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mercredi 24 avril 2013

Voir Dieu (4

Voir Dieu (4

« Si tu veux vraiment que ton cœur réagisse bien, je te conseille de t'introduire en pensée dans une des Plaies de Notre-Seigneur : c'est ainsi, en effet, que tu Le fréquenteras de plus près, que tu te placeras tout contre Lui, que tu sentiras palpiter son Cœur..., et que tu Le suivras dans tout ce qu'Il te demandera » (saint Josémaria, Forge, n° 755). Parce que l’union au Christ joyeusement souffrant pour nous libérer du péché doit faire naître en nous ces résolutions fermement arrêtées de ne pas nous laisser séduire par l’attrait des biens matériels et de ne pas rechercher l’affection humaine pour notre propre consolation, mais de nous appuyer sur la poitrine du Seigneur, comme l’apôtre Jean (cf. Jean 13, 23), afin que notre cœur batte au rythme de celui du Christ. Nous pouvons alors l’entendre renouveler son appel : « Viens et suis-moi ! » (Jean 1, 44) et, comme les Douze, larguer les amarres, relictis omnibus, laissant tout, absolument tout (cf. Luc 5, 11). Non que nous désertions le monde et ses activités, (lire la suite))mais en ce sens que nous les vivons en les replaçant exclusivement dans le cadre de la mission salvatrice du Seigneur, et que nous lui offrons tout, dans un esprit de corédemption, pour qu’il s’en serve au profit des âmes, et qu’il leur communique « grâce sur grâce » (Jean 1, 16). Je me souviens de quelqu’un qui, après avoir traversé les Pyrénées pendant la deuxième Guerre mondiale, et après avoir pu, dans des circonstances assez miraculeuses, sortir du camp de concentration de Miranda, en Espagne, est passé au Maroc. Là, aligné avec d’autres sur la jetée d’un port, il a vu un général passer devant eux et les dévisager un à un. Voyant la densité, la profondeur et la conviction de son regard, il s’est dit : « Celui-là, je le suivrai partout. » C’est ce qu’il a fait. Cet homme, c’était le général Leclerc de Hautecloque. Si nous pouvons avoir ce genre de réaction en présence d’un chef, d’un homme d’exception, n’est-il pas logique qu’une réaction semblable se produise en nous lorsque nous nous mettons en présence de Dieu ? En nous introduisant par la pensée dans les Plaies du Seigneur, nous pourrons effectivement le suivre dans tout ce qu’il nous demandera, le suivre partout, nous attacher à lui à tout jamais. C’est ce qui en vaut vraiment la peine, l’unique chose nécessaire, comme Jésus a tâché de le faire comprendre à Marthe, la sœur de Marie et de Lazare, à Béthanie (cf. Luc 10, 38-42), engluée qu’elle était dans le matériel, avec toute la meilleure bonne volonté du monde. Mais la bonne volonté ne suffit pas. Encore faut-il raisonner droitement, c’est-à-dire avec une vision surnaturelle des événements, en tenant compte de tous les facteurs. (à suivre…)

lundi 22 avril 2013

Voir Dieu (3)

Voir Dieu (3)

Tu verras le dos, l’envers de ma gloire, c’est-à-dire la Passion et l’humiliation dans le mystère pascal qui est l’envers de la glorification du Christ. « Ne pensez pas qu’elle soit quelconque ou négligeable, cette contemplation de l’envers de la sa gloire. Qu’Hérode la méprise ! Moi je la révère d’autant plus qu’elle s’est montrée plus méprisable à Hérode. L’envers de la Gloire a déjà de quoi nous béatifier : qui sait si Dieu va se retourner vers nous, et nous pardonner, et laisser derrière lui sa bénédiction. Parfois il montrera sa face, et nous serons sauvés ! Mais en attendant, il suffit qu’il nous prévienne des bénédictions de sa douceur, celles qu’il a coutume de laisser derrière lui. Qu’il nous montre, pour le moment, la trace de ses pas ; et une autre fois il se montrera de face, en pleine gloire. Dans son royaume il est sublime, sur la Croix il est doux et humble. Qu’il vienne à moi dans la vision de la croix, qu’il me comble de celle du Royaume ! Les deux visions me sont salutaires, les deux me sont savoureuses, mais l’une dans sa sublimité, l’autre dans l’humilité. Dans l’une il resplendit, dans l’autre il pâtit. (lire la suite) Si l’Église habite dans les Plaies de notre Seigneur – toute son histoire est une longue passion qui prolonge la Passion de son Fondateur, et qui trouve son expression sublime et son sommet dans la célébration ininterrompue du Saint Sacrifice de la messe sur les cinq continents , si donc l’Église habite les saintes Plaies du Christ, elle nous y introduit, elle nous y fait entrer avec elle. C’est très bon pour nous. C’est tout à l’avantage de celui qui entend approfondir sa relation affective avec Dieu et se laisser imbiber de son Amour. Car l’Amour de Dieu peut difficilement être poussé plus loin que dans le don de sa propre Vie, c’est-à-dire dans l’offrande du Fils fait homme. Et ce même si la puissance de Dieu est infinie. Don gratuit qui a pour objet de nous identifier au Christ souffrant pour ressusciter avec lui, pour nous installer dès à présent dans la proximité de Dieu, pour nous placer sur l’orbite de Dieu et, tout en étant dans le monde, ne pas être mondains, mais détachés des intérêts terrestres, mis à part notre désir ardent de transmettre notre foi à d’autres. Pour cela, comme saint Paul, « je me fais tout à tous, afin de les sauver tous » (1 Corinthiens 9, 22). (à suivre…)

samedi 4 septembre 2010

Confiance dans l’épreuve (3)

Confiance dans l’épreuve (3)

Comment puis-je douter de toi, de ta bonté ? Ce serait de l’ingratitude, alors que tu affirmes : « J’étais prêt à répondre à qui ne m’interrogeais pas ; je me laissais trouver par qui ne me cherchait pas ; je disais : « Me voici ! Me voici ! » à une nation qui ne portait pas mon nom » (Isaïe 65, 1). Or, je te cherche. Je te cherche de toutes les forces, car sans toi je suis démuni de tout et sans défense. Et je crie vers toi. Ecoute le cri de ma prière (Psaume 66, 19). Que ton oreille se fasse attentive. C’est toi qui nous à invités en ces termes : « Demandez et vous obtiendrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira » (Luc 11, 9).
« Réjouis l’âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j’élève mon âme » (Psaume 86, 4). Et je me reconnais pécheur, (lire la suite) le « premier d’être eux » (1 Timothée 1, 15). Je sais que toutes les grâces que tu m’octroies, toutes les vertus que tu fais fructifier en moi, je les porte « dans un vase d’argile » (2 Corinthiens 4, 7). Et que je dois constamment me méfier de moi-même, car j’ai une capacité étonnante, déconcertante, à me détourner de toi pour m’attacher à tout ce qu’il y a de clinquant autour de moi.
Je te parle comme à mon intime, et tu es « plus intime à moi que moi-même » (saint Augustin, Les Confessions 3, 6, 11). Je ne devrais pas m’approcher de toi, pauvre pécheur que je suis. Mais encore une fois, je suis ton fils et, plus encore, tu es mon Père. Et puis, dans ton illogisme divin, heureux illogisme ! « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Romains 5, 20).C’est ta justice distributive à Toi. Tu rends le bien pour le mal.
Tu te présentes à ton Père avec les traces des Plaies, les stigmates de ta Passion. Non pour éveiller en lui je ne sais quels sentiments de vengeance, mais pour l’émouvoir et attirer sur nous sa miséricorde et son pardon. Tu montres ton Cœur blessé, qui reste un Cœur qui aime les hommes à la folie. C’est tout juste si tu ne pleures pas en pensant à nous, à moi. Et, de fait, tu as pleuré, et plus que pleuré, tu as sangloté lourdement en approchant de Jérusalem, parce que « tu n’auras pas reconnu le moment où tu étais visitée » (Luc 19, 44). Je motive ces pleurs… Alors du fond de ma misère, je crie vers toi, Seigneur.
« Car tu es bon et clément, Seigneur, et plein de compassion pour tous ceux qui t’invoquent » (Psaume 86, 5). Oui, « tu es lent à la colère et riche en bonté » (Psaume 103, 8), et si tu te mets en colère, c’est que nous t’avons vraiment poussé à bout. Mais il se trouvera toujours un juste pour intercéder en notre faveur et détourner ta colère, un Abraham, un Moïse… Il y aura toujours le Juste par excellence, ton propre Fils, qui se dressera sur ta route et te suppliera : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Purifie mon cœur, « asperge-moi avec l’hysope, et je serai pur, lave-moi, et je serai plus blanc que neige » (Psaume 51, 9).

(à suivre…)

vendredi 25 septembre 2009

L'Eucharistie (3)

L'Eucharistie (3)

Les anges, a fortiori, sont incapables d'accomplir un tel exploit. D'ailleurs, ils sont de beaucoup inférieurs en sainteté à la très Sainte Vierge, qui est aussi leur Reine, qu'ils vénèrent et révèrent. Alors, effectivement, aurions-nous deux cents anges, qu'ils ne pourraient nous absoudre. À vrai dire, nous les avons, et bien plus que par centaines. Ils sont là, autour de nous, par légions. L'espace en est tout occupé.
Mais un ange peut toujours dire ; « Ceci est mon corps », il ne s'ensuivra rien du tout. En réalité, pour lui, cela n'aurait guère de sens, car il est un être purement spirituel. Il ignore de facto ce qu'est « avoir un corps ».
Le prêtre, lui, (lire la suite) prononce les mêmes mots et, sur-le-champ, le Christ fait irruption à l'autel. Il devient présent. « Ceci est mon Corps… », et Jésus s’est immolé, se cachant sous les espèces du pain. Maintenant il est là, avec sa Chair et avec son Sang, avec son Âme et avec sa Divinité : de la même manière que le jour où Thomas mit ses doigts dans les Plaies glorieuses » (saint Josémaria, Sillon, n° 684). Pareillement, ni plus ni moins. Jésus-Christ, qui est « le même hier, aujourd'hui et pour les siècles » (Hébreux 13, 8). Le Jésus de toujours, le Jésus éternel, immense et tout-puissant.
Le prêtre nous apporte le plus grand des cadeaux, Dieu en personne, fait homme et devenu nourriture de vie éternelle (cf. Jean 6, 51). Et il le laisse dans le tabernacle, pour qu'il puisse être porté en « Viatique » aux mourants, et pour que nous puissions venir l'adorer, lui tenir compagnie : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation » (Matthieu 26, 41). Il est réellement présent, le Jésus d'il y a deux mille ans, le Jésus de toujours. « Néanmoins, en bien des occasions, tu passes au loin sans esquisser ne fût-ce qu’une brève salutation de simple politesse, alors que tu le fais envers n’importe quelle connaissance que tu croises dans la rue. — Par rapport à Thomas, comme tu as peu de foi ! » (saint Josémaria, Ibid.).
Remercions Dieu pour le don du sacerdoce. Remercions Dieu pour le don de l'Eucharistie. Remercions Dieu de nous avoir donné une Mère aussi Sainte et Belle que Marie, dont le « oui », le fiat, a permis que le sacerdoce et l'Eucharistie soient des réalités centrales de la vie de l'Église et de l'existence chrétienne de chacun d'entre nous.

(fin)