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jeudi 31 décembre 2009

Les fouilles de Nazareth

Les fouilles de Nazareth


Si vous voulez en savoir davantage sur les magnifiques découvertes archéologiques effectuées ces derniers temps à Nazareth, cliquez sur ce lien.

mercredi 30 décembre 2009

Action de grâces (22)

Action de grâces (22)

Ô bon Jésus, Toi qui viens de descendre dans mon âme — pourtant bien indigne de Te recevoir — « crée pour moi un cœur pur et donne-moi un esprit nouveau et ferme » (Ps 51, 12), ôte de ma chair le cœur de pierre qui m’empêche de t’aimer comme je le devrais, comme je le pourrais en fait, et remplace-le par un cœur de chair, et fais en sorte qu’il soit habité par ton Esprit.
Que le feu de son Amour — qui n’est autre que ton Amour et celui du Père, l’un pour l’autre, l’un dans l’autre — que le feu de l’Esprit brûle mes misères, mes innombrables misères, qu’il les brûle toutes. Qu’il n’en reste plus aucune. Qu’elles ne laissent aucune trace.
Car c’est toi que je veux aimer, de tout mon cœur. De ce cœur rajeuni par ton Esprit, renouvelé par ton Amour, rendu fort en Toi. (lire la suite) Je veux t’aimer de tout mon cœur, de toutes mes forces, de toute mon âme et de tout mon esprit. Et ce, chaque mois, chaque jour, chaque heure, chaque seconde, en tout et partout.
Mais hélas, malgré ces bons désirs, que tu mets toi-même dans mon âme, mon cœur est bien souvent mesquin et ingrat. Ah ! Seigneur, donne-moi un cœur nouveau. Apprends-moi à aimer comme toi-même tu nous as aimés et tu nous aimes. Et donne-moi l’Amour avec lequel tu veux que je t’aime.
Que ton Esprit me change et me réforme pour que j’aime sans détour la Très Sainte Trinité, la Vierge Marie, ma Mère si douce et si bonne, saint Joseph, mon père et seigneur, mes bonnes amies les âmes du purgatoire, et tous les hommes, car c’est pour nous que tu as versé ton Sang sur la Croix.
Quel « banquet précieux et stupéfiant, qui apporte le salut et qui est rempli de douceur ! Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l’on ne nous propose plus, comme dans l’ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? » (st Thomas d’Aquin, opuscule 57 en la fête du Saint-Sacrement).
Je me suis abreuvé à la fontaine de vie. Ô doux Jésus, aide-moi à passer cette journée uni au pape, à tous mes frères et à toutes mes sœurs, payant de ma personne et me dépensant joyeusement pour servir les âmes. J’ai confiance que toi, tu t’occuperas de la mienne.

mardi 29 décembre 2009

L'aller-retour du Christ

L'aller-retour du Christ

« Je suis venu de chez le Père », de chez mon Père, « pour arriver dans le monde » (Jean 16, 28), pour m'y rendre réellement présent et, de même que je suis « un de la Trinité », être « un de l'humanité », goûter de l'humaine nature, telle que nous l'avons créée à nous trois à l'origine, dans son état d'innocence, de pureté et de joie. « Maintenant, je quitte le monde pour revenir vers le Père » (Jean 16, 28). « Mon heure » qui n'était pas encore venue quand Marie m'a demandé d'intervenir à Cana - elle m'a arraché un premier miracle (Jean 2, 11), mais comment aurai-je pu le lui refuser, à elle qui ne pense qu'aux autres, qu'à leur rendre la vie aimable, à prévenir leurs besoins... Mon heure n'avait pas non plus sonné quand mes concitoyens de Nazareth ont voulu me jeter dans le précipice et que moi, je suis passé au milieu d'eux et m'en suis allé (Luc 4, 28-30). (lire la suite) Mais maintenant, la voici. Et c'est l'heure du prince des ténèbres (cf. Luc 22, 53).
Il n'a pas compris ce que je lui ai dit : « Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu » (Luc 4, 12). Il est trop aveuglé par son orgueil et son autosuffisance pour avoir percé le sens de mes mots. Il ne les a probablement même pas entendus. Il est trop occupé à ne penser qu'au mal qu'il pourrait faire et à s'écouter lui-même...
Je remonte auprès de monPère. Mais je reviendrai de la même manière que vous me verrez monter au ciel (Actes 1, 11). En attendant, c'est notre Esprit commun , au Père et à moi, qui viendra à vous, lui « l'Esprit de Vérité », et il « rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Voyez, « je ne vous laisse pas orphelins » ,Jean 14, 18). Mon Père et moi nous sommes toujours actifs (Jean 5, 17). « Il y a un mouvement circulaire : Dieu ne s'arrête jamais dans le monde ; Dieu vient dans le monde pour racheter ses créatures captives du monde, pour les ramener de ce monde à l'intérieur de lui-même » (D.-J. Lallement, Dociles à l'Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, 1996, p. 193).
« Je m'en vais vous préparer la place » (Jean 14, 2) qui vous revient auprès de mon Père. « Et quand je m'en serai allé et que je vous aurai préparé la place, je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez vous aussi » (Jean 14, 3). Telle est ma Volonté. C'est ce que me dicte mon Amour. C'est la Parole de consolation que je vous livre pour que votre tristesse se change en joie (cf. Jean 16, 20).
C'est un mouvement circulaire assurément. Tout ce qui vient du Père doit retourner à Lui. Moi le premier. Si je suis venu dans le monde, c'est pour vous prendre avec moi, vous charger sur mes épaules, et vous faire franchir l'abîme de la mort qui, autrement, est un abîme sans fond entre vous et le Père. Je vous amène avec moi, en moi. Car, ce que j'ai demandé à mon Père s'accomplira : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 17, 21).

lundi 28 décembre 2009

Jésus-Christ vrai Homme

Jésus-Christ vrai Homme

Le Christ, parce qu'il n'est pas un homme quelconque parmi les hommes, mais le Fils de Dieu fait homme, loin d'être comme enfermé, ainsi que nous le sommes tous, par sa personnalité dans les limites de son individualité particulière, limites spatiales et temporelles, se trouve, du fait de sa personnalité divine, ouvert à tout l'humain.
On trouve en lui non pas quelque impensable humanité générale, qui ne serait celle d'aucun homme, mais l'humanité commune de tous les hommes récapitulée, pour emprunter sa formule à saint Irénée commentant l'épître aux Éphésiens, dans cette pers « commune » s'il en est qui est la sienne, (lire la suite) comme le dit Léonce. Il est l'un d'entre nous, dans doute, mais il ne l'est pas par opposition avec nous tous, dans une contre-distinction qui le ferait autre que chacun de nous, mais dans une assomption susceptible de nous englober tous, car, loin d'exclure rien d'aucun de nous, il nous inclut tous et toutes les possibilités de notre humanité, dans une réalisation de celle-ci qui en est comme l'universalité concrétisée.

Louis Bouyer, Le Fils éternel. Théologie de la Parole de Dieu et christologie, Paris, Les Éditions du Cerf, 1974, p. 479.

dimanche 27 décembre 2009

Chercher Dieu

Chercher Dieu

"Le jour de Noël, nous lisons que les bergers de Bethléem, qui furent les premiers appelés à venir voir le nouveau-né de la crèche, « y allèrent en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire » (Lc 2, 16).
Arrêtons-nous sur le mot « trouvèrent » qui exprime la recherche. Les bergers de Bethléem, qui se reposaient avec leurs troupeaux, ne savaient pas, en effet, que le temps était arrivé où se réaliserait ce qui depuis des siècles était annoncé par les prophètes de leur peuple, et que cela aurait lieu cette nuit-même, tout près d’eux. Quand ils sont sortis du sommeil où ils étaient plongés, ils ne savaient ni ce qui était arrivé ni où cela était arrivé. (lire la suite) S’ils sont parvenus à la grotte, c’est après une recherche. Mais en même temps, ils avaient été conduits. Comme nous le lisons, ils avaient été guidés par une voix et une lumière. Et si nous remontons plus haut dans le passé, nous voyons qu’ils avaient été guidés par la tradition de leur peuple, par son attente. Nous savons qu’Israël avait obtenu la promesse du Messie. […]
Ils ont cherché où il pouvait être, et finalement ils l’ont trouvé. Et en même temps, chez saint Luc, le mot « trouver » exprime la dimension intérieure de ce qui s’est passé chez ces simples bergers de Bethléem la nuit de Noël. […]
Le mot « trouver » exprime une recherche.
L’homme est un être qui cherche. Toute son histoire le confirme. La vie de chacun de nous en témoigne aussi. […] Parmi tous les domaines où l’homme se révèle comme un être qui cherche, il en est un, plus profond, qui pénètre plus intimement dans l’humanité même de l’être humain et qui correspond le mieux au sens de toute la vie humaine.
L’homme est l’être qui cherche Dieu."

Jean-Paul II, Audience générale, 27 décembre 1978.

samedi 26 décembre 2009

Le mystère de Noël

Le mystère de Noël

Le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur intérieure se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu ; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde ! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps ! Gardons-la fidèlement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte : Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère ! Fais que ta lumière y brille ! Fais que la paix y advienne !

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

vendredi 25 décembre 2009


Je souhaite à tous mes lecteurs, habituels ou occasionnels,


de saintes et joyeuses fêtes de Noël,


les assurant de mes prières à leurs intentions


auprès de Jésus, Marie et Joseph.

Le sens de Noël

Le sens de Noël

« Le Seigneur m’a dit : “Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré”. » Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus-Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. (lire la suite) L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.
Plus encore : en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit : « Tu es mon fils. » L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né.

Benoît XVI, Homélie, 24 décembre 2005.

jeudi 24 décembre 2009

Découverte à Nazareth

Découverte à Nazareth


Une maison vient d'être découverte à Nazareth, la première connue qui date de l'époque de Marie, Joseph et Jésus. Un beau cadeau de Noël !

Davantage sur Pie XII


Si vous voulez en savoir plus sur Pie XII et les témoignages de Juifs en sa faveur, allez sur ce site.

La nuit de Noël 1914

La nuit de Noël 1914

(une pièce allemande de 220 bombarde la cathédrale de Reims. Le curé et les enfants morts regardent la scène et prient, le 24 décembre aux douze coups de minuit)
Canon 1 Boum !
Voix Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus bonae voluntatis !
Curé Dieu est vivant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 2 Boum !
Voix Laudamus te !
Curé Dieu enfant ! Dieu innocent ! Dieu fait homme ! Dieu avec nous !
Enfants Sauvez la France ! (lire la suite)

Canon 3 Boum !
Voix Benidicimus te ! Adoramus te ! Glorificamus te ! Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam !
Curé Jésus-Christ, Fils de Dieu !
Enfants Sauvez la France !

Canon 4 Boum !
Voix Domine Deus, Rex cœlestis, Deus Pater Omnipotens !
Curé Seigneur Dieu, Notre Père tout-puissant !
Enfants Sauvez la France !

Canon 5 Boum !
Voix Domine Fili Unigenite, Jesu-Christe ; Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patri !
Curé Petit enfant nouveau-né !
Enfants Sauvez la France !

Canon 6 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, miserer nobis !
Curé Jésus qui ne voulez pas la mort du pécheur, mais qu'il vive !
Enfants Sauvez la France !

Canon 7 Boum !
Voix Qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nsotram ! Qui sedes ad dexteram Patris...
Curé Jésus qui aimez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon 8 Boum !
Voix Miserere nobis !
Curé Par votre divinité !
Enfants Sauvez la France !

Canon 9 Boum !
Voix Quoniam tu solus Sanctus !
Curé Par votre humanité ! Par les entrailles de votre humanité !
Enfants Sauvez la France !

Canon10 Boum !
Voix Tu solus Dominus, tu solus Altissimus !
Curé Sauvez la France !
Enfants Sauvez la France !

Canon11 Boum !
Voix Jesu-Christe !
Curé Jésus-Christ !
Enfants Sauvez la France !

Canon12 Boum !
Voix Cum Sancto spiritu in gloria Dei Patris !
Curé Jésus-Christ, sauvez la France !
Enfants Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France ! Jésus-Christ, sauvez la France !
Voix Amen !

Paul Claudel, La Nuit de Noël 1914.

mercredi 23 décembre 2009

Action de grâces (21)

Action de grâces (21)

Maintenant que tu as pris possession de mon âme, en ton nom je demande au Père — à ton Père et à notre Père — d’exaucer toutes les demandes que le pape et mon évêque lui présentent aujourd’hui dans leur prière et, notamment, à l’autel. Donne-nous les grâces nécessaires pour mieux travailler pour ta gloire qu’hier, pour mieux servir ton Église sainte qu’hier, pour être un meilleur instrument entre tes mains qu’hier.
Seigneur, je crois. Mais je veux croire comme celui qui croit le plus. Augmente en nous la foi. Je crois que dans l’Hostie Sainte que je viens de recevoir, tu es présent, réellement, véritablement et substantiellement, toi Jésus, le Fils de Marie toujours Vierge, le Fils éternel du Père. (lire la suite) Je crois que tu es réellement présent en moi avec ton Corps, ton Sang, ton Âme et ta divinité. « Ce sacrement est admirable ! Vénérons-le humblement. […] Au Père, au Fils, notre louange, l’allégresse de nos chants : salut, et puissance, et honneur et toute bénédiction ! À l’Esprit du Père et du Fils, égale acclamation de gloire ! » (hymne Pange lingua).
Et je t’adore avec profonde révérence, prosterné la face contre terre, car je ne suis rien et toi, tu es toute la Majesté, la Puissance, la Beauté. Je t’adore, et j’ose te dire que je veux être ton ami, parce que tu m’as racheté. Mais tu dois m’aider à être un ami fidèle, car autrement, tu sais dans ta chair ce dont je suis capable…
Je veux être l’amour pour toi, car, toi, tu l’es pour moi, et sans réserve. Mon archange ministériel, mon ange gardien, veillez sur le sanctuaire de mon âme, l’épée de feu à la main, pour maintenir à distance l’ennemi infernal et les légions répugnantes de ses sbires. Obtenez-moi du Dieu Un et Trine de saints élans d’amour, de fidélité, de joie et de paix envers et contre tout.
Et j’accepte de grand cœur toutes les épreuves que le Seigneur voudra m’envoyer — il y joindra sa grâce, je le sais — pour purifier mon âme, expier mes péchés, pour faire éclore les vocations, pour l’expansion de l’Église et du royaume de Dieu dans le monde, et pour la plus grande gloire de Dieu qui, seule, m’importe. Qu’il en soit ainsi !

mardi 22 décembre 2009

Une prière audacieuse

Une prière audacieuse

« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera » (Jean 16, 23). Jésus ne pose pas de limites à cette affirmation. Tout. Dieu son Père nous accordera absolument tout ce que nous lui demanderons au nom de son Fils, notre Frère aîné, en le prenant à témoin. C'est sans restriction. C'est une question de foi. Le Seigneur nous a d'ailleurs prévenus : « Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9, 23). « Tout », de nouveau. C'est la même idée formulée autrement. La foi nous donne l'assurance d'être exaucés envers et contre tout. (lire la suite)
Et malgré cet engagement du Fils, nous n'osons pas demander beaucoup, nous hésitons quand l'enjeu est de taille, comme si un ou un milliard pouvait marquer une différence pour Celui qui est Infini, lui poser un problème... Cela lui est aussi simple de donner beaucoup que peu. Si nous le comprenions, nous serions plus ambitieux, moins timorés. Nous désirerions vraiment devenir saints et, pour cela, nous en demanderions les moyens, en passant par Jésus. Et, bien sûr, d'abord par Marie. La très Sainte Vierge toujours en premier ! Telle est la Volonté expresse de Dieu.
Quitte à demander, demandons donc beaucoup ! Tout ce qu'il nous faut pour pousser la sainteté aussi loin que possible. Ceci étant, « jamais nous n'aurions pensé à demander à Dieu son propre Fils. Mais ce que l'homme ne peut pas dire ni concevoir, et qu'il n'eût jamais osé désirer, Dieu, dans son amour, l'a conçu et exécuté » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 125). Dieu nous a fait le don inespéré de son propre Fils. Le peuple élu attendait bien le Messie. Mais personne, pas même Marie la toute-Sainte, n'avait envisagé un seul instant que le roi éternel de la lignée de David puisse être à la fois Dieu et homme.
Il faut être Dieu pour en arriver là. C'est une façon de parler, car il n'y a pas d'avant et d'après en Dieu. Et donc pas de décision qui serait l'aboutissement d'une réflexion sur la condition humaine. Tout est un en Dieu, instantané.
Mais nous, nous ne pouvions pas imaginer un tel abaissement. Moins encore ce qu'il allait comporter. « Eussions-nous jamais osé dire à Dieu de faire mourir son Fils, de nous donner sa chair à manger et son sang à boire ? » (Ibid., p. 125-126). Jamais nous n'aurions osé formuler une telle hypothèse. Et pourtant, il fallait que le Christ passât par là pour nous rédimer. « Si tout cela n'était pas vrai, l'homme aurait donc pu imaginer des choses que Dieu ne peut pas faire, il serait allé plus loin que Dieu dans les inventions de l'amour ? Ce n'est pas possible » (Ibid., p. 126). La réalité est bien celle-là.
Alors, puisque le Fils de Dieu s'est fait homme, la prière des hommes que nous sommes peut être entendue par notre Père. Il peut agréer l'offrande que nous faisons de notre vie, unie à son Fils et à la Vierge dolente. Il peut nous exaucer. Mieux : il le veut ! Assurément, « tout est possible à celui qui croit ».

lundi 21 décembre 2009

La magnanimité de Dieu (2)

La magnanimité de Dieu (2)

Si ce que nous offrons était purement humain, ce ne serait qu'un fétu de paille, vite emporté par le vent. Mais nous offrons le Christ lui-même, la Vie du Christ en nous, les vertus et le bien qu'il y suscite et fait grandir, auxquels nous joignons notre existence purement humaine. Cela change tout. C'est pour cela que le père fait remarquer à son aîné qu'il lui donne plus, infiniment plus, parce qu'en définitive - et c'est ce qui compte – celui-ci lui donne tout ce qu'il possède. Si nous ne nous réservons rien pour nous, nous recevons Dieu avec de bonnes dispositions, et nous pouvons alors le lui retourner pour qu'il sanctifie les autres, le monde.
C'est ce que nous constatons chez Sainte Marie. (lire la suite) Elle s'est offerte à servir entièrement Dieu dès qu'elle a eu l'usage de raison. Quelques années plus tard, elle s'entend dire que le Saint-Esprit la couvrira de son ombre et qu'elle enfantera et mettra au monde le Fils du Très-Haut (cf. Luc 1, 35), la Très Sainte Trinité lui étant ainsi révélée dans sa Majesté ineffable. Et Marie accepte. Elle dit « oui ». Le Fils de Dieu fait alors son entrée dans le monde, qu'il arrache au péché en remportant une victoire définitive et éternelle sur satan.
Marie a donné tout ce qu'elle avait. Elle a reçu encore plus de Dieu. Elle l'offre à son tour en demeurant au pied de la Croix bien unie au Sacrifice rédempteur de son divin Fils. Et c'est une pluie de grâces qui s'abat désormais sur le monde et qui ne cessera qu'avec la grâce finale, celle du retour glorieux du Fils ressuscité et de la résurrection des corps.

(fin)

dimanche 20 décembre 2009

Pie XII bientôt béatifié

Pie XII bientôt béatifié

Le pape Benoît XVI a proclamé hier deux de ses pédécesseurs « Vénérables », ce qui est la première étape vers leur béatification. Il s'agit de Pie XII et de Jean-Paul II. S'agissant de Pie XII, cette mesure rend justice à quelqu'un qui a beaucoup fait pour sauver les Juifs pendant la deuxième guerre mondiale et qui est malgré tout systématiquement calomnié à ce sujet.
J'ai déjà mis sur mon blog des extraits d'un article de L'Osservatore Romano qui décrit comment on en est venu là, à partir d'une pièce scandaleuse d'un Allemand. Je rappelle ces textes, qui sont très instructifs :

Pie XII et les Juifs
La mauvaise conscience envers Pie XII
Les actions de Pie XII pour les Juifs
Pie XII et le procès de Nuremberg
Les attaques contre Pie XII ne viennent pas des Juifs

On peut également voir le site de l'Association Écouter avec l'Église.

La magnanimité de Dieu (1)

La magnanimité de Dieu (1)

Le père de la parabole du « fils prodigue » (Luc 15, 11-32) essaye de raisonner son aîné dont l'ire déborde parce qu'une fête a été organisée pour marquer le retour de son frère dévoyé, alors qu'à lui, il ne lui a jamais été donné ne serait-ce qu'un chevreau pour festoyer avec ses amis (v. 29). « Tout ce qui est à moi est à toi » (v. 31). Il peut ajouter : « Tout ce qui est à toi est à moi. »
C'est ce que Dieu peut dire à chacun d'entre nous, très délicatement. C'est dit, en effet, avec une énorme délicatesse, car le père ne fait pas remarquer à quel point les échanges sont déséquilibrés, à son détriment. Non seulement Dieu donne comme ce qu'il est, c'est-à-dire Dieu, donc sans limite, infiniment, des biens parfaits, pleinement adaptés et proportionnés à nos besoins, mais. (lire la suite) nous lui donnons aussi comme ce que nous sommes, des créatures pécheresses et maladroites, qui ne disposent de rien par elles-mêmes : « Qu'as-tu que tu ne l'aies reçu ? » (1 Corinthiens 4, 7). Nous ne pouvons remettre à Dieu, dans cet échange familial, que ce que nous avons préalablement reçu de lui. Et encore le lui retournons-nous amputé, amoindri, gaspillé...
« Toutes les bonnes œuvres réunies n'équivalent pas le Saint Sacrifice de la Messe, parce qu'elles sont les œuvres des hommes, et la Messe est l'œuvre de Dieu. Le martyre n'est rien en comparaison : c'est le sacrifice que l'homme fait à Dieu de sa vie ; la Messe est le sacrifice que Dieu fait à l'homme de son corps et de son sang » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 111). Une telle affirmation ne doit pas nous décourager. Le rappel du Seigneur vaut toujours. Il donne son Corps et son Sang, qui sont ceux de son Fils fait homme. Et nous donnons la vie que nous avons reçue de Lui et que, par la messe et la communion précisément, il développe en nous. Nous ne pouvons donner que ce que nous avons. Mais ce qui est en nous provient de Dieu lui-même. En nous donnant à lui de tout notre être, pleinement, entièrement, c'est lui que nous lui offrons, sa propre Vie agissant en nous, moteur de notre existence, sa Vie eucharistiée, source et sommet de la vie chrétienne.

(à suivre...)

samedi 19 décembre 2009

Les bienfaits cachés

Les bienfaits cachés

Quand, avec saint Josémaria, nous remercions Dieu de tous ses bienfaits, y compris de ceux qui restent cachés à nos yeux, nous incluons dans notre reconnaissance des grâces qui ne produiront leurs effets qu'au bout d'un certain temps.
Nous le voyons avec Simon de Cyrène. Jésus porte sa Croix. Il faut un Amour fou pour arriver à tenir le coup dans l'état où la soldatesque romaine l'a mis. Mais il est sur le point de défaillir. Il tombe, et c'est à grand peine qu'il peut se remettre sur pied et repartir. Aussi le centurion qui commande le détachement décide-t-il de réquisitionner un homme suffisamment fort, non pas tellement pour aider Jésus, mais pour faire en sorte d'en finir au plus vite. L'intention n'est pas des meilleures. (lire la suite)
Il regarde la foule, dans laquelle il y a de tout : beaucoup d'excités, beaucoup de femmes qui se lamentent (Luc 23, 27). Il avise « un passant qui revenait des champs, un certain Simon, de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus » (Marc 15, 21). L'histoire a conservé leur nom, à juste titre.
Pour Simon, l'ordre qu'il reçoit d'aider un condamné à mort est non seulement un contre-temps fâcheux mais quelque chose de déshonorant et cause d'impureté légale. Et ce, la veille de la grande fête de la Pâque, qu'il ne pourra pas célébrer dignement. C'est un comble. Mais les Romains n'en ont cure. Il maudit le centurion ainsi que le « malfaiteur » qui lui vaut une telle mésaventure, dont l'opprobre le poursuivra toute sa vie. Du moins le pense-t-il.
À ses yeux, ce qui lui arrive est très contrariant. C'est pourtant une grande grâce qui lui est faite. Il s'en apercevra plus tard. Pour le moment, il est à la peine, et il bertonne, comme on dit en Picardie, il maugrée entre ses dents. Mais c'est un brave homme, au fond. C'est pourquoi la grâce singulière qui lui est faite de prendre sa petite part à la Passion de notre Seigneur va porter ses fruits. La Croix du Christ va lui apporter, à lui et à ses fils, Alexandre et Rufus, la découverte de ce Jésus de Nazareth qui vient d'entrer brutalement dans leur vie. Ils ne se sépareront plus. Ils embrasseront la foi en ce que le « Roi des Juifs », comme le proclame l'écriteau mis par Pilate (Jean 19, 19-20), a enseigné, en sa doctrine. Ils découvriront qu'il est le Messie qu'ils attendent eux aussi. Et que ce Messie est le Fils de Dieu par surcroît ! Ils s'estimeront alors largement récompensés de leurs peines. L'irruption de la Croix, de la vraie Croix, leur a apporté des bienfaits, cachés à première vue : le salut de leur âme et l'amour de Dieu.


vendredi 18 décembre 2009

Arrêts sur christianisme (41)

Arrêts sur christianisme (41)

Pour les Pères, la différence (entre le christianisme et le judaïsme, et les autres religions) ne porte pas d'abord sur la doctrine elle-même : il y avait déjà dans le judaïsme une grande partie de la Révélation. Et pour eux, certains des philosophes païens avaient déjà une certaine connaissance de Dieu ; et même un saint Augustin nous dit que, pour lui, Platon a connu le mystère de la Sainte Trinité. L'abîme qu'il y a entre l'Ancien et le Nouveau Testament, c'est l'abîme qu'il y a entre l'annonce de quelque chose et la réalité de cette chose. (lire la suite) Et ceci nous fait toucher du doigt (...) que le christianisme est essentiellement une vie, et non pas essentiellement une philosophie. Être chrétien, pour nous, c'est exister divinement, c'est avoir la grâce en nous et avoir la familiarité avec Dieu. Or ceci c'est une nouveauté totale.

Jean Daniélou, Le mystère de l'Avent, Paris, Éditions du Seuil, 1948, p. 13.

jeudi 17 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

L'obéissance dans la foi de Marie (7)

Si nous sommes enfants de Dieu, « et nous le sommes » (1 Jean 3, 1), c'est parce que la mort de Jésus-Christ sur la Croix nous a libérés du poids du péché qui nous écrasait. Mais c'est aussi parce que, par son fiat, Marie a rendu possible notre Rédemption par son Fils. Parce qu'elle a accepté, en disant « oui », de mettre en jeu sa vie, sa réputation, son avenir, pour que la Volonté de Dieu s'accomplisse, telle que Dieu l'a arrêtée éternellement et immuablement.
« Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue » (Jean 3, 30)... Marie est beaucoup mieux placée que Jean-Baptiste pour le dire. Et pour ressentir cette nécessité de s'effacer devant son Fils qui seul est le Sauveur. Elle veut « agir et disparaître, afin que Jésus seul brille » (saint Josémaria). (lire la suite) Elle s'efface effectivement, elle disparaît discrètement de la scène.
Nous ne la retrouverons en direct qu'à Cana, au moment de la première séparation d'avec son Fils, quand celui-ci entame sa vie publique ; puis au Calvaire, lors de la deuxième séparation, nettement plus douloureuse, que ne compense pas - c'est absolument impossible - le fait de recevoir tous les hommes pour enfants...
L'obéissance de la foi de Marie, sans sourciller, sans penser à elle, en a fait la « Cause de notre joie » (Litanies de Lorette), une joie « qui a ses racines en forme de Croix » (saint Josémaria). L'humble servante du Seigneur est devenue la Reine de l'univers. Marie « était unie au Christ de façon singulière lors de sa première venue, par sa continuelle coopération avec lui elle le sera aussi dans l'attente de la seconde venue » (Redemptoris Mater, n° 41), plus encore, elle le sera aussi lors de cette deuxième venue, comme saint Louis-Marie Grignion de Montfort l'annonce, quand « apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme, et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme arriver sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Et il enverra ses anges au son de la grande trompette, et ils rassembleront ses élus des quatre points de l'horizon, d'une extrémité des cieux à l'autre » (Matthieu 24, 30-31).

(fin)

mercredi 16 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

L'obéissance dans la foi de Marie (6)

Et voilà que Marie s'est entendu dire : « Voici que vous concevrez... » Dans le contexte qui est le sien, à ce moment précis de l'histoire d'Israël, dans ce premier avent, elle comprend sur le champ qu'il ne peut s'agir que du Messie. Marie n'envisageait pas son avenir sous l'angle de la maternité. Elle l'avait exclue formellement, ce qui n'était pas un mince sacrifice, puisque cela supposait précisément de ne pas pouvoir être l'élue du Tout-Puissant, de qui naîtrait le Messie, la vierge décrite par Isaïe. Marie avait fait don à Dieu de cet abandon, pour sa plus grande gloire, par humilité. (lire la suite)
Et voici que Dieu redonnait sa maternité à Marie, et qu'il la lui redonnait au centuple, selon sa façon magnanime de se comporter avec ses créatures, qu'il la lui restituait tout en préservant cette virginité qu'elle voulait garder pour servir pleinement son Seigneur ! Elle le servira, en effet, mais différemment, autrement, d'une façon beaucoup plus profitable à l'humanité, et que seule Dieu pouvait inventer.
Son histoire ne s'écrira pas entre elle et Dieu seulement dans la pénombre du Temple, l'obscurité d'une vie quelconque et l'intimité de son âme. Le Fils qui va naître d'elle y inscrit tous les hommes de toutes les générations, depuis Abel le juste jusqu'à la fin des temps. Elle est portée au seuil de la divinité. Au point d'accueillir Dieu en elle. Marie est pleine de grâce. Elle a reçu le don d'une foi proportionnée à la réponse que Dieu attend d'elle. Une foi qu'elle pourrait couper au couteau, tellement elle est épaisse, pour reprendre l'image que saint Josémaria utilisait souvent, plein de reconnaissance envers Dieu.
Alors Marie dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole ! » (Luc 1, 38). « Ce fiat de Marie - « qu'il m'advienne » - a déterminé, du côté humain, l'accomplissement du mystère divin » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Sans ce « oui », que serait-il advenu de l'humanité ? Vraiment, « le mystère de l'Incarnation s'est accompli lorsque Marie a prononcé son fiat : « Qu'il m'advienne selon ta parole ! » rendant possible, pour ce qui la concernait dans le plan divin, la réalisation du dessein de son Fils » (Redemptoris Mater, n° 13). Et en ce qui nous concernait aussi, du même coup.

(à suivre...)

mardi 15 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

L'obéissance dans la foi de Marie (5)

Marie « a donc répondu de tout son « moi » humain, féminin, et cette réponse de la foi comportait une coopération parfaite avec « la grâce prévenante et secourable de Dieu » et une disponibilité parfaite à l'action de l'Esprit Saint qui « ne cesse, par ses dons, de rendre la foi plus parfaite » (Dei Verbum, n° 5). » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Voilà qui est admirable. C'est un cercle vertueux. Plus grande est la coopération à la grâce, plus parfaite est la réponse à la vocation, et plus l'Esprit Saint déverse ses dons dans l'âme, pour la rendre capable d'un don de soi encore plus généreux, capable de repousser encore plus loin, toujours plus loin les limites de l'Amour. (lire la suite)
Tel est l'exemple sublime que nous trouvons en Marie. L'obéissance de la foi jointe à l'humilité la font s'élever très haut dans le firmament de la sainteté, au point que par elle nous faisons un saut dans la divinité. Elle est le pont qui permet de passer de l'humain au divin, certes toujours dans la subordination à son Fils, l'unique Médiateur.
Marie laisse l'ange délivrer son message. Elle a juste posé une question, non pour douter de ce qui lui était dit, mais pour savoir comment concilier sa mission avec la voie sur laquelle elle s'était engagée sous la motion de Dieu lui-même, à n'en pas douter. Le message n'est pas bien long, certes. Mais comme il fait pénétrer dans les desseins éternels et infinis de Dieu, Marie a pu se sentir comme hors du temps, transportée dans un « ailleurs » auquel il ne lui était pourtant pas encore donné d'accéder. « Le Père des miséricordes a voulu que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée » (Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 56).
Marie ne perd pas pour autant conscience de la réalité. C'est bien à elle qu'il a été dit : « Voici que vous concevrez en votre sein et que vous enfanterez un fils » (Luc 1, 38). C'est on ne peut plus clair. Et c'est là où interviennent sa foi et son obéissance. Elle sait que le Messie doit venir. Elle perçoit même, dans sa grande sensibilité, à divers signes que cette venue est prochaine, voire imminente.

(à suivre...)

lundi 14 décembre 2009

Action de grâces (20)

Action de grâces (20)

Toi, lumière inaccessible, voilà que tu es entré dans ma demeure, que tu es venu la transformer, l’enjoliver, y faire régner une harmonie qu’elle ne saurait avoir d’elle-même, la parer comme jamais les hommes n’ont su décorer leurs maisons, même en faisant appel aux artistes les plus renommés et les plus qualifiés.
Je te cherche, parce que mon âme aspire à toi. Elle a été créée — Tu l’as créée — pour qu’elle partage ta vie, pour qu’elle te reconnaisse pour son Dieu et t’adore. Je t’adore, Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, je t’adore, mon Dieu, dans l’unité de l’essence divine et la Trinité des Personnes. « Dieu Père, non engendré, Fils unique, Esprit Saint Conseiller, sainte et indivisible Trinité, nous te célébrons à pleine voix, de tout notre cœur ; nous te louons et te bénissons. À toi gloire à jamais » (Trisagium angelicum). (lire la suite)
Tu es présent dans l’Eucharistie — et donc dans cette Hostie que je viens de recevoir. C’est le vrai Pain de vie, qui me transforme en me divinisant peu à peu. Ah ! mon Dieu, je suis si grossier, si rustre, que je ne sais pas me laisser diviniser une bonne fois pour toutes. Et tu viens quand même à moi…
Ô Hostie salutaire ! De toi je reçois la Vie, celle qui t’unit au Père et à l’Esprit dans une commune Volonté et un commun dessein d’Amour. Je veux répondre à cet Amour, et t’aimer comme ceux qui t’ont aimé le plus ici-bas, t’aimer comme Marie et Joseph ont su le faire. Que rien ne vienne refroidir cet amour. Que tout l’enflamme encore plus. Que rien ne l’étouffe, plus jamais, non plus jamais, Seigneur.
Par ce Pain de Vie que tu m’as donné, sanctifie-moi, identifie-moi à la Volonté du Père, fais que je n’ai d’autre visée que d’accomplir ton plan de salut, de mourir à mi-même pour que ma vie de chaque instant, unie à l’hostie sainte, devienne le Pain que tu nous donnes pour notre salut et pour parcourir jusqu’au bout notre chemin, avec la joie propre aux enfants de Dieu.

dimanche 13 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

L'obéissance dans la foi de Marie (4)

Marie est persuadée que Dieu sait ce qu'il fait, à qui il s'adresse, quand il présente sa requête à une âme, qu'il a au préalable convenablement ornée des qualités opportunes. Dans son cas à elle, il s'agit d'une sainteté hors pair, tout à fait exceptionnelle. En effet, en vue de sa Maternité divine, Dieu « la combla, bien plus que tous les esprits angéliques, bien plus que tous les saints, de l'abondance de toutes les grâces célestes, et l'enrichit avec une profusion merveilleuse, afin qu'elle fût toujours sans aucune tache, entièrement exempte de l'esclavage du péché, toute belle, toute parfaite et dans une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut, au-dessous de Dieu, en concevoir une plus grande, et que nulle autre pensée que celle de Dieu ne peut en mesurer la grandeur » (Pie IX, const. ap. Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854). (lire la suite)
« Pouvait-elle saisir quelle signification primordiale avaient les paroles de l'ange ? » À fond, certainement pas. Mais, en tant que fille d'Israël, à cet instant, elle s'est sentie dans la foi mère du « Messie-Roi ». Elle s'en remet totalement « au sens que donnait aux paroles de l'Annonciation celui dont elles provenaient : Dieu lui-même » (Redemptoris Mater, n° 15), un sens qui ne se dévoilera pleinement à elle qu'au pied de la Croix, conférant à sa foi le caractère héroïque propre à la sainteté. Espérant contre toute espérance, comme les patriarches de l'Ancien Testament, Marie réaffirme dans toute sa plénitude le fiat prononcé à Nazareth quelques trente-trois ans plus tôt, ce fiat à la fois « filial et maternel » (Ibid., n° 14).

(à suivre...)

samedi 12 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

L'obéissance dans la foi de Marie (3)

Pour Marie, « le moment « décisif » fut l'Annonciation, et les paroles mêmes d'Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru » se rapportent en premier lieu à ce moment précis » (Jean-Paul II, enc. Redemptoris Mater, n° 13). Élisabeth l'a bien perçu, non d'elle-même, mais sous la motion de l'Esprit Saint qui l'inspire au moment où elle accueille Marie, comme saint Luc tient à le souligner (cf. Lc 1, 42). C'est la Parole de Dieu - le Fils que Marie porte en elle - qui parle à Élisabeth en son for intérieur et lui révèle ce que nul n'aurait pu imaginer d'une jeune fille telle que Myriam de Nazareth. Nazareth, un village, une minuscule bourgade, qui plus est n'a apparemment pas bonne réputation : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46). C'est la question de Nathanaël a son ami Philippe qui lui a dit avoir rencontré le Messie en la personne de Jésus de Nazareth. (lire la suite)
« À l'Annonciation en effet, Marie s'est remise à Dieu entièrement en manifestant « l'obéissance de la foi » à celui qui lui parlait par son messager, et en lui rendant « un complet hommage d'intelligence et de volonté » (Dei Verbum, n° 5) » (Redemptoris Mater, n° 13). Ce sont les termes qui sont utilisées pour définir l'assentiment que tout fidèle doit donner aux vérités de foi. La vérité à laquelle Marie est sollicitée d'adhérer la concerne très directement : elle est rien moins que choisie pour être la « fille de Sion » cachée, annoncée par les prophètes, qui devait mettre au monde le Messie Seigneur.
Elle ne se dit pas que l'ambassadeur divin se trompe d'adresse. Elle ne pense pas qu'il veut se moquer d'elle ou qu'il s'agit d'une plaisanterie de mauvais goût. Non. Elle a tout de suite saisi le caractère surnaturel de la situation - éprouvant à un degré suréminent les sentiments de Pierre au jour de la Transfiguration : « Comme il est bon pour nous d'être ici » (Marc 9, 5). Elle s'est lancée à corps perdu et sans résistance dans l'océan de l'Amour de Dieu, estimant que tout ce qu'elle pourrait donner - sa vie entière, son être avec toutes ses facultés et ses puissances - serait bien peu de chose face à l'enjeu. Convaincue aussi de ce que Dieu « en sait plus long que nous »...

(à suivre...)

vendredi 11 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

L'obéissance dans la foi de Marie (2)

Marie a cru et obéi plus que quiconque, d'abord parce qu'elle est toute sainte, pleine de grâce, c'est-à-dire plus précisément « comblée de grâces », parce qu'elle est l'Immaculée Conception et qu'il n'y a en elle aucune corruption du péché, même pas l'espace d'un bref instant. Marie est « bénie entre les femmes » (Luc 1, 28). Les éxégètes reconnaissent à la formule employée par Luc une tournure très sémitique. Le participe passé (bénie) est un passif divin qui désigne clairement Dieu comme l'auteur de cette bénédiction. « Vous êtes bénie » signifie « Dieu vous a bénie ». L'expression « entre les femmes » sert habituellement quant à elle à exprimer le superlatif. En effet, la langue hébraïque ne connaît pas le superlatif et distingue donc une personne en la mettant au-dessus de la masse des autres. (lire la suite) « Vous êtes bénie entre les femmes » signifie donc « Vous êtes la plus bénie des femmes » (abbé de Menthière, Je vous salue Marie. L'art de la prière).
L'obéissance de la foi est parfaite chez Marie également parce que personne n'a été confronté comme elle à une décision aussi importante, dont dépendait la Rédemption de l'humanité, nul ne s'est trouvé avant elle ni ne se trouvera après elle à qui il soit demandé d'accepter une charge aussi écrasante, dont Marie ne voyait que trop bien qu'elle dépassait totalement ses propres forces et dont elle se sentait, de ce fait, pleinement indigne.
Indigne au point de s'exclamer : « Voici la servante du Seigneur » (Lc 1, 38). Mais de l'affirmer tout en faisant entièrement confiance à Dieu, et en ajoutant : « Qu'il me soit fait selon ta parole » (Lc 1, 38), en formulant un « oui » à ce qui avait été une demande formulée par le Tout-Puissant avec une extraordinaire délicatesse, sans rien imposer. Mais il est vrai comme si cela était déjà fait : « Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 31). Une délicatesse que Marie mettra pour demander à son Fils d'intervenir en faveur des jeunes époux de Cana (cf. Jn 2, 3). Elle a été à bonne école. Elle a appris qu'un « s'il-te plaît » suffit pour obéir, quand la proposition vient de Dieu, quand elle est formulée au nom de Dieu, par son représentant qualifié.


(à suivre...)

jeudi 10 décembre 2009

L'obéissance dans la foi de Marie (1)

L'obéissance dans la foi de Marie (1)

« Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre toutes les femmes » (Lc 1, 28). Après ce préambule surprenant, qui a dû plonger Marie dans une certaine perplexité, l'archange ajoute : « Ne craignez pas, Marie, car vous avez trouvé faveur auprès de Dieu. Vous allez concevoir et vous enfanterez un fils, auquel vous donnerez le nom de Jésus » (Lc 1, 30-31). Dieu annonce son projet et attend une réponse de foi. Mais il ne se satisfera pas de n'importe quelle adhésion.
Car, « comme l'enseigne le Concile, « à Dieu qui révèle est due « l'obéissance de la foi » (Rm 16, 26 ; cf. Rm 1, 5 ; 2 Co 10, 5-6), par laquelle l'homme s'en remet tout entier et librement à Dieu » (Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, n° 5) ». c'est ce que Jean-Paul II rappelait dans son encyclique Redemptoris Mater (25 mars 1987, n° 13). (lire la suite)
La foi consiste donc à croire aux vérités que Dieu nous fait connaître et auxquelles notre raison ne peut parvenir par elle-même, des vérités dont elle n'a pas l'évidence. Y adhérer suppose, certes, que Dieu commence pas nous donner sa grâce - « sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5) -, mais qu'ensuite nous nous en remettions entièrement et librement à lui. Entièrement, parce que nous pouvons donner un « oui » qui ne serait qu'un « ouais » mou, l'assentiment de celui qui n'est pas très convaincu de ce qu'il dit, librement aussi parce que nul ne peut nous forcer à dire « oui ». La liberté, c'est l'amour exprimé en acte. L'obéissance de la foi n'est donc pas une obéissance « aveugle », non raisonnée, comme capricieuse, sur laquelle nous pourrions revenir.
L'on se donne à Dieu une fois pour toutes, en ayant rompu les amarres, « brûlé les vaisseaux », comme les conquistadors arrivant dans le Nouveau Monde pour ne pas avoir la tentation de retraverser l'océan. Nous faisons confiance à Dieu pour aujourd'hui, pour demain et pour l'éternité. L'obéissance de la foi est un engagement volontaire de la personne au service des plans de salut. Or, « cette définition de la foi trouve en Marie une réalisation parfaite » (Redemptoris Mater, n° 13). Marie a cru et a obéi plus que n'importe quelle autre créature, au prix d'un renoncement à elle-même dont nous ne pouvons pas mesurer l'intensité.

(à suivre...)

mercredi 9 décembre 2009

Messe de Noel de Benoît XVI en France

ROME, Mercredi 9 décembre 2009 (ZENIT.org) - La messe de la nuit de Noël présidée par Benoît XVI le 24 décembre à Saint-Pierrre de Rome sera transmise en direct par trois télévisions françaises : KTO, TMC et France 2.

La messe de Noël, célébrée à Saint-Pierre de Rome par le pape Benoît XVI jeudi 24 décembre à partir de 22h (heure française), sera diffusée en direct sur la chaîne KTO et sur le site ktotv.com.

La messe présidée par le pape sera aussi retransmise sur la chaîne TMC à partir de 23h55. Elle sera commentée par Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France, et par M. Jacques Collet, journaliste et spécialiste des questions religieuses à TF1 et LCI.

La messe de Noël célébrée par Benoît XVI sera également diffusée sur France 2, à partir de 23h55. Elle sera commentée par le Père Philippe Jeannin, dominicain et producteur du Jour du Seigneur.

Action de grâces (19)

Action de grâces (19)

« La terre entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ; jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ; au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur ! » (Psaume 98, 3-6). Aujourd’hui encore, Seigneur, tu as daigné descendre dans mon âme, pour que cette journée ne s’écoule pas en vain, mais s’inscrive tout entière dans tes plans amoureux. Inouï et insondable est ton Amour. Que tu viennes à moi, toi le Créateur du ciel et de la terre, toi qui surpasses infiniment toute chose, que tu pénètres dans mon cœur si rachitique, toi qui es l’immensité même, l’infini, que tu veuilles demeurer dans cet espace restreint, auprès duquel la grotte de Bethléem fait figure de palais, cela ne s’explique que par ton Amour. (lire la suite)
Fais que je comprenne cette leçon. Que je ne me lasse jamais de l’apprendre et de me mettre à l’écoute, à l’école, du Saint-Esprit. Ô mon Dieu, toi seul est digne d’être aimé, toi seul est vraiment aimable, au sens propre du terme. Apprends-moi à t’aimer sans détour et de tout mon être dès ici-bas, pour que je sois admis dans la patrie céleste et puisse y poursuivre cet épithalame.
Jamais je n’arriverai pourtant à t’aimer comme je le devrais. Et je te remercie de tout mon cœur de t’être offert de nouveau à moi dans la sainte communion. Car en ne faisant de la sorte qu’un avec toi, je peux alors aimer le Père avec ton propre Cœur sacré et très miséricordieux, et oser me hisser à des hauteurs qui, autrement, resteraient inaccessibles au pauvre hère que je suis. Comme tu nous transformes, Seigneur ! « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Psaume 33, 9). C’est une parole de Vérité qui s’accomplit chaque jour à l’autel et quand tu nous es offert en aliment vivifiant. Ô mon Dieu, merci, mille fois merci ! Je veux finir ma vie en te remerciant sans cesse : Ut in gratiarum semper actione maneamus ! « demeurons toujours dans l’action de grâces ! »

mardi 8 décembre 2009

L'Immaculée Conception

L'Immaculée Conception

Pour saint Éphrem (+ 373), la conception virginale de Jésus rappelle la naissance d'Ève : « De fait, Marie donna naissance sans le concours d'un homme. De même qu'à l'origine, Ève est née d'Adam sans qu'il y ait eu rencontre charnelle, ainsi en est-il de Joseph et de Marie, la vierge son épouse. Ève mit au monde le meurtier Caïn, Marie le Vivificateur. Celle-là mit au monde celui qui répandit le sang de son frère (Genèse 4, 1-16), celle-ci celui dont le sang fut répandu par ses frères. (...) La conception de la vierge nous enseigne que celui qui, sans lien charnel, a mis au monde Adam en le faisant sortir de la terre vierge, a aussi formé sans lien charnel le second Adam dans le sein de la vierge. Le premier Adam était retourné sans le sein de sa mère ; par ce second Adam, qui n'y retourna pas, celui qui était enseveli dans le sein de sa mère en fut retiré » (Diatessaron 2, 2). Dans sa controverse avec Pélage, saint Augustin (354-430) affirme que la sainteté de Marie constitue un don exceptionnel, ajoutant : (lire la suite) « Exception faite pour la Sainte Vierge Marie, elle dont, pour l'honneur du Seigneur, je ne veux en aucune façon que l'on parle lorsqu'il s'agit de péchés : ne savons-nous donc pas pourquoi une grâce plus grande lui a été conférée dans le but de vaincre le péché, elle qui a mérité de concevoir et de mettre au monde Celui qui de façon manifeste ne pécha jamais ? » (De natura et gratia 42). « Nous avons en horreur de dire de cette femme, c'est la belle réponse de Denys le Chartreux (1402-1471), que, devant écraser un jour la tête du serpent, elle ait jamais été écrasée par lui, et que, Mère de Dieu, elle ait jamais été fille du démon » (III Sent., d. 2, q. 1) » (saint Pie X, enc. Ad diem illum, 2 février 1904). Eadmer (1064-1141), moine de Canterbury, a écrit le premier traité de l'Immaculée Conception de Marie, vers 1128. Il utilise l'image de la châtaigne, qui « est conçue, nourrie et formée sous les épines, mais qui reste toutefois à l'abri de leurs piqûres » (De conceptione 10). Autrement dit, « même sous les épines d'une génération qui de par sa nature devait trasmettre le péché originel, (...) Marie est restée à l'abri de toute tache, par la volonté explicite de Dieu qui « l'a pu, manifestement, il l'a voulu. S'il l'a donc voulu, il l'a fait (potuit plane. Si igitur voluit, fecit) » (Ibid.) » (Jean-Paul II, Audience générale, 4 juin 1996). Certains diront aux XIIIe et XIVe siècles que Marie a été soumise au péché originel pendant un court instant (per parvam morulam). La difficulté théologique soulevée est l'universalité de la Rédemption. Le magistère va affirmer que Marie n'est pas une exception : elle est la première à avoir été rachetée par le Christ de façon suréminente, en considération des mérites de Jésus-Christ (Catéchisme de l'Église Catholique, n° 491). Chez Marie, la Rédemption n'est pas « libératrice », mais « préservatrice ». C'est Duns Scot (1266-1308) qui apporte la solution aux objections comme quoi la rédemption n'aurait pas été universelle si les êtres humains ne partagaient pas tous la condition de pécheurs. Il explique que le Christ, Médiateur parfait, a manifesté en Marie l'acte de médiation le plus parfait en la préservant du péché originel, par ce que la théologie appellera une « rédemption préservatrice ».
Par la bulle Ineffabilis Deus, du 8 décembre 1854, Pie IX définit le dogme, ou vérité de foi, suivant : « Dès le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, la bienheureuse Vierge Marie a été préservée et exempte de toute tache du péché originel. » Le pape mentionne explicitement que cette déclaration est infaillible. Peu après cette définition, la Vierge apparaît, à Lourdes, à Bernadette Soubirous et lui dit en patois : « Je suis l’Immaculée Conception. » La définition de l'immunité du péché originel « ne comprend pas explicitement l'immunité de la concupiscence. Toutefois la préservation complète de Marie de toute tache du péché entraîne également son immunité de concupiscence, tendance désordonnée qui, selon le concile de Trente, provient du péché et pousse au péché » (Jean-Paul II, Audience générale, 16 juin 1996). Ce que l'Église honore, c'est la Conception immaculée de Marie, non sa sanctification ou la conception dans un deuxième temps, ce qui, dans les deux cas, laisserait supposer que Marie a été marquée d'abord par le péché originel puis rachetée dans un second temps. Le bienheureux Pie IX fait remarquer que la définition de l'Immaculée Conception « servira puisamment à réfuter ceux qui prétendent que la nature humaine n'a pas été gâtée à la suite de la première faute et qui exagèrent les forces de la raison pour nier ou diminuer le bienfait de la religion révélée » (Allocution au Consistoire, 9 décembre 1854).

lundi 7 décembre 2009

L'humilité de Marie (5)

L'humilité de Marie (5)

« Une résolution sincère : rendre notre chemin facile, aimable pour les autres, car la vie comporte en elle-même suffisamment d’amertume » (saint Josémaria, Sillon, n° 63). Une vie vertueuse attire. Elle montre qu'il est possible de concilier présence au monde et vie spirituelle, implication des tâches professionnelles et souci apostolique. La bien appelle le bien.
Nous le voyons avec l'obéissance de Marie. L'obéissance est une des principales vertus, avons-nous dit, en nous appuyant sur l'autorité de la Sainte Vierge. Nous voulons bien le croire. (lire la suite) N'est-ce pas cette vertu précisément à laquelle l'évangéliste Luc se réfère quand il résume la vie de Jésus à Nazareth : « Il leur était soumis » (Luc 2, 51) ? Et quand il s'agira d'exprimer en catégories humaines le geste suprême du Fils offrant à son Père une réparation vicaire, à notre place, c'est aussi à l'obéissance qu'il sera fait appel : « Il se fit obéissant jusqu'à' à la mort, et à la mort sur une Croix » (Phlippiens 2, 8). C'est sans doute la vertu qui a le plus coûté à notre Seigneur en tant qu'homme. « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean 4, 34), et cela demandait qu'il s'offrît sur la Croix.
Marie aussi, disions-nous, nous donne un exemple d'obéissance, dont les conséquences pour l'humanité n'ont pas fini de se faire sentir, tout comme l'obéissance de Jésus a ouvert une fontaine d'eaux vives qui jaillissent en vie éternelle (cf. Jean 4, 14). L'obéissance de Marie a permis que le Christ vienne à nous, que le Fils de Dieu puisse accomplir sa mission. C'est vrai de l'humilité de Marie, comme nous l'avons vu. Mais c'est aussi vrai de son obéissance, de son obéissance dans la foi.
L'amertume a été bien présente dans la vie de Jésus et dans celle de Marie. Nous pouvons dire qu'ils l'ont ressentie précisément parce qu'ils ont obéi à Dieu le Père. Cette amertume était le prix à payer pour que leur obéissance soit fructueuse pour nous et produise un fruit qui demeure (Jean 15, 16). De même que le Seigneur avait promis à ses apôtres : « Votre tristesse se convertira en joie » (Jean 16, 20), l'amertume de Jésus et de Marie est source de grâce, de salut. À eux plus qu'à nul autre s'appliquent ces mots de l'Apôtre : « (Romains 8, 28).

(fin)

dimanche 6 décembre 2009

L'humilité de Marie (4)

L'humilité de Marie (4)

Nous avons déjà en cela une confirmation de la diversité et de la magnitude des grâces. Elles ne sont pas toutes données avec la même intensité. La pluie est abondante, mais elle est faite de gouttes d'inégale grosseur, plus ou moins bienfaisantes. Cette pluie est déversée par les mains de Marie, qui en explique l'origine : « Ces grâces sont de mon Fils, je les prends dans son Cœur ; il ne peut me les refuser » (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, 1995, p. 439). Voilà qui est singulièrement réconfortant pour nous. Marie ne parle pas à la légère. Si elle dit : « Il ne peut le mes refuser », c'est que cela se passe effectivement ainsi. (lire la suite) Jésus ne sait pas repousser les demandes qui lui viennent de sa Mère. Nous pourrions même ajouter qu'il ne le peut pas. Il ne le peut pas parce qu'il en a décidé ainsi, par reconnaissance éternelle envers celle qui lui a permis de réaliser son projet insensé - véritable folie d'Amour - de prendre chair en elle pour nous racheter de nos péchés. « Il ne peut le mes refuser. » Faisons jouer cette toute-puissance d'intercession de Marie pour obtenir par elle, les grâces dont nous avons besoin.
Mais prenons garde à ne pas nous tromper nous-mêmes. Les gens pensent avant tout à la santé. Cela semble pour eux ce qu'il y a de plus fondamental, à la limite l'unique bien. C'est là où la suite du récit de cette apparition est intéressant, et « ce jour-là seulement il y avait dans chaque goutte un nom de grâce » (Ibid.).
Chaque goutte porte le nom d'une grâce. Et nous savons que les gouttes ne sont pas toutes de la même grosseur. Nous allons donc savoir quelles sont les vertus qui comptent le plus pour Marie et pour Dieu. Dans son récit, Estelle précise : « Ces grâces m'apparaissaient de diverses grandeurs, ainsi la santé, la prospérité étaient parmi les petites grâces ; la piété, l'obéissance étaient parmi les grandes grâces celles que je voyais briller du plus vif éclat, c'étaient : l'obéissance, la sagesse, la charité » (Ibid.). Nous aurions aimé avoir une liste plus détaillée. Mais celle-ci est déjà suffisamment parlante. La santé et la prospérité, autrement dit la réussite humaine, ne sont que de petites grâces. Ne soyons pas déçus. Si ce à quoi nous attribuons tant d'importance est petit, que sera le reste !

(à suivre...)

samedi 5 décembre 2009

Minarets, Suisse et pays musulmans

Minarets, Suisse et pays musulmans

Ci-dessous la traduction d'un article :
La Suisse est moins restrictive envers l'islam que la plupart des pays musulmans envers ceux qui ne le sont pas.
La Suisse n'a interdit que les minarets, non les temples, ni les actes du culte, ni toute autre manifestation de la croyance musulmane. En revanche, toute liturgie ou prière est expressément interdite en Algérie aux non musulmans en dehors des lieux autorisés, de même que de chercher à obtenir la conversion d'un musulman ou de répandre toute littérature d'une autre religion. Au Pakistan, l'intolérance à l'encontre des chrétiens s'abrite derrière la loi sur le blasphème, punie jusqu'à la peine capitale.
En Arabie Séoudite, il ne peut y avoir ni églises, (lire la suite) ni culte public non musulman. Il est illégal d'introduire une Bible, et les exemplaires que découvre la police sont confisqués et détruits, tandis que le contrevenant peut être condamné à mort, comme cela s'est produit au moins dans un cas. La Malaisie ne reconnaît le changement de religion d'un musulman, et considère que tout converti est passible des tribunaux de la sharía en matière familiale, de sorte qu'il ne peut pas se marier avec un infidèle. Le Maroc n'admet pas non plus qu'un sujet du roi, Commandeur des croyants, ne soit pas musulman.
Aux lois contraires à la liberté religieuse et aux restrictions administratives clairement discriminatoires, comme à propos de la construction ou de l'entretien de temples, il faut ajouter les agressions de fait. Les chrétiens sont persécutés de façon systématique en Irak et en Somalie, et de façon sporadique au Pakistan, en Turquie et en Égypte.
C'est pourquoi il est difficile d'admettre les reproches faits à la loi suisse sans se poser en même temps la question de la réciprocité. (...)
Le référendum récent est un cas de réciprocité équivoque. Bien que le veto aux minarets n'empêche pas aux musulmans de Suisse le droit et la possibilité réelle de professer et de pratiquer leur foi, il les marginalise de fait avec une restriction qui n'est pas imposée aux autres. La conférence des évêques suisse considère que la mesure est « un obstacle à l'intégration dans le dialogue et le respect mutuel », et souligne que cela « n'aider pas les chrétiens opprimés et persécutés dans les pays islamiques ».
La liberté religieuse et les autres droits de l'homme ne sont pas des concessions de qui que ce soit : il faut les reconnaître et les respecter dans tous les cas, non en échange de quelque chose. Cela vaut tout autant en Suisse que dans tous les pays islamiques.

L'humilité de Marie (3)

L'humilité de Marie (3)

Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas toutes du même ordre, n'ont pas toutes la même importance. La grâce sanctifiante est la première et la principale, celle qui nous « justifie », c'est-à-dire nous rachète du péché, efface en nous le péché originel, et nous rend saint, redonne de l'éclat à l'image de Dieu qu'est notre âme. Les grâces sacramentelles ont une origine particulière, puisque le sacrement est un signe sensible qui produit la grâce qu'il signifie, et elles accompagnent le fidèle tout le long de sa vie, jusqu'aux portes de l'éternité. Les grâces actuelles, destinées à nous aider à bien agir dans chaque acte personnel, sont nécessaires pour faire le bien, bien que d'une nature distincte.
Les vertus elles-mêmes sont des grâces que Dieu distribue avec largesse. Parmi elles, (lire la suite) les trois vertus théologales occupent le premier rang, une place à part, qui les met loin au-dessus de toutes les autres, la charité surtout, car elle est un nom de Dieu : « Dieu est Amour » (1 Jean 4, 16).
Quant aux vertus cardinales, comme leur nom l'indique, elles jouent un rôle charnière dans la vie spirituelle, commandent une foule d'autres vertus. Ces vertus n'ont pas toutes la même importance aux yeux de Dieu, même si elles sont toutes un reflet des perfections absolues et infinies qui se trouvent en lui, qu'il est lui-même, puisque Dieu est Un, tout est Dieu. Dieu nos accorde ses différentes grâces selon son vouloir, avec plus ou moins d'abondance. C'est ce que la voyante de Pellevoisin, Estelle Faguette, a pu constater lors de la première apparition de la Sainte Vierge. Marie lui montre les grâces que recevront ceux qui porteront le scapulaire du Sacré Cœur dont elle lui avait montré le modèle et dont elle la chargeait de répandre la dévotion. La Sainte Vierge étendit les mains, et Estelle vit qu'il « en tombait une pluie abondante ; et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces écrites telles que : piété, salut, confiance, conversion, santé ; en un mot toutes sortes de grâces plus ou moins fortes » (M.-R. Vernet, La Vierge à Pellevoisin. Dieu au cœur d'une mère. Lecture théologique et spirituelle des documents, Paris, 1995, p. 439).

(à suivre...)

vendredi 4 décembre 2009

L'humilité de Marie (2)

L'humilité de Marie (2)

Oui, cette humilité de Marie a quelque chose d'exceptionnel et d'attachant. Jean-Baptiste déclarera : « Il faut que lui grandisse, et que moi, je diminue » (Jean 3, 30). C'est à bien plus forte raison le sentiment de Marie dès le moment où la voix de l'ange retentit et où elle s'apprête à donner son assertion sans réserve. Dieu, qui voit tout dans le présent de l'éternité, s'extasie en quelque sorte devant cette humilité de la Vierge de Nazareth.
Il voit que Marie ne fait pas d'histoire, que sa condition à venir ne lui tourne pas la tête et ne lui fera pas perdre le sens des réalités des choses de ce monde, (lire la suite) des réalités de sa vie quotidienne, cachés et sans relief apparent. « Marie, maîtresse du sacrifice discret et silencieux ! — Voyez-la, presque toujours dans l’ombre, collaborer avec son Fils : elle sait et se tait » (saint Josémaria, Chemin, n° 509). Le naturel avec lequel Marie s'engage corps et bien dans les plans de la divine Providence, et de se laisser conduire par elle, a sans nul doute « facilité » la tâche de Dieu, disons celle de saint Gabriel.
La question que Marie pose : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme » (Luc 1, 34), montrant qu'elle a déjà choisi son camp, qu'elle raisonne à partir de projets célestes, qu'elle n'attend qu'une indication pour savoir comment elle doit s'y prendre afin qu'il se réalise, avec elle pour instrument de l'immense grâce annoncée. Elle ne demande rien pour elle. Elle ne demande pas la Sagesse, comme Salomon (cf. 2 Chroniques 1, 10). Elle s'en remet totalement à Dieu : « Je suis la servante du Seigneur », l'humble servante du Seigneur : qu'il m'advienne selon ta parole » (Luc 1, 38).
Qu'importent son opinion et ses plans, l'idée qu'elle s'était faite de sa vie au service de Dieu. Elle n'a d'ailleurs jamais cherché à briller ou à se mettre en valeur, à se faire mousser. Elle veut glorifier Dieu, le louer et l'adorer : « Tu adoreras Dieu et lui seul » (Luc 4, 8). Elle veut voir le visage de son Seigneur : « Je voudrais voir ta face, Seigneur » (Psaume 42, 3). Celui qui veut être grand, qu'il se fasse comme le serviteur (Luc 22, 26). Cela, elle l'a compris d'instinct. Depuis toujours. C'est un sentiment que Dieu a fait germer et fleurir dans son âme, un désir qui la gagne de plus en plus et guide toutes ses démarches, sa prière, son existence entière.
Et voilà que le Seigneur a jeté les yeux sur sa bassesse (cf. Luc 1, 48). Ce n'est pas sur l'espérance d'Israël, qui est la sienne propre, ce n'est pas sur une foi sans faille comme celle d'Abraham (Hébreux 11, 8.17), ce n'est pas sur l'Amour, objet du premier des commandements, que Dieu a pris appui pour s'incarner dans les entrailles très pures de Marie. C'est sur son humilité. Et Marie en est pleinement consciente. Elle en loue Dieu. Et puisqu'il ne s'agit plus d'elle, mais que seul compte ce Fils qui lui est donné, son humilité peut la conduire à prophétiser : « Toutes les générations me déclareront bienheureuse » (Luc 1, 48). Non pas pour elle-même, mais parce qu'elle est le tabernacle vivant du Fils de Dieu, Temple du Saint-Esprit, choyée par le Père.

(à suivre...)