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lundi 26 avril 2010

La sensibilité de Jésus (5)

La sensibilité de Jésus (5)

Mais « veillez et priez afin de n'être pas en butte à la tentation » (Matthieu 26, 41). Car, voyez-vous, « certes, l'esprit est ardent, mais la chair - le corps - est faible » (Matthieu 26, 41) et connaît des défaillances et vous devez vous en méfier. Le tentateur est là, qui « rôde comme un lion rugissant, en quête d'une proie à dévorer » (1 Pierre 5, 8), qui s'efforce toujours de vous faire croire qu'il faut prendre davantage soin de votre petite personne, qu'il faut vous « faire plaisir » (il vous le crie par tous les moyens et par la publicité), même si cela va contre la morale élémentaire, qu'importe, tu ne vas t'embarrasser de scrupules moyen-moyenâgeux tout de même ! Et le diable développe en vous le respect humain. (lire la suite) Celui-là, c'est mon grand adversaire. Mais, amen, amen, je vous le dis : de celui qui rougira de moi, « de celui qui aura eu honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme en aura honte, quand il viendra dans sa gloire et celle du Père et des saints anges » (Luc 9, 26). Allez, veillez donc, c'est la « bonne part » et à celui qui la choisit, « elle ne lui sera pas enlevée » (Luc 10, 42).
« Inclinons-nous devant Dieu, sans protester, même si ce qu'Il nous dit paraît contraire à notre raison et à notre intelligence; sa parole doit prévaloir sur celles-ci. Agissons de même à l'égard du Mystère (I'Eucharistie), sans nous arrêter à ce qui tombe sous les sens mais en adhérant à ses paroles, car sa parole ne peut tromper » (saint Jean Chrysostome, In Matth., hom. 82, 4). Et si le Christ nous dit de veiller, il sait ce qu'il demande et pourquoi il le demande. Ce n'est pas seulement pour être un peu son réconfort, c'est aussi « pour n'être pas en butte à l'épreuve » (Luc 22, 40). Il peut ajouter ces mots de l'archange saint Raphaël à Tobie junior, tels que Claudel les imagine : « Prends garde ! Il est ton ennemi et ton rival dans la nuit qui guette et qui t'attend ! C'est à lui que tu auras à faire ! C'est lui, cet amant jaloux de l'Âme humaine, c'est lui, cet ennemi, cet affamé de l'Âme humaine, il mord dedans ! C'est lui, ce gardien qui la garde ! Comme un chien est affamé de viande, le démon, c'est ainsi qu'il est affamé de l'Âme humaine ! Et comme l'odeur de la viande, c'est ainsi que sur tout homme et sur toute femme nés de la femme il flaire en bavant de désir cet odeur du péché originel » (Azarias à Tobie, P. Claudel, L'histoire de Tobie et de Sara, Théâtre, tomme II, Paris, nrf, Bibliothèque de La Pléiade, 1948, p. 1164). Il faut nous le tenir pour dit. Voilà ce dont le diable se lèche les babines : l'odeur du péché originel. Il est comme la truie qui revient continuellement à ses vomissements.
« Mon être est en émoi » (Jean 12, 27). Ce n'est pas la première fois que cela arrive.

(à suivre...)

vendredi 28 septembre 2007

Les anges (3)

Les anges (3)

L’Église qui, à ses débuts, fut gardée et défendue par le ministère des Anges (Actes 5, 17-20 ; 12, 6-11) expérimente constamment la « protection mystérieuse et puissante » de ces esprits célestes, qu’elle vénère et dont elle sollicite l’intercession.
Au cours de l’Année liturgique, l’Église célèbre la participation des Anges aux événements du salut ; elle consacre aussi (lire la suite) à leur mémoire certains jours particuliers : le 29 septembre (fête des Archanges Michel, Gabriel et Raphaël) et le 2 octobre (mémoire des Anges Gardiens). L’Église célèbre encore en leur honneur une Messe votive, dont la préface proclame que « la gloire de Dieu resplendit dans les Anges » ; dans la célébration des mystères divins, elle s’associe au chant des Anges pour proclamer la gloire du Dieu trois fois saint (cf. Isaïe 6, 3) et elle sollicite leur aide pour porter l’offrande eucharistique « sur l’autel céleste, en présence de la gloire de Dieu » ; elle célèbre l’office de louange en leur présence (cf. Psaume 137, 1) ; elle confie les prières des fidèles au ministère des Anges (cf. Apocalypse 5, 8 ; 8, 3), ainsi que la douleur des pénitents, et la défense des innocents contre les attaques du Malin ; à la fin de chaque journée, elle implore Dieu d’envoyer ses anges pour garder ceux qui prient dans la paix ; elle prie les esprits célestes de venir en aide aux agonisants ; et, au cours du rite des obsèques, elle supplie les Anges d’accompagner l’âme du défunt jusqu’au paradis et de garder son tombeau.
Tout au long des siècles, les fidèles ont exprimé leur foi dans le ministère des Anges en recourant à de nombreuses formes de piété : ainsi, ils ont choisi les Anges comme patrons des villes et protecteurs des corporations; ils ont érigé en leur honneur des sanctuaires célèbres (le Mont-Saint-Michel en Normandie, Saint-Michel de Cluse dans le Piémont, et dans les Saint-Michel du Mont-Gargan dans les Pouilles), et fixé des jours de fête ; enfin, ils ont composé des hymnes et des pieux exercices.

(à suivre...)

mercredi 26 septembre 2007

Les anges (1)

Les anges (1)

L’Église, dans son enseignement, présente, dans un langage clair et sobre, « l’existence des êtres spirituels et incorporels, que la Sainte Écriture appelle les Anges, comme une vérité de foi. À ce témoignage explicite de l’Écriture correspond l’unanimité de la Tradition. »
Selon l’Écriture Sainte, les Anges sont les messagers de Dieu, « invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole » (Psaume 103, 20), placés au service de son dessein de salut, « envoyés en service pour ceux qui (lire la suite) doivent hériter du salut » (Hébreux 1, 14).
Les fidèles n’ignorent pas généralement les nombreux épisodes de l’Ancienne et de la Nouvelle alliance, dans lesquels les saints Anges manifestent leur présence. Ainsi, ils savent notamment que les Anges gardent les portes du paradis terrestre (cf. Genèse 3, 24), qu’ils sauvent Agar
et son enfant Ismaël (cf. Genèse 21, 17), qu’ils retiennent la main d’Abraham qui s’apprête à sacrifier Isaac (cf. Genèse 22, 11), qu’ils annoncent des naissances prodigieuses (cf. Juges 13, 3-7), qu’ils gardent les pas du juste (cf. Psaume 91, 11), qu’ils louent sans cesse le Seigneur (cf. Is 6, 1-4), et qu’ils présentent à Dieu les prières des saints (cf. Apocalypse 8, 3-4). Ils se souviennent aussi de l’Ange qui intervint en faveur du prophète Élie, en fuite et à bout de forces (cf. 1 Rois 19, 4-8), d’Azarias et de ses compagnons jetés dans la fournaise (cf. Daniel 3, 49-50), de Daniel enfermé dans la fosse aux lions (cf. Daniel 6, 23). Enfin, l’histoire de Tobie leur est familière : Raphaël « l’un des sept Anges qui se tiennent devant le Seigneur » (Tobie 12, 15), rendit de nombreux services à Tobie, au jeune Tobie, son fils, et à Sara, la femme de ce dernier.

(à suivre...)