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jeudi 21 juin 2012

Dieu ne fait pas acception des personnes (1)

Dieu ne fait pas acception des personnes (1)

Quand le Seigneur Dieu envoie Samuel chez Jessé le Bethléemite pour qu’il choisisse parmi ses fils le roi qu’il s’est réservé comme successeur de Saül, « qu’il a rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël » (1 Samuel 16, 1), Samuel est séduit par la prestance du premier des enfants qui se présente, le dénommé Éliab. Mais Dieu lui fait comprendre que ce n’est pas lui son élu : « Ne considère pas son apparence ni la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais Dieu regarde au cœur » (1 Samuel 16, 7). De fait, ce ne sera que le tout petit dernier, le huitième fils d’Éliab, pour lequel le Tout-Puissant dira : « C’est lui » (1 Samuel 16, 12). Il s’agit de David, qui sera un serviteur particulièrement cher au Cœur de Dieu, car c’est de sa lignée que devra descendre le Messie, le Rédempteur de l’homme. (lire la suite) Cet épisode de l’histoire d’Israël, si lourd de signification et de conséquences, renferme un enseignement précieux : Dieu ne fait pas acception de personne. Il ne juge pas d’après les apparences, selon l’extérieur de l’homme, mais en fonction de son cœur. Il ne rejette personne, à moins d’être lui-même rejeté par les hommes. Car « celui qui vous rejette me rejette ; or celui qui me rejette, rejette celui qui m'a envoyé » (Luc 10, 13). Et encore… Il enverra précisément son Fils, le Messie, pour tenter de ramener au bercail les brebis perdues et dispersées (cf. Michée 4, 6). Ce sera une grande découverte qui s’imposera aux apôtres et aux premières communautés chrétiennes quand ils comprendront qu’ils sont chargés d’annoncer l’Évangile non seulement à leurs compatriotes juifs mais aussi aux gentils, c’est-à-dire aux païens de l’époque, au monde non juif. Car Dieu ne regarde pas la condition humaine, mais veut que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). Il apporte le salut à tous, sans exception, quelles que soient leur origine, leur situation, leur culture. Indépendamment même de leur credo. Et c’est pour tous, pour l’humanité tout entière, qu’il implore du haut de la croix le pardon de son Père : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34), ils ne se rendent pas compte des conséquences de leurs péchés. (à suivre…)

dimanche 7 février 2010

Marie et l'Incarnation (2)

Marie et l'Incarnation (2)

Il est vrai que Marie a fait don à Dieu de tout son être. Elle a tout donné. Absolument tout. Elle n'a rien gardé pour elle. Et pourtant... Il y a un « mais », en effet. Elle a donné tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle était, au moment où elle l'a remis à Dieu.
Or, Dieu n'arrête pas de nous gratifier de nouveaux cadeaux surnaturels, de grâces qui viennent s'ajouter aux précédentes. Et nous avons reçu grâce sur grâce. Dieu attend que ce que nous avons reçu gratuitement, nous le lui rendions gratuitement (Luc 9, 2). (lire la suite) Tout également. C'est pourquoi Marie a été capable de donner encore plus, alors qu'elle avait tout remis entre les mains de Dieu.
Elle naît toute sainte, et le diable n'a pas eu de prise sur elle, même pas une fraction de seconde. « Je mets une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne » (Genèse 3, 15). Elle est absolue. Marie a beau avoir un corps, être soumise à la matière, alors que le diable est une créature spirituelle, elle est au-dessus de lui, plus forte que lui. Ipsa conteret ! « elle écrasera » la tête du serpent (Genèse 3, 15). Ce qui a eu lieu.
L'Immaculée Conception prépare la Nativité virginale de Jésus, conçu par l'œuvre du Saint-Esprit. Voilà que Marie a prononcé le « oui » décisif, que toute la création attendait en retenant son souffle. Et elle reçoit le don du Saint-Esprit et, au même instant, le don du Fils de Dieu dans son corps, deux dons du Père, à Marie qu'il prend alors pour Épouse, deux dons du Père à l'humanité dont il fera de Marie la Mère.
Marie reçoit les dons les plus élevés, inégalables... Mais, « à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé » (Luc 12, 48). Ce n'est pas parce que Marie est la Mère de Dieu qu'elle échappe à cette loi. Bien au contraire. Elle est notre modèle dans toutes les vertus. Elle est exemplaire dans sa façon de répondre à Dieu. Elle avait tout donné. Elle reçoit beaucoup plus en retour : Dieu en personne, une libéralité infinie. Et Marie comprend que ce cadeau ne lui est pas destiné à elle seule. Elle a compris que le Fils qui lui est annoncé est rien moins que le Messie. L'archange saint Gabriel a été explicite. Tout le message de l'Annonciation est comme une reprise des annonces dès l'Ancien Testament, du livre de l'Exode, du 2ème livre de Samuel, des prophètes Isaïe et Sophonie. Les mots se mettent en place dans l'esprit de Marie et son Cœur bat désormais au rythme du Saint-Esprit, de l'Amour divin.
D'un seul coup, en un instant, son Cœur déborde d'affection pour le genre humain tout entier. Dieu lui a agrandi le Cœur, si bien qu'il y a de la place pour nous tous, et pour tous les pécheurs de tous les temps.

(à suivre...)