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samedi 1 octobre 2011

Arrêts sur christianisme (71)


Arrêts sur christianisme (70)

Dans l’histoire, les règlements juridiques ont presque toujours été motivés de façon religieuse: sur la base d’une référence à la divinité on décide ce qui parmi les hommes est juste. Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, ni un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l’harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d’être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu. Avec cela les théologiens chrétiens se sont associés à un mouvement philosophique et juridique qui s’était formé depuis le IIème siècle av. JC. Dans la première moitié du deuxième siècle préchrétien, il y eut une rencontre entre le droit naturel social développé par les philosophes stoïciens et des maîtres influents du droit romain [3]. Dans ce contact est née la culture juridique occidentale, qui a été et est encore d’une importance déterminante pour la culture juridique de l’humanité. De ce lien préchrétien entre droit et philosophie part le chemin qui conduit, à travers le Moyen-âge chrétien, au développement juridique des Lumières jusqu’à la Déclaration des Droits de l’homme.

Benoît XVI, Discours au Bundestag, 22 septembre 2011.

samedi 5 décembre 2009

Minarets, Suisse et pays musulmans

Minarets, Suisse et pays musulmans

Ci-dessous la traduction d'un article :
La Suisse est moins restrictive envers l'islam que la plupart des pays musulmans envers ceux qui ne le sont pas.
La Suisse n'a interdit que les minarets, non les temples, ni les actes du culte, ni toute autre manifestation de la croyance musulmane. En revanche, toute liturgie ou prière est expressément interdite en Algérie aux non musulmans en dehors des lieux autorisés, de même que de chercher à obtenir la conversion d'un musulman ou de répandre toute littérature d'une autre religion. Au Pakistan, l'intolérance à l'encontre des chrétiens s'abrite derrière la loi sur le blasphème, punie jusqu'à la peine capitale.
En Arabie Séoudite, il ne peut y avoir ni églises, (lire la suite) ni culte public non musulman. Il est illégal d'introduire une Bible, et les exemplaires que découvre la police sont confisqués et détruits, tandis que le contrevenant peut être condamné à mort, comme cela s'est produit au moins dans un cas. La Malaisie ne reconnaît le changement de religion d'un musulman, et considère que tout converti est passible des tribunaux de la sharía en matière familiale, de sorte qu'il ne peut pas se marier avec un infidèle. Le Maroc n'admet pas non plus qu'un sujet du roi, Commandeur des croyants, ne soit pas musulman.
Aux lois contraires à la liberté religieuse et aux restrictions administratives clairement discriminatoires, comme à propos de la construction ou de l'entretien de temples, il faut ajouter les agressions de fait. Les chrétiens sont persécutés de façon systématique en Irak et en Somalie, et de façon sporadique au Pakistan, en Turquie et en Égypte.
C'est pourquoi il est difficile d'admettre les reproches faits à la loi suisse sans se poser en même temps la question de la réciprocité. (...)
Le référendum récent est un cas de réciprocité équivoque. Bien que le veto aux minarets n'empêche pas aux musulmans de Suisse le droit et la possibilité réelle de professer et de pratiquer leur foi, il les marginalise de fait avec une restriction qui n'est pas imposée aux autres. La conférence des évêques suisse considère que la mesure est « un obstacle à l'intégration dans le dialogue et le respect mutuel », et souligne que cela « n'aider pas les chrétiens opprimés et persécutés dans les pays islamiques ».
La liberté religieuse et les autres droits de l'homme ne sont pas des concessions de qui que ce soit : il faut les reconnaître et les respecter dans tous les cas, non en échange de quelque chose. Cela vaut tout autant en Suisse que dans tous les pays islamiques.

jeudi 19 février 2009

Religions et puissance publique en France

Religions et puissance publique en France

Lors d'un Colloque sur « Religions et puissance publique en France », organisé dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, le 17 déembre 2008, Mme Michèle Alliot-Marie, minsitre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, a déclaré, entre autres, que « comme vous le savez, la place et le rôle de la foi au sein de la société constituent, en France, un enjeu de la plus haute importance, au cœur de notre pacte républicain. La laïcité est une valeur cardinale de notre pays. Articulée autour de trois idées force qui demeurent imbriquées par des liens indissolubles - la liberté de conscience, la liberté de pratiquer le culte de son choix ou celle de ne pas croire, et enfin l'égalité en droit de tous les citoyens -, la laïcité n'est pas le reniement (lire la suite) ou le cantonnement des religions. Elle n'est pas une option spirituelle particulière mais la condition de l'existence même de toutes les options. De même, elle n'est pas et ne saurait être une entreprise de nivellement où tout se vaudrait, tout serait égal. Elle est la condition du respect des choix personnels les plus profonds dans une société ouverte où histoire et patrimoine ont pu être, en partie, forgés par les grandes traditions spirituelles ou religieuses. (...)
C'est le sens pratique de la laïcité que les pouvoirs publics en France appellent de leurs vœux et qui figurait, bien que cela ne soit guère rappelé par les commentateurs, dans la loi du 9 décembre 1905. (...) »

mercredi 18 février 2009

Orientation sexuelle et identité des genres

Orientation sexuelle et identité des genres

À quel jeu la France joue-t-elle ?

L'Osservatore Romano en langue française a publié, sous le titre « Défense des droits et idéologie », un commentaire non signé, qui reflète donc la position officielle du saint-siège, à propos de l'intervention de la délégation du saint-siège, le 18 décembre dernier, à la 63e session de l'Assemblée générale des Nations-Unies, suite à la « Déclaration des droits humains, orientation sexuelle et identité de genre », promue par la présidence française de l'Union européenne :
« Le document français proposé aux Nations unies n'est pas un document finalisé, in primis, à la dépénalisation de l'homosexualité (lire la suite) dans les pays où ellle est encore passible de poursuites jucidiaires (..). S'il en était ainsi, il n'y aurait pas eu de raison que l'observateur permanent du Saint-Siège à New York critique ce document. L'Église catholique, du reste, en se fondant sur une saine laïcité de l'État, considère que les actes sexuels libres entre personnes adultes ne doivent pas être traités comme des délits (...). En réalité, le document parle d'autre chose, il promeut une idéologie, celle de l'« identité de genre » et de l'« orientation sexuelle ». Les catégories d'« orientation sexuelle » et d'« identité de genre », qui dans le droit international ne trouvent aucune définition claire, sont introduites comme de nouvelles catégories de discrimination et on cherche à les appliquer à l'exercice des droits humains. Il s'agit en réalité de concepts controversés au niveau international, et pas seulement par l'Église, dans la mesure où ils impliquent l'idée que l'identité sexuelle n'est définie que par la culture, et donc susceptible d'être transformée à son gré, selon le désir individuel ou les influences historiques et sociales. En substance, en introduisant ces catégories, on nie avant tout l'ancrage biologique de la différenciation sexuelle qui est perçu comme limite, plutôt que comme source de dignification, ce qu'il est en revanche. On donne un impulsion à la fausse conviction que l'identité sexuelle est le produit de choix individuels, sans appels, et, surtout, qui méritent en toute circonstance la reconnaissance publique. On promeut, en conséquence, une idée erronée d'égalité, qui entend définir les hommes et les femmes selon une idée abstraite d'individu » (...).
En plus de viser l'assimilation des unions du même sexe au mariage, « l'introduction de ces catégories met en danger d'autres droits humains : que l'on pense à la liberté d'expression, ou bien à celle de pensée, de conscience et de religion. Les religions, par exemple, pourraient voir limité leur droit de transmettre leur enseignement, lorsqu'elles considèrent que le libre comportement homosexuel des fidèles n'est pas pénalisable, mais qu'ells ne le trouvent toutefois pas moralement acceptable. Et l'on attaquerait ainsi l'un des droits humains primordiaux sur lequel se fonde la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : celui à la liberté religieuse ».

samedi 16 février 2008

Charte europenne et ethique

Charte européenne et éthique

Problèmes éthiques soulevés par la Charte européenne des droits fondamentaux

Au moment où les parlementaires français vont se prononcer sur le processus d’unification européenne, monseigneur Dominique Rey les invite à ne pas oublier les fondements éthiques qui garantissent le respect de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, afin que notre société respecte le droit des plus faibles.
« Le vote du Parlement français rassemblé solennellement à Versailles le 4 février, puis celui des deux chambres séparément le 7 février, va autoriser la ratification du traité modificatif européen, dit de Lisbonne. Il est destiné (lire la suite) à remplacer le projet de Constitution, que Français et Hollandais ont rejeté par voix référendaire en 2005.
L’incorporation dans le nouveau texte soumis aux élus de la nation de la Charte européenne des droits fondamentaux accordera de fait à ce « mini-traité » une valeur juridique contraignante pour les Etats signataires.
Cette Charte représente sur plusieurs points une rupture intellectuelle et morale avec les autres grandes formulations juridiques internationales, en présentant une vision relativiste et évolutive des droits de l’homme qui met en cause les principes du droit naturel.Tout d’abord, la Charte stipule avec raison que “le droit de se marier et de fonder une famille est garanti”. Mais elle se garde de spécifier le sexe des conjoints. Elle dissocie explicitement la notion de mariage, de celle de famille. Ceci constitue une rupture avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à l’ONU en 1948, laquelle définissait la famille comme l’union d’un homme et d’une femme, et faisait d’elle le socle anthropologique de la société.
De même, le texte proposé, qui consacre le principe de non-discrimination pour orientation sexuelle, ouvre ainsi la porte à la jurisprudence européenne pour reconnaître l’équivalence de tous les types de mariage, tant en ce qui concerne l’adoption d’enfants que la procréation médicalement assistée (cf. la récente condamnation de la France par la Chambre haute européenne des droits de l’homme, parce qu’elle avait refusé l’adoption d’un enfant par une femme célibataire homosexuelle). Progressivement, le droit à l’enfant prévaut sur le droit de l’enfant, en particulier celui de naître ou celui d’avoir un père et une mère.
Par ailleurs, la Charte restreint considérablement le domaine de la protection de la vie humaine. S’il est rappelé que seule la personne humaine a droit à la vie, la protection de l’enfant à naître est mise en cause, puisque, selon l’un des derniers avis rendus par le Tribunal européen, « l’enfant à naître n’est pas considéré comme une personne ». L’embryon humain, notamment in vitro, ne bénéficie plus d’une protection pénale. C’est ainsi que la Charte interdit seulement le clonage à but reproductif sans jamais mentionner le clonage embryonnaire à des fins thérapeutiques. Il s’agit, là encore, d’un net recul par rapport aux précédents instruments juridiques européens, en particulier par rapport à la Convention de biomédecine du Conseil de l’Europe adopté en 1997, qui précisait « qu’est interdite toute intervention ayant pour but de créer un être humain génétiquement identique à un autre être humain, vivant ou mort... » La recherche sur les embryons surnuméraires, le diagnostic préimplantatoire, la fabrication d’embryons hybrides..., risque de ne plus être encadrée sur le plan juridique.
Enfin, la disparition de « l’interdiction d’infliger à quiconque la mort intentionnellement », comme le reconnaissait la Convention européenne des droits de l’homme de 1950, ouvre-t-elle le champ à une dépénalisation de l’euthanasie et du suicide médicalement assisté ?
Dans sa première encyclique Dieu est amour, Benoît XVI souligne que L’Église veut servir la formation des consciences dans le domaine politique et contribuer à faire grandir les perceptions des véritables exigences de la justice. Au moment où nos parlementaires vont se prononcer sur le processus d’unification européenne, puissent-ils ne pas oublier les fondements éthiques qui garantissent le respect de la personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, et qui sont constitutifs d’une humanité respectueuse du droit des plus faibles. »

+ Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon
http://www.diocese-frejus-toulon.com

dimanche 20 janvier 2008

Arrets sur christianisme (13)


Arrêts sur christianisme (13)

Il y a dans le christianisme des éléments importants qui résistent à la notion de droits de l'homme. En premier lieu, les devoirs envers Dieu et envers son prochain passent avant les droits de l'homme ; et il est difficile de prétendre qu'on a le droit de chercher son bonheur comme on l'entend, surtout si cela nous conduit vers un monde sans Dieu. En second lieu, la foi implique la reconnaissance d'une vérité transcendante (lire la suite) et d'une forme d'autorité, au moins celle de la bible. En troisième lieu, le fait même du péché originel implique de se méfier de l'usage que l'homme fait de sa liberté : la liberté politique est dès lors conditionnelle plus qu'absolue. En quatrième lieu, le christianisme met le Bien commun avant l'intérêt personnel, et il insiste sur la nature sociale de l'homme. En cinquième lieu, la charité chrétienne est un amour sacrificiel : par contraste avec elle la notion de droits apparaît comme assez égoïste. Enfin, la foi chrétienne ne peut pas admettre la notion d'autonomie des droits qui est à la base de la plupart des doctrines correspondantes.
P. Kraynak, Christian Faith and Modern Democracy, résumé par Pierre de Lauzun sous le titre « Foi chrétienne et démocratie moderne », dans Liberté politique, automne 2007, n° 38, p. 150-151.

mardi 1 janvier 2008

Manifestation monstre pour la famille

Manifestation monstre pour la famille

La presse française a pratiquement passé sous silence une manifestation qui a réuni deux millions de personnes à Madrid, dimanche dernier, 30 décembre 2007, à l'initiative de l'archevêque de la ville, le cardinal Rouco-Varela. Celui-ci a déclaré que la législation en faveur du « mariage » homosexuel et du divorce « exprès » représentent une « marche en arrière en matière de droits de l'homme ».
Le cardinal Agustín García-Gasco, archevêque de Valence, a critiqué « la culture du laïcisme », qui « ne conduit qu'au désespoir » par des idéologies qui manipulent l'éducation des jeunes », moyennant quoi « nous nous orientons vers la dissolution de la démocratie ».
Une connexion a permis à la foule de suivre en direct la récitation de l'Angélus par le pape Benoît XVI, à Rome. Le pape a salué en espagnol « les participants à la célébration pour la famille » de la Place Colomb, soulevant les applaudissements des familles.

samedi 18 août 2007

Nous sommes des animaux mais on n'est pas des betes

Nous sommes des animaux mais on n'est pas des bêtes

Jean-Marie Meyer Entretiens avec Patrice de Plunkett, Nous sommes des animaux mais on n'est pas des bêtes. Libres propos d'un philosophe sur les animaux et les hommes, Paris, Presses de la Renaissance, 2007.
Voici un ouvrage d'un philosophe en colère contre les déviations qu'il constate dans notre société occidentale où l'animal est de plus en plus assimilé à l'homme quand ce n'est pas surévalué par rapport à lui. Des groupes de pression établissent, et font approuver, des listes de droit des animaux, auxquels on prête une similitude avec l'homme dont ils s'étonneraient (lire la suite) s'ils pouvaient nous comprendre... Notre époque, souligne Jean-Marie Meyer, condamne violemment l'anthropocentrisme, consistant à mettre l'homme au « centre » du monde, ce qui est pourtant légitime du point de vue scientifique, mais pratique l'anthropomorphisme à outrance, en croyant, ou voulant croire, que les animaux ont la même vision des choses que l'homme, et en interprétant leurs comportements comme des conduites humaines.
La première partie de ce livre est consacrée au psychisme de la bête. Il est incontestable que les animaux communiquent, mais la question est de savoir quoi ? et comment ? Nos contemporains ne se trompent-ils pas lorsqu'ils prêtent ses propres émotions aux bêtes ? La deuxième partie étudie les relations de l'homme avec les animaux. « Peut-on dire qu'un chat nous « sort de la solitude », alors qu'il n'est pas un humain ? Notre éthique a-t-elle quelque chose à voir avec le fonctionnement des sociétés animales ? Est-il vrai que les animaux ont une morale, dont serait issue la morale humaine ? » Ces questions ne nous laissent pas indifférents.
Les auteurs dénoncent dans cet ouvrage, exemples à l'appui, « une crise de l'humain » que notre société secrète sous couvert de « respecter l'animal ». Cette crise a de multiples manifestations : dépenses de luxe pour les chiens, boom des traitements au Prozac pour animaux, influence du darwinisme, revendications de droits civils et politiques pour cétacés.
J'écris ceci alors que j'ai sous les yeux un hebdomadaire dont un article demande « à quoi pensent les animaux ? » Un ouvrage décapant, qui nous aidera à redécouvrir qui nous sommes !