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dimanche 26 mai 2013

Béatrice d’Ornacieux et Marie

Bienheureuse Béatrice d’Ornacieux (v. 1260-1303). Née à Ornacieux, dans le Dauphiné, elle entre à la Chartreuse Notre-Dame-de-Parménie à l’âge de 13 ans, puis fonde la Chartreuse d’Eymeux (Drôme). « La Reine des cieux était pour cette fille privilégiée un asile toujours sûr et ouvert. Dans les tempêtes et les tentations, elle trouvait le calme sous la protection de Marie ; dans les incertitudes et les angoisses de la vie, elle consultait toujours sa Mère du ciel, qui, avec tendresse et sollicitude, lui montrait toujours, telle un phare lumineux, le chemin qu’il convenait de suivre ». C’est ainsi qu’un jour, l’ayant suppliée de lui venir en aide, « immédiatement Marie se présenta à elle. Elle semblait n’avoir que quinze ans, mais sa beauté céleste ne peut être dignement exprimée avec le langage terrestre. La très glorieuse Reine, posant son regard maternel, doux et compatissant, sur Béatrice, lui dit : « Ma fille, n’ai pas peur et sois confiante, je suis la Mère du Roi Tout-Puissant, de qui je suis l’Épouse ; je suis la Mère de la miséricorde ; avec ce pouvoir et cette miséricorde, je prends ton corps et ton âme sous ma garde et ma protection. » Une autre fois, se lamentant de ne pouvoir assister aux offices du Vendredi Saint, elle pria la Sainte Vierge et se retrouva aussitôt en dehors de sa cellule et entra dans la chapelle à la stupéfaction de la Prieure et des autres religieuses.

mercredi 15 mai 2013

Saint André de Crète et Marie

Saint André de Crète (v. 660-740) est moine à Jérusalem, diacre à Constantinople, évêque de Gortyne (Crète). Il compose de nombreuses hymnes marials, protestant ainsi contre les iconoclastes. Il souligne le rôle d'Avocate de la Vierge et évoque sa Nativité : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »

mercredi 8 septembre 2010

La Nativité de Marie (1)

La Nativité de Marie (1)

La fête de la Nativité de la Sainte Vierge apparaît en Orient, où le synaxaire de Constantinople l'indique au 8 septembre selon le décret de l’empereur Maurice (582-602). L’Église de Jérusalem est probablement la première Église à honorer le souvenir de la Nativité de Notre Dame qu’elle célébrait dans une basilique proche de la piscine probatique, sur l’emplacement de la maison où, suivant la tradition, Marie serait née. Saint André de Crète (660-740) mentionne la Nativité dans ses homélies : « Aujourd'hui comme pour des noces, l'Église se pare de la perle inviolée, de la vraie pureté. Aujourd'hui, dans tout l'éclat de sa noblesse immaculée, l'humanité retrouve, grâce aux mains divines, son premier état et son ancienne beauté. (lire la suite) Les hontes du péché avaient obscurci la splendeur et les charmes de la nature humaine ; mais, lorsque naît la Mère de celui qui est la Beauté par excellence, cette nature recouvre en elle ses anciens privilèges, elle est façonnée suivant un modèle parfait et entièrement digne de Dieu. Et cette formation est une parfaite restauration et cette restauration est une divinisation et cette divinisation, une assimilation à l'état primitif. Aujourd'hui, contre toute espérance, la femme stérile devient mère et cette mère, donnant naissance à une descendance qui n'a pas de mère, née elle-même de l'infécondité, a consacré tous les enfantements de la nature. Aujourd'hui est apparu l'éclat de la pourpre divine, aujourd'hui la misérable nature humaine a revêtu la dignité royale. Aujourd'hui, selon la prophétie, le sceptre de David a fleuri en même temps que le rameau toujours vert d'Aaron, qui, pour nous, a produit le Christ rameau de la force. Aujourd'hui, une jeune vierge est sortie de Juda et de David, portant la marque du règne et du sacerdoce de celui qui a reçu, suivant l'ordre de Melchisédech, le sacerdoce d'Aaron. Pour tout dire en un mot, aujourd'hui commence la régénération de notre nature, et le monde vieilli, soumis à une transformation divine, reçoit les prémices de la seconde création. »
À Rome, la fête apparaît sous Serge Ier (687-701) : le pape, en sandales, se rend en procession de la basilique Saint-Adrien à celle de Sainte-Marie-Majeure, le 1er janvier, pour le « Natale Sanctæ Mariæ ». Benoît XIV (1740-1758) raconte que chaque année, au 8 septembre, un solitaire entendait des chants célestes. En ayant demandé la raison à Dieu, il lui fut répondu que c'était en l'honneur de la naissance de la Vierge Marie qui se célébrait au ciel et qu'il en était averti, car Marie étant née pour les hommes, il devrait faire en sorte que cette fête fût aussi célébrée sur terre. Le solitaire s'en ouvrit au pape qui institua alors la fête de la Nativité de la Sainte Vierge (Histoire des Mystères et des fêtes). Saint Bède le Vénérable (673-735) connaissait la fête en Angleterre, mais elle était absente de la liturgie Mozarabe de Tolède jusqu'au le X° siècle. En France, la fête la Nativité de la Sainte Vierge porta longtemps le titre de Notre-Dame Angevine, rappelant que la Vierge Marie, apparut, en 430, près de Saint-Florent, au saint évêque Maurille d'Angers pour lui demander d'instituer la fête de sa Nativité.


(à suivre…)

mardi 16 février 2010

L'Eucharistie et le ciel (1)

L'Eucharistie et le ciel (1)

« Que c'est beau ! Après la consécration, le Bon Dieu est là comme dans le Ciel » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 113). L'adverbe « comme » n'entend pas établir une comparaison qui équivaudrait à dire : « Comme si Dieu se trouvait au ciel », ce qui laisserait supposer qu'il n'est pas réellement au ciel dans l'auguste sacrement de l'Eucharistie. Pour nous, la présence véritable du Christ-Dieu dans les espèces sacramentelles est le ciel déjà commencé ici-bas, est le ciel.
Qu'est-ce que le ciel, sinon Dieu lui-même ? C'est la béatitude éternelle. C'est un degré de sainteté pérenne, participation de la sainteté de Celui qui est trois fois Saint. C'est un état (lire la suite) de perfection inentamée. Ce sont l'image et la ressemblance de Dieu retrouvés (cf. Genèse 1, 26). C'est un amour que rien ne peut faire défaillir. Dieu n'est-il pas tout cela à la fois ? La perfection absolue, personnifiée, et le lien de toute perfection en l'homme. Lien formé au moment du baptême et que l'Eucharistie ne cesse de renforcer en tant que sacrement de communion, de l'« union avec » Dieu par le Fils et avec son Esprit, lieu d'épanouissement maximum et véritable de notre identité d'enfant du Père.
« Si l'homme connaissait ce mystère, il mourrait d'amour » (curé d'Ars, Ibid.). Sans doute est-ce quand il acquiert cette connaissance qu'il ne tient plus en place et que Dieu le rappelle à lui. Si nous nous laissions pénétrer par ce mystère, notre foi en serait revigorée, elle serait à toute épreuve, car nous aurions alors une quasi-évidence de Dieu, de son existence, de sa présence amoureuse parmi nous. « Que c'est beau une âme ! Notre Seigneur en fit voir une à sainte Catherine. Elle la trouva si belle qu'elle dit : « Seigneur, si je ne savais pas qu'il n'y a qu'un Dieu, je croirais que c'en est un. » L'image de Dieu se réfléchit dans une âme pure comme le soleil dans l'eau. (...) Dieu contemple avec amour une âme pure. Il lui accorde tout ce qu'elle demande. Comment résisterait-il à une âme qui ne vit que pour lui, par lui et en lui ? Elle le cherche et Dieu se montre à elle ; elle l'appelle et Dieu vient ; elle ne fait plus qu'un avec lui ; elle enchaîne sa volonté. Une âme pure est toute-puissante sur le Cœur si bon de Notre Seigneur » (curé d'Ars, Ibid., p. 344).

(à suivre...)

dimanche 23 août 2009

La beauté de Marie

La beauté de Marie

Les hommes recherchent la beauté. « Or, Marie est le sommet de la beauté. Les chefs-d'œuvre ne sont jamais des beautés partielles, mais une synthèse du beau : Marie est la créature la plus transparente de la divine présence trinitaire : « Celui que les cieux n'ont pu contenir, tu l'as renfermé dans ton sein. » (...) La beauté est expression transparente : tous les arts ont cherché à l'exprimer et l'ont exprimé dans les chefs-d'œuvre de tous les siècles. La beauté est un don reposant : Marie, au milieu des tourments de la vie, apaise toutes les inquiétudes de la chair, de l'esprit et de la vie sociale » (Paul VI, Allocution, 12 septembre 1963). Marie est le « chef-d'œuvre de Dieu, (lire la suite) même si, comme la lune, elle est belle d'une beauté reflétée : pulchra ut luna (Cantique des cantiques 6, 9) » (Pie XII, Allocution aux Congrégations mariales d'Italie, 26 avril 1958).
Le futur pape Paul VI, un mois après son installation comme archevêque de Milan, publie une première lettre pastorale, Omnia nobis Christus est (« le Christ est tout pour nous »), dans laquelle il parle de la Vierge Marie comme incarnation de la beauté.
Son prédécesseur sur le siège de Milan écrivait : « Quoi de plus noble que la Mère de Dieu ? Quoi de plus resplendissant que celle qu'a choisie la Splendeur ? » (saint Ambroise, De Virginibus 2, 2, 7). Dante Alighieri vit au Paradis, au milieu « de plus de mille anges en fête », « s'épanouir une beauté qui était une joie - dans les yeux de tous les autres saints » (Paradis, chant 31, 130-135) : Marie ! »
Cependant « sur ce visage ne se révèle pas la beauté surnaturelle. Dieu a déversé la plénitude de ses richesses par un miracle de sa toute-puissance et alors il fait passer dans le regard de Marie quelque chose de sa dignité surhumaine et divine. Un rayon de la beauté de Dieu resplendit dans les yeux de sa Mère. Ne pensez-vous pas que le visage de Jésus, ce visage que les anges adorent, devait reproduire en quelque manière les traits du visage de Marie ? (...) Pulchra ut luna » (Pie XII, encyclique Fulgens Corona, 8 septembre 1953).

dimanche 19 juillet 2009

Une vie d'amour (1)

Une vie d'amour (1)

Jésus a affirmé qu'il est « la Vie » (Jean 14, 6). Non qu'il était la Vie, mais qu'il l'est dans l'éternité du Père et de l'Esprit Saint. Et nous, « nous annonçons la vie éternelle qui était dans le sein du Père et qui est apparue pour nous, afin que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ » (1 Jean 1, 2-3). De chacun des trois Personnes divines nous pouvons dire ce que saint Augustin écrivait à propos de l'Esprit Saint : « Mon amour est mon poids » (Confessions 13, 9). Ce qui leste mon âme. Le poids qui m'aide à trouver la juste mesure, celle du débordement, de l'effusion de l'amour.
Aimer Dieu parce qu'il nous fait entrer en lui, (lire la suite) vivre en lui, c'est aimer toujours plus. C'est être heureux que Dieu soit ce qu'il est, qui il est, tel qu'il est, et de ne pas pouvoir le comprendre, mais de devoir se prosterner avec admiration et reconnaissance, au seuil du mystère. Vivre en Dieu, c'est se réjouir de sa joie et de sa béatitude infinies.
Si nous cherchons à être des hommes spirituels, comme saint Paul nous y invite (cf. 1 Corinthiens 3, 1), au lieu d'agir en hommes charnels, ce qui nous attire vers Dieu, ce nes sont pas sa Bonté ou sa Beauté, sa toute-Puissante ou son Intelligence omnicompréhensive, ni tel autre de ses attributs. Non. C'est premièrement et fondamentalement, c'est exclusivement son Amour, car c'est ainsi qu'il s'est autodéfini : « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16).
Une présence qui n'a rien de passif, mais qui est agissante. La présence de Dieu en nous est celle de l'Ami. « Je vous ai appelés mes amis » (Jean 15, 15). Ce n'est donc pas un simple présence de corps, mais une présence d'attention, d'égards, de conversation, de commerce et d'échanges spirituels enrichissants. C'est une présence par laquelle la Trinité tout entière se fait connaître, entre en contact vital avec l'âme, la renforce dans son être.

(à suivre...)

mardi 10 mars 2009

Dieu

Dieu

Dieu s'est révélé comme Celui qui est ou Je suis celui qui est Je suis, exprimé sous le nom ineffable de YHWH (voir Exode 3, 14), manifestant par là qu'il est transcendant, au-delà du monde matériel, donc Deus absconditus, « Dieu caché » à nos yeux. Pour les chrétiens, Dieu est Un et Trine, à la fois Dieu unique, sans division intérieure, et Dieu en trois Personnes, Père, Fils et Saint-Esprit, la Sainte Trinité. Les propriétés de Dieu sont ses attributs. Toutes les qualités se trouvent en Dieu au degré de perfection infinie. Dieu est Vérité, Bien, Beauté, Toute-Puissance, Science, etc. Saint Jean résume ceci en disant que « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 8.16). Jésus parle de Dieu son Père comme du Dieu des vivants, le « Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob » (Marc 12, 26) (les grands patriarches de l'Ancien Testament). La piété populaire parle souvent du Bon Dieu.
Nous ne connaissons de Dieu que ce qu'il a bien voulu en révéler. Au ciel, l'âme le connaîtra tel qu'il est, dans une vision face à face pour l'éternité. L’existence de Dieu peut être connue par la raison, entre autres par les voies de Thomas d’Aquin (1225-1274). Ce que Dieu fait en dehors de lui-même est qualifié d’opérations ad extra, « à l’extérieur » de la Trinité. Dieu gouverne le monde par sa Providence, suivant les « voies de Dieu ».