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vendredi 29 février 2008

Le sens de la douleur (2)

Le sens de la douleur (2)

Se proposer d'aimer la Croix est une chose, y arriver en est une autre. Car le moindre bobo nous inquiète, et la maladie nous pèse rapidement quand elle ne génère pas l'anxiété et l'apitoiement sur son sort. Et la dépression guette. Ou la rupture avec l'environnement.
En revanche, la petite mortification de nos goûts nous attache à la Croix du Christ par des liens d'amour. Elle se fond dans la souffrance du Christ qu'elle cherche à alléger. Tout comme une mère ne ressent pas la fatigue (lire la suite) tandis qu'elle s'emploie à soigner son enfant malade, à veiller auprès de lui nuit et jour, à tâcher de le distraire pour qu'il souffre moins. Un sourire, même difficilement ébauché, est sa récompense.
Saint Josémaria nous invite à ouvrir nos mains aux clous qui ont attaché le Christ au bois de la Croix. De les ouvrir pour que nous sachions nous laisser clouer par amour sur cette même Croix - la Croix de notre salut - à partir des petites contrariétés quotidiennes, des déceptions que la vie et le comportement de nos semblables nous apportent, des souffrances, parfois dues à nos imprudences et à nos péchés, des privations offertes pour tant d'intentions pour lesquelles nous n'avons d'autres moyens d'action que la prière et la mortification.
Cloués avec le Christ sur la Croix, nous pouvons contempler avec lui l'humanité qui a besoin de rachat. « Le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde », dit saint Paul (Galates 6, 14). « Je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l'achève pour son corps, qui est l'Église » (Colossiens 1, 24). Comme l'enseigne saint Augustin, Jésus « a souffert une seule fois en tant que Tête, et il souffre maintenant dans ses membres, c'est-à-dire en nous-mêmes » (Enarrationes in Psalmos 61, 4). Saint Paul, nous le voyons, avait bien compris le sens de la souffrance chrétienne, source de joie féconde. C'est un exemple qu'il nous convient de suivre.
(fin)

jeudi 28 février 2008

Le sens de la douleur (1)

Le sens de la douleur (1)

En ce temps de carême, après avoir parlé du sacrifice, abordons la douleur.
« Tu as demandé à Notre Seigneur de te laisser souffrir un peu pour lui. Mais ensuite, quand est venue l’épreuve, sous une forme si humaine, si normale (difficultés et problèmes familiaux…, ou encore ces mille petitesses de la vie courante) il t’en a coûté de voir le Christ derrière tout cela. — Ouvre docilement tes mains à ces clous…, et ta douleur deviendra ta joie » (saint Josémaria, (lire la suite) Sillon, n° 234). Bien peu de gens, même parmi les baptisés, comprennent cela. Certains nient que les souffrances du Christ aient été rédemptrices. On se demande alors à quoi elles ont bien pu servir et quel en a été le sens. D'autres, les mêmes souvent, nient aussi que la messe soit un sacrifice. Pourtant, selon l'enseignement de l'Église, c'est le Sacrifice du Calvaire, l'unique Sacrifice du Christ, qui est rendu présent, de façon non sanglante mais sacramentelle. « L'Eucharistie est mémorial en ce sens qu'elle rend présent et actualise le sacrifice que le Christ a offert à son Père, une fois pour toutes, sur la Croix, en faveur de l'humanité » (Abrégé du Catéchisme de l'Église catholique, n° 280).
Le Christ sur la Croix embrasse d'un seul regard toutes les générations de l'humanité, passée, présente et à venir. C'est pour elles toutes qu'il se livre au moment qu'il a lui-même fixé de toute éternité avec son Père et le Saint-Esprit.
Le Christ souffre, mais n'est pas triste. Sa douleur se transforme en joie, la joie d'ouvrir les portes du ciel que le péché d'Adam et Ève avaient fermées : Dieu avait mis « à l'orient du jardin d'Éden les Chérubins et la flamme de l'épée tournoyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie » (Genèse 3, 24). Le Christ sait que, « par là, il réconciliera toute l'humanité avec Dieu » (Ibid., n° 119).
Beaucoup de gens se laissent guider par la « loi du goût », aidés en cela par les messages publicitaires qui ne parlent que de se faire plaisir, de confort personnel, et j'en passe. Ce n'est pas là une vie chrétienne. Ni d'ailleurs, en dépit des apparences en trompe-l'œil, une vie heureuse. Car une vie sans Dieu est une vie vide de sens, n'est que tristesse. Elle vole de plaisir en plaisir qui s'échappent et ne satisfont jamais.
La vie chrétienne passe par les renoncements. « Il n'y a pas de disciple au-dessus du maître, ni de serviteur au-dessus de son seigneur » (Matthieu 10, 24). Le Christ étant monté sur la Croix, nous devons nous y hisser également. « N’as-tu jamais contrarié tes goûts ou tes caprices en quelque chose ? — Considère que Celui qui te demande de le faire est cloué sur une Croix, qu’il souffre dans tous ses sens et dans toutes ses puissances, et qu’une couronne d’épines couvre sa tête… et tout cela pour toi » (saint Josémaria, Sillon,, n° 989).

(à suivre...)

Intentions de priere

Intentions de prière

Après des épreuves presque insurmontables pour l'homme, Dieu trinitaire m'a aidé et j'espère aujourd'hui en l'avenir. Voulez-vous m'aider par vos prières à devenir un bon et vrai chrétien dans le Christ Jésus ?

Pour la paix au sein des familles, dans le monde, pour l'amélioration des conditions de vie des « petites gens »

Pour que la doctrine sociale de l'Église soit étudiée et enseignée.

La conversion des Français à l'amour de Jésus, le Christ.

mercredi 27 février 2008

Jesus et l'apostolat (3)

Jésus et l'apostolat (3)

« Jamais un disciple du Christ ne maltraitera quelqu’un. Il qualifie l’erreur d’erreur ; mais il doit corriger avec affection celui qui est dans l’erreur ; sinon, il ne pourra pas l’aider, il ne pourra pas le sanctifier. Il faut vivre avec les autres, il faut comprendre, il faut savoir excuser, il faut être fraternels. Et, comme le conseillait saint Jean de la Croix, il faut à tout moment mettre de l’amour là où il n’y a pas d’amour, pour en tirer de l’amour (Saint Jean de la Croix, Lettre à Marie de l’lncarnation, 6 juillet 1591 ), même (lire la suite) dans ces circonstances, apparemment peu importantes, que créent notre travail professionnel et nos relations familiales et sociales. Toi et moi nous profiterons ainsi des occasions qui se présenteront, y compris des plus banales, pour les sanctifier, nous sanctifier et sanctifier ceux qui partagent avec nous les mêmes efforts quotidiens, en ressentant dans notre vie le poids doux et attirant de la co-rédemption » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9).
Si « rien n'est plus inutile qu'un chrétien qui ne se consacre pas au salut de ses frère », comme saint Jean Chrysostome nous le disait il y a un instant, a contrario, celui qui travaille à leur salut fait œuvre utile, la plus utile qui soit. Car il transmet à autrui un trésor véritable et inestimable, que les vers et la rouille ne dévorent pas et que les voleurs ne dérobent pas (cf. Matthieu 6, 20).
Demandons à Dieu notre Seigneur d'avoir « la langue bien pendue », pour parler de lui « à temps et à contre-temps » (2 Timothée 4, 2) et proclamer partout les « merveilles de Dieu » (Actes des apôtres 2, 11). Nous devons pour cela aller souvent à contre-courant. Qu'importe. Il va de soi que nous ne pouvons pas nous adapter à l'air à la mode, nous laisser prendre par le milieu ambiant, par le « socialement correct ». « Le milieu ambiant a tellement d’influence ! » m’as-tu dit. — Il m’a fallu te répondre : sans doute. C’est pourquoi votre formation doit être telle que vous portiez en vous avec naturel votre propre « ambiance », afin de donner ensuite « votre ton » à la vie en société. — Alors, si tu as bien saisi cet esprit, je suis certain que tu me diras, stupéfait comme les premiers disciples devant les prémices des miracles qu’ils opéraient au nom du Christ : « Nous avons tellement d’influence sur le milieu ambiant ! » (saint Josémaria, Chemin, n° 376). On ne doit pas pouvoir dire de nous : « Eux, ils sont du monde ; aussi est-ce le monde qui inspire leurs discours, et le monde les écoute » (1 Jean 4, 5). En revanche, les autres doivent reconnaître que s'accomplissent en nous ces paroles de Jésus à son Père : « Comme tu m'as envoyé dans le monde, à mon tour, je les ai envoyés dans le monde » (Jean 17, 18).

(fin) )

Arrets sur christianisme (18)

Arrêts sur christianisme (18)


L'on sait que dans le monde païen le travail manuel était peu considéré, au point que l'on pourrait dire qu'il n'était pas digne des hommes libres. Le christianisme a renversé cet ordre de valeur. Depuis que le Fils de Dieu a accepté de se pencher sur un établi à côté du « charpentier » Joseph, l'effort physique a cessé d'être inconvenant, et a même commencé à être considéré comme un motif de fierté légitime.
Maintenant, tout homme qui peine dans l'accomplissement de son devoir professionnel - quel qu'il soit, pourvu qu'il soit honnête - peut se sentir « riche » de la dignité que le Seigneur a conférée à tout travail et à tous les travailleurs.

Jean-Paul II, Discours à l'usine Olivetti d'Ivrea, 19 mars 1990.

mardi 26 février 2008

Jesus et l'apostolat (2)

Jésus et l'apostolat (2)

« C'est pour eux que je me sanctifie, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité » (Jean 17, 19). Nous avons donc un impératif de croissance en vie intérieure, en amitié avec Dieu, en pureté et droiture de vie, en oubli de nous-même pour venir en aide aux autres de plus en plus efficacement. J'ai déjà parlé de notre devoir de faire de l'apostolat à propos de la parabole du Bon Samaritain. Ce que je dis aujourd'hui est donc un simple rappel, mais un rappel qui s'appuie sur la Parole de Dieu. Il s'agit pour nous de profiter, (lire la suite) ou de tâcher de profiter, car nous sommes facilement lâches ou pusillanimes, de toutes les occasions qui se présentent dans notre vie - voisin dans le train ou l'avion, coiffeur, personne qui attend comme nous chez le médecin ou que nous rencontrons à la cantine, etc. - pour parler de Dieu, de notre foi, pour prendre part aux intérêts et aux espoirs de nos semblables, à leurs soucis et à leurs souffrances aussi, afin de les aider à acquérir une vision surnaturelle, de les assurer, au moins, que nous prierons pour eux. Bien souvent ils s'en montrent très reconnaissants. Nous les aidons parce que nous les aimons de l'amour même de Dieu. C'est-à-dire à partir de la vertu théologale de charité que Dieu à mise en nous à notre baptême.
« Lorsque nous méditons les paroles de notre Seigneur : Et pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité (Jean 17, 19), nous percevons clairement notre unique but : la sanctification, autrement dit le devoir que nous avons d’être saints pour sanctifier. En même temps la tentation subtile nous assaille peut-être de penser que bien peu d’entre nous se sont décidés à répondre à cette invitation divine, et sans compter que nous constatons que nous ne sommes que des instruments bien quelconques. Nous sommes peu nombreux, il est vrai, au regard du reste de l’humanité, et nous ne valons rien par nous-mêmes. Mais l’affirmation du Maître a l’accent de l’autorité : le chrétien est lumière, sel, ferment du monde, et un peu de levain fait fermenter toute la pâte (Galates 5, 9) » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 9). Nous n'avons aucun mérite à l'être. Dieu nous apprend à aimer. Et le fait de méditer la vie de Jésus - son attitude face aux hommes, sa réaction dans les différentes situations - nous aide à la reproduire trait par trait. Ce qui est normal chez un chrétien, c'est d'aimer les autres, de s'intéresser à eux, de vouloir leur bien. Non d'une façon paternaliste, à leur place ou en leur imposant quoi que ce soit. Mais simplement, en les aimant sans plus. En leur apportant la paix que le monde ne peut donner (cf. Jean 14, 27), un supplément d'âme, qui est une vibration d'amour de Dieu.

(à suivre...)

lundi 25 février 2008

Jesus et l'apostolat (1)

Jésus et l'apostolat (1)

« C'est pour eux que je me sanctifie, afin qu'ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité » (Jean 17, 19), ou « vraiment sanctifiés », sanctifiés pour de bon. Cette affirmation du Seigneur au cours de la prière qu'il adresse à son Père pour ses disciples et pour la communauté des croyants, est un exemple pour nous. Le Christ se sanctifie pour que nous soyons saints. Et nous devons, nous aussi, nous sanctifier (lire la suite) pour contribuer à ce que les autres progressent en sainteté.
Le comportement du Seigneur est le modèle que nous devons nous efforcer de reproduire dans notre vie. Ce qu'il nous dit ici nous touche directement, car c'est une évocation très parlante de la charité qui est le mobile de toutes ses actions. Le Seigneur n'agit pas pour lui-même : sa nourriture est de faire la Volonté de son Père qui l'a envoyé dans le monde (cf. Jean 4, 34), et la Volonté de Dieu c'est que les hommes « aient la foi et connaissent la vérité qui mène à la piété (Tite 1, 1), qu'ils aient la vie et qu'ils la possèdent en abondance (cf. Jean 10, 10).
Le Christ nous invite à faire de l'apostolat. Tout chrétien est tenu de poursuivre cette tâche en permanence. « Rien n'est plus inutile qu'un chrétien qui ne se consacre pas au salut de ses frères. Ne rends pas ta pauvreté inefficace : celui qui a mis deux pièces dans le tronc se lèverait pour te le reprocher ; et de même
Pierre qui déclare : je n'ai ni or ni argent ; et Paul, si pauvre qu'il souffre souvent de la faim. Ne rends pas non plus ton humble condition stérile, car ils étaient humbles eux aussi et de condition modeste. Ton ignorance non plus, ne la laisses pas improductive, car eux non plus n'étaient pas très instruits. Tu es esclave ou en fuite ? Onésime l'était (...). Tu es malade ? Timothée l'était » (Saint Jean Chrysostome, Homélies sur les Actes des apôtres 20).

(à suivre...)

dimanche 24 février 2008

Savoir pardonner (2)


Savoir pardonner (2)


La parabole du fils prodigue ne nous dit pas quelle fut la réaction finale du frère aîné. Nous pouvons supposer qu'il comprit son erreur et finit pas accéder à la demande de son père, peut-être en maugréant au début, puis en finissant par se réjouir sincèrement, car c'est un homme qui possédait d'indéniables qualités. Nous ne le condamnons certainement pas. Ce serait tomber dans le même travers que lui. Mais - c'est la leçon à en tirer - il est bon de nous méfier (lire la suite) de nos réactions, pour éviter de condamner qui que ce soit. Pensons que les gens peuvent se ressaisir, rectifier au cours de leur vie. Disons-nous qu'ils n'ont peut-être pas reçu toutes les grâces dont Dieu nous a gratifiés. Et reconnaissons que nous ne valons guère mieux qu'eux... « C’est vrai qu’il fut pécheur. — Mais ne porte pas sur lui ce jugement irrévocable. — Aie un cœur miséricordieux, et n’oublie pas qu’il peut encore devenir un saint Augustin, alors que tu n’es qu’un médiocre » (saint Josémaria, Chemin, n° 675). Un Augustin qui, de grand pécheur devint un grand saint. Ou un Paul qui, de persécuteur des chrétiens devint un ardent propagateur de la foi, une colonne de l'Église. Dieu intervient dans chaque âme comme il l'entend. Il n'est pas nécessaire que ce soit aussi spectaculaire et soudain que pour saint Paul, mais il agit. Et si l'homme répond, sa vie peut en être transformée. Pensons, de nos jours, à quelqu'un comme le professeur Nathanson qui, de militant actif de l'avortement est devenu un défenseur passionné de la vie.
Beaucoup d'humilité n'est pas indispensable pour dresser ce constat de notre médiocrité. D'autres, à notre place, seraient sans doute plus saints... Pardonnons aux autres et Dieu nous pardonnera « nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé » (« Notre Père »). « Ne jugez pas afin de ne pas être mis en jugement » (Matthieu 7, 1), ce qui veut dire que nous ne serons pas condamnés mais blanchis au jour de note mort, quand nous serons jugés sur notre vie. Apprenons à aimer et à pardonner comme notre Dieu qui aime et pardonne tant, si vite et toujours. S'il a compassion des pécheurs, comme des deux frères de la parabole, à combien plus forte raison aura-t-il compassion de ceux qui, tout en reconnaissants leurs limites et leurs faiblesse, et précisément dans la mesure où ils les reconnaissent, s'efforcent de rester fidèles et d'aimer, à l'aide de la grâce de Dieu. « Dieu notre Père, quand nous accourons à lui avec repentir, tire richesse de notre misère et force de notre faiblesse. Que ne nous préparera-t-il pas, si nous ne l’abandonnons pas, si nous le fréquentons chaque jour, si nous lui adressons des mots affectueux, confirmés par nos actes, si nous lui demandons tout, confiants en sa toute-puissance et en sa miséricorde ? Le seul fait que son fils soit retourné à lui après l’avoir trahi suffit pour qu’il prépare une fête : que ne fera-t-il pas pour nous qui nous sommes efforcés de rester toujours avec lui ? » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 309).
La très Sainte Vierge est Mère de miséricorde. Elle nous aidera à regarder toujours du côté de Dieu pour l'aimer et nous tourner vers lui pour en obtenir le pardon chaque fois que nous ne l'avons pas ou moins aimé.

(fin)

Intentions de priere

Intentions de prière

Pour ma vue qui est de plus en plus basse et ne permet plus de lire et pour ma relation avec Dieu qui pourrait être plus fervente et fidèle.

Que toute ma famille découvre la présence de Dieu au cœur de sa vie : présence de l'amour du prochain ; patience dans le stress, joie au milieu des difficultés, paix et espérance.

Pour que les jeunes, qui sont à la recherche du sens de la vie, soient compris, respectés et accompagnés avec patience et amour.

Que Marie, notre très Saine Mère, donne la paix dans les foyers et fasse découvrir aux membres de ma famille la réalité du DIEU VIVANT au cœur plein d'Amour et de Miséricorde.

samedi 23 février 2008

Savoir pardonner (1)

Savoir pardonner (1)

Quand nous réfléchissons à la parabole du fils prodigue (cf. Luc 15, 11-32), il arrive souvent que nous laissions son frère aîné dans l'ombre, que nous l'oublions. Or, si le comportement du cadet nous permet de réfléchir à l'importance du repentir et à la force et la beauté du pardon de Dieu, l'attitude du premier-né renferme aussi un enseignement utile, qu'il est bon de méditer. Et que doivent méditer spécialement ceux qui sont satisfaits de la façon dont ils agissent dans leur vie chrétienne. Ils la résument eux-mêmes en disant : « Je n'ai pas tué, (lire la suite) je n'ai pas volé... Je ne fais de mal à personne... Je vais à la messe tous les dimanches sans faute, je prie... »
On croit entendre l'aîné affirmer à son père : « Voilà tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et à moi tu ne m'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis ! » (Luc 15, 27). Il a l'impression - il en est convaincu - d'être un bon fils et de mériter une récompense, puisqu'il est resté fidèle au poste. Mais son cœur est froid, dur, égoïste. C'est pourquoi il est incapable de se réjouir du retour de son frère. Non seulement il le voit d'un mauvais œil, mais il pique une violente colère : « Il se mit en colère, et il ne voulait pas entrer » au festin préparé par son père pour fêter les retrouvailles du fils perdu (Luc 15, 28). Et, à son père qui le presse de venir participer au banquet d'action de grâces, il répond sur un ton indigné, l'air totalement offusqué, dans les termes que nous venons de voir. Il n'y a pas de place en lui pour le moindre sentiment de compassion. Il ne se sent plus frère de son frère : il a gommé les liens du sang. Pour lui, son frère est quelqu'un qui n'existe plus, qui n'a droit à aucune considération, tandis que lui... Sa sentence est prononcée : c'est l'exclusion. Elle est irréversible. Et l'aîné est triste, aigri, vindicatif, jaloux, emporté, entêté... En définitive, il est triste et malheureux. Tout à l'opposé de l'attitude de celui qui vit avec Dieu. « La joie est un bien qui appartient au chrétien. Elle ne disparaît que devant l’offense à Dieu : car le péché vient de l’égoïsme, et l’égoïsme engendre la tristesse et, même alors, cette joie demeure enfouie sous les braises de l’âme, car nous savons que Dieu et sa Mère n’oublient jamais les hommes. Si nous nous repentons, s’il jaillit de notre cœur un acte de douleur, si nous nous purifions par le saint sacrement de la pénitence, Dieu s’avance à notre rencontre et nous pardonne. Alors, il n’y a plus de tristesse : il est tout à fait juste de se réjouir « puisque ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (Luc 15, 32) » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 178).

(à suivre...)

Vertus ou valeurs ?

Vertus ou valeurs ?

Dans une perspective chrétienne, il n'existe que des vertus, qu'il faut chercher et cultiver, bien définies d'un point de vue théologique. Les valeurs, en effet, sont relatives, elles ont un sens uniquement à l'intérieur d'une culture déterminée, à la différence des vertus, qui sont valables partout et pour tous.

L. Scaraffia, Entretien avec Alain Besançon, L'Osservatore Romano en langue française, 5 février 2008, p. 10.

vendredi 22 février 2008

Apostolat (2)

Apostolat (2)

Nous ne vivons pas notre vie pour nous, égoïstement repliés sur nos problèmes personnels. Mais nous avons le devoir, la responsabilité d'inviter les autres, ceux que nous rencontrons sur notre chemin, à rechercher Dieu véritablement, à prendre la vie chrétienne au sérieux, à prendre soin de leur âme tant et plus que de leur corps. « Mon ami, avance plus haut. »
« Heureux qui mangera dans le royaume de Dieu ! » (Jean 14, 15). (lire la suite) Le Seigneur le dit à tout un chacun, pas seulement aux prêtres, qui ont le pouvoir de consacrer le pain à la messe et de le transformer, de le « transsubstantier » dans le vrai Corps du Christ. À tous ! Et chacun de nous est un relais de cet appel universel à la sainteté, de cette convocation que Jésus lance à prendre part au banquet du festin des noces de l'Agneau : la communion eucharistique dans laquelle il se donne en nourriture à notre âme.
Nous avons de par notre baptême la responsabilité de montrer à tous qu'ils sont appelés aux sommets de la sainteté et de l'amour de Dieu, ce qui est la même chose au fond. « Mon ami, avance plus haut. » La vie chrétienne vaut vraiment la peine d'être vécue, car elle est source d'une joie indicible, la joie de se savoir aimé de Dieu et la joie de savoir que, par toute notre vie, nous pouvons faire plaisir à Dieu, pourvu que nous lui offrions ce que nous faisons ou que nous lui demandions pardon et rectifiions quand nous avons agi humainement, par vaine gloire et attachement aux choses de ce monde ou à l'appréciation des hommes.
« Mon ami, avance plus haut ! » Cette invitation, nous pouvons la formuler de façon crédible dans la mesure où nous nous efforçons nous-même de grimper dans la vie spirituelle, de progresser toujours en sainteté, à l'aide de la grâce de Dieu et de la très Sainte Vierge Marie, notre Mère.

(fin)

Le careme et la priere

Le carême et la prière

La prière étant, avec l'aumône et le jeûne, une des caractéristiques du temps du carême, voici, pour que nous les méditions, des réflexions profondes du pape Benoît XVI sur le sens et la nature de la prière chrétienne :
« Un premier lieu essentiel d'apprentissage de l'espérance est la prière. Si personne ne m'écoute plus, Dieu m'écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S'il n'y a plus personne qui peut m'aider – là où il s'agit d'une nécessité ou d'une attente qui dépasse la capacité humaine d'espérer, Lui peut m'aider (lire la suite) (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n° 2657). Si je suis relégué dans une extrême solitude... ; celui qui prie n'est jamais totalement seul. De ses treize années de prison, dont neuf en isolement, l'inoubliable Cardinal Nguyên Van Thuan nous a laissé un précieux petit livre : Prières d'espérance. Durant treize années de prison, dans une situation de désespoir apparemment total, l'écoute de Dieu, le fait de pouvoir lui parler, deviennent pour lui une force croissante d'espérance qui, après sa libération, lui a permis de devenir pour les hommes, dans le monde entier, un témoin de l'espérance – de la grande espérance qui ne passe pas, même dans les nuits de la solitude. (...) Afin que la prière développe cette force purificatrice, elle doit, d'une part, être très personnelle, une confrontation de mon moi avec Dieu, avec le Dieu vivant. D'autre part, cependant, elle doit toujours être à nouveau guidée et éclairée par les grandes prières de l'Église et des saints, par la prière liturgique, dans laquelle le Seigneur nous enseigne continuellement à prier de façon juste. Dans son livre d'Exercices spirituels, le Cardinal Nguyên Van Thuan a raconté comment dans sa vie il y avait eu de longues périodes d'incapacité à prier et comment il s'était accroché aux paroles de la prière de l'Église : au Notre Père, à l'Ave Maria et aux prières de la liturgie (cf. Témoins de l'espérance, Montrouge, Nouvelle Cité, 2000, p. 157-159). Dans la prière, il doit toujours y avoir une association entre prière publique et prière personnelle. Ainsi nous pouvons parler à Dieu, ainsi Dieu nous parle. De cette façon se réalisent en nous les purifications grâce auxquelles nous devenons capables de Dieu et aptes au service des hommes. Ainsi, nous devenons capables de la grande espérance et nous devenons ministres de l'espérance pour les autres : l'espérance dans le sens chrétien est toujours aussi espérance pour les autres. Et elle est une espérance active, par laquelle nous luttons pour que les choses n'aillent pas vers « une issue perverse ». Elle est aussi une espérance active dans le sens que nous maintenons le monde ouvert à Dieu. C'est seulement dans cette perspective qu'elle demeure également une espérance véritablement humaine (Benoît XVI, encyclique Spe salvi sur l'espérance, nos 32 et 34).

jeudi 21 février 2008

Apostolat (1)

Apostolat (1)

Jésus « leur dit : « Quand tu seras invité par quelqu'un à un repas de noces, ne te mets pas à la première place : un homme plus considérable que toi pourrait avoir été invité par lui, et celui qui vous aurait invités l'un et l'autre viendrait te dire : « Cède-lui la place », et alors tu n'aurais, avec confusion, qu'à occuper la dernière place. Mais, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place ; de cette façon, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : « Mon ami, avance plus haut. » Alors ce sera pour toi un honneur devant tous les convives » (Luc 14, 8-10). Cette parabole vise en premier à nous montrer l'importance (lire la suite) de la vertu d'humilité. En effet, Jésus la prononce alors qu'il est convié à manger chez un des « principaux Pharisiens » (Luc 14, 1) d'une ville qui n'est pas nommée, il a « remarqué comment les invités choisissaient les premières places » (Luc 14, 7).
Mais nous pouvons aussi y voir une invitation à l'évangélisation. « Mon ami, avance plus haut. » C'est ce que nous disons implicitement à un ami avec qui nous faisons de l'apostolat. Nous voulons l'aider à élargir son horizon qui se limite peut-être à quelques prières épisodiques, à la pensée sporadique de Dieu et qui se débat dans les problèmes matériels sans en voir l'importance pour son âme. « Avance plus haut. » On y respire mieux et l'espace est moins encombré ! « Reconnais, ô chrétien, ta dignité », s’écriait Grégoire le Grand (Épître 244). Regarde le Christ, que tu es invité à imiter. « Notre témoignage se trouverait toutefois appauvri d'une manière inacceptable si nous ne nous mettions pas d'abord nous-mêmes à contempler son visage », celui de Jésus (Jean-Paul II, lettre apostolique Novo millennio ineunte, pour le début du troisième millénaire, n° 16). En même temps, « nous n'entrons pas dans la pleine contemplation du visage du Seigneur par nos seules forces, mais en laissant la grâce nous prendre par la main. Seule l'expérience du silence et de la prière offre le cadre approprié dans lequel la connaissance la plus vraie, la plus fidèle et la plus cohérente de ce mystère peut mûrir et se développer. L'expression de ce mystère culmine dans la proclamation solennelle de l'évangéliste Jean : « Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jn 1, 14) » (Ibid., n° 20).

(à suivre...)

Intentions de priere

Intentions de prière

Ma fille, M.-A. dit avoir fait des pactes avec satan. Nous pensons nécessaire un exorcisme. Le prêtre exorciste officiel l'a vue deux fois, mais tergiverse encore. « Seigneur Jésus guéris-la vraiment, à travers toutes ces démarches si compliquées et si longues à aboutir. La patience nous manque et le découragement revient si souvent. » Merci Seigneur.

Pour le retour des indifférents à la pratique religieuse. Pour que les jeunes d'aujourd'hui soient éclairés par l'Esprit Saint.

Quand viendra la dernière heure de grands malades, qu'il leur soit donné de passer sereinement dans le royaume du Seigneur.

mercredi 20 février 2008

Le sacrifice (2)

Le sacrifice (2)

Tout comme aussi le « oui » éternel du Fils au plan d'Amour que le Seigneur Jésus a échafaudé conjointement avec le Père et l'Esprit Saint (et que le diable ne pourra jamais comprendre) comporte l'humilité de la naissance à une vie inférieure, humaine et mortelle, l'acceptation d'être incompris et rejeté par ceux qui auraient dû reconnaître à ses paroles et à ses actes - les miracles, notamment - qu'il est le Fils de Dieu, l'acceptation d'être trahi par un de ses apôtres, à qui il avait fait savoir ce que son Père l'avait chargé de dire aux hommes (lire la suite) (« celui qui m'a envoyé est véridique, et ce que j'ai entendu de lui, je le dis au monde » : Jean 8, 26), et le reniement de celui qu'il avait choisi pour fondement de son Église à venir (« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle » : Matthieu 16, 18).
Le « oui » de Jésus est empreint de pauvreté, d'humilité, d'obéissance au Père, de force d'âme et de miséricorde. Partout où il passe, il fait le bien (cf. Marc 7, 37) et les gens sont dans l'admiration en écoutant son enseignement, car il le donnait « en homme qui détient l'autorité, et non comme leurs scribes » (Matthieu 7, 29). En vérité, comme une femme l'exprime un jour à haute voix au milieu de la foule : « Heureux le sein qui t'a porté et la poitrine qui t'a allaité ! » (Luc 11, 27). Le « oui » de Jésus comporte la Croix, qui intervient quand son heure est venue et pas avant, car il est maître du temps et de l'histoire : « Je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre » (Jean 10, 17-18).
Imitons Marie, imitons Jésus. C'est d'ailleurs cela, la vie chrétienne. « — L’âme qui sait aimer et se donner ainsi, se remplit de joie et de paix. Alors à quoi bon insister sur le « sacrifice », comme pour y chercher une consolation, puisque la Croix du Christ — qui est ta vie — te rend heureux ? » (saint Josémaria, Sillon, n° 289). Inutile, en effet, d'insister sur le sacrifice, puisque nous agissons par amour et que nous acceptons les conséquences de nos actes libres et volontaires. Les parents qui se sacrifient continuellement pour leurs enfants, avant même leur naissance, ne dressent pas une liste de privations qu'ils pourraient brandir pour se plaindre ou se vanter. Cela leur paraît tellement normal - ce l'est assurément - qu'il ne leur viendrait pas à l'esprit de penser que leur vie en est gâchée. Au contraire, que de joies découlent de ces multiples renoncements, sans cesse recommencés !
Il en va de même dans la vie spirituelle, faite, elle aussi, de renoncements et de sacrifices à l'imitation du Christ : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive » (Luc 9, 23).

(fin)

La foi au Senegal

La foi au Sénégal

Voici le récit d'un missionnaire africain au Sénégal, témoigange à méditer par nous qui sommes nantis et nous plaignons facilement : « Hier soir après la préparation au mariage et la catéchèse à Ndioum à 50 à km de Podor, j'ai commencé la célébration eucharistique. Après la lecture de l'Évangile, j'ai commencé l'homélie. C'est alors que les chrétiens ont constaté une épaisse fumée blanche. C'était la voiture qui brûlait. Une femme a crié : « Père votre voiture brûle. » Je ne pouvais pas sortir ; j'ai continué (lire la suite) la messe. Quelques jeunes étaient sortis et ont versé du sable et l'eau. Quand j'ai terminé la messe, tout le devant de la voiture était brûlée, les files électriques, la batterie, les conduites de carburant, les filtres, tout à l'intérieur était brûlé. C'est un musulman qui m'a ramené dans la nuit 23 h à la paroisse à la demande de la petite communauté chrétienne de Ndioum.
Les chrétiens qui ont vécu ce drame garderont un grand souvenir dans leur mémoire. Ils ont été très étonnés de mon sang froid et que je continuais la célébration eucharistique malgré les cris incessants de la dame qui hurlait : « Père votre voiture brûle. » Je garde la foi en Dieu, en son fils Jésus, a notre sainte Mère l'Église. C'est un bon témoignage de notre foi. Peut-être que ça m'aidera moi-même à m'enraciner davantage à ce qu'il y a de plus essentiel. Priez pour moi. La flamme de la foi est toujours allumée. Elle ne s'éteindra jamais, je suis sûr.

Arrets sur christianisme (17)

Arrêts sur christianisme (17)

Une des grandes tristesses de ce temps est de voir des hommes justes comme vous, qui sont faits pour être le patrimoine de l'humanité, rendus inutiles parce qu'ils ne croient pas, parce qu'ils sont comme des banquiers avares qui ne veulent pas faire crédit. Un homme qui est hors de l'Église devient aussitôt un isolé. Il n'a plus de repères et ne sait plus où il est. Il est frappé de cette terrible malédiction de ne plus pouvoir faire de bien à personne. Il ne sait même plus ce que c'est que le bien et le mal. Il ne peut pas répondre, puisqu'il ne peut plus parler, ne sachant plus ce que c'est que le oui et le non. Il n'a plus de frères, les hommes ne sont plus pour lui que des simulacres agités de mouvements vains, privés de sens et de but. Tous les liens sont dissous, exceptés ceux dont il est lui-même garrotté.

Paul Claudel, « Lettre à Arthur Fontaine », 30 mai 1910, dans Toi, qui es-tu ? (Tu, quis es ?), Paris, 58ème éd., 1941, p. 104.

mardi 19 février 2008

Le sacrifice (1)

Le sacrifice (1)

Puisque nous sommes en carême, il est utile de réfléchir au sens du sacrifice.
Le monde connaît deux catégories de gens : ceux qui refusent tout sacrifice, qui vivent égoïstement repliés sur eux-mêmes, qui, à la limite, laisseraient quelqu'un mourir sous leurs yeux plutôt que de le secourir, et ceux qui voient des sacrifices partout, qui prennent des airs de victime et se plaignent continuellement que la vie est dure, qu'ils ne peuvent pas faire ce dont ils ont envie. Les gens de l'une et l'autre espèces sont malheureux.
Il existe une troisième voie, (lire la suite) celle du chrétien pour qui la souffrance est un moyen de s'unir au Christ et de prolonger son action rédemptrice en étant co-rédempteur avec lui. « Sacrifice ! Sacrifice ! — Il est vrai que suivre Jésus-Christ (et c’est lui-même qui l’a dit) veut dire porter sa Croix. Mais je n’aime pas entendre les âmes qui se sont éprises de Notre Seigneur parler à ce point de croix et de renoncements : lorsqu’il y a l’Amour, le sacrifice est joyeux, même s’il en coûte, et la croix, c’est la Sainte Croix » (saint Josémaria, Sillon, n° 289). Celui qui agit par amour n'a pas l'impression de faire des choses extraordinaires. Surtout, il ne se sent pas victime de quoi que ce soit, car l'unique Victime est Jésus-Christ, qui a été envoyé par le Père « comme victime de propitiation pour nos péchés » (1 Jean 4, 10). On est victime malgré soi. Le langage s'exprime en disant que l'on est victime de quelqu'un ou de quelque chose. Mais celui qui aime agit de propos délibéré, avec bienveillance et désintéressement, ce qui est la caractéristique de l'amour dit d'agapè (expliqué par le pape Benoît XVI dans son encyclique Dieu est Amour). Il n'attend pas de recevoir quelque chose : il donne tout, il se donne lui-même. Et le coût de ce don, il l'accepte pleinement, bien volontiers.
Tout comme en disant « oui » à Dieu, en faisant pleinement don de sa personne, Marie accepte par avance avec joie tout ce que ce « oui » comportera dans sa vie, sans le connaître d'avance. Le « oui » de l'Annonciation englobe le « oui » de la fuite en Égypte en pleine nuit, le « oui » de la vie cachée et ordinaire à Nazareth, celui de la Passion et du don de son Fils pour le salut des hommes, et le « oui » à l'échange, à la substitution que Jésus père entre lui et Jean, lui et les hommes, lui le Saint et le Sauveur et les gommes pécheurs et ses bourreaux, le « oui » encore de la Pentecôte et de la vie de l'Église naissante...

(à suivre...)

19 février : saint Alvaro

19 février : saint Alvaro

Aujourd'hui, fête du saint patron de mgr Alvaro del Portillo, je me souviens de son interrogation après son élection comme premier successeur de saint Josémaria à la tête de l'Opus Dei : comment vais-je faire pour aimer autant 60 000 enfants ? La réponse était que Dieu lui avait agrandi le cœur, et qu'il y avait encore de la place pour beaucoup d'autres enfants spirituels. C'est ce à quoi je pensais en relisant un point de l'encyclique de Benoît XVI sur l'espérance, où il parle précisément d'élargissement du cœur en se référant à saint Augustin :
« De façon très belle, Augustin a illustré la relation profonde (lire la suite) entre prière et espérance dans une homélie sur la Première lettre de Jean. Il définit la prière comme un exercice du désir. L'homme a été créé pour une grande réalité – pour Dieu lui-même, pour être rempli de Lui. Mais son cœur est trop étroit pour la grande réalité qui lui est assignée. Il doit être élargi. « C'est ainsi que Dieu, en faisant attendre, élargit le désir ; en faisant désirer, il élargit l'âme ; en l'élargissant, il augmente sa capacité de recevoir ». Augustin renvoie à saint Paul qui dit lui-même qu'il vit tendu vers les choses qui doivent venir (cf. Philippiens 3, 13). Puis il utilise une très belle image pour décrire ce processus d'élargissement et de préparation du cœur humain. « Suppose que Dieu veut te remplir de miel [symbole de la tendresse de Dieu et de sa bonté] : si tu es rempli de vinaigre, où mettras-tu ce miel ? » Le vase, c'est-à-dire le cœur, doit d'abord être élargi et ensuite nettoyé : libéré du vinaigre et de sa saveur. Cela requiert de l'effort, coûte de la souffrance, mais c'est seulement ainsi que se réalise l'adaptation à ce à quoi nous sommes destinés (Cf. In 1 Joannis 4, 6). Même si Augustin ne parle directement que de la réceptivité pour Dieu, il semble toutefois clair que dans cet effort, par lequel il se libère du vinaigre et de la saveur du vinaigre, l'homme ne devient pas libre seulement pour Dieu, mais il s'ouvre aussi aux autres. En effet, c'est uniquement en devenant fils de Dieu, que nous pouvons être avec notre Père commun. Prier ne signifie pas sortir de l'histoire et se retirer dans l'espace privé de son propre bonheur. La façon juste de prier est un processus de purification intérieure qui nous rend capables de Dieu et de la sorte capables aussi des hommes. Dans la prière, l'homme doit apprendre ce qu'il peut vraiment demander à Dieu – ce qui est aussi digne de Dieu. Il doit apprendre qu'on ne peut pas prier contre autrui. Il doit apprendre qu'on ne peut pas demander des choses superficielles et commodes que l'on désire dans l'instant – la fausse petite espérance qui le conduit loin de Dieu. Il doit purifier ses désirs et ses espérances. Il doit se libérer des mensonges secrets par lesquels il se trompe lui-même: Dieu les scrute, et la confrontation avec Dieu oblige l'homme à les reconnaître lui aussi. « Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m'échappent », prie le Psalmiste (18 [19], 13). La non-reconnaissance de la faute, l'illusion d'innocence ne me justifient pas et ne me sauvent pas, parce que l'engourdissement de la conscience, l'incapacité de reconnaître le mal comme tel en moi, telle est ma faute. S'il n'y a pas de Dieu, je dois peut-être me réfugier dans de tels mensonges, parce qu'il n'y a personne qui puisse me pardonner, personne qui soit la mesure véritable. Au contraire, la rencontre avec Dieu réveille ma conscience parce qu'elle ne me fournit plus d'auto-justification, qu'elle n'est plus une influence de moi-même et de mes contemporains qui me conditionnent, mais qu'elle devient capacité d'écoute du Bien lui-même » (Benoît XVI, enc. Spe salvi, n° 33).

lundi 18 février 2008

Se detacher (2)

Se détacher (2)

Mais l'homme doit coopérer, comme les « infortunés » passagers de cette traversée, infortunés en apparence, car ces péripéties donneront à saint Paul l'occasion d'annoncer Jésus-Christ. Toute circonstance est bonne pour prêcher l'Évangile. L'homme doit coopérer, disais-je, ce qui veut dire qu'il est appelé, lui aussi, à jeter par-dessus bord, s'il le faut, (lire la suite) tout ce qui est du poids superflu, des biens matériels encombrants, et même le nécessaire qui, dans des situations extrêmes, n'apparaît plus si nécessaire que cela. Ce qui montre que beaucoup de choses sont relatives. Et que la seule qui compte, en définitive, c'est le salut de notre âme, c'est d'assurer le salut de notre âme et celui des autres. C'est en nous détachant des choses de ce monde que nous pouvons gagner le port où jeter l'ancre en toute tranquillité.
Pour cela, il convient aussi de prendre conseil auprès de personnes compétentes, qui possèdent à la fois la doctrine et la grâce pour être les pilotes de la navigation de notre vie. « Le Christ a donné à son Église la sécurité de sa doctrine, le courant de grâce des Sacrements ; il a prévu qu’il y ait des personnes pour nous orienter, pour nous conduire, pour nous rappeler constamment le chemin. Nous disposons d’un trésor infini de science : la Parole de Dieu gardée dans l'Église ; la grâce du Christ, administrée dans les sacrements ; le témoignage et l’exemple de ceux qui vivent à coté de nous avec droiture et qui ont su faire de leur vie un chemin de fidélité à Dieu » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 34).
En outre, pour que cette navigation nous permette d'arriver à bon port envers et contre tout, c'est-à-dire en surmontant toutes les embûches que satan dresse sur notre route, nous allons auprès de Marie, Stella maris, l'« Étoile de la mer », et aussi l'Étoile du matin, elle à qui les voyageurs de tous les temps ont fait appel. Ipsa duce, non fatigaris, dit saint Bernard de Marie : « En la suivant, vous ne vous égarerez point ; en la priant, vous ne désespérerez point ; en pensant à elle, bous ne vous trompez point ; si elle vous retient, vous ne tombez point ; si elle vous protège, vous ne craignez point ; si elle vous conduit, vous ne vous fatiguez point ; si elle vous est propice, vous arrivez au port » (Homélie 2, super Missus est, 17).

(fin)

Le careme, temps favorable

Le carême, temps favorable

« Au temps favorable, je t'ai exaucé ; aux jours du salut, je t'ai secouru » (2 Corinthiens 6, 2). Celui qui crie vers mois, qui fait appel à moi, je l'exaucerai, littéralement je l'entendrai (cf. Psaume 91, 1), je ferai droit à sa demande. Et je le libérerai, je briserai les chaînes du péché qui entravent sa marche, et je le glorifierai (cf. Psaume 91, 2). « Puis qu'il te promet la gloire, son amour, (lire la suite) et qu’il te les donne, le moment venu ; puisqu’il t’appelle, que vas-tu lui donner, toi, au Seigneur ? Comment répondras-tu, comment répondrai-je, moi aussi, à cet amour de Jésus qui passe près de nous ? » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 59).
« Le voici maintenant le temps favorable ; le voici, maintenant, le jour du salut » (2 Corinthiens 6, 2). C'est aujourd'hui, maintenant, et non demain, plus tard, l'adverbe des vaincus, qu'il convient de dire à Dieu du fond du cœur et de tout notre être : « Me voici, puisque tu m'as appelé » (1 Rois 3, 5) ; vas-y, « beame » mon cœur, n'hésite pas. Je veux être entièrement à toi, et faire en tout ta très aimable Volonté, comme ton divin Fils. « Je suis décidé à ne pas laisser passer ce temps de carême sans laisser de traces, comme passe l’eau sur les pierres. je me laisserai imprégner, transformer ; je me convertirai, je me tournerai de nouveau vers le Seigneur en l’aimant comme il désire être aimé » (saint Josémaria,
Quand le Christ passe, Ibid.).

dimanche 17 février 2008

Se detacher (1)

Se détacher (1)

À l'occasion du carême, voici quelques remarques sur le détachement des biens de ce monde.
Saint Luc décrit le voyage par mer qui conduit saint Paul de Césarée Maritime à Pouzzoles, d'où il gagna Rome. Les précisions topographiques et les détails techniques abondent et montrent que Luc qui, d'ailleurs, rédige son récit au pluriel, faisait partie du voyage. Or, lorsqu'ils approchaient de la Crète, cherchant à hiverner à une époque où la navigation était déjà fort périlleuse et alors que saint Paul, qui avait déjà essuyé trois naufrages dans sa vie (cf. 2 Corinthiens 11, 25) avait vivement déconseillé (lire la suite) de reprendre la mer (cf. Actes des apôtres 27, 10), or, donc, « bientôt un vent impétueux, nommé Euraquilon, se déchaîna sur l'île. Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre l'ouragan, et nous nous laissâmes aller à la dérive » (Actes des apôtres 27, 14-15).
Comme la tempête, loin de décroître, ne faisait que s'amplifier, ils jetèrent la cargaison à la mer, agrès, mâts, barres, bref tout ce dont ils pouvaient se débarrasser dans l'espoir d'avoir au moins la vie sauve (cf. Actes des apôtres 27, 18-19).
Cette attitude en quelque sorte désespérée de l'équipage et des passagers nous montre le comportement que nous devons adopter lorsque nous rencontrons des difficultés de navigation dans notre voyage vers le ciel, vers l'éternité. Les tempêtes ne manquent pas. Le ciel peut rester implacablement fermé. Il faut conserver l'espoir, car c'est Dieu qui guide la barque, et il la mène à bon port, plus sûrement que nous ne pourrions le faire. La tempête, les écueils ne font pas obstacle à sa Volonté.

(à suivre...)

Intentions de priere

Intentions de prière

Après des épreuves presque insurmontables pour l'homme, Dieu trinitaire m'a aidé et j'espère aujourd'hui en l'avenir. Voulez-vous m'aider par vos prières à devenir un bon et vrai chrétien dans le Christ Jésus ?

Pour la paix au sein des familles, dans le monde, pour l'amélioration des conditions de vie des « petites gens »

Pour que la doctrine sociale de l'Église soit étudiée et enseignée.

La conversion des Français à l'amour de Jésus, le Christ.

samedi 16 février 2008

Le careme (8)

Le carême (8)

Le sacrement de la réconciliation dont j'ai parlé ces jours derniers était qualifié par saint Josémaria de « sacrement de la joie ». Il nous pardonne nos péchés. Mais il est également important, si nous voulons avoir les mêmes sentiments que le Christ, comme je le disais le premier jour, de demander pardon à Dieu pour les péchés des autres hommes. Jésus est venu parmi nous « pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Matthieu 20, 28). Son Sang est « versé pour beaucoup en vue de la rémission des péchés » (lire la suite) (Matthieu 26, 28).
En mourant sur la Croix, Jésus a vraiment donné une fois pour toutes sa vie pour tous les hommes, Sacrifice définitif qui est « rendu présent » dans chaque messe. Il nous a dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive » (Luc 9, 23), autrement il « n'est pas digne de moi » (Matthieu 10, 39).
Cette croix n'a rien d'extraordinaire. Elle est constituée de menus événements de la vie de tous les jours. Comme le pape Benoît XVI l'écrit dans son encylique sur l'espérance, « la pensée de pouvoir « offrir » les petites peines du quotidien, qui nous touchent toujours de nouveau comme des piqûres plus ou moins désagréables, leur attribuant ainsi un sens, était une forme de dévotion, peut-être moins pratiquée aujourd'hui, mais encore très répandue il n'y a pas si longtemps. (...). Que veut dire « offrir » ? Ces personnes étaient convaincues de pouvoir insérer dans la grande compassion du Christ leurs petites peines, qui entraient ainsi d'une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin. De cette manière aussi les petits ennuis du quotidien pourraient acquérir un sens et contribuer à l'économie du bien, de l'amour entre les hommes » (n° 40).
Tel a toujours été l'enseignement de saint Josémaria, le fondateur de l'Opus Dei, pour qui les « petites choses » avaient une grande valeur, celle de l'amour que nous mettons à les accomplir. « Combien se laisseraient clouer sur une croix, devant des milliers de spectateurs stupéfaits, qui ne savent pas supporter chrétiennement les piqûres d’épingle quotidiennes ! — Juge, par là, ce qu’il y a de plus héroïque » (Chemin, n° 204).
Nous pourrions dire encore bien des choses à propos du carême. Je m'arrête là... pour cette année.

(fin)

Charte europenne et ethique

Charte européenne et éthique

Problèmes éthiques soulevés par la Charte européenne des droits fondamentaux

Au moment où les parlementaires français vont se prononcer sur le processus d’unification européenne, monseigneur Dominique Rey les invite à ne pas oublier les fondements éthiques qui garantissent le respect de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, afin que notre société respecte le droit des plus faibles.
« Le vote du Parlement français rassemblé solennellement à Versailles le 4 février, puis celui des deux chambres séparément le 7 février, va autoriser la ratification du traité modificatif européen, dit de Lisbonne. Il est destiné (lire la suite) à remplacer le projet de Constitution, que Français et Hollandais ont rejeté par voix référendaire en 2005.
L’incorporation dans le nouveau texte soumis aux élus de la nation de la Charte européenne des droits fondamentaux accordera de fait à ce « mini-traité » une valeur juridique contraignante pour les Etats signataires.
Cette Charte représente sur plusieurs points une rupture intellectuelle et morale avec les autres grandes formulations juridiques internationales, en présentant une vision relativiste et évolutive des droits de l’homme qui met en cause les principes du droit naturel.Tout d’abord, la Charte stipule avec raison que “le droit de se marier et de fonder une famille est garanti”. Mais elle se garde de spécifier le sexe des conjoints. Elle dissocie explicitement la notion de mariage, de celle de famille. Ceci constitue une rupture avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à l’ONU en 1948, laquelle définissait la famille comme l’union d’un homme et d’une femme, et faisait d’elle le socle anthropologique de la société.
De même, le texte proposé, qui consacre le principe de non-discrimination pour orientation sexuelle, ouvre ainsi la porte à la jurisprudence européenne pour reconnaître l’équivalence de tous les types de mariage, tant en ce qui concerne l’adoption d’enfants que la procréation médicalement assistée (cf. la récente condamnation de la France par la Chambre haute européenne des droits de l’homme, parce qu’elle avait refusé l’adoption d’un enfant par une femme célibataire homosexuelle). Progressivement, le droit à l’enfant prévaut sur le droit de l’enfant, en particulier celui de naître ou celui d’avoir un père et une mère.
Par ailleurs, la Charte restreint considérablement le domaine de la protection de la vie humaine. S’il est rappelé que seule la personne humaine a droit à la vie, la protection de l’enfant à naître est mise en cause, puisque, selon l’un des derniers avis rendus par le Tribunal européen, « l’enfant à naître n’est pas considéré comme une personne ». L’embryon humain, notamment in vitro, ne bénéficie plus d’une protection pénale. C’est ainsi que la Charte interdit seulement le clonage à but reproductif sans jamais mentionner le clonage embryonnaire à des fins thérapeutiques. Il s’agit, là encore, d’un net recul par rapport aux précédents instruments juridiques européens, en particulier par rapport à la Convention de biomédecine du Conseil de l’Europe adopté en 1997, qui précisait « qu’est interdite toute intervention ayant pour but de créer un être humain génétiquement identique à un autre être humain, vivant ou mort... » La recherche sur les embryons surnuméraires, le diagnostic préimplantatoire, la fabrication d’embryons hybrides..., risque de ne plus être encadrée sur le plan juridique.
Enfin, la disparition de « l’interdiction d’infliger à quiconque la mort intentionnellement », comme le reconnaissait la Convention européenne des droits de l’homme de 1950, ouvre-t-elle le champ à une dépénalisation de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté ?
Dans sa première encyclique Dieu est amour, Benoît XVI souligne que L’Église veut servir la formation des consciences dans le domaine politique et contribuer à faire grandir les perceptions des véritables exigences de la justice. Au moment où nos parlementaires vont se prononcer sur le processus d’unification européenne, puissent-ils ne pas oublier les fondements éthiques qui garantissent le respect de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, et qui sont constitutifs d’une humanité respectueuse du droit des plus faibles. »

+ Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon
http://www.diocese-frejus-toulon.com

vendredi 15 février 2008

Le careme (7)

Le carême (7)

Poursuivons nos réflexions sur ce que le carême nous demande comme effort de conversion. Il faut ajouter encore quelques considérations sur les bienfaits de la confession sacramentelle, toujours en suivant les orientations du Serviteur de Dieu Jean-Paul II dans son exhortation apostolique post-synodale Reconciliatio et Paenitentia (n° 31).
Il écrit que « tout confessionnal est un lieu privilégié et béni (lire la suite) d'où, une fois les divisions effacées, naît un homme réconcilié, nouveau et sans tache, un monde réconcilié ! » Je souligne, en passant, que les normes en vigueur dans l'Église catholique stipulent que « les confessions ne seront pas entendues en dehors du confessionnal, à moins d'une juste cause » (Code de droit canonique, canon 964 § 3) et que « le ministre du sacrement peut légitimement décider, pour une juste cause et sans que l'on se trouve dans un cas de nécessité, et cela même dans le cas où le pénitent demande que l'on procède autrement, que la confession sacramentelle sera reçue dans un confessionnal muni d'une grille fixe » (Conseil pontifical pour les Textes législatifs, Réponse, 1er septembre 1998).
« Le fruit le plus précieux du pardon obtenu dans le sacrement de pénitence, écrit Jean-Paul II, consiste dans la réconciliation avec Dieu : celle-ci se produit dans le secret du cœur du fils prodigue et retrouvé qu'est chaque pénitent. Il faut évidemment ajouter que cette réconciliation a pour ainsi dire comme conséquences d'autres réconciliations, qui portent remède à d'autres ruptures causées par le péché : le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans les profondeurs de son être, où il retrouve sa vérité intérieure ; il se réconcilie avec ses frères, agressés et lésés par lui en quelque sorte ; il se réconcilie avec l'Église ; il se réconcilie avec toute la création. La prise de conscience de toute cela fait naître chez le pénitent, au terme de la célébration, un sentiment de gratitude envers Dieu pour le don de la miséricorde qu'il a reçu. C'est à cette action de grâce que l'Église l'invite. »

(à suivre...)

L'arbitre anglais de rugby

L'arbitre anglais de rugby

Sans être un grand technicien du rugby ni connaître à fond la psychologie du sportif et encore moins le for intérieur d'un arbitre anglais, voilà comment je me représente l'âme d'un arbitre anglais : d'une part il a été élevé dans la conviction de base que le Français, frappé d'ignorance congénitale et incurable des règles du rugby, ne peut que chercher à faire valoir son génie bien connu de truqueur total ; d'autre part, (lire la suite) conviction non moins établie que n'importe quel joueur britannique se trouve placé de naissance et à jamais sous la garantie du fair-play qui est un postulat de fabrication anglaise entretenu par une publicité mondiale. Certes, la complicité des snobs continentaux n'est plus ce qu'elle était naguère et les zélateurs dudit ferplet ont un peu perdu de leur candeur, mais le préjugé est encore si tenace que, dans le jargon universel, gentleman a prévalu sur gentilhomme, chose dure à avaler pour le gentilhomme. J'admets que les Anglais jouant entre eux, puissent faire du fair-play et même qu'ils nous fassent envie par leur façon d'observer la loi du gang insulaire. Pour le reste, on sait assez de par le monde qu'il vaut mieux ne pas trop s'endormir sur la balançoire du fair-play.
Pour en revenir à l'arbitre, je conçois aisément qu'au plus fort des mêlées, l'amour de la patrie vienne troubler son jugement. C'est humain, et je m'octroie en retour, au nom du même amour, la faiblesse de conspuer l'arbitre, et de lui demander à grands cris raison de son fair-play.

Jacques Perret, Cheveux sur la soupe.

jeudi 14 février 2008

14 février : deuxième apparition à Lourdes

14 février : deuxième apparition à Lourdes

C'est aujourd'hui le 150e anniversaire de la deuxième apparition de la très Sainte Vierge à la petite Bernadette Soubirous.
Elle a invité la voyante à réciter le chapelet, cette prière si belle, source de tant de faveurs divines. Le pape Benoît XVI disait un 1er octobre : "En célébrant la fête de la Bienheureuse Vierge du Rosaire, c'est comme si, chaque année, la Vierge nous invitait à redécouvrir la beauté de cette prière, si simple et si profonde" (Angélus, 1er octobre 2006).

La Saint-Valentin et l'Opus Dei

La Saint-Valentin et l'Opus Dei

Le 14 février est traditionnellement la « fête des amoureux ». Pourquoi est-elle placée sous le patronage de saint Valentin ? Cela reste obscur et nous ne savons d'ailleurs pas grand chose de certain de ce saint. Il s'agirait d'un prêtre romain, arrêté sur ordre de l'empereur Claude le Gothique, et qui ayant miraculeusement guéri la fille de son gardien, fut décapité sur la voie Flaminienne, le 14 février 270. Il fut inhumé là où le pape Jules Ier (lire la suite) aurait édifié une basilique, reconstruite sous le pape Théodore. Le corps de saint Valentin fut transféré au XIIIe siècle dans l'église Sainte-Praxède de Rome.
Que saint Valentin soit devenu le patron des fiancés vient peut-être de ce qu'il a guéri cette jeune fille, à moins que ce ne soit par suite d'un calembour : Valete, vale, « porte-toi bien ! » pour Salve, « salut ! »
En tout cas, c'est le jour que Dieu a choisi pour montrer à saint Josémaria que l'Opus Dei s'adressait aussi aux femmes, qu'elles étaient, elles aussi, appelées à rechercher la sainteté et à faire de l'apostolat, à évangéliser, à partir de leur place dans le monde et en réalisant les activités qui sont les leurs. « J'ai toujours cru, écrivait-il dans ses notes intimes, et je crois encore que le Seigneur, comme en tant d'autres occasions, m'a mené à son gré, afin qu'il reste une preuve extérieure objective que l'Œuvre étaient sienne. Moi : je ne veux pas de femmes dans l'Opus Dei ! Dieu : eh bien, moi je les veux ! » (Cité dans A. Vázquez de Prada, Le fondateur de l'Opus Dei, Paris-Montréal, 2001, vol. I, p. 324).
Il comprend aussitôt leur place et leur importance. À elles aussi il parle de leur obligation de se sanctifier dans leur travail quotidien, des vertus chrétiennes et surtout de la nécessité d'être constamment unies à Dieu par la prière et la fréquentation assidue des sacrements afin de réaliser un apostolat efficace dans leur milieu. Saint Josémaria constate que « la femme est plus endurante que l’homme, et plus fidèle, à l’heure de la douleur. — Marie-Madeleine, Marie Cléophas et Salomé !
Avec un groupe de femmes vaillantes comme celles-là, bien unies à la Vierge des Douleurs, quel travail apostolique ne ferait-on pas dans le monde ! » (Chemin, n° 982).

Arrets sur christianisme (16)

Arrêts sur christianisme (16)

Le Dieu des chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments... Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa providence sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui l'adorent... Mais le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des chrétiens, est un Dieu d'amour et de consolation ; c'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur de ceux qui le possèdent ; c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère, et sa miséricorde infinie ; qui s'unit au fond de leur âme ; qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour ; qui les rend incapables d'autre fin que de lui-même.

Pascal, Pensées, éd. de Brunschvicq, 556.

mercredi 13 février 2008

Le careme (6)

Le carême (6)
Je parlais la dernière fois de confession. L'Église catholique a toujours recommandé la pratique de la confession fréquente, dite de dévotion qui « aide à former notre conscience, à lutter contre nos mauvais penchants, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l'Esprit ».
Au n° 30 de son exhortation apostolique Reconciliatio et Paenitentia, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II rappelait quelques convictions fondamentales au sujet de la confession. (lire la suite) D'abord que « le sacrement de pénitence est la voie ordinaire pour obtenir le pardon et la rémission des péchés graves commis après le baptême ». Le recours à l'absolution collective ne peut avoir lieu que dans des cas extrêmement limités, qui, selon les évêques de France, ne se produisent pas dans notre pays, l'obligation demeurant de toute façon de confesser ses péchés mortels au plus vite dans la confession personnelle, auriculaire et secrète.
En second lieu, « selon la conception la plus ancienne de la Tradition, ce sacrement est une sorte d'action judiciaire ; mais celle-ci se déroule auprès d'un tribunal de miséricorde ». En réalité, nous nous jugeons nous-mêmes. À sa mort, « chaque homme reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une purification, soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du ciel, soit pour se damner immédiatement pour toujours (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1022).
La troisième conviction fondamentale porte sur les réalités qui composent le signe sacramentel du pardon. Certaines sont des actes du pénitent : examen de conscience ; contrition, à savoir un rejet net et ferme du péché commis, en même temps que la résolution de ne plus le commettre à cause de l'amour que l'on a pour Dieu et qui renaît avec le repentir ; l'accusation des fautes ou aveu qui « doit être ordinairement individuelle et non collective, de même que le péché est un fait profondément personnel » : l'absolution, acte du confesseur « juge et médecin, image du Dieu-Père qui accueille et pardonne celui qui revient ; enfin la satisfaction, « signe de l'engagement personnel que le pécheur a pris devant Dieu, dans le sacrement, de commencer une existence nouvelle (...) ; (ce qui inclut) l'idée que le pécheur pardonné est capable d'unir sa propre mortification corporelle et spirituelle, voulue ou au moins acceptée, à la Passion de Jésus qui lui a obtenu le pardon ».

(à suivre...)