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lundi 4 juin 2012

Dureté de cœur (4)

Dureté de cœur (4)

« Va vers ce peuple et dis-lui : Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas ; vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple, en effet, est devenu insensible ; ils sont devenus durs d’oreille et ils ont fermé leurs yeux, de peur de voir de leurs yeux, d’entendre de leurs oreilles, de comprendre avec leur cœur et de se convertir pour que je les guérisse » (Actes 28, 26-27). C’est là le hic, le fait de devoir se convertir. C’est à cela que l’homme résiste, qu’il freine des quatre fers, comme s’il avait à craindre Dieu. Voilà donc un « peuple insensé et sans cœur ! Ils ont des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ! » (Jérémie 5, 21).
N’imputons pas cela le cœur léger aux seuls Israélites, (lire la suite) comme si cela ne nous concernait pas. Parce que notre monde se ferme à Dieu, se durcit considérablement face à toute référence surnaturelle, à tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, a trait à Dieu. Sous couvert de liberté de conscience, c’est la manifestation la plus grande qui soit d’intolérance, le plus grand orgueil jamais vu sur terre depuis les origines. L’homme est son propre dieu. Peut-être est-ce que « le Seigneur ne vous a pas donné jusqu’à ce jour un cœur qui comprenne, des yeux qui voient, des oreilles qui entendent » (Deutéronome 29, 3), ou alors que « Dieu leur a donné un esprit de torpeur, des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre, jusqu’à aujourd’hui » (Romains11, 8). C’est un épais mystère. Nous pourrions donc penser que s’il en est ainsi, ce n’est pas entièrement de la faute des hommes. Détrompons-nous. si Dieu a obstrué le cœur et l’entendement des hommes, c’est parce qu’ils ne veulent rien savoir de lui. Il a tout fait pour essayer que son peuple marche sur le droit chemin. Il a tout tenté. Il a envoyé Moïse et les prophètes. Mais « Il en envoya un autre : celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres qui furent les uns battus, les autres tués par eux » (Marc 12, 5). Saint Jean expliquera le fait que beaucoup de Juifs ne croyaient pas en Jésus malgré les nombreux miracles qu’il avait opérés devant eux par la prophétie d’Isaïe (6, 9-10) : « Il leur a aveuglé les yeux et endurci le cœur, afin qu’ils ne voient pas de leurs yeux, ne comprennent pas avec leur cœur et ne se convertissent pas. Et je les eusse guéris ! » (à suivre…)

jeudi 19 février 2009

Religions et puissance publique en France

Religions et puissance publique en France

Lors d'un Colloque sur « Religions et puissance publique en France », organisé dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, le 17 déembre 2008, Mme Michèle Alliot-Marie, minsitre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, a déclaré, entre autres, que « comme vous le savez, la place et le rôle de la foi au sein de la société constituent, en France, un enjeu de la plus haute importance, au cœur de notre pacte républicain. La laïcité est une valeur cardinale de notre pays. Articulée autour de trois idées force qui demeurent imbriquées par des liens indissolubles - la liberté de conscience, la liberté de pratiquer le culte de son choix ou celle de ne pas croire, et enfin l'égalité en droit de tous les citoyens -, la laïcité n'est pas le reniement (lire la suite) ou le cantonnement des religions. Elle n'est pas une option spirituelle particulière mais la condition de l'existence même de toutes les options. De même, elle n'est pas et ne saurait être une entreprise de nivellement où tout se vaudrait, tout serait égal. Elle est la condition du respect des choix personnels les plus profonds dans une société ouverte où histoire et patrimoine ont pu être, en partie, forgés par les grandes traditions spirituelles ou religieuses. (...)
C'est le sens pratique de la laïcité que les pouvoirs publics en France appellent de leurs vœux et qui figurait, bien que cela ne soit guère rappelé par les commentateurs, dans la loi du 9 décembre 1905. (...) »