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mardi 17 février 2015

La résurrection de Lazare (6)

La résurrection de Lazare (6)

« Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Il n’y a pas à barguigner. Il faut se plier à la volonté de Dieu. C’est une condition sine qua non du progrès spirituel véritable. Devant la majesté et la grandeur de Dieu, nous devons nous faire tout-petit, reconnaître notre totale dépendance de la toute-puissance de Dieu. Il n’y a pas d’autre attitude possible. « Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). Nous pouvons sentir encore mauvais, parce que nous n’avons pas réparé complètement pour nos péchés… Pour cette situation, Dieu a préparé le purgatoire, dont le nom exprime clairement la finalité : «Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence et de Trente. La tradition de l’Église, faisant référence à certains textes de l’Écriture (par exemple 1 Corinthiens 3, 15 ; 1 Pierre 1, 7), parle d’un feu purificateur » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1030-1031). (lire la suite) « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre ; et Jésus leva les yeux en haut et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé » (Jean 11, 40-41). Marthe lui avait déclaré : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera » (Jean 11, 22). Ce à quoi Jésus avait répondu : « Ton frère ressuscitera » (Jean 11, 23). Voici le moment venu de cette résurrection annoncée. Le Père la lui a déjà accordée. C’est pourquoi il le remercie par avance. L’action de grâce est une autre manifestation d’humilité, car c’est la reconnaissance des bienfaits que Dieu nous octroie libéralement et avec une abondance calculée, c’est-à-dire telle que nous n’en manquions jamais. Si nous jetons un coup d’œil sur notre vie, nous n’avons que des motifs de remercier Dieu. Tout est grâce. Et parce que notre vie est une succession de « merveilles de Dieu » (Psaume 71, 19), nous nous en trouvons encouragés à lui ouvrir notre âme avec simplicité et confiance pour lui manifester nos besoins et lui demander de nous aider davantage encore. Je te remercie, Seigneur, de toutes les grâces que tu nous envoies à profusion. Je te demande pardon pour mes infidélités, pour avoir gaspillé une partie de ces grâces, et de ne pas m’en tenir rigueur… et je sollicite encore ton aide, car j’en ai besoin aujourd’hui et toujours. « Pour moi je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai dit cela à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 11, 42). Il réalise ce miracle – comme tous les autres, et comme tous les miracles spirituels, qu’il réalise dans notre âme – pour que nous croyions en lui, pour que nous soyons bien convaincus qu’il est le Fils de Dieu, Dieu lui-même et donc, à ce titre, Tout-Puissant. Et que, par conséquent, il nous accordera tout ce que nous lui demanderons : « Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, si bien que votre joie sera complète » (Jean 16, 23-24). « Ayant parlé ainsi, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » (Jean 11, 43-44). « Lazare a ressuscité parce qu'il a entendu la voix de Dieu : il n'eut de cesse de sortir aussitôt de l'état où il se trouvait. S'il n'avait pas « voulu » bouger, il serait mort de nouveau. Prendre cette résolution sincère: avoir toujours foi en Dieu ; mettre toujours son espérance, toujours son amour en Dieu..., Lui qui ne nous abandonne jamais, même si nous sommes aussi décomposés que Lazare » (saint Josémaria, Forge, n° 211). Les gens présents ont dû faire un pas en arrière. Un mort qui est vivant ! Et qui apparaît en plus revêtu de son linceul, enveloppé de bandelettes, momifié ! Quel spectacle ! Si bien que tous sont cloués sur place et que Jésus sait ordonner : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jean 11, 44). Quel exemple réconfortant pour nous, en voyant ce que Jésus a fait pour son ami ! Car « Jésus est ton ami. — l’Ami. — Avec un cœur de chair comme le tien. — Avec des yeux pleins de bonté, qui ont versé des larmes pour Lazare… — Et il t’aime, toi, autant que Lazare » (saint Josémaria, Chemin, n° 422). Que n’est-il pas disposé à faire aussi pour nous… Un exemple réconfortant, parce qu’il est le gage de nos résurrections spirituelles, l’assurance que rien n’est définitivement perdu ici-bas. Lazare mourra une deuxième fois, définitive celle-là. (fin)

dimanche 15 février 2015

La résurrection de Lazare (5)

La résurrection de Lazare (5)

« Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée. « Les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). « Jésus donc, frémissant de nouveau (lire la suite) en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la pierre avait déjà été roulée… Mais aujourd’hui, elle se pose, car Lazare est bel et bien dans la tombe. Aussi Jésus ordonne-t-il : « Ôtez la pierre ! » (Jean 11, 39). Cette injonction provoque la surprise. Marthe a beau croire que Jésus est la Résurrection et le Messie, elle hésite : « Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Que ce soit le quatrième ou le quarantième jour n’a pas d’importance pour Jésus. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » (Jean 11, 40). Cette gloire de Dieu pour laquelle Lazare est tombé malade puis est décédé. Cette gloire de Dieu que seuls quelques privilégiés ont pu voir, comme Moïse sur le mont Horeb et les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, au jour de la Transfiguration (cf. Lc 9, 28-36). Ce à quoi sommes aussi appelés. C’est l’autre issue du jugement particulier : le ciel. En quoi consiste-t-il ? « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient " tel qu’il est " (1 Jean 3, 2), face à face (cf. 1 Corinthiens 13, 12 ; Apocalypse 22, 4). […] Cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée " le ciel ". Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1023-1024). (à suivre…)

mercredi 11 février 2015

La résurrection de Lazare (3)

La résurrection de Lazare (3)

« Pensez surtout à la perfidie de la Mort… Tous les soirs, au coucher du soleil, on voit Baptiste le boiteux qui remonte son pré de Ruissatel. Il suit les lacets de la route, avec sa grande faux sur son épaule. On le voit de loin : on sait qu’il n’arrivera pas avant l’Angélus. Mais la mort ne vient pas comme ça… Souvent, elle te suit depuis une semaine et tu ne t’en es pas aperçu, tu croyais que c’était ton ombre… D’un seul coup, elle passe devant toi, et du bout de son doigt pointu, elle touche ton cœur qui éclate, et tu tombes sans dire un mot… Ou bien, avec une petite tape sur la tête elle te bouche une veine du cerveau, ou bien c’est le mégot qui est tombé dans la litière du cheval, et quand les voisins arrivent, avec les seaux de toile et la pompe du village, toi tu ne seras plus qu’un gros bout de charbon, tordu comme un tronc d’olivier ; ou encore, c’est en plein jour, un beau matin du mois d’avril. Elle apparaît au pied de cerisier, (lire la suite) elle fait un croc-en-jambe à l’échelle qui s’effondre, et voilà un chrétien par terre, tout disloqué comme un épouvantail de figuière, et sa pauvre âme toute sale qui s’envole au ciel, désespérée. Voilà mes frères ce qui vous menace si vous avez peur de vous confesser » (M. Pagnol, « Sermon du curé », Le Curé de Cucugnan). Marthe s’exprime en toute simplicité. Ce n’est pas vraiment un reproche, mais plutôt une constatation. Mais un constat empreint, là encore, de confiance, car Marthe ajoute : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera » (Jean 11, 22). Elle a aussi l’humilité de ne rien imposer, de ne pas commander au Seigneur. Elle croit. N’est-ce pas suffisant ? S’engage alors un dialogue : « Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » « Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier Jour » (Jean 11, 23-24). Effectivement, les morts ressusciteront au dernier jour. Les Juifs le croient. Nous aussi nous le croyons. C’est un des articles de notre foi. Abraham « estimait que Dieu a la puissance de ressusciter les morts » (Hébreux 11, 9). Or, Jésus-Christ est le Dieu vivant. C’est pourquoi il répond à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le crois-tu ? » (Jean 11, 25-26). Jésus est en droit de nous poser cette même question. Marthe n’hésite pas : « Oui, Seigneur », lui dit-elle, « je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir en ce monde » (Jean 11, 27). Avons-nous cette même foi, cette même simplicité pour reconnaître la divinité de Jésus, qui est la Résurrection et la Vie, et pour reconnaître que nous n’avons la vie qu’en lui ? Avons-nous cette même simplicité et cette même spontanéité pour le confesser auprès de nos proches et de nos amis ? « Je puis tout en celui qui me fortifie » (Philippiens 4, 13), c’est-à-dire dans le Christ Jésus. (à suivre…)

mercredi 27 novembre 2013

Connaître en écoutant (1)

Connaître en écoutant (1)

(« Il n’y a qu’un seul Dieu, qu’un seul médiateur aussi entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus » (1 Timothée 2, 5). C’est lui que nous devons écouter et apprendre à connaître, pour entrer en dialogue avec Dieu le Père. Marie, sœur de Lazare, nous montre quelle est la bonne attitude à adopter : elle « s’était assise aux pieds du Seigneur et l’écoutait parler » (Luc 10, 39), quand il était arrivé à Béthanie et était descendu, selon son habitude, chez Lazare et ses deux sœurs, qui étaient pour lui de bons amis de longe date. Alors que Marthe s’active aux tâches de la maison pour (lire la suite) recevoir son hôte illustre au mieux de ses possibilités, Marie reste immobile, impassible, à boire les paroles du Maître. Comme Marthe s’impatiente et apostrophe Jésus : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse faire le service toute seule ? » (Luc 10, 40), Jésus lui apporte une réponse qui a pris un caractère d’orientation pour toute vie chrétienne digne de ce nom, en tout temps et en tous lieux, qui a valeur de principe directeur de notre conduite : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses – bonnes sans nul doute, et accomplies avec la meilleure bonne volonté du monde, mais sans intention vraiment droite, il te faut le reconnaître -, alors qu’il n’est besoin que d’une seule. C’est Marie qui a choisi la bonne part » (Luc 10, 41-42). Et notre Seigneur d’ajouter une précision importante : « Elle ne lui sera pas enlevée » (Luc 10, 42). Puissions-nous comprendre que cet unique nécessaire est la sainteté, la recherche de la sainteté, qui se trouve dans la compagnie de Dieu et nulle part ailleurs. « Remercie le Seigneur du bien énorme qu’il t’a octroyé en te faisant comprendre qu’“une seule chose est nécessaire”. — Et que ta gratitude soit accompagnée de ta prière journalière, insistante pour ceux qui ne le connaissent pas encore ou qui ne l’ont pas compris » (saint Josémaria, Sillon, n° 454). C’est ce que je me propose de faire ici. La seule chose nécessaire, et donc ce qui compte avant tout dans notre vie, et se présente à nous comme la fin ultime de notre vie, ce qui prime sur tout le reste. De quoi s’agit-il ? De rester des heures entières devant le tabernacle d’où le Seigneur continue de nous parler ? Certes pas, à moins d’avoir une vocation qui retire du monde et voue exclusivement à la contemplation à l’écart des activités séculières. (à suivre…)

mercredi 28 août 2013

Nos Béthanies (5)

Nos Béthanies (5)

Car, si elle ne permet pas de prier à tout moment, si elle n’unit pas directement à Dieu, elle perd sa fonctionnalité première, qui est d’être « le Temple du Saint-Esprit » (1 Corinthiens 6, 19), de sorte que nous ne nous appartenions plus (), mais que, « en esprit et en vérité » (Jean 4, 23), ce ne soit plus moi qui vive, mais le Christ qui vive en moi (cf. Galates 2, 20). C’est pour cela que Jésus-Christ descend chez moi. C’est pour cela que mon âme est son Béthanie, le lieu de son repos, la maison de l’Amitié. Il est assez extraordinaire de penser que je puisse contribuer au délassement du Seigneur… mais n’a-t-il pas affirmé qu’il trouve « ses délices parmi les enfants des hommes » (Proverbes 8, 31) ? Mon âme aussi est devenue un autre Béthanie à partir du moment où notre Dieu – la Trinité tout entière cette fois – non seulement y est descendue, mais s’y est établie à demeure. Plût au ciel qu’elle y trouve le repos et non l’agitation de Marthe. Plût au ciel qu’elle trouve des sentiments de paix et non les calculs retors d’un Judas. Plût au ciel qu’elle puisse nous reconnaître pour siens et dire en toute vérité, meus es tu (Psaume 2, 7), tu es vraiment mon enfant, et mes délices, mon bonheur, sont assurément d’être avec toi, chez toi (cf. Proverbes 8, 31). (fin)

lundi 26 août 2013

Nos Béthanies (3)

Nos Béthanies (3)

« Je ne comprends pas comment l’on peut vivre chrétiennement sans ressentir le besoin d’une amitié constante avec Jésus dans la Parole et dans le Pain, dans la prière et dans l’Eucharistie » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 154). Nous avons effectivement bien des choses à voir avec notre Seigneur, bien des sujets de conversation à aborder avec lui. Nous nous sentons souvent désemparés face aux événements, déroutés par le tour même que prend la vie, en expérimentant dans notre corps la loi du péché, selon laquelle, comme l’écrit saint Paul fort de sa propre expérience : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas » (Romains 7, 19). Quelle attitude raisonnable adopter alors, sinon de venir voir Jésus dans le tabernacle et de lui ouvrir notre âme en grand, de dresser le constat de notre faiblesse, pour nous entendre répondre : « Ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se montre tout entière » (2 Corinthiens 12, 9). Autrement dit, si tu le veux vraiment, tu peux sortir vainqueur de tous tes combats, car je ne permettrai jamais que tu sois tenté au-dessus de tes forces (cf. 1 Corinthiens 10, 13). (lire la suite) Notre âme ne peut vivre en paix que lorsqu’elle repose dans le Christ, comme le constatait saint Augustin : « Seigneur, tu nous as créés pour toi, et comme notre cœur est inquiet tant qu'il ne repose pas en toi » (Confessions 1, 1, 1). Venons au tabernacle, pour poser notre tête contre le Cœur très Doux de notre Seigneur, comme Jean avait coutume de le faire (cf. Jean 13, 25). Nous entendons alors battre ce Cœur d’amour pour nous et pour toute l’humanité. Et nous cherchons à vivre alors à l’unisson de cet Amour. Nous nous sentons poussés à aimer tous les hommes à notre tour, à vouloir « que tous soient sauvés et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). En tant qu’homme, Jésus avait besoin de ces haltes à Béthanie, de l’affection de ses semblables. Et nous, en tant qu’hommes aussi, mais également du fait de notre condition de baptisés, nous avons besoin de revenir à cet autre Béthanie qu’est le tabernacle, où le Seigneur nous attend depuis deux mille ans : « Quand tu t’approches du tabernacle, songe que lui… il t’attend depuis vingt siècles » (saint Josémaria, Chemin, n° 537). « Je vous dirai que le tabernacle a toujours été pour moi comme Béthanie, cet endroit tranquille et paisible ou se trouve le Christ, où nous pouvons lui raconter nos préoccupations, nos souffrances, nos espérances et nos joies, avec la simplicité et le naturel avec lesquels lui parlaient ses amis, Marthe, Marie et Lazare. « C’est pourquoi, quand je parcours les rues d’une ville ou d’un village, je me réjouis de découvrir, même de loin, la silhouette d’une église ; c’est un nouveau tabernacle, une occasion de plus de laisser l’âme s’échapper, pour être, par le désir, aux côtés du Seigneur dans le Saint-Sacrement » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 154). (à suivre…)

vendredi 23 août 2013

L’Ascension (3)

L’Ascension (3)

Les trois amis de Jésus apportaient en Provence le climat affectueux de leur foyer de Béthanie, prolongeant la présence du Christ parmi nous. Ce Christ qui est désormais mort et ressuscité, et qui est assis à la droite du Père, d’où il reviendra pour juger les vivants et les morts (cf. 2 Timothée 4, 1). Ce Christ qui vit parmi nous, car « là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matthieu 18, 19). Et voici que « je suis avec vous toujours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20) et au-delà même, pour l’éternité bienheureuse de la gloire céleste à laquelle je vous destine. (lire la suite) Il est resté d’une manière ineffable dans le très saint sacrement de l’Eucharistie, réellement et substantiellement présent pendant la sainte messe et dans nos tabernacles. Nous pouvons ainsi prolonger notre conversation intime avec le Seigneur. « Il est vrai que notre tabernacle, je l’appelle toujours Béthanie… — Deviens l’ami des amis du Maître : Lazare, Marthe, Marie. — Après quoi tu ne me demanderas plus pourquoi j’appelle notre tabernacle Béthanie » (saint Josémaria, Chemin, n° 322). C’est un conseil fort utile et avisé. C’est pourquoi sainte Thérèse pouvait dire, dans une remarque autobiographique : « Notre Seigneur lui avait donné une foi si vive à une âme], que lorsqu’elle entendait dire à quelqu’un ql aurait souhaité d’être venu au monde dans le temps que Jésus-Christ, notre Sauveur et tout notre bien, conversait avec les hommes, elle en riait en elle-même, parce que, croyant jouir aussi véritablement de sa présence dans la très sainte Eucharistie qu’elle aurait pu le faire alors, elle ne comprenait pas qu’on pût désirer davantage » (sainte Thérèse d’Avila, Le Chemin de la perfection 34). (suite : nos Béthanies)

lundi 12 août 2013

La vie à Béthanie (2)

La vie à Béthanie (2)

Ce que Jésus a proclamé sur les chemins et dans les villages à grands traits, bien souvent en usant de paraboles, il nous l’explique alors plus à fond… Certes, le suivre n’est pas tous les jours une sinécure. Car l’effort nous fait peur. « Tu entends en toi une voix : « Qu’il est pesant ce joug dont tu t’es chargé librement ! » ... C’est la voix du diable, le fardeau... de ton orgueil. Demande l’humilité au Seigneur, et toi aussi tu comprendras ces paroles de Jésus : Iugum enim meum suave est, et onus meum leve (Matthieu 11, 30), que j’aime à traduire librement ainsi : mon joug est la liberté, mon joug est l’amour, mon joug est l’unité, mon joug est la vie, mon joug est l’efficacité » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 2e station, point de méditation n° 4). (lire la suite) Ses amis de Béthanie sont des gens avec qui Jésus s’entend à merveille. Ils ne vont pas lui poser des questions piège, pour le prendre en défaut (cf. Matthieu 22, 15) et avoir de la matière pour l’accuser auprès des autorités juives (cf. Matthieu 12, 10). La situation n’est pas tendue, conflictuelle, qui exige d’être tout le temps sur le qui vive. L’on n’entend aucun propos malveillant. Et comme c’est calme après les attroupements bigarrés, les foules enthousiastes qui en réclament toujours plus, qui se bousculent continuellement pour s’approcher du Seigneur, « se jetaient sur lui pour le toucher » (Marc 3, 10), et parvenir à ne toucher ne serait-ce que le bord de son manteau, sachant par expérience que tous ceux qui le touchaient étaient guéris (cf. Matthieu 14, 36). C’était vraiment épuisant en permanence. Mais Jésus faisait face, le sourire aux lèvres, à ces assauts sans cesse renouvelés, car ces gens étaient là « comme des brebis sans pasteurs » (Marc 6, 34) et qu’il venait à eux en tant que Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10, 11), et qu’il est ému de compassion en constatant leur détresse morale (cf. Matthieu 9, 36). À Béthanie, il n’y a rien de tout cela. C’est une véritable oasis. Marthe peut troubler éventuellement un peu la paix, l’affaire de quelques instants (cf. Luc 10, 40). Mais il s’agit d’une énervement passager, et qui amuse même le Seigneur, parce qu’il part d’une bonne intention. Lazare attendait le retour du Maître. Et Jésus, lui aussi, attendait l’occasion de revenir à Béthanie, manifestant par là sa très Sainte Humanité. Cor meum vigilat, « Je dors, mais mon cœur veille » (Cantique des cantiques 5, 2). Il espère que nous lui ouvrions notre âme et que nous lui raconterons tout ce qui nous est arrivé, tout ce dont nous avons été témoin ou acteur, que nous lui parlions des membres de notre famille, de nos collègues, de nos amis et que nous lui fassions part de leurs besoins… (suite : le figuier desséché)

mardi 6 août 2013

Chez Simon le lépreux (6)

Chez Simon le lépreux (6)

Dans le récit de Jean, c’est ce Judas, « un des disciples, celui qui devait le livrer, [qui] dit : Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, qu’on aurait donné à des pauvres ? » (Jean 12, 5). « Judas, dans un semblant de charité, reprend Marie de son action. Le Christ lui répond : ‘Elle a fait une excellente chose, en vue de ma sépulture.’ Pourquoi ne le reprend-il pas vivement au sujet de cette femme, et ne déclare-t-il pas, ainsi que le fait l’Évangéliste, quel était le motif secret de son observation ? Il voulait par sa patience le pousser à changer. Qu’il connût ses projets de trahison, il le lui avait montré ouvertement en disant que tous ses disciples ne voyaient pas ‘que l’un d’entre eux était un démon’ (Jean 6, 71). Qu’il connût donc les projets de Judas, il le fit voir clairement ; toutefois, (lire la suite) il ne les lui reproche pas formellement, et il use d’indulgence, afin de l’amener à de meilleurs sentiments. Un autre évangéliste ne dit-il pas que tous les disciples se récrièrent en même temps ? Ils se récrièrent tous, Judas comme les autres, mais ceux-ci dans une autre intention que celui-là » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2). Marie a bien agi. C’est elle qui a raison, comme Jésus tient à le souligner. Le dénouement est le même que chez l’autre évangéliste. Marie ne pensait pas faire quelque chose d’extraordinaire, car, quand l’on aime vraiment, l’on ne calcule pas. Et, quand celui que l’on aime est Dieu, rien n’est trop beau. Marthe et Marie n’avaient-elles pas reconnu quelques jours plus tôt la divinité de Jésus quand il était venu chez elles et qu’il avait ressuscité leur frère Lazare ? « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde » (Jean 11, 27). Marie a peut-être eu l’intuition que, le moment venu, elle n’aura pas le temps suffisant pour oindre le corps de Jésus et l’embaumer comme il faut. Elle prend les devants : « Elle a, par avance, parfumé mon corps pour l’ensevelissement » (Marc 14, 8). « Des Juifs en foule considérable surent qu’il était là, et ils y vinrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts » (Jean 12, 9). La curiosité s’y mêle sans doute. Mais ces gens ne peuvent que louer le Tout-Puissant qui a donné un tel pouvoir à un homme. Ils rappliquent de partout. C’est que ce miracle n’a rien de banal. C’est en quelque sorte la « mère des miracles », et comme une annonce de la Résurrection à venir du Christ. s’il a le pouvoir de ressusciter des morts, il pourra bien revenir lui aussi de la mort. Il l’a d’ailleurs annoncé clairement : « Je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me l’enlève ; mais je la donne de moi-même. J’ai pouvoir de la donner et j’ai pouvoir de la reprendre » (Jean 10, 17-18). (à suivre…)

lundi 5 août 2013

Chez Simon le lépreux (5)

Chez Simon le lépreux (5)

Le récit du même événement par saint Jean diffère quant à la date, « six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité des morts » (Jean 12, 1), et quant au lieu, car il semble se dérouler chez Marthe, Marie et Lazare. C’est d’ailleurs l’hypothèse que n’hésite pas à retenir le même commentateur, saint Jean Chrysostome : « Comment douter de la résurrection de Lazare en le voyant manger et agir plusieurs jours après ? Il s’ensuit manifestement que le repas se donna alors dans la maison même du ressuscité ; car ses sœurs et lui reçoivent Jésus comme des amis tendrement aimés. […] Marie, elle, ne servait pas ; elle était toute occupée à écouter Jésus. Ici aussi elle nous offre une conduite beaucoup plus spirituelle. Si elle ne servait pas, si elle ne vaquait pas aux soins ordinaires de la maison, c’est qu’elle était appelée : son unique dessein était d’honorer le Sauveur, de l’honorer non comme un homme, mais comme un Dieu. Voilà pourquoi elle répand sur sa tête un parfum et elle l’essuie avec ses cheveux, preuve évidente qu’elle a de Jésus une idée toute autre que le vulgaire » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2). (lire la suite) Pour le reste, nous avons aussi une différence notable en ce que, cette fois-ci, c’est Judas l’Iscariote qui se révolte contre le « gaspillage » apparent de cette femme versant de l’huile. Cette femme est appelée ici Marie. C’est donc la sœur de Lazare et de Marthe, ce qui milite bien en faveur du déroulement de l’action chez elle… « Marie prit alors un parfum de nard vrai, d’un grand prix, en oignit les pieds de Jésus – et non plus la tête, comme chez saint Matthieu et saint Marc – et lui essuya les pieds avec ses cheveux : toute la maison fut pleine de l’odeur du parfum » (Jean 12, 3). Matthieu et Marc parlaient d’un flacon. Pour un flacon, c’est un grand flacon, puisqu’il contient une livre de parfum… Cette fois-ci donc c’est Judas qui proteste. Sans doute reçoit-il le consentement, l’approbation des autres apôtres et peut-être même de tus les convives scandalisés par le comportement insensé de cette femme. mais Jean fait remarquer qu’en critiquant Marie, « il dit cela, non qu’il eut souci des pauvres, mais parce qu’étant voleur et que, tenant la bourse, il dérobait ce qu’on y mettait » (Jean 12, 5). « Si l’on demande la raison pour laquelle le Sauveur avait confié au disciple infidèle l’argent destiné aux pauvres, et choisi pour trésorier le disciple que dévorait l’avarice, nous répondrions que Dieu seul connaît ce mystère ; tout au plus oserions-nous dire par conjecture qu’il voulait le rendre ainsi de tout point inexcusable. En effet, Judas ne pouvait plus alléguer comme mobile de sa trahison l’amour de l’argent, puisqu’il lui était si facile de satisfaire sa cupidité : il n’obéissait donc qu’à la noirceur et à la perversité de son âme, à cette même perversité que le Christ, dans son indulgence inépuisable, s’efforçait de réprimer » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 65, 2). (à suivre…)

lundi 29 juillet 2013

La montée de Jéricho (2)

La montée de Jéricho (2)

Nous entrons pour nous restaurer chez les amis du Seigneur, qui sont déjà nos amis. Parce que « les amis de tes amis sont mes amis ». Ce qui est vrai plus que jamais. Lazare pratique l’apostolat du repas. « ‘Apostolat du repas’ : c’est la vieille hospitalité des patriarches, avec la chaleur fraternelle de Béthanie. – Quand on l’exerce, il semble que l’on entrevoie Jésus présider, comme dans la maison de Béthanie » (saint Josémaria, Chemin, n°974). Notre Seigneur bénéficie de l’accueil de ses amis de Béthanie, qui se mettent entièrement à sa disposition, eux et leur vaste maison, quand il leur fait la joie de revenir. Il n’y pas qu’une bouche à nourrir, mais un fort contingent d’apôtres et de disciples. Qu’à cela ne tienne : il y a de la place pour tous et de quoi les sustenter tous. (lire la suite) Quand Jésus est l’hôte, l’apostolat s’exerce « à l’envers ». Il est reçu chez ses vieilles et sympathiques connaissances, mais nous pourrions dire que c’est plutôt lui qui les reçoit – il préside, en effet – car il se dépense à fond pour eux, il leur parle du Père et du royaume des cieux, il leur ouvre les horizons de la Jérusalem céleste, il leur fait entrevoir qu’i existe beaucoup de demeures dans la maison de son Père (cf. Jean 14, 2). Certes, il peut se reposer et refaire ses forces. Mais il est sur la brèche. Les premiers bénéficiaires de sa présence, ce sont Marthe, Marie et Lazare,… et nous ; et leurs connaissances et amis qu’ils ne manquent pas d’inviter aussi, en nombre raisonnable, pour qu’ils profitent eux aussi du passage du Maître. Là, nous avons vraiment l’« apostolat du repas ». Ils mettent leurs amis en rapport avec Jésus, ils leur permettent ainsi non seulement de l’écouter et de graver dans leur cœur sa doctrine merveilleuse, dont il affirme qu’elle ne vient pas de lui, mais du Père qui l’a envoyé (cf. Jean 14, 24), mais ils leur permettent encore de l’interroger, et de lui ouvrir leur cœur. Et de prier. Ce qui est absolument fondamental, vital pourrait-on dire. « Un saint qui ne prierait pas ?… — Je ne crois pas à cette sainteté-là » (saint Josémaria, Chemin, n°107). Et, comme on peut bien l’imaginer, sans que ce soit une prière formelle, exprimée par des paroles, le contact avec le Seigneur suscite immédiatement une prière du cœur, élève l’âme, fait ressentir au plus profond de l’être à quel point « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16). Comme les disciples d’Emmaüs ont bien su exprimer ces sentiments qui s’emparent de l’âme et l’embrasent, quand ils se sont dit l’un à l’autre, après avoir reconnu Jésus à la fraction du pain : « Est-ce que notre cœur n'était pas brûlant en nous, lorsqu'il nous parlait sur le chemin, tandis qu'il nous dévoilait les Ecritures ? (Luc 24, 32) ! (à suivre…)

samedi 27 juillet 2013

La résurrection de Lazare (9)

La résurrection de Lazare (9)

Il y aura une suite à ce miracle : le complot des Pharisiens pour faire mourir le Seigneur (cf. Jean 11, 45-57). « Parmi les Juifs, les uns s’extasiaient devant le miracle qui venait d’être accompli ; d’autres s’en allèrent l’annoncer aux Pharisiens. Que firent ces derniers ? Au lieu d’être ravis d’étonnement et d’admiration, ils cherchent le moyen de mettre à mort celui qui venait de rappeler un mort à la vie. Quelle démence ! Celui qui triomphe de la mort et lui fait rendre ses victimes, ils estiment pouvoir le livrer à la mort, et ils disent : ‘Que ferons-nous ? car cet homme opère beaucoup de prodiges.’ Ils le qualifient d’homme après une preuve aussi éclatante de sa divinité. ‘Que ferons-nous ?’ Ce que vous devriez faire, (lire la suite) ce serait de croire en lui, de le servir, de l’adorer, et de ne plus le regarder comme un homme. ‘Si nous le laissons en liberté, les Romains viendront et ruineront notre nation et notre cité.’ […] Et pourquoi, s’il vous-plaît ? Est-ce que Jésus prêchait la révolte ? Ne recommandait-il pas de payer l’impôt à César ? Lorsque vous vouliez le proclamer roi, n’est-il pas vrai qu’il s’est dérobé à vos recherches ? N’a-t-il pas mené un genre de vie complètement étranger à toute ambition, n’ayant ni habitation, ni rien de pareil ? – Ce langage, ce n’était pas la crainte qui le leur inspirait, mais la haine. Toutefois, ce à quoi ils ne s’attendaient pas leur arriva ; les Romains détruisirent leur capitale et leur nation, précisément parce qu’ils avaient mis à mort le Christ » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 63, 1). Et cela continue, tout au long de l’histoire… « Je ne sais pourquoi tu t’affoles. — Les ennemis du Christ ont toujours été peu raisonnables. Après la résurrection de Lazare, ils auraient dû se rendre à l’évidence et confesser la divinité de Jésus. — Eh bien, non : tuons, dirent-ils, celui qui donne la vie ! Et aujourd’hui comme hier » (saint Josémaria, Chemin, n° 694). Mais nous nous arrêtons ici. Il y a tout lieu de penser que Marie a accompagné son Fils à Béthanie. Nous avons vu que les apôtres étaient du déplacement. Elle se réjouit donc de voir que Jésus a de bons amis sur lesquels il peut compter. Elle leur en est reconnaissante. Peut-être est-elle elle-même à l’origine de cette amitié. Qui sait ? À nous de lui demander de faire de nous de vrais amis de son Fils, de savoir l’accueillir comme il le mérite, de le fréquenter avec simplicité et humilité, avec une énorme confiance. (suite : la montée de Jéricho)

vendredi 26 juillet 2013

La résurrection de Lazare (8)

La résurrection de Lazare (8)

Et parce que notre vie est une succession de « merveilles de Dieu » (Psaume 71, 19), nous nous en trouvons encouragés à lui ouvrir notre âme avec simplicité et confiance pour lui manifester nos besoins et lui demander de nous aider davantage encore. Nous le remercions de toutes les grâces qu’il nous envoie à profusion. Nous lui demandons pardon pour nos infidélités, pour avoir gaspillé une partie de ces grâces, et de ne pas nous en tenir rigueur…et nous sollicitons encore son aide, car nous en avons besoin aujourd’hui et toujours. (lire la suite) « Pour moi je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai dit cela à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 11, 42). Il réalise ce miracle – comme tous les autres, et comme tous les miracles spirituels, qu’il réalise dans notre âme – pour que nous croyions en lui, pour que nous soyons bien convaincus qu’il est le Fils de Dieu, Dieu lui-même et donc, à ce titre, Tout-Puissant. Et que, par conséquent, il nous accordera tout ce que nous lui demanderons : « Ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, si bien que votre joie sera complète » (Jean 16, 23-24). Il nous accorde même ce que nous demandons indirectement, comme ici Marthe et Marie. « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez » (Matthieu 6, 8). Mais il veut nous entendre formuler nos pétitions, que nous soyons des « hommes de désir » (Daniel 9, 23). « Ayant parlé ainsi, il cria d'une voix forte : « Lazare, sors ! » (Jean 11, 43-44). « Lazare a ressuscité parce qu'il a entendu la voix de Dieu : il n'eut de cesse de sortir aussitôt de l'état où il se trouvait. S'il n'avait pas « voulu » bouger, il serait mort de nouveau. Prendre cette résolution sincère: avoir toujours foi en Dieu ; mettre toujours son espérance, toujours son amour en Dieu..., Lui qui ne nous abandonne jamais, même si nous sommes aussi décomposés que Lazare » (saint Josémaria, Forge, n° 211). Les gens présents ont dû faire un pas en arrière. Un mort qui est vivant ! Et qui apparaît en plus revêtu de son linceul, enveloppé de bandelettes, momifié ! Quel spectacle ! Si bien que tous sont cloués sur place et que Jésus sait ordonner : « Déliez-le, et laissez-le aller » (Jean 11, 44). Quel exemple réconfortant pour nous, en voyant ce que Jésus a fait pour son ami ! Car « Jésus est ton ami. — l’Ami. — Avec un cœur de chair comme le tien. — Avec des yeux pleins de bonté, qui ont versé des larmes pour Lazare… — Et il t’aime, toi, autant que Lazare » (saint Josémaria, Chemin, n° 422). Que n’est-il pas disposé à faire aussi pour nous… Un exemple réconfortant, parce qu’il est le gage de nos résurrections spirituelles, l’assurance que rien n’est définitivement perdu ici-bas. « Ne désespère jamais. Lazare était mort et décomposé : iam fœtet, quatriduanus est enim, il sent déjà mauvais, cela fait quatre jours qu’il a été enseveli, dit Marthe à Jésus. Si tu entends l’inspiration de Dieu et que tu la suives — Lazare, veni foras ! Lazare, viens ici. Dehors ! — tu renaîtras à la Vie » (saint Josémaria, Chemin, n° 719). (à suivre…)

jeudi 25 juillet 2013

La résurrection de Lazare (7)

La résurrection de Lazare (7)

Mais aujourd’hui, elle se pose, car Lazare est bel et bien dans la tombe. Aussi Jésus ordonne-t-il : « Ôtez la pierre ! » (Jean 11, 39). Cette injonction provoque la surprise. Marthe a beau croire que Jésus est la Résurrection et le Messie, elle hésite : « Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Que ce soit le quatrième ou le quarantième jour n’a pas d’importance pour Jésus. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » (Jean 11, 40). Cette gloire de Dieu pour laquelle Lazare est tombé malade puis est décédé. Cette gloire de Dieu que seuls quelques privilégiés ont pu voir, comme Moïse sur le mont Horeb (cf. Exode 24, 16), et les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, au jour de la Transfiguration (cf. Luc 9, 28-36). (lire la suite) Mais on ne peut pas autrement voir Dieu dans sa gloire sans mourir. Cette vision est réservée à l’au-delà, à la vie en Dieu dans la patrie céleste. « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Il n’y a pas à barguigner. Il faut se plier à la volonté de Dieu. C’est une condition sine qua non du progrès spirituel véritable. Devant la majesté et la grandeur de Dieu, notre place c’est de nous faire tout-petit, de reconnaître notre totale dépendance de la toute-puissance de Dieu. Il n’y a pas d’autre attitude possible. « Quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). Il nous faut cultiver l’humilité propre à la créature. »C’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). En dehors de Dieu, nous ne sommes rien et nous ne pouvons rien. Il faut reconnaître que nous sommes entre les mains de Dieu – et sont d’ailleurs les meilleures mains qui soient. Mais prétendre, comme cela nous arrive si souvent, nous débrouiller tout seuls, agir pour notre propre compte, sans demander sa grâce à Dieu, c’est présumer de nos forces et aller droit dans le mur. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » Ils ôtèrent donc la pierre ; et Jésus leva les yeux en haut et dit : « Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé » (Jean 11, 40-41). Marthe lui avait déclaré : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera » (Jean 11, 22). Ce à quoi Jésus avait répondu : « Ton frère ressuscitera » (Jean 11, 23). Voici le moment venu de cette résurrection annoncée. Le Père la lui a déjà accordée. C’est pourquoi il le remercie par avance. L’action de grâce est une autre manifestation d’humilité, car c’est la reconnaissance des bienfaits que Dieu nous octroie libéralement et avec une abondance calculée, c’est-à-dire telle que nous n’en manquions jamais. Si nous jetons un coup d’œil sur notre vie, nous n’avons que des motifs de remercier Dieu. Tout est grâce. (à suivre…)

mercredi 24 juillet 2013

La résurrection de Lazare (6)

La résurrection de Lazare (6)

Jésus « manifeste son humanité ; il pleure, il est ému. D’ordinaire, le regret éveille en nous la sensibilité. Contenant ensuite son émotion, réprimant le trouble qu’il éprouvait – et c’est là ce que veulent dire les mots ‘il frémit intérieurement’ – il demande à ceux qui l’entourent : ‘Où l’avez-vous déposé ?’ Il ne voulait pas verser des larmes en posant cette question ; mais cette question, quelle en est l’utilité ? Le Seigneur tenait à ne pas se mettre en avant, à tout apprendre de leur bouche et à n’intervenir que sur leur prière, afin que le miracle fut au-dessus de toute suspicion ; on lui répondit : ‘Venez et voyez. Et Jésus pleura’. Jusqu’ici rien n’apparaît qui présage une résurrection ; si le Maître s’approche du tombeau, c’est pour pleurer, semble-t-il, et non pour rappeler le mort à la vie. Ainsi le comprirent les Juifs qui disaient : ‘Voilà comme il l’aimait ; quelques-uns d’entre eux ajoutaient : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle-né, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ?’ » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 63, 1). (lire la suite) « Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est ainsi très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée. « Les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). Attendez donc un peu ! Patientez. Ayez l’humilité de ne pas juger Dieu, de ne pas lui dicter ce qu’il doit faire… « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la question était superflue, car la pierre avait déjà été roulée… (à suivre…)

mardi 23 juillet 2013

La résurrection de Lazare (5)

La résurrection de Lazare (5)

« Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s'en alla, et appela en secret Marie, sa sœur, disant : « Le Maître est là, et il t'appelle » (Jean 11, 28). Jésus veut voir Marie en tête-à-tête aussi, et la consoler personnellement, en dehors de la foule des amis et connaissances qui sont venus présenter leurs condoléances et qui, comme cela est la coutume en Orient, envahissent la maison où ils vont passer des heures. « Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle s'en alla, et appela en secret Marie, sa sœur, disant : « Le Maître est là, et il t'appelle » (Jean 11, 29-30). Il l’attendait donc à l’écart. Marie se hâte. Elle ne s’était pas rendue compte que le grand ami de Lazare n’était pas loin. « Les Juifs qui étaient avec Marie, et la consolaient, l'ayant vue se lever en hâte et sortir, la suivirent en pensant : « Elle va au sépulcre pour y pleurer » (Jean 11, 31). (lire la suite) Mais elle prend une autre direction, ce qui doit les décontenancer quelque peu, surtout à cause de la rapidité que Marie met à se déplacer. « Lorsque Marie fut arrivée au lieu où était Jésus, le voyant, elle tomba à ses pieds, et lui dit : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11, 32). Elle dit exactement la même chose que sa sœur, mot pour mot. Avec une identique simplicité, avec une identique humilité. Elle ne doute pas que le Seigneur agit toujours à la perfection, et qu’il n’y arien à lui reprocher, jamais. Elle fait simplement état de sa conviction que si Jésus avait été présent, il aurait fait ce qu’il fallait pour que son frère ne mourût pas. « Jésus la voyant pleurer, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, frémit en son esprit, et se laissa aller à l'émotion » (Jean 11, 33). Jésus pleure à son tour, non seulement gagné par l’émotion, comme le souligne l’évangéliste, mais parce que son Cœur saigne de savoir mort celui qu’il aime spécialement. Ces pleurs de Jésus nous touchent de près. Saint Luc nous rapportera d’autres pleurs du Seigneur, lors de son entrée triomphale, euphorique, dans la Cité Sainte : « Quand il fut proche de la ville, en la voyant, il pleura sur elle » (Luc 19, 41). Il pleure l’ingratitude, il pleure sur les péchés des hommes qui vont être la cause de sa Passion et de sa propre mort. Il pleure sur nos péchés. Rien de ce qui arrive dans le monde, rien de ce qui se produit dans notre vie ne le laisse indifférent. Jésus est vraiment avec un Cœur de chair, qui saigne de douleur en présence du mal. « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait pour nous péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Corinthiens 5, 21). « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant pour nous malédiction, car il est écrit : Maudit quiconque est suspendu au gibet » (Galates 3, 13). (à suivre…)

lundi 22 juillet 2013

La résurrection de Lazare (4)

La résurrection de Lazare (4)

Marthe s’exprime en toute simplicité. Ce n’est pas vraiment un reproche, mais plutôt une constatation. « As-tu mesuré toute l'affection, toute la confiance que le Christ a reçues de ses amis ? Que de naturel chez les sœurs de Lazare quand elles lui reprochent son absence: nous t'avons prévenu ! Si tu avais été là !... — Dis-lui donc, alors, calme et confiant ; apprends-moi à te montrer le même amour que Marthe, Marie et Lazare ; tout comme faisaient les douze premiers, même si, au début, ils te suivaient pour des raisons qui étaient peu surnaturelles » (saint Josémaria, Forge, n° 495). Mais un constat empreint, là encore, de confiance, car Marthe ajoute : « Mais maintenant encore, je sais que tout ce que vous demanderez à Dieu, Dieu vous l'accordera » (Jean 11, 22). Elle a aussi l’humilité de ne rien imposer, de ne pas commander au Seigneur. Elle croit. N’est-ce pas suffisant ? (lire la suite) S’engage alors un dialogue : « Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » « Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier Jour » (Jean 11, 23-24). Effectivement, les morts ressusciteront au dernier jour. Les Juifs le croient. Nous aussi nous le croyons. C’est un des articles de notre foi. Nous le croyons dans le Christ. Abraham « estimait que Dieu a la puissance de ressusciter les morts » (Hébreux 11, 9). Or, Jésus-Christ est le Dieu vivant. C’est pourquoi il répond à Marthe : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Le crois-tu ? » (Jean11, 25-26). « ‘Quiconque croit en moi, fût-il mort, vivra’ ; fût-il mort de la vie temporelle. ‘Et quiconque croit en moi, ne mourra pas’, de la mort véritable. Ne soyez donc pas hors de vous parce que votre frère est mort ; je suis la résurrection ; seulement croyez : la mort temporelle n’est pas une mort ;- Ainsi, en même temps qu’il la console du malheur qui venait de l’atteindre, il ranime son espérance, soit en lui disant que son frère ressuscitera, soit en ajoutant : ‘Je suis la résurrection’, soit en affirmant que, vint-il à ressusciter, puis à mourir une seconde fois, il ne lui arrivera aucun mal. Ce n’est pas cette mort qui est à craindre. Lazare n’est pas mort, et vous ne mourrez pas non plus » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 62, 3). Jésus est en droit de nous poser cette même question. Marthe n’hésite pas : « Oui, Seigneur », lui dit-elle, « je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir en ce monde » (Jean 11, 27). Avons-nous cette même foi, cette même simplicité pour reconnaître la divinité de Jésus, qui est la Résurrection et la Vie, et pour reconnaître que nous n’avons la vie qu’en lui ? Avons-nous cette même simplicité et cette même spontanéité pour le confesser auprès de nos proches et de nos amis ? « Je puis tout en celui qui me fortifie » (Philippiens 4, 13), c’est-à-dire dans le Christ Jésus. (à suivre…)

dimanche 21 juillet 2013

La résurrection de Lazare (3)

La résurrection de Lazare (3)

« Les disciples lui dirent : « Maître, tout à l'heure les Juifs voulaient te lapider, et tu retournes là ? » (Jean 11, 8). Hier pas exactement, mais quelques jours plus tôt, comme le même saint Jean le rapporte au chapitre précédent, après que Jésus a dit : « Moi et le Père nous sommes un. De nouveau, les Juifs apportèrent des pierres pour le lapider » (Jean 10, 30-31). Nous comprenons l’émoi des apôtres. Jésus a une de ces réponses qui sont quelque peu énigmatiques : « N'y a-t-il pas douze heures dans le jour ? Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne se heurte point, parce qu'il voit la lumière du monde. Mais s'il marche pendant la nuit, il se heurte parce qu'il manque de lumière » (Jean 11 ; 9-10). Il rappelle indirectement qu’il est la Lumière du monde. « Il parla ainsi, et ajouta : « Notre ami Lazare dort, mais je me mets en route pour le réveiller. » Ses disciples lui dirent : (lire la suite) « S'il dort, il guérira. » Mais Jésus avait parlé de sa mort, et ils pensaient que c'était du repos du sommeil. Alors Jésus leur dit clairement : « Lazare est mort ; et je me réjouis à cause de vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez ; mais allons vers lui » (Jean 11, 11-15). « Dès qu’il leur a déclaré qu’il va non à Jérusalem mais à Béthanie, il ajoute : ‘Lazare dort ; je vais le réveiller de son sommeil.’ Je ne vais pas recommencer mes discussions avec les Juifs et les combattre de nouveau. Je vais ouvrir les yeux de notre ami à la lumière » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 62, 1). Remarquons que Jésus sait ce qui est advenu à Lazare sans que personne l’en ait prévenu. « Tout est à nu et sans masque » à ses yeux (Hébreux 4, 15). « Et Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, afin de mourir avec lui » (Jean 11, 16). C’est dire le contexte dramatique dans lequel se déroule la scène à laquelle nous assistons. Thomas envisage sérieusement la mort du Maître et celle de ses disciples. Mais cela n’arrête pas Jésus, car il aime Marthe, Marie et Lazare. Et que Lazare est mort. Et qu’il entend le ressusciter. Sa propre vie compte peu face au bien qu’il peut apporter à ses amis. « Jésus vint donc et trouva Lazare depuis quatre jours dans le sépulcre. Or, Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ. Beaucoup de Juifs étaient venus près de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Dès que Marthe eut appris que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si vous aviez été ici, mon frère ne serait pas mort » (Jean 11, 17-21). « Ce qui est admirable, c’est de voir les sœurs de Lazare, après avoir entendu dire que cette maladie ne causerait pas la mort de leur frère, assister à sa mort sans être scandalisées de cet événement contraire à la prédiction du Sauveur, et s’approcher de Jésus sans concevoir de lui une opinion défavorable » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 62, 1). (à suivre…)

samedi 20 juillet 2013

La résurrection de Lazare (2)

La résurrection de Lazare (2)

Cependant Jésus ne réagit pas comme Marthe et Marie l’escomptaient secrètement. « Ce qu'ayant entendu, Jésus dit : « Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle » (Jean 11, 4). Nous retrouvons le souci de la gloire de Dieu, tout comme dans le cas de l’aveugle de naissance (cf. Jean 9, 3). L’infirmité et la maladie sont permises par Dieu pour que par la guérison apportée par Jésus, Dieu soit glorifié. En même temps, puisqu’elles sont permises par Dieu, nous devons quant à nous les accepter et les aimer. Probablement nous ne serons pas l’objet d’une guérison miraculeuse, mais cette acceptation et cet amour des difficultés et des infirmités de la vie sont certainement une façon bien réelle de rendre gloire à Dieu en aimant sa très sainte et très aimable Volonté. Tout comme le Fils rend gloire à son Père en disant : « Ma nourriture, c’est de faire la Volonté de Celui qui m’a envoyé » (Jean 4, 34), Volonté qui, il le sait bien, comporte la Croix (lire la suite) « Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur Marie, et Lazare » (Jean 11, 5), précise saint Jean. Et parce qu’il les aime, il ne se désintéresse pas d’eux. Seulement voilà, ses plans, sa logique, son temps sont distincts des nôtres. Et nous, qui connaissons la suite de l’histoire, nous savons qu’ils sont meilleurs que les nôtres et supérieurs à eux, qu’ils nous portent au-delà des espérances purement humaines. « Ayant donc appris qu'il était malade, il resta deux jours encore au lieu où il était. Il dit ensuite à ses disciples : « Retournons en Judée » (Jean 11, 6-7). Évidemment, Jésus ne reste pas là où il est les bras croisés. L’activité évangélisatrice le sollicite pleinement, comme à l’accoutumée. Et il n’est sans doute pas rare qu’il doive s’asseoir, « fatigué du voyage » (Jean 4, 6), comme le jour où il convertit la Samaritaine et, par elle, une bonne partie des villageois de Sichar. « ‘Lorsqu’il eut parlé ainsi, il demeura deux jours dans ce lieu’. Pourquoi y demeura-t-il ? Afin que Lazare put rendre le dernier soupir et être enseveli ; pour ôter tout sujet de tenir un pareil langage : Il n’a ressuscité qu’un homme qui n’était pas mort. […] Aussi le Christ attend-il que la corruption se soit déclarée et que l’on puisse dire : ‘Déjà il sent mauvais…’ Après cela il dit à ses disciples : ‘Allons en Judée.’ Pourquoi Jésus, qui d’ailleurs ne fait point de prédiction pareille, en fait-il une ici ? Ses disciples étaient en proie à une terreur profonde : c’est pour les rassurer que le Maître leur annonce ce qui doit avoir lieu. Et que lui disaient-ils ? ‘Les Juifs cherchaient naguère à te lapider [cf. Jean 10, 31], et tu reviens au milieu d’eux !’ Ils craignaient à la vérité encore plus pour eux-mêmes que pour lui, parce qu’ils étaient loin de la perfection. Plus pressé par la crainte que les autres, plus faible aussi et plus incrédule, Thomas s’écrie : ‘Allons-y nous aussi, afin de mourir’ (Jean 11, 16) » avec lui (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 62, 1). (à suivre…)

vendredi 19 juillet 2013

La résurrection de Lazare (1)

La résurrection de Lazare (1)

« Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur » (Jean 11, 1). Marthe semble être la maîtresse de maison. En effet, « pendant qu'ils étaient en chemin, il entra dans un certain bourg, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison » (Luc 10, 38). Jésus s’arrête relativement fréquemment à Béthanie, ville qui se trouve proche de Jérusalem, « à quinze stades environ » (Jean 11, 18). Il y est accueilli avec joie par ces trois frère et sœurs, qui sont pour lui de très bons amis. Nous éprouvons une grande joie, nous aussi, à voir ces sentiments humains chez le Seigneur, à constater qu’il a un Cœur qui abrite des sentiments d’affection comme les nôtres. Que marquer des préférences n’est pas mauvais, mais quelque chose de naturel. Jésus sait qu’il peut trouver un havre de paix à Béthanie, qu’il y sera toujours reçu à bras ouverts, qu’il pourra y refaire ses forces. « Marie est celle qui oignit de parfum le Seigneur, et lui essuya les pieds avec ses cheveux » (Jean 11, 2). C’est une précision que Jean apporte quand il rédige son Evangile, même si l’événement de l’onction n’interviendra que plus tard (cf. Jean 12, 1-11). « Et c'était son frère Lazare qui était malade » (Jean 11, 2). (lire la suite) Jésus ne se trouve pas à Béthanie quand Lazare tombe malade. Apparemment cette maladie est suffisamment grave pour qu’elle suscite l’inquiétude de Marthe et de Marie. Aussi « les sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que vous aimez est malade » (Jean 11, 3). Elles lui envoient un messager chargé de l’avertir. Elle savent où il est, ce qui montre l’intérêt qu’elles portent à la mission de notre Seigneur, à son apostolat. Elles escomptent bien que Jésus comprendra la portée de la nouvelle et se mettra aussitôt en route pour venir au chevet de son ami et le guérir. Elles ont à la fois la simplicité de faire part au Maître de leur souci et la délicatesse de le laisser libre de sa décision. Cette même délicatesse qui doit marquer notre relation personnelle avec Jésus, cette même simplicité : il suffit de lui faire état de ce que nous ressentons, de nos préoccupations et soucis, de nos besoins ; et de nous présenter devant lui avec nos faiblesses et nos misères, les nôtres et aussi celles d’autrui : « Seigneur, celui que vous aimez est malade. » Et nous sommes tous quelqu’un qu’il aime. Nous sommes tous ses amis : « Vous êtes mes amis si vous faîtiers ce que je vous prescris. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; vous, je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père » (Jean 15, 14-15). C’est vraiment admirable. Il nous aime tous. Et « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). (à suivre…)