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lundi 6 avril 2015

Marie, la Tour

Marie, la Tour

Le qualificatif de « Tour » a été attribué à la bienheureuse Vierge Marie par les théologiens et les auteurs spirituels au long des siècles. Nous le retrouvons à deux reprises dans les litanies de Lorette. Elle y est dite Turris Davidica, Tour de David, parce que celui qu’elle a porté dans son sein est, conformément à ce que les prophètes ont annoncé, descendant de David et le nouveau David, qui « sauvera Israël, son peuple de ses péchés » (cf. Matthieu 1, 21). David enleva la forteresse qui dominait Jérusalem et la fortifia. Marie est comme cette tour à laquelle « étaient suspendus mille boucliers » (Cantique des cantiques 4, 4), permettant de repousser tous les assauts du démon. C'est la « tour inexpugnable à l'ennemi et de laquelle pendent mille boucliers et toute l'armure des forts » (Pie IX, bulle Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854). (lire la suite) Les litanies se réfèrent aussi à elle en tant que Turris eburnea, Tour d’ivoire. L'ivoire est une matière si précieuse qu'elle évoque la pureté, dont Marie est le parangon. Marie immaculée a la blancheur de l'ivoire et, comme l'ivoire est l'emblème de la force, elle nous protège contre les tentations. « Ton cou est comme une tour d’ivoire » (Cantique 7, 5). Oui, c’est à bon droit que l’archange saint Gabriel a salué Marie comme « la pleine de grâce » (Luc 1, 28), parce qu’il n’y a eu en elle aucune imperfection, rien qui puisse déplaire à Dieu. Elle est l’Immaculée Conception, toute pure, d’une pureté qui se traduit par une virginité remarquable, que Dieu même a voulu préserver tout en demandant à son Fils de naître de Marie : Vierge avant l’enfantement, Vierge pendant l’enfantement, Vierge après l’enfantement. Marie est aussi Turris civitatis, la Tour qui veille sur la cité, qui la garde et la protège. Une tour, un donjon mettant les habitants à l’abri des incursions de l’adversaire. La tour renferme les forces, les munitions, les provisions qui permettent de soutenir victorieusement un siège si jamais l’ennemi osait malgré tout se présenter et prétendait s’imposer. Du haut de la tour, on le voit venir de loin, le temps donc de prendre toutes les dispositions opportunes pour se mettre à l’abri, pour venir se reposer en elle. Sub tuum præsidium confugimus, « nous nous réfugions sous votre protection ». Auprès de Marie, dans cette tour, si nous traversons les ravins de la mort, nous ne craignons aucun mal (cf. Psaume 22, 4). Marie est notre refuge et notre force (cf. Psaume 46, 2). L’effroi n’est pas de mise. Celui qui est avec Marie se trouve avec Dieu. car la Sainte Vierge est la grande Capitaine du Tout-Puissant. Elle-même est la toute-puissance suppliante. Comme telle, elle reçoit au temps voulu toutes les aides, tous les approvisionnements qui nous sont nécessaires pour tenir bon et emporter chaque combat qui se présente. Elle est la Dispensatrice de toutes les grâces. Nous trouvons donc la paix à l’abri de cette Tour inexpugnable, car elle nous rend solidaire du « Prince de la paix » (Isaïe 5, 9), ses sujets indéfectibles.

dimanche 13 mai 2012

LA VIERGE MARIE (2)

LA VIERGE MARIE (2)

L’Esprit Saint a vu sa très haute pureté
Et a préparé des épousailles mystiques.
Il savait que son Fils aurait pour sûreté
Un tabernacle alors déjà eucharistique.

Or, la voici tout de go qualifiée de Mère
De ce Messie dont la venue serait prochaine.
C’est l’Amour de Dieu pour ses fils qui se déchaîne
Apportant un terme à un état éphémère.

L’humanité était privée d’éternité.
La jeune fille va en son sein abriter
Notre Sauveur grâce à l’ombre du Paraclet
Corroborée dans les vertus qu’elle exhalait. (lire la suite)

Les pommettes de ses joues rosissent à peine,
Surprise de savoir qu’on la proclame reine.
Tout lui apparaît sous un jour si naturel
Qu’elle entend le message, et voit ce qu’il recèle.

Immaculée dans sa conception, ornée
D’une sainteté hors pair, elle est qualifiée
Pour aimer le vouloir divin, se prosterner
Et accepter de mettre au monde un crucifié.

La Vierge se surprend, mais ne s’emballe pas :
Elle se tasse en se faisant toute petite,
Dans la dilection de Dieu elle s’abrite
Pour s’assurer que c’est bien un divin appât.

L’univers, même le temps, suspendent leur vol.
Partout, chacun retient sa respiration
En voyant s’accomplir cette aspiration
Des pécheurs, désireux de prendre leur envol.

L’espoir du monde se concentre à Nazareth,
Il dépend d’un mot, d’un seul, que doit prononcer
Myriam, et aussi de ce qu’elle veuille admettre
La vérité qui lui est ainsi annoncée.

Extrait de D. Le Tourneau, Poèmes mystiques, Éditions TerraMare, 2011.

(à suivre…)

mardi 25 janvier 2011

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

La nécessité de lire l’Ecriture Sainte (2)

A quoi bon emmagasiner de grandes connaissances intellectuelles si nous passons à côté de tels écrits, les plus enrichissants, les plus nourrissants, les plus euphorisants aussi, qui soient ? « Même si un illettré ne peut pas lire l’Ecriture Sainte, rien ne l’empêche d’écouter avec bonne volonté celui qui lit. Quant à celui qui sait lire, ne peut-il se procurer des livres où il puisse lire à loisir la Sainte Ecriture ? » (saint Césaire d’Arles, Sermons au peuple 6, 1).
Voulant expliquer l’obligation qui incombe à tous de lire la Sainte Ecriture, le saint évêque d’Arles ajoute : (lire la suite) « Arrachons-nous aux bavardages vains et aux plaisanteries mordantes ; rejetons autant qu’il est possible les propos oiseux et inconvenants, et voyons s’il ne nous reste pas de temps à consacrer à la lecture de l’Ecriture Sainte » (Ibid.). Il montre par là que ce n’est pas le temps qui nous manque, mais l’intérêt, et l’intérêt bien compris de notre âme qui, privée de la familiarité avec la Sainte Ecriture, s’étiole, n’arrive pas à s’élever au-dessus des contingences terrestres et est dépourvue d’élan vital pour entreprendre les choses de Dieu.
« Quand les nuits sont plus longues, y aura-t-il quelqu’un capable de tant dormir qu’il ne puisse lire personnellement ou écouter les autres lire l’Ecriture Sainte au moins pendant trois heures ? » (Ibid. 6, 2). Sans aller jusque-là, nous pourrions nous fixer pour objectif quotidien de quelques minutes consacrées à lire un passage du Nouveau Testament, sans préjudice de moments plus longs passés à lire d’autres passages à des époques plus favorables. La fréquentation de Dieu dans la Sainte Ecriture nous fait beaucoup de bien, nous sanctifie, nous permet de nous identifier progressivement au modèle qu’est Jésus-Christ, dont nous voyons la vie se dérouler sous nos yeux. « Dans ta prière, je te conseille d’intervenir dans les scènes de l’Évangile, comme un personnage de plus. Représente-toi d’abord la scène ou le mystère, qui te servira à te recueillir et à méditer. Ensuite mets à contribution ton intelligence pour contempler un trait de la vie du Maître : son Cœur attendri, son humilité, sa pureté, son accomplissement de la Volonté du Père. Puis raconte-lui ce qui t’arrive d’ordinaire dans ce domaine, ce qui se passe chez toi, en ce moment. Demeure attentif. Il voudra peut-être t’indiquer quelque chose : c’est alors que viendront les motions intérieures, les découvertes, les reproches » (saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 253). Et du coup les rectifications et de vrais progrès sur la voie de la sainteté. C’est bien ce dont une âme éprise de Dieu doit se soucier en priorité.

(à suivre…)

mardi 29 décembre 2009

L'aller-retour du Christ

L'aller-retour du Christ

« Je suis venu de chez le Père », de chez mon Père, « pour arriver dans le monde » (Jean 16, 28), pour m'y rendre réellement présent et, de même que je suis « un de la Trinité », être « un de l'humanité », goûter de l'humaine nature, telle que nous l'avons créée à nous trois à l'origine, dans son état d'innocence, de pureté et de joie. « Maintenant, je quitte le monde pour revenir vers le Père » (Jean 16, 28). « Mon heure » qui n'était pas encore venue quand Marie m'a demandé d'intervenir à Cana - elle m'a arraché un premier miracle (Jean 2, 11), mais comment aurai-je pu le lui refuser, à elle qui ne pense qu'aux autres, qu'à leur rendre la vie aimable, à prévenir leurs besoins... Mon heure n'avait pas non plus sonné quand mes concitoyens de Nazareth ont voulu me jeter dans le précipice et que moi, je suis passé au milieu d'eux et m'en suis allé (Luc 4, 28-30). (lire la suite) Mais maintenant, la voici. Et c'est l'heure du prince des ténèbres (cf. Luc 22, 53).
Il n'a pas compris ce que je lui ai dit : « Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu » (Luc 4, 12). Il est trop aveuglé par son orgueil et son autosuffisance pour avoir percé le sens de mes mots. Il ne les a probablement même pas entendus. Il est trop occupé à ne penser qu'au mal qu'il pourrait faire et à s'écouter lui-même...
Je remonte auprès de monPère. Mais je reviendrai de la même manière que vous me verrez monter au ciel (Actes 1, 11). En attendant, c'est notre Esprit commun , au Père et à moi, qui viendra à vous, lui « l'Esprit de Vérité », et il « rendra témoignage de moi » (Jean 15, 26).
Voyez, « je ne vous laisse pas orphelins » ,Jean 14, 18). Mon Père et moi nous sommes toujours actifs (Jean 5, 17). « Il y a un mouvement circulaire : Dieu ne s'arrête jamais dans le monde ; Dieu vient dans le monde pour racheter ses créatures captives du monde, pour les ramener de ce monde à l'intérieur de lui-même » (D.-J. Lallement, Dociles à l'Esprit qui scrute les profondeurs de Dieu, Paris, 1996, p. 193).
« Je m'en vais vous préparer la place » (Jean 14, 2) qui vous revient auprès de mon Père. « Et quand je m'en serai allé et que je vous aurai préparé la place, je vous prendrai auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez vous aussi » (Jean 14, 3). Telle est ma Volonté. C'est ce que me dicte mon Amour. C'est la Parole de consolation que je vous livre pour que votre tristesse se change en joie (cf. Jean 16, 20).
C'est un mouvement circulaire assurément. Tout ce qui vient du Père doit retourner à Lui. Moi le premier. Si je suis venu dans le monde, c'est pour vous prendre avec moi, vous charger sur mes épaules, et vous faire franchir l'abîme de la mort qui, autrement, est un abîme sans fond entre vous et le Père. Je vous amène avec moi, en moi. Car, ce que j'ai demandé à mon Père s'accomplira : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé » (Jean 17, 21).

mercredi 2 décembre 2009

La communion spirituelle (2)

La communion spirituelle (2)

« J'ai toujours compris la prière du chrétien comme un entretien amoureux avec Jésus, un entretien qui ne doit jamais s'interrompre, même aux moments où nous sommes physiquement éloignés du tabernacle ; en effet, toute notre vie est tissée de ces refrains d'amour humain transposés sur un plan divin... et parce qu'aimer, nous le pouvons toujours » (saint Josémaria, Forge, n° 435). Nous orienter par rapport au tabernacle de l'oratoire ou de l'église voisin de notre domicile ou de notre lieu de travail n'est pas difficile. Il suffit de s'y intéresser, de prêter attention au fait que notre Seigneur s'y trouve présent et qu'il y est pour nous. Nous éprouvons alors le besoin - plaise au ciel qu'il soit irrésistible ! - de filer vers lui, de nous envoler vers lui. (lire la suite)
Mais si nous voulons vraiment le recevoir avec la pureté, l'humilité et la dévotion avec lesquelles ta très Sainte Mère le reçut, il convient de nous disposer intérieurement, c'est-à-dire de rejeter tout attachement au péché, comme nous le faisons pour la communion sacramentelle. Autrement dit, si la communion spirituelle est comme un cri de l'âme, elle la perfectionne, en réclame plus de finesse, plus de délicatesse envers le Seigneur.
« Vite la communion spirituelle ! (...) Le Bon Dieu n'a pas de mur qui l'arrête » (Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 144). C'est l'énorme avantage d'une vie spirituelle active, qui s'appuie sur des réalités : l'existence d'un Dieu en trois Personnes, le seul et unique Dieu (cf. Deutéronome 6, 4), et celle d'une âme spirituelle, qui est une participation à sa propre vie. Par la communion spirituelle, nous voulons en fait que cette participation s'accroisse. Ces réalités d'ordre surnaturel font que la communication entre Dieu et nous peut s'établir partout, en toutes circonstances, y compris au beau milieu de l'agitation de la ville, de l'effervescence des activités humaines, ou, mieux encore, puisqu'elle existe déjà par l'état de grâce, qu'elle puisse grandir et se développer sans cesse, gagner en largeur, en longueur, en hauteur et en profondeur (cf. Éphésiens 3, 18) et en épaisseur, en consistance. Alors notre entretien avec Dieu ne s'interrompra effectivement jamais.

(fin)

dimanche 6 septembre 2009

La beauté de l'âme

La beauté de l'âme

Que c'est beau une âme ! Notre Seigneur en fit voir une à sainte Catherine. Elle la trouva si belle qu'elle dit : « Seigneur, si je ne savais pas qu'il n'y a qu'un Dieu, je croirais que c'en est un. » L'image de Dieu se réfléchit dans une âme pure comme le soleil dans l'eau. (...)
Dieu contemple avec amour une âme pure. Il lui accorde tout ce qu'elle demande. Comment résisterait-il à une âme qui ne vit que pour lui, par lui et en lui ? Elle le chercher et Dieu se montre à elle ; elle l'appelle et Dieu vient ; elle ne fait plus qu'un avec lui ; elle enchaîne sa volonté. Une âme pure est toute-puissante sur le Cœur si bon de Notre Seigneur.

Mgr René Fourrey, Ce que prêchait le Curé d'Ars, Dijon, L'Échelle de Jacob, 2009, p. 343-344.

mardi 30 juin 2009

Le jeune homme riche (10)

Le jeune homme riche (10)

Prenez espoir. Cette vie ne fait que passer. Je m'en vais vous préparer une place (Jean 14, 2). Ne vous attachez pas à l'heure présente. Vous êtes dans le monde, ce monde que vous devez sanctifier tout comme moi je m'attache à le faire, mais vous n'êtes pas du monde, car nous n'avons pas ici une cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir (Hébreux 13, 14) et vous, vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la Cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, et du chœur des myriades d'anges (Hébreux 12, 22). Père, le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les préserves du Malin. Ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Consacres-les dans la vérité (Jean 17, 16-18).
Comprenez-vous cela ?
- Oui, Seigneur. C'est son cousin Jacques qui a prit la parole. Enfin, plus ou moins.
- Dans le monde vous avez des tribulations, n'est-ce pas ? (Jean 16, 33).
- Ça oui !
- Eh bien ! mon Père essuiera les larmes sur tous les visages ; et la honte de son peuple, il l'enlèvera de la terre entière (Isaïe 25, 8). Il demeurera parmi eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil ni cri de souffrance ni douleur, car ce qui était auparavant a pris fin (Apocalypse 21, 3-4). Ceux qu'a libérés Yahvé reviendront ; ils entreront en Sion avec des cris de joie ; une allégresse éternelle couronnera leur tête ; la joie et l'allégresse les envahiront ; chagrin et gémissement s'enfuiront (Isaïe 35, 10).
- Quand cela interviendra-t-il, Jésus, quand seront-nous libérés de la pesanteur quotidienne, du poids du jour et de la grande chaleur ? (Matthieu 20, 12).
- Cela n'est pas à vous de connaître le jour et l'heure que le Père a fixés de sa propre autorité (Actes 1, 7). Mais, je vous le dis, cette génération ne passera pas avant que tout ne soit arrivé (Luc 21, 32).
Ne vous effrayez pas à la pensée de la mort. Je donne ma vie, non comme le monde la donne, mais pour sublimer le passage à l'autre monde, pour lui conférer un sens nouveau et en faire une recontre aimable avec notre Père. Pour l'heure, prenez la justice comme une cuirasse, et sur la tête le casque de la victoire (Isaïe 59, 17), empoignez votre zèle comme armure, (...) un casque pour jugement sincère, (...) la sainteté comme un bouclier invincible (Sagesse 5, 17-19), et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu (Éphésiens 6, 17). Et vous vous en trouverez bien. Dieu, en effet, ne nous a pas destinés à être l'objet de sa colère, mais à acquérir le salut (1 Thessaloniciens 5, 9).
- Demande à ton Père d'exaucer notre prière, « pour que vous nous ameniez à une véritable pénitence » (Litanie des saints) et que nous obtenions ce salut que tu nous a promis et que tu es toi-même ! « Tu offres à tes enfants un temps de grâce pour qu'ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu'ils se libèrent de leurs égoïsmes, afin qu'en travaillant à ce monde qui passe, ils s'attachent surtout aux choses qui ne passent pas » (Préface du carême 2).

(fin)

jeudi 23 avril 2009

Prière d'une mère pour ses enfants

Prière d'une mère pour ses enfants

Seigneur, conserve à Pancho sa rectitude, le jugement équilibré dont tu l'as doté. Qu'il soit toujours un homme d'honneur, comme son père. Accorde-lui le nécessaire pour se marier, si cela lui convient, sinon libère-le de ces relations si cela n'est pas ta divine volonté.

Seigneur, Ignacio me donne du souci. Il est si jeune et au milieu de dangers... Garde-le dans cette pureté de conscience que Tu lui as donnée.

Seigneur, que Pablo soit tout à Toi. Développe son humilité et son obéissance. (...)
Ô Marie, Mère de mon âme, protectrice des orphelins, fais croître en Pancho sa dévotion à ton égard ; qu'elle grandisse aussi dans tous mes enfants ; je te le donne comme tiens. Couvre-les de ton manteau ; garde-les toujours purs, garde-les dans le Cœur de ton Fils, accorde-leur de bonnes inclinations et l'amour de la Croix. Tu le sais, je ne sais pas les éduquer, je ne sais pas être mère, toi, tu le sais, ô Marie. Cache-les dans ton sein, conserve-les purs pour Jésus, pour Lui seul.

Michel-Marie Philippon, o. p., Conchita. Journal spirituel d'une mère de famille, Éditions de l'Emmanuel, 2003, p. 115-116.

lundi 6 octobre 2008

Faits pour aimer (1)

Faits pour aimer (1)

Je vous ai envoyé mon Fils, mon Premier-Né, en qui j'ai mis toute ma complaisance, pour qu'il donne sa vie pour vous et fasse de vous mes enfants. Puis je vous ai dépêché notre Esprit commun, « Esprit de sagesse et de d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de crainte de Dieu » (Isaïe 11, 1), pour qu'il vous maintienne sur le bon chemin. Alors je ne comprends pas comment vous faites pour nous oublier, dit Dieu. (lire la suite) Passe encore que vous ayiez une absence de temps à autre. Ça ne serait pas bien grave. Mais je vois, moi, ce qui se passe. Et c'est un oubli massif. Même les catholiques passent l'essentiel de leur temps à m'oublier ! Il y a des exceptions, bien entendu, et pas seulement dans les monastères, et il va sans dire que je les connais bien, que nous nous connaissons très bien. Et c'est à cause de ces enfants fidèles que je retiens ma colère.
Mais tant d'ingratitude... J'ai du mal à le supporter, dit Dieu. Je comprends que vous puissiez commettre des péchés de faiblesse. Votre enveloppe charnelle ne vous aide pas toujours. Mais cela m'offense quand même. Est-ce que vous ne vous en rendez pas compte ? Moi qui suis la justice même, vos injustices multiples et permanentes me blessent. Moi qui suis la miséricorde personnifiée, votre dureté de cœur m'est une insulte. Moi qui suis la pureté absolue, votre sensualité effrénée m'agresse. Moi qui suis toujours au travail, toujours actif, votre paresse m'est une provocation. Je pourrais poursuivre ainsi longtemps, car je connais plus de vertus et de vices que vous l'imaginez...
Mais il y a un point qui me sidère et qui touche particulièrement mon cœur. Voilà de quoi il s'agit : je suis le Dieu d'Amour, je suis l'Amour. Et vous ne m'aimez pas. Quand on aime, on pense que les autres aussi aiment. Quand on les aime gratuitement et aussi généreusement que moi, on s'attend à ce que les autre soient heureux et reconnaisssants et vous aiment en retour. C'est logique. Eh bien, non ! Faites le compte : combien de minutes passez-vous dans la journée à m'aimer ? Combien ? Dites-le-moi si vous n'en avez pas honte. Vous appelez ça aimer, M'aimer ?

(à suivre...)

dimanche 25 mai 2008

Intentions de priere

Intentions de prière

Pour M., révoltée contre Dieu suite au départ de son mari du foyer conjugal. Qu'elle retrouve le chemin de la foi et de l'espérance.

Pour la foi de mon petit bonhomme de 7 ans et pour qu'il garde sa pureté.

Devant toutes les violences dont notre société est sujette : violence des banlieues, violences de jeunes ou de personnes désœuvrées qui cèdent à la violence et deviennent des délinquants, violence dans le quotidien des médias (informations, films, jeux vidéos)... Aidez-nous à faire face activement à cette violence, aidez-nous à rester dans la lumière, dans l'esprit et à être des bâtisseurs de paix et de lumière. Merci.

Pour les âmes du purgatoire les plus délaissées. Pour la conversion de nos familles et notre propre conversion. Que notre Seigneur nous donne de nombreuses vocations sacerdotales, la paix dans le monde, la paix dans les familles, la paix dans nos cœurs.

mercredi 9 avril 2008

Origene, sa pensee (3)

Origène, sa pensée (3)

Nous arrivons, enfin, à un enseignement d'Origène sur l'Église, et précisément - à l'intérieur de celle-ci - sur le sacerdoce commun des fidèles. En effet, comme l'Alexandrin affirme dans sa neuvième Homélie sur le Lévitique, « ce discours nous concerne tous » (Homélies sur le Lévitique 9, 1). Dans la même Homélie Origène - en faisant référence à l'interdiction faite à Aaron, après la mort de ses deux fils, d'entrer dans le Sancta sanctorum « à n'importe quel moment » (Lévitique 16, 2) - admoneste ainsi les fidèles : (lire la suite) « Cela démontre que si quelqu'un entre à n'importe quelle heure dans le sanctuaire, sans la préparation due, ne portant pas les vêtements pontificaux, sans avoir préparé les offrandes prescrites et s'être rendu propice à Dieu, il mourra... Ce discours nous concerne tous. Il ordonne, en effet, que nous sachions comment nous présenter à l'autel de Dieu. Ou ne sais-tu pas que le sacerdoce t'a été conféré à toi aussi, c'est-à-dire à toute l'Église de Dieu et au peuple des croyants ? Écoute comment Pierre parle des fidèles : « Race élue, dit-il, « royale, sacerdotale, nation sainte, peuple que Dieu s'est acquis. » Tu possèdes donc le sacerdoce car tu es une « race royale », et tu dois donc offrir à Dieu le sacrifice... Mais pour que tu puisses l'offrir dignement, tu as besoin de vêtements purs et différents des vêtements communs aux autres hommes, et le feu divin t'est nécessaire » (ibid.).
Ainsi, d'un côté, les « flancs ceints » et les « vêtements sacerdotaux », c'est-à-dire la pureté et l'honnêteté de vie, de l'autre, la « lumière toujours allumée », c'est-à-dire la foi et la science des Écritures, se présentent comme les conditions indispensables pour l'exercice du sacerdoce universel qui exige pureté et honnêteté de vie, foi et science des Écritures. À plus forte raison, ces conditions sont indispensables, bien évidemment, pour l'exercice du sacerdoce ministériel. Ces conditions - une conduite de vie intègre, mais surtout l'accueil et l'étude de la Parole - établissent une véritable « hiérarchie de la sainteté » dans le sacerdoce commun des chrétiens. Au sommet de ce chemin de perfection, Origène place le martyre. Toujours dans la neuvième Homélie sur le Lévitique, il fait allusion au « feu pour l'holocauste », c'est-à-dire à la foi et à la science des Écritures, qui ne doit jamais s'éteindre sur l'autel de celui qui exerce le sacerdoce. Puis, il ajoute : « Mais chacun de nous a en soi » non seulement le feu, mais « aussi l'holocauste, et de son holocauste il allume l'autel, afin qu'il brûle toujours. Quant à moi, si je renonce à tout ce que je possède prenant ma croix et suivant le Christ, j'offre mon holocauste sur l'autel de Dieu ; et si je remets mon corps pour qu'il brûle, en ayant la charité, et que j'obtiens la gloire du martyre, j'offre mon holocauste sur l'autel de Dieu » (Homélies sur le Lévitique 9, 9).
Ce chemin éternel de perfection « nous concerne tous », à condition que « le regard de notre cœur » soit tourné vers la contemplation de la Sagesse et de la Vérité, qui est Jésus-Christ. En prêchant sur le discours de Jésus de Nazareth lorsque « tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui » (Luc 4, 16-30) -, Origène semble s'adresser précisément à nous : « Aujourd'hui aussi, si vous le voulez, dans cette assemblée, vos yeux peuvent fixer le Sauveur. En effet, lorsque tu tourneras le regard le plus profond de ton cœur vers la contemplation de la Sagesse, de la Vérité et du Fils unique de Dieu, alors tes yeux verront Dieu. Heureuse assemblée, celle dont l'Écriture atteste que les yeux de tous étaient fixés sur lui ! Combien je désirerais que cette assemblée reçoive un tel témoignage, que les yeux de tous, des non baptisés et des fidèles, des femmes, des hommes et des enfants, non pas les yeux du corps, mais les yeux de l'âme, regardent Jésus !... La lumière de ton visage est imprimée sur nous, ô Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen ! » (Homélies sur Luc 32, 6).

Benoît XVI, Audience générale, 2 mai 2007.

lundi 24 mars 2008

Dieu tient a nous (2)

Dieu tient à nous (2)

« Mon repas est prêt, dit-il aux hommes, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés, tout est prêt ; venez au repas de noce » (Matthieu 22, 4). Les invitations sons lancées. Tous devraient la recevoir avec joie et s'empresser de répondre à une telle faveur. Il s'agit d'un événement unique.
Or, contre toute attente, ils réagissent de façon irrationnelle : « Ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce » (Matthieu 22, 5). Ils font passer les soucis temporels, (lire la suite) les occupations purement matérielles avant le bien de leur âme. Ils préfèrent un monde sans Dieu - qu'ils connaissent, et qui leur apporte bien des souffrances et des déceptions - à un monde avec Dieu - qu'ils ignorent, mais où tout est joie. Pire encore, « les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent » (Matthieu 22, 6). Ils n'hésiteront pas à tuer l'héritier lui-même quand il leur sera dépêché en dernier recours (cf. Luc 20, 14).
Dieu ne s'avoue pas vaincu, parce que l'Amour ne se satisfait pas d'un « non » et ne peut être refroidi ou diminué par ce « non ». C'est pour cela que Dieu avait multiplié les alliances et envoyé les prophètes. Maintenant, il a envoyé son propre Fils. Et il persiste à nous convoquer au « festin des noces de l'Agneau » : « Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives » (Matthieu 20, 10). Or, il va de soi que, pour être admis à participer à ce festin, il faut être habillé en conséquence. « Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et il lui dit : Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? L'autre garda le silence. alors le roi dit aux serviteurs : Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 22, 11-13).
Ce vêtement, c'est évidemment la propreté, la pureté de l'âme. Une âme qui a été purifiée de ses fautes dans le sacrement de la réconciliation et par son amour de la Croix du Christ. Notre Seigneur nous a appelés, alors même que notre âme est blessée, « ce qui est bien pire que d'être blessés dans votre corps, souligne saint Jean Chrysostome. N'abusez pas de la bonté de celui qui vous a invités et que personne ne vienne avec un vêtement sale. Il faut prendre un très grand soin du vêtement de l'âme » (Homélies sur Matthieu 69, 2).
Demandons à la très Sainte Vierge Marie l'humilité de nous reconnaître pécheurs, le goût de la pénitence et le désir de nous réconcilier avec le Seigneur pour être trouvés dignes de participer au banquet céleste en présence de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

(fin)

lundi 28 janvier 2008

La fidelite (3)

La fidélité (3)

Et tu dis : « Je songeais à répandre sur eux ma fureur, à épuiser sur eux ma colère » (Ézéchiel 20, 8), à en finir avec ce peuple ingrat, indocile, qui ne comprend pas où est son intérêt, quel est son vrai bien. C'est à désespérer. « Mais moi, dit Dieu, je ne peux pas désespérer. Ça m'est interdit par ma nature. Alors, j'ai tenu compte « de mon nom, pour qu'il ne soit pas profané aux yeux des nations » (Ézéchiel 20, 9), et je suis revenu sur mes projets destructeurs. J'aime trop mon peuple, que j'ai depuis toujours entouré de mon attention et gardé comme la prunelle de mes yeux (cf. Deutéronome 32, 10), couvert à l'ombre de mes ailes (lire la suite) (cf. Psaume 17 (16), 8). Pareil à l'aigle qui excite sa couvée et qui volette au-dessus de ses petits, j'ai déployé mes ailes, je l'ai pris, et je l'ai porté sur mes plumes (cf. Deutéronome 32, 11). Il faut voir l'affection débordante que j'y ai mise, en toute gratuité, dans un pur Amour de bienveillance. Mais je ne m'attendais pas à être si mal payé de retour. Et unanimement encore ! Pas un seul qui me soit resté fidèle. Heureusement, j'ai mon Fils, mon Unique. Et je le leur enverrai au Jour que nous avons établi d'un commun accord avec notre Esprit Saint. « J'espère qu'ils auront des égards pour lui » (Luc 20, 13). Nous verrons bien, le moment venu... »
« Allons, dit le Tout-Puissant, je lui parlerai au cœur, et de là je lui donnerai ses vignes », et j'espère qu'il répondra « comme aux jours de sa jeunesse » (Osée 2, 17), quand il n'était pas encore entré dans l'âge bête et qu'il conservait son innocence et sa pureté. Ce peuple, je l'ai porté du bout des bras, je l'ai « mené avec des liens d'amour. J'ai été pour (lui) comme qui soulève un nourrisson entre ses joues, me penchant vers lui pour le faire manger » (Osée 11, 4).
Seigneur, c'est ainsi que je t'aime, quand je te vois penché vers moi, incliné sur moi, prenant soin de moi comme le jardinier s'occupe de ses fleurs une par une avec une patience extrême. « Tend ton oreille et écoute » (2 Rois 19, 16). « Je t'invoque : tu m'exauceras, ô Dieu ! Incline vers moi ton oreille, écoute mes paroles » (Psaume 17 (16), 6), même s'il s'agit si souvent de sons inarticulés, d'expressions à peine audibles, de phrases confuses. Tu sais ce qu'il y a derrière et au fond, ce que je voudrais dire et ne sais pas - ou n'ose - pas formuler franchement.

(à suivre...)