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mercredi 8 mai 2019

Le Guide des sanctuaire mariaux de France est paru début mai chez Artège.

Il propose près de 2900 lieux actifs de dévotion mariale. Par actif, nous entendons un lieu où au moins une procession ou un pèlerinage est organisé chaque année. Nous laissons donc de côté ceux qui font l'objet d'une dévotion purement individuelle. En raison de leur importance passée, nous avons retenu cependant une centaine de sanctuaires tombés en désuétude.

Saint Jean-Paul II déclarait un jour que "les sanctuaires dédiés à la Vierge, disséminés partit dans le monde, sont comme des bornes milliaires dressées pour rythme le temps de notre itinéraire terrestre: ils nous permettent de prendre un moment de repos au cours du voyage et de retrouver la joie et la sécurité pour la route, en même temps que la force d'aller de l'avant; ils sont comme les oasis qui surgissent dans le désert pour offrir de l'eau et de l'ombre". (lire la suite)

Et ce, auprès de la Vierge Marie, qui étend son grand manteau bleu sur toute la France. Cette abondance de lieux qui lui sont consacrés, sans compter les innombrables cathédrales - comment ne pas penser ici à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris récemment dévastée par un terrible incendie ! -, basiliques, églises, chapelles et oratoires au titre marial, montre bien la vitalité de la piété mariale dans notre pays.

Sur les 2900 lieux retenus, 150 correspondent à une apparition de la Sainte Vierge. Peu d'entre elles ont été officiellement reconnues, mais le fait qu'elles aient donné lieu à une dévotion locale qui perdure, en accord avec l'autorité ecclésiastique locale, est une garantie de leur authenticité.

Une notice quelque peu détaillée présente le ou les principaux sanctuaires de chaque département, et fournit des renseignements techniques: adresse, numéro de téléphone, courriel, site sur l'internet, éventuellement communauté religieuse en charge du sanctuaire, hébergements sur place ou à proximité, accès par la route, le rail.

Les autres lieux sont présentés par ordre alphabétique de commune dans chaque département.
Dans tous les cas, la date de chaque activité, pèlerinage, procession ou autre, est donnée.

Comme le pape Pie XI l'écrivait dans une lettre adressée à l'Eglise de France, "il est certain que, selon un adage ancien, le royaume de France a été appelé le royaume de Marie, et cela à juste titre".

Puisse ce Guide des sanctuaire mariaux de France vous être utile et contribuer à mieux honorer Notre Dame. N'hésitez pas à le faire connaître autour de vous : l'on vous en sera reconnaissant.

vendredi 1 mai 2015

Philippe Oswald et le Dictionnaire encyclopédique de Marie

Philippe Oswald et le Dictionnaire encyclopédique de Marie

Dans le commentaire du Dictionnaire encyclopédique de Marie, paru chez Desclée de Brouwer le 2 avril 2015, Philippe Oswald écrit sur Aleteia : "Vous allez adorer – pardon, vénérer ! – le Dictionnaire encyclopédique de Marie. [...] Une cathédrale ! On y entre, comme dans tout dictionnaire, par n’importe quelle porte et l’on s’y promène, de trouvaille en trouvaille, de ravissement en ravissement, en ne souhaitant qu’une chose : ne plus en sortir." Il souligne plus loin que le Dictionnaire encyclopédique de Marie "permet de parcourir une véritable « géographie » de la présence mariale sur deux millénaires et cinq continents, mais encore un large éventail de disciplines". Après avoir évoqué la préface du cardinal Barbarin, il ajoute que "toutes les occasions sont bonnes pour s’émerveiller : les sanctuaires, oratoires, chapelles, ermitages, églises, collégiales, basiliques, cathédrales placés sous un vocable marial, les chefs-d’œuvre de sculpture, de mosaïque, de peinture, de littérature qu’elle a inspirés, les poèmes comme les traités théologiques qui lui sont dédiés, sans oublier la musique et le cinéma le plus contemporain, et jusqu’aux endroits les plus improbables", ces « ténébreux tréfonds » [qu'évoque Didier Decoin, de l'académie Goncourt, dans la quatrième de couverture] que sont Notre-Dame des houillères de Ronchamp, ou la fosse Notre-Dame de la Compagnie des mines d’Aniche, que vient visiter et éclairer « l’Étoile du matin ». Oui, a-t-on envie de chanter en virevoltant d’entrée en entrée (il y en a 6 500 !), « Reste avec nous, Marie », toi dont le « oui » a fait entrer Dieu dans le monde, toi dont l’humilité a terrassé Lucifer. D'autre part, Philippe Oswald est d'avis que l'on "peut déjà prédire sans risque d’être démenti que ce Dictionnaire encyclopédique de Marie, qui "s’adresse aux amateurs, au sens véritable et profond de ce terme, comme aux spécialistes des diverses disciplines mobilisées par cette somme théologique et artistique de culture mariale", "deviendra un « classique », un fleuron incontournable et indémodable, usé à force d’être consulté, de toute bonne bibliothèque". Bonne lecture en ce mois de Marie qu'est le mois de mai (on verra l'origine de cette dévotion à la notice correspondante).

mardi 28 avril 2015

Dictionnaire encyclopédique de Marie

Dictionnaire encyclopédique de Marie

Vous pouvez écouter une présentation sur Radio Espérance. Vous trouverez également deux pages dans le numéro de Famille chrétienne du 2 au 8 mai 2015. Rappel

mercredi 25 mai 2011

Marie, la « femme eucharistique » (14)

Marie, la « femme eucharistique » (14)

Le Père Gabriel-Maria, confesseur de sainte Jeanne de France (1464-1505), rapporte qu’une « fois qu’elle priait et demandait, selon son habitude, à la Vierge de lui enseigner comment lui plaire, ne demandant pas d’autre grâce que de lui plaire et, par elle, à la bienheureuse Trinité, elle entendit en elle-même, très consolée dans son cœur, la Vierge lui dire : Il y a trois choses qui me plaisent par-dessus tout et qui m’ont toujours beaucoup plu quand je vivais sur cette terre, ce sont celles qui se rapportent à la croix de mon Fils, et tu les posséderais si, avec St Paul, tu avais la pratique et la science de la croix. La première : c’est d’écouter mon Fils, ses Paroles et ses enseignements. Pour les entendre, je Le suivais avec les autres femmes, à travers la Galilée et partout où c’était possible. La seconde : c’est de méditer sur ses Blessures, sur sa croix, et sa Passion. C’est pourquoi, j’allais fréquemment, après son Ascension, dans les lieux où il avait souffert. La troisième : c’est le très Saint Sacrement de l’Autel ou la Messe, pour laquelle j’eus les plus grands respects et dévotion. C’est pourquoi, j’entendais la messe chaque jour et j’y communiais ». (lire la suite)
Marie pouvait dire en outre à Estelle Faguette, en 1876, « ce qui m'afflige le plus, c'est le manque de respect qu'on a pour mon Fils dans la sainte communion, et l'attitude de prière que l'on prend, quand l'esprit est occupé d'autres choses, je dis ceci, pour les personnes qui prétendent être pieuses » (cinquième apparition).
« Marie n'a d'autre désir que de conduire les hommes au Christ, de les introduire au cœur du mystère central du christianisme, celui de la Rédemption. Ce Fils qu'elle a déjà mis au monde (...), elle continue maintenant à le donner à l'Église. Si elle aime voir ses enfants rassemblés pour une vibrante manifestation de foi et d'amour, c'est pour les conduire ensemble vers le Pain mystique, symbole de l'unité, de la paix et de la joie éternelle du ciel » (Pie XII, Radio-message au Congrès marial belge, 5 septembre 1954).
Il faut professer que « Marie inaugure la participation de l'Église au sacrifice du Rédempteur ». Elle est l'Immaculée qui accueille inconditionnellement le don de Dieu et, de cette façon, elle est associée à l'œuvre du salut. Marie de Nazareth, icône de l'Église naissante, nous montre que chacun de nous est appelé à accueillir le don que Jésus fait de lui-même dans l'Eucharistie » (Benoît XVI, encyclique Sacramentum caritatis, n° 33). La piété du peuple chrétien a toujours vu « un lien profond entre la dévotion à la Sainte Vierge et le culte de l’Eucharistie ; c’est là un fait que l’on peut observer dans la liturgie tant occidentale qu’orientale, dans la tradition des familles religieuses, dans la spiritualité des mouvements contemporains, même dans ceux des jeunes, et dans la pastorale des sanctuaires marials. Marie conduit les fidèles à l’Eucharistie » (Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 44).

(à suivre…)

lundi 27 juillet 2009

Marie et le Jeudi Saint

Marie et le Jeudi Saint

Ô Mère, vous n’étiez pas présente au Cénacle
Le jour mémorable où votre Fils institua
Le sacrement gardé dans tous nos tabernacles,
Quand, prenant le pain et le vin, il les mua

Substance désormais de son Corps, de son Sang.
Vous n’étiez pas loin, et vous êtes devenue
Le sanctuaire premier d’un monde renaissant,
Premier de l’histoire et je vous dis : « Bienvenue ! »

Heureuse l’âme qui jouit de vos bonnes grâces ;
Florissante quand sur elle vous vous penchez.
Prospère est celle que vos bons soins désencrassent,
Et joyeuse parce que vous l'endimanchez.

Mère, quand je contemple une de vos images
Je frissonne de joie, parce que je vous vois,
Vous, ma mère, si belle et je vous rends hommage
Et de vos faveurs je me fais le porte-voix.

Fils étonnant, à la fois vrai Dieu et vrai homme
Vous êtes vraiment la Mère de tous les deux,
Mon chant de louange est un joyeux Te Deum.
Voilà un privilège autant doux que coûteux !

(D. Le Tourneau, inédit)

lundi 19 mai 2008

Mois de mai, mois de Marie

Mois de mai, mois de Marie

Avec le cent cinquantième anniversaire des apparitions de la Sainte Vierge à Lourdes dont les célébrations se poursuivent, nous voyons comment Dieu se manifeste aux humbles et aux pauvres en la personne de Bernadette Soubirous, comme jadis aux bergers de Bethléem ; comment il choisit ce qui est sans naissance et le rebut du monde pour confondre les forts et les puissants (cf. 1 Corinthiens 1, 27). Et Marie, bien sûr, entre dans son jeu, le jeu de Dieu avec les enfants des hommes, ludens in orbe terrarum, jouant sur la surface de la terre (lire la suite) (Proverbes 8, 31).
Marie à Lourdes. Marie au Laus. Et dans tant et tant d'autres sanctuaires. Oui, que de fois la Vierge Marie s'est manifestée à ses enfants de France ! Et pourtant, nous avons perdu le souvenir de bien des apparitions de notre Mère si bonne. C'en est grande pitié. Comment avons-nous pu en arriver là ? Quelle perte de foi ! Quel oubli de notre filiation envers Marie ! Quel manque de reconnaissance !
Il est navrant de constater, par exemple, qu'un sanctuaire comme Notre-Dame de Liesse, dans l'Aisne, n'est que rarement fréquenté de nos jours, alors qu'il a été pendant des siècles un des tout premiers lieux de pèlerinage de France (cf. B. Maes, Le Roi, la Vierge et la Nation. Pèlerinages et identité nationale entre guerre de Cent Ans et Révolution, Paris, 2002). Même si son déclin s'explique en partie pour des raisons historiques, on ne peut qu'en être chagriné.
On a pu dénombrer jadis mille lieux de pèlerinages marials en France (cf. Couturier du Chefdubois, Mille pèlerinages de Notre Dame, Paris, 1953). D'autres sont venus s'y ajouter depuis, comme l'Ile Bouchard, au diocèse de Tours.
La piété commande de restaurer le culte envers Marie. Le nouvel éclat donné aux apparitions de Notre-Dame du Laus va dans ce sens, de même que la reconnaissance par mgr Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, des apparitions de la Sainte Vierge à l'Ile Bouchard.
« C’est toujours par Marie que l’on va et que l’on « revient » à Jésus » (saint Josémaria, Chemin, n° 495). Les fidèles ont donc intérêt à emprunter le chemin de la Vierge Marie. « Étoile du matin », elle nous conduit à bon port, c'est-à-dire au Christ, qui lui-même nous dévoile le Père sous l'action de l'Esprit Saint.
« Accorde-nous, Seigneur, une heureuse santé de l'âme et du corps, et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge, délivre-nous des tristesses de la vie présente et conduis-nous à la joie de l'éternité. Par notre Seigneur Jésus-Christ. »

dimanche 4 mai 2008

4 mai : Notre-Dame du Laus

4 mai : Notre-Dame du Laus

Aujourd'hui, mgr di Falco-Leandri, évêque de Gap, promulgue un décret par lequel il reconnaît officiellement le caractère surnaturel des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel au Laus (Alpes de Haute-Provence) pendant 54 ans, de mai 1664 à sa mort, en 1718.
Benoîte Rencurel a fondé le sanctuaire de Notre-Dame du Laus, appelé à faire du bien aux fidèles tout au long des siècles, Marie ayant « destiné ce lieu pour la conversion des pécheurs, et beaucoup viendront ici se convertir ».
Entre 1669 et 1684, Benoîte Rencurel (lire la suite) est aussi gratifiée de la vision du Christ crucifié au pied de la croix d'Avrançon où, tous les vendredis, elle revit une crucifixion mystique, c'est-à-dire spirituelle.
Le diable s'acharne contre la voyante, y compris en faisant en sorte que, vingt ans durant, des prêtres jansénistes la marginalisent. Dans son combat spirituel, un ange de dieu lui annonce que « ce lieu est l'ouvrage de Dieu, que ni l'homme, ni les démons avec toute leur malice et toute leur rage ne sauraient détruire, qui subsistera toujours plus florissant jusqu'à la fin du monde et fera de grands fruits partout. »
En cette année du 150e anniversaire des apparitions de Lourdes, on ne peut que se réjouir de voir Notre Dame honorée également de la sorte au Laus, et remercier Dieu qui dépêche sa très douce Mère auprès de nous pour nous faire sentir à quel point il nous aime et combien il veut nous aider à être saints.

Pour plus de renseignements, voir www.notre-dame-du-laus.com

mercredi 30 avril 2008

Route mariale Lourdes – Torreciudad - Saragosse

Route mariale Lourdes – Torreciudad - Saragosse

Depuis quelque années la route mariale Lourdes-Saragosse s'est enrichie d'une étape supplémentaire. En effet, le sanctuaire de Notre-Dame de Torreciudad a vu le jour dans l'Aragon, sous l'impulsion de saint Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei. Torreciudad est un sanctuaire marial roman du haut Aragon qui remonte au XIe siècle. Toutefois il n'en subsistait qu'un petite chapelle, d'accès difficile, abritant une Vierge noire.
Saint Josémaria, né dans la ville voisine de Barbastro, fut conduit par ses parents à Torreciudad (lire la suite) à l'âge de deux ans en pèlerinage d'action de grâces, car la Sainte Vierge sous la protection de laquelle sa mère l'avait placé alors qu'il était atteint d'une maladie dont, de l'avis des médecins, il devait mourir, l'avait maintenu en vie. C'est pour remercier Marie que saint Josémaria décida de faire édifier le nouveau sanctuaire, qui a été ouvert au culte le 7 juillet 1975. Le fondateur de l'Opus Dei attendait de ce lieu « des fruits spirituels : les grâces que le Seigneur voudra bien accorder à ceux qui viendront honorer sa Mère bénie dans son sanctuaire. Voilà les miracles que j'attends : la conversion et la paix pour beaucoup d'âmes ». C'est dans cette intention qu'il fit construire les chapelles des confessionnaux et demanda que tout soit fait pour créer une atmosphère de prière et de recueillement.
Le sanctuaire de Torreciudad présente une architecture religieuse comtemporaine dans un environnement de paix. L'architecte Héliodore Dols a conçu le projet et dirigé les travaux (1970-1975), avec la collaboration des architectes et Jacques Sols
et Raymond Mondejar. L'ensemble est une véritable réussite architecturale, aux caractéristiques spécifiques. On remarquera dans la nef le retable en albâtre du sculpteur Jean Mayné et, dans la chapelle du Saint-Sacrement, le Christ en bronze doré de Pascal Sciancalepore. Les quatre chapelles de la crypte sont consacrées à la Sainte Famille, à Notre-Dame de Lorette, à Notre-Dame du Pilier de Saragosse et à Notre-Dame de Guadeloupe. Sous les arcades se trouvent des représentations des mystères du chapelet en faïence peinte, de Joseph Alzuet, auteur également du Chemin de croix, dont les scènes serpentent parmi les rochers et les oliviers centenaires. L'accès à l'ermitage longe les Douleurs et les Joies de saint Joseph, œuvre en céramique de Palmira Laguens.
L'ermitage a abrité la statue romane de la Vierge de Torreciudad, jusqu'à sa restauration et son transfert dans le sanctuaire.

vendredi 22 juin 2007

17. Le déroulement du pèlerinage

17. Le déroulement du pèlerinage

À l’image du sanctuaire, qui a été défini comme un lieu de prières, le pèlerinage peut être présenté comme un chemin, dont chaque étape est marquée et animée par la prière. Durant ce parcours, qui mène au sanctuaire, la Parole de Dieu est destinée à éclairer, guider, nourrir et soutenir le pèlerin.
La réussite d’un pèlerinage, tant du point de vue culturel que pour les fruits spirituels, qu’il peut apporter au fidèle, dépend du bon ordonnancement des célébrations et de la présentation appropriée de ses diverses phases.
Le départ du pèlerinage doit être marqué par un moment de prières, (lire la suite)qui se déroule dans l’église paroissiale ou dans un lieu plus adapté; il peut consister en la célébration de l’Eucharistie ou d’une partie de la Liturgie des Heures, ou encore en une bénédiction particulière des pèlerins.
La dernière étape du pèlerinage doit donner lieu à une prière plus intense ; il est souhaitable que, à l’approche du sanctuaire, le chemin soit accompli à pieds, et que des prières et des chants accompagnent cette procession ; les pèlerins ne manqueront pas de s’arrêter près des édicules qui jalonnent éventuellement le trajet qui mène au sanctuaire.
L’accueil des pèlerins peut donner lieu à une sorte de "liturgie du seuil" ; celle-ci n’est pas seulement destinée à souligner la dimension humaine de la rencontre entre les pèlerins et les responsables du sanctuaire, mais elle doit revêtir une signification éminente au niveau de la foi. De plus, il est souhaitable, si possible, que les responsables des sanctuaires aillent eux-mêmes à la rencontre des pèlerins pour accomplir avec eux la dernière étape du chemin.
Le séjour dans le sanctuaire doit évidemment constituer le moment le plus intense du pèlerinage; il est caractérisé par l’engagement du pèlerin à la conversion personnelle; ce dernier est appelé à la concrétiser en recevant le sacrement de la réconciliation. Le séjour est aussi marqué par des prières particulières, c’est-à-dire des prières d’action de grâces, de supplications ou de demandes d’intercession, qui sont liées au caractère propre du sanctuaire et aux buts du pèlerinage, et aussi par la célébration de l’Eucharistie, qui est le point culminant du pèlerinage.
La conclusion du pèlerinage doit être soulignée par un moment de prières, qui a lieu soit dans le sanctuaire, soit dans l’église, d’où les pèlerins sont partis. Il est l’occasion pour les fidèles de rendre grâces à Dieu pour le don du pèlerinage qui s’achève, et il leur permet aussi de demander au Seigneur de les aider à mieux vivre leur vocation chrétienne à leur retour à la maison.
Depuis les premiers siècles de l’Église, le pèlerin désire emporter avec lui des "souvenirs" du sanctuaire qu’il a visité. Il convient de veiller à la qualité des objets, des images et des livres, afin qu’ils soient en mesure de transmettre l’esprit authentique du lieu saint. Il faut aussi veiller à ce que les points de vente, qui se trouvent dans l’enceinte du sanctuaire, soient dépourvus de tout caractère mercantile.

(fin)

mardi 19 juin 2007

16. La spiritualite du pelerinage (suite)

16. La spiritualité du pèlerinage (suite)

Options La dimension cultuelle. Le pèlerinage est essentiellement un acte cultuel : de fait, en marchant vers le sanctuaire, le pèlerin va à la rencontre de Dieu pour demeurer en sa présence, l’adorer et lui ouvrir son cœur.
Dans le sanctuaire, le pèlerin accomplit un certain nombre d’actes cultuels, qui appartiennent soit au domaine de la Liturgie, soit à celui de la piété populaire. Sa prière prend des formes variées : prière de louange et d’adoration adressée au Seigneur pour sa bonté et sa sainteté ; prière d’action de grâces pour les dons reçus ; prière ayant pour but l’accomplissement d’un vœu, auquel le pèlerin s’était engagé (lire la suite) face au Seigneur ; prière de demande de grâces nécessaires pour sa vie; prière sollicitant le pardon de Dieu pour les péchés commis.
La prière du pèlerin s’adresse très souvent à la bienheureuse Vierge Marie, aux anges et aux saints, qu’il considère à juste raison comme des intercesseurs auprès du Très-Haut. Les saintes images, qui sont vénérées dans le sanctuaire, sont des signes de la présence de la Mère de Dieu et des Saints auprès du Seigneur dans la gloire, "qui vit pour toujours afin d’intercéder en faveur des hommes" (He 7, 25), et qui est toujours présent dans la communauté réunie en son nom (cf. Mt 18, 20 ; 28, 20). L’image sacrée, vénérée dans le sanctuaire, qui représente le Christ, ou la Vierge Marie, ou encore les anges ou les saints, est le signe de la présence divine et de l’amour providentiel de Dieu ; c’est pourquoi ce signe est saint. Cette image est aussi le témoignage des multiples prières qui se sont élevées devant elle, de génération en génération : prières de supplications dans les besoins, prières exprimant la douleur de celui qui est affligé, prières aussi de jubilation et de remerciements de la part de celui qui a obtenu grâces et miséricorde.
La dimension apostolique. L’itinéraire du pèlerin reproduit, en un certain sens, celui de Jésus et de ses disciples, qui parcoururent les chemins de la Palestine pour annoncer l’Évangile du salut. Le pèlerinage est donc une annonce de la foi, et les pèlerins sont des "messagers itinérants du Christ".
La dimension de communion. Le pèlerin, qui se rend dans un sanctuaire, est en communion de foi et de charité, non seulement avec les personnes qui accomplissent en sa compagnie le "saint voyage"(Ps 84, 6), mais aussi avec le Seigneur lui-même ; celui-ci chemine près de lui, tout comme il marcha avec les disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35). Le pèlerin est aussi en communion avec sa communauté d’origine, et par elle, avec toute l’Église, celle qui demeure dans le ciel et celle qui chemine encore sur la terre. Il est encore en communion avec les fidèles qui, tout au long des siècles, ont prié dans ce même sanctuaire. Il est en communion avec la nature, qui entoure le sanctuaire, et dont il admire la beauté, ce qui l’incite à la respecter. Enfin, le pèlerin est en communion avec toute l’humanité, dont les souffrances et l’espérance se manifestent de diverses manières dans le sanctuaire, et qui a laissé en ce lieu de multiples signes de ses talents et de son art.

(à suivre…)

dimanche 17 juin 2007

15. La spiritualite du pelerinage

15. La spiritualité du pèlerinage

En dépit des mutations qu’il a subies au cours des siècles, le pèlerinage conserve, à notre époque, ses caractéristiques essentielles, qui déterminent sa spiritualité particulière.
La dimension eschatologique. Cette dimension essentielle est à l’origine du pèlerinage : ce dernier est une "marche vers le sanctuaire", c’est-à-dire un moment et une parabole du chemin qui mène au Royaume ; de fait, le pèlerinage aide le chrétien à prendre conscience de la dimension eschatologique de sa vie en tant que baptisé ; il est, en effet, un homo viator, dont l’existence se situe entre l’obscurité de la foi et la soif de la vision éternelle, (lire la suite) entre les limites étroites du temps et l’aspiration à la vie qui ne finira pas, entre la fatigue éprouvée sur le chemin et l’attente du repos éternel, entre les larmes de l’exil et le désir du bonheur dans la patrie céleste, entre l’agitation de la vie active et l’attrait pour la sérénité de la contemplation.
De plus, la longue marche d’Israël vers la terre promise, appelée l’exode, fait partie aussi de la spiritualité du pèlerinage : le pèlerin sait que "la cité que nous avons ici-bas n’est pas définitive" (He 13, 14), et c’est pourquoi au-delà du but immédiat du sanctuaire, il avance, à travers le désert de la vie, vers le Ciel, qui est la vraie Terre promise.
On a déjà pu constater que le fait de se rendre dans un sanctuaire constitue pour de nombreux fidèles une occasion particulièrement favorable, et même souvent désirée, de s’approcher du sacrement de la Pénitence ; il est vrai aussi que le pèlerinage a été vécu dans le passé - et il est encore proposé de nos jours - comme une démarche pénitentielle.
Lorsque le pèlerinage est accompli de la manière qui convient, le fidèle quitte le sanctuaire avec la résolution de "changer de vie", c’est-à-dire d’orienter sa vie vers Dieu avec plus de détermination ; le pèlerin désire donc donner une plus grande dimension transcendante à son existence.
La dimension festive. Au cours du pèlerinage, la dimension pénitentielle coexiste avec la dimension festive. On peut même affirmer que cette dimension festive est située au cœur du pèlerinage. Ce dernier assume un certain nombre d’aspects anthropologiques de la fête.
La joie du pèlerinage chrétien se présente comme le prolongement de l’allégresse ressentie par le pieux pèlerin d’Israël : "Quelle joie quand on m’a dit : "nous irons à la maison du Seigneur !"" (Ps 122, 1) ; elle contribue aussi à rompre la monotonie de la vie quotidienne en présentant une prospective différente de celle du monde ; elle allège le poids souvent pesant de la vie, qui, en particulier, pour les pauvres, est un fardeau bien lourd à porter. Cette joie se présente aussi comme une occasion d’exprimer la fraternité chrétienne, en accordant une plus large place à la convivialité et à l’amitié ; enfin, elle prend l’aspect de manifestations spontanées, qui sont très souvent réfrénées dans la vie quotidienne.

(à suivre…)

vendredi 8 juin 2007

13. Le pèlerinage chretien


13. Le pèlerinage chrétien


Les chrétiens considèrent qu’il n’existe plus aucun lieu de pèlerinage, dans lequel ils ont l’obligation de se rendre ; en effet, d’une part, Jésus a dévoilé le mystère du Temple en l’attribuant à sa propre personne (cf. Jean 2, 22-23), et, d’autre part, il est passé de ce monde vers le Père (cf. Jean 13, 1), en accomplissant lui-même l’exode définitif : ainsi, désormais, toute la vie des disciples du Christ est une marche vers le sanctuaire céleste, et l’Église elle-même est consciente d’être "en pèlerinage sur la terre". (lire la suite)
Il reste que les accointances indéniables existant entre, d’une part, la doctrine du Christ et, d’autre part, les valeurs spirituelles du pèlerinage ont incité l’Église, non seulement à affirmer la légitimité de cette forme de piété, et même à l’encourager tout au long des siècles.
Durant les trois premiers siècles, hormis quelques exceptions, le pèlerinage ne fait pas partie des expressions du culte chrétien : l’Église craignait alors la diffusion, parmi les baptisés, de coutumes religieuses issues du judaïsme ou du paganisme, où la pratique du pèlerinage était à son apogée.
Toutefois, on note aussi, à cette époque, que, dans le contexte chrétien, de nouveaux fondements sont posés, annonçant ainsi une reprise de cette pratique du pèlerinage : il s’agit essentiellement du culte des martyrs ; de fait, les chrétiens se rendent près des tombeaux de ces témoins du Christ particulièrement exemplaires pour vénérer leurs dépouilles mortelles ; or, ce qui n’était au départ qu’une "pieuse visite" prendra progressivement l’aspect d’un véritable "pèlerinage de dévotion".
Après la paix de Constantin, et à la suite de l’identification des lieux saints et de la découverte des reliques de la Passion du Christ, le pèlerinage chrétien aborde une étape, qui peut être qualifiée de tournant décisif : il se produit surtout à l’occasion de la visite des chrétiens en Palestine ; de fait, cette contrée tout entière est bientôt considérée par eux comme une "Terre Sainte", en raison de la présence des "lieux saints", à commencer par Jérusalem. Les récits de pèlerins célèbres du IVème siècle, témoignent de cet engouement: en particulier, l’Itinerarium Burdigalense et l’Itinerarium Egeriae.
Des basiliques sont bientôt édifiées sur les "lieux saints" : ainsi, l’Anastasis, construite à l’endroit du Saint Sépulcre, et le Martyrium sur le Mont du Calvaire, sont des édifices particulièrement visités par les pèlerins, à cause de l’importance des événements du salut qu’ils évoquent. Il en est de même des différents endroits où se sont déroulées l’enfance du Sauveur et sa vie publique : ils sont eux aussi devenus des lieux de pèlerinage, de même que, progressivement, les lieux saints de l’Ancien Testament, en particulier le Mont Sinaï.

(à suivre…)

mardi 5 juin 2007

11. Le pelerinage

11. Le pèlerinage
Le pèlerinage est une pratique religieuse universelle, et aussi une expression typique de la piété populaire ; il est étroitement lié au sanctuaire, dans la vie duquel il constitue un élément indispensable : en effet, il est possible d’affirmer que le pèlerinage a besoin du sanctuaire, tout comme, inversement, le sanctuaire a besoin du pèlerinage. (lire la suite)
12. Les pèlerinages bibliques
Dans la Bible, il convient tout d’abord de mettre en évidence, à cause de leur symbolisme religieux, les pèlerinages des patriarches Abraham, Isaac et Jacob à Sichem (cf. Genèse 12, 6-7; 33, 18-20), Béthel (cf. Genèse 28, 10-20; 35, 1-15) et Mambré (Genèse 13, 18 ; 18, 1-15), où Dieu se manifesta à eux et promit de leur donner la "terre promise".
La montagne sur laquelle Dieu se révéla à Moïse (cf. Exode 19-20), le Sinaï, devint, pour les tribus des Hébreux, qui avaient fui l’Égypte, un lieu sacré; puis, la traversée du désert du Sinaï prit pour eux l’aspect d’un long pèlerinage, qui devait les conduire jusqu’à la terre promise: ce voyage était béni de Dieu, qui marchait avec son peuple, le guidait et le protégeait du milieu de la Nuée (cf. Nombres 9, 15-23) ; les signes de sa présence étaient l’Arche de l’Alliance (Nombres 10-33-36) et la Tente de la Rencontre (cf. S. 7, 6).
Jérusalem devint le siège du Temple et de l’Arche de l’Alliance, et elle fut considérée par les Hébreux comme leur ville-sanctuaire, ainsi que le but par excellence du "saint voyage" tant désiré (Psaume 84, 6), durant lequel le pèlerin avançait "parmi les cris de joie et les actions de grâce de la multitude en fête" (Psaume 42, 5), jusqu’à la "demeure de Dieu", afin de se tenir en sa présence (cf. Psaume 84, 6-8).
Trois fois par an, les hommes, qui étaient membres du peuple d’Israël, devaient "se présenter devant le Seigneur" (cf. Exode 23, 17), c’est-à-dire qu’ils étaient tenus de se rendre au Temple de Jérusalem : cela donnait lieu à trois pèlerinages à l’occasion de la fête des Azymes (la Pâque), des Semaines (la Pentecôte) et des Tentes ; de même, toutes les pieuses familles israëlites ne manquaient pas de se rendre dans la cité sainte pour la célébration annuelle de la Pâque ; c’est ce que faisait aussi la famille de Jésus (cf. Luc 2, 41). Durant sa vie publique, Jésus se rendit régulièrement en pèlerinage à Jérusalem (cf. Jean 11, 55-56). Il faut noter, à ce propos, que l’évangéliste Luc présente l’action rédemptrice de Jésus comme un pèlerinage, qui révèle le mystère de sa personne (cf. Luc 9, 51-19, 45) ; en effet, le but intentionnel de la mission du Seigneur est la cité messianique, Jérusalem ; elle est le lieu de son sacrifice pascal et le terme de son exode vers le Père : "Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père" (Jean 16, 28).
Enfin, il convient de noter que l’Église commence son itinéraire missionnaire à l’occasion d’un rassemblement d’un grand nombre de pèlerins à Jérusalem, qui étaient "des Juifs fervents issus de toutes les nations qui sont sous le ciel" (Actes 2, 5).

(à suivre…)

vendredi 1 juin 2007

10. Le sanctuaire, lieu de l’engagement oecumenique


10. Le sanctuaire, lieu de l’engagement œcuménique

En tant que lieu d’annonce de la Parole de Dieu et d’exhortation à la conversion, et aussi lieu d’intercession, de vie liturgique intense et d’exercice de la charité, le sanctuaire peut être défini, dans une certaine mesure et selon les indications du Directoire œcuménique, comme un "bien spirituel" commun à tous les chrétiens, c’est-à-dire ouvert aux frères et sœurs qui ne sont pas en pleine communion avec l’Église catholique.
Le sanctuaire est donc appelé à être un lieu où doit se manifester l’engagement œcuménique, et où (lire la suite) l’on témoigne d’une attention particulière à la nécessité, à la fois grave et urgente, de réaliser l’unité de tous les disciples du Christ, unique Seigneur et Sauveur.
Les recteurs des sanctuaires sont donc appelés à aider les pèlerins à mieux prendre conscience de cet "œcuménisme spirituel", dont parlent le décret conciliaire Unitatis redintegratio et le Directoire œcuménique ; en effet, les chrétiens doivent toujours avoir présent à l’esprit le but ultime de réaliser l’unité, en manifestant ce désir dans la prière, la célébration eucharistique et la vie quotidienne. Il convient donc que, dans les sanctuaires, la prière pour l’unité des chrétiens soit intensifiée pendant certaines périodes de l’Année liturgique, en profitant, en particulier, de l’occasion donnée par la semaine de prières pour l’unité des chrétiens, et aussi durant les jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, pendant lesquels les chrétiens évoquent la communauté de Jérusalem réunie dans la prière et dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint, qui est destinée à la confirmer dans l’unité et dans sa mission universelle.
De plus, les recteurs des sanctuaires sont incités à saisir toutes les opportunités qui peuvent se présenter pour organiser des rencontres de prières entre les chrétiens des diverses confessions. Durant ces rencontres, qui doivent être préparées avec soin et en commun, il convient de donner la première place à la Parole de Dieu, et de mettre en valeur les manières de prier, qui sont propres aux différentes confessions chrétiennes.
Selon les circonstances, il peut être opportun de prêter attention aux membres des autres religions, même si cette démarche doit demeurer exceptionnelle : de fait, il arrive que des sanctuaires soient fréquentés par des non-chrétiens ; ces derniers les visitent, car ils sont attirés par les valeurs propres du christianisme. Il importe donc que les actes du culte chrétien, qui se déroulent dans les sanctuaires, soient strictement conformes avec l’identité catholique de ces lieux, sans jamais cacher ce qui appartient en propre à la foi de l’Église.
Dans les sanctuaires dédiés à la Vierge Marie, l’engagement œcuménique présente des aspects particuliers. En effet, sur le plan surnaturel, sainte Marie, qui a donné naissance au Sauveur de tous les peuples, et fut à la fois le modèle et le premier des disciples du Christ, exerce certainement une mission de concorde et d’unité à l’égard des disciples de son Fils ; cela explique pourquoi l’Église catholique la salue sous le vocable de Mater unitatis. En revanche, sur le plan historique, la figure de Marie a été souvent à l’origine de polémiques et de divisions entre les chrétiens, du fait d’interprétations diverses de son rôle dans l’histoire du salut. Toutefois, il faut reconnaître que, de nos jours, le dialogue œcuménique s’avère particulièrement fructueux dans le domaine de la mariologie.

(à suivre…)

mercredi 30 mai 2007

8. Le sanctuaire, lieu de la charite

8. Le sanctuaire, lieu de la charité

La fonction exemplaire du sanctuaire se déploie aussi dans le domaine de la charité. Chaque sanctuaire est, en effet, par nature "un foyer qui irradie la lumière et l’ardeur de la charité", du fait qu’on y célèbre la présence miséricordieuse du Seigneur, ainsi que l’exemplarité et l’intercession de la Vierge Marie et des saints. Le langage commun et celui des humbles définissent la charité comme "l’amour qui s’exprime au nom de Dieu". Elle se manifeste concrètement dans l’accueil et la miséricorde, dans la solidarité et le partage, dans l’aide et dans le don de soi.
Grâce à la générosité des fidèles et au zèle de leurs responsables, de nombreux sanctuaires sont des lieux privilégiés, où il est possible de mettre en relation (lire la suite) l’amour de Dieu et la charité fraternelle avec les divers besoins de la personne humaine. De fait, la charité du Christ se répand largement dans ces endroits, de même que se manifestent la sollicitude maternelle de la Vierge Marie et la proximité fraternelle des saints ; cette attention bienveillante s’exprime notamment :
- dans la fondation et le soutien permanent d’un grand nombre de centres d’assistance sociale, comme des établissements hospitaliers, des instituts d’éducation destinés aux enfants pauvres et des hospices ou des maisons de retraite pour les personnes âgées ;
- "dans l’accueil et l’hospitalité réservés aux pèlerins, surtout les plus pauvres, à qui sont offerts, dans la mesure du possible, des lieux et des structures pour se reposer ;
- dans la sollicitude et le dévouement, qui se manifestent à l’égard des personnes âgées, des malades et des handicapés, à qui sont destinées les attentions les plus délicates, et, en particulier, les meilleures places dans les sanctuaires; de fait, les célébrations sont organisées en tenant compte de leur présence, et donc de leur condition particulière, sans pour autant les isoler des autres fidèles: cela est vrai notamment en ce qui concerne la fixation des horaires. Enfin, il n’est pas rare que s’instaure et se développe une collaboration effective du sanctuaire avec les associations qui assurent généralement le transport de ces personnes ;
- dans la disponibilité et le service de tous ceux qui se rendent dans le sanctuaire : fidèles érudits et peu instruits, pauvres et riches, compatriotes et étrangers".

9. Le sanctuaire, lieu culturel
Tout en étant un lieu de culte, il n’est pas rare que le sanctuaire soit aussi par nature un "bien culturel" : en effet, dans ses différents éléments, il constitue comme la synthèse des nombreuses manifestations de la culture locale : témoignages historiques, œuvres d’art, documents littéraires, expressions musicales typiques.
Le sanctuaire est donc souvent un point de référence sûr qui permet de définir l’identité culturelle d’un peuple. Et puisque le sanctuaire réalise une synthèse harmonieuse entre la nature et la grâce, la piété et l’art, il peut se présenter aussi comme une expression privilégiée de la via pulchritudinis par la contemplation de la beauté de Dieu, du mystère de la Tota pulchra, et de la merveilleuse proximité des saints.
De même, il faut noter la tendance, toujours plus forte, de faire du sanctuaire un "centre culturel" spécifique, c’est-à-dire un lieu où se tiennent des cours et des conférences, et dans lequel sont promues des initiatives intéressantes dans le domaine de l’édition ; il est aussi un endroit où sont organisées des représentations sacrées, des concerts, des expositions et d’autres manifestations artistiques et littéraires.
L’activité culturelle du sanctuaire se présente donc comme un ensemble d’initiatives qui contribuent à la promotion de la personne humaine ; ce rôle supplémentaire, qui est assumé grâce à l’œuvre d’évangélisation et à l’exercice de la charité, s’ajoute utilement à la fonction primordiale du sanctuaire, en tant que lieu destiné à la célébration du culte divin. Dans ce contexte, les responsables des sanctuaires ont l’obligation de veiller à ce que cette dimension culturelle du sanctuaire n’occulte pas sa fonction cultuelle.

(à suivre…)

vendredi 25 mai 2007

6. La valeur exemplaire du sanctuaire

6. La valeur exemplaire du sanctuaire

Les responsables des sanctuaires ont le devoir de veiller à la qualité exemplaire des cérémonies: "La promotion d’une Liturgie de qualité fait partie des fonctions, qui sont dévolues aux sanctuaires; il s’agit même d’une obligation inscrite dans le Code de droit canonique. Cette promotion concerne moins l’obligation d’augmenter le nombre des célébrations que celle d’améliorer la qualité de celles qui existent déjà. Les recteurs des sanctuaires doivent être bien conscients de leur responsabilité dans ce domaine. Ils doivent comprendre, en effet, que les fidèles, qui se rendent dans les différents sanctuaires, doivent en repartir réconfortés sur le plan spirituel et édifiés par les célébrations liturgiques (lire la suite) auxquelles ils ont participé : celles-ci auront su leur transmettre le message du salut par la noble simplicité de leurs rites et le respect fidèle des normes liturgiques. Ces mêmes recteurs doivent savoir aussi que les effets d’une célébration liturgique exemplaire ne se limitent pas à ladite célébration accomplie dans le sanctuaire : en effet, les prêtres et les fidèles, qui participent à des cérémonies de qualité, sont portés à les faire connaître dans leurs propres lieux de culte d’origine".

7. Le sanctuaire, lieu d’évangélisation
D’innombrables moyens de communication sociale propagent quotidiennement des nouvelles et des messages en tous genres ; le sanctuaire est pour sa part le lieu où est constamment proclamé un message de vie : l’"Évangile de Dieu" (Marc 1, 14 ; Romains 1, 1) ou "l’Évangile de Jésus-Christ" (Marc 1, 1), c’est-à-dire la bonne nouvelle qui vient de Dieu lui-même, et qui concerne Jésus-Christ: celui-ci est le Sauveur de tous les peuples; c’est en lui seul que la mort et la résurrection, le ciel et la terre se sont réconciliés pour l’éternité.
Les éléments essentiels du message évangélique doivent être proposés, d’une manière directe ou indirecte, au fidèle qui se rend dans un sanctuaire: on peut citer, en particulier, le contenu du discours sur la Montagne, qui est un programme de vie, l’annonce joyeuse de la bonté et de la paternité de Dieu et de sa providence miséricordieuse, le commandement de la charité, la signification rédemptrice de la croix, et le destin transcendant de toute vie humaine.
Beaucoup de sanctuaires sont de véritables lieux d’évangélisation : le message du Christ est transmis aux fidèles sous les formes les plus variées, afin de les inciter, et aussi de les exhorter à la conversion et à la persévérance, à suivre le Christ, et à conformer leur vie aux exigences de la justice; enfin, le message du Christ leur apporte aussi une parole de consolation et de paix.
Il ne faut pas non plus oublier la coopération de beaucoup de sanctuaires à l’œuvre évangélisatrice de l’Église, qui se présente sous les diverses formes d’un soutien généreux aux missions "ad gentes".

(à suivre…)

mercredi 23 mai 2007

4. La reconnaissance canonique du sanctuaire


4. La reconnaissance canonique du sanctuaire

"Par sanctuaire on entend une église ou un autre lieu sacré où les fidèles se rendent nombreux en pèlerinage pour un motif particulier de piété avec l’approbation de l’Ordinaire du lieu".
La reconnaissance canonique d’un lieu sacré comme sanctuaire diocésain, national ou international dépend respectivement de l’évêque diocésain, de la Conférence des évêques ou du Saint-Siège. L’approbation canonique équivaut à une reconnaissance officielle du lieu sacré et de sa finalité spécifique ; cette dernière consiste à accueillir les pèlerinages du peuple de Dieu organisés en ce lieu pour adorer le Père, professer la foi, se réconcilier avec Dieu, avec l’Église et (lire la suite) avec ses frères, et implorer l’intercession de la Mère du Seigneur ou d’un Saint.
Toutefois, il ne faut pas oublier que, localement, de nombreux autres lieux de culte, souvent humbles - comme certaines petites églises situées dans les villes ou à la campagne - assument un rôle similaire à celui des sanctuaires, tout en ne bénéficiant pas d’une reconnaissance canonique. Ils font eux aussi partie de la "géographie" de la foi et de la piété du peuple de Dieu, puisqu’ils marquent l’emplacement d’une communauté qui demeure sur un territoire déterminé et qui, dans la foi, chemine vers la Jérusalem céleste (cf. Apocalypse 21).

5. Le sanctuaire, lieu des célébrations cultuelles
Le sanctuaire a une fonction principalement cultuelle. Les fidèles se rendent, en effet, dans ce lieu pour participer aux célébrations liturgiques et aux pieux exercices. Toutefois, cette fonction cultuelle reconnue du sanctuaire ne doit pas obscurcir, dans la conscience des fidèles, l’enseignement évangélique selon lequel le lieu n’est pas un élément déterminant pour rendre un culte authentique au Seigneur (cf. Jean 4, 20-24).

(à suivre…)

dimanche 20 mai 2007

3. Le Sanctuaire. Quelques principes


3. Le Sanctuaire. Quelques principes

Le sanctuaire, comme les églises, a une grande valeur symbolique : il est l’icône de la "demeure de Dieu parmi les hommes" (Apocalypse 21, 3), et il évoque "le mystère du Temple", qui s’accomplit dans le corps du Christ (cf. Jean 1, 14; 2, 21), dans la communauté ecclésiale (cf. 1 Pierre 2, 5), et dans la personne de chaque fidèle baptisé (cf. 1 Corinthiens 3, 16-17 ; 6, 19 ; 2 Corinthiens 6, 16).
Pour les fidèles, les sanctuaires sont souvent, à cause de leur origine, la mémoire d’un événement considéré par eux comme extraordinaire, (lire la suite) et qui a provoqué l’émergence de manifestations de dévotion durable, ou des témoignages de piété et de reconnaissance de tout un peuple pour les grâces reçues en ce lieu. À cause des nombreux signes de miséricorde qui se manifestent dans les sanctuaires, ces derniers sont aussi des lieux privilégiés où Dieu vient en aide aux hommes, et où se manifeste l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie, des saints ou des bienheureux. De même, leur emplacement, souvent élevé ou solitaire, leur beauté austère ou, au contraire, agréable, font des sanctuaires des témoins privilégiés de l’harmonie du cosmos, et des lieux où se reflète la beauté de Dieu. La prédication, qui résonne constamment dans les sanctuaires est, pour les fidèles à la fois un appel efficace à la conversion, une invitation à vivre dans la charité et à multiplier les œuvres de miséricorde, enfin, une exhortation à vivre en suivant fidèlement le Christ. Les sacrements, qui peuvent être reçus dans ces lieux, permettent de consolider la foi des fidèles ; ils leur permettent aussi de croître dans la grâce, et ils leur procurent le secours et l’espérance dans les épreuves qu’ils peuvent rencontrer. Les sanctuaires, en mettant en valeur un aspect particulier du message évangélique, peuvent être considérés comme une illustration et même un prolongement de la Parole de Dieu. Enfin, l’orientation eschatologique des sanctuaires contribue à transmettre aux fidèles le sens de la transcendance ; leur présence dans ces lieux les incitent à diriger leurs pas, à travers les chemins de la vie d’ici-bas, vers le sanctuaire du ciel (cf. Hébreux 9, 11 ; Apocalypse 21, 3).
"Toujours et partout, les sanctuaires chrétiens ont été ou ont voulu être des signes de Dieu, de son irruption dans l’histoire humaine. Chacun d’eux est un mémorial du mystère de l’Incarnation et de la Rédemption".

(à suivre…)

vendredi 18 mai 2007

Les sanctuaires et les pelerinages

Les sanctuaires et les pèlerinages

M’appuyant sur le Directoire sur la piété populaire et la liturgie de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, du 17 décembre 2001, je vais présenter au cours des jours à venir des idées essentielles au sujet des sanctuaires et des pèlerinages (numéros 261-287). Dans ses grandes lignes, le document suit le schéma suivant : (lire la suite)
1. Introduction générale
2. Le sanctuaire. Quelques principes
3. Le sanctuaire. Quelques principes (suite)
4. La reconnaissance canonique du sanctuaire
5. Le sanctuaire, lieu des célébrations cultuelles
6. La valeur exemplaire du sanctuaire
7. Le sanctuaire, lieu de l’évangélisation
8. Le sanctuaire, lieu de la charité
9. Le sanctuaire, lieu cultuel
10. Le sanctuaire, lieu de l’engagement œcuménique
11. Le pèlerinage
12. Les pèlerinages bibliques
13. Le pèlerinage chrétien
14. Le pèlerinage chrétien (suite)
15. La spiritualité du pèlerinage
16. La spiritualité du pèlerinage (suite)
17. Le déroulement du pèlerinage


1. Introduction générale
Le sanctuaire, qu’il soit dédié à la Très Sainte Trinité, au Christ Seigneur, à la bienheureuse Vierge Marie, aux Anges, aux Saints ou aux Bienheureux, est sans doute l’un des lieux où les rapports entre la Liturgie et la piété populaire sont les plus fréquents et concrets. "Dans les sanctuaires seront plus abondamment offerts aux fidèles les moyens de salut en annonçant avec zèle la parole de Dieu, en favorisant convenablement la vie liturgique surtout pour la célébration de l’Eucharistie et de la pénitence, ainsi qu’en entretenant les pratiques éprouvées de piété populaire".
En relation étroite avec le sanctuaire, on trouve le pèlerinage, qui est lui aussi une forme très répandue et caractéristique de la piété populaire.
À notre époque, l’intérêt pour les sanctuaires et la participation aux pèlerinages, loin de s’affaiblir du fait de la sécularisation, fait preuve au contraire une grande vigueur parmi les fidèles.
Il paraît néanmoins nécessaire, conformément à la finalité de ce Document, de présenter quelques orientations dans le but d’instaurer et de favoriser des relations harmonieuses entre les célébrations liturgiques et les pieux exercices, dans le cadre de l’activité pastorale des sanctuaires et pour le bon déroulement des pèlerinages.

2. Le Sanctuaire. Quelques principes
Selon la révélation chrétienne, le sanctuaire suprême et définitif est le Christ ressuscité (cf. Jean 2, 18-21 ; Apocalypse 21, 22), autour duquel se rassemble et s’organise la communauté des disciples, qui est elle-même la nouvelle demeure du Seigneur (cf. 1 Pierre 2, 5 ; Éphésiens 2, 19-22).
Du point de vue théologique, le sanctuaire, dont l’origine provient assez souvent de la piété populaire, est un signe de la présence active et rédemptrice du Seigneur dans l’histoire; il est aussi un lieu où le peuple de Dieu, qui chemine sur les routes du monde vers la Cité future (cf. Hébreux 13, 14), fait une halte et reprend des forces avant de poursuivre son pèlerinage.

(à suivre…)