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lundi 31 janvier 2011

Arrêts sur christianisme (67)

Arrêts sur christianisme (67)


Le christianisme n’annonce pas seulement un quelconque salut de l’âme dans un au-delà imprécis, dans lequel tout ce qui, en ce monde, a été précieux et cher pour nous serait effacé, mais il promet la vie éternelle, « la vie du monde à venir » : rien de ce qui est précieux et cher pour nous ne sera perdu, mais trouvera sa plénitude en Dieu. ( …) On comprend alors que le christianisme donne une profonde espérance en un avenir lumineux et ouvre la voie à la réalisation de cet avenir. Nous sommes appelés, précisément en tant que chrétiens, à édifier ce monde nouveau, à travailler afin qu’il devienne un jour « le monde de Dieu », un monde qui dépassera tout ce que nous pourrons construire nous-mêmes ».

Benoît XVI, Homélie pour l’Assomption, 15 août 2010.

dimanche 30 janvier 2011

Sept dimanches de saint Joseph

Sept dimanches de saint Joseph

Une pieuse coutume de l’Eglise consiste à se préparer à la solennité du 19 mars, fête du saint patriarche Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie, en considérant tout au long des sept dimanches qui la précèdent, les joies et les douleurs du père nourricier de Jésus.
L’Eglise n’a pas formalisé cette pratique, qui est laissée à la libre initiative de chacun et à sa dévotion. (lire la suite) Mais il est bon de se fixer un point par lequel montrer notre affection et notre reconnaissance envers saint Joseph, point qui peut varier d’un dimanche à l’autre. Ce peut être, par exemple, de considérer plus spécifiquement telle ou telle vertu : le travailleur acharné, l’obéissance prompte, la docilité aux motions du Saint-Esprit, l’esprit d’initiative, l’humilité, la charité exemplaire, la chasteté, la loyauté…
Nous pouvons aussi offrir une « fleur » à saint Joseph, une petite mortification, un petit sacrifice, pour qu’il contribue à faire éclore des vocations de saints dans notre monde.

La communion des saints (2)

La communion des saints (2)

"Nous ne vénérons pas seulement au titre de leur exemple la mémoire des habitants du ciel ; nous cherchons bien davantage par là à renforcer l’union de toute l’Eglise dans l’Esprit grâce à l’exercice de la charité fraternelle. Car tout comme la communion entre les chrétiens de la terre nous approche de plus près du Christ, ainsi la communauté avec les saints nous unit au Christ de qui découlent, comme de leur chef, toute grâce et la vie du Peuple de Dieu lui-même » (concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium sur l’Eglise, n° 50). Nous ne vénérons pas les saints pour eux-mêmes, (lire la suite) mais pour ce qu’ils représentent, c’est-à-dire le Christ auquel ils se sont identifiés. Ils sont autant de chemins pour parvenir au Christ. Autant de façons d’être alter Christus, un autre Christ, le Christ lui-même.
Ceux qui sont au paradis ne se désintéressent pas de ce qui se passe sur la terre. Même les âmes du purgatoire voudraient nous éviter de devoir partager leur sort douloureux, comme saint Thomas More l’a relaté dans La Supplique des âmes du purgatoire. Il est logique qu’elles pensent à nous et se soucient de notre bonheur. C’est un acte de charité qu’ils ne peuvent manquer de faire en permanence. S’adressant à son frère, mort en 1138, saint Bernard dit, dans ses Sermons sur le Cantique des cantiques (26, 5) : « Celui qui est attaché à Dieu n'est qu'un même esprit avec lui, et tout est transformé dans son amour. Il ne peut avoir de pensée ni de goût que pour Dieu, et tout ce qu'il goûte et pense est Dieu même, parce qu'il est tout plein de lui. Or Dieu est amour, et plus une personne est unie à Dieu, plus elle est remplie d'amour. Et quoique Dieu soit impassible, il n'est pas incapable de compassion, puisque c'est une qualité qui lui est propre de faire toujours grâce et de pardonner. Il faut donc aussi, mon cher frère, que tu sois miséricordieux, puisque tu es uni à celui qui l'est si fort. Il est vrai que tu ne peux plus être malheureux, mais bien que tu sois incapable de souffrir, tu ne laisses pas de compatir aux souffrances des autres. (...) Tu as quitté ce qu'il y avait d'infirme en toi mais tu n'as pas perdu ce qu'il y avait de charitable ; car la charité ne se perd point (1 Corinthiens 13, 8), tu ne m'oublieras jamais. »
Oui, les saints du paradis ne peuvent pas nous oublier, nous, les terriens. Nous les prions, nous nous adressons à eux avec confiance, et ils y mettent du leur pour nous obtenir les grâces dont nous avons besoin. « Vivez avec une intensité particulière la communion des saints, et chacun sentira, à l’heure de la lutte intérieure, aussi bien qu’à l’heure du travail professionnel, la joie et la force de ne pas être seul » (saint Josémaria, Chemin, n° 545).

(fin)

samedi 29 janvier 2011

La communion des saints (1)

La communion des saints (1)

« Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant les promesses du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe.(…) Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir » (saint Bernard, Homélie pour la Toussaint). Les élus qui sont entrées au paradis ont reçu la couronne impérissable de gloire (cf. 1 Corinthiens 9, 25). Ils n’ont plus rien à attendre. Ils sont installés définitivement dans la contemplation et la louange de Dieu. Quand nous faisons mémoire d’eux, (lire la suite) collectivement comme au jour de la Toussaint, ou individuellement, nous ne leur apportons rien. Ils n’ont aucun besoin, si ce n’est de l’Amour de Dieu dont ils sont rassasiés et dans lequel ils se trouvent comme plongés. Evoquer le souvenir de leur victoire, de la sainteté qu’ils ont chèrement acquise, ne profite qu’à nous. C’est bien ce qui nous intéresse. Nous sollicitions de la sorte leur intercession, qu’ils s’occupent de nous, qu’il parlent de notre cas à Dieu pour qu’il nous prenne en pitié et nous aide à voir la vie avec plus d’optimisme et de vision surnaturelle.
« Il est dit dans Osée 1 : « J’exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre », c’est-à-dire que les prières des saints qui sont dans le ciel sauvent ceux qui demeurent sur la terre ; voici en quoi les prières des saints sont propres à nous donner l’espérance des biens du ciel. Il est écrit dans l’Apocalypse 8 : « La fumée des parfums composés des prières des saints, s’élevant de la main de l’ange, monta devant Dieu » ; ceci arrive, parce que les saints offrent à Jésus-Christ pour nous leurs prières, et qu’il les offre Lui à son Père, pour nous faire obtenir la rémission de nos péchés, et pour nous associer à eux » (saint Thomas d’Aquin, De venerabili sacramento Altaris 57, 3).
C’est une grande vérité que la communion des saints, et des plus consolantes. Cela ne cherche pas à nous endormir dans un sommeil trompeur, mais au contraire à nous réveiller, à nous stimuler à suivre l’exemple de ceux qui, quand ils étaient sur terre, ont combattu contre la tendance innée au mal et ont su remporter bataille sur bataille, non sans essuyer des échecs, transformés en autant de victoires par le repentir et la confession. Les saints font maintenant le lien entre le ciel et notre monde. Ils sont déjà comme une partie de nous-mêmes dans l’au-delà, le gage de notre propre résurrection. La très Sainte Humanité de Jésus-Christ avant tout nous fortifie dans l’assurance qu’il est possible d’aller au ciel, que la résurrection de la chair est une vérité de foi qui connaît déjà un début d’accomplissement.

(à suivre…)

vendredi 28 janvier 2011

Les sacrements de l’initiation (2)

Les sacrements de l’initiation (2)

« Ensuite il parfume ta tête avec l’huile de l’Esprit ; il te présente le vin qui réjouit le cœur et produit en ton âme cette sobre ivresse qui transporte ta pensée loin des choses passagères jusqu’aux réalités éternelles. Celui qui a goûté de cette ivresse passe de cette courte vie à l’immortalité, et habite dans la maison du Seigneur pour la longueur du jour » (saint Grégoire de Nysse, Sermon pour l’Ascension du Christ). Certes, il n’y a là aucun automatisme. Ce n’est pas un passeport assuré pour le ciel.
Mais celui qui a été de la sorte choisi et choyé par Dieu, s’il lui reste fidèle, s’il s’efforce au moins de lui rester fidèle, (lire la suite) en dépit des hauts et des bas de la vie intérieure, celui-là peut penser que, dans sa bonté et sa miséricorde, Dieu le fera passer de ce monde à une immortalité de bonheur, resserrera définitivement les liens qui l’unissent à lui et le fera pénétrer dans sa demeure « pour la longueur du jour », c’est-à-dire pour l’éternité.
Le repas eucharistique est le suprême épanouissement du baptême. Seul le baptisé peut accéder à l’Eucharistie, le baptisé en état de grâce. Et l’Eucharistie est le sommet de la vie chrétienne. Le baptême, qui découvre la vie trinitaire, est tout orienté vers l’Eucharistie dans laquelle le Fils de Dieu se donne personnellement à nous, pour que nous cessions autant que faire se peut d’être des hommes charnels et devenions spirituels. « Moi-même, mes frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à de petits enfants dans le Christ » (1 Corinthiens 3, 1). L’union qui s’instaure ainsi devra s’améliorer progressivement, s’amplifier de jour en jour, jusqu’à arriver à ne faire qu’un avec le Christ Seigneur. Jésus n’a-t-il pas prié, spécialement le Jeudi Saint, pour que nous ne fassions qu’un avec lui, « comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi » ? (Jean 17, 21).

(fin)

jeudi 27 janvier 2011

Les sacrements de l’initiation (1)

Les sacrements de l’initiation (1)

« Yahvé est mon pasteur : je ne manque de rien. Il m’installe en de verts pâturages (…). Il me conduit dans le droit chemin à cause de son nom. Quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton, c’est mon réconfort. Tu dresses pour moi une table au nez de mes ennemis » (Psaume 23, 1-2.3-4). Ce psaume peut être lu en rapport avec le baptême et l’Eucharistie. Au témoignage de saint Ambroise, ce psaume « qui s’applique bien aux sacrements célestes » était chanté de son temps au moment de la communion (De myst. 8, 43).
Saint Grégoire de Nysse y voit les étapes du progrès spirituel, (lire la suite) en lien avec les trois sacrements de l’initiation chrétienne : « En ce psaume, David t’invite à être cette brebis qui a Dieu pour berger et à qui aucun bien ne manque ; le bon berger se fait pour elle l’herbe du pâturage, l’eau rafraîchissante, la nourriture, la tente, le guide, tout ; il lui donne sa grâce, adaptée à toutes ses nécessités. Par tout cela, l’Eglise t’enseigne que tu dois d’abord te faire la brebis du bon berger, et te laisser conduire par la catéchèse vers les pâturages et les sources divines de l’enseignement pour être enseveli avec lui par le baptême en sa mort, et pour ne pas craindre une telle mort. Car ce n’est pas là la mort, mais « l’ombre de la mort » (Ps 22, 4), et son image » (Sermon pour l’Ascension du Christ).
L’ensevelissement dans la mort du Christ qui se produit au baptême procure la vie divine à l’âme et la projette dans l’orbite de Dieu, la fait pénétrer dans l’intimité de Dieu, qui est foncièrement Vie, vie vécue intensément, pleinement, infiniment et toujours au présent.
« Après cela il te console par la houlette du Saint-Esprit ; car le consolateur, c’est le Saint-Esprit » (Ibid.). C’est une allusion au sacrement de la confirmation, qui imprime un caractère à l’âme, un sceau indélébile, et qui en fait un soldat du Christ, armé pour proclamer et défendre la foi tout au long de sa vie, dans un monde si souvent hostile, qu’il faut précisément amener à découvrir cette foi au Dieu unique, Créateur et Sauveur. L’on s’explique que le pape Benoît XVI ait créé récemment un dicastère, un « ministère », chargé de la nouvelle évangélisation.
« Il dresse pour toi la table mystique, préparée contre la table des démons » (Ibid.). L’Eucharistie est le troisième sacrement de l’initiation. C’est le repas grâce auquel Dieu donne à l’âme une nourriture mystique, la nourriture spirituelle dont elle a besoin pour grandir en amour de Dieu et en sainteté, pour s’identifier progressivement au Dieu d’amour qui s’y trouve réellement, vraiment et substantiellement présent.

(à suivre…)

mercredi 26 janvier 2011

Nouveau film de Roland Joffé

Nouveau film de Roland Joffé

Roland Joffé, réalisateur de Mission, est le réalisateur d'un nouveau film, qui doit sortir au printemps, appelé There will be Dragons, qui relate la guerre civile d'Espagne et la vie de saint Josémaria, fondateur de l'Opus Dei. Il a expliqué sa démarche et les raisons de son choix dans un entretien à l'agence Zenit, publié en deux livraisons:
http://www.zenit.org/article-26557?l=french
There will be Dragons

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (3)


La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (3)

« Bien sûr, ceux-là ne peuvent lire les livres saints, qui, comme je l’ai déjà dit, s’appliquent à s’enivrer jusqu’au milieu de la nuit. Mais nous, si nous voulons plaire à Dieu et penser bien attentivement au salut de notre âme, nous devons aimer la sobriété et fuir loin l’ivresse, comme une fosse d’enfer. Soyez attentifs, je vous en prie, frères ; vous n’ignoriez pas ce que je vous dis » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 2).
Sans aller jusqu’à s’enivrer, il est vrai que nous consacrons un temps plus ou moins long à des choses inutiles, ou en tout état de cause nettement moins importantes que la lecture de la Sainte Ecriture, (lire la suite) divinement inspirée. Et qu’avec un minimum de bonne volonté, nous pouvons trouver facilement un peu de temps pour lire, méditer et approfondir la Sainte Ecriture, de sorte que nous y trouvions toujours la nourriture enrichissante, que nous y découvrions toujours un enseignement collant à nos besoins, parce que la Bible est d’une richesse infinie et inépuisable. Qui en fait l’expérience ne cesse de s’en émerveiller, à juste titre.
« Vous donc, frères, je vous en prie et je vous le redemande instamment : qui que vous soyez, si vous savez lire, relisez très fréquemment l’Ecriture Sainte (…). Car la lumière de l’âme et sa nourriture éternelle ne sont rien d’autre que la parole de Dieu, sans laquelle l’âme ne peut ni voir ni vivre ; en effet, comme notre chair meurt si elle ne prend pas de nourriture, ainsi notre âme également s’éteint si elle ne reçoit pas la parole de Dieu » (Ibid.). Ne restons pas sourds à cet appel de bon sens, qui répond à notre intérêt bien compris.

(fin)

mardi 25 janvier 2011

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

A quoi bon emmagasiner de grandes connaissances intellectuelles si nous passons à côté de tels écrits, les plus enrichissants, les plus nourrissants, les plus euphorisants aussi, qui soient ? « Même si un illettré ne peut pas lire l’Ecriture Sainte, rien ne l’empêche d’écouter avec bonne volonté celui qui lit. Quant à celui qui sait lire, ne peut-il se procurer des livres où il puisse lire à loisir la Sainte Ecriture ? » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 1).
Voulant expliquer l’obligation qui incombe à tous de lire la Sainte Ecriture, le saint évêque d’Arles ajoute : (lire la suite) « Arrachons-nous aux bavardages vains et aux plaisanteries mordantes ; rejetons autant qu’il est possible les propos oiseux et inconvenants, et voyons s’il ne nous reste pas de temps à consacrer à la lecture de l’Ecriture Sainte » (Ibid.). Il montre par là que ce n’est pas le temps qui nous manque, mais l’intérêt, et l’intérêt bien compris de notre âme qui, privée de la familiarité avec la Sainte Ecriture, s’étiole, n’arrive pas à s’élever au-dessus des contingences terrestres et est dépourvue d’élan vital pour entreprendre les choses de Dieu.
« Quand les nuits sont plus longues, y aura-t-il quelqu’un capable de tant dormir qu’il ne puisse lire personnellement ou écouter les autres lire l’Ecriture Sainte au moins pendant trois heures ? » (Ibid. 6, 2). Sans aller jusque-là, nous pourrions nous fixer pour objectif quotidien de quelques minutes consacrées à lire un passage du Nouveau Testament, sans préjudice de moments plus longs passés à lire d’autres passages à des époques plus favorables. La fréquentation de Dieu dans la Sainte Ecriture nous fait beaucoup de bien, nous sanctifie, nous permet de nous identifier progressivement au modèle qu’est Jésus-Christ, dont nous voyons la vie se dérouler sous nos yeux. « Dans ta prière, je te conseille d’intervenir dans les scènes de l’Évangile, comme un personnage de plus. Représente-toi d’abord la scène ou le mystère, qui te servira à te recueillir et à méditer. Ensuite mets à contribution ton intelligence pour contempler un trait de la vie du Maître : son Cœur attendri, son humilité, sa pureté, son accomplissement de la Volonté du Père. Puis raconte-lui ce qui t’arrive d’ordinaire dans ce domaine, ce qui se passe chez toi, en ce moment. Demeure attentif. Il voudra peut-être t’indiquer quelque chose : c’est alors que viendront les motions intérieures, les découvertes, les reproches » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 253). Et du coup les rectifications et de vrais progrès sur la voie de la sainteté. C’est bien ce dont une âme éprise de Dieu doit se soucier en priorité.

(à suivre…)

lundi 24 janvier 2011

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (1)

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (1)

« Inspire-toi des saintes paroles que tu as entendues de moi dans la foi et la charité qui sont dans le Christ Jésus. Garde le bon dépôt avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous » (2 Timothée 1, 13-14). Saint Paul revient à la charge : « Pour toi, tiens-t-en à ce que tu as appris et à ce dont tu as acquis la certitude : tu sais de qui tu l’as appris et que, depuis l’enfance, tu connais les Saintes Lettres ; elles peuvent te donner la sagesse qui mène au salut par la foi dans le Christ Jésus. Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit parfaitement équipé pour toute œuvre bonne » (2 Timothée 3, 14-17). (lire la suite)
Nous aimons prendre connaissance des nouvelles que nous recevons de membres de notre famille ou d’amis. C’est bien légitime. La curiosité intellectuelle nous pousse à lire de la littérature, des ouvrages d’histoire ou d’autres écrits qui permettent à notre esprit de s’enrichir ou de se détendre. Mais ici l’Apôtre nous parle de « Saintes Lettres » et d’Ecritures « inspirées de Dieu ». En effet, il ne s’agit pas de n’importe quelle littérature, mais de textes provenant directement de Dieu et que les auteurs sacrés ont rédigés sous son inspiration, sous sa dictée pourrions-nous même aller jusqu’à dire. « Les livres entiers tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, la Sainte Mère Eglise les tient, en vertu de la foi reçue des Apôtres, pour saints et canoniques, parce que, composés sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur, et ont été transmis comme tels à l'Eglise elle-même. Pour la rédaction des Livres saints, Dieu a choisi des hommes; il les a employés en leur laissant l'usage de leurs facultés et de toutes leurs ressources, pour que, lui-même agissant en eux et par eux , ils transmettent par écrit, en auteurs véritables, tout ce qu'il voulait, et cela seulement » (concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation, n° 11).
La Sainte Ecriture, ou Bible, est donc un ensemble de textes que nous ne pouvons pas traiter à la légère ou ignorer, sous peine d’un véritable et tragique sous-développement intellectuel. Ce sont des écrits fondateurs, qui déterminent notre foi et la foi de l’Eglise. Nous y trouvons développé tout ce qui constitue notre vie. La Sainte Ecriture nous met en contact direct avec Dieu. Elle est une expression de la Vérité qu’est Dieu. Elle nous transmet exactement tout ce que Dieu a voulu que nous sachions de lui et en rapport avec lui, c’est-à-dire qu’elle nous fait connaître les moyens de salut, ce qui nous permet d’atteindre « la beauté de la sainteté » (bienheureux John Newman).

(à suivre…)

dimanche 23 janvier 2011

Prier toujours et pour tous (2)

Prier toujours et pour tous (2)

« Entre dans ta chambre », pour te retrouver avec Dieu, en tête à tête. Dieu nous suffit, largement. Il ne supprime pas l’intérêt pour les choses de ce monde. Mais il nous aide à les aborder sereinement et sous un jour objectif, c’est-à-dire de voir en elles des moyens pour parvenir à être saints, non des fins en soi.
Il n’y a pas d’égoïsme à prier pour soi, parce que nous avons impérieusement besoin de l’aide de Dieu. Et qu’il convient de commencer par nous sanctifier pour pouvoir aider ensuite les autres à se sanctifier.
Mais parallèlement et en même temps, (lire la suite) il est bon de prier aussi pour les autres, de les intégrer à notre prière de demande, de les faire participer des grâces que nous demandons. « Apprends qu’il faut prier avant tout pour tout le peuple, c’est-à-dire pour tout le corps, pour tous les membres de ta mère, et c’est la marque de la charité mutuelle dans l’Eglise. Car, si tu demandes pour toi, ta demande ne vaudra que pour toi. Et si chacun prie seulement pour soi, celui qui prie est moins agréable à Dieu que celui qui intercède pour les autres. Mais si chacun prie pour soi, tous alors prient pour chacun » (saint Ambroise, Commentaire sur Caïn et Abel).
Une prière ouverte sur les besoins des autres est une prière qui témoigne de notre amour du prochain. Et s’il y a quelque chose qui peut toucher le Seigneur, c’est bien cet amour mutuel. N’a-t-il pas affirmé que c’est à cela que l’on reconnaîtra ses disciples ? (cf. Jean 13, 35). Si nous nous mettons tous à prier pour les autres, notre propre prière pour nous-mêmes s’en trouvera considérablement renforcée. Tout le monde y gagnera. « En conclusion, tu demandes pour toi seulement, tu seras seul, nous l’avons dit, à demander pour toi. Mais si tu demandes pour tous, tous demanderont pour toi. Et, en effet, toi-même tu es en tous. Ainsi, c’est un grand profit que les prières de chacun obtiennent pour chacun les suffrages du peuple entier. Il n’y a en cela aucune prétention, mais une plus grande humilité, et un fruit plus abondant » (saint Ambroise, Ibid.).

(fin)

samedi 22 janvier 2011

Prier toujours et pour tous (1)

Prier toujours et pour tous (1)

« Ô Dieu, entend mes cris ; sois attentif à ma prière » (Psaume 61, 2). L’homme se tourne continuellement vers Dieu et ne cesse de lui adresser des prières instantes, parce qu’il est toujours dans le besoin et qu’il n’est pas en mesure de résoudre seul les innombrables problèmes de la vie. « Ô Dieu, prête l’oreille à ma prière, ne te dérobe pas à mes supplications » (Psaume 55, 2). Le psalmiste se fait insistant, pressant, car il ressent l’urgence de cette aide de Dieu, de son intervention pour tout. « Ô Dieu, écoute ma prière, prête l’oreille aux paroles de ma bouche » (Psaume 54, 4). Pour se rendre plus crédible, il essaye de faire valoir sa droiture : (lire la suite) « Accueille, Yahvé, une juste requête, sois attentif à mon cri : prête l’oreille à ma prière qui ne sort pas de lèvres hypocrites » (Psaume 17, 1).
Paul dira : « Je veux que les hommes prient en tout lieu tenant levées les mains pures, étrangers à la colère et à la dispute » (1 Timothée 2, 8). « L’Apôtre enseigne à prier sans colère ni dispute afin que ta prière ne connaisse ni trouble ni interruption. Il nous enseigne aussi à prier en tout lieu, puisque le Sauveur a dit : Entre dans ta chambre » (saint Ambroise, Commentaire sur Caïn et Abel). « Pour toi, quand tu veux prier, entre dans ta chambre et, ayant fermé ta porte, prie ton Père qui est présent dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6, 6).
Le Seigneur veut dire par là qu’il ne faut pas imiter les pharisiens qui se donnent en spectacle et prient de façon ostentatoire, mais dont le cœur est loin de Dieu. Le Seigneur n’attend pas de manifestations spectaculaires de notre piété, mais qu’elle soit sincère. Qu’elle provienne d’un cœur humble et purifié de tout égoïsme. Il nous demande de faire taire les soucis et les préoccupations humaines, de nous vider de nous-mêmes pour penser à lui, de nous centrer sur lui. Nous pouvons effectivement difficilement prier si notre cœur et notre tête se remplissent de nous-mêmes, des mesquineries de notre caractère et de nos caprices.
« Entre dans ta chambre. » « Comprends bien qu’il ne s’agit pas là de la chambre formée de murs où ton corps va s’enfermer. Il s’agit de la chambre qui est en toi, où sont enfermées tes pensées, où demeurent tes sentiments. Cette chambre de ta prière est partout avec toi, et partout elle est dans un secret qui n’a pas d’autre témoin que Dieu » (saint Ambroise, Ibid.). C’est pourquoi il faut prier « en tout lieu ». Et il est bon de le faire, de nous habituer à le faire, de prier régulièrement, souvent, d’élever nos sentiments à des considérations d’ordre spirituel, à nous remettre en présence de Dieu, parce que notre attention est reprise sans cesse par la pesanteur humaine. Prier demande que nous fassions silence en nous. Ce n’est pas facile, parce que nous vivons dans un monde de bruits divers, certains d’un niveau élevé de décibels, qui empêchent de penser à autre chose.

(à suivre…)

vendredi 21 janvier 2011

Marche nationale pour la vie


Marche nationale pour la vie

Le 23 janvier prochain, à 14h30,

place de la République, à Paris, départ de la 7ème

Grande Marche nationale
pour le respect de la Vie.


organisée par le Collectif "En Marche pour la Vie !"

La Sagesse et la brièveté de la vie (3)

La Sagesse et la brièveté de la vie (3)

« Enseigne-nous à si bien compter nos jours que nous acquérions un cœur sage » (Psaume 90, 12). Apprends-nous à bien profiter du temps qui passe, pour qu’il ne nous éloigne pas de toi mais, au contraire, nous rapproche de plus en plus de toi. « Il y a une expression en français qui est : « Vivre sa vie. » Il me semble qu’on pourrait lui donner un synonyme qui serait : « Mourir sa vie. » Notre vie n’est pas autre chose en effet que le débit et l’utilisation de ce souffle que nous sommes finalement obligés, comme ont dit, de « rendre », de restituer. Chacun des épisodes les plus minimes de notre existence se passe à passer, autant dire à trépasser, (lire la suite) en laissant derrière nous à l’objectif de l’éternité qui est braqué sur nous une image indestructible. Mais ce passage bref d’une coulisse à l’autre nous a permis d’agir, de faire passer pour toujours quelque chose de la puissance à l’acte, d’enrichir d’une intonation ou d’une syllabe le récit que la Création fait à Dieu de cette impulsion que lui communique le Verbe temporel » (Paul Claudel, La Rose et le Rosaire).
C’est faire preuve de sagesse que de vouloir rester uni à toi envers et contre tout, en toutes circonstances, que de vouloir grandir dans ton amour, puisqu’aussi bien toute la vie chrétienne se résume à t’aimer. Rien n’est plus sage que d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit (cf. Matthieu 22, 37).
« Notre temps, que certains osent décrire comme caractérisé par l’absence de Dieu, est cependant toujours le temps de Dieu, qui ne saurait abandonner sa création, qui ne saurait à plus forte raison laisser son Eglise se débattre seule avec les difficultés du monde, alors qu’il lui a promis et donné son Esprit. Il faut en être bien persuadé ; je dirai même que cela fait partie d’une vision réaliste des choses. L’homme moderne est comme emporté par les bonds de la science et de ses applications, ou par des expériences faites librement dans tous les domaines, qui le laissent tantôt ébloui, tantôt effrayé ou blasé, distrait ou dispersé quant à la recherche de l’essentiel. Eh bien ! ce temps peut être celui de la découverte de Dieu et de la foi chrétienne. En tout cas, c’est le meilleur, puisque c’est le nôtre, celui qui nous est donné pour le vivre et le transformer au prix de luttes de toutes sortes et avec la grâce de Dieu » (Jean-Paul II, Aux évêques français de l’Ouest en visite ad limina, 18 mars 1982)

(fin)

jeudi 20 janvier 2011

La Sagesse et la brièveté de la vie (2)

La Sagesse et la brièveté de la vie (2)

« Job 31 : « La perte des années est un grand malheur. » Le temps, en effet, est une chose bien précieuse. Saint Bernard a dit : « Il n’y a rien de plus précieux que le temps, et pourtant les hommes ne voient rien de plus vil. » Ce qui doit nous faire juger du prix du temps, c’est qu’une minute suffit, avec l’aide de Dieu, pour nous délivrer de la mort éternelle, à laquelle nous étions condamnés, acquérir la grâce et mériter le royaume des cieux ; aussi devons-nous employer utilement notre temps. Ecclésiastique14 : « Mon fils, employez votre temps. » Ibid. : « Ne perdez aucun instant du jour. » Il faut surtout employer notre temps à l’affaire la plus importante, c’est-à-dire à celle du salut. Ô combien les damnés seraient heureux, si on leur accordait une heure seulement, (lire la suite) pour obtenir la grâce de Dieu, se délivrer de la condamnation à la mort éternelle et mériter le royaume des cieux ! » (saint Thomas d’Aquin, In libro de eruditionis principum 5, 6).
Le temps passe. Il s’écoule plus ou moins rapidement selon les gens et les circonstances, car nous ne l’appréhendons pas tous de la même façon : « Tu veux comprendre ce qu'est une année de vie : pose la question à un étudiant qui vient de rater son examen de fin d'année. Un mois de vie : parles-en à une mère qui vient de mettre au monde un enfant prématuré et qui attend qu'il sorte de sa couveuse pour serrer son bébé dans ses bras, sain et sauf. Une semaine : interroge un homme qui travaille dans une usine ou dans une mine pour nourrir sa famille. Un jour : demande à deux amoureux transis qui attendent de se retrouver. Une heure : questionne un claustrophobe, coincé dans un ascenseur en panne. Une seconde : regarde l'expression d'un homme qui vient d'échapper à un accident de voiture, et un millième de seconde : demande à l'athlète qui vient de gagner la médaille d'argent aux jeux Olympiques, et non la médaille d'or pour laquelle il s'était entraîné toute la vie » (Marcel Lévy, Et si c'était vrai...).
« Mes jours sont plus rapides qu’un coureur, ils fuient sans avoir vu le bonheur ; ils passent comme des barques de jonc, comme l’aigle qui fond sur sa pâture » (Job 9, 25-26). Job est pessimiste, car il est enfoncé dans des malheurs successifs qui l’ont frappé dans les siens, dans ses biens et dans sa propre chair. Oui, la vie s’écoule comme un éclair. Non, elle n’est pas triste. Du moins si nous nous efforçons de la vivre dans la société de Dieu, si nous voulons lui rester fidèle et vivre de sa propre vie, de la grâce sanctifiante qui agit dans l’âme du baptisé et tant que le péché mortel ne l’en exclut pas.

(à suivre…)

mercredi 19 janvier 2011

La Sagesse et la brièveté de la vie (1)

La Sagesse et la brièveté de la vie (1)

« Réfléchissant dans mon cœur que l’immortalité est le fruit de l’union avec la sagesse, qu’il y a dans son amitié une noble jouissance, et que les labeurs de ses mains produisent des richesses inépuisables, qu’on acquiert l’intelligence dans le commerce assidu avec elle, et la gloire à prendre part à sa conversation, j’allai de tous côtés, cherchant le moyen de l’avoir avec moi » (Sagesse 8, 17-18). C’est l’attitude d’une âme qui va à l’essentiel, à ce qui compte vraiment. Les richesses de Dieu, qu’il déverse à pleines mains dans l’âme, qui la rassasient sans la rassasier et dont elle ne se lasse jamais, car c’est avant tout le commerce agréable avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. C’est bien cela qu’il faut chercher partout, (lire la suite) en toutes nos actions. La sagesse donne l’intelligence correcte des choses, aide à resituer les moindres événements dans le cadre du plan du salut, de l’œuvre de la Rédemption. Elle découvre des horizons qui restent cachés à ceux qui lui sont étrangers, qui préfèrent la « sagesse » du monde, qui n’est souvent que « prudence de la chair » (cf. Romains 8, 6).
Faisons nôtre la prière du roi Salomon : « Dieu des pères, Seigneur de miséricorde, qui as fait toutes choses par ta parole et qui, par ta sagesse, as formé l’homme pour dominer sur toutes les créatures que tu as faites, pour régir le monde dans la sainteté et la justice, et exercer le pouvoir dans la droiture du cœur, donne-moi la Sagesse qui partage ton trône, et ne me rejette pas du nombre de tes enfants. Car je suis ton serviteur et le fils de ta servante, un homme faible, à la vie courte » (Sagesse 9, 1-5). Le temps dont nous disposons est bref, même si notre pays compte un nombre sans cesse accru de centenaires. Mais qu’est-ce que cent ans face à l’éternité ? Le temps est court. « Fais-moi connaître, Yahvé, quel est le terme de ma vie, quelle est la mesure de mes jours ; que je sache combien je suis éphémère. Tu as donné à mes jours la longueur de quelques palmes, et ma vie est comme un rien devant toi. Tout homme n’est qu’un souffle. L’homme passe comme une ombre ; c’est en vain qu’il s’agite ; il amasse et il ignore qui recueillera » (Psaume 39, 5-7). Nous ne pouvons connaître « ni le jour ni l’heure » (Matthieu 25, 13). Nous savons que « quand vient la fin d’un homme, il n’y a pas de remède ; on ne connaît personne qui soit sorti de l’Hadès » (Sagesse 2, 1). Il n’y a plus rien à faire, si ce n’est d’écouter la sentence que Dieu prononce sur toute notre vie et de suivre le cours qu’elle donne à notre existence dans l’éternité et pour l’éternité.

(à suivre…)

mardi 18 janvier 2011

La Providence et l’homme (2)

La Providence et l’homme (2)

Nous pouvons comprendre qu’il convient d’agir ainsi parce que Dieu nous a doté d’une intelligence : « Je lui ai encore donné l’intelligence, pour que, dans la sagesse de mon Fils unique, l’homme connaisse ma volonté, car c’est moi qui donne toutes les grâces avec un brûlant amour de Père » (Dieu à sainte Catherine de Sienne, Dialogue, chapitre 134, sur la divine Providence). C’est là une partie de la dignité de l’homme, cette intelligence qui est une étincelle de l’intelligence divine. Elle nous permet de comprendre ce que nous avons à faire à chaque instant pour rester dans la compagnie de Dieu et nous élever peu à peu dans les degrés de la sainteté, pour effectuer les choix qui s’imposent dans chaque cas. (lire la suite)
Dieu dit encore que, dans sa Providence, il a doté l’homme de volonté : « Et je lui ai donné aussi la volonté pour aimer, en participant à la douceur du Saint-Esprit, afin qu’il puisse aimer ce que son intelligence ne pouvait connaître et voir. » Cette volonté n’est rien d’autre qu’une capacité à aimer. A aimer Dieu par-dessus toute chose, et à aimer tout ce qui conduit à aimer Dieu, et, par opposition, à détester tout ce qui nous écarte de lui, non seulement le péché, mais aussi les imperfections.
Voilà comment Dieu, dans sa Providence, nous a modelés – à son image et sa ressemblance, dotés de mémoire, d’intelligence et de volonté – afin de pouvoir nous admettre dans sa société, de faire de nous ses intimes, ceux qui peuvent partager sa vie, malgré leur condition de créature. C’est vraiment surprenant. Mais puisqu’il en est ainsi, remercions sincèrement le Seigneur de cette prédilection. Et une manière de le remercier, la meilleure manière, c’est de nous comporter, ou de tâcher de nous comporter, conformément à notre dignité de créature humaine dont Dieu a pris tellement soin, en qui il a mis toute la part de lui-même qu’il pouvait lui communiquer. « Voilà ce que ma douce Providence a fait, uniquement pour que l’homme soit capable de me comprendre et de me goûter avec une joie parfaite, dans l’éternelle vision qu’il aurait de moi. »
Soyons donc très humains, c’est-à-dire mettons au service de la vérité et du bien toutes nos facultés, pour être très divins, c’est-à-dire pour nous sanctifier vraiment.
Et pour nous accompagner sur notre chemin, Dieu, par un autre effet de sa Providence, nous a donné sa propre Mère. Avec Marie, comment n’arriverions-nous pas à aimer Dieu et sa très sainte Volonté ?

(fin)

lundi 17 janvier 2011

La Providence et l’homme (1)

La Providence et l’homme (1)

Il ne nous est guère difficile de penser à la Providence divine envers l’homme. Nous savons que nous vivons grâce à l’âme spirituelle que Dieu a créée et infusée en nous au moment de notre conception dans le sein maternel. Tant que cette âme reste unie à notre corps, nous continuons d’exister en ce monde-ci, mais maintenus et comme soutenus dans l’être par cette même Providence.
Nous le savons et nous le sentons. Mais il est émouvant d’entendre Dieu lui-même en parler, et nous expliquer comment il exerce cette Providence à notre égard. Il s’en est ouvert à sainte Catherine de Sienne, qui nous le rapporte dans son Dialogue, au chapitre 134, sur la divine Providence : « Ma très chère fille, j’ai absolument décidé de faire miséricorde au monde (lire la suite) et de secourir de toute manière l’humanité. Mais l’homme, dans son ignorance, croit voir la mort dans ce que je lui donne pour sa vie, et il devient ainsi cruel envers lui-même. Pourtant ma Providence l’assiste toujours. Aussi, je veux que tu le saches : tout ce que je donne à l’homme provient de ma souveraine Providence.
Et c’est pourquoi, lorsque je l’ai créé par ma Providence, j’ai regardé en moi-même et j’ai été saisi d’amour par la beauté de ma créature. » A vrai dire, Dieu ne pouvait que s’émerveiller de sa créature, car étant Dieu, infiniment parfait, il ne pouvait créer que des êtres bons, participant de sa propre Bonté infinie. Et comme Dieu s’aime d’un Amour sans borne, d’un Amour vivant et personnalisé dans le Saint-Esprit, il est en quelque sorte naturel qu’il aime cette créature particulière qu’est l’homme.
« J’ai voulu la créer à mon image et à ma ressemblance, en y employant largement ma Providence », ajoute-t-il. Retrouvant cette image et cette ressemblance, il ne peut que l’aimer.
« En outre, je lui ai donné la mémoire pour qu’elle garde le souvenir de mes bienfaits ; car je voulais qu’elle participe à ma puissance de Père éternel. » La mémoire est une capacité à se rappeler les bienfaits de Dieu envers nous. A nous en souvenir pour en remercier Dieu et pour raviver en nous le désir d’être fidèles à notre vocation d’enfants de Dieu. « Mon âme, bénis Yahvé, et n'oublie pas ses nombreux bienfaits » (Psaume 103, 2). Nous ne sommes pas des êtres prisonniers du temps présent. Nous avons une histoire, qui commence en Dieu et qui s’achève en Dieu et qui est jalonnée de prévenances de Dieu, de toutes les grâces qu’il ne cesse de nous octroyer. Notre mémoire emmagasine ces faveurs pour vivre dans l’action de grâces et la résolution d’aimer Dieu de façon plus effective, plus concrète dans la vie quotidienne.

(à suivre…)

dimanche 16 janvier 2011

Béatification de Jean-Paul II (1)

Béatification de Jean-Paul II (1)

Jean Paul II « athlète de Dieu », « sportif de Dieu » (cardinal Marty), « champion de Dieu » (Alain Decaux), pour la presse américaine, Pope Star, pour les jeunes des États-Unis The King of Youngs ; « globe-trotter de Dieu », « pape-pèlerin ». Les épithètes pleuvent !
Ce pontificat est « inclassable », « hors norme ». C’est bien ce qui découle du résumé, nécessairement sommaire, que nous en avons fait. Jean Paul II est le premier pape à voyager dans des pays à majorité orthodoxe depuis la séparation de 1054, à entrer dans une synagogue (Rome, 1986), une mosquée (Damas, 2001), à rendre visite à un détenu dans sa cellule (Ali Agca, Rome, 1983), à descendre à l’hôtel (Azerbaïdjan, 2002), à tenir des conférences de presse (dans la Salle de presse du Vatican, 1994, ou en avion)…
« Jean Paul II le Grand » ? Certains n’hésitent pas à employer ce qualificatif, utilisé jusqu’ici pour les seuls saint Léon Ier le Grand (440-461), saint Grégoire Ier le Grand (590-604) et sait Nicolas Ier le Grand (858-67). L’Histoire jugera. La perte des États pontificaux et l’achèvement de l’unité italienne, en 1870, ont donné au pape indépendance et liberté d’esprit par rapport au pouvoir et aux engagements politiques, lui conférant une grande aura. Cet état de fait s’est amplifié avec Jean Paul II. Rarement un pape et, par lui, l’Église catholique, aura acquis un tel poids moral dans le monde. Ayant rencontré plus de chefs d’État que n’importe quel autre dirigeant du monde, visité beaucoup plus de pays, signé des accords avec beaucoup plus de communautés politiques, etc., il a acquis une connaissance du monde incomparable.

D. Le Tourneau, Jean-Paul II, coll. "Que sais-je ?", n° 3701 (extrait de la conclusion)

La prière de Jésus (3)

La prière de Jésus (3)

Ils se rappellent que je suis ton Fils. Et toi, tu sembles l’oublier. Tu ne me réponds pas. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22, 2). Vois-les ! Ils me rejettent tous. Combien y en a-t-il parmi eux que j’ai guéris de leurs infirmités ? Combien qui m’ont suivi avec enthousiasme ? Combien qui m’ont acclamé à tout rompre en s’égosillant à crier « béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! » (Luc 19, 38) ? Je suis nu comme un ver. Il ne me reste plus rien, si ce n’est ce souffle qui me retient encore à ce monde. Ne t’ai-je plus, toi, ô mon Père ? Est-il possible que tu sois sourd à ma prière ? Se peut-il que tu restes insensible aux souffrances que j’endure ? Serait-ce que tu n’agrées pas le Sacrifice que je t’offre ? (lire la suite) C’est pourtant pour cela que tu m’as envoyé dans le monde. « Je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante » (Jean 10, 10). Et tu sais bien que cela passe par le don de ma Vie. C’est ce dont nous avons convenu. Alors, je ne comprends pas. Pourquoi ce silence de ta part ? « Tous ceux qui me voient se moquent de moi ; ils agitent les lèvres, ils branlent la tête : « Il s’en remet à Yahvé : qu’il le sauve, qu’il le délivre, puisqu’il l’aime » ! » (Psaume 22, 8-9). N’est-ce pas logique ? J’en suis réduit là. A les entendre ajouter blasphème sur blasphème, à se moquer de toi.
Et cela te laisserait indifférent ? Je ne comprends pas. Bien sûr que je m’en remets à toi. Vers qui d’autre aller ? Que peuvent m’apporter les hommes, si ce n’est déceptions et tribulations ? Mais j’attendais de toi la consolation, et elle n’est pas au rendez-vous ! Un mot, rien qu’un mot. Une parole d’encouragement. Une confirmation comme quoi je fais bien ce qui te plaît (Jean 8, 29). Un signe quelconque. Rien. Je ne vois rien venir. Et ils se moquent de moi parce que je t’aime et qu’il semble que tu ne m’aimes plus. Vas-tu laisser triompher leur impudence ?

(fin)

samedi 15 janvier 2011

La prière de Jésus (2)

La prière de Jésus (2)

Jésus dit à son Père : « Tu me laisses seul. » « Pourtant tu résides dans le sanctuaire, ô gloire d’Israël » (Psaume 22, 4). Et moi, je n’ai pas déserté ton sanctuaire. « Tous les jours j’étais près de vous dans le Temple, où j’enseignais » (Marc 14,49). J’ai essayé de faire comprendre à ceux que tu m’as donné pour parents sur terre, qu’il me fallait « être dans la maison de mon Père » (Luc 2, 49), mais tout bons et saints qu’ils fussent, ils « ne comprirent pas la parole » que je leur dis (Luc 2, 50). C’était le zèle pour ta maison qui me dévorait déjà (Psaume 69, 10).
Et lorsque j’ai chassé les vendeurs, les changeurs et les marchands du Temple, c’est parce qu’ils avaient fait de notre maison de prière « une caverne de brigands » (Luc 19, 46). (lire la suite) C’est en ce lieux saint que « en toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés » (Psaume 22, 5). Ils s’étaient mis pourtant dans de mauvaises passes à de nombreuses reprises. Il a fallu que tes saints serviteurs bataillent avec toi, argumentent et insistent avec véhémence pour que tu te laisses convaincre de leur pardonner, de les délivrer du mal qui, autrement, se serait abattu sur eux. Et moi, vas-tu me laisser seul, désemparé ? N’y aura-t-il personne pour prendre ma défense ? Hélas, nul ne s’intéresse à moi. L’on dirait que tous se sont ligués contre moi. Et comme si cela ne suffisait pas, pour faire bonne mesure, tu te retires, et me laisses seul avec moi-même, avec mon angoisse : « Mon âme est triste à en mourir » (Matthieu 26, 38).
Eux, « ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 6). Nous avions affirmé et garanti : « Non, aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confondu ; ceux-là seront confondus qui sont infidèles sans cause » (Psaume 25, 3). Tu leur as remis leur dette. Tu as fait table rase du passé. Tu t’es montré un Père pour eux. « Pour moi, je ne suis qu’un ver, et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple » (Psaume 22, 7). Vois à quelle extrémité je suis réduit. De quoi ai-je l’air, sur cette Croix, entouré de deux brigands ? Ah ! Pilate a eu beau faire clouer un écriteau avec l’inscription « Jésus de Nazareth Roi des Juifs » (Jean 19, 19) et prendre la peine de le faire rédiger « en hébreu, en latin et en grec » (Jean 19, 20), cela ne change rien à ma situation, si ce n’est que les sarcasmes redoublent : « Il en a sauvés d’autres ; ne peut-il pas se sauver lui-même ? Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la Croix, et nous croirons en lui » (Matthieu 27, 42-43).

(à suivre…)

vendredi 14 janvier 2011

La prière de Jésus (1)

La prière de Jésus (1)

Cloué par Amour sur la Croix, Jésus s’exclame : « Eli, Eli, lama sabacthani, c’est-à-dire : « Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27, 46). C’est un cri déchirant du Serviteur souffrant, du Juste, condamné sans motif de condamnation (Jean 19, 5). C’est le psaume que Dieu entonne sur l’air de la « Biche de l’aurore » (Psaume 22, 1). Nous ne le connaissons pas. Mais nous avons bien présent à l’esprit ce désespoir du Seigneur, manifesté à la neuvième heure (Marc 15, 34). Dans ce moment de déréliction, Dieu apparaît « loin de mes appels, des paroles de ma plainte » (Psaume 22, 2). Je suis le Juste et je souffre pour toi, je t’offre la réparation équitable pour toutes les offenses des hommes, pouvait dire Jésus à son Père ? Vois tout ce que j’endure pour toi. N’est-ce pas suffisant, (lire la suite) qu’il faille encore que tu y ajoutes le poids de cet abandon que je ressens maintenant ? Non, tu ne me laisses pas seul. Ce n’est pas possible. Nous ne faisons qu’un, toi, Père, en moi, et moi en toi (Jean 17, 21). Et pourtant voici que j’éprouve un délaissement total. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Psaume 22, 2). « Cependant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Luc 22, 42).
Mais pourquoi rester sourd à ma prière ? Ce n’est pas pour moi que je meurs. Quel avantage pourrais-je en escompter ? Cette mort qui s’approche ne me vaut que des opprobres. Que de souffrances, Père ! Si j’avais su tout ce que je devrais souffrir… Ce n’est pas pour moi, mais pour les hommes que je t’offre ma vie, eux qui sont tes enfants. Je la donne en rançon pour la multitude. Tu le sais tout aussi bien que moi. Alors ? Sera-t-il dit que tu ne m’exauces pas ? Que tu n’apprécies pas cette offrande, ma libation versée pour le salut du monde ? Sera-t-il dit que tu refuses de pardonner ? Ce me serait terriblement dur à accepter. Car nous ne sommes pas comme cela, nous trois de la Trinité, ou j’y perds mon latin. Je t’ai supplié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Et tu ne t’empresserais pas à accéder à ma demande ? « Mon Dieu, je crie pendant le jour, et tu ne réponds pas ; la nuit, et tu ne fais pas attention à moi » (Psaume 22, 3).
Et maintenant, en haut de la Croix, d’où je vois toute l’humanité rassemblée, tant d’âmes avides du salut, vais-je devoir les laisser repartir les mains vides ? Qu’en dis-tu, Père ? Tu ne me répons pas ? Je n’existerais donc plus pour toi ? En quoi t’ai-je contristé ? Nul ne peut me convaincre de péché (Jean 8, 46), tu le sais bien. Tout ce qui est juste à tes yeux, je l’ai fait (Jérémie 34, 15). J’ai observé tes commandements depuis ma jeunesse (Luc 18, 21). « Si j’ai mal parlé, fais la preuve que c’est mal » (Jean 18, 23).

(à suivre…)


jeudi 13 janvier 2011

La sainteté pour tous (2)

La sainteté pour tous (2)

« Celui qui n'aspire pas à être meilleur ne mérité pas d'être appelé bon ; et dès qu'on n'y aspire pas, on cesse d'être bon » (saint Bernard, Épître 91). « Sois fort et montre-toi un homme ! » (1 Rois 2, 2). Avançons chaque jour un peu plus. Le Seigneur fera naître en nous une bonne inquiétude, l'inquiétude d'un « plus », d'une amélioration : « Bon Maître, que dois-je faire pour entrer en possession de la vie éternelle ? » (Marc 10, 17).
C'est que l'amour est généreux. Il ne veut pas mettre de limite à la réponse à l'amour de Dieu. Tout ce que nous pouvons faire restera toujours bien en-deçà de ce que le Seigneur ne cesse de nous donner, car ce qu'il fait de plus fou, c'est de se donner lui-même dans l'Eucharistie. (lire la suite) « Médite ceci lentement : ce que l’on me demande est bien peu de chose en échange de tout ce que l’on me donne » (saint Josémaria, Sillon, n° 5). Nous recevons des dons d'en-haut, qui sont parfaits, et nous donnons en fonction d'une nature qui est par définition imparfaite. L'égoïsme et la paresse nous freinent dans notre réponde à la grâce.
Notre « oui », à l'image de celui de la Vierge Marie, a besoin d'être reformulé continuellement, pour nous réaffirmer sur le chemin de l'amour des commandements de Dieu. « Afin de réussir dans toutes tes œuvres et tous tes projets, pour que Yahvé accomplisse la promesse qu'il t'a faite » (2 Rois 2, 3-4). Notre vie acquiert ainsi une coloration surnaturelle, elle prend de la hauteur, du volume, du poids. Et nous comprenons qu'elle vaut vraiment la peine d'être vécue, dans l'amour de Dieu. « Depuis que tu lui as dit “ oui ”, le temps a fait changer la couleur de l’horizon, plus beau chaque jour, un horizon qui brille avec plus d’ampleur et de luminosité. Mais tu dois continuer de dire“ oui ” » (saint Josémaria, Ibid., n° 32).

(fin)

mercredi 12 janvier 2011

La sainteté pour tous (1)

La sainteté pour tous (1)

« Sois fort et montre-toi un homme ! Tu suivras les observances de Yahvé ton Dieu, en marchant selon ses voies, en gardant ses lois, ses commandements, ses ordonnances et ses instructions » (1 Rois 2, 2-3). Cette invitation de l'Écriture à la fidélité et à la virilité, à lutter avec entrain pour marcher sur les voies du Seigneur a un objectif : « Afin de réussir dans toutes tes œuvres et tous tes projets, pour que Yahvé accomplisse la promesse qu'il t'a faite » (2 Rois 2, 3-4). L'objectif est de réussir notre vie et que Dieu puisse ainsi accomplir sa promesse de nous rendre saints. Car tel est son projet final pour chacun de nous : nous mener à la sainteté. Le Malin s'y oppose. Ce n'est pas très malin de sa part, mais c'est tout ce qu'il sait faire : détruire, être anti, porteur de mort. (lire la suite)
Il nous faut donc lutter. Mais l'effort de vie spirituelle n'a rien de masochiste. Ce n'est pas se battre contre des moulins à vent. C'est un travail sans cesse repris pour parvenir à la sainteté. Rien n'est plus exaltant donc. « La lutte ascétique n'est pas quelque chose de négatif, et partant d'odieux, mais c'est une affirmation joyeuse. Un sport !
Le vrai sportif ne lutte pas pour une seule victoire, et qu'il remporterait du premier coup. Il se prépare, il s'entraîne pendant longtemps, avec confiance et sérénité : il essaie une fois après l'autre et, même s'il ne triomphe pas tout de suite, il insiste avec opiniâtreté, jusqu'à ce qu'il ait surmonté l'obstacle » (saint Josémaria, Forge, n° 169).
Nous ne devenons pas saints d'un seul coup, en donnant juste un coup de jarret. Nous ne sommes pas non plus assurés de vaincre à chaque effort. Le contraire est même garanti. Mais ce que nous voulons, c'est décrocher la victoire, c'est parvenir au but. Alors, comme tout bon sportif, nous recommençons, avec un moral de vainqueur. Il faut faire notre ce mot d'ordre dynamisant : « La victoire est en nous ! »
Saint Josémaria, le fondateur de l'Opus Dei, disait que la sainteté ne consiste pas à faire des choses de plus en plus difficiles et compliquées, qui de ce fait deviendraient rapidement hors de notre portée, mais à les faire avec de plus en plus d'amour. Au soir de notre vie, c'est sur l'amour que nous serons jugés, disait saint Jean de la Croix. C'est bien ce qui est essentiel. Aimer et manifester que nous aimons au soin que nous apportons à faire les choses de notre mieux, aussi bien les choses de l'âme que les choses naturelles de la vie. Tout par amour, et avec amour. La sainteté est à ce prix. C'est-à-dire qu'elle n'admet pas de médiocrité, de grisaille d'une vie monotone parce que sans amour.

(à suivre...)

mardi 11 janvier 2011

Voir au-delà des épreuves (2)

Voir au-delà des épreuves (2)

Les épreuves, quand elles se présentent, contribuent puissamment à nous aider à retrancher les mauvais surgeons, à émonder notre âme en l’expurgeant de tout ce qui est attrait désordonné pour le monde. Il existe un attrait qui est bon, et qui fait que nous nous sentons chez nous dans le monde, avec la mission de le bonifier et de le conduire à Dieu. Mais il est aussi un attrait mauvais, qui veut nous séduire et dont le diable se sert pour essayer de nous saisir dans ses griffes et d’étrangler la vie divine en nous. Il faut repousser cet attrait d’emblée, radicalement, sans fausse compassion pour nous-mêmes.
« Si quelqu’un n’a pas voulu tailler sa vigne une année, celle-ci l’année même, produit en abondance ; mais ensuite elle restera stérile et sans fruit ; de même (lire la suite) celui qui n’enlève pas de son âme les mauvaises pensées et les mauvais désirs semble chargé du fruit de ses rapines et de ses vols dans l’année de sa vie en ce monde, mais ensuite il restera stérile pour l’éternité. Et parce qu’il n’a pas produit de fruits authentiques, la flamme éternelle le torturera sans miséricorde, comme les sarments luxuriants et improductifs, selon cette parole du Seigneur : « Il brûlera les pailles au feu inextinguible » (Mt 3, 12). Comme tu amputes la vigne de tous les bourgeons superflus et laisses seulement deux ou trois qui sont francs, ainsi dois-tu retrancher de ton âme, avec le glaive de l’Esprit saint et la faux de la Croix, tous les mauvais désirs qui arrêtent tes regards de façon coupable sur les biens d’autrui et excitent de la pire façon ta convoitise, et ne garder que ceux où se discernent la justice et la miséricorde » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 6).
Tel est le combat de tous les jours, une lutte à recommencer sans cesse, bien convaincus que Dieu ne réclame rien de dur ni de pénible. Tout devient facile quand on aime, fondamentalement quand on aime Dieu par-dessus tout et que l’on s’efforce ainsi de vivre un ordre de la charité, de mettre de l’ordre dans nos affections.
La première chose à faire pour y parvenir, c’est d’aimer Dieu tel qu’il vient à nous, tel qu’il est, de l’aimer donc dans l’eucharistie, de centrer notre vie sur cet auguste sacrement, sur la sainte messe. D’en faire notre livre de chevet, dans lequel nous apprenons comment Dieu nous a aimés et comment nous pouvons l’aimer. Béni soit Jésus dans le très saint sacrement de l’autel !
Si nous nous unissons ainsi au Christ présent dans l’Eucharistie, si nous nous laissons aimer par lui, comment pouvons-nous encore trouver du goût aux biens de ce monde ? Je ne veux plus rien savoir que Jésus, mort et ressuscité, que Jésus vivant à tout jamais et présent dans l’Eucharistie, où il donne à notre vie une vibration d’éternité.

(fin)

lundi 10 janvier 2011

Un livre sur Pie XII


Un livre sur PieXII

Voir au-delà des épreuves (1)

Voir au-delà des épreuves (1)

« D’où vient, frères, que nous passions fréquemment par des tribulations et des épreuves ? C’est parce que Dieu nous rend en quelque sorte la pareille. Nous ne voulons pas aimer notre âme qu’il aime ; lui abandonne à la perdition le domaine que nous aimons. En effet, ce qui fait que notre terre est restée en friche par suite des hostilités, c’est que notre âme était restée en friche à cause du grand nombre de nos vices et de nos péchés. Donc, parce que nous n’avons pas aimé notre âme que Dieu aime, nous avons perdu tout ce que nous aimions dans ce monde. Aussi, frères très chers, que cela du moins nous apprenne à aimer plus l’âme que la chair, à préférer ce qui est éternel à ce qui est périssable. Car quelque peine que nous nous donnions pour le corps, tout cela périra ; seul (lire la suite) ne peut pas périr ce que chacun a mis de côté dans le ciel pour le salut de son âme » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 6). Il faut amasser, non en vue d’ici-bas où tout passe, mais de l’éternité. « notre légère affliction du moment présent produit pour nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (2 Corinthiens 4, 17). Toute épreuve en ce monde est une légère tribulation parce que Dieu qui ne veut pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces (1 Corinthiens 10, 13), nous apporte l’aide constante de sa grâce.
L’épreuve nous fortifie, nous grandit, nous rend robustes. Elle fait de nous non des plantes de serre, mais des plantes exposées et résistantes au vent de la tempête. Si nous contemplons la vie de la Sainte Famille, nous voyons que tout en étant inférieur, et même très inférieur, à Jésus et à Marie, saint Joseph était cependant la colonne qui soutenait le foyer, le patriarche qui, devant Dieu, en avait la responsabilité, celui sur qui reposait la bonne marche de l’ensemble.
C’est un exemple pour nous. Là où nous nous trouvons, en tâchant de mettre de côté pour le ciel, nous devenons également une colonne qui soutient notre famille et les diverses institutions auxquelles nous appartenons, qui permet à l’Eglise de tenir ferme sous la tempête. Pour cela, il n’est pas besoin de faire de choses compliquées. Il suffit de nous appliquer à remplir les petites tâches de chaque instant, le devoir de notre état. Car « Dieu ne réclame pas de nous de grandes choses, rien de dur ni de pénible. L’éternelle justice crie dans ton for intérieur : comme tu diriges la propriété, dirige aussi ton cœur ; comme tu cultives ton domaine, cultive aussi ton âme ; comme tu enlèves de ta vigne les pousses superflues, enlève aussi de ton âme les mauvaises dispositions. Tu retranches les mauvais surgeons de ta vigne ; coupe court dans ton âme aux iniquités » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 6).

(à suivre…)

dimanche 9 janvier 2011

La vie du baptisé (2)

La vie du baptisé (2)

Le baptisé acquiert donc un regard neuf qui lui permet de considérer les problèmes de la vie sous un angle qui n'est pas exclusivement humain, mais qui sait se rattacher à la Croix rédemptrice du Christ. « Oubliant ce qui est en arrière », il « est tendu vers ce qui est en avant » (Philippiens 3, 13), vers la vie en Dieu, la vie de sainteté, de perfection dans les vertus et dans le bien.
La conversion du baptisé est nécessaire parce que, par suite du péché originel qui marque la nature humaine de façon inéluctable, l'image divine est singulièrement obscurcie dans l'âme et dans l'intelligence humaines. (lire la suite)
Comme le dit saint Athanase, l'homme ne peut plus reconnaître et contempler en lui-même, comme dans un miroir, le Verbe, image du Père à laquelle il a pourtant été créé. Mais il a fallu que le Verbe lui-même se fasse chair, pour restaurer en l'homme l'image du Père et lui restituer la véritable connaissance de Dieu (Contre les païens 34). Il nous fait alors connaître tout ce qu'il a appris de son Père (cf. Jean 15, 15), et nous fait donc connaître Dieu lui-même, que « personne n'a jamais vu » (Jean 1, 18).
Ainsi, le Père nous « a mis en état d'avoir part à l'héritage des saints dans la lumière, qui nous a arrachés à la puissance des ténèbres et fait passer dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, la rémission de nos péchés » (Colossiens 1, 12-14). Nous ne saurions trop remercier Dieu de tant de bonté et d'une telle illumination. « La Vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4).

(fin)

samedi 8 janvier 2011

La vie du baptisé (1)


La vie du baptisé (1)

Le baptisé est « illuminé par la foi » (saint Thomas d'Aquin, Somme théologique III, q. 66, a. 3 ad 1). Par le baptême, l'âme s'ouvre à la lumière. Jésus, Verbe de Dieu, est « la vraie lumière, qui éclaire tout homme » (Jean 1, 9). Il éclaire et guide l'homme sur le chemin de sa vie. « Ta parole est un flambeau pour mes pas, et une lumière sur mon sentier » (Psaume 119, 105). Le Seigneur est en même temps la Vérité. Et ses « paroles sont esprit et vie » (Jean 6, 53). « Le précepte est une lampe, et la loi une lumière » (Proverbes 6, 23). A cette lumière tout prend une coloration nouvelle, un sens profond, tout est mis en relation avec la fin surnaturelle de la vie, tout trouve sa place dans le plan de la sainteté.
L'homme ne se laisse pas désarçonner par les difficultés objectives de la vie. (lire la suite) Tel Moïse devant le pharaon, « par la foi (...) il avait comme une vue sur l'invisible » (Hébreux 11 27). La foi, que le baptême inscrit dans notre être, nous fait voir l'invisible, « preuve de ce qu'on ne voit pas » (Hébreux 11, 1), de ce Dieu qui est venu en nous. « Celui qui n'a pas été baptisé n'a pas été illuminé. Et sans lumière, l'œil ne peut voir son objet, ni l'âme recevoir la contemplation de Dieu » (saint Basile, Homélie 13, sur le baptême).
C'est à juste titre que le baptême est appelé « illumination ». C'est pourquoi saint Augustin invitait les catéchumènes à se presser de venir au bain du baptême s'ils cherchaient vraiment la lumière. Le baptême, en nous libérant du péché, nous délivre des ténèbres sataniques. Il délivre l'âme de la cécité spirituelle où elle est enfermée, et ouvre ses yeux pour qu'elle puisse connaître le Père dans le Fils et le Fils dans le Père, et l'Esprit Saint par le Père et le Fils. Avant le baptême, l'homme errait dans la nuit de ce monde, en proie à l'incertitude et au doute. Maintenant qu'il a reçu le baptême, il marche sur la route de la vérité et connaît Dieu, comme le dit l'ancien rite du baptême des adultes.
C'est une véritable transformation qui s'opère. « Quand l'eau régénératrice eut effacé les traces de mon passé, et que mon cœur dès lors purifié se fut rempli d'une lumière d'en haut, lorsqu'un Esprit venu du ciel m'eut donné une seconde vie, et fait de moi un homme nouveau, ce fut un merveilleux changement : au doute succède la certitude, au mystère la clarté, la lumière aux ténèbres ; les difficultés s'étaient évanouies » (saint Cyprien, Ad Donat. 4).

(à suivre...)

vendredi 7 janvier 2011

Dieu nous console (2)


Dieu nous console (2)

Saint Paul peut préciser que sa vie de renoncement à toute ambition personnelle, qui le voit accablé de toute manière mais non écrasé, plongé dans l’inquiétude mais non dans le désespoir, pourchassé mais non délaissé, terrassé mais non anéanti (cf. 2 Corinthiens 3, 8-9), il vit « tout cela à cause de vous : pour que la grâce répandue à profusion fasse surabonder chez un plus grand nombre l’action de grâces à la gloire de Dieu » (2 Corinthiens 3, 15). Pour que les fidèles témoignent leur reconnaissance envers Dieu pour la générosité héroïque de Paul, source de leur consolation dans les propres épreuves et du salut que celles-ci contribuent à obtenir. (lire la suite)
Paul donne un exemple de don de soi poussé à l’extrême et de sollicitude constante pour les Eglises. « Soyez compatissants, comme votre Père est compatissant » (Luc 6, 36). Le Seigneur nous invite à faire preuve de miséricorde envers les hommes, envers tous les hommes, à transposer aux autres la miséricorde et la compassion qu’il ressent pour nous, pauvres pécheurs. Et il ajoute : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas mis en jugement ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés » (Luc 6, 37), « car c’est d’après le jugement que vous portez que vous serez jugés, et c’est avec la mesure que nous employez qu’on mesurera pour vous » (Matthieu 7, 2). D’où cette règle d’or : « Pardonnez, et vous obtiendrez le salut » (Luc 6, 37), règle qui s’applique à toutes les circonstances et envers tous nos semblables. Elle ne souffre aucune exception.
Nous pouvons avoir l’impression que c’est trop difficile pour nous, que cela dépasse nos forces. Portant, nous trouverons Dieu pourvu que nous le cherchions « de tout notre cœur et de toute notre âme » (Deutéronome 4, 29). Et que nous allions le chercher là où il se trouve, c’est-à-dire dans l’Eucharistie, dans la sainte messe et la sainte communion, pourvu que nous soyons disposés à le recevoir dignement.
Que le monde nous complique l’existence ou la facilite, qu’il nous permette d’exprimer notre foi ou qu’il y fasse obstacle, qu’il nous loue – ce qui arrive rarement – ou qu’il nous calomnie, qu’importe. Dieu est et reste notre consolation et notre force. Si nous le cherchons sincèrement, nous le trouvons. Il nous dit : « Prenez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33). Nous avons là l’optimisme chrétien, qui déplace les montagnes (cf. Marc 11, 23).

(fin)

jeudi 6 janvier 2011

Ils sont l’étoile de Noël

Ils sont l’étoile de Noël

Fadi Daou fadi@adyanvillage.net

Lors d’un récent passage dans une librairie en France, j’ai remarqué que le rayon sur les chrétiens d’Orient occupe la place de choix et il est bien rempli d’anciennes et de nouvelles publications. Sans doute les tristes nouvelles qui arrivent d’Irak et parfois d’autres pays du Moyen-Orient suscitent ce regain d’intérêt pour ce sujet. Tant mieux, sauf si ce n’est que la plupart des livres exposés portent dans leur titre le verbe « disparaître » ou l’une de ses déclinaisons funestes. (lire la suite)
Selon la logique des hommes, ce pessimisme blessant pourrait se justifier. Mais Dieu a une autre logique. Le foi chrétienne nous situe dans le temps de Dieu et nous invite à l’accueillir dans l’enfant de la crèche et le Christ de la croix, et à y percevoir sa puissance d’amour et sa gloire.
C’est pourquoi, celui qui regarde les chrétiens d’Orient avec les yeux de la foi voit en eux la révélation la plus authentique du corps mystique du Christ et de sa présence dans le monde. Comme lui qui n’était accueilli lors de sa venue au monde que dans une crèche, eux aussi sont « en séjour » sur une terre qui la partage avec d’autres sans jamais se l’approprier. Comme lui, manifestant dans son enfance, la fragilité de son existence, eux aussi assument le dénuement de toute logique de puissance. Comme lui qui, face au mal en perspective, s’ouvre dès sa naissance au mystère salvifique du don ultime de soi sur la croix, eux aussi, face à la haine aveugle et à la terreur absurde, ils refusent de s’enfermer dans une logique de rejet de l’autre ou de repli sur soi ; ils s’abandonnent plutôt à la providence en restant inébranlables dans leur fidélité au Père et leur mission d’être le sel de la terre, cette terre qui recueille le sang de leurs martyrs et fait germer les semences de leurs saints.
Aussi, leur disparition n’en est-elle pas une. Elle serait plutôt comme celle du Christ : une croix glorieuse ou un tombeau vide, source de vie. Les chrétiens d’Orient sont donc dans la nuit de ce monde comme l’étoile de Noël qui indique le lieu de la véritable présence de Dieu et guide vers lui. Comme l’étoile, ils ne disparaitront que quand le soleil se lèvera et que le monde tout entier sera illuminé par « le jour du Seigneur ». Ce qui est considéré comme « disparition » n’est donc qu’une forme de transfiguration pour l’Eglise et pour le monde.
C’est pourquoi, je fus bouleversé et attristé devant ce rayon de livres, non pour la situation des chrétiens d’Orient, mais pour la mécompréhension de leur message et de leur mission, pour l’étiolement de l’horizon d’espérance chez ces auteurs et lecteurs, et la disparition pour eux de la lumière de Pâques et du feu de la Pentecôte. Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de refuser de tuer deux fois ces martyrs de la foi. Après leur mort physique, le danger est de dénigrer le sens de leur vie et de leur martyre. Je ne crains pas pour les chrétiens d’Orient de celui qui tue le corps, mais plutôt de celui qui leur fait perdre leur âme et leur force intérieure. Et ce dernier, cet ennemi, peut être en chacun de nous, à chaque fois que nous oublions que dans tout ce qu’ils vivent, ces chrétiens sont pour le monde ainsi que pour l’Eglise universelle l’étoile de Noël. Sinon, comment trouvera-t-on aujourd’hui la crèche du Verbe fait chair si on ne sait plus lire les signes des temps et du ciel ?

Dieu nous console (1)


Dieu nous console (1)

Parlant du moment où son peuple sera enfin parvenu dans la Terre promise, Dieu dit : « De là vous chercherez Yahvé, votre Dieu, et tu le trouveras, pourvu que tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme » (Exode 4, 29). La nouvelle terre promise, pour nous, c’est le Christ lui-même qui se donne à nous dans l’Eucharistie. Il est le pays où il fait bon vivre. Il est la terre qui nous accueille et qui déverse en abondance dans notre âme le lait et le miel (cf. Exode 3, 8).
Avoir le Christ pour soi, l’avoir éventuellement chez soi, est source de grande joie et d’une force incoercible qui nous permet de surmonter les épreuves et efface même ma douleur. C’est cette joie immense que le bienheureux cardinal John Newman veut nous faire partager : (lire la suite) « C’est un bienfait si inconcevable d’avoir le Christ en son corps présent chez soi, dans ses murs ; cela dissipe tous les autres privilèges et détruit – ou pourrait le faire – toute souffrance. Savoir qu’Il est tout proche, avoir l’occasion, durant la journée, d’aller vers Lui à tout moment ! Soyons sûrs, mon ami, que vous n’êtes pas oublié, quand je me trouve ainsi en Sa présence » (cité dans Wilfrid Ward, The Life of J. H. Cardinal Newman).
Cette présence de Dieu permet de partager avec lui toutes nos aspirations et de lui faire part de ce qui nous tient à cœur, de lui parler de nos amis. Ce Dieu qui nous fortifie – « je peux tout dans celui qui me rend fort » (Philippiens 4, 13) – nous rend à même de conforter les autres, de les porter dans notre prière, de les soutenir par les petits sacrifices que nous offrons pour eux tout au long de la journée. C’est l’enseignement de Paul aux Corinthiens : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que nous puissions, grâce à la consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu, consoler ceux qui sont affligés en quoi que ce soit » (2 Corinthiens 1, 3-4).
Non content de nous ouvrir cette perspective très surnaturelle, qui fait la part belle à notre prochain et nous invite à vivre à fond le commandement suprême de l’amour, l’Apôtre ajoute : « Tout comme, en effet, les souffrances du Christ sont pour nous en surabondance, de même aussi, par le Christ, notre consolation est en surabondance » (2 Corinthiens 1, 5). « J’endure tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle » (2 Timothée 2, 10). Toute la vie de l’Apôtre n’est vécue que pour les fidèles des communautés qu’il a fondées. Il pense continuellement à eux. Il donne sa vie pour eux. « Sommes-nous affligés ? C’est pour votre consolation et votre salut. Sommes-nous consolés ? C’est pour votre consolation » (2 Corinthiens 1, 6).

(à suivre…)

mercredi 5 janvier 2011

S’approcher dignement de la communion (2)

S’approcher dignement de la communion (2)

L’objectif de saint Jean Chrysostome, en énonçant les conditions d’une communion fructueuse, n’était pas de condamner quiconque, mais d’amener à réfléchir et de susciter une réaction salutaire, positive, vraiment chrétienne, d’humilité et de conversion. Nul n’est tenu de communier chaque fois qu’il participe à la messe. Il ne doit le faire que s’il considère sincèrement qu’aucun obstacle important ne s’y oppose, c’est-à-dire qu’aucun péché mortel ne pèse sur sa conscience. Saint Jean Chrysostome ajoute en ce sens : « C’est pour cette raison que j’ai été forcé de vous reparler du sujet (aujourd’hui), pour que vous sachiez que je n’agite pas d’épouvantail, que je ne vous chasse pas, mais qu’au contraire je vous attire par des arguments » (Homélie sur la prédication 1). Il dit encore ailleurs : (lire la suite) « Préparons-nous en ces jours intermédiaires, et purifions-nous autant qu’il est possible » (Homélie sur la Genèse 24, 8).
Les choses saintes doivent être traitées saintement. Et que peut-il y avoir de plus saint que le Corps béni de notre Seigneur qui se donne à nous dans l’Eucharistie ? Si nous ne sommes pas en mesure de communier, abstenons-nous et remplaçons la communion sacramentelle par des communions spirituelles, qui impliquent implicitement le désir de nous confesser. Autrement cela risquerait d’être une comédie sinistre. Le Seigneur mérite que nous l’aimions vraiment, ce qui suppose que nous l’entourions du plus grand respect possible.
« Il est nécessaire de dire à ceux qui se consument encore dans le vice : « Purifiez vos mains, pécheurs, sanctifiez vos cœurs, vous qui avez l’âme partagée » (Jacques 4, 8) et à ceux qui ont fui la souillure infâme du péché, et qui s’exercent à mener une vie sainte, que le prophète apporte la bonne nouvelle, en disant : « Sois illuminée, sois illuminée, Jérusalem ; car ta lumière est venue, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Isaïe 60, 1) » (saint Cyrille d’Alexandrie, Lettres festales 1, 2).

(fin)

mardi 4 janvier 2011

S’approcher dignement de la communion (1)

S’approcher dignement de la communion (1)

Saint Paul, qui est le premier à relater le récit de l’institution de l’Eucharistie, invite les fidèles à être très délicats envers le corps du Seigneur, pour le recevoir dans de bonnes conditions, en étant bien préparés. Car, autrement, « celui qui mangera ce pain ou boira la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur » (1 Corinthiens 11, 27).
Origène fait le lien entre l’Eucharistie et la multiplication des pains. « Sur le point de donner les pains de bénédiction aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule, Jésus guérit les malades, afin qu’ils reçoivent en bonne santé les pains de bénédictions » (Commentaire sur Matthieu, 10, 25). (lire la suite) C’est ce que saint Matthieu (14, 14) rapporte : « En débarquant, il vit une grande foule. Il en eut compassion et il guérit leurs malades. » Luc (9, 11) fait une remarque identique. Ce n’est que plus tard, quand le soir commence à tomber, que Jésus réalise le miracle en faveur de la foule. Il fallait être en bonne santé spirituelle pour recevoir le don de Dieu et qu’il profite non seulement au corps mais aussi à l’âme, la disposant à accueillir la Parole de Dieu.
Origène fait ensuite allusion à 1 Corinthiens 11, 28-29 : « A chacun donc de s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire de cette coupe, car celui qui mange et boit mange et boit sa propre condamnation, s’il n’a pas égard au corps du Seigneur. » Le Père de l’Eglise ajoute que si quelqu’un n’écoute pas ces paroles et communie « sans plus de façon au pain et au calice du Seigneur, il deviendrait faible et malade ; la force de ce pain, pour ainsi dire, l’abattrait ». C’est le paradoxe de cette nourriture, qui est de vie et dont l’efficacité dépend des conditions de chaque personne qui la reçoit. Pour ceux qui ont l’âme pure ou suffisamment purifiée, elle profite à leur croissance dans la sainteté. Pour les autres, dont l’âme est souillée par le péché dont elles ne se sont pas confessées, elle entraîne leur perte. Elle les condamne et les enfonce davantage dans le péché.
Nous n’aimons entendre dire ces quatre vérités, la Vérité tout court. Ce rappel est pourtant nécessaire. Il s’impose d’autant plus que nombre de gens communient précisément pour leur perte… Il faut le déplorer, mais ce semble bien être la triste, douloureuse, réalité. Et ces gens protestent si on leur rappelle les conditions pour faire une bonne communion. Saint Jean Chrysostome s’est heurté à semblable mécontentement, qui traduit une conscience mal assurée : « Beaucoup, incapables de supporter la vigueur de mon discours, sont venus me trouver au moment de partir, fâchés et outrés : « Tu nous rejettes, disaient-ils, de la table sainte ! Tu agites un épouvantail autour de la communion ! » (Homélie sur la prédication 1).

(à suivre…)

lundi 3 janvier 2011

L’amour du prochain et le ciel (2)

L’amour du prochain et le ciel (2)

Les impies, c’est-à-dire les païens, les hommes englués dans les affaires de ce monde, les hommes matérialistes et hédonistes, n’entendent rien à cela et vivent égoïstement. Ils ne se soucient pas des autres, dont ils ne cherchent qu’à tirer profit et qui ne les intéressent qu’autant qu’ils peuvent en tirer quelque avantage. « Ils n’ont aucun goût pour considérer cette assemblée désirable des citoyens d’en haut ; jamais, dans une rayonnante ardeur, leur regard ne se porte sur ces fastes de la solennité intérieure et, dans l’intime de leur cœur, point d’aile contemplative qui les soulève. Ils sont les esclaves des seules choses visibles ; ils n’entendent rien, au-dedans, de cette douceur céleste, parce que le vacarme des affaires du siècle bouche l’oreille de leur cœur et les rend sourds » (saint Grégoire le Grand, Morales sur Job 30, 5, 21). Ils ont le cœur endurci (lire la suite) et les oreilles bouchées pour voir et entendre les besoins des autres, et surtout pour y être sensibles.
Or, le christianisme, dès ses origines, s’est appliqué à mettre en pratique ce testament du Seigneur. Il est émouvant de voir comment Paul stimule la générosité des Eglises, même pauvres comme celles de Macédoine, pour venir en aide à plus pauvres qu’elles, les chrétiens de la communauté de Jérusalem (2 Corinthiens 8-9). Nous avons là un exemple d’un amour non théorique mais bien réel, qui amène à savoir se priver non seulement du superflu, mais même parfois du nécessaire : les Macédoniens ont donné « au-delà de leurs moyens » (2 Corinthiens 8, 3).
Puisque seule la charité subsistera au ciel (1 Corinthiens 13, 13), accumulons pour l’éternité en vivant la charité – la solidarité disent les laïcs – envers notre prochain. Ainsi nous pouvons nous réjouir avec notre prochain en Dieu, sans fin.
Quel regard est-ce que je jette sur mon prochain ? En quoi est-ce que donne ma vie pour ceux qui m’entourent ? Quels sacrifices est-ce que je consens pour ceux qui sont nécessiteux ? Suis-je prêt à être jugé sur l’amour mis dans la vie de tous les jours ? C’est à cela que l’on nous reconnaît pour disciples du Christ (Jean 13, 35), pour des chrétiens authentiques, dignes de ce nom.

(fin)

dimanche 2 janvier 2011

Dieu nous console (1)

Dieu nous console (1)

(((Début de la note))).Parlant du moment où son peuple sera enfin parvenu dans la Terre promise, Dieu dit : « De là vous chercherez Yahvé, votre Dieu, et tu le trouveras, pourvu que tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme » (Exode 4, 29). La nouvelle terre promise, pour nous, c’est le Christ lui-même qui se donne à nous dans l’Eucharistie. Il est le pays où il fait bon vivre. Il est la terre qui nous accueille et qui déverse en abondance dans notre âme le lait et le miel (cf. Exode 3, 8).
Avoir le Christ pour soi, l’avoir éventuellement chez soi, est source de grande joie et d’une force incoercible qui nous permet de surmonter les épreuves et efface même ma douleur. C’est cette joie immense que le bienheureux cardinal John Newman veut nous faire partager : neau.blogspot.com/2011/01/dieu-nous-console-1.html">(lire la suite) « C’est un bienfait si inconcevable d’avoir le Christ en son corps présent chez soi, dans ses murs ; cela dissipe tous les autres privilèges et détruit – ou pourrait le faire – toute souffrance. Savoir qu’Il est tout proche, avoir l’occasion, durant la journée, d’aller vers Lui à tout moment ! Soyons sûrs, mon ami, que vous n’êtes pas oublié, quand je me trouve ainsi en Sa présence » (cité dans Wilfrid Ward, The Life of J. H. Cardinal Newman).
Cette présence de Dieu permet de partager avec lui toutes nos aspirations et de lui faire part de ce qui nous tient à cœur, de lui parler de nos amis. Ce Dieu qui nous fortifie – « je peux tout dans celui qui me rend fort » (Philippiens 4, 13) – nous rend à même de conforter les autres, de les porter dans notre prière, de les soutenir par les petits sacrifices que nous offrons pour eux tout au long de la journée. C’est l’enseignement de Paul aux Corinthiens : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que nous puissions, grâce à la consolation que nous recevons nous-mêmes de Dieu, consoler ceux qui sont affligés en quoi que ce soit » (2 Corinthiens 1, 3-4).
Non content de nous ouvrir cette perspective très surnaturelle, qui fait la part belle à notre prochain et nous invite à vivre à fond le commandement suprême de l’amour, l’Apôtre ajoute : « Tout comme, en effet, les souffrances du Christ sont pour nous en surabondance, de même aussi, par le Christ, notre consolation est en surabondance » (2 Corinthiens 1, 5). « J’endure tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle » (2 Timothée 2, 10). Toute la vie de l’Apôtre n’est vécue que pour les fidèles des communautés qu’il a fondées. Il pense continuellement à eux. Il donne sa vie pour eux. « Sommes-nous affligés ? C’est pour votre consolation et votre salut. Sommes-nous consolés ? C’est pour votre consolation » (2 Corinthiens 1, 6).