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dimanche 21 juin 2009

Le jeune homme riche (4)

Le jeune homme riche (4)

Jésus ne l'invite pas seulement au détachement, mais surtout à le suivre. Quant à nous, nous ne pouvons le suivre que si nous sommes également d'abord détachés des biens matériels. Ce jeune homme devait être célibataire, autrement Jésus ne lui aurait pas dit vends tout ce que tu as. Arrivé à ce point, c'est l'échec de son espoir. C'est un notable, il a de grands bien, il est jeune et a la vie devant lui, une vie facile qui fait de lui le centre de la vie locale, quelqu'un qui est admiré, adulé. Il ne se rend pas compte que sa situation, telle qu'il l'admet et s'y complaît, est un obstacle à la plénitude de la sainteté. (lire la suite) Sans même se donner un délai de réflexion, il est tellement pris par sa vie facile, que le jeune homme s'en alla tout affligé, car il avait beaucoup de biens (v. 22).
« Veux-tu te demander — avec moi qui fais aussi mon examen — si tu maintiens immuable et ferme ton choix de Vie ? Si, en entendant la voix très aimable de Dieu, qui t’incite à la sainteté, tu réponds librement « oui » ? Tournons de nouveau notre regard vers notre Jésus, alors qu’il parlait aux foules dans les villes et les campagnes de Palestine. Il ne cherche pas à s’imposer. Si tu veux être parfait… (Matthieu 19, 21), dit-il au jeune homme riche. Ce dernier repousse la proposition et l’Évangile nous dit qu’il se retira tout triste — abiit tristis (Matthieu 19, 22). C’est pourquoi, j’ai parfois qualifié de « pauvre attristé » ce jeune homme riche qui a perdu la joie pour avoir refusé de donner sa liberté » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 24). Timeo Iesum prætereuntem et non redeuntem : « Je crains que Jésus passe et ne repasse pas » dans ma vie (saint Augustin). Rien n'assure, en effet, qu'il passera de nouveau dans ce village et que l'homme aura l'occasion de se hâter encore pour s'entretenir une seconde fois avec lui.
Jésus n'est pas passé par hasard dans sa vie. « Il va à la rencontre de ceux qui ne le cherchent pas » (saint Josémaria, Homélie Prêtre pour l'éternité), afin de susciter un intérêt, de faire naître un désir de sainteté. Ils présente un programme de vie à celui qui s'intéresse à lui, mais ne l'impose pas.

(à suivre...)

samedi 20 juin 2009

Le jeune homme riche (3)

Le jeune homme riche (3)

Jésus lui dit : pourquoi m'interroger sur ce qui est bon ? Il n'y en a qu'un à être bon. Mais si tu veux entrer dans la Vie, observe les commandements. Lesquels ? dit-il. Jésus lui dit : Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère, tu ne voleras pas ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même (v. 17-19). Cette énumération des commandements que fait Jésus ne satisfait pas le jeune homme, car, dit-il, tout cela je l'ai observé. Que me manque-t-il encore (v. 20) ? Il se rend compte qu'il lui manque quelque chose d'autre que les commandements. C'est pourtant déjà pas mal. Ce serait formidable si nous pouvions en dire autant, si nous étions en mesure de faire cette même réponse. Et si ce n'est pas depuis notre enfance, du moins depuis un certain temps. (lire la suite)
Saint Marc (10, 21) rapporte un aspect que Matthieu et Luc passent sous silence. Jésus le fixa du regard, eut pour lui de l'affection, il l'aima. Cest logique. Jésus regardait tout le monde avec affection, avec amour. Mais si Marc souligne ce regard, c'est qu'il traduit une affection spéciale, en quelque sorte en harmonie avec le désir de sainteté de cet homme, comme une première réponse à son attente, un regard d'encouragement. Nous devons tous nous sentir ainsi regardés par le Seigneur, qui a donné sa vie pour nous aussi et qui attend une réponse engageante, pas une demi-réponse, ou jusqu'au point que nous aurons nous-mêmes fixé. Une réponse qui soit celle d'en enfant de Dieu qui ne veut pas rester engluer dans les choses matérielles, dans les soucis de ce monde, mais qui veut vraiment faire quelque chose pour s'en sortir, s'engager sur le chemin qui lui permet d'atteindre vraiment le royaume des cieux, le cœur léger.
Mais le jeune homme est animé d'une soif - Dieu a mis en lui la soif - d'un idéal de perfection : il désire la vie éternelle. Il est comme conscient que l'accomplissement des commandements est insuffisant, qu'il doit être possible de faire mieux. C'est lui qui met la barre très haut, puisqu'il veut dépasser les commandements (or, ses commandements ne sont pas écrasants, 1 Jean 5, 3). Il devrait donc logiquement être prêt à tout. Et Jésus met d'entrée de jeu le doigt sur la plaie, lui parle de ce dont il doit le plus se purifier s'il veut vraiment avoir la vie éternelle, comme il le prétend, c'est-à-dire le détachement des biens de ce monde. Une chose te fait défaut : va, vends tout ce que tu as, donnes-en le produit aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis, viens et suis-moi (Marc 10, 21).

(à suivre...)

lundi 18 février 2008

Se detacher (2)

Se détacher (2)

Mais l'homme doit coopérer, comme les « infortunés » passagers de cette traversée, infortunés en apparence, car ces péripéties donneront à saint Paul l'occasion d'annoncer Jésus-Christ. Toute circonstance est bonne pour prêcher l'Évangile. L'homme doit coopérer, disais-je, ce qui veut dire qu'il est appelé, lui aussi, à jeter par-dessus bord, s'il le faut, (lire la suite) tout ce qui est du poids superflu, des biens matériels encombrants, et même le nécessaire qui, dans des situations extrêmes, n'apparaît plus si nécessaire que cela. Ce qui montre que beaucoup de choses sont relatives. Et que la seule qui compte, en définitive, c'est le salut de notre âme, c'est d'assurer le salut de notre âme et celui des autres. C'est en nous détachant des choses de ce monde que nous pouvons gagner le port où jeter l'ancre en toute tranquillité.
Pour cela, il convient aussi de prendre conseil auprès de personnes compétentes, qui possèdent à la fois la doctrine et la grâce pour être les pilotes de la navigation de notre vie. « Le Christ a donné à son Église la sécurité de sa doctrine, le courant de grâce des Sacrements ; il a prévu qu’il y ait des personnes pour nous orienter, pour nous conduire, pour nous rappeler constamment le chemin. Nous disposons d’un trésor infini de science : la Parole de Dieu gardée dans l'Église ; la grâce du Christ, administrée dans les sacrements ; le témoignage et l’exemple de ceux qui vivent à coté de nous avec droiture et qui ont su faire de leur vie un chemin de fidélité à Dieu » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 34).
En outre, pour que cette navigation nous permette d'arriver à bon port envers et contre tout, c'est-à-dire en surmontant toutes les embûches que satan dresse sur notre route, nous allons auprès de Marie, Stella maris, l'« Étoile de la mer », et aussi l'Étoile du matin, elle à qui les voyageurs de tous les temps ont fait appel. Ipsa duce, non fatigaris, dit saint Bernard de Marie : « En la suivant, vous ne vous égarerez point ; en la priant, vous ne désespérerez point ; en pensant à elle, bous ne vous trompez point ; si elle vous retient, vous ne tombez point ; si elle vous protège, vous ne craignez point ; si elle vous conduit, vous ne vous fatiguez point ; si elle vous est propice, vous arrivez au port » (Homélie 2, super Missus est, 17).

(fin)

dimanche 17 février 2008

Se detacher (1)

Se détacher (1)

À l'occasion du carême, voici quelques remarques sur le détachement des biens de ce monde.
Saint Luc décrit le voyage par mer qui conduit saint Paul de Césarée Maritime à Pouzzoles, d'où il gagna Rome. Les précisions topographiques et les détails techniques abondent et montrent que Luc qui, d'ailleurs, rédige son récit au pluriel, faisait partie du voyage. Or, lorsqu'ils approchaient de la Crète, cherchant à hiverner à une époque où la navigation était déjà fort périlleuse et alors que saint Paul, qui avait déjà essuyé trois naufrages dans sa vie (cf. 2 Corinthiens 11, 25) avait vivement déconseillé (lire la suite) de reprendre la mer (cf. Actes des apôtres 27, 10), or, donc, « bientôt un vent impétueux, nommé Euraquilon, se déchaîna sur l'île. Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre l'ouragan, et nous nous laissâmes aller à la dérive » (Actes des apôtres 27, 14-15).
Comme la tempête, loin de décroître, ne faisait que s'amplifier, ils jetèrent la cargaison à la mer, agrès, mâts, barres, bref tout ce dont ils pouvaient se débarrasser dans l'espoir d'avoir au moins la vie sauve (cf. Actes des apôtres 27, 18-19).
Cette attitude en quelque sorte désespérée de l'équipage et des passagers nous montre le comportement que nous devons adopter lorsque nous rencontrons des difficultés de navigation dans notre voyage vers le ciel, vers l'éternité. Les tempêtes ne manquent pas. Le ciel peut rester implacablement fermé. Il faut conserver l'espoir, car c'est Dieu qui guide la barque, et il la mène à bon port, plus sûrement que nous ne pourrions le faire. La tempête, les écueils ne font pas obstacle à sa Volonté.

(à suivre...)