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dimanche 18 décembre 2011

Poèmes mystiques

Poèmes mystiques

Un "beau livre" et un beau cadeau pour Noël

Ce recueil de poèmes de Dominique Le Tourneau s’ouvre sur un « Dialogue d’amour », qui nous plonge d’emblée dans l’union intime et personnelle avec Dieu. Y font suite un poème sur la Vierge Marie, qui s’adresse avec confiance à notre Mère du ciel, et un texte intitulé « Amende honorable », par lequel l’âme se repent de ses fautes. Il s’achève sur des « Paradoxes » de la vie spirituelle.
Le souffle qui traverse ces vers est bien fait pour susciter chez le lecteur des élans du cœur et l’amener à nouer son propre « dialogue d’Amour » avec Dieu.

Edité par TerraMare,
et vendu au prix de 15 euros.

mercredi 14 avril 2010

Action de grâces (31)


Mon âme est en fête, et je jubile de joie, car le Roi des rois me fait l’honneur de venir à moi. « Ceux qui te connaissent, Seigneur, placent en toi leur espérance, car tu ne délaisses pas ceux qui te cherchent » (Ps 9, 11). Et tu me réponds : « Je me suis laissé trouver par ceux qui me cherchaient ». C’est bien vrai, Seigneur. C’est pourquoi je te cherche et te désire la nuit et le jour. Car mon âme « a soif de Dieu, du Dieu vivant » (Ps 41, 3).
« Tu m’as saisi par la main droite » (Ps 73, 23). Serre-la bien fort, pour que je ne prenne pas la liberté illusoire de m’éloigner, séduit par les mirages de ce monde. Car, (lire la suite) « en dehors de toi, je ne désire rien sur la terre » (Ps 73, 25). Et que pourrais-je donc désirer encore ? Tu es le Bien suprême et infini, illimité, qui n’assouvit jamais les aspirations de mon être au bonheur. Et tu es là, dans mon cœur. Tu m’accompagnes partout où je vais : « Je suis constamment avec toi » (Ps 73, 23), mais tout particulièrement maintenant, d’une façon mystique et sacramentelle. Oui, que pourrais-je vouloir d’autre ? Il faudrait que je sois bien stupide et ingrat et que j’aie la tête en l’air pour ne pas me satisfaire de toi. Préserve-moi de ce danger qui, je le sais, me guettera toujours au long de mon chemin terrestre.
Et je dois bien reconnaître que, par faiblesse, « j’étais stupide et sans intelligence, j’étais comme une bête devant toi » (Ps 73, 22). Cela m’arrive… Fais que je prenne de plus en plus conscience de ta présence ineffable, que je t’aime sans mesure, que je ne pense qu’à toi, que je n’aime que toi, que rien ne vienne me distraire de l’essentiel.
Oui, « pour moi, il est bon d’être proche de Dieu » (Ps 73, 28). Et c’est toi qui es venu me chercher dans mon petit monde mesquin, c’est toi qui as parcouru la distance qui me séparait de toi, c’est toi qui as pris l’initiative de notre rencontre. Merci, Seigneur ! Je ne saurais jamais te remercier suffisamment.
Maintenant que tu es avec moi, pour moi, tout à moi, « accorde-moi, Dieu tout-puissant, de conformer à ta volonté mes paroles et mes actes dans une inlassable recherche des biens spirituels » (prière d’ouverture, 7ème dimanche du temps ordinaire).

lundi 18 août 2008

Annoncer la Verite


Annoncer la Vérité

Dans les environs d'une mosquée les fidèles savaient que vivait un mystique, un saint mystique. Ils désiraient que cet homme, qui avait une réputation de sainteté, vienne pour le sermon du vendredi. Ils l'ont donc prié de venir et le mystique sur leur demande s'avança au moment prévu pour la prédication et, après les formules d'usage, il ne posa qu'une question aux fidèles qui étaient réunis ce jour-là. Il leut demanda : « Savez-vous de quoi je vais vous parler ? » (lire la suite)
Tout le monde répond : « Non. » Alors le mystique leur dit : « Puisque vous êtes si ignorants, ce n'est pas la peine que je reste. » Et il quitte la mosquée.
Les fidèles insistent pour qu'il revienne le vendredi suivant. Le mystique, bienveillant, se dit qu'il n'y a pas de raison de refuser. Il revient le vendreedi suivant. De nouveau au début du sermon, il demande : « Savez-vous de quoi je vais vous parler ? » Les fidèles unanimes répondent : « Oui. » Puisqu'ils avaient répondu non et que cela n'avait pas marché. Et le mystique répond : « Puisque vous le savez, ce n'est pas la peine que je reste. » Et il s'en va.
Une troisième fois, les fidèles le supplient de revenir, et il revient. Il leur repose la même question : « Savez-vous de quoi je vais vous parler ? » Les uns répondent oui et les autres non. Alors le mystique conclut seulement : « Que ceux qui savent expliquent à ceux qui ne savent pas. » Et le mystique se retira.

Bernard Bro, Les Paraboles. tome I. La Tour Eiffel et le Bottin, Paris, Cerf-Edifa-Mame-2007, p. 214.

mardi 8 avril 2008

Origene, sa pensee (2)

Origène, sa pensée (2)

Comme Benoît XVI l'a déjà dit, "le plus haut niveau de la connaissance de Dieu, selon Origène, naît de l'amour. Il en est de même parmi les hommes : on ne connaît l'autre réellement en profondeur que s'il y a l'amour, si les cœurs s'ouvrent. Pour démontrer cela, il se fonde sur une signification parfois donnée au verbe connaître en hébreu, lorsque celui-ci est utilisé pour exprimer l'acte d'amour humain : « L'homme connut Ève, sa femme ; elle conçut » (Genèse 4, 1). Il est ainsi suggéré que l'union dans l'amour procure la connaissance la plus authentique. (lire la suite) De même que l'homme et la femme sont « deux dans une seule chair », ainsi, Dieu et le croyant deviennent « deux dans un seul esprit ». De cette façon, la prière de l'Alexandrin atteint les niveaux les plus élevés de la mystique, comme l'attestent ses Homélies sur le Cantique des Cantiques, et notamment un passage de la première Homélie, dans laquelle Origène confesse : « Souvent - Dieu m'en est témoin - j'ai senti que l'époux s'approchait de moi au degré le plus élevé ; après, il s'en allait à l'improviste, et je ne pus trouver ce que je cherchais. Le désir de sa venue me prend à nouveau, et parfois celui-ci revient, et une fois qu'il m'est apparu, lorsque je le tiens entre les mains, voilà qu'il m'échappe encore, et une fois qu'il s'est évanoui, je me mets encore à le chercher... » (Homélies sur le Cantique des cantiques 1, 7).
Il me revient à l'esprit ce que mon vénéré Prédécesseur écrivait, en témoin authentique, dans Novo millennio ineunte, où il montrait aux fidèles « comment la prière peut progresser, comme un véritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine totalement possédée par le Bien-Aimé divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonnée dans le cœur du Père... Il s'agit, poursuivait Jean-Paul II, d'un chemin totalement soutenu par la grâce, qui requiert toutefois un fort engagement spirituel et qui connaît aussi de douloureuses purifications, mais qui conduit, sous diverses formes possibles, à la joie indicible vécue par les mystiques comme « union sponsale » (n° 33).

(à suivre...)

vendredi 14 décembre 2007

St Jean de la Croix et Noel

St Jean de la Croix et Noël

Nous fêtons aujourd'hui saint Jean de la Croix (1542-1591), qui collabora avec sainte Thérèse d'Avila à la réforme des Carmes. C'est un des plus grands mystiques. Voici un de ses cantiques sur Noël :

Comme était arrivé le temps
au cours duquel il devait naître,
à la manière d’un époux
il sortait de son lit nuptial ;
avec son épouse enlacé :
il l’étreignait de ses deux bras ;
alors que la gracieuse mère (lire la suite)
en une crèche le posait
parmi les quelques animaux
qui se trouvaient là par hasard ;
les hommes chantaient des cantiques,
les anges avaient leurs mélodies,
pour célébrer les épousailles
entre lesquels deux se faisaient ;
mais Dieu, déposé dans la crèche,
y pleurait et y gémissait ;
c’étaient les joyaux que l’épouse
apportait à ces épousailles ;
et la mère était dans l’extase
en contemplant un tel échange :
les larmes de l’homme dans Dieu,
et dedans l’homme l’allégresse ;
ce qui pour l’un comme pour l’autre
était d’ordinaire étranger !

mardi 29 mai 2007

Une mystique bien temperee

Une mystique bien tempérée

Le Père Dominique-Marie Dauzet, religieux prémontré à l'abbaye de dans le Mondaye, Calvados, a publié aux Éditions du Cerf un ouvrage fort instructif qu'il a intitulé La mystique bien tempérée. Écriture féminine de l'expérience spirituelle XIXe-XXe siècle.
"Bien des études récentes se sont portées sur les pratiques religieuses, sur les prédications, l'enseignement du dogme et des questions morales : tout ce que l'autorité magistérielle invite à croire et à faire. En fait, il s'agit de discours cléricaux, (lire la suite) masculins presque exclusivement. L'"autre voix", cependant, presque toute féminine, c'est une écriture non professionnelle, le récit d'une voie spirituelle, par des femmes qui confient, en des milliers de pages oubliées, souvent encore inédites, leur expérience de Dieu." Le Père Dauzet a entrepris de lire ces milliers de pages (par exemple, les 1651 circulaires des années 1860-1900 qui circulent dans les carmels pour dresser la biographie d'une carmélite défunte), de les analyser et d'en extraire l'essentiel en une synthèse saisissante. Son ouvrage "scrute le statut ambivalent de ces écritures tendues par le désir de raconter l'ineffable, écritures parfois interdites, parfois permises, voire commandées, par le vis-à-vis masculin", et dont l'auteur souvent n'a pas imaginé qu'elles puissent un jour être publiées.
Les personnages qui remplissent les pages de cet ouvrage appartiennent à des horizons très divers, et c'est heureux. Nous y trouvons des laïques, dont les proches ne sont pas toujours catholiques ; Élisabeth Leseur (1866-1914), Jeanne Schmitz-Rouly (1891-1979), Mary Khalil (1889-1979) et Camille C. (1900-1971), qui sont nos contemporaines, et des religieuses : Marie-Aimée de Jésus Quoniam (1839-1874) et Élisabteh de la Trinité (1880-1906), tous deux carmélites (les célébrations du centenaire de la mort de la seconde se poursuivent dans le diocèse de Dijon), Marie Odile de la Paillonne (1840-1905), norbertine, Cécile Bruyère (1845-1909), bénédictine, abbesse de Solesmes. Autant d'aventures de l'Amour de Dieu, d'expériences spirituelles desquelles nous pouvons apprendre quelque chose.