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vendredi 31 décembre 2010

La Maternité divine de Marie


La Maternité divine de Marie

L’Eglise catholique commence l’année par la solennité de Marie, Mère de Dieu. Il est juste et bon de célébrer celle qui a mis au monde le Sauveur de l’humanité et par qui nous viennent toutes les grâces, selon le bon vouloir de Dieu. Et de lui témoigner ainsi de notre reconnaissance.
La Maternité divine de Marie est la prérogative essentielle de la Sainte Vierge, qui lui a valu d’autres privilèges exceptionnels : son immaculée conception, c’est-à-dire absence du péché originel, sa virginité perpétuelle, restant vierge avant, pendant et après la naissance de Jésus, sainteté hors pair, son assomption ou montée au ciel avec son corps et son âme. (lire la suite)
Jamais les Pères de l’Eglise ne séparent la Maternité de Marie de sa virginité. « Marie est « Mère de Dieu, non parce que le Verbe de Dieu a tiré d’elle sa nature divine, mais parce que c’est d’elle qu’il tient le corps sacré doté d’une âme rationnelle, uni auquel en sa personne le Verbe est dit naître selon la chair » (concile d’Éphèse). Le Christ a été « engendré pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité » (concile de Chalcédoine). Il n'a pas pris « un corps céleste et traversé l'utérus de la Vierge comme s'écoule l'eau d'un aqueduc » Concile de Florence), comme le soutenaient les gnostiques. C'est de Marie « qu'a été engendré son saint corps animé d'une âme raisonnable, corps auquel le Verbe s'est uni selon l'hypostase » (Concile d'Éphèse). Mais « La Vierge n'a pas seulement conçu le Fils de Dieu afin que, prenant d'elle la nature humaine, il devînt homme ; mais afin qu'il devînt encore, moyennant cette nature prise d'elle, le Sauveur des hommes. Ce qui explique la parole des anges aux bergers : « Un Sauveur vous est né, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2, 11) » (saint Pie X, encyclique Ad diem illum, 2 février 1904).
Selon la chair, Jésus « est un véritable fils de l'homme. « Il est « chair » comme tout homme : il est « le Verbe [qui] s'est fait chair » (cf. Jean 1, 14). Il est chair et sang de Marie » (Jean-Paul II, encyclique Redemptoris Mater, n° 19).
« De cette mission sublime de Mère de Dieu semble découler, comme d'une source cachée et très pure, tous les privilèges et toutes les grâces qui ornent son âme et sa vie à un titre suréminent » (Jean-Paul II, exhortation apostolique Familiaris consortio). « La Mère a enfanté le Roi au nom éternel, et, possédant les joies de la maternité avec l'honneur de la virginité, elle n'a pas eu sa pareille ni avant ni après » (2e antienne de laudes, Office de Noël, forme extraordinaire).
Marie est « infiniment Mère » (Péguy, Le Porche du Mystère de la Deuxième vertu).

jeudi 30 décembre 2010

Une année se termine

Une année se termine

Au terme de cette année, chacun d’entre nous peut remercier Dieu de toutes les grâces qu’il a reçues de lui au cours des 365 jours écoulés. Des grâces qui, bien souvent, nous ont échappé, car le Seigneur n’agit habituellement pas de façon spectaculaire, mais intervient auprès de nous un peu comme une mère et un père se soucient constamment de leurs enfants et leur viennent continuellement en aide sans qu’ils en aient conscience ni ne se rendent compte des sacrifices qu’ils consentent joyeusement pour eux.
Sans doute devons-nous aussi renouveler (lire la suite) notre demande de pardon à Dieu, pour toutes les fois où nous nous sommes écartés de lui volontairement, préférant sottement l’attrait de ce monde à celui de l’Amour de Dieu.
Pour l’un comme pour l’autre, nous venons nous prosterner devant notre Seigneur dans la crèche, et nous demandons à saint Joseph et à Sainte Marie d’intercéder pour nous et de demander au Seigneur de ne pas nous en vouloir, car nous l’aimons quand même sincèrement, et de continuer à nous abreuver de sa grâce, car sans lui nous ne sommes pas capables de faire le bien.
Cet examen de conscience nous permet aussi de penser au monde entier, de récapituler les événements qui ont marqué cette année.
Il est normal que nous ayons une pensée toute spéciale pour ceux de nos frères et de nos sœurs dans la foi qui souffrent précisément en raison de leur foi. Nous constatons depuis des mois une recrudescence des attentats et des persécutions en tous genres contre les chrétiens, qui font l’objet des trois-quarts des atteintes à la liberté de religion dans le monde.
Nous ne pouvons pas rester indifférents à leurs souffrances, qui nous touchent de très près. Demandons au Seigneur d’apaiser les cœurs et de faire en sorte que la paix qu’il est venue apporter au monde devienne une réalité pour tous ceux qui en sont privés.
Et pourquoi ne pas terminer l’année en récitant un Te Deum d’action de grâce au Seigneur Tout-Puissant, qui nous a envoyé le Sauveur à Noël et nous a donné la Vierge Marie pour Mère ?

mercredi 29 décembre 2010

La joie chrétienne (3)


La joie chrétienne (3)

Mais Paul est ancré dans la foi. Il lui est viscéralement attaché. Il sème vraiment la paix et la joie à pleines mains. Toutes les générations de chrétiens sont le fruit de ces semailles et de celles des autres apôtres.
En tant que chrétiens, nous sommes appelés nous aussi à « édifier ce monde nouveau, à travailler afin qu’il devienne un jour « le monde de Dieu », un monde qui dépassera tout ce que nous pourrons construire nous-mêmes » (Benoît XVI, Homélie pour l’Assomption, 15 août 2010), un monde transformé par la puissance et la présence de Dieu. « On comprend alors que le christianisme donne une profonde espérance en un avenir lumineux et ouvre la voie à la réalisation de cet avenir » (Benoît XVI, Ibid.).
(lire la suite)
Un monde ancien s’en est allé, un monde nouveau a été instauré par le Christ. « Vous, mes petits enfants, vous êtes de Dieu et vous avez la victoire sur eux, car Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde : aussi est-ce le monde qui inspire leurs discours, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu : qui connaît Dieu, nous écoute ; qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas. C’est à cela que nous reconnaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur » (1 Jean 4, 4-6).
La Vierge Marie est invoquée dans les litanies en tant que « Cause de notre joie ». Elle a extériorisé sa joie intime dans le Magnificat. Qu’elle nous aide à conserver la joie dans toutes les circonstances et à transmettre autour de nous la joie des enfants de Dieu, à être à notre tour, en vérité, des « semeurs de paix et de joie ».

(fin)

mardi 28 décembre 2010

La joie chrétienne (2)


La joie chrétienne (2)

« “ Content ? ” — Cette question m’a laissé songeur. — On n’a pas encore inventé les mots pour exprimer tout ce que l’on ressent, dans son cœur et dans sa volonté, lorsqu’on se sait enfant de Dieu » (saint Josémaria, Sillon, n° 61). Cette condition d’enfant de Dieu est la plus belle qui soit. Il ne s’agit pas seulement d’une filiation, comme celle qui nous relie à nos parents biologiques, qui apporte déjà tant. C’est quelque chose d’énormément plus profond, car plongeant ses racines dans l’infini de Dieu. C’est quelque chose, nous venons de le dire, qui ne concerne pas seulement le temps présent mais qui s’inscrit dans la perspective de la vie éternelle. La foi que cela suppose est donc source de joie profonde.
(lire la suite)
Une joie que le monde ne peut nous arracher. Une joie aussi que nous sommes appelés à lui insuffler, à lui communiquer. Une joie qui a ses racines en forme de croix, comme le disait saint Josémaria, parce que la joie de quelqu’un qui est foncièrement uni à Dieu, donc uni au Christ Sauveur nous rachetant par la Croix et nous invitant à porter notre croix à sa suite (cf. Luc 9, 23).
D’où le conseil suivant : « Que personne ne lise ni tristesse ni douleur sur ton visage, lorsque tu répands de par le monde le parfum de ton sacrifice : les enfants de Dieu doivent toujours être des semeurs de paix et de joie » (saint Josémaria, Ibid., n° 59). Être « semeur de paix et de joie », voilà une bien belle tâche.
« Faites tout sans murmures ni discussions, pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensible au milieu d’une génération mauvaise et dévoyée, où vous brillez comme des astres dans le monde, et tenez ferme la parole de vie. Dès lors je pourrai me glorifier, au Jour du Christ, de n’avoir pas couru en vain ni d’avoir peiné en vain. Bien plus, même si mon sang doit servir de libation pour le sacrifice et l’offrande rituelle de votre foi, je m’en réjouis et je partagerai votre joie à vous tous. Pareillement, vous aussi, réjouissez-vous et partagez ma joie » (Philippiens 1, 14-18). Saint Paul invite les fidèles à partager sa joie, joie de quelqu’un qui souffre pour le nom du Seigneur, pour l’évangélisation du monde païen, dont les préoccupations sont bien éloignées du vrai Dieu. « Des philosophes épicuriens et stoïciens s’entretenaient aussi avec lui. Les uns disaient : « Que veut dire ce discoureur ? « D’autres : « Ce paraît être un annonceur de divinités étrangères » ; il prêchait, en effet, Jésus et sa résurrection. (…) En entendant parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, les autres dirent : « Nous t’écouterons là-dessus une autre fois » (Actes 17, 18.32).

(à suivre…)

lundi 27 décembre 2010

La joie chrétienne (1)


La joie chrétienne (1)

« Tu es mon Dieu : aie pitié de moi, Seigneur, car je crie vers toi tout le jour. Réjouis l’âme de ton serviteur, car vers toi, Seigneur, j’élève mon âme » (Psaume 86, 3-4). Dieu seul peut la combler d’une joie authentique. « Je parviendrai à l’autel de Dieu, au Dieu qui est ma joie et mon allégresse » (Psaume 43, 4). L’union à Dieu rend l’homme heureux. L’adhésion à la foi nous plonge dans la vraie joie.
C’est ce que nous constatons chez la Vierge Marie : « La foi est la grandeur de Marie, comme le proclame joyeusement Elisabeth : Marie est « bénie entre toutes les femmes », « béni est le fruit de son sein », car elle croit et elle vit de manière unique la « première » des béatitudes, la béatitude de la foi. Elisabeth le confesse dans sa joie et dans celle de l’enfant qui tressaille en son sein : (lire la suite) « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Luc 1, 45) » (Benoît XVI, Homélie pour l’Assomption, 15 août 2010).
La foi comporte l’adhésion aux vérités que Dieu a révélées tout au long de l’histoire et, en particulier, « dans ces temps qui sont les derniers », quand il « nous a parlé par son Fils » (Hébreux 1, 2). Qui dit adhésion aux vérités dit adhésion à Dieu lui-même, qui « est la Vérité » (Jean 14, 6), découverte de Dieu, auteur de notre vie, Celui qui est notre Père et qui nourrit pour nous des projets fabuleux de vie éternelle. « Le christianisme n’annonce pas seulement un quelconque salut de l’âme dans un au-delà imprécis, dans lequel tout ce qui, en ce monde, a été précieux et cher pour nous serait effacé, mais il promet la vie éternelle, « la vie du monde à venir » : rien de ce qui est précieux et cher pour nous ne sera perdu, mais trouvera sa plénitude en Dieu » (Benoît XVI, Ibid.).
L’on comprend dans ce contexte les appels récurrents de saint Paul à la joie, alors même que les chrétiens étaient soumis à des persécutions. « Au demeurant, mes frères, réjouissez-vous devant le Seigneur. (…) Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ! Je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 3, 1 ; 4, 4). Et encore, en conclusion à sa seconde lettre aux Corinthiens, « au reste, frères, soyez dans la joie » (13, 11).

(à suivre…)

dimanche 26 décembre 2010

Voix et visage de la Parole

Voix et visage de la Parole

« À présent, la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage, qu’en conséquence nous pouvons voir : Jésus de Nazareth », nous dit Benoît XVI, dans son exhortation apostolique sur la Parole de Dieu dans la vie de l’Eglise et du monde.
Il ajoute qu’« en suivant le récit des Évangiles, nous relevons que l’humanité même de Jésus apparaît dans toute son originalité dans sa référence à la Parole de Dieu. En effet, il réalise heure par heure, dans son humanité parfaite, la volonté du Père. »
Sa naissance à Bethléem, dans une humble grotte, dont nul d’entre nous ne voudrait, marque déjà cette obéissance au Père, qui, dans une délibération commune de la Sainte Trinité, l’envoie parmi nous pour nous apporter la Bonne Nouvelle du salut. (lire la suite) Cette Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’Evangile, il va la proclamer tout au long des trois années de vie publique consacrées à enseigner et à faire du bien autour de lui en guérissant les gens de toutes leurs infirmités et, surtout, en leur pardonnant leurs péchés.
Mais il la proclame aussi par sa vie de tous les jours à Bethléem, en Egypte et à Nazareth, puisque sa Parole, la Parole qu’il est lui-même en tant que Verbe de Dieu, a pris un visage et qu’il nous parle par tous ses gestes et toutes ses actions, qui sont toutes particulièrement expressives, car elles sont saintes, la sainteté même, un reflet de la perfection de Dieu, et plus qu’un reflet, cette perfection même en acte.
En même temps, ajoute le pape, « Jésus écoute sa voix (de son Père) et il lui obéit de tout son cœur. Il connaît le Père et il observe sa Parole (cf. Jean 8, 55). Il nous raconte les choses du Père (cf. Jean 12, 50). « Je leur ai donné les paroles que tu m’as données » (Jean 17, 8). Jésus montre donc qu’il est le Logos divin qui se donne à nous, mais aussi le
Nouvel Adam, l’homme vrai, celui qui accomplit à chaque instant non sa propre volonté mais celle du Père. Il « grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Luc 2, 52). De manière parfaite, il écoute, il réalise en lui-même et il nous communique la Parole divine (cf. Luc 5, 1) » (exhort. ap. Verbum Domini, n°12).
Il la réalise et la communique. Il le peut parce qu’il est lui-même cette Parole du Père, Parole incarnée désormais, qui ne cesse de retentir dans notre monde, et que Marie recueillait avec émerveillement et reconnaissance.
Allons auprès d’elle, et de saint Joseph, pour contempler l’Enfant et pour apprendre de lui, pour l’écouter et pour le regarder : tout est éloquent chez lui, tout est instructif pour notre vie quotidienne, qui consiste, en définitive, à imiter la vie ordinaire qu’il a voulu mener parmi nous.

samedi 25 décembre 2010

Noël et la Croix

Noël et la Croix

Dans son exhortation apostolique récente sur la Parole de Dieu dans al vie de l’Eglise et du monde, le pape Benoît XVI écrit qu’en contemplant la « Christologie de la Parole », le Christ Parole de Dieu qui s’incarne à Noël, « la tradition patristique médiévale a utilisé une expression suggestive : le Verbe s’est abrégé (Cf. Origène, Péri Archon 1, 2, 8 ). Dans leur traduction grecque de l’Ancien Testament, les Pères de l’Église ont trouvé une parole du prophète Isaïe - que saint Paul cite aussi – pour montrer que les voies nouvelles de Dieu étaient déjà annoncées dans l’Ancien Testament. On pouvait y lire : « Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Isaïe 10, 23 ; Romains 9, 28). Le Fils, lui-même, est la Parole de Dieu, il est le « Logos : la Parole éternelle s’est faite petite – si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire. (lire la suite) Elle s’est faite enfant, afin que la Parole devienne pour nous saisissable » (exhort. ap. Dei Verbum, n° 12).
Dieu abandonne sa gloire, ou plus exactement la cache sous l’humanité du Fils, qui apparaît à nos yeux comme un homme semblable aux autres, égal à nous en tout, hormis le péché, comme l’Eglise le confesse.
Mais l’anéantissement de Jésus à Noël, de Jésus qui se fait enfant, pauvre et démuni, nous amène à nous interroger sur son sens profond. Nous comprenons rapidement que le Seigneur ne vient pas chercher un bonheur terrestre, vivre quelques années de bon temps sur terre. Cela n’a pas de sens pour lui. La vie humaine ne lui apporte rien, à lui qui est le Tout-Puissant, Créateur du ciel et de la terre. Il n’a que faire de notre monde.
Et pourtant il y vient, car ce monde et aussi le sien, celui qu’il a créé, avec le Père et l’Esprit Saint, celui que le péché de l’homme a abîmé, et qu’il veut restaurer dans sa bonté originelle. Mais, plus encore, il entend aider l’homme à retrouver sa condition d’enfant de Dieu et à pouvoir entrer de nouveau dans l’intimité de Dieu.
C’est pourquoi il faut chercher le sens profond de la naissance du Sauveur à Bethléem dans la Croix sur laquelle il donnera sa vie pour que nous ayons la Vie éternelle. La Croix s’inscrit donc déjà à l’horizon de Bethléem. Noël et la Croix constituent un seul et même mystère, le mystère de notre Rédemption. Le Seigneur, qui possède une science infuse, sait à tout moment ce qu’il vient faire sur terre. Il sait dès sa naissance que la Croix l’attend. Il l’aime d’avance, parce qu’il nous aime et qu’elle est le moyen, le seul, que la Sainte Trinité a trouvé pour réparer les dégâts causés par nos premiers parents, Adam et Eve, à la nature humaine et à nos relations avec Dieu.
Tâchons de comprendre cela quand nous venons adorer l’Enfant dans la crèche, et apprenons ainsi de lui à aimer aussi les croix qui se présentent dans notre vie, pour adhérer pleinement à la Croix salutaire.

vendredi 24 décembre 2010

Lumière de Noël

Lumière de Noël

Lors de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem, le vieillard Siméon proclame avec une grande joie : « Mes yeux ont vu le salut, que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière qui doit éclairer les nations et gloire d'Israël, votre peuple » (Luc 2, 30-32). Saint Jean écrit pour sa part dans le prologue de son Evangile qu’en Jésus-Christ « était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres » (Jean 1, 4-5), ajoutant que « la lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde » (v. 9). (lire la suite)
C’est cette Lumière qui s’allume dans la sainte nuit de Noël, et qui vient éclairer tout homme, du moins tout homme de bonne volonté, capable de l’accueillir et d’être un homme de paix, comme lui.
Isaïe avait prophétisé : « Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (9, 1). La liturgie de Noël est toute imprégnée de cette lumière particulière, qui apporte un éclairage nouveau à la vie des hommes : l’éclairage surnaturel, la dimension verticale, la découverte de la présence de Dieu en tout événement.
L’Évangile nous rapporte que la gloire de Dieu apparut aux bergers et « les enveloppa de lumière » (Luc 2, 9). Là où paraît la gloire de Dieu, là se répand, dans le monde, la lumière. Nombre de saints ont fait cette expérience et ont été enveloppés dans la lumière de Dieu. En naissant à Noël, Dieu a vaincu les ténèbres de la mort.
« Mais lumière signifie surtout connaissance, vérité en opposition à l’obscurité du mensonge et de l’ignorance, précise le pape Benoît XVI. Ainsi, la lumière nous fait vivre, nous indique la route. Mais ensuite, la lumière, parce qu’elle donne de la chaleur, signifie aussi amour. Là où il y a de l’amour, apparaît une lumière dans le monde ; là où il y a de la haine le monde est dans l’obscurité. Oui, dans l’étable de Bethléem est apparue la grande lumière que le monde attend. Dans cet Enfant couché dans l’étable, Dieu montre sa gloire – la gloire de l’amour, qui se fait don lui-même et qui se prive de toute grandeur pour nous conduire sur le chemin de l’amour. La lumière de Bethléem ne s’est plus jamais éteinte. Tout au long des siècles, elle a touché des hommes et des femmes, « elle les a enveloppés de lumière ». Là où a surgi la foi en cet Enfant, là aussi a jailli la charité – la bonté envers les autres, l’attention empressée pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la grâce du pardon. À partir de Bethléem, un sillage de lumière, d’amour, de vérité, envahit les siècles. Si nous regardons les saints – de Paul et Augustin, jusqu’à saint François et saint Dominique, de François-Xavier et Thérèse d’Avila à Mère Teresa de Calcutta – nous voyons ce courant de bonté, ce chemin de lumière qui, toujours de nouveau, s’enflamme au mystère de Bethléem, à ce Dieu qui s’est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant » (Homélie, 24 décembre 2005).

jeudi 23 décembre 2010

Proximité de Noël

Proximité de Noël

« Chaque fête de Noël doit être pour nous une nouvelle rencontre toute spéciale avec Dieu, et nous devons faire en sorte que sa lumière et sa grâce pénètrent jusqu’au fond de notre âme » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 12). C’est Dieu qui vient rendre visite à son peuple, le peuple avec lequel il a passé une Alliance. En venant à Noël, il renouvelle cette Alliance, en même temps qu’il fait entrer l’humanité dans une Alliance Nouvelle et définitive, qu’il va sceller sur la Croix en versant son sang pour la rédemption de l’humanité. (lire la suite)
Nous nous sommes préparés à cette venue du Seigneur tout au long de l’avent. Faisons un dernier effort, en accompagnant Marie et Joseph sur le chemin qui les conduit de Nazareth à Bethléem. Ils ont dû abandonner la tranquillité de leur foyer pour obéir aux instructions de l’empereur qui a ordonné un recensement de tout l’empire.
Joseph a dû accueillir la nouvelle avec un pincement de cœur, en pensant à Marie pour qui elle tombait mal en raison de la proximité du jour où elle devait accoucher. Mais l’un comme l’autre sont dans les mains du Seigneur et ont appris à s’adapter à la volonté de Dieu.
Ils sont en marche vers la cité de David le cœur en fête, non seulement parce que le fils de Marie va naître, mais parce qu’il s’agit du Messie et que la promesse faite par Dieu depuis des générations et des générations va enfin s’accomplir. Le monde avait grandement besoin de cette venue du Sauveur.
« Le Seigneur, je le répète, nous a donné le monde en héritage. Et nous devons avoir l’âme et l’intelligence en éveil ; nous devons être réalistes, sans défaitisme. Seule une conscience endurcie, seule une insensibilité due à la routine, seule une étourderie frivole, peuvent nous faire contempler le monde sans y voir le mal, l’offense à Dieu, et le dommage, parfois irréparable, que l’on fait aux âmes. Nous devons être optimistes, mais d’un optimisme qui naît de la foi en la puissance de Dieu — de ce Dieu qui ne perd pas de batailles d’un optimisme qui ne vient ni d’une satisfaction humaine, ni d’une sotte et présomptueuse complaisance... (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 123).
Oui, Noël est la victoire de Dieu sur satan, du Bien sur le mal. C’est déjà la Rédemption en train de se faire. Préparons notre âme pour accueillir Jésus, afin de nous unir à lui et de lui offrir notre vie, comme Marie et Joseph, pour qu’il s’en serve pour se rendre présent dans notre monde d’aujourd’hui.

mercredi 22 décembre 2010

Le salut est dans le Christ (3)


Le salut est dans le Christ (3)

Aimons le Christ. Aimons-le à la folie. Il le mérite bien. Le Seigneur se laisse trouver par qui le cherche. Il se laisse aimer par qui a le cœur pur, libre de tout attachement désordonné. Il faut tendre constamment vers lui. Et revenir à lui en faisant un acte de contrition. « Réparer ! Ce désir dont Dieu ton Père imprègne ton âme ne sera satisfait que si tu unis ta pauvre expiation personnelle aux mérites infinis de Jésus.
— Rectifie ton intention ; aime la douleur, en lui, avec lui et pour lui » (saint Josémaria, Forge, n° 604). En agissant comme cela, (lire la suite) nous progressons réellement. Nous réaffirmons à chaque recommencement notre désir de suivre le Christ, de poursuivre notre route avec lui. Et nous lui redisons à notre tour, du fond du cœur : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 68).
Que la Vierge Marie nous confirme dans cette résolution, pour que notre réponse soit toujours aussi entière et déterminée, pour que nous soyons d’une fidélité à toute épreuve, notamment quand le chemin se fait plus abrupt et qu’une certaine obscurité l’envahit. Retournons sans tarder à notre Seigneur, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Il nous aime, il nous aime infiniment et comme il veut que nous soyons saints ! C’est, pourrions-nous dire, son désir le plus ardent.

(fin)

mardi 21 décembre 2010

Le salut est dans le Christ (2)


Le salut est dans le Christ (2)

Celui qui garde la parole du Christ, Dieu est avec lui. Le Christ a des paroles de vie éternelle. Celui qui garde ces paroles et s’attache à les mettre en pratique, celui-là possède déjà la vie éternelle. Elle a commencé d’exister dans son âme, et elle est appelée à se développer parallèlement à la lutte spirituelle, à l’effort pour vivre de la foi en la Parole de Dieu. Nous ne trouvons notre salut qu’en Jésus-Christ, et nulle part ailleurs, certainement pas dans les mirages et les amusements que le monde nous propose.
« Nous devons tendre constamment vers Celui « qui est la tête », Celui « de qui tout provient et pour qui nous sommes », Celui qui est tout à la fois (lire la suite) « la voie, la vérité » et « la résurrection et la vie », Celui en qui, en le voyant, nous voyons le Père, Celui qui devait s'en aller d'auprès de nous - entendons : par sa mort sur la croix et ensuite par son ascension au ciel - pour que le Consolateur vienne et continue à venir à nous comme Esprit de vérité. En Lui sont « tous les trésors de la sagesse et de la science », et l'Eglise est son Corps. L'Eglise est « dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c'est-à-dire le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain » : et c'est Lui qui en est la source ! Lui-même ! Lui, le Rédempteur ! » (Jean-Paul II, encyclique Le Rédempteur de l’homme, n° 7). Comme notre vie est vide quand elle n’est pas centrée sur le Christ ! Regarder ailleurs que vers le Christ, c’est perdre son temps et gaspiller ses énergies. Que de gens qui sont comme des aveugles guidant d’autres aveugles. « Or, si un aveugle
conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse » (Matthieu 15, 14). L’on s’étourdit de bruits stridents et d’ambitions matérielles. Et l’on fait taire la voix de sa conscience. Car elle parle, elle se manifeste. Mais elle est dérangeante puisqu’elle nous reproche notre inconduite. Nous préférons abandonner le Christ parce que ce qu’il demande est dur, au lieu de lui faire confiance : il a les paroles de la vie éternelle.

(à suivre…)

lundi 20 décembre 2010

Le salut est dans le Christ (1)


Le salut est dans le Christ (1)

A Jésus qui demande à ses apôtres de faire un acte de foi, de croire aux paroles qu’il vient de prononcer au sujet du Pain de vie, et qui s’inquiète : « Est-ce que, vous aussi, vous voulez vous en aller ? Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6, 67-68). Nous reconnaissons avec Pierre que Jésus, et lui seul, a les paroles de la vie éternelle, car il est lui-même la Parole vivante de Dieu et il n’existe pas de vérité en dehors de lui. « La foi nous fait confesser avec Simon-Pierre : Nous, nous avons cru et nous avons su que tu es le Christ, le Fils de Dieu. Et c’est cette foi qui, (lire la suite) unie à notre dévotion en ce moment sublime, nous pousse à imiter l’audace de Jean : à nous approcher de Jésus et à incliner la tête sur la poitrine du Maître, qui aimait ardemment les siens et — nous venons de l’entendre — allait les aimer jusqu’à la fin » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 83).
Le Fils de Dieu ! Peut-il y avoir quelqu’un de plus aimable que lui ? C’est de lui que nous devons rechercher la conversation en priorité. Il a les paroles de la vie éternelle. Par conséquent, vers qui aller si ce n’est vers le Fils de Dieu ? « L'unique orientation de notre esprit, l'unique direction de notre intelligence, de notre volonté et de notre cœur est pour nous le Christ, Rédempteur de l'homme, le Christ, Rédempteur du monde. C'est vers Lui que nous voulons tourner notre regard parce que c'est seulement en Lui, le Fils de Dieu, que se trouve le salut, et nous renouvelons la proclamation de Pierre : « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean-Paul II, encyclique Le Rédempteur de l’homme, n° 7). Il est inutile de nous perdre dans les méandres d’un pseudo-intellectualisme, d’une recherche de la vérité qui ferait fi de Dieu. Ce serait coudre avec une aiguille sans fil. Cela ne peut amener qu’une désillusion amère. Les apôtres sont témoins de la débandade qui se produit parmi les disciples du Seigneur, disant : « Ce qu’il dit est raide ! Qui peut l’écouter » (Jean 6, 60). Ils sont atterrés, Pierre le premier. Il reconnaît que Jésus est le « Saint de Dieu », c’est-à-dire son envoyé, le Messie. Cela n’aurait aucun sens d’aller chercher ailleurs ce que seul Jésus peut apporter : l’amour et la paix intérieure. « Celui qui m’aime mettra en pratique ce que je dis, et mon Père l’aimera et nous nous établirons chez lui à demeure » (Jean 14, 23).

(à suivre…)

dimanche 19 décembre 2010

Semer à tous vents (2)


Semer à tous vents (2)

(((Début de la note))). (lire la suite)
Il nous échoit de semer à tous vents. Nous n’avons pas à nous préoccuper des résultats. Ce qui compte, c’est que nous accomplissions notre travail consciencieusement, que nous nous appliquions de notre mieux à parler de Dieu au plus grand nombre, en ayant la langue « bien pendue ». Pour le reste, que ceux à qui nous nous adressons soient bonne terre ou chemin, pierrier, épines ou broussaille, ce n’est pas notre affaire.
« Ce disant, il clamait : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende » (Luc 8, 8). En tout état de cause nous ne pouvons pas nous désintéresser de l’action apostolique. Nous avons été prévenus que le milieu nous est en partie hostile : « Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » (Luc 10, 3). Le Seigneur connaît les difficultés auxquelles nous allons nous heurter. Mais il nous ordonne malgré tout d’aller. « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples » (Matthieu 28, 19). Nous qui avons reçu la grâce de la foi, nous serons jugés sur la façon dont nous avons parlé de Dieu autour de nous, sur l’entrain que nous y aurons mis, et sur notre persévérance malgré le manque de résultat ou leur lenteur à venir. « On ne voyait pas les plantes toutes couvertes de neige. Et le paysan, propriétaire du champ, dit tout joyeux : « Maintenant, elles poussent en dedans » (saint Josémaria, Chemin, n°294). Mais le Seigneur le garantit, la bonne graine tombée dans la bonne terre fructifie au centuple. Même si ce centuple, ce sont peut-être d’autres que nous qui le récolteront. Qu’importe. Nous ne travaillons pas pour nous, mais pour la gloire de Dieu et pour le bien des âmes. Nous ne faisons pas notre apostolat, mais celui de Dieu. Quel dommage si nous avions fait notre apostolat, au lieu de celui de Jésus-Christ !

(fin)

samedi 18 décembre 2010

Semer à tous vents (1)


Semer à tous vents (1)

« Comme une foule nombreuse s’amassait et que de toutes les villes on venait vers lui, il dit en parabole : « Le semeur était sorti pour semer sa semence » (Luc 8, 4-5). Le Seigneur a recours à des exemples de la vie courante, de l’époque, qui captent par conséquent aussitôt l’attention de ses auditeurs. Ils ont souvent vu le semeur jeter la graine à la volée, quand ce ne sont pas eux qui ont fait ce geste auguste et bénéfique.
Le semeur sème du bon grain. Il sait d’avance que malgré toutes les précautions qu’il peut prendre, tout le grain ne tombera pas dans les sillons, mais qu’une partie sera emportée par le vent et deviendra stérile. En effet, « alors qu’il semait, il tomba du grain le long du chemin ; (lire la suite) il fut piétiné et les oiseaux du ciel le mangèrent. Il en tomba d’autre sur la pierre, et, après avoir poussé, il se dessécha, faute d’humidité. Il en tomba d’autre au milieu des épines, et les épines, poussant en même temps, l’étouffèrent » (Luc 8, 5-7). C’est inévitable. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faille pas semer et poursuivre la tâche avec opiniâtreté. « Semer. — Et le semeur sortit… Sème à la volée, âme d’apôtre ! — Si la graine vient à tomber dans un sillon qui n’en est pas digne, le vent de la grâce l’emportera… Sème, et sois certain que ta semence germera et donnera son fruit » (saint Josémaria, Chemin, n°794).
« Et il en tomba d’autre dans la bonne terre, et il poussa et fructifia au centuple » (Luc 8, 8). Cela suffit à payer le paysan de ses efforts. Il contemple avec joie et reconnaissance la récolte qui s’annonce abondante, et il oublie les déboires et les pertes qu’il a subies en cours de route. C’est le prix à payer. Le travail n’a pas été accompli en vain.
Il existe indéniablement de mauvaises terres, c’est-à-dire des âmes qui ne sont pas disposées à accueillir la semence de la parole de Dieu. Qu’allons-nous y faire ! Au moins prier pendant que nous réalisons ces semailles, qui veulent être des semailles de paix et de joie, pour que le plus grand nombre les reçoivent avec empressement, désireux d’écouter la parole de Dieu et de la mettre en pratique. Notre tâche d’évangélisation est très belle. Nous avons été constitués en intermédiaires entre Dieu et les hommes. Nous sommes devenus, par le baptême, des messagers de la bonne nouvelle. Semer au nom du Christ est une bien belle tâche. » Le semeur sortit pour semer, pour lancer à la volée la semence à tous les carrefours de la terre... — Bienheureux travail que le nôtre ! Faire en sorte que, dans toutes les situations, en tous lieux et à toutes les époques, la parole de Dieu s'enracine, germe et donne du fruit » (saint Josémaria, Sillon, n°970).

(à suivre…)

vendredi 17 décembre 2010

Tous appelés à la sainteté (2)


Tous appelés à la sainteté (2)

Je disais que pour être saint, il faut avoir une vie intérieure. « Le fondement de toute notre activité de citoyens — de citoyens catholiques — réside dans une intense vie intérieure : dans le fait d'être des hommes et des femmes qui font vraiment de leur journée un dialogue ininterrompu avec Dieu » (saint Josémaria, Forge, n° 572). C’est comme cela que la sainteté devient quelque chose d’envisageable et d’accessible, de réaliste malgré le côté ambitieux de l’entreprise. Mais, « ce que Dieu veut plus que tout pour chacun de vous c’est que vous deveniez des saints ».
On ne grandit pas en sainteté sans effort. Le premier effort à fournir est de nous fixer des rendez-vous avec le Seigneur, des moments exclusivement réservés à la prière. Autrement nous serons peut-être bons, sans doute bonasses, mais nous ne pourrons pas devenir saints. (lire la suite) Or, l’objectif que Dieu nous assigne est bien de devenir saints. Et il ne le dit pas à deux ou trois, mais à toi et à moi, à nous tous. « Maintenant que tu as vu sa lumière, si tu étais cohérent avec toi-même, tu devrais avoir le désir d'être aussi saint que tu as été pécheur, et tu lutterais pour qu'un tel désir passe dans les faits » (saint Josémaria, Ibid., n° 883). Nous savoir pécheurs ne nous arrête pas sur la voie de la sainteté. Le péché tout au plus nous freine, si nous le reconnaissons et demandons humblement pardon dans le sacrement de réconciliation, mais nous repartons aussitôt de l’avant de plus belle.
« Remplis-toi de bons désirs. C'est une chose sainte, et que Dieu encourage. Mais n'en reste pas là ! Homme ou femme, tu dois être une âme sensible aux réalités. Pour que tes bons désirs aboutissent à quelque chose, il faut que tu formules des résolutions claires, précises.
— Et ensuite, mon enfant, à toi de lutter à toi de les mettre en pratique, avec l'aide de Dieu ! » (saint Josémaria, Ibid., n° 116). Toujours avec l’aide de Dieu. Mais puisqu’il veut que nous soyons saints, soyons bien persuadés que, de son côté, nous recevons toute l’aide nécessaire. Et donc que la sainteté, aussi élevée soit-elle, n’est pas quelque chose qui nous dépasse, mais un bien possible, et même le seul vrai bien que nous devions ambitionner de toutes nos forces. Et comme nous sommes malgré tout limités et instables, inspirons-nous de la toute-Sainte, de l’exemple de la Vierge Marie pour, avec son assistance maternelle, ne pas dévier du droit chemin et conserver la vraie clef du bonheur, qui « est très simple », comme Benoît XVI le dit. Le bonheur, comme la sainteté, est en Dieu, car Dieu est saint.

(fin)

jeudi 16 décembre 2010

Tous appelés à la sainteté (1)


Tous appelés à la sainteté (1)

« En plus de tout cela, revêtez la charité : c’est le lien de la perfection » (Colossiens 3, 14). Lien de la perfection veut dire aussi lien de la sainteté, car la sainteté est la perfection dans la vertu, dans le bien. La sainteté consiste essentiellement à aimer, donc à mettre en pratique la vertu de charité. Nous sommes tous appelés à la sainteté. C’est une vérité aussi ancienne que le christianisme. Elle résonne dans l’enseignement de l’Apôtre : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (1 Thessaloniciens 4, 3).
Saint Josémaria, le fondateur de l’Opus Dei, s’est fait le champion de cette réalité, relayée solennellement par le concile Vatican II. Récemment, le pape Benoît XVI (lire la suite) l’a rappelé au cours de son voyage apostolique au Royaume-Uni de Grande-Bretagne. S’adressant à des jeunes, même si la remarque vaut pour tout le monde, il leur disait : « Ce que Dieu veut plus que tout pour chacun de vous c’est que vous deveniez des saints. Il vous aime beaucoup plus que vous ne pourrez jamais l’imaginer, et il veut ce qu’il y a de meilleur pour vous. Et de loin, la meilleure chose pour vous c’est de grandir en sainteté » (Benoît XVI, Allocution au collège Sainte-Marie, Twickenham, 17 septembre 2010).
Il ajoutait peu après : « Quand je vous invite à devenir des saints, je vous demande de ne pas vous contenter de la seconde place. Je vous demande de ne pas poursuivre un but limité en ignorant tous les autres. L’argent permet d’être généreux et de faire du bien dans le monde, mais à lui seul, il ne suffit pas à nous rendre heureux. La haute qualification dans l’activité professionnelle est une bonne chose, mais elle ne nous satisfait pas si nous n’avons pas en vue quelque chose de bien plus grand. Elle peut nous rendre célèbre, mais elle ne nous rendra pas heureux. Le bonheur est quelque chose que nous voulons tous, mais un des grands drames de ce monde est que tant de personnes ne le trouvent jamais, parce qu’elles le cherchent là où il n’est pas. La clef du bonheur est très simple – le vrai bonheur se trouve en Dieu. Nous devons avoir le courage de mettre nos espérances les plus profondes en Dieu seul, non pas dans l’argent, dans la carrière, dans les succès de ce monde, ou dans nos relations avec d’autres personnes, mais en Dieu. Lui seul peut satisfaire les exigences profondes de nos cœurs » (Ibid.).
Pour devenir saint, il faut être une âme de vie intérieure, il faut prendre l’habitude de la prière, c’est-à-dire d’un contact personnel et intime avec ce grand Ami qu’est Dieu. Autrement nous en resterons à de bons désirs, bons mais stériles.

(à suivre…)

mercredi 15 décembre 2010

Le monde a besoin de la croix (2)

Le monde a besoin de la croix (2)

Christ. La Croix est symbole d’espérance, parce que c’est le lieu de la rencontre avec le Christ. « Avoir la Croix, c'est avoir la joie : c'est t'avoir, toi, Seigneur ! » (saint Josémaria, Forge, n° 766). Et il est fondamental pour l’homme de faire cette rencontre personnelle avec le Christ. Mais le Christ est sur la Croix.
C’est pourquoi « le monde a besoin de la Croix. La Croix n'est pas uniquement un symbole privé pour la dévotion. Elle n'est pas seulement l'insigne des membres d'un groupe particulier au sein de la société, et, en son sens le plus profond, elle n'a rien à voir avec l'imposition par la force d'un credo ou d'une philosophie. La Croix parle d'espérance, elle parle d'amour, elle parle de la victoire de la non-violence sur l'oppression. (lire la suite) Elle dit que Dieu relève ce qui est humble, qu'il fortifie le faible, qu'il triomphe des divisions et surmonte la haine par l'amour. Un monde sans la Croix serait un monde sans espérance, un monde dans lequel la torture et la brutalité seraient sans contrôle, où la faiblesse serait exploitée et l'avidité aurait le dernier mot. L'inhumanité de l'homme pour l'homme se manifesterait de façon toujours plus horrible, et il n'y aurait aucune fin au cycle vicieux de la violence. Seule la Croix y met fin » (Benoît XVI, dans la paroisse Sainte-Croix, Nicosie, 5 juin 2010).
La Croix n’est donc pas l’apanage des seuls chrétiens. Elle est un cadeau que Dieu fait à l’humanité tout entière. Elle est la présence salutaire de Dieu au milieu de son peuple. Elle est l’instrument du salut. In hoc signo vinces ! La victoire sur les forces du mal est enfermée dans la Croix. Il n’est pas d’autre signe de victoire donné aux hommes. C’est pourquoi là où la Croix ne règne pas, c’est le domaine de l’anarchie, des rivalités, des inimitiés, de l’oppression et de toutes sortes d’injustices. En l’absence de l’instrument du salut, le monde est plongé dans la confusion et ne peut qu’aller à sa perte.
Il faut donc dire et redire que le monde a besoin de la Croix, et qu’elle soit dressée au sommet de toutes les activités humaines, comme le recommandait saint Josémaria, qu’elle soit rendue bien présente pour que toute sa force salvatrice puisse s’exercer et transformer le monde de fond en comble.

(fin)

mardi 14 décembre 2010

Le monde a besoin de la croix (1)

Le monde a besoin de la croix (1)

Saint Paul prêche Jésus et Jésus crucifié : « Je n'ai pas jugé que je dusse savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2, 2). Il précise : « Nous, nous prêchons un Christ crucifié ». Il est bien conscient que c’est « scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils » (1 Corinthiens 23, 1). Mais cela ne l’arrête pas. « Car si quelqu'un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous vous avons prêché, ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez embrassé » (2 Corinthiens 11, 4), qu’il soit écarté de la communauté.
(lire la suite)
Scandale, folie… Et pourtant, « le bois de la Croix est devenu l’instrument de notre rédemption, tout comme l’arbre dont elle a été tirée a entraîné la Chute de nos premiers parents. La souffrance et la mort, qui ont été la conséquence du péché, sont devenus les moyens mêmes par lesquels le péché a été vaincu ». Voilà ce que Benoît XVI déclarait au cours de son voyage pastoral à Chypre (Homélie dans la paroisse Sainte-Croix, Nicosie, 5 juin 2010), une terre évangélisée par saint Paul. Il ajoutait que « l’agneau innocent a été immolé sur l’autel de la Croix, et une vie nouvelle a jailli alors de l’immolation de la victime : le pouvoir du mal a été détruit par le pouvoir de l’amour qui s’offre en sacrifice ».
Le pape laisse ainsi entrevoir l’aspect éminemment positif de la Croix. Parce que ce n’est pas un malfaiteur quelconque, redevable à la justice humaine, qui y a été cloué, mais le Fils de Dieu en personne, sa signification a changé du tout au tout : « C’est en effet un instrument de torture, de souffrance et d’échec mais, en même temps, elle exprime la complète transformation, le renversement définitif de ces afflictions : c’est ce qui en fait le symbole d’espérance le plus éloquent que le monde ait jamais vu. »

(à suivre…)


lundi 13 décembre 2010

Nous reconnaître pécheurs (2)

Nous reconnaître pécheurs (2)

Le juste tombe sept fois » (Proverbes 14, 16). Cette affirmation de l’Ecriture ne doit pas nous affoler. C’est une mise au point salutaire. Saint Paul nous admoneste dans le même sens : « Que celui qui se croit debout prenne garde de tomber. Vous n’avez pas connu de tentation qui dépassât la mesure humaine. Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; en outre, avec la tentation, il vous ménagera aussi la possibilité d’y échapper en ayant la force de la supporter » (1 Corinthiens 10, 12-13). C’est la grande assurance du chrétien. Nous sommes pécheurs, certes, mais Dieu nous aide toujours à nous en sortir. Il y a des épreuves, des tentations, mais Dieu, parce qu’il est un Père infiniment bon et juste, (lire la suite) ne permet jamais qu’elles dépassent les forces qu’il nous donne : « A toi seul, sans le secours de la grâce, tu ne pourras rien faire de valable, parce que tu auras mis un obstacle sur le chemin de tes relations avec Dieu.
Avec la grâce, en revanche, tu peux tout » (saint Josémaria, Forge, n°321).
Ne restons donc pas les bras croisés. Ne baissons pas non plus les bras parce que nous nous heurtons à des obstacles et que nous nous sommes laissés désarçonner. Le panorama des victoires surnaturelles qui s’offre à nous est merveilleux, en comptant avec la grâce de Dieu. L’humilité grandit le pécheur. Elle l’amène à faire entièrement confiance à Dieu. Tout est alors possible. Tout, c’est-à-dire que nous pouvons encore devenir saints malgré tant de péchés, nous pouvons encore proclamer Jésus-Christ. Nous le devons même. Les apôtres que Jésus a choisis pour ce faire étaient avant tout des pécheurs. Leur exemple nous encourage à persévérer. Mais il faut se reconnaître pécheur devant Dieu.

(fin)

dimanche 12 décembre 2010

Nous reconnaître pécheurs (1)


Nous reconnaître pécheurs (1)

A écouter les gens parler d’eux-mêmes, nous avons l’impression d’avoir affaire à de petits génies. Nous sommes facilement fiers de nous, imbus de notre personne, et nous nous gargarisons de nos petits succès. Ce n’est pas l’attitude de saint Paul, qui avait pourtant de quoi se vanter, car il a amené à la foi des milliers et des milliers de gens. Il ne le fait pas parce qu’il est conscient que c’est grâce à Dieu qu’il peut faire du bien. Il écrit en revanche à Timothée : « Sûre et bien digne de créance est cette parole : « Le Christ Jésus est venu en ce monde pour sauver les pécheurs », et j’en suis un, moi le premier » (1 Tm 1, 15). J’en suis un, le premier… Il garde présent à l’esprit sa condition de persécuteur (lire la suite) de l’Eglise et du Christ et sa rencontre avec le Seigneur sur le chemin de Damas : « Qui es-tu, Seigneur ? » Et lui : « Je suis Jésus que tu persécutes » (Actes 9, 5). Il sait également qu’il est pécheur : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas » (Romains 7, 19).
C’est pourquoi « il n’a pas dit « j’étais » mais « je suis ». Ses péchés étaient pardonnés devant Dieu, mais Paul en a gardé le souvenir. Ce que Dieu avait annulé, il en parlait lui-même » (saint Jean Chrysostome, Sermo non esse ad gratiam conc. 4). Cette condition de pécheur n’annule pas notre amour de Dieu. Bien au contraire, elle est tenable parce que nous aimons Dieu malgré tout. Nous pouvons dire avec saint Pierre : « Seigneur, tu sais tout : tu sais que je t’aime » (Jean 21, 17). La prise de conscience du péché amène à réaffirmer l’amour de Dieu, mais il faut avoir l’humilité de se reconnaître pécheur : « Tu m'écris, et je recopie : « Domine, tu scis quia amo te ! » — Seigneur, tu sais que je t'aime ! Combien de fois, Jésus, je redis et redis encore, comme une litanie aigre-douce, ces paroles de ton Céphas. Parce que je sais que je t'aime, mais je suis si peu sûr de moi que je n'ose pas te le dire clairement. Il y a tant de négations dans ma vie perverse ! « Tu scis, Domine ! » — Tu sais que je t'aime ! — Que mes œuvres, Jésus, ne contredisent jamais ces élans de mon cœur » (saint Josémaria, Forge, n° 176).
C’est, en effet, une belle prière. C’est le genre de prière qui émeut particulièrement le cœur du Christ. A l’inverse, il n’y a rien qui fasse davantage obstacle à la grâce que l’orgueil, qui est un amour désordonné de soi, qui oblitère l’amour de Dieu et le rend impossible.
Nous ne devons pas nous étonner de ressentir en nous l’attrait de mal, de constater l’existence du fomes peccati, du « foyer du péché ». Ce qui compte, ce n’est pas d’être impeccable – ce qui est impossible ici-bas – mais de demander pardon à Dieu chaque fois que nous l’avons offensé, de nous confesser régulièrement, en sachant que « sept fois le juste tombe, et sept fois il se relève » (Proverbes 24, 16).

(à suivre…)

samedi 11 décembre 2010

Quand Dieu nous abandonne (2)


Quand Dieu nous abandonne (2)

La vision surnaturelle des événements nous amène à y voir une bénédiction de Dieu, même quand ils paraissent, et sont, adverses, à sentir la proximité du Dieu Sauveur qui, en quelque sorte, quémande un peu d’amour de notre part et que nous saisissions la Croix de Jésus pour en alléger le poids.
Il ne serait ni juste ni raisonnable que nous n’adhérions aux plans de Dieu que quand cela nous est agréable, et que nous nous révoltions dès qu’une difficulté apparaît. Il est vain, et néfaste, pour un chrétien d’évacuer la Croix. Vain, parce que, (lire la suite) qu’il le veuille ou non, elle se présente toujours, à divers moments de son existence. Néfaste, parce que le salut provient de la Croix et d’elle seule. Hors de la Croix, point de salut !
« Bonheur et faveur seront avec moi tous les jours de ma vie, et j’habiterai dans la maison de Yahvé pour de longs jours » (Psaume 23, 6). Tous les jours. Quoi qu’il arrive. Tout est don de Dieu, bénédiction divine, occasion de sainteté. « Pour nous c’est le nom de Yahvé notre Dieu qui donne la force. Eux, ils plient et ils tombent ; nous, nous restons debout et tenons ferme » (Psaume 20, 8-9).
Nous tenons bon dans l’adversité, car nous restons avec Dieu. Lui ne s’écarte jamais de nous. La Croix ne nous déstabilise pas, mais nous rapproche du Christ, que nous y trouvons.
Si Dieu se fait discret, et comme absent, il est pourtant là, qui nous soutient. « En toi se sont confiés nos pères ; ils se sont confiés, et tu les as délivrés. Ils ont crié vers toi, et ils ont été sauvés ; ils se sont confiés en toi, et ils n’ont pas été déçus » (Psaume 22, 5-6). Il n’y a pas de raison pour qu’il en aille différemment de nos jours. Il faut avoir confiance en Dieu. Il ne peut pas ne pas nous écouter, ni cesser d’exercer sa bonté en notre faveur.
Elle peut prendre la forme de la Croix, mais celle-ci ne doit pas nous déconcerter. Ne sommes-nous pas habitués à la vénérer, et à la tracer sur nous-mêmes ? C’est un geste plein de sens, qui nous engage.

(fin)

vendredi 10 décembre 2010

Quand Dieu nous abandonne (1)


Quand Dieu nous abandonne (1)

« Même quand je marche dans une vallée pleine d’ombre, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton, c’est mon réconfort » (Psaume 23, 4). Nous avons confiance en Dieu, parce que « Yahvé est mon pasteur : je ne manque de rien » (Psaume 23, 1). « Comme le berger, il paîtra son troupeau ; de son bras il recueillera les agneaux et les portera dans son sein ; il conduira doucement celles qui allaitent » (Isaïe40, 11).
Tout cela est très beau, presque trop beau. Mais que dire quand les malheurs fondent sur nous ? Que reste-t-il de notre assurance (lire la suite) quand nous manquons de moyens matériels, quand des problèmes de santé se font jour, quand nous sommes la proie d’inimitiés tenaces, quand des conflits et des guerres se déclenchent… ? Ne ressentons-nous pas alors comme un abandon de la part de Dieu ? « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné, loin de mes appels, des paroles de ma plainte ? » (Psaume 22, 2).
Mais cet abandon est relatif. Car notre Dieu n’est pas un Dieu changeant, soumis à des variations de caractère, à des sautes d’humeur. Cette déréliction est permise par Dieu pour que nous fassions l’expérience de son amour. C’est une grâce qu’il nous octroie pour que nous sachions nous unir à la Croix de son Fils. Oui, c’est Dieu qui se penche sur nous pour sculpter notre âme et en faire un autre Christ. Dieu ne nous fait pas défaut, même quand il semble nous abandonner. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain. Crions vers lui : « Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi, car en toi mon âme cherche un refuge ! Je me réfugie à l’ombre de tes ailes, jusqu’à ce que la calamité soit passée. Je crie vers le Dieu Très-Haut, le Dieu qui fut pour moi bon » (Psaume 57, 2-3).
Il a manifesté sa bonté et il la manifestera encore et toujours. Car Dieu est foncièrement bon. Il est la Bonté même. Et il ne peut vouloir que le bien pour nous.
Dieu est omniprésent d’une présence d’amour. Il nous redit sans cesse : « C’est d’un amour éternel que je t’ai aimé, aussi je t’ai conservé ma faveur » (Jérémie 31, 3). En dépit de tout.

(à suivre…)

jeudi 9 décembre 2010

Boire à la coupe de la charité (2)

Boire à la coupe de la charité (2)

Il faut dépasser ce qui est purement charnel et qui, d’ordinaire, est un poids qui nous entraîne vers le bas et ne nous élève pas jusqu’à Dieu. Saint Jean nous invite fermement à lutter contre les trois concupiscences : « Tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde » (1 Jean 2, 16).
« C’est ainsi que l’on boit la coupe du Seigneur lorsque l’on observe la sainte charité » (Fulgence de Ruspe, (Traité contre Fabien). Il conviendrait peut-être de nous purifier intérieurement avant d’aller communier et de nous réconcilier (lire la suite) avec celui de nos frères après lequel nous avons une dent, que nous critiquons ou que nous éprouvons du mal à pardonner. Tâchons de nous approcher de la sainte table avec une charité vive, pour recevoir le Corps du Christ avec le plus grand fruit possible.
C’est pourquoi Fulgence rappelle l’avertissement de saint Paul : « Sans elle on pourrait se faire brûler vif, sans que cela serve à rien », réminiscence de ce que saint Paul écrit aux chrétiens de Corinthe (1 Co 13, 1-3).
« Le don de la charité nous apporte ceci : que nous soyons réellement ce que, dans le sacrifice, nous célébrons sacramentellement » (Fulgence de Ruspe, Ibid.). Nous célébrons justement l’amour de Jésus porté à son comble. « Puisque le Christ est mort pour nous par amour, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, nous demandons que l’amour nous soit accordé par la venue du Saint-Esprit ; nous prions humblement qu’en vertu de cet amour, par lequel le Christ a voulu mourir pour nous, nous puissions considérer le monde comme crucifié pour nous, et être nous-mêmes crucifiés pour le monde » (Ibid.).

(fin)

mercredi 8 décembre 2010

L'Immaculée Conception de Marie

L'Immaculée Conception de Ma

En ce jour où l'Eglise fête la conception de la Vierge Marie en l'absence de toute trace du péché originel, soulignons que l'originalité de Maximilien Kolbe, le « Chevalier de l'Immaculée Conception », est de faire valoir toutes les conséquences de ce nom que Marie se donne : « À Lourdes, écrit-il, la Vierge Immaculée répondit à Bernadette qui l'interrogeait : « Je suis l'Immaculée Conception. » Par ses paroles lumineuses, elle exprima non seulement qu'elle fut conçue immaculée mais plus profondément qu'elle était l'Immaculée Conception elle-même. Ainsi autre chose est une chose blanche et autre chose sa blancheur, autre une chose parfaite et autre sa perfection. » (lire la suite)
« Ainsi, à Lourdes, elle s'appela du nom que Dieu lui a donné de toute éternité ; oui, de toute éternité, il la choisit avec ce nom et il la destina à être la Mère de son Fils, le Verbe éternel. Cette appellation, « Immaculée Conception », est finalement bien plus profonde que celle dont se servaient ses parents ou les gens de sa connaissance et qu'elle entendit au moment de l'Annonciation : Ave Maria ! »(Jean-Paul II, Homélie à la chapelle Sixtine, 10 février 1979).

mardi 7 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (7)

Avent et charité fraternelle (7)

Pour nous en tenir à une dernière caractéristique de la vie de famille, mais nous pourrions évidemment en ajouter d'autres, indiquons de savoir ne pas accorder d'importance aux petites choses de caractère, d'horaire, d'organisation matérielle, etc. qui ne coïncident pas avec notre façon de voir. Il n'y a pas d'autre solution que de nous humilier, comme Jésus, Marie et Joseph. C'est à cette condition que la Rédemption de réalise. Et voilà bien quelque chose d'enthousiasmant, de merveilleux.
Une feuille de route pour saint Joseph, pour aller à Bethléem. (lire la suite) Notre feuille de route, également pour aller à Bethléem et appendre des trois à vivre une charité exemplaire, empreinte de finesse, de générosité, accompagnée d'un sourire sincère ? Nous aurons alors nous aussi envie d'entonner un Magnificat, notre Magnificat, et notre vie tout entière sera un chant ininterrompu d'action de grâce. Magnificat anima mea Dominum !
(fin)

lundi 6 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (6)

Avent et charité fraternelle (6)

Une prière constante. Et le recours à une pratique évangélique, celle de la correction fraternelle (cf. Luc 17, 3-4). Et de deux ! Nous sommes en train de parler des moyens pour tirer autrui vers le haut. Un deuxième moyen est la correction fraternelle. Est-ce un moyen dont j'use ? Avec quelle fréquence ? Envers tout le monde, ou en me fixant sur quelqu'un de précis, ce qui pourrait traduire éventuellement un manque de droiture d'intention ? Nous faisons des corrections fraternelles parce qu'avant nous avons prié beaucoup. Cela va de pair. Nous ne ferons pas de correction fraternelle si les autres sont absents de notre prière, de l'horizon de notre propre vie spirituelle. La correction fraternelle va être la conséquence de ma conversation avec le Seigneur, dans laquelle je témoigne de toute mon affection pour mes frères et mes sœurs.
(lire la suite)
Après cela, qu'il y ait une grande délicatesse dans les rapports mutuels. Dans le ton avec lequel nous disons les choses, dans l'attention que nous portons à ce que l'on nous dit alors que notre tête risque parfois d'être ailleurs, dans la manière de répondre qui ne cherche pas à nous débarrasser mais à aider, à être positif, à contribuer à résoudre des problèmes non à en créer de nouveaux, ou à permettre d'agir utilement. Cette attitude s'accompagne logiquement d'un sourire en présence d'un désagrément éventuel, d'un sourire qui est « sincère », non forcé. Parfois, certes, il faudra peut-être faire un effort pour sourire, et cela se remarquera. Mais on verra bien en même temps que c'est parce que nous sommes fatigués, que nous avons mal dormis, non parce que l'on nous dérange ou que nous sommes mal lunés. Cela, il faut effectivement le surmonter. Montrons un sourire sincère. Parce que, franchement, de quoi pouvons-nous nous plaindre ? Que nous manque-t-il ? L'Emmanuel ? Il est avec nous. Cela te semble-t-il peu ? Ce sourire sincère et cette façon de vivre la charité nous ferons toucher du doigt à quel point la vie ici-bas est un recoin du foyer de Nazareth, déjà un petit bout de paradis.
Un sourire sincère, parce que nous avons sous les yeux l'exemple de l'Enfant Jésus, Fils de Dieu fait homme, Frère dans notre humanité, Sauveur de notre humanité. Devant un petit enfant, on fait des risettes pour l'amuser, le détendre, voir sa réaction... Le contexte porte à la paix et à la joie. Il peut y avoir des désagréments, bien sûr. Dans la vie de la Sainte Famille nous en trouvons, et de sérieux. Alors nous aurions pu nous attendre à une « fausse note ». Mais tel n'est pas le cas. Ce que nous entendons, c'est une musique céleste, ce sont des cantiques d'allégresse et d'action de grâce des anges. C'est la mélodie du bonheur qui monte de la terre, de notre terre vers Dieu, vers notre Dieu qui est au ciel, et qui vient parmi nous.

(à suivre...)

dimanche 5 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (5)


Avent et charité fraternelle (5)

Une feuille de route, disais-je, pour que notre maison devienne de pleine droit un « recoin du foyer de Nazareth ». « Rendons continuellement grâce à Dieu » pour cela. C'est une orientation très utile pour notre vie. Les temps de l'Avent, et celui de Noël qui y fait suite, sont particulièrement propices à l'action de grâce, aux remerciements. C'est l'époque de l'année où les gens échangent des cadeaux et se remercient mutuellement.
Nous avons bien mieux à nous offrir qu'un MP3, une paire de gants ou une console de jeux. Les cadeaux que nous offrons, (lire la suite) sont bien plus abondants ; ils ne sont pas limités à un moment de l'année, mais sont permanents. C'est ce que nous rappelle la contemplation de la vie de la Sainte Famille, quand nous prêtons attention à la façon dont Jésus, Marie et Joseph vivent les uns pour les autres. Nous apprenons ainsi à nous dépenser généreusement pour ceux qui nous entourent. Se dépenser se dit « gastarse » en espagnol, et il me semble que ce mot comporte une notion d'usure qui correspond bien à la situation de donner vraiment ce que nous avons, ce que nous sommes, pour que nos vertus, les biens que nous possédons, passent aux autres. Généreusement et joyeusement : c'est un peu la même chose. L'on ne peut pas être généreux si l'on n'est pas heureux de faire du bien, de venir en aide à notre prochain, de contribuer à tirer le monde vers le haut, vers la Lumière qu'est le Christ.
Et comment tirons-nous les autres ? La réponse est simple : par une prière constante. Il s'agit de ceux qui nous entourent. Une prière constante pour eux et elles. Donc une prière de tous les jours, indépendamment de moments plus intenses où nous tâchons de faire en sorte que les soucis, les joies et les peines des autres, soient les nôtres, où les projets, les échéances de travail, les soucis de santé des autres soient aussi les nôtres. Le simple fait de demander : « Comment cela s'est-il passé ? », « qu'a donné ta démarche ? », « ton voyage s'est-il bien déroulé ? », « as-tu bien dormi », « est-ce que cela va mieux qu'hier » suffit à mettre un peu de bonheur autour de soi.

(à suivre...)

samedi 4 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (4)


Avent et charité fraternelle (4)

directeurs, qui doivent guider notre vie de tous les jours, nos relations dans la vie de famille. Et l'exemple de la Sainte Famille s'impose à nous. Il nous invite une fois de plus à contempler, à méditer comment on y vit le don de soi et l'amour du prochain. Et ce, pour dresser un constat : « Tout coopère, comme dans une engrenage magnifique - divin et humain - à transformer la vie à plusieurs en une fréquentation aimable, dans un souci continuel d'aide et de compréhension », à faire, sans tomber dans les courbettes et les révérences propres au Grand Siècle à Versailles, ni dans rien de contrefait, à ce que nous nous aimions opere et veritate. Cela veut dire aimer quand il faut se dépenser, user sa vie pour le bienfait, le profit spirituel et humain des autres. (lire la suite)
Nous avons dans ces quatre points comme une feuille de route, des principes À Nazareth, nous constatons que chacun fait assaut, avec grand naturel, un naturel surnaturel, de service, de compréhension, de marques d'attention et d'affection, de don de soi. Chacun est la joie du foyer, le boute-en-train. Et parce qu'il s'agit de vivre non pour soi, mais pour les autres, cela suppose un effort constant, une tension permanente, des renoncements de tous les instants aux goûts personnels, aux préférences légitimes.
Notre foyer est un recoin du foyer de Nazareth. Il doit l'être en tout cas. Il l'est si nous le voulons. L'installation dépend de nous. Cela coûte, tout comme il en coûte d'installer et de décorer la maison. Mais comme on y est bien ensuite ! Un havre de paix, un refuge face aux difficultés. Non pour les fuir. Mais le lieu où nous pouvons refaire nos forces pour les affronter avec un esprit sportif, un moral de vainqueur, le désir de remporter la bataille au nom du Seigneur; pour sa gloire et le salut des âmes. C'est un engrenage divin et humain.

(à suivre...)

vendredi 3 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (3)


Avent et charité fraternelle (3)

2) Le second point pour vivre la charité fraternelle est qu'il n'y ait pas de routine dans la fraternité. Pas de laisser-aller non plus. Chacun d'entre nous, en plus d'être frère ou sœur des autres, est aussi bon pasteur. Et le Bon Pasteur va chercher la brebis égarée, laissant les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert. Et quand il l'a retrouvée, il la charge, tout joyeux, sur ses épaules (cf. Luc 15, 4-7). Même si l'erreur est petite, il convient d'aider à la corriger. Pour éviter qu'elle ne grandisse et ne finisse par faire du tort à tous. Marie et Joseph ne se sont pas laissé aller sous prétexte que personne n'acceptait de les héberger à Bethléem. Ils aimaient Dieu à fond et s'aimaient eux-mêmes. (lire la suite)
3) En suite, pas de visage à la mine allongée. L'on peut avoir une mine allongée si l'on est aspiré par une soufflerie... ou pris dans une avalanche. Autrement non ! Il n'est pas nécessaire d'aller cher Photomaton pour voir la mine que nous faisons. Est-ce que fais un effort pour sourire quand je suis fatigué, que j'ai mal à la tête ou que je souffre de rhumatismes, etc. ? Notre ascétisme doit être un ascétisme souriant. Aimer nos frères et nos sœurs n'est pas une corvée ! Après l'amour de Dieu et de la Sainte Vierge, c'est ce qu'il y a de plus beau, de plus prenant. Cela en vaut vraiment la peine. « Il ne suffit pas d’être savant, encore que bon chrétien. — Si tu ne corriges pas les brusqueries de ton caractère, si tu rends ton zèle et ta science incompatibles avec la bonne éducation, je ne crois pas que tu puisses devenir saint. — Et si tu es savant, bien que tu le sois, tu devrais être attaché à un râtelier comme une mule » (saint Josémaria, Chemin, n° 350). « Ne sois pas triste. — Que ta vision des choses soit plus… « nôtre », plus chrétienne » (Ibid., n° 664). « Je voudrais que tu sois toujours content parce que la joie est partie intégrante de ton chemin. — Demande, pour tous, cette même joie surnaturelle » (Ibid., n° 665).
4) Enfin ne pas rendre de services de mauvaise grâce, en montrant que cela nous embête et nous dérange, que nous avons autre chose à faire, ou en râlant. Ce qui n'est guère constructif. Est-ce que je travaille toujours avec la joie de qui se sait enfant de Dieu ? Cela demande de nous appliquer. Il n'est pas nécessaire d'avoir des manifestations extérieures d'enthousiasme, qui seraient parfois factices, et peut-être un artifice. Mais tâchons d'avoir toujours la disposition de servir, d'être un tapis moelleux sur lequel les autres puissent marcher à leur aise, comme saint Josémaria le conseillait.

(à suivre...)

jeudi 2 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (2)


Avent et charité fraternelle (2)

Le chemin de la fraternité est un chemin de sainteté. Car celui qui dit « J'aime Dieu », et qui haït son frère, c'est un menteur. Celui, en effet, qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu, qu'il ne voit pas » (1 Jean 4, 20).
Il nous est profitable de méditer sur le comportement des trois membres de la Sainte Famille. « Nous ne pouvons pas imaginer de manques d'égards volontaires », que l'un ou l'autre n'ait pas apporté volontairement tout le soin possible à s'occuper des autres. Et pas davantage de manques d'égards involontaires, car cela aurait supposé une imperfection de leur part, un manquement à leurs devoirs d'état, ce qui, au moins pour Marie et Jésus, est impensable. Nous n'imaginons pas non plus chez eux « de routine ou de laisser-aller, de « mines allongées » ou de services rendus de mauvaise grâce ». (lire la suite)
Nous avons là quatre points précis pour notre méditation et notre examen de conscience. Quatre points sur lesquels il est bon de s'arrêter calmement, en demandant des lumières au Saint-Esprit, des lumières que la venue du Seigneur nous apporte, pour découvrir quelle est notre intention dans chacune de nos actions, pour comprendre les réactions que nous suscitons parfois et accepter de devoir rectifier, de nous remettre en cause, pour les autres. C'est notre affaire, afin que de créer une atmosphère telle autour de nous qu'il n'existe pas, en définitive, d'endroit meilleur pour vivre et pour mourir. Et pour en arriver là, eh bien ! il nous appartient, à chacun, d'apporter notre petite contribution, petite mais qui soit vraiment tout ce dont nous sommes capables. Voici le premier point.
1) Alors il n'y aura pas de routine dans la fraternité. Je ne m'habitue pas, je ne baisse pas les bras, je n'abandonne pas la pratique de la correction fraternelle (cf. Luc 17, 3-4) ; c'est-à-dire que je tire pas un trait sur tel de mes frères ou des mes sœurs, en me disant implicitement qu'il « ne sert pas » ou qu'il « ne sert pas dans tel domaine », pour tel genre d'activité, que je ne vais pas le changer, que c'est peine perdue. Nous, en effet, nous n'allons pas le changer, mais, lui, avec l'aide de la grâce de Dieu, de notre prière, de l'aide de notre charité, il peut changer. Il faut lui faire confiance, et faire confiance au Saint-Esprit. Qui est précisément l'Esprit de la fraternité, de la charité. Autrement, c'est à désespérer de notre propre progression dans la sainteté. Ou alors, il n'y a que nous qui pouvons nous améliorer ! « Tu te heurtes au caractère de tel ou tel… — C’est inévitable : tu n’es pas un louis d’or, que tu puisses plaire à tout le monde. Et puis, sans ces heurts avec ton prochain, comment émousserais-tu les pointes, les arêtes et les saillants — les imperfections, les défauts — de ton caractère ? Comment atteindrais-tu le fini, le poli, la ferme souplesse de la charité et de la perfection ? Si ton caractère et le caractère de ceux qui t’entourent étaient douceâtres et mous comme des meringues, tu ne te sanctifierais pas » (saint Josémaria, Chemin, n° 20).

(à suivre...)

mercredi 1 décembre 2010

Avent et charité fraternelle (1)


Avent et charité fraternelle (1)

Enseigne-moi, fais-moi découvrir tes voies, Seigneur, les chemins divins de la terre, ceux sur lesquels tu veux que je m'engage, ou que je m'investisse plus à fond, ceux que je suis appelé à sanctifier, en y faisant briller la lumière de Noël, l'annonce de la Bonne Nouvelle : « Je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira grandement tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Messie Seigneur » (Luc 2, 10-11).
Les rois Mages se sont mis en route à la vue d'une étoile, dont ils comprennent par une illumination intérieure, qu'elle va les guider vers le Roi des Juifs. (lire la suite) Et quand cette étoile disparaît de leur horizon, ils se tournent vers Hérode pour lui demander leur chemin. Puis, informés, ils reprennent la route.
Le prélat de l'Opus Dei désignait un des sentiers sur lesquels nous devons progresser, « un aspect de notre vie chrétienne qui doit être un point central de notre cheminement », le point de référence, pour le dire autrement, un aspect-charnière. Et c'est « la fraternité, l'intérêt des uns pour les autres, qui est palpable à Nazareth ».
Quand saint Josémaria dit que les chemins de la sainteté dans la vie ordinaire se sont ouverts devant nous, sous nos pas, c'est bien sûr d'abord le chemin de la fraternité, de la fraternité bénie, qui trouve son origine, son modèle, dans la perfection avec laquelle les trois membres de la Sainte Famille vivent la charité mutuelle, et envers les hommes en général bien sûr. Mais ce qui nous intéresse ici, en ce moment, c'est la charité fraternelle.
La fraternité est un vrai chemin de sainteté dans la vie ordinaire. Le chemin de ceux qui ne veulent pas vivre égoïstement. Il faut « mettre le taquet » à fond, c'est-à-dire faire son maximum. Comme quand quelqu'un veut décrocher un concours. Il faut voir le mal qu'il se donne, les heures de travail prises sur le sommeil... Il s'agit bien de cela en effet, de décrocher un siège au paradis... À la fin de notre vie, « à la fin du jour, c'est sur l'amour qu'on vous examinera. Apprenez donc à aimer Dieu comme il désire l'être et laissez là ce que vous êtes » (Saint Jean de la Croix, Maxime 80, Œuvres complètes, DDB, 1949, p. 1306). Et en tout premier lieu c’est sur l'amour pour nos frères que nous sommes jugés.
« La crèche nous présente Marie, notre très Sainte Mère, et saint Joseph qui, par leur attention généreuse et joyeuse, prennent soin de Jésus, la seconde Personne de la Très Sainte Trinité, qui est venu au monde pour nous ouvrir le chemin du ciel. Dans l'atmosphère de la Sainte Famille, nous ne pouvons pas imaginer de manques d'égards volontaires, de routine ou de laisser-aller, de « mines allongées » ou de services rendus de mauvaise grâce. » En effet, nous ne l'imaginons pas. Ne pensons pas pour autant que « tout baigne », c'est-à-dire que tout se fasse tout seul, comme par enchantement. Il n'y a pas d'amour là où il n'y a pas de don de soi désintéressé, de sacrifice, de renoncement, d'oubli de soi, de recherche de ce que l'on pourrait bien trouver pour venir en aide aux autres et alléger le poids de la vie. C'est bien de cela dont il s'agit.

(à suivre...)

mardi 30 novembre 2010

Boire à la coupe de la charité (1)

Boire à la coupe de la charité (1)

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Romains 5, 5). Fulgence de Ruspe explique cette affirmation essentielle de l’Apôtre en ces termes : « Car justement, la participation au corps et au sang du Seigneur, lorsque nous mangeons son pain et buvons à sa coupe, c’est cela qui nous invite à mourir au monde en ayant notre vie cachée avec le Christ en Dieu, et à crucifier notre chair avec ses passions et ses convoitises » (Traité contre Fabien).
Depuis notre baptême la grâce agit en nous, en nous amenant à dépouiller le « vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses » (Ephésiens 4, 22), et donc à mortifier les tendances mauvaises que nous notons en nous. Nous sommes invités à (lire la suite) mourir aux choses de ce monde, compris ici comme faisant obstacle à notre sanctification, afin de vivre de la vie divine, qui a commencé à se manifester précisément lors de notre baptême.
La grâce de Dieu est fondamentalement une grâce d’amour. Le Seigneur nous a invités à aimer son Père par-dessus tout et à nous aimer les uns les autres : « Voici quel est mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 15, 12). La vie chrétienne se résume à ce commandement de l’amour.
« C’est ainsi que tous les fidèles qui aiment Dieu et le prochain, même s‘ils ne boivent pas à la coupe de la passion corporelle, boivent cependant à la coupe de l’amour du Seigneur » (Fulgence de Ruspe, Ibid.). Nous ne participons qu’indirectement à la Passion de notre Seigneur, en nous efforçant de vivre unis au Christ et centrés sur le Sacrifice de la messe. Cette participation doit quand même solliciter tout notre être et toutes nos forces. Elle ne peut pas être fragmentaire, car nous ne nous sanctifions pas par petits bouts ou par secteurs d’activité. C’est toute notre vie qui doit être sainte.
Mais nous pouvons boire à « la coupe de l’amour du Seigneur », à la coupe de la charité. C’est-à-dire que nous devons rester attentifs à vivre la charité dans tous nos actes, et ne pas agir mus uniquement par des motifs humains, surtout pas des motifs d’autosatisfaction ou d’auto-affirmation. Après l’humilité, la charité est sans doute la vertu la plus difficile à vivre, car elle peut être mise à mal de mille manières, la plupart du temps unies d’ailleurs à l’orgueil.
« Une fois enivrés par elle », par cette coupe de l’amour, les fidèles « doivent faire mourir en eux ce qui appartient encore à la terre ; eux qui ont revêtu Jésus-Christ, qu’ils ne s’abandonnent pas aux désirs de la chair, qu’ils ne regardent pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas » (Ibid.).

(à suivre…)

lundi 29 novembre 2010

Revêtir le Christ (2)


Revêtir le Christ (2)

« Revêtez le Seigneur Jésus-Christ. » Nous atteignons d’autant plus facilement cet objectif que nous prenons l’habitude de fréquenter notre Seigneur et de découvrir sa vie, qui est d’une richesse extraordinaire, parce qu’elle est divine. « Ces minutes que tu consacres chaque jour à la lecture du Nouveau Testament, selon le conseil que je t’ai donné (essayer de bien entrer dans chaque scène, et d’y participer, comme un personnage de plus) elles sont là pour que tu incarnes, pour que “ tu accomplisses ” l’Évangile dans ta vie…, et pour “ le faire accomplir ” » (saint Josémaria, , n° 672). L’Evangile n’est pas à proprement parler une biographie du Christ. En tout cas pas selon les critères actuels de ce genre littéraire. Il est en réalité beaucoup plus que cela, (lire la suite) car il nous met en contact réel avec un personnage qui reste bien vivant : « Jésus-Christ est le même hier et aujourd'hui ; il le sera éternellement » (Hébreux 13, 8). Bien qu’il soit mort sur la Croix pour nos péchés, il est vraiment ressuscité, il « s’est ressuscité » et il est « assis à la droite de Dieu » (Colossiens 3, 1).
La lecture méditée de l’Evangile nous aide à vivre cet autre conseil de saint Paul : « Soyez des imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés » (Éphésiens 5, 1). Imitons Dieu, qui est le seul saint (cf. Lévitique 11, 44), et prenons comme modèle Jésus-Christ, qui « est l'image du Dieu invisible » (Colossiens 1, 15).Telle est la grandeur de la vie chrétienne, telle est sa beauté. Nous voyons bien qu’elle est bien autre chose que l’accomplissement coincé d’une série de préceptes. Elle est entièrement faite d’amour. Elle nous invite à nous éprendre de Dieu, à vivre avec lui, à partager son existence, pour ressembler à Jésus-Christ, qui s’est fait « obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix » (Philippiens 2, 8). Qu’elle est belle notre foi chrétienne ! Les sacrifices et les renoncements qu’elle demande en valent la peine. « Buvons jusqu’à la lie le calice de la douleur en cette pauvre vie d’à présent. — Qu’importe de souffrir dix, vingt, cinquante ans…, si c’est ensuite le ciel pour toujours, pour toujours…, pour toujours ? » (saint Josémaria, Chemin, n°182).

(fin)

dimanche 28 novembre 2010

Revêtir le Christ (1)

Revêtir le Christ (1)

« Revêtez le Seigneur Jésus-Christ » (Romains 13, 14). Ce conseil de l’Apôtre est d’une grande importance. « Si je vis, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). Sous l’action de la grâce sanctifiante, nous devons nous identifier progressivement au Christ, changer de peau en quelque sorte, c’est-à-dire nous dépouiller du « vieil homme corrompu par les convoitises trompeuses » (Ephésiens 4, 22) que le péché nous a transmises pour revêtir « l’homme nouveau créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables » (Ephésiens 2, 24) et fait à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Genèse 1, 26). (lire la suite)
« En parlant de deux amis, nous disons que l’un s’est revêtu de l’autre pour signifier leur grand amour et leur rapport constant ; en effet, celui qui revêt quelque chose, ressemble à ce dont il est vêtu. Que le Christ apparaisse toujours en nous » (saint Jean Chrysostome, In Epistolam ad Romanos homiliae 24, 4).
« Nous devons tous être "ipse Christus" — le Christ lui-même. C'est ce que nous recommande saint Paul au nom de Dieu : "induimini Dominum Iesum Christum" — revêtez-vous de Jésus-Christ.
Que chacun d'entre nous — et toi aussi ! — examine comment il se revêt de ce vêtement dont nous parle l'Apôtre » (saint Josémaria, Forge, n° 74). C’est-à-dire dans quelle mesure nous laissons le Christ gouverner nos sens et nos puissances ; dans quelle mesure c’est la loi de la grâce et de l’amour qui commande notre comportement, et non la loi du goût et de la facilité ; dans quelle mesure nous cherchons le bien, non le mal. Même si dans tout mal nous visons en premier un certain bien… « Que chacun ne cesse de dialoguer personnellement avec le Seigneur » (Ibid.).
Dialoguer avec le Seigneur dans la prière permet de nous approprier son langage, ses paroles, ses raisonnements. Nous apprenons à être moins humains et plus divins. Il existe une « bonne divinisation », qui consiste précisément à laisser le Seigneur agir en nous. Ce n’est pas perdre sa personnalité. Car Dieu nous respecte tel que nous sommes, tels qu’il nous a créés, et donc tels qu’il nous aime. Mais il veut nous attirer à lui, car c’est le bonheur pour lequel il nous a justement créés. Il veut que nous revêtions Jésus-Christ, c’est-à-dire que nous soyons d’authentiques chrétiens, des hommes qui « respirent chrétien », qui ne se laissent pas séduire par l’air du temps ni intimider par les moqueries de nos semblables.

(à suivre…)