ce blog est bloqué à l'entrée en Chine depuis le mois de mai 2007
Affichage des articles dont le libellé est spiritualité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est spiritualité. Afficher tous les articles

lundi 9 janvier 2023

Les blessures du Christ lumières pour notre vie chrétienne.

J'ai la joie de vous informer de la parution immédiate, chez Artège, de mon dernier ouvrage

Les blessures du Christ lumières pour notre vie chrétienne.

Voici le texte de la quatrième de couverture :

« J’accorderai tout ce que l’on me demandera par l’invocation aux saintes plaies. Il faut en répandre la dévotion », confiait le Christ à une simple religieuse visitandine, sœur Marie-Marthe Chambon, à la fin du xixe siècle. Forts de ces promesses, pénétrons donc dans ce mystère d’amour et contemplons ces « splendides joyaux », sources de notre salut.

Aimer et vénérer les blessures du Christ en sa Passion, c’est apprendre à aimer d’un amour sans limite, allant « jusqu’au bout » (Jn 13,1), jusqu’au terme de chaque action entreprise, de nos journées, de notre vie tout entière. C’est aussi apprendre à endurer nos souffrances en union avec Jésus et Marie, pour le salut de tous les hommes.

Mgr Dominique Le Tourneau propose ici une riche méditation qui éclairera tous les fidèles désireux de s’approcher un peu plus du Christ souffrant. Ils y puiseront un approfondissement de leur vie intérieure, la maîtrise de leurs sens et la force de supporter les épreuves en les offrant en union avec Jésus et Marie, pour le salut des hommes.

dimanche 20 juin 2021

Les plus belles prières à saint Joseph


En cette année consacrée à saint Joseph, Parole & Prière, du groupe Artège, vient de publier l'ouvrage suivant de votre serviteur :

Les plus belles prières à saint Joseph.

Cet ouvrage, de 166 pages, au prix de 12,90 euros, comprend les sections suivantes :
Patron de l'Eglise universelle
Soutien des familles
Modèle des travailleurs
Pour les causes difficiles et dans les épreuves
Guide spirituel
Prières de dévotion envers saint Joseph
A la messe avec saint Joseph
Les offices avec saint Joseph

dimanche 14 février 2021

Prière pour la famille

Dieu qui es à l’origine de la famille et qui l’as voulue comme lieu de l’amour et de la vie, accorde à toutes les familles de la terre de ressembler à celle que tu as donnée à ton Fils, d’être unis comme elle par les liens de ta charité, et d’être ouvertes comme elle aux appels de l’Esprit. Par Jésus-Christ.

Messe pour la famille, prière collecte.

vendredi 12 février 2021

Année saint Joseph

Comme vous le savez, le pape François a décrété une "Année saint Joseph". Elle va du 8 décembre 2020 au 8 décembre 2021, et entend marquer le centenaire de la déclaration de saint Joseph en tant que patron de l'Eglise universelle. Je rappelle à cette occasion mou ouvrage Tout savoir sur saint Joseph. Le guide ultime, publié aux éditions Artège au moment du premier confinement ! 
Son contenu se présent sous la forme suivante :
I Saint Joseph dans les Evangiles
II Saint Joseph dans la Bible
III Saint Joseph dans les écrits apocryphes
IV Saint Joseph chez les papes
V La sainteté de Joseph
VI Apparitions et miracles de saint Joseph
VII Prier saint Joseph.
Je vous souhaite une bonne route avec le saint patriarche.)))

jeudi 19 mars 2020

Voici un livre qui arrive à point nommé, puisque nous fêtons aujourd'hui saint Joseph. Les événements actuels entravent sans doute sa distribution. Mais notez son existence. L'histoire de Joseph est retracée ici à partir des Evangiles et des écrits non officiels souvent repris par les Pères de l'Eglise.
Maître de vie intérieur, proche de tout travailleur et gardien des familles, Joseph accompagne chacun à sa façon. Vous découvrirez son culte à travers le monde, comment le prier et une multitude d'anecdotes étonnantes.
Un ouvrage pour tous, du débutant à l'érudit, qui met au grand jouir la vie cachée et la splendeur du père de Jésus.

vendredi 10 mai 2019

Un moyen de rajeunir

On dit que l’aigle, lorsqu’il a vieilli, ne peut prendre sa nourriture, parce que son bec s’est allongé outre mesure. La partie supérieure de son bec, qui se recourbe sur la partie inférieure, prend un accroissement excessif par l’effet de la vieillesse, de telle sorte que l’aigle en vient à ne plus pouvoir ouvrir le bec, parce que la partie supérieure est comme rivée au-dessus de la partie inférieure. Or, s’il n’y a aucun intervalle qui s’ouvre entre les deux, le bec ne peut plus faire, pour ainsi dire, office de ciseaux et donner à l’oiseau le moyen de de déchirer sa nourriture, pour la faire entrer dans son gosier. c’est pourquoi, la partie supérieure s’étant ainsi allongée et recourbée, l’oiseau ne peut plus ni ouvrir le bec ni saisir sa proie. Tel est chez lui l’effet de la vieillesse. (lire la suite)
Accablé par la faiblesse que donnent les années et privé de nourriture, il tombe dans une langueur extrême par suite de ces deux causes, l’âge et la faim. c’est pourquoi, tirant de son instinct naturel un moyen de se faire, en quelque sorte, dans une certaine mesure, une nouvelle jeunesse, l’aigle, dit-on, frappe et brise sur une pierre la partie supérieure de son bec, dont l’accroissement exagéré fermait l’entrée à la nourriture ; et en la brisant ainsi sur une pierre, il la fait tomber, et se délivre de ce fardeau qui faisait obstacle à tout aliment.
Aussitôt il se remet à manger et ses forces reviennent. De vieux qu’il était, le voilà comme un jeune aigle ; ses membres retrouvent de la vigueur, sa plume de l’éclat, ses ailes la force de voler ; il s’élève comme autrefois dans les aires, et il se fait en lui comme une sorte de résurrection. C’est là, en effet, que tend cette comparaison ; comme celle que l’on tire de la lune qui, après soin déclin et sa disparition, renaît et se remplit de nouveau, symbole de notre résurrection ; mais parvenue à son plein, elle décroît de nouveau, pour reproduire constamment le même symbole.
Il en est ainsi de ce que l’on dit de l’aigle ; son renouvellement de vie ne lui donne pas de ne point mourir, tandis que le nôtre nous assure la vie éternelle. Mais cette comparaison nous a été proposée pour nous apprendre que la pierre nous délivrera de tout obstacle. Ne présumez donc pas de vos forces. c’est la solidité de la pierre qui bris en vous le vieil homme. « Or la pierre, c’est le Christ » (1 Co 10, 4). notre jeunesse sera donc renouvelée dans le Christ comme celle de l’aigle.

Saint Augustin, Discours sur le psaume 102, 9.

mercredi 20 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (6)

 Les caractéristiques de la mortification (6)

Le recours à la mortification dans la vie du chrétien est motivé, avons-nous dit, par l’appel universel à la sainteté, par la possibilité de développer notre union à Dieu, développement qui est une conséquence et une concrétisation, sous l’effet de la grâce, de notre filiation divine. La réaction du peuple élu à la lecture Torah retrouvée, la prière d’intercession accompagnée de jeûne de Moïse pour éviter que la colère de Dieu ne s’abatte sur le peuple rebelle, nous ont fourni de bons exemples en ce sens. Nous nous sommes demandés ensuite si un chrétien doit toujours se mortifier.(lire la suite)Question qui a reçu, nous nous y attendions bien sûr, une réponse positive. Mais accompagnée d’une précision : l’utilité d’établir une liste de quelques petites mortifications habituelles, bonnes pour la vie courante de tous les jours. L’étape suivante a consisté à souligner le côté « prière » des privations volontaires, sa caractéristique d’être de nature spirituelle, puisque offerte à Dieu par amour, et avec une intention déterminée, voire plusieurs intentions simultanées. Enfin nous avons abordé la question de la mortification sous l’angle de la « prière des sens », qui déborde le cadre du purement sensible et concerne aussi notre monde intérieur. Et nous invite en tout cas à envisager de petites mortifications discrètes, qui passent si possible inaperçues aux yeux des autres et qui, surtout, ne les mortifient pas eux-mêmes malgré eux, ne s’imposent pas eux.
La mortification fait donc intégralement partie de l’esprit chrétien. Elle est inscrite dans la vie du Christ dès les origines, puisque le Seigneur naît en vue de la Croix, avec pour mission d’aboutir au Calvaire, d’embrasser la Croix pour nous sauver. Mais elle n’existe pas pour lui à ce seul et unique instant. Nous n’imaginons pas notre Seigneur confortablement installé : « Le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête… » (Matthieu 8, 20). N’imaginons pas en train vivre ne pensant qu’à lui et se désintéressant… Nous ne l’imaginons pas manquant de tempérance, même si les esprits critiques lui reprocheront de manger avec les païens (cf. Matthieu 9, 11)…
Il est intéressant de souligner que les conditions que Jésus a choisies pour vivre parmi nous, il les a fait partager par d’autres. À commencer par Marie et Joseph.
Il est logique qu’il veuille nous y associer nous aussi… C’est au fond une très bonne affaire p nous. Car elle contribue à faire avancer l’affaire de notre sainteté. Marie et Joseph, soyez à mes côtés, pour que je sache me mortifier comme vous afin d’aider Jésus à accomplir sa mission universelle, et participer avec lui activement, heureusement, à la Rédemption. Une Rédemption qui continue de se réaliser. Et que notre Seigneur veut accomplir précisément en comptant avec nos apports concrets, avec nos petites mortifications offertes de gaieté de cœur.

(fin)

lundi 18 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (5)

 Les caractéristiques de la mortification (5)

Dire d’autre part que la mortification est la « prière des sens » ne signifie pas pour autant qu’elle se limite de façon restrictive uniquement au sensible, à la chair et aux sens corporels. Il existe aussi une mortification intérieure et une mortification extérieure qui embrasse toutes les facultés de l’homme. Au rang des mortifications intérieures, saint Josémaria plaçait celles qui contribuent à rendre la vie agréable à ceux qui nous entourent. Il s’en explique en donnant quelques exemples dans un point Chemin : «  Ce bon mot, cette blague qui n’est pas sortie de ta bouche ; le sourire aimable pour qui t’agace ; ce silence devant l’accusation injuste ; une conversation bienveillante avec les « raseurs » et les importuns ; le fait de passer, chaque jour, sur les détails ennuyeux et impertinents de ton entourage… : tout cela, avec persévérance, voilà de solides mortifications intérieures » (n° 173). Il ne s’agit donc pas seulement de mortifications intérieures, mais de « solides mortifications intérieures ». » Elles ont l’air de petits riens, à la limite du négligeable. Pourtant, ce sont de « solides mortifications », donc très utiles pour construire la maison de notre sainteté.(lire la suite)
« D’ordinaire, parmi les sacrifices que le Seigneur nous demande, les plus ardus sont minuscules, mais aussi continuels et efficaces que les battements du cœur » (Amis de Dieu, n° 134). Les plus ardus, en dépit du fait qu’il s’agit de petits sacrifices, minuscules parfois, parce que précisément ils sont continuels, et que nous les avons inscrits dans notre plan de lutte ascétique.
De toute façon, l’exemple de saint Paul tel qu’il se déduit de ses lettres est là pour rappeler de façon emblématique que « la vocation chrétienne est faite de sacrifice, de pénitence et d’expiation. Nous devons réparer pour nos fautes — combien de fois n’avons nous pas détourné notre visage pour ne pas voir Dieu ? — et pour tous les péchés des hommes. […] La mortification est le sel de notre vie [le sel, est ce qui donne de la saveur ou en ajoute à un plat, le « relève » comme on dit, et donc l’améliore]. Et la meilleure des mortifications est celle qui, s’appuyant sur des petits détails tout au long de la journée, s’attaque à la concupiscence de la chair, à la concupiscence des yeux et à l’orgueil. Mortifications qui ne mortifient pas les autres [nous avons là une idée fort utile, car il ne s’agit pas de faire subir aux autres nos mortifications personnelles ni d’imposer nos goûts aux autres ; nos efforts dans le domaine culinaire, ou dans tel ou tel aspect de le pauvreté, ou de l’utilisation des moyens de communication ; si nous décidons, par exemple de ne plus jamais regarder la télévision, nous n’allons pas l’interdire à ceux qui vivent avec nous, et ce n’est pas forcément une bonne attitude, car elle sépare des autres], mais qui nous rendent plus délicats, plus compréhensifs, plus ouverts à tous. Tu ne seras pas mortifié si tu es susceptible, si tu n’écoutes que ton égoïsme, si tu t’imposes aux autres, si tu ne sais pas te priver du superflu et parfois même du nécessaire, si tu t’attristes quand les choses ne vont pas comme tu l’avais prévu ; en revanche, tu es mortifié si tu sais te faire tout à tous, pour les gagner tous » (Quand le Christ passe, n° 9), selon l’expression de l’Apôtre des nations rapportée à sa propre action.

(à suivre…)

samedi 16 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (4)

 Les caractéristiques de la mortification (4)

Nous parviendrons à l’amitié avec Dieu si nous savons nous mortifier, si nous mettons la Sainte Croix dans toute notre vie – tout comme on met du sel dans chaque plat – afin que le côté somatique de notre être ne se corrompe pas.
Quand nous voyons une croix, nous ne considérons pas seulement le symbole d’un événement passé, qui nous a valu la libération du péché. Elle est aussi une invitation à venir y prendre notre place. Elle nous rappelle la valeur du Sang du Christ versé pour nous et de son amour. Elle est aussi « un reproche amoureux », disait saint Josémaria, qui nous presse de lui témoigner en retour de toute notre affection. Et indéniablement, nous montrons que nous aimons Dieu, non en en faisant à notre tête, mais en cherchant à faire sa Volonté, ce qui lui plaît et même si possible ce qui lui plaît le plus. Il existe des choses qui nous font plaisir et d’autres très plaisir. Évidemment, nous préférons les secondes…(lire la suite)
Ce qui plaît à Dieu, manifestement, c’est que nous ressemblions de plus en plus à son Fils, que nous parvenions pour de bon à être d’autres christs. Cela n’est possible que par le renoncement à soi et l’amour de la Croix. Les premiers chrétiens allaient à mort, au martyre en chantant des psaumes… Ils étaient heureux de porter leur croix, sachant que le Saint-Esprit, la force de Dieu, les assistait dans leurs tourments. Mais c’est l’exception, même si cela a concerné, et concerne encore de nos jours, beaucoup de nos frères et sœurs dans la foi.
Nous recherchons quant à nous la mortification dans les petites choses de chaque jour. Pourquoi ? Parce que, comme saint Josémaria le dit en une formule condensée, la mortification « est la prière des sens ». Et parce que nous avons à nous sanctifier intégralement, et non par parties ou seulement dans la dimension spirituelle de notre être.
Les renoncements volontaires sont la prière des sens, non seulement parce qu’ils permettent la prière, mais aussi parce qu’ils sont en eux-mêmes une forme de prière, une réalité vécue et offerte à Dieu dans une attitude d’amour. Dans la vie du chrétien la mortification permet de rejeter tout ce qu’il y a en nous de désordonné et d’ouvrir notre cœur. à l’amour de Dieu notre Père. L’âme s’en trouve d’autant plus libre pour s’adresser à son Seigneur. En réalité, en pratiquant les privations volontaires elle s’adresse déjà directement à lui, elle s’unit à lui, à son Sacrifice rédempteur. Par la mortification, nous désirons y prendre notre part, une petite part sans doute, mais au fond celle qui nous revient de droit. Seigneur, c’est toi que j’entends aimer et honorer d’une certaine façon en portant ma croix. C’est ma manière de rendre hommage à ta Croix salvatrice, de montrer que j’en comprends la signification et la portée. Et qu’il est impossible pour qui prétend vivre chrétiennement, de faire l’impasse sur ce type prière. Ce serait t’aimer bien pauvrement, partiellement, et donc, en réalité ne pas t’aimer vraiment.
Un jeune d’origine vietnamienne habite à Helsinki, en Finlande. Il n’est pas baptisé. Il fait son service militaire et il raconte comment il le vit : « D’ordinaire, j’essaye de commencer la journée en l’offrant à Dieu, même si je l’oublie parfois : puis, pendant le repas, je lui rends grâce pour la nourriture. La semaine dernière, par exemple, une nuit nous n’avons dormi que quatre heures : il faisait moins 30° dehors. Nous nous sommes levés et nous avons parcouru dix kilomètres à ski, avec 25 kgs sur le dos. Quand le parcours devenait ennuyeux et difficile pour moi, je pensais que j’étais en train de porter la Croix de Jésus. » C’est un bel exemple pour nous, qui pourrions nous plaindre dès qu’il fait un peu froid ou chaud, qu’un imprévu surgit, que nous avons mal à la tête...

(à suivre...)

jeudi 14 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (3)

 Les caractéristiques de la mortification (3)

Peut-être n’avons-nous pas ressenti jusqu’à maintenant le besoin de suivre d’aussi près les pas du Christ. Peut-être ne nous sommes-nous pas rendu compte jusqu’à présent que nous pouvons unir nos petits renoncements au Sacrifice réparateur du Seigneur à la messe : pour nos péchés, pour les péchés des hommes de toutes les époques, résultat de l’action perverse de Lucifer qui continue d’opposer à Dieu son non serviam ! son refus de servir les plans de Dieu. Un refus qu’il communique à certains de nos frères en humanité, qui rejettent à leur tour l’idée de servir notre Dieu, un Dieu qu’ils méconnaissent en réalité, dont ils ignorent surtout paternité bienveillante.(lire la suite)
Comme saint Josémaria le disait, « la pénitence, véritable réparation, nous lance sur le chemin du don de soi, de la charité. Don de soi pour réparer, et charité pour aider les autres, comme le Christ nous a aidés » (Amis de Dieu, nos 139-140), et, de fait, continue à nous aider ne serait-ce que par les grâces agissantes qu’il nous envoie en continu. Ce que nous avons tendance à oublier facilement, à la première difficulté.
Seigneur, donne-moi ce désir actuel, permanent, de coopérer avec toi au rachat de l’humanité, de m’unir à ton Sacrifice réparateur par des actes précis de renoncements, de privations volontaires. Il est bon pour cela, pour que ces bons désirs ne restent pas lettre morte, de dresser une liste de petites mortifications que nous entendons faire dans cet état d’esprit, par amour de Dieu et pour collaborer avec le Christ. Si nous nous fixons des objectifs concrets, accessibles à partir d’un véritable effort, évidemment, il est plus facile de progresser et de nous sanctifier. Autrement, risque est d’être animé de très bonnes intentions, mais de ne pas aller au-delà. Établir une liste permet, par exemple, vérifier dans l’examen général de conscience du soir ce qu’il en a été au cours de la journée écoulée, afin de rectifier rapidement en cas d’omission.
Nous pouvons nous interroger sur notre amour réel de la Croix, et nous demander comment nous l’envisageons dans notre vie. Suis-je un véritable ami de la Croix ?
Nous pouvons avoir l’impression d’aimer la Croix du Christ. Mais nous nous efforçons pas sérieusement de réfreiner les mauvais mouvements de la sensualité dès le premier instant, avec décision, sans égards pour nous-même. Ou à la moindre contrariété nous nous impatientons ou nous nous mettons en colère. C’est à ce genre de réactions non contrôlées que nous mesurons l’authenticité de notre amour de la Croix. Amour qui se traduit, en fait, par la lutte décidée pour repousser tout ce qui nous écarte de Dieu, par repousser énergiquement les tentations qui se présentent à nous.
C’est à lutte ce genre que nous pouvons apprécier la qualité et la réalité de notre amour de la Croix. Certes, nous avons, comme l’on dit, nos propres objectifs matérialisés par la liste de petites mortifications que j’évoquais à l’instant. Mais l’esprit de mortification et l’amour de la Croix se manifestent aussi, et pourrait-on dire, avant tout, par notre capacité à nous adapter aux circonstances, par notre réaction surnaturelle en présence des agressions dont sommes objet de la part de l’adversaire de notre sainteté, de notre vrai bonheur ; un bonheur qui lui échappe, qu’il connaît puisqu’il était le sien avant sa rébellion brutale contre Dieu et son éjection en enfer.
Il sait ce qu’est bonheur qui nous est promis ; et comme il l’a perdu par sa propre faute, il voudrait nous en écarter, nous empêcher d’y accéderIl est donc utile de nous fixer des points de lutte. Il est meilleur encore d’accueillir ceux que la vie nous apporte et dans lesquels nous savons voir une expression de la Volonté de Dieu.

(à suivre...)

mardi 12 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (2)

 Les caractéristiques de la mortification (2)

Pour comprendre le sens et la portée de la mortification, du renoncement, dans notre vie, il convient donc de partir de cet aspect essentiel de notre vocation à la sainteté, du projet de Dieu nous concernant. Or, tant que nous ne sommes pas parvenus au terme de notre parcours terrestre, notre union à Dieu peut toujours croître et se développer davantage dans n’importe quelle situation, à partir de toutes les tâches que nous devons assumer, entre autres celles de la vie ordinaire. D’autre part, cette union en progression, est un développement de la grâce reçue au baptême, grâce d’un enfant de Dieu dans le Christ Jésus.(lire la suite)
Autrement dit, tout baptisé est appelé à pratiquer la mortification dans les conditions normales de son existence quotidienne, dans un esprit de fils de Dieu le Père et en étant conscient qu’il collabore ainsi avec le Fils de Dieu fait homme à la Rédemption du monde. C’est dessiner toute la portée de la mortification chrétienne, en souligner toute la valeur et les conséquences incalculables, tant pour notre propre sanctification que pour celle d’autrui.
Rendons-nous dans le désert du Sinaï. Nous y trouvons Moïse qui a réuni le peuple d’Israël et s’adresse un jour à lui en disant : « Souviens-toi. N’oublie pas que tu as irrité le Seigneur ton Dieu dans le désert. » Il lui rappelle son comportement de rébellion permanente et comment lui, Moïse, s’est efforcé de calmer Dieu qui voulait anéantir ce peuple corrompu. À la vue veau d’or qu’ils s’étaient fabriqué, « je pris les deux tables : de mes deux mains, je les jetai et je les brisai sous vos yeux. Je tombai à terre devant le Seigneur, et, comme la première fois [c’est-à-dire sur Sinaï avant recevoir les Tables], je fus quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire, à cause de tous les péchés que vous aviez commis. » Moïse peut ajouter : « Et, cette fois encore, le Seigneur m’écouta », et revint sur son projet d’exterminer le peuple dans sa fureur.
Nous avons là un bel exemple de l’efficacité de la prière et de la mortification. Il montre bien sa force de conviction sur Dieu, comment elles peuvent modifier le cours des événements, redresser même des situations pouvant paraître désespérées, sans issue. Nous voyons également à cet exemple que Dieu compte sur notre prière, qu’il l’espère, l’attend. Il aime être sollicité par ses enfants. Cela nous montre aussi que Dieu n’est pas insensible à nos raisonnements humains, qui valent ce qu’ils valent. « J’ai intercédé auprès du Seigneur et j’ai dit : ‘Seigneur, mon Dieu, ne détruis pas ton peuple, ton héritage, que tu as racheté dans ta grandeur et que tu as fait sortir d’Égypte par ta main puissante. […] Que dans le pays d’où tu nous a fait sortir, l’on ne dise pas : ‘Le Seigneur n’a pas été capable de les faire entrer dans le pays dont il leur avait parlé ; c’est à cause de sa haine contre eux qu’il les a fait sortir pour les faire mourir dans le désert.’ Pourtant, c’est bien eux, ton peuple, ton héritage » (Deutéronome 9, 7...29). Et Dieu s’était rendu aux arguments de Moïse.
Il ne s’agit pas tant pour nous de passer 40 jours à jeûner, que de consentir, par amour de Dieu, de petites mortifications régulières, habituelles, vécue dans les conditions ordinaires de la journée, conditions qui varient : le travail stable au bureau, les déplacements, les sorties d’agrément, une conférence à laquelle nous assistons ou un cours que nous devons assurer, une causerie que nous donnons, les repas, les réunions de famille, une invitation chez des amis, etc. Envisagée de la sorte, nous pouvons nous demander si un chrétien doit toujours se mortifier. La réponse semble être clairement « oui », mais par amour.
L’amour de Dieu est la clé. C’est le point essentiel, la motivation première de notre existence, telle que Dieu s’est chargé de nous le faire savoir, nous l’a assignée, comme étant à l’origine de notre bonheur authentique, ici-bas et dans les cieux nouveaux et la terre nouvelle à venir (Apocalypse 21, 1)…

(à suivre...)

dimanche 10 mars 2019

Les caractéristiques de la mortification (1)

Nous venons d'entrer en carême. Il est utile de nous rappeler le sens des privations ou renoncements que nous nous imposons volontairement, davantage au cours de ce temps liturgique que dans le reste de notre vie, pour nous unir au Seigneur souffrant pour notre rachat du péché.

 Les caractéristiques de la mortification (1)

La première lecture du troisième dimanche du temps ordinaire de l’année C est tirée du livre de Néhémie. Les Juifs rentrés de l’exil à Babylone découvrent un exemplaire de la Torah. Le roi ordonner de procéder à sa lecture publique par le scribe Esdras. « Quant il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout. Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : ‘Amen ! Amen !’ » Esdras et les lévites en donnaient des explications peuple. En même temps ils lui disaient : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car, précise l’auteur, « ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi. Esdras leur dit encore : ‘Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart !’ » (Néhémie 8, 1-10).(lire la suite)
Un peu plus tard, ils confessèrent leurs fautes et celles de leurs pères, que la lecture du texte sacré avait mises en évidence et provoqué leurs pleurs. C’est un jour de joie. Le Seigneur se rend présent parmi eux du fait de la proclamation de la Parole révélée. Cela nous fait penser à la réflexion que Jésus adresse aux pharisiens critiquant ses apôtres qui ne jeûnaient apparemment pas : « Les invités de la noce peuvent-ils jeûner, pendant que l’époux est avec eux ? » (Marc 2, 19). « Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront » (v. 20).
Il y un temps pour tout, disait déjà l’auteur du Qohélet, « un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser » (3, 4). Tout cela est on ne peut plus vrai. Certains jours sont des jours de fête, et même des solennités particulièrement importantes. Noël et Pâques ont même leur octave. Il est un temps p tout, ms tout temps est à sanctifier. En tout temps nous pouvons, et devons, apporter le sel de la mortification, « l’ingrédient » de la mortification. Dans les larmes et les rires, dans la joie et la peine. C’est une composante de la vie spirituelle, qui en marque le tempo.
« Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). À partir de cette perspective, la mortification est une pratique ascétique qui pousse le chrétien à abandonner, corriger ou renoncer à tout ce qui, dans sa façon d’être, dans son comportement, peut faire obstacle à cette union à Dieu, pour grandir en amour Dieu et prochain.
Il n’est pas compliqué de comprendre que la mortification bien vécue facilite l’action de la grâce dans notre âme, et permet une véritable union spirituelle avec le Christ, dans l’âme comme dans le corps.
L’union au Christ, qui est un autre nom de la sainteté, consiste à s’unir à sa Croix pour vivre avec lui sa Résurrection. C’est pourquoi le Catéchisme de l’Église Catholique peut affirmer : « Le chemin de la perfection passe par la croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel (cf. 2 Timothée 4). Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes » (n° 2015). Affirmation relayée par saint Josémaria : «  Sans mortification, il n’y a pas de bonheur sur la terre » (Sillon, n° 983) ; ou encore, dans le même sens : «  Un jour sans mortification est un jour perdu, parce que nous n’avons pas renoncé à nous-mêmes, parce que nous n’avons pas vécu l’holocauste » (Sillon, n° 988).

(à suivre…)

mercredi 13 janvier 2016

Arrêt sur christianisme 84

Arrêt sur christianisme 84

Tout essai de libération du catholicisme est une absurdité, puisque, bon gré, mal gré, nous sommes chrétiens, et une méchanceté, puisque tout ce que nous avons de beau et de grand en nos coeurs nous vient du catholicisme. Nous n'effacerons aps vingt siècles d'histoire, précédés de toute une éternité ; et comme la science a été fondée par des croyants, notre morale, en ce qu'elle a de noble et d'élevé, vient aussi de cette grande et unique source du christianisme, de l'abandon duquel découle la fausse morale, comme aussi al fausse science. Ernest Psichari, cité dans Henri Massis, Notre ami Psichari, Paris, Flammarion, 1936, p. 117.

vendredi 29 mai 2015

Saint Jean (2)

Saint Jean (2)

Jean, qui reposait sa tête contre le Cœur de notre Seigneur, comme il nous le fait savoir lui-même (cf. Jean 13, 23), a ainsi appris à aimer sans retour. Il est le seul à avoir assimilé d’emblée le commandement nouveau de l’amour (cf. Jean 13, 34-35). Et il le vit d’abord envers Marie, dont il a pitié de la douleur. Pour prix de sa fidélité et de son amour tendre et plein de délicatesse envers sa Mère, il se voit confier celle-ci au moment où Jésus remet son âme à son Père. « Près de la croix de Jésus se tenait sa Mère, et la sœur de sa Mère, Marie femme de Clopas, et Marie la Magdaléenne. Jésus alors, voyant sa Mère et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa Mère : ‘femme, voici ton fils.’ Puis il dit au disciple : ‘Voilà ta Mère.’ Et, à partir de ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jean 19, 25-27). (lire la suite) Après le testament de la Dernière Cène, c’est le codicille que Jésus y apporte à l’adresse de Jean, et aussi à l’intention de chacun d’entre nous. Jean disposait-il d’un logement à Jérusalem ? Il « était connu du grand prêtre » (Jean 18, 15) et avait ses entrées chez lui, ce qui lui permit de faire entrer Simon-Pierre dans la cour du palais d’Anne (cf. Jean 18, 16). Cela laisse supposer qu’il avait effectivement où habiter dans la Ville Sainte. Cependant, peut-être que, dans un premier temps, ils se sont retrouvés au Cénacle, où les apôtres se sont rassemblés progressivement, le premier moment de terreur passé. Par la suite, Jean restera fidèle à l’engagement contracté en notre nom au Calvaire, et il prendra Marie avec lui dans ses déplacements, entre autres à Éphèse. Il aura même le privilège unique – nous aurions tendance à dire bien mérité – de redonner sous forme sacramentelle le Fils de Dieu à Celle qui l’avait porté neuf mois dans son sein ! Privilège merveilleux et redoutable, qui devait le faire trembler d’émotion à chaque fois ! (fin)

mercredi 27 mai 2015

Saint Jean (1)

Saint Jean (1)

Nous avons contracté une dette de reconnaissance spéciale envers saint Jean. En effet, dès le soir du Jeudi Saint, alors que Jésus est arrêté au jardin de Gethsémani puis transféré chez Anne et Caïphe, Jean reste auprès de Marie, qui se retrouve seule pour la deuxième fois de sa vie. La première se fut quand Jésus la quitta pour aller se faire baptiser par son cousin sur les rives du Jourdain (cf. Luc 3, 21-22). Il a sans doute expliqué alors à sa Mère ce qu’il allait faire, la longue retraite et le jeûne de quarante jours qu’il comptait suivre dans le désert (cf. Luc 4, 1-13) avant de commencer son ministère public. Nous pouvons imaginer que Marie a fait de son côté (lire la suite) une retraite de la même durée, unissant sa prière à celle de son divin Fils, et demandant au Père tout ce que Jésus lui demandait, lui présentant tous les besoins de tous les hommes, les nôtres aussi. Mais cette solitude, une solitude toute relative, parce qu’une âme sainte n’est jamais seule, mais reste unie à Dieu par les liens de la foi, de l’espérance et de la charité, ce qui était éminemment le cas de Notre Dame. Cette solitude relative n’a pas duré longtemps, car Jésus venait à peine d’engager sa prédication et de se gagner ses premiers disciples, parmi lesquels figurait précisément Jean, jusque-là disciple de Jean-Baptiste (cf. Jean 1, 35-37), « il y eut des noces à Cana de Galilée, et la Mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples » (Jean 2, 1-2). Nous supputons aisément qu’à compter de ce jour, Marie n’a plus quitté son Fils et qu’avec les saintes femmes, qui ne vont pas tarder à le suivre et dont plus d’une sont de sa parenté proche (cf. Luc 8, 2-3), elle assurera l’intendance du groupe fluctuant, mais constant, qui accompagne notre Seigneur sur les routes de Palestine. Cette aventure sainte touche à son terme toutefois quand Jésus lui est arraché par le prince des prêtres pour être traduit en jugement, dans un simulacre de jugement serait-il plus exact de dire, et, elle le soupçonne, elle le sait bien en réalité, être mis à mort. Elle a bien compris, elle, qu’il doit mourir. Mais aussi qu’il ressuscitera au troisième jour. Jean reste donc auprès d’elle au cours de ces heures douloureuses entre toutes. Je ne reviens pas sur ce que j’ai écrit à ce sujet dans Vivre la Passion avec ses acteurs (éd. Parole et Silence). (à suivre…)

vendredi 22 mai 2015

Le Psaume 2 (15)

Le Psaume 2 (15)

L’auteur sacré nous presse de nous placer sous la juridiction paternelle de Dieu sans tarder. « Apprehendite » signifie l’impatience de s’emparer du royaume de Dieu, la hâte, le zèle à apporter à cette conquête : « Le royaume de Dieu souffre violence, les violents s’en emparent » (Luc 16, 16). Saint Paul écrira qu’il court pour saisir : « Ce n’est pas que j’aie déjà atteint le but ou que je sois parvenu déjà à la perfection ; je cours après pour le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par le Christ Jésus » (Philippiens 3, 12). Dieu a saisi l’homme par l’Incarnation et, à notre tour, nous devons nous hâter de saisir Dieu, dira saint Hilaire de Poitiers. (lire la suite) La promesse de la royauté s’est accomplie en notre Seigneur, comme les apôtres l’affirment dans leur prédication : « Nous aussi, nous vous en faisons l’heureuse annonce : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a remplie pour nous, ses enfants, en ressuscitant Jésus, suivant ce qui est écrit au psaume second : ‘Tu es mon Fils ; c’est moi qui t’engendre aujourd’hui’ » (Actes 13, 32-33). Saint Hilaire de Poitiers s’appuie sur ce texte, qu’il met en lien avec la déclaration de notre Seigneur une fois ressuscité, disant : « Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre » (Matthieu 28, 18). « Par les mots ‘m’est donné’, il indique qu’il avait sollicité ce qu’il a obtenu » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire sur le psaume 2, 30). Savoir que nous avons été reliés à Jésus-Christ comme une partie de cet héritage parmi tous les peuples… Cela n’a rien de banal. C’est là un très grand titre, un honneur incommensurable, une terrible responsabilité aussi, qui demande que nous vivions dans le Christ et avec le Christ, afin d’être en tous lieux, « à temps et à contre temps » (2 Timothée 4, 2) comme l’écrit saint Paul, les témoins assurés de la foi dont nous avons hérité, non pour la mettre sous le boisseau (cf. Matthieu 5, 15), mais pour la proclamer sur tous les toits (cf. Luc 12, 3), afin que la lumière de la vérité brille « aux yeux des hommes, pour qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5, 16). (fin)

mercredi 20 mai 2015

Le Psaume 2 (14)

Le Psaume 2 (14)

D’où la suite de l’annonce : « Et maintenant, rois, devenez sages ; prenez une leçon, juges de la terre. Servez le Seigneur avec crainte, et tressaillez de joie pour lui ! » (Psaume 2, 10-11). Nous sommes devenus des « rois », parce que nous régnons avec le Christ : « Le royaume de Dieu est parmi vous » (Luc 17, 21). Nous savons ainsi tout le mystère de la volonté de Dieu, dit saint Hilaire. « Exultez de ce que le Seigneur est ressuscité, mais en tremblant de ce que la terre a tremblé et de ce que l’ange vous est apparu comme l’éclair » (saint Cyrille de Jérusalem, Catecheses 14, 1). Et sans hésiter, car « tout homme qui hésite sur sa foi sera difficilement sauvé » (Pasteur d’Hermas). (lire la suite) « En tremblant », c’est ce qu’ajoute le psalmiste : « En tremblant, rendez-lui hommage, apprehendite disciplinam, de peur qu’il ne s’irrite et que vous ne périssiez hors de la voie, car sa colère s’enflamme vite. Heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance ! » (Psaume 2, 12). Nous lui devons une foi et une espérance qui n’admettent pas le moindre doute et qui soient vraiment fermes, stables, inébranlables. « Bienheureux ceux qui se confient dans le Christ ; tout ce psaume parle de lui. La foi en lui couronne les bonnes œuvres du psaume 1 et complète la « béatitude ». Les Hébreux disent que psaume 1 et psaume 2 n’en font qu’un. Pour Eusèbe la peine du péché est appelée « fureur » et « colère ». Bientôt, à la fin de cette vie, ceux qui donnent leur foi au Christ se trouveront bienheureux. Le psaume 2 ajoute les indications qui manquaient au premier : il ne suffit pas de s’écarter du péché et de méditer la Loi de Dieu, il faut donner sa foi au Christ et entrer dans son héritage. Le psaume 1 déclarait bienheureux un seul homme ; le Psaume 2 annonce la béatitude pour tous les hommes, à condition qu’ils mettent leur confiance dans Celui-là » (Pitra, Analecta Sacra spicilegio Solesmensi parata 3). Encore faut-il que l’homme accepte volontiers de suivre la Volonté de Dieu et s’empresse d’y adhérer de toutes ses forces, mais en recourant toujours à l’aide de la grâce divine. autrement, comme saint Augustin l’explique avec sa clarté habituelle : « Qu’il vienne à manquer [le secours de Dieu], et tu ne pourras sans nul doute rien faire de bien. Privé de son secours, et par ta volonté libre, tu agis sans doute, mais mal. Voilà à quoi aboutit ta volonté ; on l’appelle libre, mais en agissant mal, elle devient mauvaise servante. Et quand je dis que sans l’aide divine tu ne peux rien faire, j’entends rien de bon, car pour mal faire, ta volonté libre en est toujours capable sans le secours de Dieu, bien qu’elle ne jouisse plus alors de la vraie liberté : « Car on est esclave de celui par qui on s’est laissé vaincre » (2 Pierre 2, 19). « Et si le Fils de Dieu vous délivre, alors vous serez vraiment libres » (Jean 8, 34-36) » (st Augustin, Sermo 156, 12). (à suivre…)

lundi 18 mai 2015

Le Psaume 2 (13)

Le Psaume 2 (13)

Le Seigneur n’est pas un maître inique, mais la Bonté même, comme le prouve l’Amour qu’il a eu pour nous « jusqu’au bout » (Jean 13, 1), qu’il nous manifeste en réalité de façon permanente. « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » (Jean 3, 17). En même temps Dieu nous associe à son pouvoir : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Ce sont les saints, et nous nous souvenons de ce que les premiers chrétiens se qualifiaient ainsi (cf. Philippiens 4, 21-22), « que l’on doit comprendre comme étant les ‘juges de la terre’, eux dont la foi et la vie sont un jugement rendu aux infidèles et aux injustes. Cela, le Seigneur le montre (lire la suite) dans les Évangiles lorsqu’il dit : ‘Les hommes de Ninive se dresseront lors du jugement avec cette génération, et ils la condamneront, car ils se sont convertis à la prédication de Jonas ; et il y a ici beaucoup plus que Jonas. La Reine du Midi se lèvera lors du jugement avec cette génération et elle la condamnera, car elle vint des extrémités de la terre pour écouter la Sagesse de Salomon ; et il y a ici plus que Salomon’ (Mt 12, 41-42). Tels seront les juges de la terre dont le rapport à la foi et à la crainte envers Dieu est une condamnation pour les impénitents et les impies » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire au psaume 2, 44). Le Christ n’a pas demandé un héritage pour le briser et le massacrer ; le psalmiste fait allusion à Jérémie 18, 4 : « Quand le vase qu’il faisait était manqué, le potier reprenait l’argile dans la main et faisait un autre vase, comme il paraissait bon aux yeux du potier de le faire. » Le Christ fera comme ce potier qui lorsque son vase tombe se hâte de le refaçonner. Tout aussi facilement, Dieu refait son vase « de la manière qui plaît à ses yeux ». Nous, « vases du potier », nous mourons avec le Christ, et renaissons avec lui sous une forme nouvelle qui plaît à Dieu. Nous renaissons par le baptême dans la condition d’enfants de Dieu aptes à entrer au royaume. « Nous nous réjouissons d’être fracassés ‘comme vase de potier’, soit maintenant, soit alors, afin que, maintenant, à la manière du ‘vase de potier’, morts avec le Seigneur et ensevelis avec lui dans le baptême, nous marchions en nouveauté de vie, et que nous renaissions dans l’homme nouveau du Christ, ayant déposé l’ancien ; et qu’alors, par ce progrès en nouveauté de vie bienheureuse, nous soyons transformés selon la forme de la restauration renouvelée qui plaît à Dieu » (st Hilaire de Poitiers, Commentaire au psaume 2, 41). Ce pouvoir sur les nations, Dieu l’accorde non seulement à ses apôtres, qui reçoivent la force de l’Esprit Saint (cf. Actes 1, 8), mais à nous tous, qui sommes aussi disciples du Christ et avons vocation à poursuivre sa mission évangélisatrice. « À celui qui sera vainqueur et qui mettra mes œuvres en pratique jusqu’à la fin, « je donnerai le pouvoir sur les gentils pour les gouverner avec une houlette de fer, comme on brise les vases de terre » (Psaume 2, 8-9), ainsi que je l’ai reçu moi-même de mon Père ? Je lui donnerai aussi l’étoile du matin » (Apocalypse 2, 26-28). (à suivre…)