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mercredi 25 juin 2014

Remercier Dieu (4)

Remercier Dieu (4)

L’attitude eucharistique en question est la suivante : « L’attitude de remerciement doit distinguer la vie de tout homme, de tout chrétien en particulier. Les paroles du psalmiste doivent devenir les nôtres, même dans les moments d’angoisse et de douleur : « Venez, poussons des cris de joie vers le Seigneur, acclamons le rocher de notre salut, présentons-nous devant lui avec des actions de grâces, acclamons-le par des chants de joie » (Psaume 65, 1-2). Dans ses épîtres, saint Paul insistait sur ce continuel esprit de reconnaissance : « En toute circonstance, soyons dans l’action de grâces. C’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Thessaloniciens 5, 8). « Recherchez dans l’Esprit votre plénitude… En tout temps et à tout propos, rendez grâces à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ » (Éphésiens 5, 19-20). C’est une attitude « eucharistique » qui vous apporte la paix (lire la suite) et la sérénité dans le labeur, vous libère de tout attachement égoïste et individualiste, vous rend docile à la volonté du Très-Haut, même pour les exigences morales les plus difficiles, vous ouvre à la solidarité et à la charité universelle : elle vous fait aussi comprendre l’absolue nécessité de la prière et surtout de la vie eucharistique dans la fréquentation de la sainte messe, l’acte de remerciement par excellence, pour vivre et témoigner avec cohérence la propre foi chrétienne. Remercier veut dire croire, aimer, donner ! Et avec joie, généreusement » (Jean-Paul II, Homélie à la « Journée de remerciement » des agriculteurs, Rome, 9 novembre 1980). Le cas des dix lépreux n’est pas unique, parce que dès que la situation est rétablie, dès que la difficulté a disparu, dès que l’obstacle a été levé, l’homme oublie son bienfaiteur et se replonge dans son égoïsme et son autosuffisance : « Le résultat a été atteint. Ensuite, comme dit le proverbe italien : passato il pericolo, gabatto il santo (une fois le péril passé, tout le monde se moque du saint) (Charles de Gaulle, « Allocution au Congrès des étudiants R.P.F. », 7 mars 1949, Lettres, notes et carnets. 8 Mai 1945-18 Juin 1951, Paris, Plon, 1984, p. 343). Pourtant le cadre général de notre vie n’a subi aucune modification. Qu’il pleuve ou que le soleil brille, qu’il souffle un vent de tempête ou que le calme plat règne, nous sommes et nous restons essentiellement entre les mains de Dieu, dont la Providence admirable continue de nous gouverner avec une sagesse infinie. Par conséquent, les motifs subsistent intégralement pour manifester à notre grand Dieu notre reconnaissance pour tout ce que la vie nous réserve et nous dévoile progressivement grâce à lui et à la mesure de nos forces. Car tout est grâce. Tout est don divin. Les épreuves, y compris, comme les saints en sont bien conscients. Et si nous nous habituons à remercier filialement notre Dieu pour toute chose, pour tout événement agréable ou non aux yeux des hommes, pour toute rencontre, plaisante ou non, pour tout travail couronné de succès ou apportant une déconvenue, et ainsi de suite, en nous habituant donc à remercier Dieu en tout, notre vie est joyeuse, profondément heureuse, et rien ne peut venir altérer ce bonheur qui s’enracine dans notre condition d’enfant de Dieu. N’est-il pas vrai que les remerciements que l’on nous adresse pour un service que nous avons rendu nous font plaisir ? Et que nous restons sur notre faim s’ils ne viennent pas, même si peu importe, en définitive, que l’on nous remercie ou pas, car ce qui compte avant tout, c’est d’agir de façon désintéressée, pour la gloire de Dieu. Mais c’est affaire de politesse élémentaire, de bonne éducation. (à suivre…)

lundi 16 juillet 2012

Le patriotisme (4)


Le patriotisme (4)

« Quelle est l'origine du patriotisme ? Quelles sont les causes qui le créent dans l'âme de tous, quelles sont les raisons qui l'y font vivre ? Ces causes, ces raisons, sont de plusieurs sortes : il est indispensable d'y voir en premier lieu une sorte de patrimoine de race, qui porte l'homme à préférer tel peuple plutôt que tel autre ; on peut l'attribuer ensuite à l'amour naturel de chacun pour le sol qui l'a vu naître et grandir, pour les objets qui ont entouré son enfance et sa vie, pour la terre qui contient les cendres de ses aïeux ; une autre raison est encore la préférence de chacun pour les hommes dont le caractère, la langue, les mœurs, les traditions sont les mêmes que les siens. Enfin, surtout pour ceux qui, comme vous, ont le privilège d'étudier plus que d'autres, les grands exemples de l'Histoire, notre patriotisme est un amour profond pour une nation qui, à toute époque, a tiré son épée, (lire la suite) enfanté ses savants et ses théosophes, versé le plus pur de son sang pour toutes les grandes causes et renversé les obstacles que les peuples et les individus avaient jetés au travers de la civilisation » (Charles de Gaulle, Conférence devant des camarades officiers subalternes, probablement en 1913, Lettres, notes et carnets, vol. I, 1905-1918, Paris, 1980, p. 67-68).
Le patriotisme fait partie de la vertu de justice, avons-nous dit. Or, « la protestation contre Dieu au nom de la justice ne sert à rien. Un monde sans Dieu est un monde sans espérance (cf. Éphésiens 2, 12). Seul Dieu peut créer la justice. Et la foi nous donne la certitude qu'Il le fait. L'image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d'espérance ; pour nous peut-être même l'image décisive de l'espérance » (Benoit XVI, encyclique Sauvés dans l’espérance, n° 44). Toute vertu est centrée sur Dieu : elle part de Dieu et conduit à lui. Présentant une finalité surnaturelle, elle requiert donc d’employer des moyens surnaturels eux aussi. À cet effet, Jésus-Christ a fondé son Église pour qu’elle travaille à assurer cette fin surnaturelle à tous les hommes de bonne volonté, tout en la proposant à tous, sans distinction. Il a fondé son Église pour que, par elle et en elle, nous puissions obtenir effectivement cette fin surnaturelle. Et comme la fin est la même pour tous les hommes – il n’y a « plus de juif ni de grec ; plus d’esclave ni d’homme libre ; plus d’homme ni de femme : vous tous, en effet, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3, 28) – Jésus-Christ a fondé son Église pour tous, voulant dès le premier instant qu’elle soit universelle, catholique. L’Église accueille la variété des différents peuples et des diverses patries, comme un patrimoine humain qui l’enrichit, jamais comme une source de division. C’est ainsi, par exemple, comme le pape Jean-Paul II le déclarait un jour, que « la révélation est annoncée de manière adéquate et se fait pleinement compréhensible quand le Christ parle la langue des divers peuples, et que ceux-ci peuvent lire l'Écriture et chanter la liturgie dans la langue et avec les expressions qui leur sont propres » (lettre apostolique Orientale lumen, n° 7, citée dans Discours à l'Assemblée plénière de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, 3 mai 1996).

(à suivre

mardi 19 juin 2012

La vocation de la France

Nous avons une responsabilité, celle de jouer le rôle de la France ; ce rôle, dans mon esprit comme dans le vôtre, se confond avec un rôle chrétien. Notre pays ne serait pas ce qu'il est, c'est presque banal de le dire, s'il n'était pas d'abord un pays catholique. Partout où il m'est donné de passer, non seulement dans la métropole, mais à travers les pays de la Communauté, et souvent aussi en terre étrangère, les Françaises et les Français religieux sont présents. Je constate et salue leurs efforts, leurs mérites, et je prends acte de ce que servant Dieu, il servent aussi notre patrie. De tout cela je voudrais vous remercier très simplement, en ajoutant comme dernier mot, l'affirmation de mon entière confiance dans les destinées de notre pays. Je pense que si Dieu avait voulu que la France mourût, ce serait fait. Il ne l'a pas voulu, elle vit, l'avenir est à elle. Charles de Gaulle, Discours au pape Jean XXIII, 27 juin 1959.