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mercredi 31 janvier 2007

2. La celebration des saints (suite)

2. La célébration des saints (suite)


Le Calendrier Romain est intimement lié à l’histoire du Martyrologe ; il a pour objet de mentionner le jour et le degré des célébrations en l’honneur des saints. Conformément à la disposition du Concile Vatican II, le Calendrier Romain Général comprend seulement les mémoires des « saints qui présentent véritablement une importance universelle », en laissant aux calendriers particuliers, qu’ils soient nationaux, régionaux, diocésains ou des familles religieuses, le soin d’indiquer les mémoires des autres saints.
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Il est opportun de rappeler la raison pour laquelle le nombre des célébrations des saints a été réduit, ainsi que la nécessité d’en tenir compte sur le plan pastoral : cette décision a été prise pour que « les fêtes des saints ne l’emportent pas sur les fêtes qui célèbrent les mystères du salut eux-mêmes ». Au cours des siècles, en effet, « la multiplication des fêtes, des vigiles et des octaves, ainsi que la complication progressive des diverses parties de l’année liturgique » avaient « souvent poussé les fidèles aux dévotions particulières, de telle sorte que leurs esprits ont été quelque peu détournés des mystères fondamentaux de notre rédemption ».
À partir de la réflexion sur les faits qui ont marqué l’origine, le développement et les différentes révisions du Calendrier Romain Général, il est possible de présenter les quelques orientations pastorales suivantes :
— il est nécessaire d’instruire les fidèles sur le lien existant entre les fêtes des saints et la célébration du mystère du Christ. En effet, la raison d’être des fêtes des saints est de mettre en lumière les réalisations concrètes du dessein de salut de Dieu, et de « proclamer les merveilles du Christ chez ses serviteurs » ; les fêtes des membres de l’Église, que sont les saints, sont en réalité aussi des fêtes de la Tête de cette même Église, c’est-à-dire des fêtes du Christ ;
— il convient d’habituer les fidèles à discerner la valeur et la signification véritable des fêtes de ces saints et de ces saintes, dont la mission particulière a marqué l’histoire du salut, et qui ont vécu dans une relation étroite avec le Seigneur Jésus : on peut citer, en particulier, saint Jean-Baptiste (24 juin), saint Joseph (19 mars), les saints Pierre et Paul (29 juin), les autres Apôtres et saint Évangélistes, sainte Marie Madeleine (22 juillet) et sainte Marthe de Béthanie (29 juillet), enfin saint Étienne (26 décembre) ;
— il convient d’encourager les fidèles à célébrer en priorité les saints qui, dans l’Église particulière, sont considérés comme les plus importants : par exemple, les Patrons ou ceux qui, les premiers, ont annoncé la Bonne Nouvelle à la communauté des origines ;
— enfin, il est utile d’enseigner aux fidèles le critère d’« universalité », qui caractérise les saints inscrits dans le Calendrier général, ainsi que le sens du degré de leur célébration liturgique : solennité, fête et mémoire (obligatoire ou facultative).

(à suivre…)

mardi 30 janvier 2007

9. Les formes de conscience

9. Les formes de conscience


Si nous revenons à l’existence du péché originel — c’est un passage obligé (voir mes textes des 12, 14 17
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et 26 novembre) — nous comprendrons d’emblée que la conscience humaine peut tromper, que ce jugement moral peut être erroné. Elle « n’est pas un juge infaillible »
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(Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 62).
On distingue la conscience vraie ou droite qui, à partir de principes vrais (la loi morale), émet un jugement véridique sur la licéité ou la non licéité d’un acte particulier ; et la conscience erronée ou fausse, qui émet un jugement faux, en disant qu’est bon ce qui est mauvais et inversement. Cette erreur « peut être le fruit d’une ignorance invincible, c’est-à-dire d’une ignorance dont le sujet n’est pas conscient et dont il ne peut sortir par lui-même » (Ibid.). Il n’y a pas de faute morale. Mais l’erreur peut aussi être due au fait que la personne « se soucie peu de rechercher le vrai et le bien et lorsque l’habitude du péché rend peu à peu sa conscience presque aveugle » (Ibid.). La conscience erronée de manière coupable n’est pas une excuse au péché et peut même l’aggraver.
On distingue également la conscience certaine, qui émet son jugement avec la certitude morale de ne pas se tromper ; la conscience probable, lorsqu’elle juge en étant convaincue qu’il existe une certaine probabilité d’erreur, moindre cependant que la probabilité d’être dans le vrai ; la conscience douteuse, quand la probabilité de se tromper est égale ou supérieure à celle d’être dans le vrai. Finalement on parle de conscience perplexe quand elle n’ose pas juger, parce qu’elle pense qu’il y a péché aussi bien à réaliser un acte qu’à l’omettre.
Dans la pratique il ne faut agir qu’avec une conscience vraie et certaine. On ne doit pas agir avec une conscience douteuse, mais il est nécessaire de sortir du doute en étudiant, en demandant, etc. (par exemple, si l’on doute que quelque chose soit un péché ou non, on ne doit pas le réaliser avant d’avoir dissipé le doute). Il va de soi que l’on ne peut jamais agir avec une conscience mauvaise.
Le jugement de la conscience est donc essentiel. Il porte sur une pensée, une action ou une omission, c’est-à-dire sur un objet, recherché avec une intention donnée par celui qui agit, et dans des circonstances déterminées. Ce sont les trois éléments dont dépend la moralité des actes humains.

(à suivre…)

lundi 29 janvier 2007

Prier tourne vers l’Orient

Prier tourné vers l'Orient


Le mot « orienter » est pris de nos jours dans une acception large. Mais il veut dire « tourné vers l’Orient » et correspond à l’attitude des premiers chrétiens qui, pour prier, se tournaient effectivement vers l’est. La direction de l’Orient était indiquée dans les lieus de prière ainsi que dans les maisons privées par une croix peinte sur le mur.
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La profession de foi du baptisé vers l’Orient s’oppose à l’abjuration de satan et de « ses pompes » face à l’Occident. Le symbolisme de l’Orient est triple. Il rappelle d’abord que la seconde venue du Christ sera « comme l’éclair apparaît à l’Orient et brille jusqu’à l’Occident » (Matthieu 24, 27). Ensuite, l’Orient désigne le Christ lui-même, comme saint Ambroise l’explique dans le rite baptismal : « Tu t’es tourné vers l’Orient. Celui qui renonce au démon se tourne vers le Christ et le regarde face à face » (cité par J. Daniélou, Bible et liturgie, Paris,1950, dont je m’inspire ici). Enfin, en référence à Genèse 2, 8 qui indique que « Dieu planta un jardin en Éden, à l’Orient », nous avons un rappel du paradis. Saint Cyrille de Jérusalem s’exprime en ce sens : « Quand tu renonces à satan, le Paradis de Dieu s’ouvre à toi, celui qu’il avait planté à l’Orient et d’où notre premier père avait été chassé à causée sa désobéissance. Et le symbole de cela, c’est que tu te tournes de l’Orient vers l’Occident. »
L’on prit très tôt l’habitude d’orienter également les églises. Le Temple de Jérusalem détruit « n’est plus considéré comme le lieu de la présence de Dieu. Le Temple de pierre n’exprime plus l’espérance des chrétiens — son rideau est déchiré à jamais. Le regard se tourne maintenant vers l’Orient, vers le soleil levant. Il ne s’agit pas de rendre un culte solaire, mais d’écouter le cosmos parler du Christ. Dans le psaume 19 (18) le soleil, assimilé au Christ, comme un époux, sort de son pavillon et se réjouit, vaillant, de courir sa carrière. À la limite des cieux il a son lever et sa course atteint à l’autre limite (versets 6-7). Ce psaume, qui passe sans transition de la glorification de la Création à la louange de la Loi, a maintenant pour référence le Christ, le Logos éternel, le Verbe vivant né de la Vierge Marie, véritable lumière de l’histoire qui illumine désormais le monde entier. L’Orient prend symboliquement le relais du Temple de Jérusalem et le Christ, représenté par le soleil, devient le lieu de la shekinah [la présence divine] du trône du Dieu vivant » (J. Ratzinger, L’Esprit de la liturgie, Genève, 2001, p. 57-58). D’où les représentations du Christ-Hélios dans l’iconographie paléochrétienne.
La prière vers l’Orient caractérise le christianisme, par opposition à la prière vers Jérusalem, chez les Juifs, et à la Qibla ou prière vers La Mecque, chez les musulmans.

dimanche 28 janvier 2007

La philosophie et la theologie




La philosophie et la théologie

En ce jour où nous fêtons saint Thomas d'Aquin, voici un texte qui montre les rapports de la philosophie et de la théologie : « Comme, dans son ordre naturel, la métaphysique parachevée en sa perfection est sagesse, ainsi la théologie dans sa perfection est sagesse. Certes, elle n’est pas la sagesse la plus haute : au-dessus d’elle il y a la sagesse des saints. Mais si le théologien participe aussi, fût-ce par le désir, à celle-ci, loin d’être détruite, sa sagesse théologique en sera accrue et purifiée.
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Le sage juge à la lumière des raisons premières et des causes suprêmes qu’il contemple. La sagesse théologique, enracinée dans la foi vive, participe à sa manière à la sagesse divine. Aussi le climat normal de la théologie est-il celui de la contemplation. C’est là une vérité fondamentale, que l’on a singulièrement oubliée de nos jours et je pense que cet oubli est loin d’être étranger à la crise actuelle de l’intelligence catholique.
À ce propos, nous pouvons faire une double remarque. La théologie est dite dans notre texte science et sagesse. Les deux termes ne s’opposent pas. La science renvoie en effet à la rigueur de la démarche, au sens où pour Aristote la philosophie a valeur de science. La sagesse, elle, exprime le sommet de ce savoir, là où il juge selon les raisons les plus hautes. Aujourd’hui quand on parle de science, le terme ne se réfère pas d’abord à la philosophie ou à la théologie spéculative, mais à un ensemble de disciplines qui, à l’instar des sciences de la nature, se définissent par le champ limité de leur objet et par un effort pour se soumettre aux exigences d’une méthode strictement déterminée. Dans la situation actuelle de la culture, ces disciplines prennent une importance grandissante. En soi, ce développement est un gain certain. Qu’on pense à l’histoire ou à l’exégèse, par exemple. Mais, par ailleurs, ce gain est gravement compromis par les conditions dans lesquelles il est acquis. En effet, l’essor des disciplines en question est la plupart du temps accompagné d’une éclipse de la philosophie et d’une méconnaissance, pleine de mépris qui est une marque de la myopie intellectuelle, de son usage en théologie. Or, dans ces sciences, la part de la conjecture et de l’opinion est grande, et d’autre part puisque la théologie spéculative ne peut se constituer sans l’appel à la philosophie, c’est l’orientation contemplative elle-même de tout le travail théologique qui est compromis. Aux yeux de plus d’un théologien, l’ambition qui doit animer la recherche n’est plus celle de la sagesse, mais celle de la science au sens moderne d’une procédure de plus en plus perfectionnée permettant de « maîtriser » l’objet, comme on le maîtrise dans des sciences polarisées par la technique. Et comme l’œuvre est moins aisée qu’il n’y paraît — de par la nature même de l’objet qui s’y refuse ! —, on déploie une somme considérable d’énergies à ce qui paraît être la condition et le premier moment de cette prise de l’objet, et qui est le moment négatif de la critique. D’où cette sûreté inébranlable pour décréter qu’une affirmation n’est pas certaine, — et d’autant moins certaine qu’il s’agit d’une certitude solidement fondée !
L’autre remarque concerne l’aspect existentiel de la sagesse théologique. En effet, dans la mesure où la théologie est intelligence de la foi, elle ne peut pleinement développer chez le théologien que pour autant que celui-ci s’engage de toute sa personne dans la vie de la foi. La tendance de faire de la théologie une « science » au sens restreint que nous avons dit se nourrit de l’illusion que le théologien peut être comme extérieur et étranger à son objet. L’engagement profond du théologien dans l’amour de la vérité révélée est une condition nécessaire de l’exercice de la théologie. C’est dans ce sens que nous pouvons comprendre l’avertissement donné par Léon XIII. Après avoir mis en garde contre la tentation de faire de l’ingéniosité et de l’érudition « le tout ou le principal de la philosophie », il ajoute concernant la théologie sacrée : « Il convient, il est vrai, de lui apporter le secours et la lumière d’une érudition étendue. Mais il est absolument nécessaire de la traiter à la manière grave des scolastiques afin que, par les forces de la Révélation et de la raison jointes en elle, elle demeure le rempart inexpugnable de la foi » (G. Cottier, « La foi a besoin de la philosophie », dans Scripta Theologica 11 (1979), p. 701-702). (/span>

samedi 27 janvier 2007

Le culte des saints et des bienheureux

Le culte des saints et des bienheureux

Cette question a été traitée en détail par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline de la liturgie, aux numéros 226-247 d’un document intitulé Directoire sur la piété populaire et la liturgie, du 17 décembre 2001, dont je reprends ici les passages les plus significatifs, étant entendu que j’ai abordé ou j’aborderai certains de ces aspects sous une autre perspective.
Nous verrons successivement :

1. La célébration des saints
2. La célébration des saints (suite)
3. Le jour de la fête
4. Les litanies des saints
5. Les reliques des saints
6. Les saintes images
7. Les saintes images (suite)
8. Les processions
9. Les processions (suite)
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1. La célébration des saints
La célébration d’une fête en l’honneur d’un saint - et cela vaut aussi à leur propre niveau pour les bienheureux - est sans aucun doute une expression éminente du culte de la communauté ecclésiale : elle inclut très souvent la célébration de l’Eucharistie. La détermination du « jour de fête » du saint est une décision très importante sur le plan cultuel, mais elle est souvent complexe, parce qu’elle dépend de nombreux facteurs d’ordre historique, liturgique et culturel, qui ne sont pas faciles à harmoniser.
Dans l’Église de Rome et dans d’autres Églises locales, la célébration la plus ancienne fut celle de la mémoire des martyrs, le jour anniversaire de leur passion, qui marquait à la fois leur suprême identification au Christ et leur naissance au ciel ; elle fut suivie par la célébration du conditor Ecclesiæ [« fondateur de l’Église »], c’est-à-dire les évêques qui avaient dirigé ces Églises et les autres confesseurs de la foi, ainsi que de la commémoration annuelle de la dédicace de l’église cathédrale. La multiplication de ces diverses célébrations rendirent nécessaire la constitution progressive des calendriers liturgiques locaux, où furent mentionnés la date et le lieu de la mort de chacun des Saints ou groupe de Saints.
Ces calendriers particuliers permirent d’élaborer des calendriers généraux, dont les plus célèbres sont le Martyrologe syriaque (V siècle), le Martyrologium Hieronimianum (VI siècle), celui de saint Bède (VIII siècle), de Lyon (IX siècle), de Usardo (IX siècle) et d’Adone (IX siècle).
Le 14 janvier 1584, Grégoire XIII promulgua l’édition typique du Martyrologium Romanum [« Martyrologe romain »], destiné à l’usage liturgique. Jean-Paul II a promulgué la première édition typique du Martyrologe Romain, qui a été révisé à la suite du Concile Vatican II ; tout en se référant à la tradition romaine et en incorporant les données des différents martyrologes anciens les plus importants, cette édition typique rassemble les noms de très nombreux saints et bienheureux, et il constitue un témoignage extrêmement riche des multiples formes de sainteté que l’Esprit du Seigneur suscite dans l’Église à toutes les époques et en tous lieux.

(à suivre…)

vendredi 26 janvier 2007

26 janvier : st Timothee et st Tite

26 janvier : st Timothée et st Tite


Le 13 décembre 2006, le pape Benoît XVI a présenté les deux proches collaborateurs de saint Paul que sont les saints Timothée et Tite, fêtés aujourd’hui, 26 janvier.
« […] C'est à eux que sont adressées trois Lettres traditionnellement attribuées à Paul, dont deux sont destinées à Timothée et une à Tite.
Timothée est un nom grec et signifie « qui honore Dieu ».
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Alors que dans les Actes, Luc le mentionne six fois, dans ses Lettres, Paul fait référence à lui au moins à dix-sept reprises (on le trouve en plus une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu'il jouissait d'une grande considération aux yeux de Paul, même si Luc ne considère pas utile de nous raconter tout ce qui le concerne. En effet, l'Apôtre le chargea de missions importantes et vit en lui comme un alter ego, ainsi qu'il ressort du grand éloge qu'il en fait dans la Lettre aux Philippiens : « Je n'ai en effet personne d'autre (isópsychon) qui partage véritablement avec moi le souci de ce qui vous concerne » (2, 20).
Timothée était né à Lystres (environ 200 km au nord-ouest de Tarse) d'une mère juive et d'un père païen (cf. Actes 16, 1). Le fait que sa mère ait contracté un mariage mixte et n'ait pas fait circoncire son fils laisse penser que Timothée a grandi dans une famille qui n'était pas strictement observante, même s'il est dit qu'il connaissait l'Ecriture dès l'enfance (cf. 2 Timothée 3, 15). Le nom de sa mère, Eunikè, est parvenu jusqu'à nous, ainsi que le nom de sa grand-mère, Loïs (cf. 2 Timothée 1, 5). Lorsque Paul passa par Lystres au début du deuxième voyage missionnaire, il choisit Timothée comme compagnon, car « à Lystres et à Iconium, il était estimé des frères » (Actes 16, 2), mais il le fit circoncire « pour tenir compte des juifs de la région » (Actes 16, 3). Avec Paul et Silas, Timothée traverse l'Asie mineure jusqu'à Troas, d'où il passe en Macédoine. Nous sommes en outre informés qu'à Philippes, où Paul et Silas furent visés par l'accusation de troubler l'ordre public et furent emprisonnés pour s'être opposés à l'exploitation d'une jeune fille comme voyante de la part de plusieurs individus sans scrupules (cf. Actes 16, 16-40), Timothée fut épargné. Ensuite, lorsque Paul fut contraint de poursuivre jusqu'à Athènes, Timothée le rejoignit dans cette ville et, de là, il fut envoyé à la jeune Eglise de Thessalonique pour avoir de ses nouvelles et pour la confirmer dans la foi (cf. 1 Thessaloniciens 3, 1-2). Il retrouva ensuite l'Apôtre à Corinthe, lui apportant de bonnes nouvelles sur les Thessaloniciens et collaborant avec lui à l'évangélisation de cette ville (cf. 2 Corinthiens 1, 19).
Nous retrouvons Timothée à Éphèse au cours du troisième voyage missionnaire de Paul. C'est probablement de là que l'Apôtre écrivit à Philémon et aux Philippiens, et dans ces deux lettres, Timothée apparaît comme le co-expéditeur (cf. Philémon 1 ; Philippiens 1, 1). D'Éphèse, Paul l'envoya en Macédoine avec un certain Éraste (cf. Actes 19, 22) et, ensuite, également à Corinthe, avec la tâche d'y apporter une lettre, dans laquelle il recommandait aux Corinthiens de lui faire bon accueil (cf. 1 Corinthiens 4, 17 ; 16, 10-11). Nous le retrouvons encore comme co-expéditeur de la deuxième Lettre aux Corinthiens, et quand, de Corinthe, Paul écrit la Lettre aux Romains, il y unit, avec ceux des autres, les saluts de Timothée (cf. Romains 16, 21). De Corinthe, le disciple repartit pour rejoindre Troas sur la rive asiatique de la Mer Égée et y attendre l'Apôtre qui se dirigeait vers Jérusalem, en conclusion de son troisième voyage missionnaire (cf. Actes 20, 4). À partir de ce moment, les sources antiques ne nous réservent plus qu'une brève référence à la biographie de Timothée, dans la Lettre aux Hébreux où on lit : « Sachez que notre frère Timothée est libéré. J'irai vous voir avec lui s'il vient assez vite » (13, 23). En conclusion, nous pouvons dire que la figure de Timothée est présentée comme celle d'un pasteur de grand relief. Selon l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, écrite postérieurement, Timothée fut le premier évêque d'Éphèse (cf. 3, 4). Plusieurs de ses reliques se trouvent depuis 1239 en Italie, dans la cathédrale de Termoli, dans le Molise, provenant de Constantinople.
Quant à la figure de Tite, dont le nom est d'origine latine, nous savons qu'il était grec de naissance, c'est-à-dire païen (cf. Galates 2, 3). Paul le conduisit avec lui à Jérusalem pour participer au Concile apostolique, dans lequel fut solennellement acceptée la prédication de l'Evangile aux païens, sans les contraintes de la loi mosaïque. Dans la Lettre qui lui est adressée, l'Apôtre fait son éloge, le définissant comme son « véritable enfant selon la foi qui nous est commune » (Tite 1, 4). Après le départ de Timothée de Corinthe, Paul y envoya Tite avec la tâche de reconduire cette communauté indocile à l'obéissance. Tite ramena la paix entre l'Église de Corinthe et l'Apôtre, qui écrivit à celle-ci en ces termes : « Pourtant, le Dieu qui réconforte les humbles nous a réconfortés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais par le réconfort qu'il avait trouvé chez vous : il nous a fait part de votre grand désir de nous revoir, de votre désolation, de votre amour ardent pour moi... En plus de ce réconfort, nous nous sommes réjouis encore bien davantage à voir la joie de Tite : son esprit a été pleinement tranquillisé par vous tous » (2 Corinthiens 7, 6-7.13). Tite fut ensuite envoyé encore une fois à Corinthe par Paul — qui le qualifie comme « mon compagnon et mon collaborateur » (2 Corinthiens 8, 23) — pour y organiser la conclusion des collectes en faveur des chrétiens de Jérusalem (cf. 2 Corinthiens 8, 6). Des nouvelles supplémentaires provenant des Lettres pastorales le qualifient d'évêque de Crète (cf. Tite 1, 5), d'où sur l'invitation de Paul, il rejoint l'Apôtre à Nicopolis en Épire (cf. Tite 3, 12). Il se rendit ensuite également en Dalmatie (cf. 2 Timothée 4, 10). Nous ne possédons pas d'autres informations sur les déplacements successifs de Tite et sur sa mort.
En conclusion, si nous considérons de manière unitaire les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de plusieurs données très significatives. La plus importante est que Paul s'appuya sur des collaborateurs dans l'accomplissement de ses missions. Il reste certainement l'Apôtre par antonomase, fondateur et pasteur de nombreuses Églises. Il apparaît toutefois évident qu'il ne faisait pas tout tout seul, mais qu'il s'appuyait sur des personnes de confiance qui partageaient ses peines et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur promptitude à assumer des charges diverses, consistant souvent à représenter Paul également en des occasions difficiles. En un mot, ils nous enseignent à servir l'Évangile avec générosité, sachant que cela comporte également un service à l'Église elle-même. Recueillons enfin la recommandation que l'Apôtre Paul fait à Tite, dans la lettre qui lui est adressée : « Voilà une parole sûre, et je veux que tu t'en portes garant, afin que ceux qui ont mis leur foi en Dieu s'efforcent d'être au premier rang pour faire le bien » (Tite 3, 8). À travers notre engagement concret, nous devons et nous pouvons découvrir la vérité de ces paroles, et, précisément en ce temps de l'Avent, être nous aussi riches de bonnes œuvres et ouvrir ainsi les portes du monde au Christ, notre Sauveur. »

mercredi 24 janvier 2007

25 janvier : la conversion de saint Paul


25 janvier : la conversion de saint paul


L'Apôtre des Gentils, c'est-à-dire des non-Juifs, a raconté lui-même à deux reprises sa conversion, alors qu'il se rendait à Damas avec plein pouvoirs pour arrêter les chrétiens et les amener enchaînés à Jérusalem : dans les Actes des apôtres lorsque Paul s'adresse aux Juifs de Jérusalem (Actes 22, 5-16), et quand, prisonnier, il se défend devant le roi Agrippa à Césarée des accusations portées contre lui (Actes 26, 10-18). Saint Luc en donne également un récit détaillé dans Actes 9, 3-19.
Saül, de son nom juif, (lire la suite) est né à Tarse, en Cilicie, de la tribu de Benjamin. Il est citoyen romain de naissance. Il s'instruit à l'école de Gamaliel, "docteur de la Loi, respecté de tout le peuple" (Actes 5, 34), qui faisait partie du Sanhédrin, le conseil suprême des Juifs, lors de l'arrestation des apôtres (cf. Ibid.).
Paul est rempli de zèle pour le Seigneur. Il croit bien faire en s'opposant violemment à la nouvelle " secte ", c'est-à-dire les Juifs passés au christianisme. Mais sans le savoir, il contrarie les plans de Dieu. Déjà il consentait au meurtre d'Étienne, le premier martyr ou protomartyr (cf. Actes 8, 1). Dieu se sert de son zèle et de sa générosité pour les mettre à son service. Il lui apparaît, l'année 34 ou 35, et lui demande, en hébreu : " Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il est dur pour toi de regimber contre l'aiguillon. - Je dis : Qui est-tu, Seigneur ? - Et le Seigneur répondit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et tiens-toi droit. Voici pourquoi je te suis apparu : c'est pour te prendre comme serviteur et comme témoin des choses que tu as vues et de celles que je te ferai voir encore. Je t'ai tiré du sein de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t'envoie pour leur ouvrir les yeux, les faire passer des ténèbres à la lumière et de l'empire de satan à Dieu " (Actes 26, 14-18).
Nous pouvons constater que l'initiative vient de Dieu. Toute vocation est au sens propre un " appel ". Elle n'est donc pas le fait de l'homme, dont le rôle se limite à l'accepter avec l'aide de la grâce. Nous voyons également ici que Paul a une vision du Christ, qu'il n'a pas connu, contrairement aux douze apôtres. C'est donc par une révélation privée que Paul connaît le contenu de la foi, qu'il va se mettre à enseigner à son tour.
Envoyé en particulier auprès des païens, il entreprendra trois longs voyages missionnaires, en ayant Antioche de Syrie comme base logistique. Le premier voyage (printemps 45-printemps 49) est raconté dans Actes 13, 1-14, 28, le second (fin 49/début 50-automne 52) dans Actes 15, 36-18, 22 et le troisième (printemps 53-printemps 58) dans Actes 18, 23-21, 16. Ce dernier voyage s'achève à Jérusalem, où Paul est arrêté par les Romains à la suite d'une émeute provoquée contre lui par des Juifs (Pentecôte 58). Il en appelle à César et est donc transféré d'abord à Césarée maritime (58-60), puis à Rome (printemps 60-printemps 61). Les Actes s'achèvent sur cette première captivité de Paul (printemps 61-printemps 63). Il faut compléter sa biographie par les épîtres de Paul et la tradition recueillie dans des écrits tels que l'épître du pape saint Clément (fin du IIer s.) et le Canon de Muratori (vers 180). Il est probable que saint Paul ait entrepris en 63-64 le voyage projeté en Espagne (cf. Romains 15, 24.28).
Emprisonné de nouveau à Rome, à l'automne 66, il est décapité près de Trois Fontaines, à Acque Salvie, en 67.

Les Douze apotres (3)

Les Douze apôtres (3)


Par la suite, Irénée, indiquant ici ce réseau de la succession apostolique comme garantie de la persévérance dans la parole du Seigneur, se concentre sur cette Église « souveraine, très ancienne et connue de tous » qui a été « fondée et constituée à Rome par les très glorieux Apôtres Pierre et Paul », en donnant de l'importance à la Tradition de la foi, qui en celle-ci parvient jusqu'à nous depuis les Apôtres, à travers les successions des évêques. De cette façon, pour Irénée et pour l'Église universelle, la succession épiscopale de l'Église de Rome devient le signe, le critère et la garantie de la transmission ininterrompue de la foi apostolique
(lire la suite)
: « À cette Église, en raison de sa principale particularité (propter potiorem principalitatem), il est nécessaire que s'unisse chaque Église, c'est-à-dire les fidèles partout où ils sont, car en elle, la tradition des Apôtres a toujours été conservée... » (Adversus hæreses, III, 3, 2, PG 7, 848). La succession apostolique — qui a lieu sur la base de la communion avec celle de l'Église de Rome — est donc le critère de la permanence de chaque Église particulière dans la Tradition de la foi apostolique commune, qui, à travers ce canal, a pu parvenir jusqu'à nous depuis les origines : « Selon cet ordre et cette succession est parvenue jusqu'à nous la tradition qui est dans l'Église depuis les Apôtres et la prédication de la vérité. Il s'agit là de la preuve la plus complète que la foi vivifiante des Apôtres est une seule et la même, ayant été conservée et transmise dans la vérité » (Ibid., III, 3, 3, PG 7, 851).
Selon ces témoignages de l'Église antique, l'apostolicité de la communion ecclésiale consiste dans la fidélité à l'enseignement et à la pratique des Apôtres, à travers lesquels est assuré le lien historique et spirituel de l'Église avec le Christ. La succession apostolique du ministère épiscopal est la voie qui garantit la transmission fidèle du témoignage apostolique. Ce que représentent les Apôtres dans la relation entre le Seigneur Jésus et l'Église des origines est représenté de manière analogue par la succession ministérielle dans la relation entre l'Église des origines et l'Église actuelle. Il ne s'agit pas d'un simple enchaînement matériel ; c'est plutôt l'instrument historique dont se sert l'Esprit pour rendre présent le Seigneur Jésus, Chef de son peuple, à travers ceux qui sont ordonnés pour le ministère par l'imposition des mains et la prière des évêques. À travers la succession apostolique, c'est alors le Christ qui nous rejoint : dans la parole des Apôtres et de leurs successeurs, c'est Lui qui nous parle ; par leurs mains, c'est Lui qui agit dans les sacrements ; dans leur regard, c'est son regard qui nous enveloppe et nous fait sentir aimés, accueillis dans le cœur de Dieu. Et aujourd'hui aussi, comme au commencement, le Christ lui-même est le véritable pasteur et gardien de nos âmes, que nous suivons avec une grande confiance, gratitude et joie (Benoît XVI, Audience générale du mercredi 10 mai 2006).

(fin)

mardi 23 janvier 2007

8. La conscience

8. La conscience

Ce qui nous intéresse ici, c’est la conscience morale, qui n’est autre qu’«un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1778), « approuvant ceux (les choix concrets) qui sont bons, dénonçant ceux qui sont mauvais » (Ibid., n° 1777).
Or, « au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir.
(lire la suite)
Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela. » Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » (concile Vatican II, constitution pastorale sur l’Église dans le monde Gaudium et spes, n° 16). Ainsi « c’est par le jugement de sa conscience que l’homme perçoit et reconnaît les prescriptions de la loi divine » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1778).
La conscience est une « voix » qui prévient de ce qui est bon et de ce qui est mal en appliquant la loi morale aux actes concrets, et qui pousse à suivre le bien et fait des reproches (donne des « remords ») si on suit le mal. Elle « est un jugement qui applique à une situation concrète la conviction rationnelle que l’on doit aimer, faire le bien et éviter le mal. Ce premier principe de la raison pratique appartient à la loi naturelle, et il en constitue même le fondement. […] Tandis que la loi naturelle met en lumière les exigences objectives et universelles du bien moral, la conscience applique la loi au cas particulier » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 59).
Tout homme est tenu de suivre sa conscience, quand bien même il se trouverait dans l’erreur. Cette obligation naît du caractère obligatoire de la loi morale. « C’est l’obligation de faire ce que l’homme, par un acte de sa conscience, connaît comme un bien qui lui est désigné ici et maintenant » (Ibid.). Par conséquent : a) il ne peut y avoir d’opposition objective entre l’obligation de suivre le jugement de la conscience et celle de suivre la loi morale, car « le jugement de la conscience ne définit pas la loi, mais il atteste l’autorité de la loi naturelle » (Ibid., n° 60) ; b) l’homme « ne doit donc pas être contraint d’agir contre sa conscience. Mais il ne doit pas être empêché non plus d’agir selon sa conscience, surtout en matière religieuse » (concile Vatican II, déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ, n° 3), pourvu qu’il respecte l’ordre et la moralité publiques (Ibid., n° 7). L’autorité, quelle qu’elle soit a le devoir de respecter la liberté des consciences de ses sujets ; c) chacun est responsable des actes qu’il réalise ; cette responsabilité constitue un appel à chercher la vérité morale et à se laisser guider par elle dans l’action : « Le degré de maturité et de responsabilité de ces jugements [de la conscience] — et, en définitive de l’homme, qui en est le sujet — se mesure non par la libération de la conscience par rapport à la vérité objective, en vue d’une prétendue autonomie des décisions personnelles, mais, au contraire, par une pressante recherche de la vérité et, dans l’action, par la remise de soi à la conduite de cette conscience » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 61).

(à suivre…)

lundi 22 janvier 2007

Les Douze apotres (2)

Les Douze apôtres (2)


Sans doute est-il utile d'expliquer brièvement ce que signifie le mot évêque. Il s'agit de la forme française du mot grec « episcopos ». Ce mot indique quelqu'un qui possède une vision d'en haut, quelqu'un qui regarde avec le cœur. Ainsi, saint Pierre lui-même, dans sa première Lettre, appelle le Seigneur Jésus « pasteur et évêque, gardien de vos âmes ». Et selon ce modèle du Seigneur, qui est le premier évêque, gardien et pasteur des âmes, les successeurs des apôtres se sont ensuite appelés évêques, « episcopoi ».
(lire la suite)
C'est à eux qu'est confiée la fonction de l'« episcopé ». Cette fonction précise de l’évêque évoluera progressivement, par rapport aux commencements, jusqu'à prendre la forme — déjà clairement attestée chez Ignace d'Antioche au début du II siècle (cf. Ad Magnesios, 6, 1, PG 5, 668) — de la triple charge de l'évêque, prêtre et diacre. C'est un développement guidé par l'Esprit de Dieu, qui assiste l'Eglise dans le discernement des formes authentiques de la succession apostolique, toujours mieux définie face à une pluralité d'expériences et de formes charismatiques et ministérielles, présentes dans les communautés des origines.
Ainsi, la succession de la fonction épiscopale se présente comme la continuité du ministère apostolique, garantie de la persévérance dans la Tradition apostolique. Le lien entre le Collège des évêques et la communauté originelle des Apôtres est tout d'abord compris dans l'optique de la continuité historique. Comme nous l'avons vu, aux Douze est tout d'abord associé Matthieu, puis Paul, puis Barnabé, puis d'autres, jusqu'à la formation, dans la seconde et troisième génération, du ministère de l'évêque. La continuité s'exprime donc dans cette chaîne historique. Et dans cette continuité de la succession se trouve la garantie de la persévérance, dans la communauté ecclésiale, du Collège apostolique rassemblé autour de lui par le Christ. Mais cette continuité, que nous voyons tout d'abord dans la continuité historique des ministres, est entendue également au sens spirituel, car la succession apostolique dans le ministère est considérée comme le lieu privilégié de l'action et de la transmission de l'Esprit Saint. Un clair écho de ces convictions se trouve, par exemple, dans le texte suivant d'Irénée de Lyon (deuxième moitié du II siècle) : « La tradition des Apôtres, manifeste dans le monde entier, se montre dans chaque Église à tous ceux qui veulent voir la vérité et nous pouvons énumérer les évêques établis par les Apôtres dans les Églises et leurs successeurs jusqu'à nous... (Les Apôtres) voulurent, en effet, que soient absolument parfaits et irrépréhensibles en toute chose ceux qu'ils laissaient comme leurs successeurs, en leur transmettant leur mission d'enseignement. Si ceux-ci avaient correctement compris, ils en auraient tiré un grand profit ; si, en revanche, ils avaient échoué, ils en aurait tiré un très grand dommage » (Adversus hæreses, III, 3, 1: PG 7, 848).

(à suivre…) (

dimanche 21 janvier 2007

7. L’homme face à la loi (suite)

7. L'homme face à la loi


« La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32). Il existe une « dépendance fondamentale de la liberté par rapport à la vérité » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 34). L’amour de la liberté, caractéristique de l’esprit chrétien, est inséparable de l’amour de la vérité.
(lire la suite)
« Vous avez été appelés à la liberté ; seulement que cette liberté ne se tourne pas en prétexte pour la chair ; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres » (Galates 5, 13).
« Pour se développer en conformité avec sa nature, la personne humaine a besoin de la vie sociale » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1891). Les lois humaines sont un élément nécessaire de cet ordre. « La loi est une règle de conduite édictée par l’autorité compétente en vue du bien commun » (Ibid., n° 1951). Il faut poser ici un principe essentiel : « La loi humaine a valeur de loi dans la mesure où elle est conforme à la raison droite : sous cet aspect, il est manifeste qu’elle dérive de la loi éternelle. Par ailleurs, dans la mesure où elle est contraire à la raison, elle est déclarée inique, et dès lors, n’a plus de valeur de loi, elle est plutôt une violence » (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique I‑II, q. 93, a. 3, ad 2). De plus, « toute loi portée par les hommes n’a de valeur de loi que dans la mesure où elle dérive de la loi de nature. Si elle dévie, en quelque point, de la loi naturelle, ce n’est déjà plus une loi, mais une corruption de la loi » (Ibid., q. 95, a. 2, c). Par conséquent ce qui est permis par la loi civile — ce qui est « légal » — n’est pas pour autant forcément permis par la loi morale. L’homme peut être tenu de s’y opposer, ce qu’illustrent les innombrables martyrs de la foi au long des siècles. La loi naturelle « procure la base nécessaire à la loi civile qui se rattache à elle, soit par une réflexion qui tire les conclusions de ses principes, soit par des additions de nature positive et juridique » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1959).
Au nombre des lois humaines figurent les commandements de l’Église qui ont pour objet de concrétiser la façon d’accomplir quelques-unes des obligations du chrétien : sanctifier les fêtes, recevoir les sacrements, faire pénitence et contribuer à ce que l’Église dispose des moyens matériels nécessaires pour accomplir sa mission sur cette terre.
Comment l’homme décide-t-il d’agir ? À partir du jugement de sa conscience.

(à suivre...)

samedi 20 janvier 2007

Les Douze apotres (1)

Les Douze apôtres (1)


Au cours de l’audience générale du mercredi 10 mai 2006, le pape Benoît XVI a parlé des douze apôtres de Jésus-Christ en général, avant de présenter chacun d’entre eux. J’ai déjà repris l’an dernier ses commentaires sur saint Simon et saint Jude (28 octobre), saint André (les 30 novembre et 1er décembre) et saint Jean (les 27 décembre, 28 décembre et 29 décembre 2006). Je continuerai cette année en mettant le texte correspondant le jour de la fête de l’apôtre en question. Je commence aujourd’hui la présentation générale
(lire la suite)
, qui sera donnée en trois fois :
« Au cours des deux dernières audiences, nous avons médité sur ce qu'est la Tradition de l'Eglise, et nous avons vu que celle-ci est la présence permanente de la parole et de la vie de Jésus parmi son peuple. Mais la parole, pour être présente, a besoin d'une personne, d'un témoin. C'est ainsi que naît cette réciprocité : d'une part, la parole a besoin de la personne, mais, de l'autre, la personne, le témoin, est lié à la parole qui lui est confiée et non pas inventée par lui. Cette réciprocité entre contenu — parole de Dieu, vie du Seigneur — et personne qui l'accomplit est caractéristique de la structure de l'Église, et nous voulons aujourd'hui méditer sur cet aspect personnel de l'Église.
Le Seigneur l'avait commencé en convoquant, comme nous l'avons vu, les Douze, à travers lesquels était représenté le futur Peuple de Dieu. Dans la fidélité au mandat reçu par le Seigneur, les Douze complètent tout d'abord, après son Ascension, leur nombre avec l'élection de Matthieu à la place de Judas (cf. Actes 1, 15-26), puis ils associent d'autres personnes aux fonctions qui leur sont confiées, afin qu'elles poursuivent leur ministère. Le Ressuscité lui-même appelle Paul (cf. Galates 1, 1) mais Paul, bien qu'appelé par le Seigneur comme Apôtre, confronte son Evangile avec l'Evangile des Douze (cf. Ibid. 1, 18), il se soucie de transmettre ce qu'il a reçu (cf. 1 Corinthiens 11, 23 ; 15, 3-4) et, dans la distribution des tâches missionnaires, il est associé aux Apôtres, ainsi que d'autres, par exemple Barnabé (cf. Galates 2, 9). De même qu'au début de la condition d'apôtre, il y a un appel et un envoi du Ressuscité, l'appel et l'envoi d'autres personnes se réalisera avec la force de l'Esprit par l'œuvre de ceux qui sont déjà constitués dans le ministère apostolique. Telle est la voie par laquelle se poursuivra ce ministère qui, ensuite, en commençant par la deuxième génération, s'appellera ministère épiscopal, « episcopé ».

(à suivre…)

vendredi 19 janvier 2007

La vie chretienne est fondamentalement un « oui

La vie chrétienne est fondamentalement un "oui"


C’est ce que nous pouvons déduire d’une homélie du pape Benoît XVI, au cours de laquelle il a déclaré notamment : « Le Baptême […] est un don ; le don de la vie. Mais un don doit être accueilli, doit être vécu. Un don d'amitié implique un « oui » à l'ami et implique un « non » à ce qui n'est pas compatible avec cette amitié, à ce qui est incompatible avec la vie de la famille de Dieu, avec la vraie vie dans le Christ. Et ainsi, dans ce second dialogue, sont prononcés trois « non » et trois « oui ». On dit « non » et on renonce aux tentations, au péché, au diable. […] (lire la suite)
Dans l'Église antique, ces « non » étaient résumés en une parole […] la « pompa diaboli », c'est-à-dire à la promesse de vie en abondance, cette apparence de vie qui semblait venir du monde païen, de ses libertés, de sa manière de vivre uniquement selon son bon plaisir. C'était donc un « non » à une culture apparemment d'abondance de la vie, mais qui en réalité était une « anticulture » de la mort. C'était un « non » à ces spectacles où la mort, la cruauté, la violence étaient devenus divertissement. Pensons à ce qui était organisé au Colisée ou ici, dans les jardins de Néron, où les hommes étaient brûlés comme des torches vivantes. […]
À notre époque aussi il est nécessaire de dire « non » à la culture largement dominante de la mort. Une « anticulture » qui se manifeste, par exemple, dans la drogue, dans la fuite de la réalité au profit de l'illusion, dans un bonheur faux qui s'exprime dans le mensonge, dans la tromperie, dans l'injustice, dans le mépris de l'autre, de la solidarité, de la responsabilité envers les pauvres et les personnes qui souffrent ; qui s'exprime dans une sexualité qui devient un pur divertissement sans responsabilité, qui devient une « chosification » – pour ainsi dire – de l'homme, qui n'est plus considéré comme une personne, digne d'un amour personnel qui exige fidélité, mais devient une marchandise, un simple objet. À cette promesse de bonheur apparent, […] nous disons « non », pour cultiver la culture de la vie. C'est pourquoi le « oui » chrétien, des temps antiques jusqu'à aujourd'hui, est un grand « oui » à la vie. C'est notre « oui » au Christ, le « oui » au vainqueur de la mort et le « oui » à la vie dans le temps et dans l'éternité.
Comme dans ce dialogue baptismal, le « non » est articulé autour de trois renonciations, de même le « oui » s'articule autour de trois adhésions : « oui » au Dieu vivant, c'est-à-dire au Dieu créateur, à une raison créatrice qui donne sens au cosmos et à notre vie ; « oui » au Christ, c'est-à-dire à un Dieu qui n'est pas resté caché mais qui a un nom, qui a des paroles, qui est fait de corps et de sang ; à un Dieu concret qui nous donne la vie et nous montre le chemin de la vie ; « oui » à la communion de l'Église, dans laquelle le Christ est le Dieu vivant, qui entre dans notre temps, entre dans notre profession, entre dans la vie de chaque jour.
« Nous pourrions dire que le visage de Dieu, le contenu de cette culture de la vie, le contenu de notre grand « oui », s'exprime dans les dix commandements, qui ne sont pas un ensemble d'interdits, de « non », mais qui représentent en réalité une grande vision de vie. Ils sont un « oui » à un Dieu qui donne sens à l'existence (les trois premiers commandements) ; « oui » à la famille (quatrième commandement) ; « oui » à la vie (cinquième commandement) ; « oui » à l'amour responsable (sixième commandement) ; « oui » à la solidarité, à la responsabilité sociale, à la justice (septième commandement) ; (huitième commandement) ; « oui » à la vérité« oui » au respect de l'autre et de ce qui lui est propre (neuvième et dixième commandements) […] » (Benoît XVI, Homélie, 10 janvier 2006).

jeudi 18 janvier 2007

Semaine de l'unite des chretiens


Semaine de l'unité des chrétiens


« En se conformant à la prière suivante de Jésus : « Que tous ils soient un, comme toi, Père tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jean 17, 21), l’Église invoque, à chaque Eucharistie, le don de l’unité et de la paix. De plus, dans la partie concernant les Messes célébrées à des intentions et pour des circonstances diverses, le même Missel Romain contient trois formulaires de Messes « pour l’unité des chrétiens ». Cette intention particulière est aussi présente dans les intercessions de la Liturgie des Heures (lire la suite) [la prière officielle de l’Église célébrée notamment par les prêtres, pour qui c’est une obligation quotidienne, et les membres de la vie consacrée].
Afin de respecter les diverses sensibilités de « nos frères séparés » [les baptisés non catholiques], les expressions de la piété populaire doivent elles aussi tenir compte des exigences de l’œcuménisme [les efforts accomplis pour parvenir précisément à l’unité de tous les chrétiens]. En effet, « la conversion des cœurs et la sainteté de vie, unies aux prières publiques et privées pour l’unité des chrétiens, doivent être regardées comme l’âme de tout l’œcuménisme et peuvent à bon droit être appelées œcuménisme spirituel ». Ainsi, un autre moment privilégié de rencontre entre les catholiques et les chrétiens appartenant à d’autres Églises ou Communautés ecclésiales, peut être constitué par la prière commune des chrétiens, afin d’obtenir la grâce de l’unité, pour présenter à Dieu les nécessités et les préoccupations communes, ou bien encore pour rendre grâces à Dieu et implorer son aide. « La prière commune est particulièrement recommandée pendant la « Semaine de prières pour l’unité des chrétiens », ou pendant la période qui s’écoule entre l’Ascension et la Pentecôte. » La prière pour l’unité des chrétiens est aussi enrichie par des indulgences [remise des peines dues pour les péchés]. (Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 17 décembre 2001, n°182).

mercredi 17 janvier 2007

6. L’homme face a la loi

6. L'homme face à la loi


En créant l’homme, Dieu lui a imposé une limite, ne pas manger du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal (cf. Genèse 2, 16-17). « Par cette image, la Révélation enseigne que le pouvoir de décider du bien et du mal n’appartient pas à l’homme, mais à Dieu seul » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 35). L’homme est donc invité à reconnaître en lui la loi morale que Dieu lui donne et à l’accepter, de sorte que « c’est dans cette acceptation que la liberté humaine trouve sa réalisation plénière et véritable. (lire la suite) […]« La Loi de Dieu n’atténue donc pas la liberté de l’homme et encore moins ne l’élimine ; au contraire, elle la protège et la promeut » (Ibid.).
L’homme dispose donc d’une véritable « autonomie morale ». C’est dire que Dieu respecte la liberté humaine, s’est en quelque sorte imposé cette limite à sa toute-puissance. En effet, il « a voulu le laisser à son propre conseil (Siracide 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s’achever ainsi dans une bienheureuse plénitude » (concile Vatican II, constitution Gaudium et spes, 17). L’autonomie morale est la capacité interne de la connaissance morale, mais elle ne consiste pas dans « la création des valeurs et des normes morales par la raison elle-même » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor n° 40). Autrement dit, l’homme n’est pas la source de la connaissance morale (connaissance du bien et du mal), « mais […] il y participe seulement par la lumière de la raison naturelle et de la révélation divine qui lui manifestent les exigences et les appels de la Sagesse éternelle » (Ibid., n° 41). C’est pourquoi « l’autonomie morale authentique de l’homme ne signifie nullement qu’il refuse, mais bien qu’il accueille la loi morale » (Ibid.). « La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine […]. Elle prescrit à l’homme les voies, les règles de conduite qui mènent vers la béatitude promise ; elle proscrit les chemins du mal qui détournent de Dieu et de son amour » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1950).
Il est erroné d’affirmer que Dieu n’est pas Législateur et qu’il a laissé à l’homme la tâche d’établir les normes morales, c’est-à-dire que les normes de la loi morale naturelle auraient leur origine exclusivement dans la raison humaine. Les normes morales ne seraient alors que le produit de la sagesse humaine, et non une participation de la Sagesse divine. Le pape Jean-Paul II a réfuté ces théories, en rappelant notamment que « cette prescription de la raison humaine ne pourrait avoir force de loi, si elle n’était l’organe et l’interprète d’une raison plus haute, à laquelle notre esprit et notre liberté doivent obéissance » (encyclique citée, n° 44). Il est donc erroné de délier la compétence morale humaine de la Sagesse de Dieu, en niant qu’il existe entre les deux une relation de participation, en vertu de laquelle la loi morale naturelle est une loi divine. « La loi est déclarée et établie par la raison comme une participation à la providence du Dieu vivant Créateur et Rédempteur de tous » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1951).

(à suivre…)

5. La loi divino-positive

5. La loi divino-positive


Le premier état de la Loi révélée est la Loi ancienne, communiquée par Dieu à Moïse. « Ses prescriptions morales sont résumées dans les dix commandements » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1962). Chacun des commandements exprime des conclusions immédiates de la loi naturelle.
La Loi nouvelle ou Loi évangélique, dite encore Loi du Christ, « mène à sa perfection la Loi ancienne » (lire la suite) (Ibid., 1967). Elle a été révélée par Jésus-Christ. Elle se trouve spécialement dans le Sermon sur la Montagne : « Vous avez appris qu’il a été dit aux ancêtres : « Tu ne tueras point »… Eh bien ! moi je vous dis : Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal… » (Matthieu 5, 21-48). « Le sermon du Seigneur, loin d’abolir ou de dévaluer les prescriptions morales de la Loi ancienne, en dégage les virtualités cachées et en fait surgir de nouvelles exigences : il en révèle toute la vérité divine et humaine. Il n’ajoute pas de préceptes extérieurs nouveaux, mais il va jusqu’à réformer la racine des actes, le cœur, là où l’homme choisit entre le pur et l’impur, où se forment la foi, l’espérance et la charité et, avec elles, les autres vertus » (Ibid., n° 1968). « Toute la Loi évangélique tient dans le « commandement nouveau » de Jésus de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés (Jn 13, 34 ; 15, 12) » (Ibid., n° 1970).
La Loi du Christ n’est pas comme la Loi ancienne qui ne faisait que montrer le chemin ; elle donne aussi la force pour le suivre. C’est pourquoi on l’appelle Loi de grâce, étant donné qu’elle communique la force intérieure de la grâce nécessaire pour bien agir dans la condition présente de nature marquée par le péché originel. On l’appelle aussi loi d’amour, parce qu’elle « fait agir par l’amour qu’infuse l’Esprit Saint » (Ibid., n° 1972). C’est en outre la loi de liberté parfaite (cf. Jacques 1, 25) parce qu’elle « nous incline à agir spontanément sous l’impulsion de la charité » (Ibid., n° 1972), et non comme des esclaves mus par la crainte.
L’Église est l’interprète authentique de la loi naturelle dans son Magistère (cf. Ibid., 2036), sa fonction d’enseignement. « L’Église a gardé fidèlement ce qu’enseigne la Parole de Dieu, non seulement sur les vérités à croire mais encore sur l’agir moral » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendorr, n° 28). « L’infaillibilité du Magistère des pasteurs s’étend à tous les éléments de doctrine y compris morale sans lesquels les vérités salutaires de la foi ne peuvent être gardées, exposées ou observées » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2051). Cette mission ne se limite pas aux seuls fidèles, mais concerne tous les hommes selon l’ordre du Christ : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples » (Matthieu 28, 29). Les chrétiens ont donc la responsabilité de défendre et enseigner la loi naturelle, puisque par la foi et avec l’autorité du Magistère, ils la connaissent facilement et sans erreur, et qu’avec la grâce ils ont la force de l’accomplir entièrement.

(à suivre…)

lundi 15 janvier 2007

15 janvier : saint Remi


15 janvier : saint Remi


L'évêque saint Remi (à noter que le « e » n'est pas accentué) mériterait de figurer dans le livre des records, car il a été nommé évêque à 22 ans et est mort âgé de 94 ans, soit après soixante-douze ans d'épiscopat, sans doute un record mondial de longévité !
Né en 439 dans une famille de l'aristocratie sénatoriale, il se distingue rapidement par son éloquence (que vante , par exemple, Sidoine Apollinaire, son contemporain). Remi occupe une place importante dans l'histoire du catholicisme et l'histoire de France. (lire la suite) En effet, après la victoire de Tolbiac remportée en invoquant « le Dieu de Clotilde », sa femme, Clovis ne se résoud toujours pas à embrasser la foi catholique, malgré sa promesse. Clotilde lui ménage une entrevue secrète avec Remi, sans que cela lève ses hésitations. Sur le conseil de sainte Geneviève, qui a sauvé Paris de l'invasion des Huns (voir la note du 3 janvier), il se rend à Tours, où l'on vénère les reliques de saint Martin, l'apôtre des Gaules (voir la note du 11 novembre 2006). Il y arrive vers le 11 novembre, anniversaire du saint, alors qu'une grande foule de pèlerin est venue vénérer ses reliques. C'est alors qu'a lieu la véritable conversion de Clovis.
Il demande le baptême. Remi l'instruit dans la foi catholique puis lui administre le sacrement du baptême à une date qui reste incertaine. Les commémorations du 1500e anniversaire du baptême de Clovis ont eu lieu en 1996, avec la participation du pape Jean-Paul II, mais il est plus probable que Clovis a été baptisé le jour de Noël 498 ou 499 que 496, en présence d'évêques venus de toute la Gaule. Trois mille de ses guerriers sont baptisés en même temps que lui, ainsi que sa sœur Alboflède, tandis que sa sœur Lantilde abandonnait l'arianisme. Alors que tous les royaumes voisins sont tombés dans l'hérésie arienne (niant que le Christ soit Fils de Dieu), le royaume franc va maintenir le flambeau du catholicisme et assurer l'avenir. C'est pourquoi certains, tel le général de Gaulle, ont pu parler du « baptême de la France ».
Selon la tradition, le prêtre chargé d'apporter les saintes huiles n'ayant pu se frayer un chemin à travers la foule, Une colombe apporta alors miraculeusement une ampoule, un flacon, remplie du chrême (l'huile bénie) nécessaire aux onctions du baptême. C'est la « sainte ampoule », qui a servi au sacre des rois de France jusqu'en 1825, à quelques exceptions près. On a d'ailleurs vu dans la cérémonie de baptême de Clovis aussi le sacre du roi, avec une onction royale.
Au cours de la cérémonie, l'évêque aurait dit au roi: « Incline-toi, fier Sicambre, brûle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brûlé. »
Une légende veut que Clovis ait tué d'un coup de framée un soldat qui refusait de restituer à Remi un vase sacré lui appartenant, le fameux « vase de Soissons ».
La vie de saint Remi est connue grâce à saint Grégoire de Tours, qui a utilisée une première Vita rédigée peu après la mort de l'intéressé, mais qui a disparu ensuite. Nous disposons également d'une Vita attribuée à Venance Fortunat, consacrée principalement à des miracles opérés par saint Remi ; et d'une troisième Vita, due cette fois-ci à Hincmar, successeur de Remi sur le siège épiscopal de Reims, récit destiné plus à rapporter les faits qu'à servir sa propre politique. Enfin les archives renferment quatre lettres de Remi et une reçue par lui.
Saint Remi figure au calendrier liturgique au 15 janvier, mais il est fêté solennellement à Reims et ailleurs le 1er octobre, date de la translation de ses reliques à l'abbaye des bénédictins, l'actuelle basilique Saint-Remi, à Reims.

dimanche 14 janvier 2007

4. La loi naturelle

4. La loi naturelle


La Loi naturelle est « l’expression humaine de la Loi éternelle » (Jean-Paul II, encyclique Veritatis splendor, n° 43). C’est « la Loi éternelle elle‑même, inscrite dans les êtres doués de raison et les inclinant à l’acte et à la fin qui leur sont propres ; et elle n’est que la raison éternelle du Dieu créateur et modérateur du monde » (Ibid., n° 44).
(lire la suite)
C’est par conséquent la lumière même de la raison « qui permet à l’homme de discerner par la raison ce que sont le bien et le mal » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1954) et qui nous commande de faire le bien et d’éviter le mal, pour tendre vers Dieu, notre fin ultime.
La loi morale naturelle est distincte des lois de la nature matérielle (les lois biologiques ne sont pas des lois morales). On l’appelle « naturelle », non qu'elle soit une loi physique, mais parce qu’elle consiste dans la lumière de la raison, qui est quelque chose de propre à la nature humaine. Cependant il ne faut pas oublier que la nature humaine est composée d’esprit et de matière ; c’est pourquoi la loi morale naturelle comprend aussi ce qui se réfère à l’usage du corps (cf. Jean-Paul II, encyclique citée, n° 44 et 50).
Gravée dans la nature humaine, cette loi ne vient pas s’ajouter à l’homme, tout comme la loi de la gravitation ne s’ajoute pas à la pierre. Elle a pour propriétés d’être universelle, car elle s’étend à toute personne humaine, de toutes les époques (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1956), ce qui exclue ce que l’on appelle la « »morale de situation »selon laquelle les normes morales s’adaptent en fonction des situations dans lesquelles l’individu se trouve ; immuable, car la nature humaine ne change pas dans ce qu’elle a d’essentiel (cf. Ibid., n° 1957‑1958) ; obligatoire puisque pour tendre vers Dieu « l’homme doit accomplir le bien et éviter le mal librement. Mais, pour cela, l’homme doit pouvoir distinguer le bien du mal. Et cela s’effectue surtout grâce à la lumière de la raison naturelle » (Jean-Paul II, encyclique citée, n° 42). Observer la loi morale peut être parfois difficile, mais jamais impossible.
Les préceptes de la loi naturelle peuvent être connus par tous grâce à la raison. Cependant, ils « ne sont pas perçus par tous d’une manière claire et immédiate » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1960). Leur connaissance dépend des bonnes dispositions de l’homme, et celui-ci, blessé par le péché originel, aveuglé et affaibli par ses péchés personnels, peut se tromper. C’est pourquoi, dans la situation actuelle, la Révélation est nécessaire à l’homme pour que les vérités morales puissent être connues « de tous et sans difficulté, avec une ferme certitude et sans mélange d’erreur » (Pie XII, encyclique Humani generis, 12 août 1950). « Dieu a écrit sur les tables de la Loi ce que les hommes ne lisaient pas dans leurs cœurs » (Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, 57, 1). C’est la loi divino-positive, que nous devons voir maintenant.

(à suivre…)

"Tout est pour le bien" (lettre aux Romains)


"Tout est pour le bien" (lettre aux Romains)

Il est quand même curieux que Lucifer, qui est un ange déchu, mais une créature dont l’intelligence est très supérieure à celle de l’homme, ne se rende pas compte que ses succès se transforment toujours en défaites et que, quoi qu’il fasse, il sera toujours écrasé : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête » (Genèse 3, 15). (lire la suite)Cela est particulièrement frappant avec le Christ : son arrestation et sa mise à mort sur la Croix apparaissent comme une grande victoire, l’élimination d’un homme qui faisait de grands miracles et dont la doctrine claire et revigorante enflammait les foules. Or, le Christ rebondit, en quelque sorte : sa mort sur la Croix est le moyen qu’il avait concerté avec les deux autres Personnes de la très Sainte Trinité, le Père et le Saint-Esprit, pour racheter les hommes de leurs péchés. Loin d’être une défaite, cette mort est la victoire définitive sur la mort elle-même, sur le démon et sur le péché.
Un tas de gens se laissent prendre au piège des hérésies et les répandent. Mais tout intelligent qu’il soit, satan ne fait que répéter les mêmes erreurs au long des siècles. Il manque d’imagination. Il rabâche. Ce n’est pas très glorieux. Dans un milieu scientifique, quelqu’un qui se contenterait de délayer des idées déjà énoncées serait sur le champ disqualifié comme manquant de sérieux. Et c’est bien ce qui se passe avec le diable. À défaut d’être disqualifié par les hommes, il se discrédite lui-même. « C’est par l’envie du diable que la mort s’est introduite dans le monde, mort qu’approuveront les sujets du diable » (Sagesse 2, 24-25). Il ne produit que la mort. Alors que Jésus-Christ est « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jean14, 6), et qu’il donne la vie à ceux qui le reçoivent bien disposés dans le sacrement de l’Eucharistie : « Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde » (Jean 6, 33).
Pour un croyant, Dieu fait « tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Romains, 8, 28). Tout a un sens, replacé dans le plan de salut que le Christ a mené à bien par son Incarnation, sa mort sur la Croix et sa glorieuse Résurrection au matin de Pâques. Tout a un sens, y compris la mort, « car pour moi, […] vivre est un gain » (Philippiens 1, 21), car c’est entrer dans la vie éternelle.

vendredi 12 janvier 2007

Un livre sur les Cristeros au Mexique

Un livre sur les Cristeros au Mexique


Hugues KÉRALY, La véritable histoire des Cristeros, préface du Cardinal Medina Estévez, París, Les Éditions de l’Homme Nouveau, 2006, 223 p.

Jusqu’ici, l’unique livre consacré en France à la révolution cristera, a été rédigé par le professeur Jean Meyer, Apocalypse et révolutions au Mexique. La guerre des Cristeros (1926-1929), París, 1974. L’auteur, qui se définit lui-même comme de gauche, a relevé à quel point l’Église et l’État « apportent le même acharnement à présenter une version officielle commune et tronquée (lire la suite) : il y a eu conflit entre deux institutions,puis l’héroïsme des clercs et celui des hommes d’État ont permis, selon les versions, de parvenir à un modus vivendi où chacun voit sa victoire. Dans cette version à double sens, il n’y a qu’un absent : le peuple en armes qui, trois années durant, tient tête à toutes les forces administratives, économiques et militaires de l’État solidement épaulé par les États-Unis ».
C’est cette histoire que raconte Hugues Kéraly, qui a commencé ses recherches à la fin des années soixante-dix du siècle dernier. Il a pu ainsi rencontrer des survivants, avoir accès à des archives familiales et à des publications semi-clandestines. C’est dire tout l’intérêt de ce travail qui s’appuie sur des documents de première main et pour la plupart inconnus.
Dans leur volonté d’éradiquer totalement et définitivement le catholicisme d’un pays foncièrement catholique, les « desfanatizadores » — comme ils se définissaient eux-mêmes, ceux qui « défanatisent » le peuple — ont mis le pays tout entier hors laloi. Si des Accords n’étaient pas intervenus en 1929, le gouvernement qui ne contrôlait plus que la capitale des États et quelques villes aurait vu le pouvoir lui échapper totalement.
L’auteur montre bien le côté radical de la législation antireligieuse du président Calles (1924-1928), dans un système où les pouvoirs exécutifs et militaires sont confondus. L’antithéisme est imposé à l’armée par la terreur. Le nombre de prêtres est limité État par État. Nombre d’églises sont profanées et détruites. La Loi fédérale du 14 juin 1926 expulse les congrégations religieuses, en particulier celles qui s’adonnent à l’enseignement ; un inventaire des biens de l’Église est dressé en vue de leur nationalisation ; toute organisation professionnelle non gouvernementale (elles sont catholiques) est mise hors-la-loi, etc.
Les évêques réagissent d’une façon surprenante : ils interdisent tout acte de culte dans l’ensemble du pays tout en interdisant au clergé de s’unir au peuple qui lutte pur la liberté religieuse et en les obligeant à résider dans les villes, privant ainsi le peuple de toute aide spirituelle. À l’exception de trois d’entre eux, qui finiront martyrs de la foi, les évêques s’opposent à toute violence contre le gouvernement, qui ne la ménage pas à l’encontre des révoltés.
L’auteur décrit la formation du mouvement spontané de rébellion, qui s’organise peu à peu pour se développer partout, avec ses organisations de jeunes, de femmes, etc. Il montre à quel point les États-Unis ont aidé le gouvernement mexicain, tandis que la hiérarchie et les organisations catholiques des États-Unis se désintéressent du mouvement cristero qu’ils abandonnent à son sort. De nombreux témoignages montre ce qu’il a été et la violence de la répression. Les insurgés sont parfois dépecés en partant des pieds… Ils sont fusillés au cri « ¡Viva el demonio! », « vive le démon ! », tandis qu’ils meurent en criant : « ¡Viva Cristo Rey y la Virgen de Guadalupe! », « Vive le Christ-Roi [d’où le nom de cristero] et Notre-Dame de Guadalupe [patronne du Mexique et des Amériques] ! ».
L’auteur indique aussi avec précision comment on en arrive aux Accords de 1929, alors que le gouvernement est aux abois. Les négociations sont menées par Dwight W. Morrow, l’ambassadeur des États-Unis, dont on ne peut que s’étonner de le voir décider du sort d’un peuple qui n’est pas le sien, et Mgr Ruiz y Flores, président du Comité épiscopal mexicain, face à un gouvernement résolument anticlérical qui ne consent pas à la moindre concession, envoyant ainsi les cristeros au massacre. Car ils obéissent la mort dans l’âme aux ordres de la hiérarchie ecclésiastique, derrière laquelle ils croient voir l’ordre du Saint-Siège. Pourtant Pie XI avait ouvertement soutenu au début la cause des cristeros. Si le Saint-Siège pense que les accords sont bons, cela semble dû, selon l’auteur, entre autres à l’activité déployée par le Père Walsh, jésuite américain.
Les Accords furent loin de mettre un terme au conflit. Les cristeros les respectèrent et déposèrent les armes. Violant ses engagements, le gouvernement en profita pour les éliminer, de sorte que le nombre des victimes fut plus élevé après les Accords que pendant les trois années de révolution…, davantage, selon Hugues Kéraly, que la guerre civile qui éclata en Espagne dix ans plus tard.
L’ouvrage donne in fine une brève biographie des trente-quatre martyrs cristeros béatifiés et canonisés par le pape Jean-Paul II en 2000 et en 2005.

jeudi 11 janvier 2007

3. La liberte humaine

3. La liberté humaine


La liberté de l’être humain « est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actes délibérés. Par le libre-arbitre, chacun dispose de soi. La liberté est en l’homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté. (lire la suite) La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 1731). « Tant qu’elle ne s’est pas fixée définitivement dans son bien ultime qu’est Dieu, la liberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal, donc celle de grandir en perfection ou de défaillir et de pécher » (Ibid., n° 1732). « La liberté de l’homme est finie et faillible. De fait, l’homme a failli. Librement il a péché […], il s’est trompé lui-même ; il est devenu esclave du péché » (Ibid., n° 1739). La liberté est un « signe privilégié de l’image divine » dans l’homme (Concile Vatican II, constitution pastorale sur l’Église dans le monde Gaudium et spes, n° 17 ).
En utilisant bien sa liberté, la personne humaine trouve sa perfection dans la recherche et l’amour du vrai et du bien (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 1704) et augmente sa ressemblance avec l’image de Dieu à laquelle elle a été créée (cf. Genèse 1, 27). En effet, comme l’Apôtre l’exprime, « nous tous, dont le visage découvert réfléchit la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, toujours plus glorieux, comme sous l’action du Seigneur qui est esprit » (2 Corinthiens 3, 18). L’homme atteint ainsi peu à peu la perfection, qui est la fin et la félicité de la personne humaine, et qui atteindra sa plénitude au ciel, dans la vision de Dieu « face à face » (1 Corinthiens 13, 12) : « Nous lui serons semblables, parce que nous Le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3, 2). L’homme est appelé à connaître Dieu (cf. Ibid., n° 1721), à « la vie parfaite avec la Très Sainte Trinité », qui est la « réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif » (Ibid., n° 1024). La gloire de Dieu, c’est que l’homme atteigne cette perfection et soit heureux ; et la félicité de l’homme, c’est de rendre gloire à Dieu (cf. Ibid., 294) : « La gloire de Dieu, c’est que l’homme vive, et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (Saint Irénée, Adversus hæreses 4, 20, 7).
Pour y parvenir, l’homme a la loi éternelle à sa disposition, comme une carte qui indique la route à suivre. On appelle loi éternelle le plan de la Sagesse divine pour conduire toute la création jusqu’à sa fin (cf. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, I-II, q. 93, a. 1, c). À travers la loi éternelle, « Dieu, dans son dessein de sagesse et d'amour, règle, dirige et gouverne le monde entier, ainsi que les voies de la communauté humaine » (concile Vatican II, déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ, n° 3). Par sa nature, l’homme participe à cette loi éternelle. Il faut parler maintenant de cette participation, appelée loi naturelle.

(à suivre…)

mardi 9 janvier 2007

La fin de l’Eglise ?


La fin de l'Église ?

On ne cesse d’entendre parler de la fin de l’Église. Cette ritournelle n’est pas nouvelle, d’ailleurs. L’histoire montre que, tout au long des deux millénaires de son histoire, l’Église catholique a connu des crises nombreuses et profondes, sous des formes diverses, tant internes qu’externes, et qu’elle a toujours rejailli avec vigueur là où on l’attendait le moins. (lire la suite) Elle s’en est certainement mieux sortie que la société civile. Il est vrai qu’elle connaît de nos jours, en Occident, une crise peut-être sans précédent, crise qui se traduit, entre autres, par une raréfaction préoccupante du nombre de vocations sacerdotales et religieuses, la difficulté croissante pour le peuple chrétien d’avoir accès aux sacrements, etc…
Regardons cependant au-delà du monde qui nous entoure. Les chiffres sont là, qui parlent d’eux-mêmes. Pour ne mentionner que le pontificat de Jean-Paul II — mais la tendance reste la même depuis —, le nombre de catholiques croît régulièrement de plus de dix millions par an, passant de 757 millions en 1978 à 1 060 840 000 en 2001. Pendant la même période, le nombre des évêques est passé de 3 714 à 4 649, celui des prêtres diocésains, malgré la crise de l’Europe occidentale, de 262 485 à 266 448, celui des prêtres religieux, de 158 486 à 138 619, et celui des séminaristes, de 63 882 à 112 244.
À cela il faut ajouter que, de son accession au Siège de Pierre jusqu’au 31 décembre 2002, Jean-Paul II a créé 332 nouveaux sièges archiépiscopaux et épiscopaux, 110 autres circonscriptions, cinq ordinariats militaires et la prélature personnelle de l’Opus Dei. Dans le même temps, il a élevé 200 circonscriptions de préfecture apostolique à vicariat apostolique, de vicariat apostolique à diocèse, etc. C’est dire la vitalité de l’Église catholique, en pleine expansion en Afrique, en Amérique et en Asie.
Disposant de données globales et d’une vision d’ensemble, on comprend que Jean-Paul II pouvait dire : je vois poindre un nouveau printemps de l’Église