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dimanche 15 février 2015

La résurrection de Lazare (5)

La résurrection de Lazare (5)

« Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée. « Les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). « Jésus donc, frémissant de nouveau (lire la suite) en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la pierre avait déjà été roulée… Mais aujourd’hui, elle se pose, car Lazare est bel et bien dans la tombe. Aussi Jésus ordonne-t-il : « Ôtez la pierre ! » (Jean 11, 39). Cette injonction provoque la surprise. Marthe a beau croire que Jésus est la Résurrection et le Messie, elle hésite : « Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Que ce soit le quatrième ou le quarantième jour n’a pas d’importance pour Jésus. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » (Jean 11, 40). Cette gloire de Dieu pour laquelle Lazare est tombé malade puis est décédé. Cette gloire de Dieu que seuls quelques privilégiés ont pu voir, comme Moïse sur le mont Horeb et les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, au jour de la Transfiguration (cf. Lc 9, 28-36). Ce à quoi sommes aussi appelés. C’est l’autre issue du jugement particulier : le ciel. En quoi consiste-t-il ? « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu’ils le voient " tel qu’il est " (1 Jean 3, 2), face à face (cf. 1 Corinthiens 13, 12 ; Apocalypse 22, 4). […] Cette vie parfaite avec la Très Sainte Trinité, cette communion de vie et d’amour avec Elle, avec la Vierge Marie, les anges et tous les bienheureux est appelée " le ciel ". Le ciel est la fin ultime et la réalisation des aspirations les plus profondes de l’homme, l’état de bonheur suprême et définitif » (Catéchisme de l’Église Catholique, nos 1023-1024). (à suivre…)

vendredi 13 décembre 2013

Marie et la connaissance de Jésus (1)

Marie et la connaissance de Jésus (1)

Avec l’Ascension de Jésus au ciel, où il siège désormais à la droite du Père (cf. Colossiens 3, 2), la parole de la Vierge Marie est libérée. Tant que son Fils partageait notre existence terrestre, elle restait toujours en retrait, tout en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour lui faciliter l’accomplissement de sa mission. Elle avait, sans doute involontairement ou inconsciemment agi comme déclencheur de ce ministère public de notre Seigneur par son intervention lors de noces célébrées à Cana, auxquelles elle avait été conviée tout comme Jésus et ses premiers disciples(cf. Jean 2, 1-11). (lire la suite) Mais après cet événement, elle semble s’être effacée derrière son Fils. Sans doute a-t-elle souvent renvoyé vers lui ceux qui venaient la voir et l’interroger. Qui mieux que Jésus de Nazareth pouvait dire ce qu’il avait à nous dire de la part du Père ? Un jour, des Grecs virent à Philippe et lui dirent : « ‘Nous voudrions bien voir Jésus’. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe allèrent le dire à Jésus’ » (Jean 12, 21-22). Rien ne nous interdit de penser que la très Sainte Vierge ait pu jouer à plus d’une reprise ce même rôle d’intermédiaire entre les hommes et notre Rédempteur. Elle exerçait ainsi déjà sa Maternité spirituelle qui consiste à nous conduire au Christ et, par lui, au Père puisque « celui qui m’a vu a vu le Père », commentera Jésus au même Philippe (Jean 14, 9). Mais désormais, une fois Jésus retourné à la maison du Père, Marie peut nous parler de lui, sans risquer de le gêner par des commentaires et des éloges qu’il n’aurait pas acceptés, même s’ils correspondaient à la plus stricte vérité. À Béthanie, Maire, la sœur de Lazare, était suspendue aux lèvres du Maître parlant de son Père et de notre Père, et du royaume des cieux qu’il était venu instaurer sur terre. Nous sommes aussi captivés quand nous entendons quelqu’un nous faire part d’une expérience exceptionnelle qu’il a faite dans sa vie ou nous parler, par exemple, d’un ancêtre commun, que nous n’avons pas personnellement connu. Nous l’écoutons religieusement, comme on dit, parce que cela nous passionne et nous concerne. Mettons-nous donc à l’écoute de Marie pour comprendre, ou découvrir, bien des choses de la vie de Jésus qu’elle seule peut nous dévoiler, qui font partie de ce trésor qu’elle accumulait dans son cœur et qui alimentait sa prière (cf. Luc 2, 51). Nous nous passionnons nous aussi à l’écouter, comme les apôtres réunis avec elle au Cénacle (cf. Actes 1, 14) dès le jour de l’Ascension. « Regarder la très Sainte Vierge est vraiment un acte consolateur, qui oriente et confirme la doctrine dans notre âme : la foi, l’espérance et la charité, unies aux autres vertus. Elle dirige ainsi notre vie au-delà des limites de notre existence terrestre, au-delà des confins du temps présent » (Paul VI, Homélie, 15 août 1966). Avant même que l'Esprit Saint ne s'empare d'eux et ne les enivre d'Amour, leur remettant en mémoire tout ce que Jésus-Christ leur avait dit (cf. Jean 14, 26), Marie, qui est l'Épouse de l'Esprit Saint, a pris comme les devants. Elle prépare cette intervention et cette action du Paraclet en découvrant plus à fond la très Sainte Humanité de Jésus indissolublement unie à sa divinité. Avec elle nous croyons en l'humanité et en la divinité de Jésus. Avec elle nous sommes prêts à suivre son Fils partout où l’on nous conduira et, s'il le faut, à donner notre vie pour défendre la vérité. « Personne n'a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l'opinion du monde, mais ils n'ont pas craint de mourir pour le Christ » (saint Justin, 2e Apologie 10). (à suivre…)

samedi 2 novembre 2013

Connaissance de Jésus (1)

Connaissance de Jésus (1)

Avant même que l'Esprit Saint ne s'empare d'eux et ne les enivre d'Amour, leur remettant en mémoire tout ce que Jésus-Christ leur avait dit (cf. Jean 14, 26), Marie, qui est l'Épouse de l'Esprit Saint, a pris comme les devants. Elle prépare cette intervention et cette action du Paraclet en découvrant plus à fond la très Sainte Humanité de Jésus indissolublement unie à sa divinité. Avec elle nous croyons en l'humanité et en la divinité de Jésus. Avec elle nous sommes prêts à suivre son Fils partout où il nous conduira et, s'il le faut, à donner notre vie pour défendre la vérité. « Personne n'a cru en Socrate au point de mourir pour sa doctrine, mais les artisans et les ignorants, non seulement ont méprisé l'opinion du monde, mais ils n'ont pas craint de mourir pour le Christ » (saint Justin, 2e Apologie 10). J'ai fait l'expérience de ce que, après le rappel à Dieu, le 26 juin 1975, de Josémaria Escriva, fondateur de l'Opus Dei, (lire la suite) son successeur, Alvaro del Portillo, retenu comme bienheureux par le pape François, a commencé à raconter bien des anecdotes relatives à la vie de saint Josémaria. Pourquoi Marie n'en aurait-elle pas fait autant ? Si, comme le pape Paul VI l'a dit à Mgr del Portillo, le fondateur ne vous appartient plus, mais il est le patrimoine de toute l'Église, à combien plus forte raison s'agissant de notre Seigneur venu donner sa vie en rançon pour la multitude (cf. Matthieu 20, 28) et voulant que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (cf. 1 Timothée 2, 4). Ce Dieu qui nous donne grâce après grâce (cf. Jean 1, 16) et qui nous comble de plus en plus de ses bienfaits au fur et à mesure que le temps passe. « Dieu offre toujours des cadeaux à ceux qui font partie de sa maisonnée. Plus leur amour de Dieu grandit, plus les cadeaux qu'ils reçoivent sont beaux [...]. Dieu est absolument parfait [...], alors que l'homme avance petit à petit [...]. Et Dieu ne se lasse jamais de l'enrichir de ses biens, tant que l'homme ne se lasse pas de recevoir les bienfaits de Dieu » (saint Irénée, Adversus hæreses 4, 9, 2 et 4, 7, 11). ce rôle explicatif et illustratif de Marie est donc on ne peut plus logique et bien compréhensible. Il est même attendu, dirais-je. « Demandons à la Mère de Dieu, notre Mère, de nous préparer le chemin qui conduit au plein amour : Cor Mariæ dulcissimum, iter para tutum ! Son doux cœur connaît le chemin le plus sûr pour rencontrer le Christ » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 38). Afin de nous remplir de la Parole de Dieu, pour qu'elle devienne notre nourriture quotidienne, le moteur de notre existence, la référence de nos raisonnements, la source de notre reconnaissance envers Dieu pour tous ses bienfaits. Oui, apprenons de Marie à louer Dieu en chantant et en composant notre propre Magnificat. (à suivre…)

lundi 12 août 2013

La vie à Béthanie (2)

La vie à Béthanie (2)

Ce que Jésus a proclamé sur les chemins et dans les villages à grands traits, bien souvent en usant de paraboles, il nous l’explique alors plus à fond… Certes, le suivre n’est pas tous les jours une sinécure. Car l’effort nous fait peur. « Tu entends en toi une voix : « Qu’il est pesant ce joug dont tu t’es chargé librement ! » ... C’est la voix du diable, le fardeau... de ton orgueil. Demande l’humilité au Seigneur, et toi aussi tu comprendras ces paroles de Jésus : Iugum enim meum suave est, et onus meum leve (Matthieu 11, 30), que j’aime à traduire librement ainsi : mon joug est la liberté, mon joug est l’amour, mon joug est l’unité, mon joug est la vie, mon joug est l’efficacité » (saint Josémaria, Chemin de Croix, 2e station, point de méditation n° 4). (lire la suite) Ses amis de Béthanie sont des gens avec qui Jésus s’entend à merveille. Ils ne vont pas lui poser des questions piège, pour le prendre en défaut (cf. Matthieu 22, 15) et avoir de la matière pour l’accuser auprès des autorités juives (cf. Matthieu 12, 10). La situation n’est pas tendue, conflictuelle, qui exige d’être tout le temps sur le qui vive. L’on n’entend aucun propos malveillant. Et comme c’est calme après les attroupements bigarrés, les foules enthousiastes qui en réclament toujours plus, qui se bousculent continuellement pour s’approcher du Seigneur, « se jetaient sur lui pour le toucher » (Marc 3, 10), et parvenir à ne toucher ne serait-ce que le bord de son manteau, sachant par expérience que tous ceux qui le touchaient étaient guéris (cf. Matthieu 14, 36). C’était vraiment épuisant en permanence. Mais Jésus faisait face, le sourire aux lèvres, à ces assauts sans cesse renouvelés, car ces gens étaient là « comme des brebis sans pasteurs » (Marc 6, 34) et qu’il venait à eux en tant que Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis (cf. Jean 10, 11), et qu’il est ému de compassion en constatant leur détresse morale (cf. Matthieu 9, 36). À Béthanie, il n’y a rien de tout cela. C’est une véritable oasis. Marthe peut troubler éventuellement un peu la paix, l’affaire de quelques instants (cf. Luc 10, 40). Mais il s’agit d’une énervement passager, et qui amuse même le Seigneur, parce qu’il part d’une bonne intention. Lazare attendait le retour du Maître. Et Jésus, lui aussi, attendait l’occasion de revenir à Béthanie, manifestant par là sa très Sainte Humanité. Cor meum vigilat, « Je dors, mais mon cœur veille » (Cantique des cantiques 5, 2). Il espère que nous lui ouvrions notre âme et que nous lui raconterons tout ce qui nous est arrivé, tout ce dont nous avons été témoin ou acteur, que nous lui parlions des membres de notre famille, de nos collègues, de nos amis et que nous lui fassions part de leurs besoins… (suite : le figuier desséché)

mercredi 24 juillet 2013

La résurrection de Lazare (6)

La résurrection de Lazare (6)

Jésus « manifeste son humanité ; il pleure, il est ému. D’ordinaire, le regret éveille en nous la sensibilité. Contenant ensuite son émotion, réprimant le trouble qu’il éprouvait – et c’est là ce que veulent dire les mots ‘il frémit intérieurement’ – il demande à ceux qui l’entourent : ‘Où l’avez-vous déposé ?’ Il ne voulait pas verser des larmes en posant cette question ; mais cette question, quelle en est l’utilité ? Le Seigneur tenait à ne pas se mettre en avant, à tout apprendre de leur bouche et à n’intervenir que sur leur prière, afin que le miracle fut au-dessus de toute suspicion ; on lui répondit : ‘Venez et voyez. Et Jésus pleura’. Jusqu’ici rien n’apparaît qui présage une résurrection ; si le Maître s’approche du tombeau, c’est pour pleurer, semble-t-il, et non pour rappeler le mort à la vie. Ainsi le comprirent les Juifs qui disaient : ‘Voilà comme il l’aimait ; quelques-uns d’entre eux ajoutaient : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle-né, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ?’ » (saint Jean Chrysostome, Homélies sur saint Jean 63, 1). (lire la suite) « Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est ainsi très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée. « Les Juifs dirent : « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). Attendez donc un peu ! Patientez. Ayez l’humilité de ne pas juger Dieu, de ne pas lui dicter ce qu’il doit faire… « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la question était superflue, car la pierre avait déjà été roulée… (à suivre…)

mardi 21 mai 2013

Antoine de Padoue et Marie (2)

Dans le sermon pour la Purification,saint Antoine de Padoue voit en la Vierge comme un rameau de l'arbre à encens en été. Le mot encens vient du grec Théos, « Dieu », en l'honneur de qui il est brûlé. L'arbre à encens s'appelle « liban ». « Je me suis élevée comme le cèdre sur le Liban [...], j’ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant » (Ecclésiastique 24, 13.15). Cet arbre est la figure de Marie. Elle ne fut incise par aucun fer de concupiscence. Elle parfume de vertus et d'amour l'âme dans laquelle elle habite. Elle émane d'elle l'encens parfumé, l'humanité de Jésus-Christ, dont le parfum a rempli le monde entier. Elle est comme feu resplendissant et encens qui brûle dans le feu. Jésus-Christ a resplendi comme un feu devant les bergers lors de sa Nativité, devant les Mages lors de son Épiphanie, devant Syméon et Anne lors de la Purification de sa Mère. Dans sa Passion, en revanche, il a brûlé comme encens au feu, et de son parfum furent remplis les cieux, la terre et les enfers

samedi 18 mai 2013

Marie et les anges

Marie et les anges

« Marie a été aimée par Dieu plus que toutes les créatures, il s’est pleinement complu en elle, et il l’a comblée admirablement de toutes ses grâces, beaucoup plus que tous les esprits angéliques et que tous les saints ». La grâce première de Marie est supérieure à celle des anges et des saints réunis. Plus on est proche du principe, plus on participe de son effet. Ainsi Denys [l’Aréopagite] dit-il que les anges qui sont tout près de Dieu participent des bontés divines plus que les hommes. Or le Christ est principe de la grâce : par sa divinité comme premier auteur, par son humanité comme instrument : « La grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (Jean 1,17). Or, la Vierge Marie fut la plus proche du Christ selon l'humanité, parce qu'il a reçu d'elle la nature humaine. Et c'est pourquoi elle devait obtenir du Christ, plus que tous les autres, la plénitude de grâce (cf. saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique III, q. 27 a. 5). De plus les anges ne manifestent pas des égards aux hommes leur étant supérieurs. Or, l’ange Gabriel salue la Sainte Vierge et l’appelle « comblée de grâce ». Il s'en suit que Marie est supérieure en grâce aux anges (cf. saint Thomas d'Aquin, Commentaire de la Salutation angélique). « Nous vous encensons, vous qui êtes plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins » (liturgie byzantino-slave). Marie est souvent représentée avec des anges.

jeudi 7 juin 2012

Jésus n’est pas seul (2)

Jésus n’est pas seul (2)

Jésus n’est pas seul parce qu’il est étroitement, indissociablement uni au Père et au Saint-Esprit. De même pour nous. si nous restons bien unis à notre Dieu, présent dans notre âme en état de grâce ; si nous cultivons le sens profond de notre filiation divine ; si nous nous mettons à l’écoute habituelle du Saint-Esprit, nous ne pouvons pas nous sentir seuls, quoi qu’il arrive dans notre vie. Mais nous sentirons toujours l’appui inconditionnel de Dieu, son aide de tous les instants, sa proximité de l’enfant que nous sommes.
Jésus n’est pas seul. Et cependant son Père a pu permettre qu’il éprouve un sentiment de solitude absolue, dans sa très Sainte Humanité, à l’heure effroyable de sa Passion, alors qu’il se trouve cloué sur la Croix, face à l’humanité pécheresse rassemblée dans son esprit. Ce fut une nouvelle mise à l’épreuve. Ce fut un doux abandon que son Père lui demandait pour nous sauver. (lire la suite) Jésus y répondit en récitant le psaume 22, psaume de confiance absolue en Dieu au milieu des tribulations. Cet autre exemple du Christ doit nous rassurer si jamais nous faisons également l’expérience d’un certain éloignement de Dieu, et si nous n’arrivons pas, momentanément, à sentir combien il est proche de nous. Non seulement proche, mais bien installé à demeure dans notre âme ! Il pourra nous reprocher d’avoir douté : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14, 31). Le doute peut être une épreuve permise par Dieu, pour nous grandir dans la foi. Mais elle peut être également le résultat d’un manque de confiance dans l’efficacité des moyens surnaturels et dans le fait que Dieu ne nous abandonne jamais. Notre Seigneur annonce encore que, une fois dressé sur la Croix face à l’univers, « vous reconnaîtrez alors que c’est Moi, et que je ne fais rien de mon propre chef, mais que ce que je dis est cela-même que le Père m’a enseigné » (Jean 8, 28) et m’a chargé de vous transmettre pour que, en m’écoutant, vous voyiez que je « suis sorti du Père » (Jean16, 27). « Et celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît » (Jean 8, 29), ce qui est évidemment essentiel. Le même saint Jean nous montre qu’accomplir la Volonté de Dieu est gage de fécondité spirituelle : « Quoi que nous demandions, nous l’obtenons de Lui, parce que nous gardons ses commandements et nous faisons ce qui est agréable à ses yeux » (1 Jean 3, 22). Voilà donc une ligne de conduite toute tracée. (à suivre…)

mercredi 23 mai 2012

La Pentecôte (2)

La Pentecôte (2)

« Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). Chargé de « vous remettre en mémoire tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26), il nous conduit à Jésus. « La pédagogie divine se révèle aussi attentive qu’adaptée. Tout se passe comme si Dieu s’était aperçu qu’il est inefficace de prescrire quoi que ce soit si l’on ne paye pas soi-même d’exemple – c’est à quoi répond la venue de Jésus – et si l’on ne donne pas le moyen de le réaliser – ce à quoi répond le don de l’Esprit. Jésus nous a été envoyé par le Père comme le parfait modèle vivant ; mais à son retour près du Père Jésus lui-même nous a envoyé son Esprit afin de nous aider à garder ce qu’il nous a appris » (J.-P. Torrell, Inutile sainteté ? Paris, Le Centurion, 1971, p. 35).
L’Esprit nous unit avec lui et avec son Père. Il contribue à ce que nous ne fassions qu’un avec lui, tout comme Jésus ne fait qu’un avec son Père (cf. Jean 17, 20-22). « Si quelqu’un à soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! » (Jean 7, 37), s’était exclamé le Seigneur au dernier jour de la fête des Tabernacles. Parce que « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; bien plus l’eau que je donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jean 4, 14). (lire la suite) « Le Saint-Esprit, vie qui donne la vie Qui transforme toute chose, Racine de toute création, Il ôta l’impureté de toute chose, Lavant les péchés, et procurant du baume aux blessures : Il est la vie radieuse et digne de louange, Eveillant et réveillant toute chose » (Hildegard von Bingen). Il faut aller au Christ, qui veut nous attirer à Lui. « Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12, 32). La mort sur la Croix a eu lieu. Plus rien ne s’oppose désormais à ce que cette prophétie se réalise. Il faut aller à lui, nous abreuver à la fontaine aux eaux salutaires qu’il est lui-même. « Celui qui croit en moi, comme l’a dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui ; l’Esprit, en effet, n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7, 38-39). Mais maintenant, le Fils a été glorifié, doublement même. Il a été glorifié par sa Résurrection sidérante, due à son propre pouvoir, et que personne, hormis Marie, n’attendait. Il l’a été par son Ascension au ciel, où il est monté avec sa très Sainte Humanité transfigurée. Et l’Esprit nous a été donné, avec « une bonne mesure, pressée, tassée, débordante » (Luc 6, 38), de sorte qu’aucun moyen de sainteté ne nous fait défaut. (à suivre…)

lundi 19 décembre 2011

La très sainte Humanité du Seigneur (1)


La très sainte Humanité du Seigneur (1)

Les paroles de Jésus soulèvent l’enthousiasme des foules, du moins des gens simples. « Jamais homme n'a parlé comme cet homme » (Jean 7, 46). « Ils étaient stupéfaits de son enseignement, car il les enseignait comme ayant autorité, et non comme les scribes » (Marc 1, 23). « Et les foules, en entendant cela, étaient remplies d'admiration pour son enseignement » (Matthieu 22, 33). Les commentaires vont bon train. Les gens écoutent volontiers le Seigneur qui leur trace un programme de vie simple, à leur portée, qui ne fait pas comme les pharisiens qui « lient des fardeaux pesants et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes ; mais eux, ils ne veulent pas les remuer du doigt » (Matthieu 23, 4). (lire la suite)
De temps à autre quelqu’un ne peut retenir son admiration et exprime ses sentiments à haute voix, comme cette femme du peuple qui, un jour, lance ce compliment : « Heureux le sein qui t’a porté et la poitrine qui t’a allaité ! » (Luc 11, 27). Elle se disait que la mère du rabbi avait bien de la chance d’avoir un tel fils, si intelligent et si charmant, si aimable et si proche des besoins de tous. Mais Jésus répondit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent » (Luc 11, 28). « C’était l’éloge de sa Mère, de son fiat (Luc 1, 38) — « que cela se fasse » — sincère, généreux, sans limite, qui se manifeste, non par des actions voyantes, mais par un sacrifice quotidien, silencieux et caché » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 172).
C’est un hommage discret rendu, en effet, à la Vierge Marie. C’est aussi la reconnaissance de la très sainte Humanité de Jésus-Christ. Cette femme admire l’homme qu’elle est en train d’écouter avec un vif intérêt. Elle se plait à voir en lui un maître spirituel, le genre de personne à laquelle on est prêt à s’attacher pour la vie. Nous devons nous émerveiller nous aussi de ce que Jésus soit Dieu parfait et homme parfait. C’est un homme assurément, mais pas un homme quelconque. C’est le seul homme que nous puissions adorer, car il est Dieu véritablement. Il est l’homme exemplaire, celui en qui il n’y a ni défaut ni imperfection.

(à suivre…)

mercredi 19 octobre 2011

Apparition à Thomas (6)


Apparition à Thomas (6)

« Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20, 28). Que pouvait-il dire d’autre ? Il est convaincu. Il est vaincu. Et il formule enfin un bel acte de foi, si beau que l’Eglise l’a retenu pour le répéter inlassablement dans sa liturgie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Répétons-le souvent, devant le Saint-Sacrement, en présence de ce Dieu crucifié et ressuscité qui continue de venir à notre rencontre, comme il est venu chez les apôtres, comme il est allé à la recherche des disciples d’Emmaüs, pour briser nos résistances à nous donner à fond à lui. « Mon seigneur et mon Dieu !... »
« Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux (lire la suite) qui croient sans voir ! » (Jean 20, 29). Cela s’adresse à nous. Jésus ne veut pas dire pour autant que nous soyons plus saints que Thomas. Mais il loue notre foi par avance, parce que pour nous « son humanité aussi est cachée » (Adoro te). Par cette réflexion, Jésus nous ramène une fois de plus à la foi, à l’adhésion sincère et totale à sa personne et à son enseignement.
« Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit. (…) Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez » (Jean 15, 5-7).
Nul doute que la Sainte Vierge a suivi de près le déroulement des événements. Comme toujours, elle n’interfère pas avec la Volonté de Dieu. Elle s’en remet à son Fils pour agir comme il l’entend. Elle connaissait l’entêtement de Thomas. Elle a donc prié pour lui, pour qu’il se laisse fléchir. Elle a dû se montrer tout particulièrement maternelle envers lui tout au long de cette semaine de repliement sur lui-même, de bouderie. Et, puisque toutes les grâces passent par elle, sa prière a obtenu de on Fils qu’il convertisse l’apôtre.
Plaçons-nous toujours entre les mains de notre Mère du ciel, avec l’assurance qu’elle intercèdera pour nous chaque fois que ce sera nécessaire, et qu’elle nous obtiendra la grâce de la rectification, du repentir, de la redécouverte du Christ, auprès de qui il fait si bon vivre et qui nous apporte la joie et la paix.

(fin)

dimanche 25 septembre 2011

La résurrection de Lazare (6)


La résurrection de Lazare (6)

« Et il dit : « Où l'avez-vous mis ? » « Seigneur, lui répondirent-ils, venez et voyez. » Et Jésus pleura » (Jean 11, 34-35). Nous ne pouvons pas rester insensibles face à la douleur de notre Seigneur. Elle n’est pas feinte. C’est sa très Sainte Humanité qui s’exprime de la sorte. « Il a été éprouvé en tout de la même manière que nous, le péché exclu » (Hébreux 4, 15). Nous le voyons bien ici. Et c’est très beau. Jésus nous est ainsi très proche. Il nous comprend dans notre détresse, parce qu’il l’a connue personnellement, il l’a partagée.
« Les Juifs dirent : (lire la suite) « Voyez comme il l'aimait. » Mais quelques-uns d'entre eux dirent : « Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux d'un aveugle-né, faire aussi que cet homme ne mourût point? » (Jean 11, 36-37). Attendez donc un peu ! Patientez. Ayez l’humilité de ne pas juger Dieu, de ne pas lui dicter ce qu’il doit faire…
« Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre » (Jean 11, 38). Son émotion n’est pas passagère, mais profonde, comme profond était son lien d’amitié avec Lazare et ses deux sœurs. Il souffre aussi pour elles, à cause de leur propre douleur. « Jésus donc, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre: c'était un caveau, et une pierre était posée dessus » (Jean 11, 38). C’est le style de tombeau de l’époque, obstrué par une pierre que l’on fait rouler, et qu’il est fort difficile ensuite de déplacer. L’on se souvient de la réflexion que se font les saintes femmes au matin de Pâques ; tandis qu’elles se rendent au Saint-Sépulcre pour achever d’embaumer le corps du Seigneur : « Elles se disaient entre elles : « Qui va nous rouler la pierre de devant l’entrée du tombeau ? » (Marc 16, 3). Ce jour-là, la question était superflue, car la pierre avait déjà été roulée…
Mais aujourd’hui, elle se pose, car Lazare est bel et bien dans la tombe. Aussi Jésus ordonne-t-il : « Ôtez la pierre ! » (Jean 11, 39). Cette injonction provoque la surprise. Marthe a beau croire que Jésus est la Résurrection et le Messie, elle hésite : « Marthe, la sœur de celui qui était mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là » (Jean 11, 39). Que ce soit le quatrième ou le quarantième jour n’a pas d’importance pour Jésus. « Jésus lui dit : « Ne vous ai-je pas dit que si vous croyez, vous verrez la gloire de Dieu ? » (Jean 11, 40). Cette gloire de Dieu pour laquelle Lazare est tombé malade puis est décédé. Cette gloire de Dieu que seuls quelques privilégiés ont pu voir, comme Moïse sur le mont Horeb (cf. Exode 24, 16), et les apôtres Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, au jour de la Transfiguration (cf. Luc 9, 28-36).
Mais on ne peut pas autrement voir Dieu dans sa gloire sans mourir. Cette vision est réservée à l’au-delà, à la vie en Dieu dans la patrie céleste.

(à suivre…)

jeudi 8 septembre 2011

La vie ordinaire (6)


La vie ordinaire (6)

« Leur exemple témoigne que c'est seulement en étant en contact avec le Seigneur que l'on se remplit de sa joie et que l'on est en mesure de répandre partout la sérénité, l'espérance et l'optimisme » (Ibid.). Notons au passage l’affirmation de la joie de Dieu. La tristesse est une imperfection de notre nature pécheresse. Le Christ, en tant qu’homme, a pu être soumis à une tristesse : « Mon âme est triste à en mourir ; restez ici et veillez avec moi » (Matthieu 26, 38). Mais Dieu, en dehors de la très Sainte Humanité du Seigneur, ne connaît pas la tristesse. Plus encore, il est joie, il est la Joie. C’est pourquoi, au contact de Dieu dans la prière et dans l’adoration eucharistique, dans la lecture du saint Evangile et dans la sainte communion, nous nous remplissions d’une joie – la joie de Dieu – qui nous permet d’apporter aux autres « la sérénité, l’espérance et l’optimisme ». (lire la suite)
Et l’on peut espérer alors que les gens qui nous écoutent et qui nous voient et qui nous regardent, car, que nous le voulions ou non, les gens regardent le catholique que nous sommes, soient amenés à poser la question que les auditeurs de Pierre et des autres apôtres ont formulée le jour de la Pentecôte : « en entendant (cela), ils eurent le cœur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que ferons-nous ? » Pierre leur dit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2, 37-38).
« Considérant justement la variété de leurs charismes, Bernanos, grand écrivain français qui fut toujours fasciné par l'idée des saints - il en cite un grand nombre dans ses romans -, note que « toute vie de saint est comme une nouvelle floraison du printemps » (Benoît XVI, Audience générale, 20 août 2008). La Pentecôte tombe toujours au printemps. Une « nouvelle floraison du printemps », c’est aussi une nouvelle Pentecôte. Notre vie doit donc être comme une nouvelle Pentecôte pour les autres, et susciter la réaction que je viens d’indiquer, à partir de sa normalité. « Que cela advienne également pour nous ! »
Prions l’Esprit Saint en ce sens. « Laissons-nous pour cela attirer par le charme naturel de la sainteté ! » Le charme ou, pour reprendre l’expression de saint Paul, « la bonne odeur du Christ » (2 Corinthiens 2, 15). « Que Marie, la Reine de tous les Saints, Mère et Refuge des pécheurs, nous obtienne cette grâce ! » Demandons-le avec foi à Celle qui est le modèle de la sainteté sur terre.

(fin)

mardi 3 mai 2011

L’Ascension (2)

L’Ascension (2)

Nous aimerions contempler notre Seigneur « encore lorsqu’Il s’assied à côté du puits, fatigué par la dureté du chemin (cf. Jean 4, ), quand il pleure sur Lazare (cf. Jean 11, 35), quand il prie longuement (Luc 6, 12), quand il a pitié de la foule (cf. Matthieu 15, 32 ; Marc 8, 2). Il m’a toujours paru logique que la Très Sainte Humanité de Jésus-Christ monte dans la gloire du Père, et cela m’a toujours rempli de joie, mais je pense aussi que cette tristesse, propre au jour de l’Ascension, est une marque de l’amour que nous ressentons pour Jésus Notre Seigneur. Lui qui, étant Dieu parfait, s’est fait homme, homme parfait, chair de notre chair et sang de notre sang. Et Il nous quitte pour aller au ciel. Comment ne nous manquerait-il pas ? » (saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 117). Un jour de fête, mais où se mélangent donc la joie et la tristesse. (lire la suite) Mais Jésus avait ajouté à l’annonce de la tristesse que ses apôtres allaient ressentir légitimement, qu’elle se transformerait en joie (Jean 16, 20). C’est pourquoi notre tristesse est de courte durée. D’autant que nous faisons un acte de foi dans la présence réelle de notre Seigneur parmi nous. Nous venons devant le tabernacle, et nous savons que nous y rencontrons Celui qui a vécu il y a deux mille ans parmi les hommes et qui, depuis, demeure parmi eux, le même hier, aujourd’hui et pour les siècles (Hébreux 13, 8).
« Ici se cache aussi l’humanité » (hymne Adoro te, devote). C’est une réalité que nous ne pouvons pas nous cacher. Une réalité visible. L’évidence de la non évidence de Dieu. « Je crois et confesse toutefois les deux », la divinité et l’humanité (ibid.), sans conteste possible. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Bien sûr, nous aimerions pouvoir dévisager le Christ avec nos yeux de chair, l’avoir devant nous, l’écouter, le voir agir et réaliser des miracles. Des miracles, nous en voyons, en fait. Qui nous confirment que Jésus est bien parmi nous. Mais nous ne le verrons pas. C’est l’âme qui est appelée à voir le Christ, le moment venu : vultum tuum, Domine, requiram, « je cherche ton visage, Seigneur », car je voudrais le voir (Psaume 27, 8). Il est bon de le redire souvent. C’est là aussi une preuve d’amour. Quoi de plus logique, puisque nous avons été créés, chacun de nous, pour connaître et aimer Dieu, le servir, l’adorer et lui rendre gloire ?
Il est bien normal que nous désirions que s’accomplisse ce qui est l’aspiration profonde de notre être, que Dieu lui-même y a mise. Nous devons la développer, l’alimenter, l’intensifier.

(à suivre…)

samedi 29 janvier 2011

La communion des saints (1)

La communion des saints (1)

« Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant les promesses du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe.(…) Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir » (saint Bernard, Homélie pour la Toussaint). Les élus qui sont entrées au paradis ont reçu la couronne impérissable de gloire (cf. 1 Corinthiens 9, 25). Ils n’ont plus rien à attendre. Ils sont installés définitivement dans la contemplation et la louange de Dieu. Quand nous faisons mémoire d’eux, (lire la suite) collectivement comme au jour de la Toussaint, ou individuellement, nous ne leur apportons rien. Ils n’ont aucun besoin, si ce n’est de l’Amour de Dieu dont ils sont rassasiés et dans lequel ils se trouvent comme plongés. Evoquer le souvenir de leur victoire, de la sainteté qu’ils ont chèrement acquise, ne profite qu’à nous. C’est bien ce qui nous intéresse. Nous sollicitions de la sorte leur intercession, qu’ils s’occupent de nous, qu’il parlent de notre cas à Dieu pour qu’il nous prenne en pitié et nous aide à voir la vie avec plus d’optimisme et de vision surnaturelle.
« Il est dit dans Osée 1 : « J’exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre », c’est-à-dire que les prières des saints qui sont dans le ciel sauvent ceux qui demeurent sur la terre ; voici en quoi les prières des saints sont propres à nous donner l’espérance des biens du ciel. Il est écrit dans l’Apocalypse 8 : « La fumée des parfums composés des prières des saints, s’élevant de la main de l’ange, monta devant Dieu » ; ceci arrive, parce que les saints offrent à Jésus-Christ pour nous leurs prières, et qu’il les offre Lui à son Père, pour nous faire obtenir la rémission de nos péchés, et pour nous associer à eux » (saint Thomas d’Aquin, De venerabili sacramento Altaris 57, 3).
C’est une grande vérité que la communion des saints, et des plus consolantes. Cela ne cherche pas à nous endormir dans un sommeil trompeur, mais au contraire à nous réveiller, à nous stimuler à suivre l’exemple de ceux qui, quand ils étaient sur terre, ont combattu contre la tendance innée au mal et ont su remporter bataille sur bataille, non sans essuyer des échecs, transformés en autant de victoires par le repentir et la confession. Les saints font maintenant le lien entre le ciel et notre monde. Ils sont déjà comme une partie de nous-mêmes dans l’au-delà, le gage de notre propre résurrection. La très Sainte Humanité de Jésus-Christ avant tout nous fortifie dans l’assurance qu’il est possible d’aller au ciel, que la résurrection de la chair est une vérité de foi qui connaît déjà un début d’accomplissement.

(à suivre…)