivement le cas.
Au départ, c’est probablement la simple curiosité qui a motivé le comportement audacieux du publicain. Il n’a pas de projet bien arrêté en tête. Il n’attend rien de particulier, si ce n’est juste voir le Seigneur. Il n’ambitionne rien d’autre.
Jésus va se servir de ce minimum de bonne disposition, qu’il compte réorienter. Il se contente de peu ! « J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas, je me suis manifesté à ceux qui ne me demandaient pas » (Romains 11, 20). « Quand il arriva à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, hâte-toi de descendre, car aujourd'hui il faut que je demeure dans ta maison » (Luc 9, 5).
Jésus s’invite. Nous voyons une fois de plus son vif souci de venir en aide à ceux qui ont le plus besoin de lui. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de
médecin, mais les malades. Allez donc apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde et non le sacrifice. Car je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Matthieu 9, 12-13). Et, incontestablement, aux yeux de tous Zachée est un pécheur de première catégorie. Il est condamné par avance. Il est infréquentable par un Juif observant. Mais Jésus connaît le cœur de l’homme. Non seulement il ne condamne pas, mais il veut sauver. Pour cela, il lui faut gagner la confiance, l’amitié des hommes.
C’est ce qu’il cherche à faire avec Zachée. Il fait mine de s’arrêter par hasard au pied du sycomore où Zachée a élu domicile. Certes, la densité de la foule l’oblige à progresser lentement et tout le monde sollicite de lui qui une faveur, qui une guérison, qui une prière.

(à suivre…)

jeudi 9 juin 2011

Zachée (2)

Zachée (2)

« Zachée, qui était un publicain-chef et qui était riche » (Luc 19, 2). Luc apporte cette précision, qui n’est pas faite pour surprendre. Le publicain, comme les fermiers généraux de l’Ancien Régime, se servaient copieusement au passage. Plus ses employés collectaient d’impôt, plus il s’enrichissait. L’annotation n’est toutefois pas anodine, car le même saint Luc vient tout juste de rapporter l’épisode du jeune homme riche, qui est tellement attaché à sa fortune que, malgré son désir d’avoir « la vie éternelle en partage », fut incapable de suivre le conseil du Seigneur : « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribues-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, et suis-moi » (Luc 18, 18.22). Le voyant partir tout triste, mais s’éloigner quand même, Jésus avait tiré cette conclusion : « combien difficilement ceux qui ont des richesses entreront dans le royaume de Dieu ! » (Luc 18, 24). (lire la suite)
Or donc, Zachée était riche. Et il « cherchait à voir lequel était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille » (Luc 19, 3). C’est un détail piquant que l’évangéliste relève et qui a son importance. Ce qui compte pour l’instant, c’est de constater que la foule a envahi les rues de Jéricho à l’annonce de l’arrivée de celui que Bar-Timée a interpelé avec force et insistance en tant que « Fils de David » (Luc 18, 38). Jésus est précédé par la nouvelle de la guérison de l’aveugle, que l’on s’est transmise de bouche à oreille d’une maison à l’autre et de ruelle en ruelle.
Ce n’est donc pas seulement Zachée qui désire voir Jésus, mais la population tout entière de la ville. D’où l’embarras dans lequel se trouve notre publicain. « Il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était petit de taille » (Luc 19, 3).
« Courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir » (Luc 19, 4). Zachée est une des personnalités les plus en vue de la ville, une ville de taille moyenne somme toute. Tout le monde le connaît. Imaginons un inspecteur général des impôts juché sur un platane pour voir Benoît XVI passer dans les rues de Lourdes ! Mais Zachée fait fi du respect humain. Il a envie de voir Jésus. Sans doute est-ce pure curiosité de sa part. Il est intrigué par ce que l’on rapporte de ce rabbi et il veut voir à quoi il ressemble. Cette envie est plus forte que le qu’en dira-t-on.

(à suivre…)

mercredi 8 juin 2011

Zachée (1)

Zachée (1)

Jésus, « prenant les Douze auprès de lui, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem et que va s’accomplir pour le Fils de l’homme tout ce qui a été écrit par les Prophètes » (Luc 18, 31). C’est la troisième fois qu’il leur annonce sa Passion en des termes non voilés, mais explicites : « Il sera livré aux païens – sous-entendu les romains -, il sera bafoué et il sera outragé, et on lui crachera dessus, et, après l’avoir flagellé, on le mettra à mort, et le troisième jour il se lèvera d’entre les morts » (Luc 18, 32-33). C’est effectivement ce que l’Ecriture annonçait à propos du Messie, le Serviteur souffrant de Yahvé. Mais « eux ne saisirent rien de tout cela » (Luc 18, 34). Ils ne comprirent pas plus ce qu’il leur disait ce jour-là que les deux fois précédentes. (lire la suite)
Avant de s’engager dans le désert de Juda, Jésus « entré dans Jéricho, traversait la ville » (Luc 19, 1). Jéricho est une ville historique au bord de la mer Morte, la ville des patriarches qui remonte à 4 ou 5 000 ans avant notre ère. C’est une oasis de verdure et de paix dans un environnement plutôt aride et hostile. Avant de pénétrer dans la ville, Jésus a guéri l’aveugle Bar-Timée qui lui a demandé avec une grande foi : Domine, ut videam ! « Seigneur, que je voie ! » (Luc 18, 41). Une prière magnifique, qui a été aussitôt suivie d’effet. Une prière exemplaire pour nous, qui sommes si souvent aveuglés par nos défauts, par notre mesquinerie, par l’attrait des choses sensibles, si ce n’est directement par la sensualité, aveuglés surtout par l’orgueil qui nous trompe sur la réalité de notre vie, sur ce que nous sommes et valons vraiment.
Nous le voyons dans le cas du pharisien qui se gargarise du bien qu’il fait et s’auto-canonise, alors qu’il jette un regard méprisant sur le publicain qui se tient en même temps que lui dans le Temple et qui, selon lui, fait injure à la sainteté du lieu par sa condition de pécheur public, d’homme qui, de par sa profession, se trouve d’avance exclu du salut. Telle est l’opinion des Juifs pratiquants. Le publicain est assimilable à un criminel.
« Etant entré dans Jéricho, il traversait (la ville). Et voici qu'un homme appelé du nom de Zachée, qui était un publicain-chef et qui était riche » (Luc 19, 1-2). Voilà qu’entre en scène précisément un publicain, et non des moindres, puisqu’il est qualifié de publicain-chef, ce qui n’était pas le cas de Lévi, le futur saint Matthieu, publicain sans plus (cf. Luc 5, 27), c’est-à-dire lui-même soumis à un publicain-chef.

(à suivre…)

mardi 7 juin 2011

Francfort : fondation de la ville

Francfort : fondation de la ville

La fortune des armes ne souriait pas toujours à Charlemagne, lorsqu’il faisait la guerre aux Saxons. Ce peuple, ami de la liberté, lui résistait vaillamment et il arriva plus d’une fois que le prince repousse par leur nombre se trouva en grande perplexité, notamment le jour qu’il se retira devant eux sur les rives du Mein. Un brouillard épais couvrait les bois et la rivière ; pas une embarcation ne se montrait, il était impossible de découvrir un endroit qui eût permis à Charlemagne et à son armée de passer le courant, lorsque tout à coup débusquée par le bruit des guerriers, sortit de l’épaisseur du bois qui ombrageait la rive, une biche portant son daguet ; et comme si elle voulu indiquer à l’empereur une voie sûre pour la retraite, elle travers a la rivière avec son petit. Charlemagne s’empressa (lire la suite) de profiter de cette découverte, suivit la biche avec son armée et échappa heureusement aux ennemis qui, enveloppés dans le brouillard, ne virent point le gué.
Parvenu sur la rive opposée, Charlemagne plein d’une joie reconnaissante de cet heureux passage, enfonça sa lance dans lesable et dit : « C’est ici que s’élèvera une ville qui, en souvenir de cet événement, portera le nom de Franken Furth – le gué des Francs ». Et lorsque plus tard les Saxons furent totalement soumis, il fonda Francfort.

Légendes et traditions du Rhin de Bâle à Rotterdam par F. J. Kiefer, Mayence, chez David Kapp, 2e. éd. revue et augmentée, 1868, p.

lundi 6 juin 2011

Le Christ et la liberté (2)

Le Christ et la liberté (2)

Or, « nous sommes vraiment appelés par grâce à nous conformer au Christ, le Fils du Père, et à être transformées en lui » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n°22). Ne peut le comprendre que celui qui prend suffisamment de recul pour être libre vis-à-vis de lui-même, c’est-à-dire pour ne pas se laisser assujettir aux chaînes du péché, de l’inclination au mal qui se trouve en lui.
La liberté est un vrai don de Dieu, soulignait saint Josémaria (cf. Amis de Dieu, nos 23-38). Un don est offert pour le bien du bénéficiaire. En nous accordant le don de la liberté, Dieu nous fait participer à sa propre vie, qui ne connaît aucune contrainte, et en même temps (lire la suite) il nous permet de réaliser de bonnes œuvres dont il tiendra compte à l’heure de notre jugement et qui, par suite, sont comme un passeport pour l’éternité bienheureuse. « La foi, si elle n’a pas les œuvres, elle est morte radicalement » (Jacques 2, 17). Et nous n’avons pas été créés pour la mort, mais pour la vie. « Père saint, garde-les dans ton nom que tu m’as donné, afin qu’ils soient un comme nous » (Jean 17, 11).
« Si tu veux être parfait » (Matthieu 19, 21). Le Seigneur répond à l’aspiration que celui que nous connaissons sous le nom de « jeune homme riche » lui a manifesté avec enthousiasme. Le Seigneur s’adresse à lui avec une grande délicatesse, sans lui dicter impérativement sa conduite. Il ne lui dit pas d’emblée : « Viens et suis-moi », comme à Lévi, le futur Matthieu (cf. Marc 2, 14), et tu verras comment parvenir à la sainteté. Comme pour le suivre il faut avoir le cœur libre de toute attache terrestre, et tout laisser (cf. Luc 5, 11), il lui ouvre des perspectives en ce sens : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi » (Matthieu 19, 21).
Dans l’après-midi du jour de sa Résurrection, le Seigneur rejoint deux de ses disciples qui fuyaient Jérusalem pour s’en retourner chez eux, totalement abattus par les événements qui venaient de se dérouler dans la Ville Sainte. Il ne se fait pas reconnaître d’eux d’emblée. En chemin, il leur explique tout ce qui, dans les Ecritures, annonçait précisément ces événements, et comment il convenait que le Fils de l’homme souffrit « pour entrer dans sa gloire » (Luc 24, 26). Une fois arrivés au bourg d’Emmaüs, alors même que le jour tombe, il ne veut pas les obliger à l’inviter. Mais eux le pressent d’entrer chez eux, tout heureux qu’ils sont de leur conversation, qui leur a fait comprendre pleinement les choses et leur a redonné un optimisme nouveau. C’est alors, au cours du repas, à la fraction du pain, que Jésus se fait connaître. Telle est sa délicatesse de tous les instants, qui respecte la liberté humaine tout en faisant les premiers pas pour faciliter notre décision de l’aimer et de le suivre.

(fin)

dimanche 5 juin 2011

Le Christ et la liberté (1)

Le Christ et la liberté (1)

En prenant librement l’initiative de s’adresser à l’homme, Dieu rend chacun de nous « capable d’écouter et de répondre à la Parole divine. L’homme est créé dans la Parole et il vit en elle » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n° 22). « Celui qui écoute ma Parole et qui croit en celui qui m’a envoyé a la vie éternelle » (Jean 5, 24). Il vit de la Parole, il vit définitivement, à jamais. Et cette éternité est déjà commencée ici-bas, du fait précisément que Dieu nous parle dans le Fils (Hébreux 1, 1) et que l’Esprit Saint nous fait comprendre tout ce qu’il nous dit (Jean 14, 26) et qui provient directement du Père (Jean 14, 10).
Par suite, l’homme « ne peut se comprendre lui-même s’il ne s’ouvre à ce dialogue » (Benoît XVI, Ibid.), (lire la suite) qui lui permet de se découvrir tel qu’il est, dans sa structure la plus primaire, primordiale, c’est-à-dire en tant qu’enfant de Dieu. L’enfant participe logiquement à la vie de son père. Il est tout rempli de sa parole, qui le guide, l’instruit, le forme en permanence, qu’il s’en rende compte ou non. Mais il se sent bien et en sécurité auprès de son père. Il sait qu’il est chez lui. Que là, il est connu et aimé.
Si l’homme écoute la Parole de Dieu son Père, il est à même d’y répondre, parce que cette Parole est toujours accompagnée d’un secours surnaturel, la grâce, qui dispose l’homme à l’accueillir, et lui donne la capacité à l’incorporer à sa vie, à s’y conformer. Car ce n’est pas une parole quelconque, mais une parole qui est comme un glaive à deux tranchants, « si pénétrante qu'elle va jusqu'à séparer l'âme et l'esprit, les jointures et les moelles ; elle démêle les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4, 12).
« La Parole de Dieu révèle la nature filiale et relationnelle de notre vie » (Benoît XVI, Ibid.). L’homme est par nature un être fait pour l’autre. Il ne peut vivre seul, égoïstement, sans autre horizon que lui-même. Il est ontologiquement ouvert, d’abord à Dieu, puis à ses semblables. Il est un être sociable. Et cette sociabilité s’ancre dans la filiation divine. Elle est avant tout communion avec le Dieu trois fois Saint. En le fréquentant, nous constatons la véracité de ces mots du Christ : « La vérité vous rendra libres » (Jean 8, 32).
Or, le Christ est la Vérité (Jean 14, 6). Et le Christ nous libère du péché, du démon et des mirages du monde en donnant sa vie pour nous sur la Croix. Il a pour seules attaches les ailes de l’Amour. Et il nous invite à nous engager volontairement sur cette voie. Il ne nous forcera jamais, car il ne veut pas être servi par des robots sans âme. Cela, c’est le comportement réservé au diable et à ses sbires, qui réduisent leurs proies en esclavage et les privent de toute liberté, en noyant toute résistance de leur part dans le plus lamentable libertinage. Ce libertinage est la démission de l’homme, qui n’arrive plus à se comprendre lui-même, à savoir qui il est, ce qu’il fait sur terre et ce pourquoi il est fait, et qui, du coup, se ferme complètement au dialogue amoureux avec Dieu. Car il ne sait plus ce qu’est aimer.

(à suivre…)

samedi 4 juin 2011

Je ne nous laisserai pas orphelins (3)

Je ne nous laisserai pas orphelins (3)

Nous constatons, pour notre grand bonheur, que « Dieu invisible dans l’immensité de sa charité, (…) s’adresse aux hommes comme à des amis, et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion » (concile Vatican II, constitution Dei Verbum sur la Révélation, n° 2). Nous constatons que « la nouveauté de la Révélation biblique vient du fait que Dieu se fait connaître dans le dialogue qu’il désire instaurer avec nous » (Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, n° 6). Nous comprenons ainsi, non sans émotion, que « le Verbe, qui depuis le commencement est auprès de Dieu et est Dieu, nous révèle Dieu lui-même dans le dialogue d’amour des Personnes divines et il nous invite à y participer. C’est pourquoi, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu amour, nous ne pouvons nous comprendre nous-mêmes que dans l’accueil du Verbe et dans la docilité à l’œuvre de l’Esprit Saint » (Ibid.). (lire la suite)
Et pour qu’il nous soit plus facile encore d’accéder à ces dons célestes, notre Seigneur vient nous les proposer lui-même, les mettre sous nos yeux, comme quelque chose de vraiment affriolant, à quoi nous ne pouvons pas résister. « Oui, je viens bientôt » (Apocalypse 22, 7), affirme-t-il.
Et il le répète : « Oui, je viens » (Apocalypse 22, 20), même si, nous le savons, Dieu se situe en-dehors du temps, dans un éternel présent, sa notion du temps – créé par lui – n’est pas la même que la nôtre. « Un jour, pour le Seigneur, est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (1 Pierre 3, 8). Nous, nous avons hâte qu’il vienne. Chaque génération voudrait que ce soit maintenant l’heure du Seigneur. Et elle lui répète inlassablement : « Viens ! » (Apocalypse 22, 17).
Et lui de répondre : « Je viendrai prochainement : retiens ferme ce que tu as pour que personne ne te ravisse ta couronne » (Apocalypse 3, 11), cette « couronne de justice » que le « juste juge » remettra « à tous ceux qui auront attendu son apparition avec amour » (2 Timothée 4, 8), une couronne « qui ne flétrit jamais » (1 Corinthiens 9, 25), la « couronne de vie promise par Dieu à ceux qui l’aiment » (Jacques 1, 12).

(fin)

vendredi 3 juin 2011

Jésus ne nous laisse pas orphelins (2)

Jésus ne nous laisse pas orphelins (2)

« A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Benoît XVI, encyclique Deus caritas est, n° 1). Pour que nous puissions accéder à la patrie, il faut d’abord que le Fils regagne sa place auprès de son Père. Il doit d’abord ressusciter, prémisse de notre propre résurrection spirituelle et, à la fin des temps, dans notre corps. « Je m’en vais, mais je reviendrai vers vous » (Jean 14, 28). Il précise le sens de son départ : « Quand je m’en serai allé et que je vous aurai préparé la place – qui vous revient dans la cité céleste en raison de vos bonnes œuvres -, je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez, vous aussi » (Jean 14, 3). Telle est la promesse infaillible (lire la suite) de notre Seigneur qui nous fait entrevoir la joie qui nous attend : « Je ne boirai plus maintenant du produit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père » (Matthieu 26, 29). Car, précise-t-il, « je vais disposer en votre faveur d’une royauté, tout comme mon Père en a disposé en ma faveur, pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Luc 22, 30). Nous voyons combien le Seigneur ne cesse de nous comparer à lui, de nous mettre comme sur un pied d’égalité avec lui, car, par lui et en lui, nous sommes aussi enfants du même Père.
Il est question du banquet de la Jérusalem d’en-haut. Banquet qui est anticipé par le repas eucharistique, mémorial de la présence du Seigneur parmi nous. « Chaque fois, en effet, que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il revienne » (1 Corinthiens 11, 26), et qu’il revienne pour nous prendre avec lui et nous faire entrer dans la fête de notre Maître (cf. Matthieu 25, 21).
« A celui qui a soif je donnerai gratuitement de l’eau de la source de l’eau de la vie » (Apocalypse 21, 6), car, « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7, 37), et « il n’aura plus jamais soif ; bien plus l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). Cette vie éternelle qui est la vie en Dieu. D’où, de nouveau, l’assurance de ne pas être abandonnés par Dieu. « Ô vous tous qui avez soif, venez aux eaux, vous-mêmes qui n’avez pas d’argent, venez acheter du blé et mangez ; venez, achetez sans argent, et sans payer, vin et lait » (Isaïe 55, 1). Nous sommes indigents. Nous n’avons aucun mérite par nous-mêmes. Nous ne pouvons prétendre à rien si le Seigneur ne nous lançait cette invitation, ne nous présentait la gratuité de ses dons.

(à suivre…)

jeudi 2 juin 2011

Jésus ne nous laisse pas orphelins (1)

Jésus ne nous laisse pas orphelins (1)

« Je ne vous laisserai pas orphelins : je reviendrai vers vous » (Jean 14, 18). Promesse très réconfortante qui montre bien que Dieu trouve « ses délices parmi les enfants des hommes » (Proverbes 8, 31), aussi surprenant que cela puisse paraître. Mais au fond, c’est logique, parce que les enfants des hommes sont d’abord les enfants de Dieu. Il est donc normal que notre Père céleste aime nous avoir avec lui.
Cela s’applique avant tout à son propre Fils. C’est pourquoi, même si, en tant que Dieu, il n’a jamais été séparé du Père ni de l’Esprit Saint par ce que l’on appelle l’union hypostatique, il doit quand même remonter auprès du Père. Cela fait partie des plans de salut de l’humanité. Car, comme Jésus l’explique à ses apôtres, « si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous ; mais si je m'en vais, je vous l'enverrai » (Jean 16, 7). (lire la suite)
Pour ne pas rester orphelin, la première condition à remplir est de rester avec le Christ, d’adhérer pleinement à sa personne et à son enseignement, d’être un disciple fidèle qui ne se laisse pas décourager par les difficultés et les embûches que le démon, l’esprit du mal, dresse sur notre sentier. « Si quelqu’un veut être à mon service, qu’il me suivre ; et là où je serai sera aussi mon serviteur. Si quelqu’un veut être à mon service, le Père l’en honorera » (Jean 12, 26). Celui qui reste ainsi au service de Dieu accueille avec sérénité le conseil de Dieu : « Ne redoute pas ce que tu auras à souffrir. Voici que le diable va jeter en prison quelques-uns des vôtres – il est bien dit « le diable », et pas seulement le juge un tel ou telle autorité politique ou religieuse è pour que vous soyez mis à l’épreuve, et vous connaîtrez dix jours de tribulation. Sois fidèle jusqu’à la mort » (Apocalypse 2, 10), s’il le faut, à l’imitation du Maître, car « le disciple n’est pas au-dessus de maître : s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre » (Jean 15, 20). « Et je te donnerai la couronne de vie » (Apocalypse 2, 10). Ce qui nous intéresse au plus haut point.
C’est le sens de la venue du Christ sur la terre. C’est aussi le contenu de la prière qu’il adresse à son Père : « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je serai – c’est-à-dire le sein du Père, au paradis céleste -, ils y soient aussi avec moi, afin qu’ils puissent voir ma gloire, cette gloire dont tu m’as fait don, parce que tu m’as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 24) ; cette gloire « que j’avais auprès de toi avant que le monde ne fût » (Jean 17, 5), et qui est propre à Dieu.

(à suivre…)

mercredi 1 juin 2011

Jésus travaille toujours (5)

Jésus travaille toujours (5)

La réaction de Nicodème est positive, ce qui est bien rare et contraste fortement avec celle des auditeurs du Seigneur, notamment des pharisiens, qui, non satisfaits des prodiges auxquels ils assistent, non sans une colère retenue, car le Seigneur guérit le jour du sabbat ! réclament d’autres signes, comme s’ils allaient y croire alors !
« Des scribes et des pharisiens prirent la parole : « Maître, dirent-ils, nous voudrions voir un signe qui vienne de toi » (Matthieu 12, 28). « Qui vienne de toi ». Veulent-ils par là reconnaître que les signes accomplis par Jésus sont vraiment de Dieu et qu’ils en veulent qui ne soient que de lui ? (lire la suite) Mais le Christ cherche à leur faire comprendre qu’il est l’égal du Père, ce qu’ils prennent pour un blasphème (cf. Jean 10, 33). De toute façon, un autre jour, « les pharisiens et les sadducéens l’abordèrent pour le mettre à l’épreuve, lui demandant de leur faire voir un signe qui vint du ciel » (Matthieu 16, 1).
Cette fois-ci, ils réclament un signe céleste, divin. Comme si les autres étaient purement humains ! S’ils étaient réalisés par la vertu d’un homme, qu’ils s’y essaient donc ! Cette fois-ci les pharisiens sont alliés aux sadducéens, et non aux scribes. Autant dire qu’ils ne lâchent pas prise et qu’ils font feu de tout bois.
« Les Juifs alors lui dirent : « Quel miracle vas-tu nous montrer, pour agir de la sorte ? » (Jean 2, 18), après avoir renversé les tables des changeurs et chassé les marchands du Temple. Il peut leur répondre : « Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croirez donc pas ! » (Jean 4, 48). « Cette génération est une génération mauvaise : elle réclame un signe, et il ne lui sera pas donné d’autre signe que le signe de Jonas » (Luc 11, 29).
Les gens continuent de réclamer des manifestations spectaculaires de l’existence et de la puissance de Dieu. « Alors que les Juifs réclament des miracles et que les Grecs cherchent la sagesse, nous, nous prêchons un Christ mis en Croix, scandale pour les Juifs, folie pour les païens » (1 Corinthiens 1, 22-23). C’est là le signe de Jonas : le Christ mort et ressuscité, qui vit éternellement et continue d’agir au milieu de son peuple et tout au long de l’histoire, parce que cette histoire humaine est vécue pour lui à l’unique instant présent.
Or, le plus grand signe que Jésus nous donne, celui qui manifeste le mieux à quel point il est actif et présent dans notre existence quotidienne, est le Sacrifice de l’Eucharistie. La messe, disait saint Josémaria, qui parlait d’expérience, est un véritable travail divin, l’acte par excellence de la présence de Dieu, non seulement au milieu des hommes, mais plus radicalement encore dans l’âme de ceux qui le reçoivent bien disposés.

(fin)